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Jean-Pierre CALOZ/CENTROLOGIE (L'Activation de l'Energie) /réunion du 27/2/09
Vendredi 27 Février 2009
A . CE QUE J'AI COMPRIS
Dans ce chapitre Teilhard essaie de formuler « sous forme de propositions enchaînées, un essai d’explication universelle … pour rendre l’Univers intelligible dans la totalité de son développement» (p.105).
Il part de 3 éléments : l’homme est comme le « microscope » donnant les propriétés à leur état accompli de toute molécule. L’homme est organisme complexe, doté d’un « dedans » = liberté et conscience.
Toute molécule a une organisation et un dedans, « … traversé par un flux de centration… » (p.108) qui n’est compréhensible qu’en postulant « un certain pôle ou foyer de synthèse universelle : le Point Oméga »
Mesurer l’évolution consistera à mesurer le « coefficient de centro-complexité ou ce qui revient au même, de conscience » (p.107) « selon l’axe montant de l’infiniment simple à l’infiniment complexe »
Il introduit un palier important de la construction : les isosphères de conscience.
Une première conclusion : « dans son déplacement à travers le Temps, l’Univers représente un système en voie de « centro-complexification interne » « passage d’un hétérogène dispersé à un hétérogène organisé… »
B. APPLICATION à LA DEMOCRATIE
Ce premier niveau de développement me permet de comprendre quelque chose de la démocratie qui représente à mon sens un vrai seuil dans ce mouvement de centro-complexité de l’Humanité, et j’hésite à dire de l’Univers.
1. La démocratie : naissance de l’hétérogène.
- Dans le système féodal, il n’y avait pas d’opinion publique, le prince pensait pour tous ; il n’y avait pas d’individu, tous étaient des sujets du prince ; il y avait des classes et des catégories (chevalerie, artisans, serfs) mais pas d’organisation sociale ; c’était une mécanique qui tenait par la volonté et les forces de coercition du prince.
- Puis l’individu est advenu. L’émergence de l’individu peut se situer au XVIe siècle avec la Réforme protestante ‘la libre interprétation de l’Ecriture’, Descartes « Je pense… » et les autres. L’individu se différencie du groupe d’appartenance. Il émerge de la gangue maternelle. Voilà la naissance de l’hétérogène. L’individu fait nombre.
2. Une longue évolution
Il a fallu des siècles avant que l’individu s’affirme au point de faire basculer le régime, ce qui s’est passé à la Révolution française. Les années qui ont suivi l’explosion elle-même de la Révolution pourraient être interprétées comme « le passage d’un hétérogène dispersé (désuni) à un hétérogène organisé (unifié)» (p.109). Les soubresauts de l’histoire, le premier et le second Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet… il en a fallu du temps, des tâtonnements, des essais… afin de d’organiser l’hétérogène, et d’ailleurs la marche se poursuit…. parce que l’hétérogène organisé risque toujours de basculer dans l’hétérogène dispersé.
Il est significatif que Teilhard insiste sur l’hétérogène. Le 20e siècle restera dans l’histoire comme ayant abrité les grandes entreprises visant à balayer l’hétérogène et réinstaurer la loi d’airain de l’homogène , je pense aux terribles dictatures nazies et marxistes. A ce propos, l’une des opérations du lavage de cerveau en Chine consistait à biffer l’individu en situant le nouveau venu dans un groupe qui s’acharnait sur lui, dès qu’il lui arrivait de dire « Je pense…, je veux… je dis… » il fallait absolument gommer toute formulation personnelle. L’expérience des dictatures et des goulags montre bien que l’enjeu est celui d’un hétérogène organisé ou, mieux encore, de l’organisation sociale dont le but est le bien des personnes. Teilhard parle d’une évolution « au cours de laquelle l’Univers s’intériorise et se spiritualise à force, et comme à coups de complication sur lui-même. » (109) Maturation interne, croissance en conscience, en appartenance, solidarité, communication, tout cela crée un milieu d’humanisation pour les composantes (personnes) qui y vivent.
3. En continuant la comparaison
Serait-il possible de retrouver les traces des isosphères dans cette construction de la démocratie ? Les « isosphères, sont dites des éléments de même complexité et donc de même centréité… » Je propose une application un peu tirée par les cheveux… mais telles pourraient être les « nations » qui sont nées en 1815 et surtout 1848 dans le redécoupage de l’Europe après l’Empire. Même « centréité et même complexité », ils sont « solidaires tangentiellement dans la mesure où ils se tiennent et sont liés chacun à chacun dans l’isosphère n sur laquelle ils se placent …» (p.110) Cette solidarité tangentielle serait assurée par les traités (traité de Vienne, etc.) Ils sont aussi « solidaires radialement dans la mesure où, à travers les noyaux de centro-complexité inférieure que leur unité englobe et organise… » Ces nations ont intégré leurs propres composantes que sont les départements ou les provinces… « Solidaires radialement enfin, dans la mesure où tous ensemble… ils tendent à se mouvoir vers Oméga, en parvenant eux-mêmes, ou en donnant naissance à une isosphère d’ordre supérieure… » et ce serait actuellement l’Europe. Après tout cette lecture n’est peut-être pas si mauvaise et montre la fécondité de l’hypothèse de Teilhard, elle montrerait aussi que la construction présente dans laquelle nous sommes engagés va dans le bon sens.
Je découvre également les paragraphes 27 et suivants avec les grandes affirmations teilhardiennes : « l’Union différencie » « L’Union personnalise », textes étonnants que je me promets de commenter pour mon plaisir, ultérieurement.
Dans ce chapitre Teilhard essaie de formuler « sous forme de propositions enchaînées, un essai d’explication universelle … pour rendre l’Univers intelligible dans la totalité de son développement» (p.105).
Il part de 3 éléments : l’homme est comme le « microscope » donnant les propriétés à leur état accompli de toute molécule. L’homme est organisme complexe, doté d’un « dedans » = liberté et conscience.
