teilhard de Chardin


Recherche






Galerie

Travaux des membres

On sait très bien que les nouvelles générations se désintéressent volontiers des cadres dans lesquels ont vécu leurs pères.
On sait très bien que le développement de l’information : Internet, média, télé et certaines formes d’enseignements, proposent des vues hors cadre, souvent très au-delà de ce que l’on peut imaginer.
On sait aussi qu’un certain nombre d’auteurs ou de philosophes, souhaitant bien montrer qu’ils sont purs et libres de toute chapelle adoptent une expression soigneusement laïque. De ce fait leurs idées paraissent décharnées. Au mieux ils se disent Humanistes avec un grand H comme seul dieu (voir Michel Onfray – Manuel d’athéologie).
On sait enfin que Teilhard de Chardin, dans un effort de scientifique, montre comment l’évolution monte vers un point oméga. Il dit que cette montée permet d’envisager un Christ cosmique. En le montrant, Teilhard peut être, lui aussi, destructeur à sa façon et sans vraiment le dire, de quelques archaïsmes Saint sulpiciens. Il n’est d’ailleurs pas le seul à briser ainsi quelques cadres. Il y en a bien d’autres, et ce n’est pas le lieu ici de tous les citer ; je pense par exemple à Aldous Huxley (Jouvence), à Conrad Lorenz, à Rémy Chauvin, à René Girard (La violence et le sacré).
Mais, et c’est là le point central de mon sujet, l’homme en recherche sur des questions existentielles (d’où venons nous ? qui sommes nous ? où allons nous ?), sait que sur chemin les réponses ne sont pas faciles. Le but poursuivi n’est normalement pas très clair et s’enfuit toujours un peu au-delà des connaissances. Une religion dictée est plus facile, sécurisante et sert de garde-fou. L’avenir est ainsi clair et au nom d’un montage évidemment divin on règle sa vie et la vie des autres au besoin par la violence.
C’est là que Teilhard devient très intéressant, parce qu’il propose un modèle humain représenté par un Christ cosmique toujours plus ultra moderne et permettant de faire chaque jour un pas de plus vers la foi. Cela n’implique pas d’ailleurs qu’il rejette la réalité historique du Christ. Mais cela implique que les garde-fous ne soient pas aussi nettement dessinés que dans ce que la ou les religions nous dictent. Or personne n’est, sur le chemin, assez fort pour se passer de garde-fous. Il faut donc en proposer pour notre époque. Mais proposer d’autres modèles c’est dangereux, peut-être destructeur. Teilhard dit à ce sujet : il dépasse les forces individuelles de forcer artificiellement la naissance d’une religion . Il faut donc obligatoirement que les nouveaux symboles soient révisables évolutifs et acceptés.
C’est un travail énorme, de longue haleine qui doit appartenir à un groupe d’hommes avisés. Il faut faire au préalable un travail d’inventaire détaillé des rites, des dogmes, des habitudes. Ensuite il faut laisser de côté ceux de ces éléments qui ne sont pas dans le courant du progrès scientifique et de l’évolution ou seraient entachés de fétichisme et de superstition. Enfin on peut tenter de faire des propositions.
Une suggestion : ne pourrait-on pas essayer de les deviner en explorant l’œuvre de Teilhard, par exemple la messe sur le monde ? Et puis, il n’y a pas que Teilhard, il y a les nombreux anciens : St François d’Assise, St augustin, St thomas,… Il y a aussi de nombreux modernes et tous les philosophes et penseurs de la catéchèse.
Il faut aussi puiser dans tout ce qui appartient à l’esthétique et dans les rapports de l’esthétique et de la mystique. Par exemple, j’aime bien l’architecture : l’architecte avec ses bâtiments construit pour l’art sacré, et ne dicte aucune religion ; il fait dans le béton et la pierre comme une proposition que chacun peut lire avec ses propres mots (Le Corbusier).
Le langage à utiliser ne peut être le même pour chaque catégorie de public. En particulier pour la jeunesse dont la cellule n’est plus la même qu’il y a 50 ans. L’univers de la jeunesse est plus virtuel et visuel, moins pyramidal (le père, la mère, la famille, le groupe, la nation). Elle rejette les archaïsmes et cherche avec soif d’autres ailleurs : le sport, le jeu, la drogue, une inspiration nouvelle, des ésotérismes fantastiques (jeux de rôle, mondes galactiques extra terrestres, pouvoirs surnaturels : Speeder man, Stars War, Harry Potter, éventuellement d’autres religions : attrait du bouddhisme, communauté de Thésée…). Mais vite, elle est prompte à la désespérance c'est-à-dire à la violence et à la stratégie de mort.
Comme le mouvement de notre époque est formidablement accéléré nous sommes déjà dans l’urgence et rappelons nous ces mots de Teilhard : la Vie réfléchie ne peut continuer à fonctionner et à progresser à moins que ne brille au dessus d’elle un pôle suprême d’attrait et de consistance.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 31 Mars 2009 à 14:01 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Henri GUYOT / ANALYSE DE LA VIE

Mardi 31 Mars 2009
L’analyse de la vie (Teilhard page 137)

