teilhard de Chardin


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Question proposée pour la réunion du 25/1/08 par Christiane PATEY, et à traiter d’après le PHENOMENE HUMAIN selon Teilhard de Chardin et le livre de
JP Frésafond, pages 127 à 162


Cette question est l’objet même de l’aboutissement que Teilhard souhaite voir atteindre par l’humanité, il n’est jamais trop tôt pour s’en préoccuper. Il manque cependant un élément au début de l’énoncé de la question : il s’agit de la phase qui va du personnel à l’hyper collectif. En effet, cette phase préalable est la plus difficile à franchir, c’est celle qui a pour objectif d’arracher les racines de l’homme de leur terrain animal ; une fois cette évolution initiale réalisée, les suivantes seront moins brutales car, le mouvement étant amorcé, la suite est en principe plus aisée. Cette initialisation de l’évolution individuelle est l’un des thèmes principaux du Phénomène Humain et elle est ensuite développée en profondeur dans le livre L’Activation de l’Energie.

Rappel des phases de notre présente étude :
1- Du personnel à l’hyper personnel
2- De l’hyper personnel au collectif
3- Au-delà du collectif


Nous verrons dans L’Activation de l’Energie que TDC propose à la suite de ces 3 phases une quatrième, puis une cinquième étape que nous examinerons en temps voulu mais, dès lors, on peut les noter. Il s’agit de la SURVIE puis de la CONVERGENCE vers le Point Omega.

1- Du personnel à l’hyper personnel

Pour aller du personnel à l’hyper personnel il est absolument nécessaire de bien se connaître soi-même et de se situer dans la société : Placer l’homme dans la chaîne de la vie de notre planète (cf les Evangiles : Si tu trouves en toi le royaume, le reste te sera donné de surcroît). A ce niveau, il sera évident que chacun de nous n’est ni seul ni unique en son genre. Notre prochain est un autre nous-même, il nous renvoie notre image comme un boomerang, mais une image différente de celle que nous pensions avoir. (Cette proposition n’est pas contradictoire avec le fait que chaque individu soit chromosoniquement unique au monde).

-Pour franchir cette première étape de l’évolution individuelle, il faut prendre conscience que l’élan vital, première loi de la nature, verra désormais sa trajectoire modifiée par une autre force, celle de la morale, laquelle va motiver notre décision de ne plus voir seulement avec l’instinct du fauve.

-Heureusement, tout est bien synchronisé dans l’évolution de la vie : Le pas de la réflexion fait prendre conscience que nous sommes mortels, ce qui aura pour conséquence de provoquer la sainte trouille qui induira la pulsion religieuse, non pas obligatoirement sous forme d’adhésion à une religion, mais qui conduira à un questionnement spirituel
pouvant se traduire la par célèbre triple question :
D’où venons-nous ?
Qui sommes-nous ?
Où allons-nous ?
Questions que l’on peut formuler autrement :
L’univers est-il l’œuvre d’un Principe Créateur ?
Sommes-nous les acteurs essentiels de cette création ?
Cette création a-t-elle un but à atteindre ?
Jusque là nous sommes dans le domaine scientifique mais après ce stade nous découvrons une quatrième question : Ce but, la réussite de l’univers, est-il atteignable, et comment ? Mais à partir de là nous sommes dans les questions 4 et 5 que nous examinerons plus tard dans une autre réunion ;

1ère question : D’où venons-nous, du hasard ou d’un Principe Créateur ?
Du hasard seul il ne peut rien sortir
(a) si dans le tonneau tournant de la loterie nationale il y a 1000 boules blanches, on peut le faire tourner pendant des milliards d’années, il ne pourra en sortir que des boules blanches.
(b) Si le tonneau contient 999 boules blanches et une seule boule noire, la probabilité de la sortie de la boule noire est de 1 pour 1000 mais avec un tel résultat il ne peut se produire aucun arrangement.
(c) Si le tonneau contient 998 boules blanches et 2 boules noires, la probabilité mathématique est de 1000/factoriel 2, soit des milliards de milliards d’années pour que sortent les 2 boules noires à la suite l’une de l’autre (cette simultanéité est indispensable pour que se produise un arrangement) or, des milliards et des milliards d’années est un temps que nous n’avons pas, l’univers n’a que 15 milliards d’années et serait-il 10 fois plus âgé que ce temps ne serait toujours pas suffisant.

Pour qu’un arrangement de complexification de type molécule de protéine se produise, il faut qu’au jeu des dés sortent mille fois mille fois à la suite un « double six » . Pour que cela se produise, il faut que les dés soient « pipés »… autrement dit, une Information, une Intention doit être cachée dans la matière initiale. Si un athée propose une autre alternative pour expliquer la création de l’univers, il aura au moins la moitié de la population de la terre comme adeptes, car sa religion sera vraiment facile à vivre !

2- 2ème question : Qui sommes-nous ? Nous sommes le fruit des arrangements déterminés qui, grâce aux jeux de hasard et des rencontres fortuites, ont fait que Rien ne saurait éclater au grand jour qui ne soit déjà obscurément présent depuis le début et que, de ce fruit, cette évolution si bien commencée et développée ne saurait s’arrêter là où nous en sommes, sauf accident imputable à l’humanité. Nous sommes donc les principaux acteurs du drame qui se déroule sous nos yeux, et notre conscience nous impose le DEVOIR de participer activement à cette réussite. C’est ainsi que l’Homme est passé du personnel (égoïste) à l’hyper personnel (solidaire). La phase 1 est maintenant terminée et il va passer à la deuxième phase : De l’hyper personnel au collectif. Pour lui c’est maintenant potentiellement possible mais, surtout, c’est une NECESSITE ABSOLUE : L’homme doit vouloir et faire.


2- De l’hyper personnel au collectif

Cette phase consiste à tisser autour de la sphère de notre planète une sphère de conscience , de solidarité et de stratégie : après la biosphère la NOOSPHERE. Cette évolution met en jeu tous les outils que l’Homme saura forger lui-même : lois morales, expansion des sciences, développement de l’éducation, définition et déploiement des stratégies de ressources humaines, etc … mais surtout instiller dans toute action le goût de vivre, seule arme contre le nihilisme qui est par son inertie du néant le mal absolu.

