Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Une première impulsion me dictait de démontrer « l’amour » à partir de la réalité concrète qui explique l’attirance d’un être pour un autre par la nécessité de la reproduction qui ne peut se faire, pour l’instant, que par le biais de l’acte sexuel. Je n’ai jamais tenté d’analyser le psychisme de l’escargot ou du ver de terre pour comprendre quelle est la notion de l’amour qu’ont les hermaphrodites.

Mais, au hasard de mes réflexions, en tentant de recenser les auteurs qui, à mon avis, ont le mieux parlé de l’amour, j’ai du me rendre à l’évidence que, Platon restait à mes yeux celui de nos ancêtres auquel je donnerai la palme en matière d’évocation de l’amour. Teilhard, d’ailleurs, l’évoque quelques lignes après celles proposées ce soir pour notre étude. Alors, comment un homosexuel notoire peut-il, après mille six cent ans environ rester le plus éloquent défenseur de l’amour si ce sentiment n’est, à la base, que la conséquence même inconsciente, de la volonté de procréer ?.
Personne ne peut nier que « le banquet » représente une succession d’éloges de l’amour qui n’a rien de démodé. C’est donc cet ouvrage qui va servir de trame à mon exposé.

Phèdre prétend « je dis de tout homme qui aime que, s’il est surpris en train de commettre une vilenie, ……. ce ne sera pas d’avoir été vu, ni éventuellement par son père, ni par ses camarades, ni ….. qui lui causera souffrance pareille à celle de l’avoir été par ses amours ! » et Phèdre de conclure : « ainsi, je prétends donc, quant à moi, qu’Amour est des Dieux, le plus ancien, le plus vénérable, le plus puissant pour conduire les hommes à l’acquisition de la vertu et du bonheur, aussi bien pendant leur vie qu’après leur mort. » Or, page 291 du « phénomène humain », Teilhard nous rappelle que « l’union différencie », page 295, « seul l’amour, pour la bonne raison que seul il prend et joint les êtres par le fond d’eux-mêmes, est capable ………. d’achever les êtres, en tant qu’êtres, en les réunissant », voilà donc une première approche concrète de la notion d’amour. Les êtres s’achèvent donc, c’est à dire arrivent au but de leur chemin de vie en s’unissant à l’autre, en puisant en lui (l’autre) ce qui manque en eux mêmes.

Revenons au « banquet » de Platon, Aristophane, à son tour, après sa crise de hoquet « belle occasion de m’émerveiller que le corps ait besoin, pour trouver le bon ordre, de pareil fracas et titillations, comme justement il s’en produit quand on éternue » preuve, s’il en est de la nécessité de se confronter à « l’autre » pour se parfaire, parlera de l’amour donc, comme du « ré assembleur de notre primitive nature ; l’amour qui, de deux êtres, tente d’en faire un seul, autrement dit, de guérir l’humaine nature ».

Le succulent discours entre Alcibiade et Socrate contient des phrases éloquentes du style : « il y a des chances …… qu’il y ait en ma personne quelque vertu grâce à laquelle, toi, tu deviendras meilleur ….. ».
Quittons Platon pour d’autres auteurs plus près de nous :
« l'amour, c'est peut-être d'être égoïstes ensemble. »
Marcel Achard
« L'estime des autres est un supplément à l'opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c'est un roseau dont l'amour-propre cherche à s'étayer. »
Jean le Rond d' Alembert (co auteur de l’encyclopédie Diderot).

Donc, effectivement, comme le dit Teilhard, s’il n’y avait pas, à l’état rudimentaire une propension à s’unir, l’amour n’existerait pas à l’échelle humaine. Mais l’être humain n’existerait pas non plus puisqu’il ne se reproduirait pas………. Je ne peux pas, personnellement, séparer la notion d’amour de celle de procréation. Lorsqu’on aime, c’est pour créer, se créer, et, par extension créer une progéniture que l’on croit être une prolongation de nous mêmes puisque nous avons conscience d’être des mortels.





Samedi 12 Avril 2008 18:13