Toute molécule a une organisation et un dedans, « … traversé par un flux de centration… » (p.108) qui n’est compréhensible qu’en postulant « un certain pôle ou foyer de synthèse universelle : le Point Oméga »
Mesurer l’évolution consistera à mesurer le « coefficient de centro-complexité ou ce qui revient au même, de conscience » (p.107) « selon l’axe montant de l’infiniment simple à l’infiniment complexe »
Il introduit un palier important de la construction : les isosphères de conscience.
Une première conclusion : « dans son déplacement à travers le Temps, l’Univers représente un système en voie de « centro-complexification interne » « passage d’un hétérogène dispersé à un hétérogène organisé… »
B. APPLICATION à LA DEMOCRATIE
Ce premier niveau de développement me permet de comprendre quelque chose de la démocratie qui représente à mon sens un vrai seuil dans ce mouvement de centro-complexité de l’Humanité, et j’hésite à dire de l’Univers.
1. La démocratie : naissance de l’hétérogène.
- Dans le système féodal, il n’y avait pas d’opinion publique, le prince pensait pour tous ; il n’y avait pas d’individu, tous étaient des sujets du prince ; il y avait des classes et des catégories (chevalerie, artisans, serfs) mais pas d’organisation sociale ; c’était une mécanique qui tenait par la volonté et les forces de coercition du prince.
- Puis l’individu est advenu. L’émergence de l’individu peut se situer au XVIe siècle avec la Réforme protestante ‘la libre interprétation de l’Ecriture’, Descartes « Je pense… » et les autres. L’individu se différencie du groupe d’appartenance. Il émerge de la gangue maternelle. Voilà la naissance de l’hétérogène. L’individu fait nombre.
2. Une longue évolution
Il a fallu des siècles avant que l’individu s’affirme au point de faire basculer le régime, ce qui s’est passé à la Révolution française. Les années qui ont suivi l’explosion elle-même de la Révolution pourraient être interprétées comme « le passage d’un hétérogène dispersé (désuni) à un hétérogène organisé (unifié)» (p.109). Les soubresauts de l’histoire, le premier et le second Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet… il en a fallu du temps, des tâtonnements, des essais… afin de d’organiser l’hétérogène, et d’ailleurs la marche se poursuit…. parce que l’hétérogène organisé risque toujours de basculer dans l’hétérogène dispersé.
Il est significatif que Teilhard insiste sur l’hétérogène. Le 20e siècle restera dans l’histoire comme ayant abrité les grandes entreprises visant à balayer l’hétérogène et réinstaurer la loi d’airain de l’homogène , je pense aux terribles dictatures nazies et marxistes. A ce propos, l’une des opérations du lavage de cerveau en Chine consistait à biffer l’individu en situant le nouveau venu dans un groupe qui s’acharnait sur lui, dès qu’il lui arrivait de dire « Je pense…, je veux… je dis… » il fallait absolument gommer toute formulation personnelle. L’expérience des dictatures et des goulags montre bien que l’enjeu est celui d’un hétérogène organisé ou, mieux encore, de l’organisation sociale dont le but est le bien des personnes. Teilhard parle d’une évolution « au cours de laquelle l’Univers s’intériorise et se spiritualise à force, et comme à coups de complication sur lui-même. » (109) Maturation interne, croissance en conscience, en appartenance, solidarité, communication, tout cela crée un milieu d’humanisation pour les composantes (personnes) qui y vivent.
3. En continuant la comparaison
Serait-il possible de retrouver les traces des isosphères dans cette construction de la démocratie ? Les « isosphères, sont dites des éléments de même complexité et donc de même centréité… » Je propose une application un peu tirée par les cheveux… mais telles pourraient être les « nations » qui sont nées en 1815 et surtout 1848 dans le redécoupage de l’Europe après l’Empire. Même « centréité et même complexité », ils sont « solidaires tangentiellement dans la mesure où ils se tiennent et sont liés chacun à chacun dans l’isosphère n sur laquelle ils se placent …» (p.110) Cette solidarité tangentielle serait assurée par les traités (traité de Vienne, etc.) Ils sont aussi « solidaires radialement dans la mesure où, à travers les noyaux de centro-complexité inférieure que leur unité englobe et organise… » Ces nations ont intégré leurs propres composantes que sont les départements ou les provinces… « Solidaires radialement enfin, dans la mesure où tous ensemble… ils tendent à se mouvoir vers Oméga, en parvenant eux-mêmes, ou en donnant naissance à une isosphère d’ordre supérieure… » et ce serait actuellement l’Europe. Après tout cette lecture n’est peut-être pas si mauvaise et montre la fécondité de l’hypothèse de Teilhard, elle montrerait aussi que la construction présente dans laquelle nous sommes engagés va dans le bon sens.
Je découvre également les paragraphes 27 et suivants avec les grandes affirmations teilhardiennes : « l’Union différencie » « L’Union personnalise », textes étonnants que je me promets de commenter pour mon plaisir, ultérieurement.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
J.P. Frésafond/CENTROLOGIE/réunion du 27/02/09
Lundi 23 Février 2009chapitre IV du manueld'étude
Le titre de ce chapitre est à rapprocher directement d’un précédent intitulé « L’Atomisme de l’Esprit » qui se réfère, lui aussi, à ce que Teilhard nomme la Centrogénèse.
La propriété récurrente de la matière à se centrer est constatable de palier en palier, lorsque l’on remonte la courbe de l’évolution depuis la particule jusqu’à Omega, en passant par l’Homme.
L’Homme est l’élément de construction du phénomène Omega.
On ne peut comprendre le principe du phénomène qu’est la centrogénèse que si l’on y intègre l’énergie qui l’anime à savoir : l’amour universel qui, au sens scientifique du terme, peut se traduire par attraction universelle. Pour faciliter l’approche de ce concept je reprendrai une phrase de Teilhard que l’on trouve page 25 du tome II dans le chapitre centrologie :
« L’amour est par nature la seule énergie de synthèse dont l’action différenciante puisse nous super personnaliser. »
Le paradoxe entre les mots « différentiante » et « super personnaliser » est une des clefs de la pensée teilhardienne. Il souligne cette position en précisant que : centrer son ego en l’isolant de l’extérieur produit des effets aussi pervers que de le diluer dans le tout ; ce qui peut donner cette interprétation : seul l’aller-retour permanent de l’ego au tout produit ce PLUS recherché qui est le but du phénomène humain. Cette interprétation est prouvée par la physique qui énonce la loi suivante : « Le quantum d’énergie d’un ensemble est supérieur à la somme de l’énergie de chacune de ses éléments. » (ce sont les énergies de liaison qui font la différence).