Durant cette phase, déjà commencée et qui doit se poursuivre jusqu’à la fin des temps, les religions et les philosophies joueront le rôle de moteur d’espérance. L’Homme doit absolument admettre les remises en question pendant toute sa vie car il est perfectible et jamais achevé.

3- Au-delà du collectif

Pour réussir cette phase, qui n’est déjà plus totalement immergée dans le domaine scientifique mais qui s’aventure dans l’étendue spirituelle, l’Homme doit admettre le postulat suivant : la spiritualité est d’un genre infiniment plus subtile que la psychologie.

(a) La psychologie est la science qui analyse les produits de notre cerveau, lequel est le composant le plus complexe de notre organisme, mais qui s’arrête de fonctionner en même temps que notre « électro chimique » cesse son activité ; phénomène maintenant détectable et quantifiable par la science.
(b) La spiritualité n’est pas encore une science et peut-être n’en sera-t-elle jamais une si les scientifiques n’admettent pas son existence.
La spiritualité est une force, une énergie consubstantielle à toutes les énergies de la matière, elles s’exprime sous forme d’ondes qui entourent le corps de chaque
Et peuvent communiquer entre elles. Elles se jouent des distances, du temps, et de la vie du poste émetteur qui les a produites. C’est l’émergence de l’Esprit Divin qui est en chacun de nous et qui se regroupe en dehors de nous pendant et après
nous.

La réussite de l’univers dépend essentiellement de l’espérance en cette même réussite, tout comme pour une épreuve sportive disait Teilhard De Chardin






Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 17:04 | Commentaires (0)
Considérant l'imperfection du monde, la misère, les guerres, etc ...
peut-on admettre l'existence de Dieu ?

Teilhard ne semble pas répondre directement au difficile problème du mal et de la souffrance. D’ailleurs il écrit que, pour des raisons de clarté, il a choisi de « dégager l’essence positive du processus d’hominisation (…) Ne croyant pas nécessaire de faire le négatif de l’image projetée »

Dans son livre sur le Phénomène Humain JP Frésafond écrit que Le mal est l’absence de bien. Cette formule est intellectuellement satisfaisante pour un esprit entraîné… Mais serait-elle d’une quelconque consolation pour des parents dont l’enfant vient de mourir ? Et l’un des objectifs de notre association n’est-il pas d’avoir un langage accessible et efficace ?

Même si une réflexion pertinente permet de conclure que Dieu est parfait dans un futur encore virtuel, lorsque l’univers aura atteint son apogée d’évolution ; comment oser le faire comprendre et admettre à des parents foudroyés par la peine ?

Teilhard écrit : « Tant que nos constructions reposent exclusivement sur la terre, avec elle elles disparaîtront » . Piètre consolation pour le commun des mortels.

J’ai vu mourir des animaux. Il m’a semblé qu’ils meurent plus facilement que l’Homme. Pourquoi ?
- Sans doute parce que l’Homme a, par nature, une perception que l’animal n’a probablement pas : une obscure conscience qui le dispose à aspirer à autre chose, comme une intuition qui avancerait des tentacules jusque dans l’éternité ou monde des énergies spirituelles. De surcroît, il est ouvert à faire des choix qui peuvent le porter au-delà de ses intérêts personnels et immédiats, au-delà de l’instinct animal, par exemple : avoir une morale et choisir entre un bien ou un mal par rapport à l’intérêt général qui ne coïncide pas nécessairement avec son intérêt particulier… En effet, « croire en l’Homme »c’est reconnaître qu’il est détenteur d’une conscience (en germe ?) pour dépasser son
« moi » dans une décision altruiste, moral .. Ecoutons Teilhard :

-« C’est par son enveloppe tangentielle que le monde va, se dissipant au hasard de la matière . Cette « tangentielle » étant l’énergie motrice des arrangements entre des entités de matière de même niveau d’organisation et d’information, autrement dit, de même complexité/centréité ».

-« C’est par son noyau de radial que l’univers (et nous avec) trouve sa figure et sa consistance naturelle en gravitant au rebours du « probable » vers un foyer Divin d’Esprit qui l’attire . La « radiale » est l’énergie qui pousse une entité de matière placée à un certain niveau d’organisation et de conscience, à monter à un niveau supérieur afin d’y combiner un arrangement d’un niveau de complexité / centréité lui conférant un état de conscience plus élevé ».
C’est là que je place la conscience spirituelle pour faire apparaître la « morale" nécessaire afin de passer de l’individuel au collectif, puis au-delà du collectif . Teilhard pense que le point Omega exerce, à tous les niveaux de la vie et depuis les origines, une attraction nommée
« Amour » et qu’il faut coexister pour aimer.

Au-delà de l'imperfection du monde et de ses épreuves, on peut donc admettre l'existence de Dieu dès lors qu’avec Teilhard on constate que, si la propension à s’unir n’existait pas déjà dans les états rudimentaires de la matière, il serait impossible à l’Amour d’apparaître plus haut. Ce « foyer divin qui nous aspire » relève non seulement de la recherche personnelle, (Cherchez et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira, demandez et on vous donnera) mais surtout d’une expérience individuelle. Or, qui dit expérience, dit ouverture accessible à la raison humaine .Foi et raison peuvent conduire à une élucidation des épreuves de la vie lesquelles, dans ce cadre, ne remettent pas en cause la présence divine au sein des la fibre humaine. Certes, c’est très difficile à admettre et, davantage encore, à faire admettre, mais si les mots sont impuissants il est de notre devoir, de rayonner par l’exemple muet.
Que ceux qui ont des oreilles entendent !