Contrairement à ce que je trouve d’habitude chez Teilhard, le texte qui nous est proposé n’emporte pas tout à fait mon assentiment. Je relève en particulier deux phrases un peu surprenantes pour moi :
L’être vivant, aussitôt que l’on essaie de le regarder au microscope, ou de le soumettre aux instruments de mesure, ce même être vivant ne laisse plus apercevoir, jusque dans son tréfonds, qu’une pyramide de hasards associés …
Aux yeux du biologiste moderne, l’orthogenèse des groupes vivants tend à se résoudre en un jeu fortuit de rencontres chromosomiques …
Dans ces deux extraits, puis dans la suite des paragraphes jusqu’à la page 146 il offre ainsi une très grande part au hasard, celui-ci étant impulsé par une énergie spirituelle aux contours indistincts pour moi. Il dit aussi que, à descendre par l’analyse dans le mystère de la vie on finit par la rendre impalpable comme un arc-en-ciel saisi entre les doigts.
Je trouve que ces deux visions, hasard et immatérialité de la vie ont un peu évoluées à notre époque. Je veux en voir la promesse dans les indications contenues, entre autre, dans deux ouvrages :
1 - "Le programme homme" de Pierre Rabischong (PUF). Il est ancien doyen de la faculté de médecine de Montpellier, vice-président de l’académie mondiale des technologies biomédicales à l’UNESCO. Dans son ouvrage Rabischong fait deux remarques en opposition aux deux notions évoquées ci-dessus par Teilhard. D’abord à propos du hasard qui n’a plus, selon lui, toute l’importance envisagée par Darwin, puis plus tard par Georges Monod. (Lire page 52 du texte de Rabischong reproduit ci-après).
Ensuite cet auteur, reprenant l’analyse de la vie à bras le corps à partir de l’endroit où l’avait laissée les contemporains biologistes de Teilhard, au fur et à mesure qu’il descend dans celle-ci, il découvre, non pas l’impalpable, mais une complexité de plus en plus stupéfiante et merveilleuse. Elle est si complexe et extraordinaire qu’il semble inimaginable qu’elle puisse être le résultat de hasards aussi nombreux et infiniment répétés aux cours des temps, fussent-il composés de milliards d’années et d’espaces infinis. Rabischong déclare en "programmiste" émerveillé qu’il existe un programmeur.
2 – Rémy Chauvin, lui aussi, à travers toute son œuvre proclame, évitant de parler de l’énergie comme un autre Carnot, que la physique n’est plus une machine de guerre lancée contre la religion (ce que dit d’ailleurs aussi volontiers Teilhard) mais que Dieu s’avance à nouveau. L’univers ressemble plus à une grande pensée qu’à une grande machine.
On pourrait également évoquer Raymond Ruyer - "La gnose de Princeton" - . Il parle dans cet ouvrage de source cosmique confectionnant des "thèmes programme" par dessus le hasard dans un langage commun à toute la création.
Dans notre texte d’étude on pourrait presque dire que Teilhard se présente vis-à-vis des auteurs que je viens de citer comme un théologien laïc. Il parle de débit d’énergie, de servomoteurs, de polarisation, de commutateurs, d’amplificateurs, citant tous ces termes, je pense comme des images, plutôt que comme de vrais outils de technologie appliquée. Je ne suis pas certain que cela consolide son raisonnement.
Faut-il en conclure que Teilhard n’est plus tout à fait accordé à notre époque pour penser l’avenir de la science ou bien est-il encore éminemment utile pour éclairer les articulations de l’avenir pour les futurs théocentristes modernes ? Son angle de vue doit sans doute rester comme un état d’esprit, un chemin lumineux pour les chercheurs à venir. Notre travail, à travers son œuvre, est peut-être d’en éclairer les articulations.


52 LE PROGRAMME HOMME


Une dernière référence mérite d’être rapportée. Georges Salet, polytechnicien, a écrit en I 972, un livre qui aurait mérité une plus large diffusion Hasard et certitude. Il se place résolument en opposition avec Jacques Monod, auteur du célèbre Le Hasard et la nécessité. Georges Salet, après un exposé clair et précis des connaissances de son temps en matière de biologie et de génétique, où il fait preuve d’une immense culture, exécute une brillante démonstration de statisticien, à partir d’un rappel de la loi unique du hasard ou loi de Borel : « Cette loi est extrêmement simple et d’une évidence intuitive bien qu’elle soit rationnellement indémontrable. » Georges Salet, d’une manière très didactique donne une autre possibilité de formulation de la loi de Borel : un évènement de probabilité suffisamment faible ne peut se réaliser plusieurs fois. » Ce qui, on peut l’imaginer, pourra s’appliquer à la production d’organes nouveaux, en même temps dans plusieurs espèces différentes conduisant aux phénomènes classiques d’homologie. Il définit des seuils d’impossibilité comme « la probabilité au dessous de laquelle il y a certitude qu’un événement aléatoire d’une nature donnée ne s’est jamais produit ou ne se produira pas ». Il définit un seuil biochimique terrestre qu’il résume dans le théorème suivant : « La réalisation sur la terre d’un événement supposé ou d’un ensemble d’événements supposés de nature chimique est impossible si la probabilité de réalisation de cet événement ou de cet ensemble d’événements en un seul essai est inférieure à 10 puissance moins 100. » A propos de la sélection naturelle, il émet un autre théorème : « La probabilité réelle d’apparition d’une nouvelle fonction est égale à la probabilité intrinsèque pour que l’ADN acquière le caractère qui correspond à cette nouvelle fonction » et de conclure « La sélection naturelle n’a pu favoriser en rien l’apparition d’une nouvelle fonction. » Il ajoute que « l’idée d’un ‘‘passage progressif” d’un système simple à un système plus complexe au cours d’une longue évolution n’est qu’un verbalisme qui ne résiste jamais à

53
un examen objectif». Et encore : « Les mutations se produisant au hasard ne sauraient réaliser un enchaînement directeur de degré supérieur à 10. On doit donc conclure que le mécanisme mutation-sélection ne peut expliquer l’apparition d’organes nouveaux. » Il aborde aussi le problème de l’oeil en démontrant l’impossibilité d’un passage progressif d’un système à l’autre : « Un mécanisme quelconque ne peut fonctionner que lorsque toutes ses parties principales sont réunies et convenablement agencées entre elles », ce qui se rapproche beaucoup de la complexité irréductible de Behe. Abordant le problème du temps souvent invoqué pour expliquer l’apparition progressive de structures par variations minimes, il donne une image saisissante à propos de la chaîne bêta de l’hémoglobine du sang : « Ces acides aminés constituant les protéines appartenant à 20 types, le nombre de protéines distinctes de 146 monomères est de 20 puissance 146 = 10 puissance 190, 1 suivi de 190 zéros. Mettons dans un bocal un spécimen et un seul de chacune de ces protéines possibles, en tassant bien, on en fera entrer I0 milliards de milliards par cm3 de bocal. Si ce bocal était cubique, il faudrait que son arête ait une longueur égale à 10 milliards d’années-lumière. Ceci veut dire qu’en se déplaçant à la vitesse de la lumière, soit 300 000 km/s, il faudrait mille milliards de milliards de milliards de milliards d’années pour aller d’un bout à l’autre du bocal. » Et il ajoute : « Même en mobilisant toute la matière des centaines de milliards de galaxie qui peuplent l’Univers pour en faire des gènes et en réalisant, puis détruisant ceux-ci à la cadence fantastique de 10 puissance 14 à la seconde, il faudrait quelque 10 puissance 500 années pour réaliser tous les états possibles d’un seul gène d’importance moyenne, soit de 1 000 paires de nucléotides. » Il complète en disant : «Je pense que le darwinisme sous toutes ses formes n’est finalement qu’une martingale aussi illusoire que celle par lesquelles des joueurs impénitents espèrent s’assurer des revenus réguliers par les pratiques des jeux de pur hasard. »
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 31 Mars 2009 à 13:05 | Commentaires (0)

Travaux des membres


Rien
 de
 plus
 difficile que 
d’analyser 
la
 vie
!
 Nous
 décrivons 
les 
incidents,
 les
 accidents,

les 
maladies 
mais 
qu’en 
est 
il 
d’une 
description 
scientifique 
du 
vivant 

en 
bonne
santé
?

