teilhard de Chardin


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L’univers est en voie de perfection, ce qui induit une trajectoire évolutive. On pourrait dire aussi, comme Teilhard, que l’univers a un sens et qu’il va en direction de la perfection. Mais sous quelle forme sera cette perfection ? Certainement pas sous la forme matière, fut-elle vivante et humaine. Aucun homme vivant ne peut imaginer et voir cette perfection, sauf à être un visionnaire « christifié » autrement dit connaissant l’information suprême que Teilhard nomme Point Omega.

Alors, Dieu serait-Il un point ? Oui, mais un point de singularité… Revenons à cette image du cône proposée par Teilhard, comme étant la meilleure représentation de l’univers (plusieurs mathématiciens pensent comme Teilhard). Je rappelle cette démonstration :
A la surface d’un cône tous les points sont identiques, sauf le dernier, celui qui est au sommet du cône qui, bien que réel géométriquement, n’a plus d’existence concrète, en montant au-dessus des avant-derniers points du cône, on est passé sans transition du concret au virtuel. C’est ce dernier point sommital qui est nommé par les mathématiciens « point de singularité ».

Alors Dieu dans tout cela, il est dans le cône ou ailleurs ? Il est dans les deux et partout. C’est dans le point de singularité et uniquement là que peut-être la perfection. L’achèvement de l’univers est dans le point de singularité. On pourrait retourner le cône dans l’autre sens pour symboliser le début de l’univers, on ferait la démonstration inverse, on passe de l’abstrait au concret.

Dans le livre Le Phénomène Humain auquel nous réfléchissons, Teilhard a intitulé l’un des chapitres « au-delà du collectif » (pages 282 à 303), que vient y faire notre réflexion sur le point de singularité ? Nous l’avons compris je pense, l’image du cône c’est l’univers, l’espèce humaine fait partie de l’univers, elle en est même le fer de lance de son évolution.
Toujours dans un contexte imagé, chaque être humain est l’un des points constitutifs de la surface du cône symbolique qui est la meilleure représentation du collectif en question. Dans cette représentation il est évident que chaque point constitutif du cône est aussi individualisé que le cône lui-même, ni plus ni moins. Il faut prendre conscience de cette triple action : chaque point/individu est constitutif de l’ensemble/cône, y compris le point de singularité/Omega. Ces trois individualités sont réciproquement consubstantielles à l’ensemble/univers.
Tel est le principe de la pensée que Teilhard a mis dans son titre « au-delà du collectif ».
On pourrait le dire autrement : Dans l’ensemble/cône il y a le « concept divin » dont nos « pierres de pensée » sont l’élément constitutif de base.

Subsidiairement on pourrait se poser la question : Mais en dehors de l’ensemble/cône qui y a-t-il ? Dieu est-Il aussi ailleurs ? On ne peut répondre à cette inévitable question que par une supposition indémontrable : il n’y a pas d’ailleurs, l’univers est un ensemble indéfiniment fini. Peut-on imaginer qu’un univers composé comme on le sait d’un nombre immense et inconnu de galaxies puisse être limité et qu’en dehors de lui il n’y ait RIEN ? Tout d’abord il faudrait définit ce « rien ». Mais s’il y a une frontière d’un côté de laquelle il y a quelque chose et de l’autre il n’y a rien, on ne peut pas dire que dans cet ensemble il n’y a rien puisque d’un côté « il y a » … raisonnement qui tourne en boucle indéfiniment. Beaucoup d’intellectuels se sont essayés vainement sur la théorie du néant. La meilleure approche du sujet est la théorie mathématique de l’être algébrique conçue par le mathématicien CANTOR au XIXe s. et développée par le mathématicien VON NEUMANN au XXe s. (voir annexe) disant que le zéro génère tous les nombres.

Concrètement (si l’on peut dire)selon Teilhard, rejoint en cela par de nombreux physiciens et mathématiciens actuels, l’univers serait un système destiné à transformer de l’énergie en information et l’humanité qui est constituée de matière, donc d’énergie, transforme celle-ci en informations, soit une énergie spirituelle centrée (comme tout ce qui est complexe. Plus chaque individu rendra performante son élaboration individuelle, plus il aura de chances que son esprit survive à la mort de son corps et soit présent dans l’achèvement Omega.

ANNEXE : Théorie de VON NEUMANN
Ce moment zéro (espace-temps imaginaire)contient tout le programme-univers (y compris le programme-homme), autrement dit le tout est contenu dans le RIEN . On peut dire aussi que l’INFINI est contenu dans le ZERO ; on se rapproche ainsi du langage mathématique.
L’espace-temps euclidien peut évoluer à l’intérieur du zéro, soit la théorie suivante qui n’est pas plus fantaisiste que les autres.

Prenons le symbole le plus pur de zéro qui, dans la théorie des ensembles, n’est pas le zéro lui-même, mais ce que l’on dénomme un ensemble vide. Cet ensemble vide est égale à zéro et en termes mathématiques on dira que le CARDINAL (le total) de cet ensemble est NUL ;

Avec cet élément mathématique qu’est l’ensemble vide, le zéro va générer tous les nombres. Ainsi, si nous plaçons le zéro à l’intérieur de l’ensemble vide, tout change, car cet ensemble n’est plus vide, il contient le zéro, c'est-à-dire un élément qui va créer tous les nombres ; le cardinal de l’ensemble considéré n’est plus zéro mais UN ;
Si nous plaçons ce chiffre créé qu’est le UN à côté du zéro, le cardinal est DEUX. Et ainsi de suite jusqu’à l’INFINI. Nous voyons que le zéro a généré tous les nombres.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 28 Avril 2008 à 17:37 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Le Phénomène Humain est découpé en 4 chapitres :
-La pré vie,
-La vie,
-La pensée,
-La survie
Et chacun est découpé à son tour en 3.