Tout au long de la lecture du Phénomène Humain nous progressons dans la démonstration de l’existence de l’intention divine au sein de la matière. L’intention humaine qui a été créée à l’image du Créateur peut donc, elle aussi, être efficiente. La portée de nos actions, même les plus secrètes, trouve une efficacité maximale sous l’impulsion de l’énergie spirituelle. Le chrétien n’est ni le premier ni le dernier à affirmer cette loi … « naturelle » mais, comme tous ceux qui ont beaucoup reçu, il lui sera beaucoup demandé !

A nous de semer l’espoir dans notre rayon d’action afin d’effacer le tsunami de désespérance particulier à notre temps et contre lequel on a raisonnablement tout à gagner de faire le pari sur la vie. L’Humanité est conçue pour marcher convenablement écrit Teilhard et, « marcher convenablement » c’est voir un horizon au-delà de nos épreuves qui ne sauraient de toute façon n’être que ponctuelles et contingentes ; ce qui ne met nullement en cause l’existence d’un Dieu transcendant qui nous attire, individuellement et collectivement, vers un autre univers en cours de construction.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 17:02 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Question : Lorsque la mort physique est constatée, le cerveau cesse de fonctionner, il n’émet plus de pensée. Dans ces conditions, peut-on admettre la possibilité d’une vie spirituelle après la mort ?

En premier lieu, je vais me livrer à des constatations très pragmatiques :
Supposons que je meure tout de suite, là, dans les cinq minutes qui suivent. Que va-t-il se passer ? un médecin constatera le décès, disons dans l’heure qui suit. Il sera, disons 21 heures, et on lira sur les registres d’état civil, « décédée le 25 janvier 2008 à 21 heures ». Puis on transportera mon corps à l’hôpital où le personnel sera bien obligé d’inscrire mon entrée dans l’établissement. Ensuite s’enchaîneront les obsèques et condoléances plus ou moins sincères. Mais, sincères ou pas, brèves ou prolongées, ces paraphrases parleront de moi, au passé, certes, mais alors que je n’existe plus pour l’état civil. Plus tard, l’administration fiscale ne manquera pas de faire payer à mes héritiers les impôts dont j’ai été redevable de mon vivant sur les revenus perçus. Alors, je serai morte quant ? quant plus personne ne parlera de moi ? mais mes enfants, mes petits enfants, ils n’ont pas un patrimoine génétique ? non, on ne meurt pas aussi vite ni aussi complètement que le laisse supposer la question.

De plus, les choses sont beaucoup plus subtiles que cela et nous allons trouver d’autres réponses à cette question dans plusieurs paragraphes extraits de l’œuvre de Teilhard de Chardin et, plus précisément du « phénomène humain » puisque nous avons choisi de nous concentrer plutôt sur ce livre durant cette année d’étude.
Page 257 dans l’édition du Seuil : « Plus l’Homme deviendra Homme, moins il acceptera de se mouvoir sinon vers de l’interminablement et de l’indestructiblement nouveau. » même sortie du contexte du chapitre dont elle est issue, cette phrase sous entend déjà que l’Homme fait partie de quelque chose « d’interminable » et « d’indestructible ».
Page 259 : « il y a pour nous, dans l’avenir, sous quelque forme, au moins collective, non seulement survivance, mais survie. »
Page 263 : « lorsque l’Homme, ayant reconnu qu’il porte en soi la fortune du Monde, a décidé qu’il y avait devant lui un avenir sans bornes, sur lequel il ne pouvait sombrer ………… »
Teilhard utilise par ailleurs, pour convaincre ses lecteurs de la nécessité de considérer l’individu comme une partie d’un ensemble, l’image de la rondeur de la Terre. Page 265 : « ici intervient un fait d’apparence banale, mais où transparaît en réalité un des traits les plus fondamentaux de la structure cosmique : la rondeur de la Terre. » effectivement, dès que l’on visualise la Terre, notre Terre comme une boule sans fin, on peut comprendre sans difficultés que la vie humaine n’a pas plus de fin que le tour de la Terre. Faites le tour du monde et vous reviendrez à votre point de départ. Quelques années après notre naissance, qui nous a fait sortir de « nulle part », nous serons enfouis dans la terre ou évaporés dans le ciel durant la crémation et tout repartira au point de départ. Enfin, pas tout à fait au point de départ, puisque durant toute notre vie nous aurons enrichi la noosphère. Mais il restera encore bien du chemin pour la parfaire et, si je continue nous allons passer à une autre histoire .
Teilhard enfonce le clou, si vous me permettez cette expression page 270 : « Sphéricité géométrique de la terre et courbure psychique de l’Esprit s’harmonisant pour contrebalancer dans le Monde les forces individuelles et collectives de Dispersion et leur substituer l’Unification : tout le ressort et le secret, finalement, de l’Hominisation »
L’ensemble de l’œuvre de Teilhard est empreint de cette foi en l’être humain. Celui qui prend la peine de lire ce travail en ressort conscient de sa place dans le monde. C’est un hymne à la vie, c’est un médicament contre la déprime, c’est un antidote au suicide, c’est une motivation immense à devenir plus que soi même pour l’avenir de l’humanité et donc notre avenir au travers des siècles et des siècles à venir.



Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 17:01 | Commentaires (0)