Après cette présentation générale des ensembles centrés, nous allons examiner le détail de son organisation, de son fonctionnement et de sa conception.
L’organisation et la conception sont les clefs du bon fonctionnement d’un ensemble. Il y a plus d’informations dans la conception d’une cathédrale que dans celle d’un tas de sable. L’organisation est nécessaire pour le bon fonctionnement d’un ensemble complexe, dans lequel tout converge vers le centre de décision. Même un système parfaitement autorégulé (pour les décisions courantes) ne peut se passer d’un centre de décision pour résoudre les problèmes improbables, d’ailleurs, tous les ensembles de la matière sont centrés depuis la particule jusqu’à l’homme et les sociétés.
-Dans la chaîne de l’évolution tous les éléments ne sont pas centrés. C’est ce que Teilhard a démontré avec les figures 2 et 4 dans le schéma n°1 du tome II (manuel d’étude) . Dans la fig.2 ce sont les arcs de cercle qui tendent à devenir des cercles, et dans la fig.4 ce sont déjà des cercles. L’univers est courbe et tend à se centrer, tel est le but de ces démonstrations.
-Dans le chapitre Atomisme de l’Esprit on a vu que la centréité est une propriété qui s’applique autant à l’énergie qu’à la matière tangible (l’énergie spirituelle fait partie des énergies). Pour appuyer ces idées, je cite encore Teilhard : « La conscience est une propriété moléculaire universelle » ou encore : «L’univers nous apparaît, ainsi que nous y oblige le phénomène humain, comme formé de noyaux psychiques virtuellement coextensifs à l’univers et doublement solidaires ».
-Tous ces constats font dire aux scientifiques que l’univers est courbe. La courbure de l’univers est un début de centréité (figure 2). C’est encore cette force de l’amour (ou de l’attraction universelle) qui donne l’explication. Dans l’univers il y a toujours une particule ou un rayon qui dévie la trajectoire d’une autre particule ou d’un autre rayonnement plus faible en masse ou énergie. Cela permet de dire que dans l’univers la ligne droite n’existe pas, c’est un concept théorique, et que l’univers est courbe.
-Je terminerai en disant : courbure et centréité sont deux phases de la même propriété. C’est pourquoi la terre est une boule enveloppée de sphères.
La propriété récurrente de la matière à se centrer est constatable de palier en palier, lorsque l’on remonte la courbe de l’évolution depuis la particule jusqu’à Omega, en passant par l’Homme.
L’Homme est l’élément de construction du phénomène Omega.
On ne peut comprendre le principe du phénomène qu’est la centrogénèse que si l’on y intègre l’énergie qui l’anime à savoir : l’amour universel qui, au sens scientifique du terme, peut se traduire par attraction universelle. Pour faciliter l’approche de ce concept je reprendrai une phrase de Teilhard que l’on trouve page 25 du tome II dans le chapitre centrologie :
« L’amour est par nature la seule énergie de synthèse dont l’action différenciante puisse nous super personnaliser. »
Le paradoxe entre les mots « différentiante » et « super personnaliser » est une des clefs de la pensée teilhardienne. Il souligne cette position en précisant que : centrer son ego en l’isolant de l’extérieur produit des effets aussi pervers que de le diluer dans le tout ; ce qui peut donner cette interprétation : seul l’aller-retour permanent de l’ego au tout produit ce PLUS recherché qui est le but du phénomène humain. Cette interprétation est prouvée par la physique qui énonce la loi suivante : « Le quantum d’énergie d’un ensemble est supérieur à la somme de l’énergie de chacune de ses éléments. » (ce sont les énergies de liaison qui font la différence).
Après cette présentation générale des ensembles centrés, nous allons examiner le détail de son organisation, de son fonctionnement et de sa conception.
L’organisation et la conception sont les clefs du bon fonctionnement d’un ensemble. Il y a plus d’informations dans la conception d’une cathédrale que dans celle d’un tas de sable. L’organisation est nécessaire pour le bon fonctionnement d’un ensemble complexe, dans lequel tout converge vers le centre de décision. Même un système parfaitement autorégulé (pour les décisions courantes) ne peut se passer d’un centre de décision pour résoudre les problèmes improbables, d’ailleurs, tous les ensembles de la matière sont centrés depuis la particule jusqu’à l’homme et les sociétés.
-Dans la chaîne de l’évolution tous les éléments ne sont pas centrés. C’est ce que Teilhard a démontré avec les figures 2 et 4 dans le schéma n°1 du tome II (manuel d’étude) . Dans la fig.2 ce sont les arcs de cercle qui tendent à devenir des cercles, et dans la fig.4 ce sont déjà des cercles. L’univers est courbe et tend à se centrer, tel est le but de ces démonstrations.
-Dans le chapitre Atomisme de l’Esprit on a vu que la centréité est une propriété qui s’applique autant à l’énergie qu’à la matière tangible (l’énergie spirituelle fait partie des énergies). Pour appuyer ces idées, je cite encore Teilhard : « La conscience est une propriété moléculaire universelle » ou encore : «L’univers nous apparaît, ainsi que nous y oblige le phénomène humain, comme formé de noyaux psychiques virtuellement coextensifs à l’univers et doublement solidaires ».
-Tous ces constats font dire aux scientifiques que l’univers est courbe. La courbure de l’univers est un début de centréité (figure 2). C’est encore cette force de l’amour (ou de l’attraction universelle) qui donne l’explication. Dans l’univers il y a toujours une particule ou un rayon qui dévie la trajectoire d’une autre particule ou d’un autre rayonnement plus faible en masse ou énergie. Cela permet de dire que dans l’univers la ligne droite n’existe pas, c’est un concept théorique, et que l’univers est courbe.
