Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Ecrits du temps de la guerre, Chapitre 4


Renée JOUBERT /  Communion avec DIEU par la TERRE
« Dès l’origine des choses les déterminismes se ployaient et s’orientaient dans la préparation d’un fruit inespéré et pourtant attendu » …. « Tout se mouvait vers le petit né de la femme. »page 48

Ces lignes de TEILHARD exprime sa certitude que dans la masse bouillonnante de la matière émergeait déjà le Christ .Il est venu parmi les hommes, le Christ né de la Terre, pour les sauver et les sanctifier. Mais il est loin d’être formé.« Le monde se crée encore et, en lui, c’est le Christ qui s’ achève . » page 49.

Le monde est bien loin d’être accompli parfaitement. Il suffit de regarder autour de soi pour constater que l’humanité n’a pas atteint, loin s’en faut, la perfection. Les hommes gardent encore en eux tant de rêves de pouvoir, d’envies de gloire personnelle et de richesses .Que dire de ces guerres qui jettent sur les chemins des millions d’individus ? Que penser de l’indifférence criminelle de peuples nantis ? A une question posée à la télévision le 21 avril 29% seulement des répondants ont accepté l’idée d’une aide aux migrants fuyant les persécutions au nom de la foi, la misère ou les conflits politiques. Combien de temps faudra-il encore aux hommes pour répondre à la parole de Jésus : « Aimez- vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »(Jean 13.34)

Pour accomplir son devoir, l’individu doit être désintéressé afin que son action profite à l’humanité toute entière. Or souvent l’homme oublie la loi morale pour obéir à des considérations personnelles, dictées par l’égoïsme immédiat.

TEILHARD a pressenti de plus grandes catastrophes, encore pires que la guerre dans laquelle il est enlisé : « Plus l’humain se raffine et se complique, plus les chances de désordre se multiplient et leur gravité s’accentue. »(page 58).Mais il ne perd pas espoir. Plus il s’analyse et plus il se découvre imprégné de l’idée de DIEU qu’il voit partout au travail dans chaque monade humaine.

Pour lui les chrétiens ont un devoir : collaborer au devenir de la Terre. C’est par leur travail quotidien que le Monde avancera sur le chemin tracé par le CHRIST, travail pour les autres et travail sur eux- mêmes . « S’ils devaient stopper leurs efforts la Terre tomberait comme un avion. »
Le chrétien est voué à aimer le monde plus que lui – même et à renoncer à toute gloire personnelle : « A faire triompher le devoir sur l’ attrait , le spirituel sur le sens , le Bien sur le Mal. »( page 55). Il doit accepter de n’être qu’un atome parmi les autres, se fondre dans la masse , " s’avouer qu’il n’est qu’un inutilisable et un raté ».Mais qui est prêt à se dire inutilisable et raté ?

TEILHARD suggère qu’il existe peut-être un prolongement à notre monde, une extension où se retrouveraient les âmes élues parvenues à un certain palier et « Qui nous dit que sur ce palier aucune pente ne règne donnant accès à des modes de vie insoupçonnées ? » ( page 59)
Pense-il à un Paradis ? Son argument : « Pourquoi renoncer à sauver quoique ce soit d’absolu de la tige cosmique ? »

Ce chapitre se termine sur la valeur de la douleur et de la souffrance dans la vie des hommes. Dans le dogme classique la souffrance serait avant tout punition ou expiation. Pour TEILHARD au contraire ce serait la conséquence et le prix d’un travail de développement de la Terre ; « Mal physique et Mal moral naissent du devenir »( pae61)
Il remarque qu’il y a entre les deux options une forte divergence .
Simone Weil écrivit : « J’ai seulement senti à travers la souffrance la présence d’un amour semblable à celui qu’on lit dans le sourire d’un visage aimé. » A méditer

Jeudi 14 Mai 2015 12:46