L’Homme, suite naturelle de l’évolution de la vie est arrivé. Chaîne extraordinairement longue faite de hasards, de tâtonnements, d’évidences, de directions obligatoires.
Comme le questionne le Père Teillhard « entre les dernières strates du Pliocène où l’Homme soit absent et le niveau suivant où le géologue devrait être frappé de stupeur en reconnaissant les premiers quartz taillés, que s’est-il passé ? »
Après des milliers d’années comme il le dit si bien, la pensée est là. Et nous le supposons c’est calmement, lentement, peut-être une poignée de Primates ici, une autre à quelques milliers de kilomètres ailleurs, là en Afrique est subtropicale, là bas sous les contreforts de la Chine, et encore plus bas …. etc. ; Enfin le Primate pensant : il casse le silex, il sait que le silex cassé est tranchant, qu’il coupe et donc il peut faire, une prise en main de son avenir de son lendemain.
Pouvoir faire, mais aussi le pouvoir, être maître des autres, de leur vie car d’abord il faut vivre parfois survivre ou mourir. En ce temps là les plus forts vivaient sûrement plus et mieux que les plus faibles. (cela a-t-il vraiment changé de nos jours)
A un moment donc par de petits actes de petites réflexions le cheminement des Primates a changé ; leur façon de vivre a changé.
A ce moment là ou à cette période là tout a pris un autre sens, la connaissance mais la connaissance interactive. Le groupe avance de plus en plus fort de flexion circulaire d’échanges créatifs exponentiels.
La réciprocité échange mais aussi et d’abord l’état personnel de pensée ou de conscience en marche ; le rayonnement personnel prometteur de devenirs insoupçonnés.
Ouverture, ouverture vers tout le possible c’est à dire sur tout ce que la pensée juge possible. Penser c’est pouvoir rassembler, aider, construire, aimer, mais aussi haïr, rejeter, exclure, tuer.
En ce temps là tout s’était mis en route, le père l’a si bien dit : « après des milliers d’années qu’elle monte sous l’horizon, en un point strictement localisé, une flamme va jaillir la pensée est là ! »
Mais on est peut-être bien loin de la question : considérant … les guerres ….. peut-on admettre l’existence de Dieu ? Pas si loin que cela à mon avis.
En effet nous avons vu que la réflexion connaître et se connaître, savoir que l’on sait, puissance amour miséricorde domination etc. .. tout cela est entrevu puis perçu essayé vécu.
Quelle évolution ! Et cette évolution, cette construction exponentielle si riche de devenirs mais aussi avec tant de terribles possibles en gestation.
L’arbre de la vie avec les Primates les Hominidés, les Hommes des cavernes, les groupes plus structurés, les civilisations dont nous avons découvert et découvrons encore les vestiges et les restes, puis les peuples plus près de nous que nous connaissons mieux parce qu’ils nous ont laissé plus de mémoires ; l’Humanité vit ; chaque rayon personnel enrichit de son rayonnement l’Humanité : rayonnement d’amour mais aussi rayonnement de haine. Nous avons la possibilité de l’un et de l’autre. Ici c’est le don de personnes pour d’autres personnes pour plus de dignité …. Et là ce sont des humains qui cassent ou tuent d’autres humains.
L’Homme a la grandeur de tout les pouvoirs, de tout les devenirs.
Mystère de tout les possibles, richesse de toutes les unions, mais aussi existence de toutes les démissions, les négations, les morts « mon âme est triste à en mourir » Mathieu chapitre 26 verset 38.
Oméga est loin mais proche à la fois ; il n’est pas possible de faire l’économie de l’union, qui, du différencier noosphérique, mène malgré les réticences vers le Centre de tous les Centres.
Il semble en fin de compte, vrai conclusion logique que comme dit Theillard : « nos doutes et nos maux sont le prix et la condition même d’un achèvement universel » parcours réels rougeoiement des actes, brillance des consciences, parousie des âmes, puis union dans Oméga.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 16:56 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Converser avec le vide, les scientifiques vous embarquent sur des chemins fous, voyons avec Michel Cassé et Trinh Xuan Thuan :

Partis du vide, nous serions déjà en train d’y retourner

Les Astrophysiciens divisent l’histoire de notre univers en quatre règnes : le vide – la lumière – la matière – le vide à nouveau.

Le premier règne est le plus mystérieux, il a conduit d’un état de vide primordial potentiellement chargé à un état de vide vraiment vide. L’énergie considérable de l’explosion du vide primordial s’est ensuite transformée en lumière dont le règne a duré environ 300000 ans. Mais l’inflation exponentielle de l’espace a tant dilué cette lumière, que celle-ci a dû céder la place à la masse, c’est-à-dire à la matière, en pleine constitution et moins sensible à l’inflation. Ce troisième règne dure, depuis un peu plus de treize milliards d’années, cela dit, la matière elle-même s’est finalement tant diluée que, c’est à nouveau l’énergie du vide qui prend le dessus et annonce son nouveau règne, le quatrième sur le cosmos.

Ce vide est en réalité étonnamment plein

Le vide, en physique, est en réalité bourré à craquer. Bourré de potentialités, de virtualité, d’énergie non manifestée. De ces vides surgissent continuellement, en quantité incommensurable, des couples particules-anti-particules, qui s’anéantissent en quelques milliers de milliards de milliardièmes de secondes, car le vide exige qu’on lui rembourse très vite ce qu’il prête. C’est par une ruse très étrange que notre univers s’octroie le luxe de ne pas a avoir à rembourser illico le vide : après le Big Bang, le vide produisit une quantité de matière très, très, très légèrement supérieure à celle de l’antimatière (on ignore pourquoi). Un simple milliardième de différence et nous voilà, avec nos corps, nos montagnes, nos galaxies.

Pour tester le vide primordial, on va fabriquer des micro-univers

C’est au CERN à Genève, en 2008 avec le plus puissant accélérateur de particules en y focalisant le temps d’un éclair l’énergie colossale d’1 TeV (10000 milliards d’électro-volts) et ce pour savoir si la recherche d’unité des deux grandes théories physiques de notre temps, la mécanique quantique (science de l’infiniment petit) et la relativité générale (science de l’infiniment grand) est unifiable.

En science, le néant n’existe pas

Pour les physiciens, le néant n’existe pas. Ils voient ça comme une option métaphysique et ça ne leur parle guère. Tout sort forcément de quelque chose, la création ex-nihilo n’est pas envisageable. Si notre continuum spatio-temporel est né d’une explosion du vide, elle-même engendrée par une « fluctuation quantique » d’allez savoir quel ordre, celui-ci ne peut en aucun cas être rien.

