Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Mon exposé va s'organiser en 2 parties :
En première partie, je me propose de faire une analyse rapide du texte contracté que nous soumet
J. Pierre Frésafond.
En seconde partie, je me permettrai quelques commentaires personnels.

I) Analyse du texte :
Je retrouve, dans l'exposé de T. deux parties d'inégale importance!
1°) le rôle de l'éducation dans l'évolution de l'Homme.
T. affirme « que l'humanité est organiquement inséparable des développements de son éducation et que ce milieu additif fait partie intégrante de l'hérédité biologique ».
Personnellement, j'admets assez facilement cette position.
2°) la socialisation humaine.
Plus intéressant!!! L'évolution de l'humanité peut-elle nous amener à une structure sociale de même nature que celle de la Ruche ? J'avoue que je me suis moi-même souvent posé la question. T. pense quant à lui, « l'humanité approche de son point critique de socialisation » mais bien entendu, il n'en précise ni la structure, ni l'échéance, mais en postulant : « la victoire de l'Homme-esprit sur l'Homme-matière ».
Pour y voir clair, T. pose alors un certain nombre de questions, auxquelles, visiblement, personne ne peut répondre avec certitude.
1ère question : « faut-il reconnaître un sens ou un but à l'univers ? »
Je réponds : un sens c'est probable; un but plus douteux.
2ème question : « après avoir admis que le monde a un sens, cela nous oblige-t-il à aller plus loin et à fortiori jusqu'au bout ? »
Je pose à mon tour ma question = à quel bout T. pense-t-il ?
3ème question : « le progrès (je pense qu'il veut parler de l'évolution qui n'est pas forcément synonyme de progrès) consiste-t-il à rompre les attaches entre le monde de la matière et le monde de l'esprit ? ».
Je pense personnellement, qu'il ne peut y avoir séparation absolue entre la matière et l'esprit et qu'il doit toujours y avoir un support matériel, aussi tenu soit-il, sur lequel s'applique l'esprit, à moins de réduire à la fois matière et esprit à une entité unique : l'énergie. (sans connaître la nature fondamentale de cette énergie...)
4ème question : « faut-il penser pluralisme ou monisme ? ».
A mon avis, il n'y a pas à choisir. Reprenons l'exemple de la Ruche : la ruche est un tout, organiquement centré sur la Reine, mais chaque abeille conserve son individualité, même réduite en fonction de sa spécialistaion : la Reine, les ouvrières, les nourrices, la police... De même que dans le moindre organisme vivant, chaque cellule conserve une individualité, même si elle est dépendante de Tout.
Enfin, dernière question : « quelle option devons-nous choisir ? Refus ou acceptation de la socialisation humaine? Monde de divergence ou monde de convergence ? Où est l'issue? »
Bonne question! On sent que T. reste assez hésitant (et on le comprends!) Après avoir pesé le pour et le contre, T. avance une première conclusion : « pour sauver la prééminence de l'esprit, la voie de l'unification est la seule pensable ».
Personnellement, je ne pense pas que ce soit tellement évident. Mais alors T. se pose encore une ultime question annexe : « quelle forme prendre cette unification ? »
Pour arriver à une conclusion finale T. se réfère à deux système d'unification : la Ruche ou la Fourmilière ?
- « Dans la Ruche, comme dans le cas des cellules formant notre corps, l'union et donc la spécialisation des éléments se font dans le domaine de certaines fonctions naturelles, comme nutrition, reproduction, défense, etc... d'ou la transformation de l'individu en « pièce de rechange »;
la socialisation ne signifie pas la fin de la personne, mais l'ERE ded la personne...C'est l'Amour qui est l'énergie du développement, l 'énergie fondamentale de la vie ».
- « la fourmilière, par contre n'a pas les faveurs de T. puisqu'il affirme que « l'énergie amour nous interdit à jamais de nous scléroser dans le modèle de la vie des fourmis ».
De là à penser que T. rejette le modèle « fourmilière » et préfère pour l'humanité le modèle « Ruche » ! ou bien pense-t-il qu'on puisse imaginer un 3ème modèle, spécifiquement humain, qu'il n'évoque d'ailleurs pas.
Finalement, sa conclusion semble se limiter à un superbe ?
C'est ce que laisse entendre sa dernière phrase qui clôt sa dissertation sur la philosophie : au delà de ce que nous nommons « point critique de socialisation », la masse de l'humanité va sans doute émerger dans le milieu biologiquement requis pour atteindre la plénitude et accomplir son destin ».
Libre à chacun d'interpréter à sa façon!

