Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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L'Avenir de l'Homme, Editions du Seuil, chapitre 19


Dans ce chapitre Teilhard considère l’humanité comme un seul être et croit à la fraternité des hommes ,fraternité qu ’il a découverte lors de la guerre 1914-1918 où dans les conditions les plus atroces les guerriers devenaient des frères pouvant risquer leur vie pour sauver celle de quelque compagnon d’armes et se montraient capables d’ une totale abnégation.

Arrivée à un point extrême de compression planétaire ,l’humanité doit nécessairement se socialiser mais Teilhard considère que la socialisation dont l’heure semble avoir sonné pour l’humanité ne signifie pas du tout pour la Terre la fin mais bien plutôt le début de l’ère de la personne .Toute la question en ce moment critique est que la prise en masse des individualités s’opère ,non point(à la méthode totalitaire) dans quelque mécanisation fonctionnelle et forcée des énergies humaines mais dans une conspiration animée d’Amour.
Avec l’humanité ,l’ évolution prend un tour complétement nouveau ; « Rien de changé peut-être pour un observateur macroscopique de l’agencement global des neurones cérébraux mais en revanche quel irréversible progrès de conscience collective ! » page315
Lors de la socialisation de compression apparaît alors un rebondissement de l’évolution.Pour Teilhard il est la preuve que la marche en avant de l’humanité n’est pas arrêtée mais au contraire qu’elle se prolonge vers des états supérieurs,vers une conscience totale de l’espèce .
On peut craindre que la socialisation n’implique pour l’individu de devoir abandonner une part de sa personnalité et de sa liberté tant d’agir que de pensée.

-Comment ,se demande Domenach ,les personnes peuvent-elles s’unir sans se dissoudre dans le Grand Etre ?
Teilhard de Chardin pense lui que les hommes devront découvrir les meilleurs moyens de vivre ensemble et faire un effort d’adaptation réfléchi .Il y aura alors une montée du psychisme à l’intérieur de la noosphère .Il voit en l’homme une force de vie qui le porte au-delà de lui-même.
Pour Pascal cet excédent de vie nous portera vers Dieu.

-Pour Jean-Paul Sartre ce n’est vers un Dieu hypothétique que nous emmènera ce supplément de vie mais vers le monde .

Teilhard. voit dans l’étreinte totalisante une force qui nous emportera vers une surhumanisation avec intensification de nos puissances de comprendre et d’aimer.

Comment imaginer cette super-humanité ?
-Pour les uns ,il suffirait que les hommes réussissent à s’arranger sur eux-mêmes et parviennent à un maximum de maîtrise individuelle dans une société ultra-technifiée,ultra-cérébralisée, ultra-socialisée.
-Pour les autres au contraire ,les hommes se regrouperont et avanceront vers quelque centre ,quelque champ d’attraction au-dessus d’eux-mêmes..

Il est nécessaire pour que tout l’incommunicable réfléchi sublimé au cours des temps par l’anthropogénèse soit conservé ,qu’un noyau ultra-consistant surgisse.
Les chrétiens depuis deux mille ans ont pressenti que quelque chose ou quelqu’un les attendait au bout de la route car dit Teilhard : « il faut bien , pour eux ,que cette mystérieuse et indispensable attraction émane de quelque foyer. »
Il entrevoit deux conclusions possibles :

-1-l’homme correspond exactement physiquement au projet défini ;il est arrivé à un état supérieur de complexité et de conscience mais il ne pourra se prolonger qu’en se concentrant sur lui-même jusqu’à ne plus former qu’une unité naturelle organiquement et psychiquement insécable mais alors la question est :comment la rendre insécable ? page 320

-2-l’humanité n’en est encore qu’à ses balbutiements et n’aura d’avenir « qu’en poussant et en épousant au maximum sur Terre toutes les formes disponibles de vision communes et d’unanimisation. » page321

Mercredi 4 Janvier 2012 15:07