-Je terminerai en disant : courbure et centréité sont deux phases de la même propriété. C’est pourquoi la terre est une boule enveloppée de sphères.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
A.M. Tisserand/Centrologie
Lundi 23 Février 2009
Ce n’est qu’en faisant l’effort de lire et relire à plusieurs reprises le chapitre CENTROLOGIE que j’ai fini par en comprendre l’ensemble. Je me suis alors demandée :
-Mais que dire de plus !
-Comment dire autrement ce que Teilhard explique si bien !
Et puis, me mettant à la place d’une personne réfractaire, ou me référant à mes périodes récurrentes de doute, je me suis posée quelques questions pratico pratiques:
1ère QUESTION : POURQUOI LA CENTROLOGIE SERAIT-ELLE, APRES TOUT, UNE REALITE ?
-Notre nature centrée,
-cet univers lui-même centré,
-le tout convergeant et ne faisant qu’un vers ce Centre des centres, Omega, qui soutient et attire tout l’ensemble,
-Tous ces éléments emboîtés comme des « poupées russes » autour d’un même Axe (toujours Omega) qui traverse et contrôle tous les centres depuis les profondeurs de la matière jusque vers le haut
…N'EST-CE PAS TROP BEAU POUR ETRE VRAI ?
La démonstration magistrale de Teilhard répond à un besoin fondamental humain, à une obscure espérance qui, pour autant qu’elle soit « obscure » n’en est pas moins à expliciter car cet appel des abysses humaines n’est pas forcément une illusion. Il fallait le vérifier et le « canaliser » intellectuellement. Ce que Teilhard a fait.
- Je me souviens des « gamelles » que j’ai ramassées lors de mes débuts sur des skis avant de trouver mon polygone de sustentation qui permet le maintien en équilibre sur le sol, malgré la vitesse du mouvement.
-En aéronautique, le point de sustentation explique le fait qu’un appareil soit soutenu en l’air grâce à la portance de la voilure, à la POUSSEE des réacteurs.
Cette définition me parait transposable sur les plans de l’évolution du monde vivant, de l’intellect et du spirituel.
Osons déployer notre « voilure » et vérifions que la poussée des réacteurs de la conscience, de l’Esprit, des forces de vie, nous portent et nous élèvent. Cela pourrait éviter aux Hommes et à la création des « gamelles » autrement plus graves que celles d’un skieur débutant. Trouvons notre point de sustentation ontologique…
Nous sommes ici entre teilhardiens. Nous admettons donc qu’Omega, Centre des centres, existe bel et bien. Certes, ceux qui se sentent les plus habiles pourront toujours essayer de contester la Centrologie de Teilhard. Cependant, nous touchons là aux confins du rationnel : peut-on prouver ou objecter que le poids de l’Homme se limite à son pesant de chair et d’os ? Peut-on rejeter les intuitions de Teilhard alors qu’il les a élucidées avec les moyens qui sont les siens ; ceux d’un scientifique polyvalent, en avance pour son époque et qui, de ce fait, rejoint notre génération ?
2ème QUESTION : COMMENT LE TROUVER,CE CENTRE ?
Teilhard ne donne pas de « recette ». Il démontre uniquement que la montée de conscience permet de se centrer… ou plutôt l’inverse : le phénomène de centration conduit à la montée de la conscience. Ce « point géométrique » apparaîtra naturellement…puisqu’il est « na-tu-rel » car naturellement programmé dans les informations primordiales contenues dans chaque grain de matière !
C’est le moment de se souvenir de la phrase rapportée par St Augustin : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé » phrase reprise par Blaise Pascal entre autres et qui rejoint le "principe d'émergence" de Teilhard = "Tout au long de l’évolution de la matière, rien ne saurait éclater au grand jour qui ne soit déjà obscurément présent depuis le commencement".
Ainsi dans une quête, on ne cherche jamais « rien » on cherche quelque chose, à moins d’être incohérent.
Teilhard n’est ni le premier ni le dernier à évoquer ce centre qui, évidemment, selon les cultures et les sensibilités différentes, peut se retrouver par des méthodes diverses : recherches rationnelles, confrontation avec soi-même et dépassement de ses limites (le sport par exemple), silence et paix intérieure, méditation, prière, pratique religieuse, dialogue secret avec le Divin (en nous et autour de nous), parcours initiatique, ascèse, musique, joies par l’esthétisme, sens moral, etc …
Pour trouver le POINT GEOMETRIQUE du Centre il suffit de prendre conscience qu’il existe et de vouloir se donner les moyens de déblayer ce qui le recouvre et le cache.
EN CONCLUSION, A QUOI ça SERT, la centrologie et QU'AVONS-NOUS A GAGNER ?
-Ne pas s’épuiser inutilement en allant à contre-courant du phénomène global de l’évolution, quelles qu’en soient les manifestations.
-Participer lucidement à la poussée de cette évolution.
-Trouver un équilibre harmonieux à la fois personnel et social (polygone de sustentation).
-Il devient possible de se brancher de Centre à centre sur le Point Omega et, par Lui, de communiquer « de centre à centre » avec nos frères en humanité (point géométrique)
-Mais que dire de plus !
-Comment dire autrement ce que Teilhard explique si bien !
Et puis, me mettant à la place d’une personne réfractaire, ou me référant à mes périodes récurrentes de doute, je me suis posée quelques questions pratico pratiques:
1ère QUESTION : POURQUOI LA CENTROLOGIE SERAIT-ELLE, APRES TOUT, UNE REALITE ?
-Notre nature centrée,
-cet univers lui-même centré,
-le tout convergeant et ne faisant qu’un vers ce Centre des centres, Omega, qui soutient et attire tout l’ensemble,
-Tous ces éléments emboîtés comme des « poupées russes » autour d’un même Axe (toujours Omega) qui traverse et contrôle tous les centres depuis les profondeurs de la matière jusque vers le haut
…N'EST-CE PAS TROP BEAU POUR ETRE VRAI ?
La démonstration magistrale de Teilhard répond à un besoin fondamental humain, à une obscure espérance qui, pour autant qu’elle soit « obscure » n’en est pas moins à expliciter car cet appel des abysses humaines n’est pas forcément une illusion. Il fallait le vérifier et le « canaliser » intellectuellement. Ce que Teilhard a fait.