Vaines 
tentatives 
avec 
Claude
 Bernard
 
et 
son 
homéostasie 

puis 
quelques
 études 
dans

les 
années 
70, 

sur, 

par
exemple,

 le
 système 
neuro végétatif 
et
 l’équilibre 
acido‐basique

vite 
reléguées 
aux 
oubliettes 
par
méfiance 
systématique 
des 
scientifiques 
envers 
un

évolutionnisme
vitaliste 
!

C’est 
pour 
cette
 raison 
que 
la 
notion
 d’énergie 

si
 chère 
à 
Teilhard
 de
 Chardin 
a
 autant 
de

difficulté 
à 
être 
prise
 en 
compte 
par 
le
monde 
scientifique 
jusqu’à 
présent
 !


Avec 
un 
minimum
 d’éveil 
et 
sans 
être 
féru
 d’un
 savoir 
scientifique, 
nous 
pouvons 
tous

ressentir 
véritablement 
notre 
vie 
en 
terme 
de 
conscience, 
liberté 
et 
finalité. 
Or 
si 
nous

essayons 
de 
l’analyser 
d’une 
manière
 systémique
 (
cf 
G.
Donnadieu 
et 
l’approche

systémique 
dans 
Teilhard
 Aujourd’hui
n°
27
) , 
elle 
nous 

apparaît 
le 
plus
 souvent 
comme

un 
système
 de 
mécanismes 
élémentaires, 
une 
pyramide 
de 
hasards 
associés,
 un 
jeu

fortuit 
de 
rencontres 
chromosomiques 
pour 
citer 
Teilhard.


C’est
 le
 fait
 de 
l’illusion 
analytique 
que 
l’on 
retrouve
 aujourd’hui
 dans
 tous 
les

domaines
!


Nous 
n’arrivons 
pas 
à
 définir
 scientifiquement
 la 
conscience 

par 
exemple,
malgré 
les

travaux
 approfondis 
d’un 
neuroscientifique 
de 
haut 
niveau
 tel 
que 
G.
Damaisio 
! 
La

conscience 
nous 
coule 
entre 
les 
mains 
quand 
nous 
voulons 
l’appréhender
 
nous 
laissant

avec 
l’impression 
d’
un 
déterminisme
 universel.

Nous 
n’arrivons 
pas 
à 
donner 
une 
définition 
claire 
et 
précise 
de 
ce 
qu’est 
la 
vie
!

Selon 
Teilhard, 
à 
côté 
des 
lois 
de 
conservation
 et 

de 
dégradation
 de
 l’énergie, 
il 
nous

faut 
ajouter
 une 
3ème
 loi, 
la 
loi 
de 
l’organisation 
de 
l’énergie 
c’est 
à 
dire 
l’énergie 
de

choix.

Il 
s’agit 
du 
passage 
d’un 
état
 hétérogène, 
improbable 
et 
désordonné 
à 
un 
état 
final

homogène
 et 
probable.

Le 
point 
de 
départ 
de 
l’énergie
 primordiale 
possèderait,
 selon
 lui, 
3 
propriétés
:

‐‐‐‐‐
Un 
dedans 
concentrant
 un
 potentiel
 de 
conscience

‐‐‐‐‐
Un 
potentiel 
d’auto‐détermination,
de 
liberté
 par
 un
 contrôle
 du 
hasard 
qui

augmenterait 
avec 
la
 complexité 
du 
vivant.

‐‐‐‐‐
Une
«

polarisation
»
psychique,
(
les 
charges
 électro‐statiques),
chargée

d’intentions,
provoquant
 ainsi 
une 
affinité, 
une 
attraction
 psychiques
 entre 
particules

élémentaires 
générant 
une 
finalité.

Ces 3
 propriétés 
existeraient ,
à 
l’origine,
à 
l’état
 latent 
formant 
les 
mécanismes
 de 
base

de 
la 
vie 
puis 
se 
développeraient 
pour 
aboutir 
chez 
l’homme
 a un 
ressenti 
éveillé 
de 
notre

conscience 
réfléchie, 
liberté, 
finalité, 
cités
 plus 
haut 
dans 
notre
 tentative
 de

caractérisation
de
la
vie.


Sous 
l’effet 
graduel 
du 
temps, 
les
 particules 
élémentaires 
vont 
rentrer
 en
 relation 
et

donner 
naissance 
au 
mouvement 
dirigé, 
inéluctable 
d’une 
hétérogénéité 
organisée
;
 Ce

terme 
de 
mouvement 
est 
essentiel 
car
 c’est 
lui 
qui 
va 
caractériser,
 qui 
est 
l’essence

même 
du 
phénomène 
vital.


La 
vie 
est 
d’abord 
mouvement, 
mouvement
 organisé, 
mouvement
 ordonné
 et

directionnel, 
basé
 sur 
l’existence 
du 
lien, 
facteur 
premier 
de 
l’apparition 
de 
la 
vie 
!


Il 
ne 
peut 
y 
avoir 
de 
vie
 sans 
lien 
!

Au 
début 
du 
manifesté 
était 
le 
lien 
!

L’Amour 
étant 
la 
forme 
sublimée, 
transcendée
 de 
ce 
lien.

A 
partir
 de 
l’homme, 
dans 
l’évolution, 
la 
loi
 de 
complexité‐centréité‐
conscience
 
a bouti

à 
une 
communication
 de 
conscience 
à 
conscience 
créant
 une 
agrégation 
de 
conscience,

une 
conscience 

universelle
 ,
le
«
noüs
», 

l’esprit 
grec, 
représentant 
l’essence 
hominisée

de
 l’univers,
 la
noosphère 
Teilhardienne..


Il 
nous 
faut 
aujourd’hui, 
dans
 tous
 les
 domaines, 
quitter 
périodiquement 
notre 
attitude

analytique 
systématique 
pour 
retrouver 
notre 
capacité
 de 
synthèse
, 
seule 
capable ,
à

mon 
avis, 
de 
nous
 donner 

les 
solutions
 à
 no s
interrogations 
existentielles
!


Prenons 
l’image 
suivante 
: 
représentons 
nous 
les 
fragments
s éparés
 de 
la 
multiplicité

de 
la 
vie 
sur 
la
 surface 
d’une 
table 
comme 
les
éléments 
d’un 
puzzle. 
Nous 
tentons,
en

saisissant 
chaque 
élément 
dans 
une 
démarche 
analytique 
obsessionnelle,
de 
le

comprendre 
et
 d’imaginer 
sa 
vraie 
place 
dans 
le 
puzzle
 en 
maintenant 
notre 
regard

horizontal 
au 
même
 niveau 
que 
la 
surface.
Exercice
 périlleux
!

Cet 
exercice
 analytique 
est 
nécessaire 
bien 
sûr 
mais 
insuffisant
!


