teilhard de Chardin


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Le chapitre intitulé "l'évolution de la responsabilité dans le monde", extrait de "l'activation de l'énergie" a été écrit par PTDC le 5 juin 1950.
Où en est-il à ce moment là de son parcours personnel, scientifique et spirituel ?

On sait qu'il a du être hospitalisé au mois d'avril 1949 pour une pleurésie. Il se rend ensuite à Saint Germain en Laye pour sa convalescence, dans le couvent des Sœurs augustines.
PTDC est en pleine crise avec son "employeur", l'Eglise ! "Rome" l'a traité de "théologien pas sûr"! propos auquel Teilhard répond : "le christianisme est quelque chose de beaucoup plus grand que ces mesquineries" (dans un courrier du 8 février 49 adressé à Rhoda.)
Durant son repos forcé à Saint Germain en Laye, il lit "énormément de livres, faciles à lire", dont Les mains sales de JP Sartre, dont il dira à Rhoda, dans un courrier daté du 4 mai 1949 : "je n'ai pas une très bonne opinion de la philosophie de Sartre. Mais je dois dire que pour ce qui est du don de concevoir et de développer une situation dramatique (et représentative), il possède un talent de premier ordre."
Que trouve-t-on dans ce roman reconnu comme étant, en grande partie autobiographique ? Le personnage principal, Hugo, (Sartre) convaincu par son parti de tuer un individu est le prétexte à s'interroger sur l'usage de la violence dans l'action révolutionnaire. Jusqu'où aller pour défendre l'idéal d'un groupe ? doit-on renier ses propres convictions au bénéfice de celles du groupe ?
Il lit également la peste de Camus. On trouve dans ce roman, Rieux, un chef de la résistance, Cottard, un représentant des trafiquants du marché noir, Tarrou un résistant et l'évêque naturellement un représentant du Vatican. Voici donc, personnifiés, les différents groupes sociaux de la ville d'Oran.
Quels liens peux t'on tisser entre Sartre, Camus et Teilhard ?
Tous trois contemporains, nous avons deux écrivains fortement engagés dans la politique et un paléontologue à la foi débordante.
Les deux premiers vont analyser, romancer les microcosmes que représentent les instances politiques ou dirigeantes, le dernier va élargir le débat à l'ensemble de l'Humanité.
Du groupe zoologique animal doté d'un "sens de l'espèce", on va passer à une "cohésion sympathique avec les autres membres d'un même phylum".
Que représente un parti politique ? une division de l'espèce "homme" ? une "cohésion sympathique avec les autres membres d'un même phylum" ?

A cette époque, Teilhard propose d'étudier "une biologie des civilisations à la surface de la terre".
"si bien que c'est, en dernier ressort, sur la biologie des civilisations qu'il convient de nous pencher avec prédilection si nous voulons vérifier, préciser et confirmer jusque dans le détail ….. ce que la Paléontologie nous a déjà révélé, en première approximation, sur les grandes lois évolutives d'orthogenèse et de différenciation ".

Claude Lévi-Strauss, militant au sein de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) ! disait que le rapport que l’on entretient avec l’autre est tout à fait juste si l’on s’en tient à un plan “politique”, “conflictuel”. Mais le rapport à l’autre se révèle également dans la modalité de l’amour.
Mais aussi : " le nazisme est l’effet d’un déclin de la foi."
Lévi-Strauss a révolutionné l'anthropologie qui ne tenait pour responsable de l'évolution d'un enfant, que la famille, unité autonome composée d'un mari, d'une femme et de leurs enfants, et tenait pour secondaires les neveux, cousins, oncles, tantes et grands-parents. Lévi-Strauss a estimé, lui, que, les familles n'acquièrent des identités déterminées que par les relations qu'elles entretiennent les unes avec les autres. Il inverse le concept traditionnel de l'anthropologie en mettant en premier les membres secondaires de la famille et en centrant son analyse sur les relations entre les unités plutôt que sur les unités elles-mêmes.

Voilà de quoi réfléchir au pouvoir du groupe, au besoin de se rassembler.

L'homme est "pensant" ……….. la pensée lui aurait-elle fait perdre son autonomie au profit d'un besoin d'échange par la parole, par la réflexion, de manière à constituer cette noosphère nourrie de l'ensemble de la pensée humaine déjà structurée par le groupe socioculturel, déjà cloisonnée.















Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 1 Février 2010 à 17:39 | Commentaires (0)