Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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J’avais commencé par traiter en premier la deuxième phrase proposée à notre étude par Jean-Pierre Frésafond et je crains que les doutes qu’elle a mis dans mon esprit n’aient influencé ma façon de réfléchir aux suivantes tellement les interrogations qu’elle a suscitées en moi me préoccupent depuis. Je vais néanmoins développer les réflexions dans l’ordre où elles nous ont été proposées.

L’énergie humaine page 50. (Edition du seuil)
Le problème soulevé par l’extrait tel que notre animateur le soumet à notre réflexion me semble restreint à la seule définition du terme « monde ». Parce que, si nous nous allons une page seulement en amont de cet extrait, nous trouvons : « L’Esprit, dans son ensemble, ne reculera jamais, dans un Univers de nature évolutive, l’existence de l’Esprit, exclut, par structure, la possibilité d’une Mort où disparaîtraient totalement les conquêtes de l’Esprit ». Là, tout est clair ! et, un peu plus loin : « une trace restera, quelque chose sera recueilli dans une conscience, dans une mémoire, dans un regard …. Or c’est ce dernier espoir qu’il faut supprimer pour égaler la notion (probablement aussi absurde que l’idée de Néant) de Mort absolue. » Pour aller donc au bout de notre analyse, il faut accepter que le mot « monde » représente la masse humaine animée par l’Esprit qui, - de nature évolutive – donne à ses acteurs « le goût de vivre, toujours plus critique, exigeant et raffiné » afin de lui permettre cette évolution en rejetant l’idée d’une Mort absolue qui serait « génératrice d’un désintéressement suprême. »

Le phénomène humain page 49

Matérialiste, spiritualiste etc. …. Chaque groupe campe sur ses positions …….chaque groupe ne voit que la moitié du problème ……….
Une première lecture –rapide- de ce texte m’a tout d’abord inspiré une réflexion impulsive et spontanée : bien sûr, les individus ne veulent jamais avoir tort, ils s’entêtent à défendre leur point de vue sans vouloir accepter celui d’autrui et donc sans se remettre en question. Et de me glorifier d’appartenir, entre autres, au groupe de travail sur Teilhard de Chardin où, là, on écoute les autres !
Mais il m’a semblé trop simple de rester sur cet à priori. Si Teilhard avait consacré un chapitre du « phénomène humain » à ce sujet c’est que cela devait être plus complexe.
J’ai donc continué ma lecture : page 57 « dans l’état A, les centres de Conscience, parce qu’à la fois très nombreux et extrêmement lâches, ne se manifestent que par des effets d’ensemble, soumis à des lois statistiques. Ils obéissent donc collectivement à des lois mathématiques. C’est le domaine de la Physico-chimie. Dans l’état B, au contraire, ces éléments, moins nombreux et en même temps mieux individualisés, échappent petit à petit à l’esclavage des grands nombres. Ils laissent transparaître leur fondamentale et non-mesurable spontanéité. Nous pouvons commencer à les voir et à les suivre un par un. Et dès lors nous accédons au monde de la Biologie »
Alors ? doit-on soutenir chacun son point de vue et laisser un « domaine » scientifique tel que la Biologie ou la Physico-chimie faire la synthèse de nos différences ou bien devons nous moduler notre pensée en fonction de celle des autres, croyant ainsi nous parfaire ? ne nous prenons nous pas ainsi pour Dieu ? notre rôle est peut-être limité à celui d’un individu donc d’un microcosme différent des autres……… et Dieu fera la synthèse.


Le phénomène humain page 62

C’est sur cette question que je pense être « hors sujet » comme on disait à l’école lors des compositions de texte. Mal latéralisée, je n’ai jamais eu la notion de vertical ou d’horizontal, alors tangentiel et radial me laissent aussi perplexe. Je reviendrai donc à la préoccupation qu’à engendré en moi le traitement de la deuxième question : doit-on faire sa priorité de l’écoute de l’autre ou bien s’efforcer de s’individuer au maximum en donnant le meilleur de soi même, conscient de faire partie d’un tout qui, lui seul, a une valeur pour le futur ? c’est à dire privilégier l’énergie radiale, « toujours plus complexe et centré, énergie d’évolution, donc » ou rester dans l’énergie tangentielle « qui rend chaque élément solidaire de tous les éléments du même ordre » en s’imprégnant de la croyance de l’autre, en modulant mon propre ressenti en fonction des échanges avec mes congénères ………..

Le phénomène humain page 73.

C’est cette pré-biosphère, définie par PTDC qui donne à l’humanité sa raison de vivre et d’aller de l’avant comme nous le développions lors du traitement du paragraphe précédent. Car, si on considère ce « quantum initial de conscience » comme « une masse solidaire de centres … structurellement liés entre eux par …. », nous sommes forcés d’admettre qu’il y a un lien d’origine entre ces centres infinitésimaux, donc un but commun, donc une entité suprême qui tire les ficelles et mène la barque. Une entité qui a fait le tri puis le choix et, enfin, qui motive les troupes pour qu’elles avancent dans le même sens, comme un seul être, vers un « toujours plus ».


J’apporterai donc une conclusion à cette série de réflexions bien que les sujets choisis semblent hétéroclites et dissociés, il y aura encore de la vie après notre vie, notre passage sur terre n’est pas inutile, nous contribuons tous à la montée de la conscience vers la noosphère.

Je reste cependant sur ma faim, PTDC me fait, à soixante ans et, soudainement, après l’avoir lu durant environ dix ans, remettre en question ma grande théorie qui consistait à tenir compte de l’avis des autres avant le mien ………. Suis je sur la bonne voie ….. encore dix ans de PTDC et j’aurai peut-être tranché la question.

Mardi 4 Mars 2008 10:36