Liberté d’imagination (même en science) et pari métaphysique

C’est au nom d’un mélange précis de rigueur mathématique et de liberté que Michel Cassé demande que la métaphysique soit repoussée en seconde mi-temps après que la science aura parlé. Trinh Xuan Thuan spécule pourtant aussi, mais sur un plan explicitement métaphysique. Il dit qu’il fait le pari spirituel que la conscience et la matière sont deux aspects indépendants du réel et que, du coup, tout ce que vous venez de lire n’affecte que la matière. La conscience elle, connaîtrait une tout autre histoire ! Je cite un passage de son livre : « Le chaos et l’harmonie » : A partir d’un vide rempli d’énergie, l’Univers a construit particules élémentaires, galaxies, étoiles et planètes, et, sur l’une de ces planètes, la vie. Il a su développer des états d’énergie et de matière de plus en plus complexes et sophistiqués. Au lieu de suivre la direction d’une flèche qui mène à la stérilité et au désespoir, il a pu, çà et là, en suivre une qui mène à la créativité et à l’espérance.

Question : Tout au long de la trajectoire de l’évolution de la matière, une caractéristique qui serait bonne durant les phases primitives, le serait-elle encore pour les phases suivantes ? Cette question laisse supposer qu’il y a plusieurs étapes pour la matière, ce qui me paraît peu probable.



L’évolution telle que nous pouvons la concevoir est continue et, compte tenu de la petitesse de la Terre dans le cosmos et des distances, nous ne pouvons pas concevoir, aujourd’hui, une évolution semblable à notre Terre dans toutes les parties de l’Univers. Nous savons que la matière est elle-même difficilement saisissable par notre science, dans l’infiniment petit nous constatons que la matière est Onde et Particule, non localisable, et qu’il y a interférences de l’observateur sur l’observation de cette même matière ?

Alors, ne faut-il pas revenir à la notion de loi complexification-conscience, loi émise par Teilhard qui aboutie sur Terre à l’apparition du vivant et à l’apparition de l’Homme. Cet homme qui, grâce à son cerveau d’une extrême complexité, lui permet de réfléchir, de savoir qu’il sait et d’imaginer ce qui l’entour et même d’essayer de comprendre l’Univers, avec les réserves exprimées au début de l’intervention.

Je me permets quelques réflexions :
1 - l’évolution s’est produite parce que, dans l’Univers, il y a des forces d’attraction et des forces de répulsion dans l’Univers sidéral et dans l’infiniment petit, or la loi de complexité -conscience de Teilhard suppose que l’attraction des éléments dispersés est plus forte que la force de répulsion, malgré le constat scientifique d’une expansion de l’Univers.

2- Il me semble que puisque l’Homme est fait de matière et que cette matière comporte attraction et répulsion, nous pouvons comprendre que l’homme agisse avec ses semblables comme il est constitué, soit avec amour soit avec haine.

3.- Mais l’homme avec sa faculté de réflexion a permis à son espèce d’envahir cette sphère appelée Terre, et de croire qu’il peut en abuser à son gré.

4- Nous constatons que la foule humaine immense avec son pouvoir de destruction rendra la vie difficile à notre phylum et laisse craindre une disparition de ce phylum par violence.

Pour Teilhard, ce sont les formes d’amour qui seules peuvent résoudre le problème mais à condition que l’homme participe en esprit à changer de nature avec l’abandon des forces de répulsion innées chez lui.

Ecoutons parler Teilhard de la religion de l’évolution :

« Si l’Homme est la clef de la Terre, pourquoi la Terre à son tour ne serait-elle pas la clef du Monde ? Sur Terre nous constatons une augmentation constante « psychique » à travers le temps. Pourquoi cette grande règle ne serait-elle pas l’expression la plus générale que nous puissions atteindre de l’Evolution universelle ? Une Evolution à base de Matière ne sauve pas l’Homme : car tous les déterminismes accumulés ne sauraient donner une ombre de liberté. En revanche une Evolution à base d’Esprit conserve toutes les lois constatées par la physique, tout en menant directement à la Pensée : car une masse de libertés élémentaires en désordre équivaut à du déterminé. Elle sauve à la fois l’Homme et la Matière. Donc il faut l’adopter. »

« En vertu même de la condition qui le définit l’Esprit dont il s’agit ici a une nature particulière bien déterminée. Il ne représente en rien quelque entité indépendante ou antagoniste par rapport à la matière… Par Esprit j’entends « l’esprit de synthèse et de sublimation » en qui, laborieusement, parmi des essais et des échecs sans fin, se concentre la puissance d’unité diffuse dans le Multiple universel : L’Esprit naissant au sein et en fonction de la Matière. »


« Les Religions hindoues me donnaient l’impression d’un abîme où on se jetterait pour saisir l’image du soleil. Chez les panthéistes humanitaires d’aujourd’hui, il me semble étouffer sous un ciel trop bas. Alors il me reste plus qu’à me tourner vers la troisième et dernière branche du Fleuve, - vers le courant chrétien…Eh bien, pour être absolument vrai en face de moi-même, comme devant les autres, je dois dire que, une troisième fois encore, l’accord ne s’est pas établi, - au moins dès le début, je me suis pas reconnu d’abord dans l’Evangile et voici pourquoi…Le Christianisme est par excellence la Religion de l’Impérissable et du Personnel. Son Dieu pense, aime, parle, punit, récompense comme quelqu’un…Le Christianisme ne paraît pas croire au progrès humain. Il n’a pas développé, ou il a laissé s’endormir en lui le sens de la Terre… C’est alors que m’est apparu le Christ-Universel… qui est une synthèse du Christ et de l’Univers. Non point divinité nouvelle mais explication inévitable du Mystère en quoi se résume le Christianisme : L’Incarnation. »

« Sûr, de plus en plus sûr, qu’il me faut marcher dans l’existence comme si au terme de l’Univers m’attendait le Christ, je n’éprouve cependant aucune assurance particulière de l’existence de celui-ci. Croire n’est pas voir. Autant que personne, j’imagine, je marche parmi les ombres de la foi. » citations extraites du tome XX de l’œuvre de Teilhard « Comment je crois »