Les textes proposés résultent d’une juxtaposition d’éléments extraits de la Survie et plus précisément du sous chapitre « Au-delà du collectif, l’hyper personnel » et de la rubrique « Les attributs d’Omega » qui, pour Teilhard de Chardin, se situe hors du temps, possède quatre attributs essentiels : l’autonomie, l’actualité, l’irréversibilité, la transcendance.
Les éléments qui constitueront l’humanité à ce moment là poursuivront et achèveront leur mouvement de centration. Ils deviendront des unités ponctiformes, qui permettront le jeu de la « sublime physique des centres » et l’action personnalisante du Centre des centres ; Lequel agit d’autant plus efficacement qu’il a à faire à des unités plus centrées.

Ainsi se prépare le passage à la « Terre finale ».

Au début de son ouvrage Teilhard de Chardin précise qu’il faut le voir « uniquement et exclusivement comme un mémoire scientifique qui ne s’intéresse qu’au phénomène, mais aussi à tout le phénomène. » Il précise encore qu’il exclut dans sa rédaction toute arrière pensée d’ordre aussi bien théologique que métaphysique. On peut lui accorder que pour Le Phénomène Humain il reste bien dans le cadre qu’il s’est tracé.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 28 Avril 2008 à 17:32 | Commentaires (0)

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JMM/L'AMOUR ENERGIE

Lundi 21 Avril 2008
Déjà, dans la Grèce antique, apparaissaient les trois notions que sont l’eros, la philia et l’agapè pour exprimer les différentes couleurs du désir d’amour.

De ces trois notions de l’antiquité, aujourd’hui, nous pourrions résumer ceci :

1. De l’eros : ils se rapporte à un manque, à une incomplétude de l’être qui recherche dans l’autre les dimensions qui lui sont absentes. Il a des tendances narcissiques. C’est un amour qui se prend. Sur le plan Psychologique il représente l’énergie vitale, l’instinct de vie, et est en opposition avec thanatos, l’instinct de mort.
Sa dimension pervertie bascule vers un égoïste stérile qui détruit plus particulièrement les couples. Je cite Saint Exupéry dans « Citadelle » : « Et si elle te demande de t’occuper d’elle tout entière et de t’enfermer dans son amour elle te sollicite de n’être plus qu’égoïsme à deux, lequel, faussement, on nomme lumière de l’amour quand il n’est là qu’incendie stérile et pillage des granges. »
2. De la philia, amour désintéressé et inconditionnel qui exprime plus l’amitié, le désir de rendre heureux l’autre. C’est un amour absolu, fraternel, qui fait que nous aimons un être pour ce qu'il est et non pour ce qu'il peut nous apporter. Il est libéré de l’ego. « Aimer ce n'est point nous regarder l'un l'autre mais regarder ensemble dans la même direction. » A. de Saint-Exupéry - Terre des hommes (p.234)
3. De l’agapè, reprise par le monde chrétien, il est amour désintéressé et absolu dans lequel la dimension spirituelle prend toute sa place. Amour de l’Univers, de la vérité. Il est synonyme d’adoration, de culte, d’hommage à la Divinité. Des trois vertus théologales de foi d’espérance et de charité, seule la charité subsistera à la fin des temps. « L’amour est avant tout, audience dans le silence. » A. de Saint-Exupéry - Citadelle » (Chap CCIII p562)
Dans l’œuvre du père Teilhard de Chardin et particulièrement dans « Esquisse d’un Univers Personnel » T6 Energie humaine, nous retrouvons dans l’ordre ces trois étages de la « fusée » que sont le Sens Sexuel, le Sens Humain et le Sens Cosmique.

1. Le Sens sexuel : « L’attraction mutuelle des sexes est un fait fondamentale » pour construire le Monde. Le père Teilhard nous met en garde des dangers de cette phase critique, ceux de construire « un Univers à deux ». Il nous engage à reconnaître entre l’homme et la femme personnalisés le «Terme final ». et il nous donne une définition de l’Amour : « une fonction à trois termes : l’homme, la femme et Dieu »
2. Le Sens Humain : l’amour passion ne suffisant pas, c’est, je cite, « par la totalité des molécules humaines » que « l’énergie de personnalisation se manifeste.» « Les grandes amitiés se nouent dans la poursuite d’un idéal, dans la défense d’une cause, dans les péripéties de la recherche.» Par tâtonnement et expériences heureuses et malheureuses, les hommes fraient ainsi leur chemin vers la « noosphère »
3. Le sens Cosmique : voici la définition du père Teilhard : « C’est l’affinité plus ou moins confuse qui nous relie psychologiquement au tout qui nous enveloppe. » c’est la conscience de participer à un « Univers Personnel »
Nous pourrions rapprocher ces visions aux 4 niveaux des castes de la société indienne, dans lesquelles l’individu serait conscient d’habiter de un à quatre corps :

