Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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chapitre 2 Ecrits du temps de la guerre


Renée Joubert / COMMUNION  AVEC LA TERRE
" La première impulsion de l’homme c’est de se laisser bercer comme un enfant entre les bras de la grande Mère’’
Ces lignes ont été rédigées par le père Teilhard de Chardin dans l’horreur de la guerre . Pendant ses rares moments de repos il se mettait à l’écart et recherchait, trouvait ,une espérance de Vie .Tout ne pouvait se résoudre aux massacres engendrés par la folie et la bêtise de quelques hommes.
 

A-Tentation de la matière,
Il avoue ,avec quel talent poétique ,avoir été tenté par un instant, par l’envie de se fondre dans la nature .’’La matière était là qui m’appelait ‘me sollicitait pour que je l’adore’ (...)Substance éternelle et immense à sa manière unique et universelle (...)Origine unique des êtres, seul terme, essence primitive et indestructible dont tout émane et en qui tout retourne’’.(page 20)

Il rejoignait par là les philosophies bouddhistes et naturalistes .Il lui suffisait de se laisser porter et de renoncer à réfléchir .Mais très vite il prend conscience de ce que cette envie l’éloigne de la foule des hommes .Il devenait moins sociable et cette conception du moindre effort ne pouvait convenir à cet homme de Dieu , actif ,scientifique et profondément spiritualisé.
Le danger de la matière devenue ‘’maîtresse de sa vie ‘’lui apparait clairement .Il la voit désormais comme ‘’énigme inquiétante, force provocatrice’’ (page 24).Dans ce voyage dans la matière , il aboutit en fait à une moindre sociabilité et au culte des passivités.
Mais il est sauvé par sa foi en la vie .Il a la certitude que le monde ne peut pas être statique mais doit avancer vers un ‘’plus-être, un mieux-être, vers un progrès de la conscience et donc de la liberté et de la moralité.’’

Dans COMMENT JE CROIS (1924) il explique sa démarche : « Par éducation et par formation intellectuelle j’appartiens aux enfants du Ciel .Mais par tempérament et études professionnelles ,je suis un enfant de la Terre .Placé ainsi par la vie au cœur de deux mondes dont je connais par une expérience familière la théorie ,la langue ,les sentiments ,je n’ai dressé aucune cloison intérieure ,j’ai l’impression qu’une synthèse s’est naturellement opérée entre les deux courants qui me sollicitent. »

B-Vers le sur-homme
L’homme par son aptitude à penser est le bourgeon terminal du Monde qui a réussi .La suite de l’histoire dépend de lui .Comme chaque cellule du corps a sa fonction propre , chaque individu est convié à participer à sa manière à l’Oeuvre et du travail accompli par la communauté humaine jaillira le progrès ..Teilhard cultive l’espérance que l’esprit envahira la Matière , la maitrisera et l’exploitera toujours plus .Alors la spiritualité deviendra un comportement acquis qui se transmettra de génération en génération.

Teilhard écrit : « La clef de voûte de l’Univers est la monade intellectuelle. »A elle de perfectionner et de dominer la nature .Par elle se transmettra la conscience .L’individu possédant la connaissance peut ,doit la diffuser et la transmettre à la foule mais dit le père ; « Rien de pénible à remuer ,de long à faire évoluer comme une foule. ».L’initié doit donc s’armer de patience et de persévérance.
Lorsque finalement l’homme aura découvert un sens à la vie ,il se sentira changé et non plus isolé mais comme faisant partie d’une grande famille .Son travail aura participé ‘’au grand Œuvre’’ et peu importe qu’il n’y ait aucune récompense apparente si ses efforts ne sont pas perdus.
Teilhard en est persuadé : " Je crois que le monde enregistrera tout ce qui se fait de bien et d’utile"; .Aucun effort n’est inutile et donc le Père accepte de collaborer à l’évolution sans espoir de reconnaissance terrestre.
Teilhard aborde le rôle de la souffrance dans l’évolution
-souffrance =punition des infractions commises dans la vie
-souffrance=obligation pour les êtres à quitter les voies mauvaises
Je ne peux le rejoindre dans le rôle qu’il lui attribue mais plus tard il a modifié son point de vue.

C-La plainte de l’âme
Teilhard déplore le peu d’importance accordé à l’individu dans l’évolution .L’homme n’est qu’un rouage dans le mécanisme, quasiment imperceptible mais cependant , en définitive ,indispensable .Il accepte humblement de se perdre dans la multitude mais désire par-dessus tout que ce qu’il a découvert au fond de lui "Cette fleur mystérieuse de ma personnalité incommunicable ‘’ lui survive et se fixe dans l’éternité.(page 36)
 

Dimanche 8 Mars 2015 15:55