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II) Mes commentaires, je vais essayer d'être bref.
1ère remarque : que T. s'inquiète de savoir quel allait être le destin-l'avenir- de l'Homme dans la certitude que l'Humanité était sur Terre pour la durée de la vie de la planète, rien n'était plus normal il y a encore 1/2 siècle. Bien sur, Maltus, dans so « essai sur le principe de population » publié en 1798, avait déjà alerté sur le fait que la population mondiale se multipliant plus que ne le permet la quantité de nourriture dont elle dispose, « la procréation devait être freinée par la continence librement consentie ou organisée de façon repressive »; mais cette prédication n'avait guère été prise au sérieux et totalement méconnue en dehors des peuples les plus avancés.

D'autre part, ce n'est qu'à partir des années 1970, que le développement de la pollution atmosphérique, due notamment aus gaz à effet de serre (CO2 et méthane tout particulièrement) a commencé à être reconnu comme responsable d'un changement climatique grave et que le comportement des Hommes en était en grande partie responsable. Ajoutons également d'autres risques qui se révélaient les uns après les autres, tels que la pollution des eaux, la déforestation, la réduction de la diversité des espèces végétales et animales, imputables également à l'activité humaine.

C'est au cours de ces 40 dernières années que les Hommes ont commencé, trop lentement, à prendre conscience du danger qui menace la planète, donc aussi ses habitants. L'homme, à la fois envahisseur (démographie galopante) et prédateur, est le principal responsable de ce processus qui s'accélère inexorablement; mais comme l'Humanité est aussi l'espèce vivante la plus évoluée la plus complexe, elle est naturellement la plus vulnérable et c'est elle qui est la 1ère menacée d'extinction.
C'est ce qu'a voulu exprimer Yves Paccalet, philosophe et écologiste dans un livre au titre provocant
« l'Humanité disparaitra, bon débarras! ».
Plusieurs conférences internationales consacrées à la défense de l'environnement se sont succédées depuis moins de 20 ans :
 conférences des Nations Unies sur l'environnement et le développement-Rio, juin 1992
 Sommet de la terre Manchester-septembre 1993
 Conférence de Berlin, sous l'égide de l'ONU-avril 1995
 Conférence de Kyoto-décembre 1997
 Conférence de Buenos Aires-novembre 1998
 Conférence de Bonn-novembre 1999
 Conférence de l' Haye-novembre 2000
Sans parler des plus récentes...

Hélas, elles n'ont pratiquement pas été suivies d'effet.
Les nations les plus polluantes du monde : les Etats Unis et le Chine ne les ont même pas ratifiées.

Bref, on ne voit vraiment pas comment l'Humanité pourrait échappée au danger. C'est pourquoi aujourd'hui, il est dérisoire de se poser la question de savoir quelle forme de socialisation pourrait adopter l'Humanité (la Ruche, la Fourmilière ou toute autre forme). L' Humanité n'en a pas le temps!!

Face à la situation actuelle, on peut imaginer quelques scénarios pour connaître l'avenir de l'Humanité pendant la durée de la vie de la Terre qui, dans le meilleur des cas, ne dépassera pas 2 ou 3 milliards d'années (en fonction de la durée de vie du soleil).

1er scénario, le plus favorable : les Hommes prennent très rapidement (moins de 10 ans) conscience du danger et adaptent leur consommation aux ressources limitées que leur offre la planète : limitation de la démographie, limitation de la consommation, refus de la croissance à tout prix, cette panacée que les économistes, dans leur aveuglement, brandissent en performance.
En revenir à la « Sobriété heureuse » prônée par Pierre Rabbi !

2ème scénario : les Hommes, apprentis sorciers, continuent leurs errements; l'environnement est définitivement pollué, les modifications climatiques entrainent des perturbations insurmontables et incompatibles avec le maintien de la Vie sur Terre; l'Humanité disparaît toujours : échéance « moins de 100 ans »!!! ?

3ème scénario, intermédiaire : 90% de l'Humanité disparaît, les 10% restants se partagent la totalité des ressources de la Terre. De deux choses l'une : ou bien cette « élite » devient raisonnable et organise une société équilibrée, ou bien plus vraisemblablement, retombe dans les erreurs passées, sans doute inhérentes à la nature humaine, et ne parvient pas à installer une socialisation de l'Humanité cohérente (type la Ruche ou similaire) et le cycle maléfique recommence.
Sans parler de la possibilité de quelques catastrophes qui pourraient advenir quelque soit le scénario envisagé :
• catastrophe naturelle (collision d'un énorme météorite avec la Terre, par exemple!)
• ou catastrophe due à l'action prédatrice de l'Homme (pandémies dues à la prolifération de virus consécutive aux variations climatiques ou déclenchement de guerres nucléaires non maitrisées, par exemple)
A moins que l'Homme trouve, très vite une technique lui permettant de s'évader de la Terre pour aller coloniser le Cosmos. Hypothèse insoutenable!!!

Conclusion :
L' Avenir de l'Homme est très incertain à long, moyen ou court terme.
Je ne peux donc terminer autrement que par un immense ?
Merci



Jeudi 13 Janvier 2011 20:04