1. Un corps pour les çudras (ou serviteurs), le sien propre. Il a mal quand on fait mal à son corps, le reste lui serait indifférent
2. Deux corps pour les vaiçyas. Le sien propre et celui de sa famille, (hommes libres s'adonnant à la production, éleveurs, artisans ou commerçants.) Il a mal lorsqu’on fait mal à ses parents, à ses enfants, à ses cousins. Sa famille est son corps analogue.
3. Trois corps pour les kshatryas. Le sien propre, celui de sa famille et celui de sa Patrie, (exerçant les fonctions guerrières, politiques, et pour certains la souveraineté temporelle) Il a mal lorsqu'on porte atteinte à la Cité. Il a mal à sa Patrie.
4. Quatre corps pour les Brahmanes. Le sien propre, celui de sa famille, celui de sa Patrie et celui de l’univers ou du Cosmos. il a mal lorsqu'on fait mal à une fleur, ou autre version lorsqu'on fait violence à la vérité.
Les frontières ainsi positionnées entre les différentes formes de l’amour ne reste qu’un moyen d’accéder à une perception acceptable par la raison d’une notion qui nous dépasse. Il y a bien évidemment, continuité dans toutes ces formes de l’amour pour former un tout homogène représentatif de ce que le père Theilhard désignait : «amour énergie ».

C’est dire combien de couleurs et de teintes peux prendre l’amour, seul mot que nous propose la langue française pour exprimer cet élan.

Pour l’animal, seul son instinct accommodé de quelques grognements intimidants seront suffisant pour exprimer les besoins de pérenniser sont espèce.

Pour l’homme en revanche, plus il se personnalisera plus la communication lui sera difficile. Voici ce que nous dit le père Teilhard à ce sujet toujours dans « l’esquisse d’un univers personnel » :

« Plus l'individu pensant avance dans sa propre pensée, plus il devient, en apparence, imperméable aux autres, et comme emprisonné dans son propre succès. L'Homme, par le fait même qu'il s'individualise, paraît devenir incommunicable et incompréhensible aux autres Hommes qui l'entourent. Et alors il lui arrive de ne plus apercevoir d'autre issue au besoin de communion universelle qui malgré tout le travaille, que le retour en arrière, et la ré immersion inconsciente dans la multitude :
- Seigneur, vous m'avez fait puissant et solitaire.
- Laissez-moi m'endormir du sommeil de la Terre. »

Dans la conscience nouvellement acquise de l’homme, des sentiments et des réflexions plus complexes lui imposent des lois nouvelles et parfois contradictoires à sa nature biologique, pour s’extraire de sa nature physique. Par devoirs et responsabilités, l’humanité est ainsi amenée, au travers de sa conscience à participer par désir au plan divin.

L’humanité se densifie ainsi dans un gigantesque vortex, une gigantesque spirale vers un seul et unique point. C’est l’Union personnifiante, dans laquelle toute les personnes s’unissent dans l’Ultra-personnel. C’est la plêromisation, un processus amorisant, une Christogénèse. Voici le vocabulaire particulièrement imagé et signifiant appartenant au père Teilhard, largement inspiré de St Jean et de St Paul.

Et je fini par les paroles du christ :

« Père juste, le monde ne t'a pas connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m'as envoyé.
Je leur ai fait révélé ton nom, et je le leur révélerai, pour que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et moi en eux. » Jean 17.25
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 21 Avril 2008 à 11:56 | Commentaires (0)

Mon livre paru en mars 2007, intitulé Teilhard de Chardin à la rencontre des non-croyants, a provoqué des réactions de réprobation de la part de deux éminents Pères Jésuites, membres de l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin. Nulle provocation de ma part car ce livre avait été écrit deux ans avant le colloque de Firminy, époque où je ne connaissais pas l’organisation Teilhard. Mon but était de permettre au plus grand nombre possible de personnes de connaître et d’intégrer la pensée du Père Teilhard, à travers son livre qui doit être lu en premier, Le Phénomène Humain que je considère comme le plus important de son œuvre pour toucher les non-croyants ; il est aussi le plus difficile à lire et donc le moins lu. Dans le meilleur des cas, la plupart des lecteurs atteignent la cinquantième page et ferment définitivement le livre. Les croyants lisent tous Le Milieu Divin car il correspond au dogme Chrétien et l’enrichit, mais peu d’entre eux lisent Le Phénomène Humain lequel, outre sa difficulté de lecture, remet en question plusieurs points fondamentaux du dogme Chrétien. C’est, entre autres, à cause de ce dernier point que le Saint Office a publié un Monitum en 1962, qui interdit aux prêtres, quelles que soient leurs fonctions, mais aussi et surtout aux enseignants de diffuser la pensée de Teilhard de Chardin, invoquant « les erreurs graves qui portent atteinte à la doctrine chrétienne ».

Il faut bien reconnaître aussi que dans ce livre, Teilhard réglait quelques comptes avec l’humour cinglant qui le caractérisait.
Quant à la nature de son livre, Teilhard ne laisse planer aucun doute et je le cite : « Pour être bien compris, le livre que je présente ici demande à être lu, non pas comme un ouvrage métaphysique, encore moins comme une sorte d’essai théologique, mais uniquement et exclusivement comme un mémoire scientifique. Le choix même du titre l’indique. Rien que le phénomène. Mais aussi tout le phénomène. » (cf p. 21 du livre originel Le Phénomène Humain, début de la partie « Avertissement » qu’il faut lire totalement.

Teilhard a dit lui-même que ce livre ne s’adressait pas exclusivement aux chrétiens, mais à la multitude. Il n’y a donc rien de sacrilège à mettre ce livre à la portée de tous, c’est même un devoir de chrétien que de diffuser sa pensée car elle démontre que la vie a un sens et que l’évolution a un but suprême.