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 16:48 | Commentaires (0)

annonces diverses

Yvette Mollier-Giroud

Jeudi 31 Janvier 2008
Bonjour à tous

Je ne doute pas que vous connaissiez tous par coeur l'oeuvre de PTDC. Mais, bien que l'ayant lue intégralement, je ne suis pas capable, personnellement, de citer de tête le numéro de chaque page ainsi que son contenu.
Or, comme je l'ai déjà dit à Jean Pierre lors de notre dernière réunion, je ne vois pas comment traiter sérieusement les cinq sujets qu'il nous suggère sans "replonger" dans l'oeuvre ............
Alors, à tout hasard, pour le cas où cela vous faciliterait la tâche, je vous informe du résultat de mes recherches :
Paragraphe 1°) extrait le "l'énergie humaine" et non du "phénomène humain", page 50
Paragraphe 2°) "phénomène humain" page 49
Paragraphe 3°) "phénomène humain" page 62 (texte un peu adapté par Jean Pierre)
Paragraphe 4°) "phénomène humain" page 73.
Bon travail à tous et, excusez moi si ce mél est sans intérêt pour vous.
Yvette Mollier Giroud

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 31 Janvier 2008 à 16:12 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Etant l’auteur des 4 questions proposées, je me devais de répondre succinctement à chacune d’elles pour me soumettre à votre appréciation, mais aussi pour m’enrichir de vos propres réflexions qui sont forcément toutes différentes les unes des autres.

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1ère question : Considérant l’imperfection du monde, la misère, les guerres etc …
peut-on admettre l’existence de Dieu ?

Vu de loin ou de près, l’examen de l’univers a des aspects différents :
-De loin, le fonctionnement de « l’horloge » semble parfait ou tout au moins normal.
-Mais comme toujours, vu de près, les dysfonctionnements apparaissent.
Nous sommes des êtres humains, observons de près les différentes catégories d’êtres humains.

Catégorie (a) A priori, d’un point de vue purement existentiel et rationnel, l’imperfection du monde est évidente et ne cadre pas avec l’existence d’un Créateur parfait. Il proclame que l’amour dispensé par ce Dieu, selon les croyants, est une affabulation indéfendable. L’auteur d’une telle réponse est forcément athée, anti-religieux et fermement décidé à le rester. Il est difficile d’éveiller son intérêt spirituel.

Catégorie (b) Le croyant inconditionnel du religion du Livre, Religion par définition dogmatique, va dire que Dieu nous aime globalement et individuellement et que les misères du monde sont autant d’épreuves que Dieu nous inflige pour tester notre attachement à son égard. De plus, ces épreuves ont une valeur expiatoire pour racheter « la faute originelle » et, bien entendu, il est dans l’impossibilité d’expliquer en quoi consiste cette faute, si faute il y a, en dehors des deux motifs oiseux que sont la chute luciférienne et la transgression cognitive. Le croyant inconditionnel soutient cette conclusion : plus nous avons de misères ici-bas et plus nous connaîtrons le bonheur au paradis. Signalons que les religions asiatiques et animistes ont un tout autre point de vue.

Dans de telles conditions, il apparaît difficile de rapprocher les catégories (a) et (b).
Heureusement il y a une troisième catégorie d’êtres humains !

Catégorie (c) En revanche, si l’on se place du point de vue d’une personne qui possède à la fois le raisonnement du scientifique et l’instruction du philosophe, la réponse à la question sur l’existence ou non d’un Dieu parfait est nuancée et positive. Voici comment on peut formuler le processus :

-Le Dieu Créateur est éternel puisqu’Il est déjà avant la création. Il est donc hors espace-temps. On peut le définir comme étant Energie et Information de toutes choses et, à ce titre, Lui accorder dans l’absolu la qualité de perfection.

-A partir du moment où ce Dieu supposé parfait décide de se lancer dans un processus de création d’un univers, cette création et elle seule est dans le domaine de l’espace-temsp et, à ce titre, elle est soumise à la loi de l’évolution, qui implique un commencement et une fin.
Dans l’univers de la matière, qualitativement la perfection est potentielle au début, elle n’est pas nulle et elle tend à un état vers l’infini où se produit la fin de l’univers de la matière, à une date inconnue mais hautement probable. A ce moment là, ce sera l’accomplissement de l’œuvre divine, tout sera consommé (consumatum est disent les Ecritures), l’Esprit qui se dégage de la matière aura rejoint le Dieu Créateur dans son univers hors de l’espace temps. Symboliquement, entre midi et minuit, les aiguilles de l’horloge seront à la même place…

Pour convaincre les matérialistes inconditionnels il faut jouer sur leur fibre intelligente en utilisant un argument qu’ils ne pourront pas réfuter : l’univers n’a que 15 milliards d’années (en aurait-il 100 fois plus que cela ne changerait pas le raisonnement) et pour que se produise la formation d’une molécule de protéine par les seules lois du hasard, il eut fallu un temps de 10 à la puissance 241 milliards d’années. La matière est donc chargée d’informations, les dés sont pipés.
Dieu est parfait mais pas tout de suite.
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2ème question : Lorsque la mort physique est constatée (électroencéphalogramme plat), le cerveau cesse de fonctionner, il n’émet plus de pensée. Dans ces conditions, peut-on admettre la possibilité d’une vie spirituelle après la mort ?

Les personnes ayant survécu à des comas profonds affirment en toute bonne foi qu’elles ont la preuve qu’il existe une vie spirituelle après la mort physique car elles se souviennent de certaines choses qui se sont passées pendant ce coma. Mais en toute logique, si elles ont perçu des informations et survécu, cela signifie qu’elles n’avaient pas dépassé la zone de non-retour et cela est prouvé justement par le fait qu’elles sont revenues à la vie. Les pensées et visions qui se sont produites pendant leur coma et dont elles se souviennent ont été perçues et émises par leur cerveau qui n’était pas mort, même si les appareils médicaux disaient le contraire car leur marge de sensibilité était dépassée.