- Je me souviens des « gamelles » que j’ai ramassées lors de mes débuts sur des skis avant de trouver mon polygone de sustentation qui permet le maintien en équilibre sur le sol, malgré la vitesse du mouvement.
-En aéronautique, le point de sustentation explique le fait qu’un appareil soit soutenu en l’air grâce à la portance de la voilure, à la POUSSEE des réacteurs.
Cette définition me parait transposable sur les plans de l’évolution du monde vivant, de l’intellect et du spirituel.
Osons déployer notre « voilure » et vérifions que la poussée des réacteurs de la conscience, de l’Esprit, des forces de vie, nous portent et nous élèvent. Cela pourrait éviter aux Hommes et à la création des « gamelles » autrement plus graves que celles d’un skieur débutant. Trouvons notre point de sustentation ontologique…
Nous sommes ici entre teilhardiens. Nous admettons donc qu’Omega, Centre des centres, existe bel et bien. Certes, ceux qui se sentent les plus habiles pourront toujours essayer de contester la Centrologie de Teilhard. Cependant, nous touchons là aux confins du rationnel : peut-on prouver ou objecter que le poids de l’Homme se limite à son pesant de chair et d’os ? Peut-on rejeter les intuitions de Teilhard alors qu’il les a élucidées avec les moyens qui sont les siens ; ceux d’un scientifique polyvalent, en avance pour son époque et qui, de ce fait, rejoint notre génération ?
2ème QUESTION : COMMENT LE TROUVER,CE CENTRE ?
Teilhard ne donne pas de « recette ». Il démontre uniquement que la montée de conscience permet de se centrer… ou plutôt l’inverse : le phénomène de centration conduit à la montée de la conscience. Ce « point géométrique » apparaîtra naturellement…puisqu’il est « na-tu-rel » car naturellement programmé dans les informations primordiales contenues dans chaque grain de matière !
C’est le moment de se souvenir de la phrase rapportée par St Augustin : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé » phrase reprise par Blaise Pascal entre autres et qui rejoint le "principe d'émergence" de Teilhard = "Tout au long de l’évolution de la matière, rien ne saurait éclater au grand jour qui ne soit déjà obscurément présent depuis le commencement".
Ainsi dans une quête, on ne cherche jamais « rien » on cherche quelque chose, à moins d’être incohérent.
Teilhard n’est ni le premier ni le dernier à évoquer ce centre qui, évidemment, selon les cultures et les sensibilités différentes, peut se retrouver par des méthodes diverses : recherches rationnelles, confrontation avec soi-même et dépassement de ses limites (le sport par exemple), silence et paix intérieure, méditation, prière, pratique religieuse, dialogue secret avec le Divin (en nous et autour de nous), parcours initiatique, ascèse, musique, joies par l’esthétisme, sens moral, etc …
Pour trouver le POINT GEOMETRIQUE du Centre il suffit de prendre conscience qu’il existe et de vouloir se donner les moyens de déblayer ce qui le recouvre et le cache.
EN CONCLUSION, A QUOI ça SERT, la centrologie et QU'AVONS-NOUS A GAGNER ?
-Ne pas s’épuiser inutilement en allant à contre-courant du phénomène global de l’évolution, quelles qu’en soient les manifestations.
-Participer lucidement à la poussée de cette évolution.
-Trouver un équilibre harmonieux à la fois personnel et social (polygone de sustentation).
-Il devient possible de se brancher de Centre à centre sur le Point Omega et, par Lui, de communiquer « de centre à centre » avec nos frères en humanité (point géométrique)
Jean-Pierre Fressafond
Comptes-rendus de réunions
Jean-Pierre CALOZ DE LA CONNAISSANCE AU GOÛT DE VIVRE
Mardi 10 Février 2009
SYNTHSE des INTERVENTIONS des CONFERENCIERS / SOIREE DEBAT DU 3/12/08 à BRIGNAIS
Par le Père Jean-Pierre CALOZ
DE LA CONNAISSANCE AU GOÛT DE VIVRE – ELEMENTS DE SYNTHÈSE
Comment conclure après avoir reçu tant d’informations, relevant de tant de savoirs différents et rassemblant tant d’expériences ? Ma tâche n’est en rien facile. Je me consolerai en me disant qu’il ne s’agit pas du tout de résumer ce que nos illustres orateurs ont développé, mais d’articuler quelques points, de cueillir juste quelques fruits tel qu’un auditeur ordinaire peut le faire.
Je commencerai donc par remercier nos orateurs pour ces magnifiques exposés dans lesquels ils nous ont communiqué leurs savoirs et nous ont fait bénéficier de leur riche expérience professionnelle. Ils ont démontré en outre combien la pensée du P. Teilhard reste riche et féconde en des domaines aussi variés que la pédagogie ou la psychanalyse.
Et maintenant, puisque synthèse il faut, j’articulerai ces quelques réflexions autour des 5 termes suivants : fragilité, solidité, connaissance, cheminement, foi en la vie.
Fragilité. Avec le P. Pochon nous sommes entrés dans la fragilité des adolescents d’aujourd’hui, de leurs expressions blasées, leurs besoins de prendre des risques et d’essayer les poisons facilement à leur portée : les drogues, parmi lesquelles l’alcool reprend du service, le sexe, le risque de la marginalité. Professeur Furtos vous avez évoqué pour nous ce que vous rencontrez tous les jours dans la détresse humaine, chez les personnes vivant longtemps dans la précarité. J’ai été personnellement touché de pouvoir être témoin de vos recherches en particulier autour du syndrome de l’auto-exclusion dont vous nous avez décrit le processus.