Redressons 
nous 
maintenant 
pour 
avoir 
une 
vision 
supérieure 
donc 
élargie 
de

l’ensemble 
des 
pièces 
du 
puzzle.

Cela 
ne 
nous 
empêche 
pas 
l’analyse 
mais 
cette 
élévation 
au 
sens 
propre 
comme 
au
 sens

figuré 
nous 
donne 
la 
vision 
synthétique
, 
seule 
capable 
de 
nous 
permettre

d’appréhender 
le 
tout
 dans 
son 
unité, 
donc 
la 
possibilité 
d’une 
compréhension

holistique 
et 
de 
la 
saisie
 possible 
d’une 
finalité
!





A­PH
LOUBAT

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 29 Mars 2009 à 13:03 | Commentaires (0)

Travaux des membres

A propos de l’ « Analyse de la vie », une réflexion sur les sciences de la nature et les sciences humaines.

Dans son introduction au chapitre VI de l’ « Activation de l’Energie, Teilhard fait part de son étonnement de voir la vie à la jonction de deux approches apparemment irréconciliables. Intuitivement nous attribuons à la vie « conscience, liberté, finalité » ; mais vue à travers le microscope, la vie n’est plus « qu’une pyramide de hasards associés et de mécanismes entrelacés, sans fissure apparente où loger l’action consciente… » (p. 137) Comment concilier la perception fonctionnante de la vie et la mise en pièces de ce même tout, par le scalpel d’un mécanisme analytique ?
Nous savons comment Teilhard s’en sort : « … il s’agit d’établir entre les deux termes opposés une relation structurelle vraisemblable expliquant comment de l’un à l’autre, on peut s’élever par synthèse et réciproquement descendre par analyse… » (p 138).

Ces quelques approches, pour faire bref, éclairent la question de la relation entre les sciences de la nature, dites exactes, et les sciences humaines, incapables d’un statut mathématisable, taxées souvent de tautologiques, idéologiques, apriori, etc.
Ce divorce est clairement théorisé par Kant, sous l’influence de la Physique de Newton, mais commence bien avant et précisément avec Descartes et sa lecture dualiste de l’homme. Pour Descartes, l’homme est un esprit attaché, par la « glande pinéale » qu’il localisait dans la nuque, à une mécanique qui est son corps. Priorité est donc donnée à la pensée « je pense donc je suis » qui a absorbé tout le « dedans », toute la conscience et la liberté. Le corps comme parangon de la matière environnante n’est que nombre et étendue, donc parfaitement saisissable et formalisable par la géométrie et les mathématiques. Il est simple matériau à la disposition de l’homme, simple utilitaire ! Comme l’esprit n’entretient qu’une relation accidentelle avec le monde, l’esprit ne connaît que le concept qu’il produit lui-même, les « idées claires et précises » il ne connaît donc pas le monde et d’ici naît tout le problème de la connaissance qui occupera les penseurs occidentaux pendant des siècles. Avec Newton, les mathématiques vont s’imposera comme l’idéal de la science : « le monde est écrit en langage mathématique… » et pour faire bref, disons que le modèle mathématique va désormais hanter les sciences humaines et la philosophie : comment doter les sciences humaines de la clarté et de la nécessité même des mathématiques ?
A la racine de la rupture entre sciences humaines et sciences de la nature nous trouvons la lecture dualiste de l’homme, une sorte de postulat de l’irréconciliabilité de l’Esprit et de la Matière. L’univers matériel est dépossédé de toute intériorité, de toute initiative pour n’être plus que la chose mesurable et pondérable et l’infiniment divisible. « Jusqu’ici ce grain élémentaire a toujours été regardé comme privé à la fois de tout vestige de conscience et de toute trace de liberté » (p.139)
C’est précisément là contre que réagit Teilhard lorsqu’il postule de le doter d’un « dedans »… d’une proportion d’autodétermination et d’une propension à s’intégrer (cf. p.140)
Disons que Teilhard renoue ainsi avec la grande tradition aristotélicienne qui définissait la nature (phusis) comme « principe de mouvement et de repos de la réalité à qui elle donne consistance.» L’univers non-humain n’est pas la mécanique inerte de Descartes, mais un système de dynamismes agencés. J’aime beaucoup ce que dit Teilhard du « jeu de hasard brassant les grains d’énergie… et d’aventure deux corpuscules d’affinités convenables viennent à se frôler… (p.140) et ainsi naissent des structures plus complexes. Quant à l’humain, il n’est pas pur esprit, à la manière de Descartes, mais une forme dynamique qui est puissance d’organisation que Teilhard traduit très bien dans les termes de Complexité-Conscience. Et la connaissance ce ne sont pas les « idées claires et précises » qui au départ sont postulées comme innées, mais elle résulte de l’intelligibilité inscrite au cœur du monde objectif, hors de moi et indépendant de moi qui sera extraite dans le processus de l’acte de compréhension. Parce que l’homme est un « objet de la nature », il peut la connaître. Le problème de réconcilier l’idéalisme et la réalité n’existe donc plus, ce qui est une énorme conquête. Il convient ici de noter le célèbre aphorisme des scolastiques « rien n’est dans l’intelligence qui n’ait d’abord été dans les sens. » La perception matérielle est donc à la base de la connaissance. La cosmologie est la mère de la métaphysique. Et c’est me semble-t-il la démarche de Teilhard.
La pensée dans la tradition ancienne, vise l’intelligible : elle vise à capter la forme, le « dedans » des choses. Elle ne cherche pas à conquérir, à transformer, mais à comprendre, à entrer en relation. C’est dans ce processus que naît la vérité en tant que mariage entre le connaissant et le connu. Les anciens disaient que « le connaissant en acte de connaître EST le connu en tant que connu. » Cet aphorisme est en quelque sorte un commentaire de l’étymologie du mot ‘connaître’ qui veut dire « naître avec.» Telle est la culture : devenir en quelque sorte toute chose et surmonter ainsi la multiplicité et l’aliénation.
Aujourd’hui, cette approche n’intéresse plus guère. Parler de vérité hérisse nos contemporains qui refusent un langage perçu comme arrogant et dominateur en comparaison au consensus social d’une période donnée. Actuellement, une pensée psychologisante axée sur l’épanouissement de l’individu et l’interdit d’interdire convient très bien à tout le monde. Notons que ce consensus social diffère de génération en génération ; le nouveau consensus n’étant le plus souvent que l’antithèse du consensus précédent dont on s’est fatigué. C’est ainsi qu’à des périodes laxistes succèdent des périodes rigoristes, qu’à des périodes collectivisantes succèdent des périodes individualisantes… on est dans les modes, la pensée prête à porter et cela convient très bien à tout le monde. De plus le savoir est devenu un savoir faire, la formation consiste à acquérir des compétences - des ‘habiletés’ comme disent les anglo-saxons - et à maîtriser des techniques ; le monde est toujours et encore le matériau du « seigneur » humain, le dualisme cartésien est bien vivant. Le problème avec tout cela c’est qu’il n’y a pas de communication, nous ne sortons plus de notre bulle, l’épanouissement de soi est une œuvre narcissique qui nous amène à nous noyer dans notre propre image.