D’autres personnes évoquent des flashes de transmission de pensée, éprouvés et signalés en très grand nombre. Des chercheurs ont tenté d’identifier et de mesurer ces phénomènes paranormaux, expériences malheureuses vouées à l’échec. Cela ne signifie pas que le phénomène n’existe pas, mais il s’agit en cette circonstance des ondes d’une énergie qui nous est inconnue et nos instruments scientifiques sont inappropriés pour la détecter, l’identifier et la mesurer (tout comme un ampère mètre est inapproprié pour mesurer une radioactivité ; ce qui ne signifie pas que la radioactivité n’existe pas).

Dans le même ordre d’idée, nous connaissons depuis des millénaires l’existence des médiums qui perçoivent l’aura qui entoure les êtres humains, phénomène qui n’est peut-être pas sans rapport avec celui de la transmission de pensée.

Alors, dans ces conditions, existe-t-il une vie spirituelle après la mort ? Pour répondre à cette question, un retour en arrière est nécessaire en réfléchissant au postulat Teilhardien concernant « le dedans et le dehors des choses ». Nous avons compris que le hasard seul ne peut expliquer l’évolution de la matière depuis la particule élémentaire jusqu’à l’Homme et que seule une information cachée dans l’énergie, cet élément, unique composant de la matière. Cette « information » placée en amont des premières manifestations de particules, en supposant que toute l’énergie de la matière disparaisse un jour, cet élément non seulement serait le dernier à disparaître (disent les rationalistes), mais ne peut pas disparaître (selon Teilhard).

Après la mort d’un être humain et la désintégration de toutes ses molécules et le retour de tous ses atomes dans le cycle de la matière, l’Information (le dedans des choses) ne peut pas disparaître car elle était préexistante à la matière élémentaire. Elle est donc post-existante à la vie animale (premier postulat de Teilhard de Chardin) . Après le passage du « dedans des choses » par le cycle de la vie et par le « pas de la réflexion » ce « dedans des choses » s’est centré sur lui-même jusqu’à atteindre individuation et autonomie. Il y a donc une vie spirituelle après la mort (deuxième postulat de Teilhard). Cette vie spirituelle est d’une autre nature et peut-être en percevons-nous quelques effets qui, pour le moment, sont indémontrables. Mais cela ne prouve nullement leur inexistance.
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3ème question : La croyance aux dogmes religieux tels qu’ils sont imposés depuis l’origine des religions du Livre est-elle compatible avec le triple principe d’un Point Omega Créateur, évoluteur et attracteur ?

Je répondrai affirmativement , les dogmes religieux considérés à travers leur sens symbolique le permettent, à condition que ceux qui dirigent les religions soient suffisamment intelligents et évolués pour admettre cette vision de l’univers qui, certes, n’est pas à la portée de tout le monde, mais réservée aux seules personnes ayant atteint un certain niveau de conscience et qui ont trouvé la solution en eux-mêmes. Cette réponse ne peut être induite que depuis l’intérieur après un long travail sur soi-même.
Cette conception de la triple apparence du Point Omega ne peut être transmise au grand public autrement que sous la forme d’un triple mystère (celui de la Sainte Trinité) et, qui parle de mystère entend secret incommunicable et interdiction d’y réfléchir. C’est d’ailleurs pour cette raison que les hérétiques ont été brûlés sur les bûchers du bras séculier. Depuis cette époque l’Humanité a évolué, peut-être les églises pourraient-elles changer les thèmes de leur communication ?
La lutte entre créationnistes et évolutionnistes est entièrement liée au postulat du triple aspect du Point Omega. Créationniste équivaut à « fixiste » et évolutionniste équivaut à «dynamique ». Ces deux visions des choses ne sont pas incompatibles . La thèse évolutionniste admet elle aussi une création, et c’est me « moment 1 » (big-bang) il y a 15 milliards d’années ; alors que le dogme créationniste place ce moment 1 à quelques milliers d’années : le monde aurait été créé dans l’état minéral et biologique actuel, ce qui est d’une ineptie totale. On se demande comment au XXIème siècle des personnes d’un niveau universitaire élevé peuvent encore croire de telles sottises. Si il y a une explication à cela, c’est la récupération des religions par le politique dans le but d’assujettir les masses populaires. Ainsi, sont-elles prises pour plus sottes qu’elles ne sont et on leur « maintient la tête sous l’eau » en les terrorisant avec des dogmes stupides. Les masses populaires ne demandent d’ailleurs que cela, n’avoir contre la peur de la mort qu’une réponse religieuse simple et prête à porter. Autrement dit, aucune personne sensée ne peut croire au dogme créationniste, elle fait seulement semblant de le croire pour servir ses intérêts. C’est le cas des personnes politiques liées à ces églises qui se propagent dangereusement dans le monde entier et qui ne sont pas désavouées franchement par l’Eglise Catholique qui ne dit ni oui ni non. La mise à l’écart de Teilhard de Chardin n’a pas d’autre raison.
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4ème question : Tout au long de la trajectoire de l’évolution de la matière, une caractéristique qui serait bonne durant les phases primitives le serait-elle encore pour les phases suivantes ?

Pour répondre à cette question, il faut suivre le tracé de la courbe de l’évolution et mettre en face de chaque phase les critères qui définissent les obstacles à surmonter pour atteindre la phase suivante de l’évolution, laquelle possède nécessairement un niveau d’organisation supérieur à celui de la phase précédente.

Pour comprendre la logique de la question posée et celle de sa réponse, prenons en exemple la comparaison entre deux entreprises d’échelles différentes :
Une entreprise de 10 salariés et une entreprise de 100 salariés. Ce qui est bon pour la première ne l’est pas obligatoirement pour la seconde. Bien sûr, quelques fondamentaux sont communs aux deux échelles : Ne pas dépenser davantage que ce que l’on gagne. Par contre, en ce qui concerne les moyens les meilleurs pour motiver les salariés sont assez différents entre la première et la seconde entreprise, même si le l’esprit et le but de la démarche sont identiques. Ce qui est positif jusqu’à une certaine échelle peut être catastrophique au-delà. Les moyens de communication sont forcément différents, le contexte « effet de foule » modifie la perception des messages et ce d’autant plus que leur transmission est plus ou moins directe.