Solidité. L’évocation de la fragilité nous a renvoyés au le P. Teilhard qui parle de la solidité du réel, de la marche infaillible de l’évolution, qui veut que le monde réussisse malgré les cahots de l’histoire. Or l’évolution dépend de l’homme car c’est dans l’histoire humaine, en particulier dans sa dimension sociale que se continue la grande évolution commencée à l’origine. Cette solidité répond à la précarité sociale et au manque de goût des adolescents. La certitude que le monde n’est pas absurde est bien le préalable nécessaire pour que nos contemporains, les jeunes en particulier, sortent de leur narcissisme et reprennent goût à la vie. Teilhard était tellement convaincu que l’histoire doit réussir, que cette réussite passe par l’action de l’homme, que l’action de l’homme dépend du goût de vivre, qu’il doit postuler comme absolument nécessaire l’existence du goût de vivre de générations en générations. Si le goût de vivre se perdait, l’évolution s’arrêterait et tout basculerait dans l’absurde, ce qui est impossible ! Le goût de vivre est donc au cœur de l’évolution.
Le passage de la fragilité à la solidité se fait par la connaissance. P. Pochon vous avez parlé de cette antinomie : voir ou périr. C’est la connaissance qui permet d’avoir prise sur le réel, de structurer l’informe, le magma d’une société trop grande et trop complexe dans laquelle on ne peut se situer que comme objets. La connaissance donne la direction lorsqu’elle est prise sous le bon angle, c'est-à-dire quand elle reflète la structure intime de l’évolution, et permet alors de se situer en acteurs avertis qui construisent en consonance avec la réalité. Si les désordres psychiques commencent avec la peur de penser, avez-vous dit M. Furtos, ce sera aussi grâce à la pensée que viendra la guérison. Non pas tant une pensée abstraite, mais la conscience qui permet au malade de prendre la distance voulue d’avec la situation dans laquelle il s’englue pour commencer à se resituer dans la vie. C’est l’honneur de l’homme, disiez-vous, d’accepter ses limites et d’en finir avec la mégalomanie. Vous parliez aussi d’apprendre à souffrir des désillusions créatrices qui n’éteignent pas l’espoir malgré les pesanteurs du quotidien.
L’apprentissage de la connaissance passe par un cheminement. Teilhard a parlé des grandes étapes du développement humain qui sont la centration sur soi – la réconciliation avec soi-même – la décentration sur l’autre – l’importance de la relation, du social, de l’amitié et de l’amour – et la sur-centration – la dimension de la transcendance, de la relation à Dieu. Il ne s’agit pas de trois étapes successives mais de trois moments d’un même mouvement qui durera toute la vie. Autre cheminement, celui qui fait regarder le passé pour saisir le présent et se projeter dans l’avenir. Telle a été la démarche de Teilhard qui montrait comment le passé révèle la constance et l’orientation permanente de l’évolution vers toujours plus d’organisation, toujours plus complexe et consciente et qui pour être intelligible nécessite un point d’arrivée qui sera aussi le foyer d’attraction de tout le mouvement. Si jusqu’ici l’univers ne s’est pas trompé, il n’y a aucune raison qu’aujourd’hui il se trompe … tel est le bel optimisme de Teilhard. Au plan personnel on voit que l’évolution demande elle aussi de porter un regard pacifié sur le passé en guérissant la mémoire afin d’assumer le présent dans ses implication personnelles et professionnelles, dans le cadre d’un projet qui ouvre sur l’avenir. Démarches, cheminements, recherches, tout se fait dans la durée, les tâtonnements, les acquis partiels, les zones d’ombres et de lumières, dont la résultante est en définitive, positive.
La foi en la vie c’était votre message de pédagogue, P. Pochon, nous l’avons aussi entendue dans vos « Je crois », M. Furtos : « je crois à la noosphère, donc à la victoire de l’esprit, je crois à la communauté des vivants et des morts, je crois en la mystique. » Cette foi en la vie est l’attitude tonique qui permet la créativité, le courage dans les difficultés, l’engagement social et la joie de vivre. Teilhard est tout entier un acte de foi en la vie, vous en avez été les témoins, vous nous l’avez communiquée, soyez-en remerciés.
Comment conclure après avoir reçu tant d’informations, relevant de tant de savoirs différents et rassemblant tant d’expériences ? Ma tâche n’est en rien facile. Je me consolerai en me disant qu’il ne s’agit pas du tout de résumer ce que nos illustres orateurs ont développé, mais d’articuler quelques points, de cueillir juste quelques fruits tel qu’un auditeur ordinaire peut le faire.
Je commencerai donc par remercier nos orateurs pour ces magnifiques exposés dans lesquels ils nous ont communiqué leurs savoirs et nous ont fait bénéficier de leur riche expérience professionnelle. Ils ont démontré en outre combien la pensée du P. Teilhard reste riche et féconde en des domaines aussi variés que la pédagogie ou la psychanalyse.
Et maintenant, puisque synthèse il faut, j’articulerai ces quelques réflexions autour des 5 termes suivants : fragilité, solidité, connaissance, cheminement, foi en la vie.
Fragilité. Avec le P. Pochon nous sommes entrés dans la fragilité des adolescents d’aujourd’hui, de leurs expressions blasées, leurs besoins de prendre des risques et d’essayer les poisons facilement à leur portée : les drogues, parmi lesquelles l’alcool reprend du service, le sexe, le risque de la marginalité. Professeur Furtos vous avez évoqué pour nous ce que vous rencontrez tous les jours dans la détresse humaine, chez les personnes vivant longtemps dans la précarité. J’ai été personnellement touché de pouvoir être témoin de vos recherches en particulier autour du syndrome de l’auto-exclusion dont vous nous avez décrit le processus.
Solidité. L’évocation de la fragilité nous a renvoyés au le P. Teilhard qui parle de la solidité du réel, de la marche infaillible de l’évolution, qui veut que le monde réussisse malgré les cahots de l’histoire. Or l’évolution dépend de l’homme car c’est dans l’histoire humaine, en particulier dans sa dimension sociale que se continue la grande évolution commencée à l’origine. Cette solidité répond à la précarité sociale et au manque de goût des adolescents. La certitude que le monde n’est pas absurde est bien le préalable nécessaire pour que nos contemporains, les jeunes en particulier, sortent de leur narcissisme et reprennent goût à la vie. Teilhard était tellement convaincu que l’histoire doit réussir, que cette réussite passe par l’action de l’homme, que l’action de l’homme dépend du goût de vivre, qu’il doit postuler comme absolument nécessaire l’existence du goût de vivre de générations en générations. Si le goût de vivre se perdait, l’évolution s’arrêterait et tout basculerait dans l’absurde, ce qui est impossible ! Le goût de vivre est donc au cœur de l’évolution.