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 28 Mars 2009 à 18:10 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Sujet difficile parce qu’il fait appel à la compréhension de la Vie ; sujet osé parce que la vie est état et aussi sujet unique parce que la Vie est finalité.

De la matière primordiale à l’homme que de changements se sont produits. Il y a eu des arrangements dus aux états de matières présentées que l’on pourrait appeler hasards, des opportunités obligées parce que uniques dans leur possible devenir, ou des conclusions évidentes fins logiques d’un processus dans sa normalité. Toutes ces situations dans l’espace et le temps sont les bases dynamiques de l’Evolution.
Matière et Vie sont présentes, ne peuvent être dissociées ; le père nous en fait une démonstration magistrale ; plutôt que d’opposer les partisans de la matière « brute » aux fixistes créationnistes, il fait avancer l’ensemble en une relation montante de nouveaux devenirs ; les deux sont là dans toute leur grandeur et leur simplicité ;
Leur grandeur : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »(Matt.26,42) était-il murmuré il y a quelque deux milles ans devant la vision du chemin à parcourir, et après lui combien de médecins des âmes ne peuvent pas rire devant la réalité mais qui pour rien au monde ne veulent abandonner même si parfois ils sont découragés…
Leur simplicité : étonnement et sourire de l’enfant de quelques mois, héritier à la suite de tant d’humains, parmi et à leur suite.

La Vie-Matière, trésor de complexes nouveaux et toujours plus aboutis, est donc pleine de diversités, avec ses composantes actuelles ses acquits du passé ; mouvement constant, toujours plus de matière amorisée.

A la fin de notre chapitre « l’analyse de la Vie » quelques écrits encore, m’ont parus importants.
Il y est dit page 144 : « Au cours d’une phase ultérieure, c’est à dire à partir de l’homme, les noyaux psychiques se trouvent assez centrés pour pouvoir rentrer en contact et communication directe, c’est à dire de conscience à conscience, une nouvelle sphère de complexité et une nouvelle forme d’énergie font leur entrée dans la nature :
1) la sphère des arrangements et associations syn- psychiques (groupements d’âmes)
2) et pour gouverner ce réseau immanent d’opérations « inter-centriques »,l’énergie spirituelle c’est à dire énergie de sympathie et d’attrait… ,avec intensification croissante jusqu’à organisation totale de la fraction « centrifiée » du Monde dans l’unité du foyer Oméga… »

Par ces dernières conclusions on ne peut qu’admettre la nature riche et unique de l’être humain et aussi sa très réelle et constante responsabilité. Il devient hors de propos de parler de Dieu ou du Tout Puissant; tous ces rougeoiements, toujours plus intenses et à chaque instant de l’homme, ne peuvent que me dire tout le dérisoir du moi et en même temps son originalité et sa « déicité ».Oméga est présent là ou le vide est réalisé.
Maître Eckart l’a vécu, Jean de la Croix également, et combien d’autres
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 28 Mars 2009 à 13:22 | Commentaires (0)

Travaux des membres


Je commencerai mon commentaire en saisissant au bon l'une des première phrases du chapitre soumis ce soir à notre analyse :

"Saisir un arc-en-ciel entre les doigts",
est-ce impossible ?, oui sans doute, mais peindre un arc-en-ciel, le reproduire sur une toile non pas comme le ferait un photographe en respectant exactement les proportions et les couleurs, mais le peindre avec son cœur au bout du pinceau, le peindre avec ses sentiments, donner à voir à travers un tableau non pas l'image du ciel traversé les couleurs réelles de l'arc-en-ciel (dont le nombre varie d'ailleurs de sept à neuf selon les cultures), mais transcrire sur la toile son ressenti, son état d'âme au moment T, n'est-ce pas ça la vie ?

D'ailleurs, PTC m'a précédée dans cette constatation, il suggère quelques lignes plus loin : "regardée à un fort grossissement, la plus belle peinture se résout en taches confuses", pourquoi ? parce qu'elle n'a pas été faite pour être regardée ainsi, elle a été créée pour être sentie, ressentie. Une peinture transmet une émotion d'un auteur à son public. Et sans la vie qu'est-ce qui va se transmettre ?

Ce que PTC défini comme étant les trois propriétés du grain élémentaire peut se transposer dans l'individu humain :
1/ - un "dedans" (ou immanence) rudimentaire
représente l'enveloppe charnelle qu'est le corps humain
2/ - un rayon et un angle (aussi limités qu'on voudra) de self détermination
se retrouve dans notre capacité de survie instinctive limitée tout de même dans le temps, au moins.
3/ - une polarisation psychique, l'inclinant fondamentalement à s'associer avec d'autres corpuscules de manière à former, avec ceux-ci, des unités de plus en plus complexes …….
Est la nécessité de vivre plus ou moins en communauté ne serait-ce qu'à cause de notre spécialisation qui nous rend de plus en plus dépendant de l'autre par carence d'autosuffisance.

"le jeu du Hasard brassant les grains d'énergie se poursuit sans altération aucune, mais que deux corpuscules d'affinités psychiques convenables viennent à se frôler à l'intérieur (et dans l'angle) de leur "rayon de choix": alors ils s'accrocheront sélectivement." Que faisons nous en nous mariant ? ne restons nous pas dans le "rayon de choix" de notre pays, de notre continent ou même seulement de notre race humaine ? ne choisissons nous pas notre partenaire en fonction d'affinités psychiques convenables ? n'est-ce pas la vie ça ?
"toute vie, toute pensée, n'est que le hasard saisi et organisé" : pourquoi vous êtes vous mariés avec x ? vous l'avez choisi(e) ? mais il (elle) n'a pu faire l'objet de votre choix que parce qu'il (elle) se trouvait là au moment où vous aviez envie d'un(e) partenaire ………
Mais, avec ces considérations bassement humaines, je fait redescendre notre prophète à la base de la vie. Alors que tout nous montre que l'évolution n'est pas descendante mais montante.
Les rencontres sont maintenant internationales, les mariages mixtes, alors le "rayon de choix" s'est élargi et nous avons un plus large éventail, nous affinons nos critères de choix en matière d'affinité, nous subissons de moins en moins, nous devenons de plus en plus libre, libres d'être UN, libres d'être OMEGA, que, dans le langage des oiseaux je décomposerai en "homme égal" c'est à dire UN.

