Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Je vais suivre autant que possible le raisonnement de Teilhard dans la mesure où son langage, toujours difficilement accessible, m’en permet la compréhension.

I) LA MONTEE DE LA PEUR

L’auteur met en opposition les populations socialement infra développées et les peuples les plus développés.
-Les premiers ont une co-conscience collective, mais aussi une plus grande proximité avec le reste de la nature, donc du cosmos.

-Les seconds manifestant une marche persistante vers l’hyper individualisation, s’éloignent de la communication avec la nature, donc avec le cosmos.

D’où la supériorité des religions animistes par rapport aux religions monothéistes foncièrement anthropomorphiques.
Les premières, les religions animistes, du fait qu’elles s’intègrent plus ou moins consciemment au cosmos, se sentent moins isolées donc plus protégées et, finalement, sans doute moins peureuses face à l’existence que les secondes, les religions monothéistes et anthropomorphiques qui, plus conscientes, développent au maximum leur peur existentielle.
Le commentaire de J.P. Frésafond n’est pas sans intérêt. J’ai toujours dit que si je devais être religieux je serais animiste, participant au cosmos par tous les pores de ma peau.

En analysant cette montée de la peur existentielle chez les peuples, proportionnellement à leur degré de développement, Teilhard distingue deux familles de peur :
-la peur de la matière
-la peur de l’être humain
(au passage je remarque que Teilhard écrit l’Etre Humain avec deux majuscules, alors qu’il écrit la matière avec un m minuscule. Pourquoi cette distinction ?) La matière mérite autant de considération que l’être humain.

Peur de la matière :
-L’immensité. Les primitifs avaient sans doute moins que nous cette peur de l’immensité car ils faisaient partie eux-mêmes inconsciemment de cette immensité. Or nous avons davantage conscience de notre insignifiance. Notre peur est à l’échelle de cette immensité dont nous avons pris conscience avec les progrès de la science.

-L’étanchéité : impossible de sortir du temps et de l’espace. Nous avons l’impression d’être en prison. Ce n’était pas du tout l’attitude des primitifs qui se sentaient naturellement faire partie du tout et, par conséquent, devaient se sentir beaucoup plus libres.

-L’hostilité : Face à cette hostilité (ressentie) de la matière, nous cherchons à nous abriter dans l’humain ; ce qui signifie finalement, s’abstraire du cosmos. Grande erreur qui va mener l’humanité à sa perte.

-Peur de l’être humain : vanité de la position de l’Homme moderne de croire à « un monde à) notre mesure ». Toujours la tendance à s’isoler du cosmos !
Mais l’humanité prend, à son tour, une allure inquiétante.

-L’immensité : Nous la ressentons sous l’angle du danger démographique. Mais cette humanité là, elle trouvera très vite ses limites quand le cosmos l’aura absorbée.

-L’opacité : Le sentiment d’isolement de l’humanité au sein du cosmos se transpose en « étanchéité ». Lutte des humains qui deviennent de plus en plus individualistes à l’intérieur de l’humanité, elle-même de plus en plus déchirée. Nous devenons prisonniers de notre individualisme exacerbé : « être fermé atomiquement sur soi-même » selon Teilhard.

-Impersonnalité enfin : Je ne vois pas très bien ce que Teilhard a voulu dire. Cela semble un peu contradictoire avec ce que je viens d’évoquer.

II) LE RETOURNEMENT DE LA PEUR
OU LA CONFIANCE EXISTENTIELLE

Je n’ai à peu près rien compris au langage hermétique de Teilhard et pas tellement davantage au commentaire de Jean-Pierre. Je ne retiens donc que le titre de ce chapitre qui me parait, à lui seul, insuffisamment explicite. Voici ce que je ressens après quelques 80 années de vie pendant lesquelles j’ai eu progressivement conscience d’une certaine cohérence de l’existence cosmique.

Après avoir éprouvé comme tout un chacun une certaine angoisse face à l’immensité du cosmos, à la sensation d’en être prisonnier, par contre je n’ai pas l’impression d’avoir tellement succombé à la tendance à m’abstraire dans l’humain. En devenant citoyen du monde, j’ai élargi mon champ de conscience au-delà de l’humanité, englobant dans « le monde » (en fait limité à la planète terre)aussi bien l’humanité que toute la biosphère dans la diversité du monde vivant (végétal et animal : les fourmis, comme les radis, sont mes cousins éloignés sans doute, mais cousins quand même). De plus, minéralogiste amateur, je me suis dit qu’un cristal de quartz ou un atome de plutonium faisaient eux aussi partie de ma parenté très éloignée.

C’est ce qui me permet de revendiquer mon droit à m’inscrire, si elle existait, dans une association de citoyen de l’univers. J’ai ainsi le sentiment de faire partie intégrante du cosmos, infime partie, mais intimement lié à lui. La peur de la mort subsiste évidemment mais, issu du cosmos et devant y retourner, je sens que je fais partie d’un tout dont je reste éternellement solidaire. Après la mort, notre corps se décompose en ses moindres éléments (électrons, protons, neutrons … et tous les autres) ; lesquels finissent par trouver de nouveaux assemblages et nous rendent ainsi indestructibles.

Personnellement, cette croyance me procure une certaine sérénité qui peut, effectivement, me libérer en partie de la peur existentielle et me donner -pourquoi pas- une certaine forme de confiance existentielle.

Samedi 3 Octobre 2009 20:07