Le passage de la fragilité à la solidité se fait par la connaissance. P. Pochon vous avez parlé de cette antinomie : voir ou périr. C’est la connaissance qui permet d’avoir prise sur le réel, de structurer l’informe, le magma d’une société trop grande et trop complexe dans laquelle on ne peut se situer que comme objets. La connaissance donne la direction lorsqu’elle est prise sous le bon angle, c'est-à-dire quand elle reflète la structure intime de l’évolution, et permet alors de se situer en acteurs avertis qui construisent en consonance avec la réalité. Si les désordres psychiques commencent avec la peur de penser, avez-vous dit M. Furtos, ce sera aussi grâce à la pensée que viendra la guérison. Non pas tant une pensée abstraite, mais la conscience qui permet au malade de prendre la distance voulue d’avec la situation dans laquelle il s’englue pour commencer à se resituer dans la vie. C’est l’honneur de l’homme, disiez-vous, d’accepter ses limites et d’en finir avec la mégalomanie. Vous parliez aussi d’apprendre à souffrir des désillusions créatrices qui n’éteignent pas l’espoir malgré les pesanteurs du quotidien.
L’apprentissage de la connaissance passe par un cheminement. Teilhard a parlé des grandes étapes du développement humain qui sont la centration sur soi – la réconciliation avec soi-même – la décentration sur l’autre – l’importance de la relation, du social, de l’amitié et de l’amour – et la sur-centration – la dimension de la transcendance, de la relation à Dieu. Il ne s’agit pas de trois étapes successives mais de trois moments d’un même mouvement qui durera toute la vie. Autre cheminement, celui qui fait regarder le passé pour saisir le présent et se projeter dans l’avenir. Telle a été la démarche de Teilhard qui montrait comment le passé révèle la constance et l’orientation permanente de l’évolution vers toujours plus d’organisation, toujours plus complexe et consciente et qui pour être intelligible nécessite un point d’arrivée qui sera aussi le foyer d’attraction de tout le mouvement. Si jusqu’ici l’univers ne s’est pas trompé, il n’y a aucune raison qu’aujourd’hui il se trompe … tel est le bel optimisme de Teilhard. Au plan personnel on voit que l’évolution demande elle aussi de porter un regard pacifié sur le passé en guérissant la mémoire afin d’assumer le présent dans ses implication personnelles et professionnelles, dans le cadre d’un projet qui ouvre sur l’avenir. Démarches, cheminements, recherches, tout se fait dans la durée, les tâtonnements, les acquis partiels, les zones d’ombres et de lumières, dont la résultante est en définitive, positive.
La foi en la vie c’était votre message de pédagogue, P. Pochon, nous l’avons aussi entendue dans vos « Je crois », M. Furtos : « je crois à la noosphère, donc à la victoire de l’esprit, je crois à la communauté des vivants et des morts, je crois en la mystique. » Cette foi en la vie est l’attitude tonique qui permet la créativité, le courage dans les difficultés, l’engagement social et la joie de vivre. Teilhard est tout entier un acte de foi en la vie, vous en avez été les témoins, vous nous l’avez communiquée, soyez-en remerciés.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Henri Guyot/ UNIVERSALISATION et UNION
Samedi 7 Février 2009
Le sujet d'étude proposé paraît assez proche du précédent ("la montée de l'autre"); si bien que, pour résumer les interrogations, il me semble qu'il faut se demander ce qu'il convient d'être, optimiste ou pessimiste. Faut-il pencher pour Teilhard ou René Girard ?
-Emotionnellement j'ai envie de croire, comme Teilhard, que le sens de l'évolution vers plus de conscience nous engage à l'optimisme.
-Contrairement, et j'ose dire fatalement comme René Girard, j'ai tendance à penser qu'il faut attendre, comme il le dit, le sacrifice du bouc émissaire pour que les conflits s'apaisent enfin. Cela peut durer jusqu'à l'apocalypse.
Entre ces deux vision je suis tenté de trancher par la formule : "TOUT S'ARRANGE MEME MAL"
Essayons de voir plus haut. Peut-on en dehors des troubles et des agitations des hommes se placer du point de vue de la planète et de sa physiologie au long des millénaires ? Il est clair que celle-ci a produit sous le bombardement de l'énergie solaire et l'impulsion cosmique tous les atomes, molécules et composés organiques, soit tout le matériel qu'elle avait à produire. Les autres développements imaginables sont planétaires voire cosmiques et à très longue échéance. Nos confrontations et autres réchauffements climatiques sont vis de ceux-ci du domaine des faits divers anecdotiques. Pour avoir un début de réponse il faut se poser encore bien des questions plus scientifiques que philosophiques. Par exemple : quel est le bilan énergétique auquel le bombardement solaire conduit la terre ? Quelle est l'influence de celui-ci sur l'inerte et le vivant ? Vers quels déséquilibres nous conduit-il ? Le crétacé et la fabrication des énergies fossiles sont des pollutions autrement plus importantes en temps et en volume que l'agitation humaine. De plus elles n'ont pas été aléatoires.
Nous avons besoin de réponses précises sur ce genre de sujet. La philosophie, les théories et les dieux des hommes n'y peuvent pas grand-chose. C'est pourquoi l'exploration spatiale est importante.
En somme, pour savoir comment nous comporter, préoccupons nous du navire quin ous porte avant de nous occuper de l'équipage et ainsi le sauver.
-Emotionnellement j'ai envie de croire, comme Teilhard, que le sens de l'évolution vers plus de conscience nous engage à l'optimisme.
-Contrairement, et j'ose dire fatalement comme René Girard, j'ai tendance à penser qu'il faut attendre, comme il le dit, le sacrifice du bouc émissaire pour que les conflits s'apaisent enfin. Cela peut durer jusqu'à l'apocalypse.