Alors, usons, abusons du temps que l'industrialisation nous a permit de gagner chaque jour sur la montre, du temps que nous offre l'évolution technologique en nous libérant des travaux difficiles, en nous rapprochant des lieux éloignés, profitons de tout cela pour devenir des hommes libres, des êtres uniques, pour que chaque unité soit le chaînon essentiel sans lequel tout s'écroule, le chaînon de l'Humanité devenue grâce à la vie, grâce aux vies, L'Universel.

Teilhard nous a montré le chemin, le suivre serait faire fausse route, c'était son chemin, à chacun de nous de faire le nôtre. Cependant la leçon qu'il nous donne en nous faisant prendre conscience que toutes sciences confondues nous ne sommes toujours pas capables de guérir toutes les maladies ni de donner à chaque être humain la même part de richesse démontre s'il en était besoin que la vie est autrement plus compliquée qu'un simple assemblage de molécules répondant à un plan défini. Sinon, la page serait déjà tournée. La vie, c'est le ton de ma voix qui ne fait pas que lire ce papier parce qu'elle mets un peu de mon âme dans la lecture, la vie c'est que ce texte que j'ai écris il y a quelques jours n'est plus déjà d'actualité pour moi parce qu'entre-temps j'ai changé, par les rencontres que j'ai faites, par ce que j'ai entendu, par ce que j'ai vu, parce que j'ai vécu.



Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 28 Mars 2009 à 13:21 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Réunion du 27/03/09
L’ACTIVATION DE L’ENERGIE, chapitre 6
Ou chapitre 5 du MANUEL D’ETUDE, tome II


Pour entrer dans ce chapitre très dense nous avons l’embarras du choix quant aux accès possibles et j’ai opté pour l’approche suivante. Je cite Teilhard :
« Regardée à un trop fort grossissement, la plus belle peinture se résout en taches confuses, la courbe la plus pure en traits divergents, le phénomène le plus régulier en agitation désordonnée, le mouvement le plus continu en saccades (… )

Cela signifie que pour comprendre la vie il faut prendre du recul afin de considérer simultanément plusieurs repères, les relier entre eux, traçant ainsi une courbe qui met en évidence une évolution dynamique.

Je prends une autre idée de Teilhard que je cite :
« Pour résoudre l’antinomie matière/vie, il ne s’agit que d’établir entre les deux termes une relation structurelle vraisemblable de l’un à l’autre, s’élever par synthèse et descendre par analyse. »

" Descendre par analyse »
Plus on recherche des indices vers la source d’un phénomène, plus les traces se raréfient. Il en est ainsi de l’apparition de l’Homme. Il a été trouvé sur divers points de la terre quelques squelettes ou des fragments de squelettes présentant des différences d’âges de plusieurs dizaines, centaines, voire millions d’années. A partir de ces éléments, il a fallu analyser et trouver la relation possible entre ces différents restes humains… on arrive ainsi à la limite de la méthode scientifique. Pour aller plus loin dans la cognition du phénomène humain il devient nécessaire de raisonner par intuition afin d’établir une synthèse car il n’y a plus d’expérimentation possible. On ne peut que tracer une courbe qui montre un sens, une élévation de conscience.
Mais lorsqu’on découvre enfin des restes humains dont l’environnement et les positions témoignent sans contestation possible de l’existence d’un rite funéraire, on peut alors conclure avec certitude qu’on est bien devant l’apparition de la conscience et donc de l’Homme au sens plein du terme.

La même méthode peut être utilisée pour situer et comprendre ce que fut l’apparition de la vie. Par exemple, en consultant la table de Mendeleïev des 103 éléments chimiques, on s’aperçoit que pour aller de l’atome à la molécule, la différence de complexité entre les deux atteint un facteur de un à mille, voire davantage. Maintenant, si on prolonge la courbe de complexité pour aller de la molécule à la cellule vivante, on observe le même facteur différentiel ; et ainsi de suite, entre l’être monocellulaire et le cerveau humain. Dès lors, il est possible de conclure que le lien entre complexité et conscience est incontestable. Méthode empirique diront les scientifiques biologistes. Peut-être, mais ce n’est pas la première fois que, faute de preuve directe, les scientifiques établissent une corrélation entre la cause et ses effets.


"S’élever par synthèse"
Regardons maintenant vers le haut, comme le suggère Teilhard, et progressons en utilisant la voie de la synthèse. Une fois encore je vais le citer :
« Rien de plus évident que l’existence du fait de la vie dans le monde autour de nous. Et cependant, rien de plus élusif, de plus insaisissable que cette même vie, dès qu’on essaie de la traiter par la méthode générale de la science ».
Je reviendrai sur ce point à la fin de mon travail.

Le génie de Teilhard est d’avoir eu l’intuition de son célèbre « principe d’émergence » : « Rien ne saurait paraître, tout au long de l’évolution, qui ne soit déjà obscurément présent depuis le début de cette évolution de la matière ».
Il s’agit là, bien entendu, du « dedans des choses » sans lequel il n’y aurait pas eu d’évolution de la matière. Il s’agit de cette « information » qui la pousse à se complexifier jusqu’à atteindre un niveau suffisant d’arrangements pour atteindre « le pas de la réflexion ».

Et l’Homme dans tout cela, serait-il déterminé, lui aussi, vers des états de plus en plus improbables ? Peut-être, mais pour en arriver là il doit surtout s’aider lui-même à évoluer et pour atteindre un niveau de conscience supérieur à celui qui était le sien au début de sa propre vie.
Imaginons : quant il vient au monde un être humain est placé au pied d’une pyramide de probabilités. Soit une pyramide construite avec des cubes blancs et des cubes noirs empilés alternativement les uns contre les autres, couche par couche jusqu’au pyramidon sommital. Placé au pied de cet édifice, l’Homme ne distingue que la couche des probabilités (cubes noirs et cubes blancs) placés immédiatement autour et au-dessous de lui. Il ne distingue pas les couches suivantes de l’édifice pyramidal dont il ne soupçonne pas l’existence. Il ne sait pas où il est, sauf s’il réfléchit.

Si l’Homme ne réfléchit pas, il n’aura aucune perspective s’offrant à lui et il progressera à l’aveuglette, de couche en couche, choisissant au hasard l’option noire ou l’option blanche la plus proche de lui. Il n’anticipera pas, ou peu. Ainsi, sans boussole, il va certainement sortir de la pyramide par l’un de ses flancs, mais la probabilité qu’il sorte par le sommet est quasiment nulle, sauf … oui, sauf s’il a l’intuition qu’il est dans une pyramide et qu’il y a un sommet à atteindre. Grâce au facteur intuitif, il raisonne, il a une foi, une espérance en l’accomplissement de lui-même et de l’humanité.