Pendant le colloque de Firminy en avril 2007 j’ai appris qu’il existait des antennes Teilhard dans toutes les grandes villes de France, sauf à Lyon où l’antenne s’était éteinte quelques années auparavant . J’étais d’ailleurs le seul lyonnais présent dans la salle et c’est quelques jours après que j’ai proposé à Michel Aubin de créer une Association Teilhard à Lyon, mais j’ajoutais une condition sine qua non à ce projet (je suis chrétien depuis toujours et ma recherche remonte à plus de cinquante ans en arrière. Ma foi chrétienne ne peut donc pas être mise en doute) : j’ai précisé au Président National de l’Association Teilhard que l’objet de notre association lyonnaise serait de faire connaître la pensée de Teilhard dans les milieux athées et agnostiques. Ma lettre n’a pas eu de réponse écrite, mais orale par l’intermédiaire de Michel Aubin. J’en conclue que huit mois de faits et d’usages officiels valent titre.

Quelle est la situation de l’Europe et de la France en particulier, que reste-t-il de la culture chrétienne d’origine ? Il reste environ 10% seulement des populations qui pratiquent leur religion. Il en est de même pour les autres confessions. Il y a donc 90% des populations qui sont livrées aux sectes, aux philosophies nihilistes. Malgré ce bilan catastrophique, il règne en Europe un ordre moral et un ordre social qui peuvent mis à l’actif de la culture chrétienne d’origine, mais pour combien de temps encore face à l’influence du libéralisme sauvage et des philosophies nihilistes qui entretiennent, chez les personnes faibles, une angoisse existentielle, laquelle est la cause de l’usage des « paradis artificiels » et de la jouissance animale ? Tout cela motivé par un fatal « A quoi bon ! » ; formule très utilisée par certains intellectuels et ceux qui s’en inspirent. (On ne connaîtra jamais l’ampleur du mal induit par J.P. Sartre).

J’ai pensé que le Phénomène Humain et L’Activation de l’Energie étaient deux livres susceptibles de redonner le goût de vivre à ces gens-là ; encore fallait-il qu’ils les lisent. C’est pourquoi je me suis lancé dans ce travail de contraction de texte, réduisant 350 pages en 120 pages, le tout entrecoupé de commentaires personnels représentant une cinquantaine de pages par livre. J’accepte la critique pour mes commentaires personnels. Je suis franc-maçon de haut grade (30e du REAA dans la seule Obédience régulière de France) et à ce titre je milite pour la liberté absolue de conscience et la croyance en Dieu.
Quant à la contraction de texte, j’ai été fidèle à Teilhard (rigueur maçonnique oblige) et la seule remarque que l’on puisse me faire est de me demander pourquoi j’ai choisi telle phrase plutôt que telle autre dans le texte original. Je répondrai alors ceci : Teilhard développe une idée sur plusieurs pages en utilisant un certain point de vue, un certain canal de sensibilité, puis il développe à nouveau la même idée sur plusieurs autres pages en développant un autre canal, sans compter les digressions … alors le lecteur perd le fil et ferme le livre. En réduisant le texte d’un tiers, le lecteur ne perd pas le fil rouge et lit le livre en entier.

Mon travail était-il utile ? Cinq cent livres ont été vendus et le livre est réédité, avec un autre titre, mieux adapté. En un an, combien les Editions du Seuil ont-elles vendu de Phénomène Humain ? Avec un coefficient de lecture de 2 on peut dire que 1000 personnes qui n’auraient jamais lu le texte original ont eu accès, par mon travail, à la pensée de Teilhard. Je n’accepterai jamais que Teilhard soit réservé à une petite élite.

Les livres Le Phénomène Humain et L’Activation de l’Energie ne sont pas en contradiction avec le phénomène Christique, bien au contraire car ils l’expliquent.

Il faut que l’Eglise admette qu’il y a deux messages à faire passer à l’humanité : l’un aux chrétiens et cela elle le fait très bien, et l’autre aux non-croyants et cela elle peut difficilement le faire car, tel que je le conçois, il risque de déplaire aux fidèles qui ne comprennent pas qu’il faille tenir un autre langage pour les non-croyants. Faire su social c’est très bien mais ce n’est plus suffisant et toutes les structures laïques en font aussi. Alors, ce message aux non-croyants, l’Eglise doit charger les laïques de s’en occuper et elle retrouvera éventuellement par la suite les brebis qui auront été récupérées par les laïques. C’est un devoir de chrétien de ramener la brebis à la bergerie et c’est aussi la mission la plus importante que le Christ nous a confiée.

Tous les teilhardiens savent qu’il y avait deux hommes différents en Teilhard, ce fut le drame de sa vie car il n’a jamais voulu trahir son serment. A la fin de sa vie il s’en ouvrit au Père Valensin en lui écrivant à peu près cà cereci « Le gosse que j’étais à dix huit ans et qui s’engagea dans la voie ecclésiastique ne pouvait prévoir l’état d’esprit qui serait le sien après quarante années de recherche scientifique. »

Mais venons-en au fond du problème que Teilhard pose à l’Eglise. Quelles sont « ces erreurs graves qui portent atteinte à la doctrine chrétienne. » ?
Comme quiconque qui a bien intégré Le Phénomène Humain et L’Activation de l’Energie, je pense que ce jugement sans appel du Saint Office est, soit une erreur, soit une application du « principe de précaution » et je pencherais plutôt pour la seconde option. Il est écrit quelque part dans les Evangiles «qu’il ne faut pas donner des perles aux pourceaux. Le mot est trop fort et il convient de l’interpréter dans le sens de « on ne livre pas une pensée juste et profonde à un grand public qui, dans son ensemble, n’est pas préparé pour la recevoir, pour la bonne raison qu’il n’a pas encore jugé nécessaire de réfléchir sur certaines questions d’ordre religieux ». Le grand public n’aime pas réfléchir aux questions religieuses car étant considérées comme une pulsion pour lutter contre l’idée de mort, penser à la religion équivaut à penser à sa propre mort. Livrer les fondements des religions au grand public peut avoir des conséquences graves : la publication de la Bible au XVe siècle a induit la naissance de la Réforme et a généré les guerres de religion.