Entre ces deux vision je suis tenté de trancher par la formule : "TOUT S'ARRANGE MEME MAL"
Essayons de voir plus haut. Peut-on en dehors des troubles et des agitations des hommes se placer du point de vue de la planète et de sa physiologie au long des millénaires ? Il est clair que celle-ci a produit sous le bombardement de l'énergie solaire et l'impulsion cosmique tous les atomes, molécules et composés organiques, soit tout le matériel qu'elle avait à produire. Les autres développements imaginables sont planétaires voire cosmiques et à très longue échéance. Nos confrontations et autres réchauffements climatiques sont vis de ceux-ci du domaine des faits divers anecdotiques. Pour avoir un début de réponse il faut se poser encore bien des questions plus scientifiques que philosophiques. Par exemple : quel est le bilan énergétique auquel le bombardement solaire conduit la terre ? Quelle est l'influence de celui-ci sur l'inerte et le vivant ? Vers quels déséquilibres nous conduit-il ? Le crétacé et la fabrication des énergies fossiles sont des pollutions autrement plus importantes en temps et en volume que l'agitation humaine. De plus elles n'ont pas été aléatoires.
Nous avons besoin de réponses précises sur ce genre de sujet. La philosophie, les théories et les dieux des hommes n'y peuvent pas grand-chose. C'est pourquoi l'exploration spatiale est importante.
En somme, pour savoir comment nous comporter, préoccupons nous du navire quin ous porte avant de nous occuper de l'équipage et ainsi le sauver.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
M.L. Costantini/UNIVERSALISATION et UNION
Samedi 7 Février 2009
Ce texte est inspiré par la guerre de 1939 que Teilhard connaît de loin, il est à Pékin quand il écrit, mais Teilhard a une expérience directe de la guerre en 1914. Il me semble qu’on ne peut dissocier ces pages de ce contexte de guerre, c’est très important. Les belles réflexions de l’auteur se détachent sur un fond rougeoyant de tueries et de destructions.
Une fois ces précisions formulées on peut comprendre -ou essayer de comprendre- la vision humaniste de Teilhard : les guerres provoquent un brassage de consciences, de peuples, de techniques émergentes qui pourraient, effectivement, contribuer au progrès de l’humanité. Les guerres sont « des crises de croissance ». L’individu devient universel pour peu qu’il veuille bien donner un sens à ces rencontres de peuples, rencontres même cruelles, dans lesquelles il se trouve englué.
Teilhard développe également l’idée d’une accélération des techniques ; il parle d’énergie « physico-psychique » à propos de ces « flèches monstrueuses » que sont les avions. Il évoque ce pilote « sur humanisé par son vol » merveilleux instrument humain. Teilhard n’a pas de termes assez enthousiastes et admiratifs pour désigner ce qui, finalement, dans le contexte n’est qu’un instrument semeur de mort. Le pilote d’Hiroshima à qui tous ces termes louangeurs peuvent s’appliquer à la lettre, ce pilote est-il un « individu surhumanisé » ?
Le paragraphe p. 81 qui glorifie à ce point le pilote de guerre me terrorise et me laisse perplexe quant aux intentions de Teilhard au moment où il le rédige. On aurait attendu de la compassion pour les victimes et pour ce pilote qui « ne sait pas ce qu’il fait ».
En fait, Teilhard a voulu montrer par cet exemple de l’avion l’énorme complexité technique et psychique dont il est la résultante. Cela témoigne de l’organisation de l’humanité, de son progrès, et de l’élaboration lente de la noosphère.
Ces conflits mondiaux seraient alors des « saccades positives » dans l’ascension de l’humanité vers le point ultime où tout s’achève. Mais qui dit « saccade » dit mouvement irrégulier, impulsif, en contrecoup de paliers où tout semble s’arrêter et virer au négatif.
Au lieu de considérer les heurts mondiaux avec pessimisme, essayons de voir en eux des facteurs d’avancée de l’humanité. Ces fabuleux brassages de peuples, de mentalités, liés aux fabuleux moyens de communication qui tissent un réseau universel autour de la terre, cela peut laisser présager une fraternité universelle, dans quelques milliers d’années.
Une fois ces précisions formulées on peut comprendre -ou essayer de comprendre- la vision humaniste de Teilhard : les guerres provoquent un brassage de consciences, de peuples, de techniques émergentes qui pourraient, effectivement, contribuer au progrès de l’humanité. Les guerres sont « des crises de croissance ». L’individu devient universel pour peu qu’il veuille bien donner un sens à ces rencontres de peuples, rencontres même cruelles, dans lesquelles il se trouve englué.
Teilhard développe également l’idée d’une accélération des techniques ; il parle d’énergie « physico-psychique » à propos de ces « flèches monstrueuses » que sont les avions. Il évoque ce pilote « sur humanisé par son vol » merveilleux instrument humain. Teilhard n’a pas de termes assez enthousiastes et admiratifs pour désigner ce qui, finalement, dans le contexte n’est qu’un instrument semeur de mort. Le pilote d’Hiroshima à qui tous ces termes louangeurs peuvent s’appliquer à la lettre, ce pilote est-il un « individu surhumanisé » ?
Le paragraphe p. 81 qui glorifie à ce point le pilote de guerre me terrorise et me laisse perplexe quant aux intentions de Teilhard au moment où il le rédige. On aurait attendu de la compassion pour les victimes et pour ce pilote qui « ne sait pas ce qu’il fait ».
En fait, Teilhard a voulu montrer par cet exemple de l’avion l’énorme complexité technique et psychique dont il est la résultante. Cela témoigne de l’organisation de l’humanité, de son progrès, et de l’élaboration lente de la noosphère.
Ces conflits mondiaux seraient alors des « saccades positives » dans l’ascension de l’humanité vers le point ultime où tout s’achève. Mais qui dit « saccade » dit mouvement irrégulier, impulsif, en contrecoup de paliers où tout semble s’arrêter et virer au négatif.
Au lieu de considérer les heurts mondiaux avec pessimisme, essayons de voir en eux des facteurs d’avancée de l’humanité. Ces fabuleux brassages de peuples, de mentalités, liés aux fabuleux moyens de communication qui tissent un réseau universel autour de la terre, cela peut laisser présager une fraternité universelle, dans quelques milliers d’années.
Jean-Pierre Fressafond
Omaha-beach.fr