Pour revenir à notre propos, l’évolution de la matière, parlons de l’élan vital, comparable à l’induction de la motivation dans les entreprises, l’élan vital est cet instinct inscrit dans la mémoire de la matière, qui pousse les familles du monde vivant à se livrer une lutte acharnée pour conquérir le maximum de place sur la surface de la planète. Il va de soi que si cet élan vital n’était pas modulé, raisonnement par l’absurde, il n’y aurait plus qu’une seule espèce vivante sur notre planète laquelle, pour subsister, serait obligée de se cannibaliser elle-même.

La diversification des espèces vivantes est une des inventions géniales de la nature car elle oblige les espèces à utiliser la complémentarité de tous les anneaux de la chaîne du vivant. Chaque espèce a sa fonction précise dans la chaîne, ses prédateurs et ses proies spécifiques, le tout modulé dans des rapports de forces qui équilibrent tout l’environnement.
Plus on monte sur la courbe de l’évolution, plus les choix d’organisation et de réaction sont subtils. Une caractéristique qui était positive à un certain niveau n’est plus tout à fait positive au niveau supérieur suivant.
Autrement dit, la notion de bien et de mal telle qu’elle est présentée dans le code moral de la société humaine n’est pas une mosaïque blanc/noir. L’apparition et l’élévation du niveau de conscience modifient les paramètres de développement. La courbe de l’élan vital est modifiée par la courbe de la montée de conscience. Plus le niveau de conscience est élevé, plus celui qui en est l’objet est responsable de ses décisions qui ne dépendent plus uniquement de l’élan vital mais, aussi, du soucis de développer la réussite spirituelle de l’Humanité.





Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 4 Janvier 2008 à 18:09 | Commentaires (0)

Comptes-rendus de réunions

PENSER AUTREMENT, PENSER DEMAIN
La trajectoire de l’évolution n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est soumise à la
durée qui transforme et qui a ainsi permis à la matière de devenir vivante, puis pensante.
Penser demain, c’est rejeter le culte de l’instant d’une société incapable de proposer un
futur en partage. Or, l’humanité, allant de découvertes en découvertes, éprouve de plus en
plus le besoin de savoir où elle va pour donner sens au progrès. Les croyances définies par les
religions et les philosophies ont été remises en question dès la fin du XIXe siècle. Un doute
profond s’est généralisé grâce aux apports du savoir.
Gérer le présent. Si le savoir enrichit la réflexion, en révélant comment nous sommes
devenus ce que nous sommes, il est aussi cause d’un désenchantement. Galilée découvre que
la Terre n’est plus le centre de l’univers. Darwin démontre que l’Homme s’insère dans le
monde animal. Freud découvre que l’essentiel de la pensée est inconsciente. Ces trois
désenchantements nous incitent à penser autrement en ayant recours au savoir dont le rôle est
de décaper le croire de ses archaïsmes.
Ne pouvant arrêter les changements, nous sommes contraints de les maîtriser. La société
de demain ne sera vivable que si nous nous reconnaissons mutuellement comme personne à la
fois autonome et solidaire!: j’ai besoin de l’autre pour être moi-même. Ma liberté ne s’arrête
plus là où commence celle de l’autre, elle en est solidaire. Sans l’autre je ne suis rien.
Préparer demain. L’avenir n’est écrit nulle part. Penser demain entraîne une exigence
éthique qui consiste à ne pas se satisfaire de ce qui est, mais de ce qui devrait être. Cette
démarche est souvent utopique or toutes les grandes idées qui ont fait progresser l’humanité
sont nées d’une utopie!: le message biblique, la déclaration des droits de l’Homme, la
construction de l’Europe. En 1931, bien avant la deuxième guerre mondiale, l’édification de
la Terre préconisée par Teilhard de Chardin était jugée utopique, or cette utopie est en train de
se réaliser!: «!L’âge des nations est passé. Il s’agit maintenant pour nous, si nous ne voulons
pas périr de secouer les anciens préjugés et de construire la Terre.» Pour Teilhard «!le
progrès est une montée de conscience» qui doit soumettre le domaine économique et
technologique à la poursuite de «!l’hominisation!», dont la finalité est le dépassement de
l’Homme vers «!l’humanisation!» qui est l’humanité en train de se former, pour aboutir à ce
qu’il a appelé la «!Noosphère!», cette couche pensante recouvrant la Terre.
Vivre ensemble. Toutes les prétentions totalitaires ont échoué, parce qu’elles avaient
occulté la notion de transcendance qui pousse l’Homme à se dépasser lui-même dans le regard
de l’autre. Aux droits de l’Homme doivent désormais correspondre les devoirs, pour
responsabiliser chacun par rapport à tous.
Eclairage pour l’avenir. L’absence de projet de notre société brouille l’avenir et
favorise la recherche d’un «!chacun pour soi!» où les plus habiles deviennent les plus forts.
Pour contrer cette déviance, il importe de considérer la transcendance (dépassement vers une
réalité à venir) inséparable de l’immanence (l’évolution qui a fait ce que nous sommes). La
transcendance se situe dans la direction d’une complexité croissante qui ne peut s’abîmer
dans l’absurde, alors que l’évolution révèle une cohérence depuis les origines.
Cette cohérence observée sur la trajectoire de l’évolution est décrite dans le
«!Phénomène humain!», oeuvre maîtresse de Teilhard de Chardin qui analyse ce long parcours
qui, parti de la matière, a abouti à l’esprit. Il s’agit donc, pour nous, de favoriser le
développement de la conscience, face à l’évolution qui n’est plus livrée à elle-même. Elle
dépend désormais de la liberté de chacun à qui il incombe de découvrir un sens qui le projette
vers le futur. Le corollaire de la liberté apparaît alors comme la responsabilité, cette obligation
morale de maîtriser les changements, pour gérer ce paradoxe incontournable!: être responsable d’un avenir imprévisible.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 4 Janvier 2008 à 17:59 | Commentaires (0)