D’un autre point de vue, si on se réfère à un certain passage de l’évangile qui déclare que « la lumière ne doit pas être cachée sous le boisseau » l’Eglise ne devrait pas mettre un frein à la vulgarisation de la connaissance… Il faut qu’elle trouve un juste milieu en suscitant des actions parallèles à la science ; ce qui lui laisserait la possibilité de les récuser si cela s’imposait. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait un peu avec Teilhard.

Voici comment pourrait se résumer très succinctement la pensée de Teilhard, :

-La matière initiale est chargée d’une information (le « dedans » des choses) qui la pousse à se complexifier , à s’organiser, à évoluer en passant de l’atome à la molécule, puis au monde vivant, puis en suscitant l’apparition de nombreux phyla parmi lesquels certains dépassent les autres, opérant ainsi une sélection naturelle.

-C’est ainsi qu’apparaît qu’apparut le phylum des préhominien , des hominiens et enfin celui des hommes. Il y a peut-être eu pendant un bref instant un premier homme mais, en fait, c’est un phylum tout entier qui a surgi discrètement, sans laisser de traces pérennes au début.

-A partir d’un certain nombre d’individus, après un temps assez long, , grâce à l’effet d’échelle, des traces ont subsisté en résistant au temps. Elles ont été découvertes quelques dizaines de milliers d’années après lorsqu’un seuil critique d’envahissement a été franchi, jouant comme un facteur accélérateur de tendance qui permit l’expansion du phylum humain.

-Des traces de rites funéraires nous ont indiqué le moment où s’est produit le pas de la réflexion. A ce moment là nous en sommes environ à moins quelques milliers d’années avant notre ère de référence entre cette période et l’époque contemporaine se situe à la préhistoire et l’histoire de l’humanité.

-La peur de la mort a induit la pulsion religieuse, laquelle résulte du refus de la mort et du désir d’éternité.
Ah, cette pulsion religieuse de l’humanité primitive, elle n’a pas fini de faire parler d’elle, surtout quand mutera sous la forme de pulsion identitaire …

-A ce moment là sont apparus des prophètes qui, tous, annoncèrent la venue d’un Rédempteur. Puis ce Rédempteur est né en chair et en os dans la Personne du Christ qui apporta la preuve que l’Esprit peut survivre après la mort physique.

-Vingt siècles plus tard, arrivé Teilhard de Chardin qui proposa une hypothèse selon laquelle, nos âmes en s’intégrant au Grand Esprit de l’Univers, et en fréquentant les autres âmes, se renforçaient mutuellement dans cet échange, à la fois s’unissant et s’individualisant davantage. Elles créaient ainsi la force et la synergie pour converger vers le Point Omega que le Père Martelet nomme « le Christ Omega ».

-Le phénomène humain opérant cette « distillation » du « dedans des choses », celui-ci retourne « glorifié » vers son Créateur.

Alors, que peut-on penser du résultat que produit la pensée de Teilhard ?
Un néophyte de cette pensée va peut-être dire : « Il n’y a donc plus de premier Homme ni de première Femme ? Il n’y a plus ni chute, ni faute originelle, donc il n’y a plus besoin de Rédempteur ? et ainsi pourrait-on craindre que tout le dogme chrétien devienne obsolète … Mais il n’en est rien, pour Teilhard il n’y a pas de chute originelle mais, au contraire, il y a une montée en puissance du Souffle de l’Esprit qui s’est investi dans la matière afin de la pousser à devenir ce qu’elle est, multiple, complexe et intelligente jusqu’au sublime, jusqu’à ce qu’apparaisse le Christ qui n’aura pas à effacer une faute qui n’a pas eu lieu mais, au contraire, prouvera par sa vie et par sa mort que l’Esprit est plus fort que la matière.

Je ne pense pas qu’il y a contradiction entre le dogme chrétien et la pensée de Teilhard car l’ésotérisme chrétien existe (les bûchers en témoignent) si on sait lire dans les Evangiles et en particulier dans celui de St.Jean. La pensée ésotérique n’est qu’apparemment cachée et elle est faite pour être découverte par ceux qui veulent bien la chercher, c’est cela la quête initiatique et personne ne peut le décider à notre place. Esotérisme et exotérisme ne s’adressent pas au même public, c’est pourquoi les deux niveaux de message sont nécessaires, complémentaires et compatibles. Cela concerne aussi le message de Teilhard qui ne correspond pas à l’ésotérisme puisqu’il est issu de la recherche scientifique, mais il est difficile d’accès et c’est ce qu’il a de commun avec l’ésotérisme.

Pour aller dans le même sens voici ce que m’écrivit le Père François Euvé le 17 août 2007 à propos de mon livre et de nos échanges épistolaires : Il est important de dégager la pensée de Teilhard d’un certain « confessionnalisme », dans la mesure où lui-même cherchait à s’en libérer. Cela dit, on ne peut oublier non plus que l’ensemble de sa réflexion a une visée globale indissociable de sa foi chrétienne. C’est justement une bonne occasion de donner de celle-ci une autre présentation que celle qu’ont souvent les non-croyants honnêtes. C’est là une des difficultés, mais aussi des richesses de la pensée teilhardienne : ne pas pouvoir être ramenée à des schèmes habituels, qu’ils soient « religieux » ou « non religieux ». Cela demande, de la part du public, une capacité à se laisser déplacer dans son « bien connu ».