En marge de ce travail, comme je l’ai annoncé précédemment, je ferai la remarque suivante : j’ai l’impression que les biologistes modernes, dans leurs recherches sur les origines de la vie, ne mentionnent jamais le principe de complexité/centréité en tant qu’outil parallèle (mais néanmoins indissociable) de marquage pour observer l’évolution de la matière en direction de la vie. Serait-ce dû au fait que le principe de complexité/centréité implique obligatoirement celui de centréité/conscience ? Serait-ce un moyen d’esquiver le principe de « dedans des choses » conférant ainsi au hasard une force organisatrice qu’il n’a pas ?.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 23 Mars 2009 à 15:43 | Commentaires (0)

Travaux des membres

… En amont des frontières de la recherche scientifique l’analyse de la vie est un sujet aventureux.

-Les investigations high tech permettent aujourd’hui de faire des manipulations génétiques extraordinaires, par exemple, sans toutefois remonter outre le stade de la manipulation des pièces de « lego » préexistantes. Petit à petit les mécanismes sont observés et compris, des schémas sont découverts et reproduits… mais quid de l’origine des pièces du jeu de la vie ?

-L’homme produit de l’intelligence artificielle, mais ses réalisations n’ont pas de « vie » ; cette « énergie primordiale » dont parle TDC et qui se caractérise par
-Un « dedans » ou immanence (fut-elle rudimentaire),
-Un potentiel de self détermination
-une polarisation psychique l’inclinant à s’associer avec d’autres

Si l’expérience de la vie est évidente pour tout un chacun, son essence est carrément élusive "Autant chercher à saisir un arc-en-ciel entre ses doigts » selon une expression de l’auteur.
Par contre, ce que j’ai particulièrement retenu à travers les mots de Teilhard c’est un état d’être où vie biologique et vie spirituelle sont associées et interactives.

QUELQUES TEXTES

j’ai conscience que les citations que je vais faire ne sont ni plus pénétrables ni moins contestables que la thèse de Teilhard sur l’analyse de la vie mais, pour explorer, il faut bien aussi se risquer.
On ne doute pas que Teilhard, de par sa culture, ait été imprégné de ces Textes, tant et si bien que, dans ce chapitre, je les entends comme leur résonance raisonnable car transposés et reformulés ; Surtout lorsqu’il parle
- D’une Energie spirituelle primordiale (souffle du Créateur «dans les narines d’Adam" /cosmogonie biblique)
-Des effets de communication de conscience à conscience » (présence d’Omega)
-Des controverses entre créationnistes et évolutionnistes (renvoi à la Genèse/création du monde)
-De terme de l’évolution, lorsque l’essence hominisée de l’univers se détache de l’appareil des énergies physiques (Référence à la Parousie, à l’apocalypse, à la Nouvelle Jerusalem)

1) "Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie." (Jean XIV/6)

2)-LAZARE LEVE-TOI ET MARCHE ! (Jean, XI/43)
… et Lazare est re-né

3)-Rencontre de Jésus et de Nicodème Jean,III/ 1-21
Il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs,
qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui.
Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu.
Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ?
Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est Esprit.
Ne t'étonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau.

4) Prologue de Jean :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par Lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans Lui.
En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.
Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.
Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.

AUTREMENT DIT :
Le Facteur Omega est enceint dans la matière, Il « habite parmi nous »… Il est Celui qui est, donnant le pouvoir à l’Homme d’être re-né, recréé en énergie spirituelle, de même nature qu’Omega …forcément, si non il n’y aurait pas attraction.

Comme tout mythe, celui de la Création (narré et rythmé dans la Genèse), est une information capitale, mais elle est à situer hors d’un temps et d’un espace accessibles (instant zéro avant le big bang ?). Non seulement le mythe n’en perdra pas son sens abstrait, mais sa crédibilité en sera renforcée face au monde moderne ; lui qui possède d’autres clefs de lecture que celles de nos anciens pour décoder le texte biblique fondateur.

L’heure n’est donc plus aux arguties entre

-le « fixiste créationniste qui nie l’évolution de la vie » alors qu’à l'échelle individuelle, au moins, chacun peut observer qu’il a soit évolué soit involué mais n’est pas resté immobile

-et » l’évolutionniste matérialiste » qui réduit le monde à un système de « mécanismes élémentaires » dépourvus de conscience, de liberté, d’alliances par affinités dues au processus d’ « amorisation de l’univers » envisagé par Teilhard.

Teilhard rectifie ces deux « Illusions analytiques » par une synthèse qui les conjugue au lieu de les opposer. Ainsi,
-le mythe de la création s’actualise progressivement dans nos réalités quotidiennes (Evolution)
-Il est contenu, en puissance, dans les informations portées par la matière primordiale (Création).

Ce qui n’exclut ni la gravité du libre choix de l’Homme quant à sa possible réintégration dans un plan dit « édénique », ni le rôle rédempteur (correctif ) du Christ historique ET transhistorique (Omega). "Je ne suis pas venu pour abolir l’ancienne loi mais pour la COMPLETER »
.Nous sommes passés à la Loi d’Amour. Certains préfèrent le terme « fraternité » mais c’est la même chose dans la mesure où l’on se reconnaît « frères » par rapport à une même filiation.

L’acte créateur est donc encore et toujours L'ENJEU des avatars de la vie de chaque Homme…
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 9 Mars 2009 à 06:49 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Henri GUYOT / CENTROLOGIE