Allant dans le même sens, voici ce que m’écrivait le Père Martelet dans sa lettre du 14/02/08, suite à notre long entretien du 10/02/08 à la Communauté Jésuite de Lyon, qui avait, entre autres sujets, la préparation de la conférence qu’il doit venir nous présenter le 5 juin 2008 à Brignais : (…) Nous gardons contact d’ici la date du 5 juin à Brignais et restons fidèles au soucis qui est le vôtre et le mien : Que Teilhard soit pris comme un pionnier et un guide de la recherche, irremplaçable à notre temps ; et dans le respect de la variété, retenir des points de départ et des points d’arrivée, sans parler de celle des chemins possibles (…)

Et pour terminer sur une information, voici ce que fait l’Association Lyonnaise Teilhard de Chardin :
Elle réunit tous les derniers vendredis de chaque mois d’une quinzaine d’adhérents qui présentent leur travail de deux pages maximum qui leur a été demandé le mois précédant. Ils le lisent, on en discute, puis on le publie sur notre site internet que je vous invite à visiter (www.associationlyonnaise-teilhard.com). La première année, nous travaillons exclusivement sur Le Phénomène Humain. L’année suivante nous travaillerons sur L’Activation de l’Energie. La Troisième année, nous serons peut-être capables de tenir un langage acceptable pour les agnostiques, et nous partirons « à la pêche ».

J’ai pris pour devise cette phrase de Teilhard : Arrière les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobilistes. La vie est perpétuelle découverte. La vie est mouvement. (cf. L’avenir de l’Homme p.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 18 Avril 2008 à 13:25 | Commentaires (0)

Travaux des membres

-Dans la langue française, le mot « amour » peut souvent être ambigu, au point de devenir équivoque. En effet : un certain relativisme d’ordre subjectif nous porte à exprimer spontanément nos propres désirs et nos aversions en les exprimant de manière tranchée, binaire se traduisant par j’aime / je n’aime pas.


A première vue, un tel jugement de valeur peut sembler plus subjectif qu’objectif, et puis … je me suis souvenue d’un trait d’esprit de Voltaire : la beauté pour le crapaud, c’est sa crapaude. Alors, je ne doute plus que leur amour soit sincère… depuis que j’ai découvert le principe d’émergence de Teilhard de Chardin selon qui :
Si, dans les Etats rudimentaires de la Matière, la propension à s’unir n’existait pas, il serait physiquement impossible à l’amour d’apparaître plus haut. Sous les forces de l’amour, ce sont les fragments du Monde qui se recherchent pour que le Monde arrive.

-Me voilà donc presque rassurée quant au sens que peut donner l’homme et sa compagne au concept d’amour qu’ils sont sensés partager …tout au moins au niveau de leur phylum plus évolué que celui des crapauds … C’est la raison pour laquelle je me demande en quoi les Forces d’Amour d’Adam et Eve peuvent être portées plus haut que celles de nos deux batraciens ?

La réponse à cette délicate question appartient au vocabulaire lorsqu’il véhicule une autre dimension ; dimension autre dont l’Homme serait un vecteur essentiel d’après Teilhard et, là, les synonymes du mot amour ne manquent pas : Ce mot clef est « CHARITE » ! qui, lui, a une portée spirituelle ou pour le moins philosophique.
En effet, le mot charité n’a pas moins de 17 synonymes qui sont :
-fraternité, miséricorde, indulgence, altruisme, bonté, bien fait, bienveillance, philanthropie, aide, aumône, don, générosité, désintéressement, secours, service, vertu (théologale bien sur) et … AMOUR !

-En considérant la question sous cet angle sémantique, il est possible de découvrir des nuances significatives car elles révèlent que la propension à s’unir, chez l’être humain, l’entraîne au-delà de lui-même et l’élève au-dessus de ses intérêts égoïstes, du fait de l’action exercée sur lui par le Centre attracteur OMEGA :

« par Lui, avec Lui »
Les fragments du monde se recherchent
« et en Lui »
Le monde arrive et se rassemble.

- Amour de soi car Charité bien ordonnée commence par soi-même.
- Amour des autres car ils sont nos alter ego.
- Amour de notre environnement car tout se tient.

Telle est l’énergie par laquelle l’univers s’amorisera (mot inventé par Teilhard), ce qui est « la grande manip» vers le but suprême, nichée au cœur de la vie.





Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 12 Avril 2008 à 18:21 | Commentaires (0)

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JP Frésafond/L'AMOUR ENERGIE

Samedi 12 Avril 2008
Le mot amour dans la langue française est accaparé par le langage amoureux et s’insère mal dans le langage des physiciens. Il faut dire qu’en cette matière la langue française manque de mots : on aime sa femme, on aime le chocolat …En anglais c’est déjà mieux : on dit love pour sa femme et like pour le chocolat. En arabe, il existe huit mots différents pour exprimer ces genres de sentiments.

Cet état de fait n’est pas bénin car nous pensons avec des mots de notre langue usuelle et la pensée est directement liée à la culture d’un pays et c’est la culture d’un pays qui fait sa langue…

Les conséquences des mots sur la communication ont des effets considérables, plus il existe un grand nombre de mots pour exprimer un genre de sentiments, plus ces nombreux mots ont un sens précis ; Et inversement, avec peu de mots, chaque mot peut tout dire et ne rien dire.