Lundi 2 Mars 2009

C’est une notion difficile, car elle ne repose que sur des hypothèses et non pas sur des lois scientifiques vérifiables et vérifiées. Elle n’en est pas moins très probable et séduisante.
Quelles pourraient être les idées qui permettraient de la consolider?
Dans les sciences conjoncturelles: en philosophie il faudrait lire, nous dit-on, Aristote, Spinoza, Leibniz, Hegel, Spencer. C’est le domaine toujours des hypothèses et rien d’autre. Il n’est certainement pas à négliger, mais ne donne pas de sécurités complètes. Ce domaine n’est essentiel que parce qu’il est comme l’intuition précédant la loi.
Dans les sciences exactes:
L’atome lui-même avec son noyau et ses électrons en est une image vraiment précise. D’autant que les possibilités multiples que lui confèrent ses valences chimiques potentielles lui donne de nombreuses occasions de s’organiser soit en chimie des corps simples, soit en chimie organique, soit encore en cristallographie. Les atomes s’assemblent enfin en longues chaînes de protéines élaborant la pré-vie et la vie.
Cela permet à Teilhard de dresser le tableau que nous connaissons:
1 — Biosphère
2 — Réflexion et hominisation
3 — Coréflexion
4— Point oméga.
C’est dans la quatrième étape, montée vers le point oméga, que l’on comprend mieux la notion de “centration”.
Mais d’abord il faudrait bien que l’on reconnaisse que cette idée de point oméga n’est pas très claire. Peut-être même n’est-elle pas très claire pour Teilhard lui-même. On ne peut pas le lui reprocher. Il nous la montre comme très probable et très séduisante. Je suis également séduit, mais pas trop par les petits dessins adjoints au texte proposé ce jour qui font, à mon avis, pas très scientifiques et un peu bande dessinée.
Je préférerais que, pour le moment dans l’état de nos connaissances actuelles, nous nous contentions pour conforter l’idée de centration (conforter seulement et non pas affirmer) de lui accoler la notion de Christ universel.
Le Christ universel est pour moi la figuration humaine du but de recherche poursuivi. Il est le personnage humain évolutif dont nous avons besoin pour avancer dans cette voie car sans son humanité fraternelle nous ne serions pas capable de discerner celui que l’on pourrait appeler Dieu et qui est encore imprononçable à contours infra humains.
Certes, on peut essayer d’imaginer ce point ultime: est-il énergie, amorisation, fraternité, notion cosmique partagée, communion de la chair, communion des saints, résurrection, vie éternelle? Je sais que je devine, mais je sais que je ne sais pas. Je sais que j’ai le devoir de chercher.
Peut-être ceux qui sont qui sont capables d’élans mystiques y voient plus clair.
On peut chercher chez Saint-François d’Assise par exemple et entre autres. On peut aussi demander à Teilhard. Voir à ce sujet page 49 Le milieu divin, citation ci-après:
c. .Nous pouvons maintenant rapprocher l’une
de 1 ‘autre la majeure et la mineure de notre
syllogisme, pour en saisir le lien et la conclusion.
S’il est vrai, de par notre Credo, que les âmes
passent si étroitement dans le Christ et en Dieu,
- s’il est vrai, de par les constatations les plus générales de l’analyse psychologique que le sensible
passe si vitalement dans les zones les plus spirituelles de nos âmes, - force nous est de reconnaître que
tout ne fait qu ‘un dans le processus qui, du haut en bas, agite et dirige les éléments de l’Univers. Et nous commençons à voir plus distinctement se lever, sur notre Monde intérieur, le grand
soleil du Christ-Roi, du Christ « amictus Mundo », du Christ Universel. De proche en proche, de relais en relais, tout finit par se raccorder au Centre
suprême « in quo omiia constant ». Les effluves émanés de ce Centre n’agissent pas seulement
dans les zones supérieures du monde, là où s’exercent les activités humaines sous une forme distinctement surnaturelle et méritoire. Pour sauver et constituer ces énergies sublimes, la puissance du Verbe incarné s’irradie jusque dans la Matière; elle descend jusqu’au fond le plus obscur des puissances inférieures. Et l’Incarnation ne sera achevée que lorsque la part de substance élue que renferme
49
tout objet, - spiritualisée une première fois dans nos âmes, et une seconde fois avec nos âmes en Jésus, - aura rejoint le Centre définitif de sa complétion. «Quid est quod ascendit, nisi quod prius descendit, ut repleret omnia. »
Par notre collaboration qu’il suscite, le Christ se consomme, atteint sa plénitude, à partir de toute créature. C’est saint Paul qui nous le dit. Nous nous imaginions peut-être que la Création est depuis longtemps finie. Erreur, elle se poursuit de plus belle, et dans les zones les plus élevées du Monde. « Omnis creatura adhuc ingemiscit et parturit. » Et c’est à l’achever que nous servons, même par le travail le plus humble de nos mains. Tels sont, en définitive, le sens et le prix de nos actes. En vertu de 1’ interliaison MatièreAme-Christ, quoi que nous fassions, nous ramenons à Dieu une parcelle de l’être qu’il désire. Par chacune de nos oeuvres, nous travaillons, atomiquement mais réellement, à construire le Plérôme, c’est-à-dire à apporter au Christ un peu d’achèvement.
50 (fin de citation)
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 2 Mars 2009 à 11:47 | Commentaires (0)

Travaux des membres

-Ce chapitre est tellement riche et complexe que le lecteur profane, sans formation scientifique ni philosophique particulière se trouve submergé. Cependant, au fil des pages, certaines notions nous font réagir plus particulièrement. Par exemple : "Le progrès est lié à un accroissement de l'union" et Teilhard précise : "L'union vraie crée".
Il est évident que l'isolement voulu, sorte de macération stérile unipersonnelle, ne peur qu'être négatif. Il y a union entre le professeur et ses élèves; le professeur est le maître d'oeuvre de l'accroissement intellectuel de ses élèves, et peut-être même spirituel, tant peut être grande et parfois insoupçonnée l'influence du maître. De cette rencontre maître-élève les deux parties sortent enrichies.

-Teilhard a ensuite cette formule qui peut paraître paradoxale à la première lecture : "L'union différencie".
Si nous l'appliquons aux groupements humains, nous voyons bien que le fait de se mesurer, de se frotter à autrui ne peut que nous enrichir, sur tous les plans, nous faire "PLUS" et donc renforcer ce qui nous différencie d'autrui, non dans un esprit de compétition, mais dans le désir de s'augmenter.
Nous mastiquons et digérons ce qui vient de l'extérieur, nous l'amalgamons à ce que nous sommes déjà, notre terreau intérieur s'est nourri.

"L' absolument étranger seul peut nous instruire" dit Levinas; rencontrons des individus, des sociétés très différentes de nous, fuyons comme la peste la pensée unique, et notre personnalité s'accroîtra... évidemment s'il s'agit d'une "UNION VRAIE", la seule qui soit créatrice d'un nouvel état, et s'il s'agit d'une VRAIE rencontre, en profondeur.

-Une autre réflexion de Teilhard nous alerte : "Le coefficient de conscience est la véritable mesure absolue de l'être dans les êtres qui nous entourent".

Là encore, si nous appliquons cette définition aux êtres qui nous entourent, force est de constater que certains semblent avoir développé un certain poids de conscience, d'autres pas.
Si l'on parle de "mesurer l'être" c'est bien évidemment à cette "conscience-étalon" qu'il faudra se référer : la valeur de l'individu n'est pas -ou ne devrait pas être- dans le paraître, dans l'avoir, mais dans l'être. Il ne semble pas que la société actuelle (dans son ensemble) ait bien pris conscience, et c'est le cas de le dire, de cette différence essentielle.

Mais on peut espérer que, grâce à la réunion, à l'agglutination de plus en plus étendue d'individus conscients, le niveau de conscience de l'humanité atteindra jun n iv eau de plus en plus élevé. L'humanité peut ainsi se transformer tout en restant une humanité, mais avec un changement de qualité; de la même manière que l'eau qui bout se transforme en vapeur tout en restant, par nature, eau. Ce sera alors une sur-humanité, le point Omega sera en vue.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 2 Mars 2009 à 10:27 | Commentaires (0)