Alors qu’en est-il de ce mot amour lié au mot énergie, et utilisé par Teilhard pour exprimer sa vision du cosmos ?
L’auteur veut nous faire comprendre que depuis la particule élémentaire jusqu’à l’Homme, c’est la même « énergie », la même « information » qui se manifeste de manière différente selon les paliers considérés lorsque deux éléments s’attirent ou se repoussent. C’est la même Energie Amour qui se manifeste tout au long de la chaîne de la matière, depuis la particule à la galaxie, en passant par le monde vivant.

Q’une particule soit attirée ou repoussée par une autre particule, tout le monde trouve cela normal. Mais lorsque l’on dit aux humains Aimez-vous les uns les autres les remarques fusent : « On ne peut pas aimer tout le monde. Aimer tout le monde c’est n’aimer personne. »
C’est à ce niveau de communication là qu’il faudrait avoir d’autres mots ; D’ailleurs, on peut utiliser des mots déjà existants comme comprendre l’autre, apprécier l’autre / ne pas comprendre ou apprécier l’autre , mais sans le haïr pour autant. Ce sont les mots haine, mépris, ignorance de l’autre qui devraient être supprimés de notre langage.

Il est normal que deux êtres vivants soient attirés l’un vers l’autre ou qu’ils se repoussent, dans un premier temps mais, dans un second temps, il faut tempérer ces sentiments. Déjà dans le monde vivant qui précède l’Homme on discerne des dispositifs dans l’instinct animal qui, pour la préservation de l’espèce, inhibent certains instincts destructeurs, ainsi chez les loups, le vaincu d’un combat expose sa gorge en signe de soumission à son vainqueur dont l’honneur est sauf et qui peut laisser le vaincu partir vers son exile. C’est une sorte de morale sociale inscrite dans les instincts, à laquelle les individus sont soumis malgré eux.

Paradoxalement à l’exemple des loups, dans l’espèce humaine qui a franchi le pas de la réflexion et a donc plus de liberté, l’individu ressent cette inhibition mais il peut s’en dégager s’il le veut. Liberté apparente seulement, et nous allons comprendre pourquoi.

Chez l’Homme, l’instinct est en partie couvert par le niveau de conscience que lui a conféré le palier dit pas de la réflexion et c’est justement cette réflexion qui détermine provisoirement ses automatismes. Ainsi, celui qui fait le bien agit ainsi parce qu’il ne peut pas agir autrement ; idem pour celui qui fait le mal. La seule liberté laissée à l’Homme est d’admettre ou non sa perfectibilité et ce choix est plus ou moins laissé à la liberté de conscience individuelle.
Consubstantiellement, l’Homme est en bascule sur l’avenir de l’évolution et, plus ou moins consciemment, il décide d’évoluer ou de ne pas évoluer. Là aussi, les différences de comportements sont liées à l’état de nos circuits neuronaux et à celui de notre patrimoine génétique.

Pour conclure, on remarque qu’une fois de plus c’est le principe d’émergence qui se manifeste. Puisque la matière se résout dans l’énergie, ce qui est admis par tous les scientifiques, cette énergie pour évoluer vers le plus complexe comme elle l’a fait est forcément porteuse d’une information. Cette énergie initiale se manifeste sous différentes formes : nucléaire, atomique, électromagnétique, complexifiante, évolutive et enfin, élan vital. Et dans cette forme élan vital, l’énergie voit sa trajectoire modifiée au niveau humain par une énergie/conscience qui vient peser sur ses tendances naturelles et dévoile une énergie spirituelle, d’une autre nature que les autres énergies.
Après l’équation Energie/matière, voici l’équation Esprit/matière. La matière est dotée d’un quantum d’énergie spirituelle qui va induire une tendance irrésistible de convergence vers le Point Omega.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 12 Avril 2008 à 18:20 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Le scientifique Pierre Teilhard de Chardin reconnu par tant de ses pairs nous dit que dans la particule élémentaire déjà existe une organisation, puis des affinités vibrent ensembles dans cette matière en devenir.
La terre avec toutes ses composantes est en route vers toujours plus d’organisations, de complications, de dépendances, et tout cela sur le chemin temps/espace. Et en même temps une autre entité existe, en mouvance constante, le dedans des choses, que je nommerai la valeur amour/vie.
La richesse inestimable que l’homme a est d’exister, d’être né un jour. En effet il est capitalisation du passé, transformation physique, psychique, espèce tellement élaborée et en constante progression ou régression mais de toutes façons en constant changement.
Le genre humain a produit Socrate, Platon (427-348), Copernic (1473-1543), Eckhart (1260-1327), Jean de la Croix (1542-1592) et des milliers d’autres.
L’homme d’aujourd’hui est riche de tous ces potentiels et a la chance d’en être héréditaire.
Où peut donc s’arrêter le génie de l’homme ? on peut répondre, et je crois que le père nous le dit, il ne le peut, tous les devenirs sont possibles. Le génie de chacun a la capacité d’aller vers toujours plus de « richesses ». Le temps/espace joue avec l’homme s’il le veut il peut jouer aussi contre lui si ce dernier, l’homme, le décide, les guerres les génocides … nous le démontrent encore tous les jours.
Et il y a aussi dans cette grande organisation la valeur déjà citée, la valeur amour/vie, avec pour elle aussi tous les devenirs possibles.
Elle est moteur de la centréîté, de l’intériorité, de la déité de l’homme espèce. Nos ancêtres dont j’ai donné quelques noms plus haut ne nous le démontrent-ils pas ? il est sûr que bien des écrits d’alors ont donné des réactions d’étonnement d’incompréhension, de rejets et aussi des foudres des pouvoirs des mises sur le bûcher, des excommunications quand alors l’église détenait elle seule le pouvoir, ou plus pudiquement de mise à l’écart.
Les idéaux les témoignages de vie, les écrits ont aussi donné tant et tant de richesses pour l’évolution de notre monde.
Qu’est ce qui a poussé ces hommes et ces femmes a continuer, à ne pas renoncer à leurs convictions, à la vérité, si ce n’est leur extraordinaire amour/vie.
La grandeur de l’homme est sûrement de rechercher d’abord la vérité et de la faire partager, recherche qui sera satisfaite autant que le sera sa demande.

Un poème illustre il me semble cet esprit :
L’amour est un je ne sais quoi,
Qui vient je ne sais d’où,
Qui entre je ne sais par où
Et donne la mort je ne sais comment.

On voit Dieu et on ne le voit pas
Je ne sais comment il se cache,
Je ne sais par où il entre,
Et il donne la mort je ne sais comment
Saint Jean de la Croix

Et quelques mots pour finir de Maître Eckhart :
L’amour est fort comme la mort : et il tue l’homme dans son moi et il sépare l’âme du corps, en sort que l’âme ne veut plus rien avoir à faire, pour son profit particulier, avec le corps ni avec d’autres choses quelconques. Et par là elle se sépare absolument de ce monde et s’en va là où elle a mérité d’être.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 12 Avril 2008 à 18:16 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Une première impulsion me dictait de démontrer « l’amour » à partir de la réalité concrète qui explique l’attirance d’un être pour un autre par la nécessité de la reproduction qui ne peut se faire, pour l’instant, que par le biais de l’acte sexuel. Je n’ai jamais tenté d’analyser le psychisme de l’escargot ou du ver de terre pour comprendre quelle est la notion de l’amour qu’ont les hermaphrodites.

Mais, au hasard de mes réflexions, en tentant de recenser les auteurs qui, à mon avis, ont le mieux parlé de l’amour, j’ai du me rendre à l’évidence que, Platon restait à mes yeux celui de nos ancêtres auquel je donnerai la palme en matière d’évocation de l’amour. Teilhard, d’ailleurs, l’évoque quelques lignes après celles proposées ce soir pour notre étude. Alors, comment un homosexuel notoire peut-il, après mille six cent ans environ rester le plus éloquent défenseur de l’amour si ce sentiment n’est, à la base, que la conséquence même inconsciente, de la volonté de procréer ?.
Personne ne peut nier que « le banquet » représente une succession d’éloges de l’amour qui n’a rien de démodé. C’est donc cet ouvrage qui va servir de trame à mon exposé.

Phèdre prétend « je dis de tout homme qui aime que, s’il est surpris en train de commettre une vilenie, ……. ce ne sera pas d’avoir été vu, ni éventuellement par son père, ni par ses camarades, ni ….. qui lui causera souffrance pareille à celle de l’avoir été par ses amours ! » et Phèdre de conclure : « ainsi, je prétends donc, quant à moi, qu’Amour est des Dieux, le plus ancien, le plus vénérable, le plus puissant pour conduire les hommes à l’acquisition de la vertu et du bonheur, aussi bien pendant leur vie qu’après leur mort. » Or, page 291 du « phénomène humain », Teilhard nous rappelle que « l’union différencie », page 295, « seul l’amour, pour la bonne raison que seul il prend et joint les êtres par le fond d’eux-mêmes, est capable ………. d’achever les êtres, en tant qu’êtres, en les réunissant », voilà donc une première approche concrète de la notion d’amour. Les êtres s’achèvent donc, c’est à dire arrivent au but de leur chemin de vie en s’unissant à l’autre, en puisant en lui (l’autre) ce qui manque en eux mêmes.

Revenons au « banquet » de Platon, Aristophane, à son tour, après sa crise de hoquet « belle occasion de m’émerveiller que le corps ait besoin, pour trouver le bon ordre, de pareil fracas et titillations, comme justement il s’en produit quand on éternue » preuve, s’il en est de la nécessité de se confronter à « l’autre » pour se parfaire, parlera de l’amour donc, comme du « ré assembleur de notre primitive nature ; l’amour qui, de deux êtres, tente d’en faire un seul, autrement dit, de guérir l’humaine nature ».

Le succulent discours entre Alcibiade et Socrate contient des phrases éloquentes du style : « il y a des chances …… qu’il y ait en ma personne quelque vertu grâce à laquelle, toi, tu deviendras meilleur ….. ».
Quittons Platon pour d’autres auteurs plus près de nous :
« l'amour, c'est peut-être d'être égoïstes ensemble. »
Marcel Achard
« L'estime des autres est un supplément à l'opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c'est un roseau dont l'amour-propre cherche à s'étayer. »
Jean le Rond d' Alembert (co auteur de l’encyclopédie Diderot).

Donc, effectivement, comme le dit Teilhard, s’il n’y avait pas, à l’état rudimentaire une propension à s’unir, l’amour n’existerait pas à l’échelle humaine. Mais l’être humain n’existerait pas non plus puisqu’il ne se reproduirait pas………. Je ne peux pas, personnellement, séparer la notion d’amour de celle de procréation. Lorsqu’on aime, c’est pour créer, se créer, et, par extension créer une progéniture que l’on croit être une prolongation de nous mêmes puisque nous avons conscience d’être des mortels.




Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 12 Avril 2008 à 18:13 | Commentaires (0)