teilhard de Chardin


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Dès ma première relecture de ce chapitre, j'ai pensé à Simone Weil.
Je sais que l'association Teilhard de Chardin lui a consacré un colloque en mars 1982 et je vais d'ailleurs tenter de m'en procurer les actes parce que le pessimisme de Simone Weil m'a toujours interpelée face à l'optimiste de Teilhard.
Quant on lit sous la plume de Simone Weil : "On pense aujourd'hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l'actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes" ou " Plus le niveau de la technique est élevé, plus les avantages que peuvent apporter des progrès nouveaux diminuent par rapport aux inconvénients" on est tenté de citer en parallèle : " …. "Le progrès de l'industrie n'est pas accidentel, mais constitue un événement susceptible d'entraîner les plus grandes conséquences spirituelles", écrit, là par le père Teilhard.
Je citerai encore un extrait du chapitre objet de l'étude d'aujourd'hui : "je pense au phénomène du chômage qui inquiète tellement les économistes, mais qui, pour un biologiste, est la chose la plus naturelle au monde : il annonce le dégagement de l'énergie spirituelle; deux bras libérés, c'est un cerveau libéré pour la pensée …."
Voilà un beau pavé dans la mare !

Nous avons à Lyon deux collines, baptisées : celle qui prie (Fourvière) et celle qui travaille (Croix-Rousse) ! et l'homme a creusé deux tunnels, au travers de ces deux collines, l'un pour que les parisiens rejoignent plus vite la Méditerranée, sous la colline qui prie, l'autre peut-être pour que les habitants des Mont d'or arrivent plus rapidement à l'île Barbe, sous la colline qui travaille !
Mais l'antagonisme continue, que font les parisiens le huit décembre depuis quelques années, ils viennent à Lyon voir les illuminations qui sont devenues une source de revenus importante pour les commerçants. Les illuminations ne sont pas le résultat du travail des soyeux, (ceux de la colline qui travaillent), elles sont la suite de la commémoration d'un fait religieux (la colline qui prie).
Pour expliquer cela, je vais emprunter encore à Teilhard l'image de l'ellipse. On sait que la Lune tourne autour de la terre selon un parcours elliptique dont la terre est un des foyers. Quant la Lune se rapproche de la terre, sa vitesse s'accélère, parce que la force d'attraction de la terre s'amplifie, lorsqu'elle s'en éloigne, sa vitesse décroît, comme si elle voulait échapper à la terre. Mais elle n'échappe pas ! elle revient, elle reforme la boucle !
Et c'est la colline qui prie qui fait venir (entre autres) les parisiens dans notre bonne ville de Lyon pour générer du commerce. Alors que le tunnel avait été fait pour leur éviter la traversée de la ville.
La spiritualité détournée se transforme en commerce.

Je voie là l'instinct de survie naturel d'une communauté. Certains sont peut-être offensés, faire commerce avec la Sainte Vierge ! moi, cela ne m'offusque pas !
C'est la loi de l'ellipse, on boucle la boucle.

Si le paysan est libéré du travail au champ, il aura du temps pour se connecter à Internet et étudier les méthodes de culture employées aux antipodes.
Mais il reviendra au champ pour les appliquer, enrichi du savoir de ses homologues chinois.
Ensuite son voisin regardera pousser ces nouvelles plantations et fera de même, la population locale s'habituera à cette nouvelle nourriture, elle contractera les maladies qui en sont la conséquence directe éventuellement et devra se référer à la médecine appropriée.
Donc, la médecine locale évoluera, elle s'enrichira. Un plus grand nombre de chercheurs se pencheront sur la question et on gagnera du terrain sur la maladie.
Tout ça parce qu'un paysan s'est connecté sur Internet un jour où les progrès techniques lui en avaient laissé le temps.
Il avait quitté la colline qui travaille pour aller sur celle qui prie, non, pardon, celle qui surfe ! (sur Internet).
Mais, comme la Lune, il est revenu au point de départ, le jour où la Lune s'échappera de son orbite autour de la terre, ça se saura, on en parlera d'ailleurs sur Internet ….
Efin pas sûr qu'on ait le temps !

Je suis une femme, et une mère, alors, comme je l'ai fait lorsque mes enfants ont choisi de voler de leurs propres ailes, je leur ai fait confiance. J'ai arrêté de les suivre de peur de les voir traverser en dehors des clous.

Faisons aussi confiance à l'humanité, vive la technologie, vive le chômage, demain toute la commune de Brignais sera assise autour de cette table pour étudier Teilhard, personne n'aura autre chose à faire, la spiritualité sera la motivation qui nous fait lever le matin.

Puisque, comme le l'ai démontré tout à l'heure, ça ne sert à rien de creuser les montagnes pour faciliter le trajet des touristes, la Sainte Vierge les ramène à Lyon pour sa fête, chaque année un peu plus nombreux.







Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 31 Mai 2009 à 11:29 | Commentaires (0)

C’est dans les années immédiates d’après la deuxième guerre mondiale que le père Teilhard de Chardin donne une conférence ; la date mentionnée dans le livre est : 16 janvier 1947 à Paris
Qu’on me pardonne de rappeler cette date mais il me semble important de situer l’espace et le temps.
Donc en ce début d’année, le père va avoir 66 ans. Loin d’être abattu par une santé qui sera dans quelques mois un peu chancelante, il continue son combat ; il sait trop qu’il doit parler, tant d’amis sont derrière lui. Bientôt, pour certaines de ses idées, pour d’autres plus tard, la parole sera reconnue. Il a la confiance de celui qui ne recherche que la vérité et qu’importe !
Oui, que lui importe. Pourtant on lui en a encore fait voir l’année précédente ; il lui est interdit une nouvelle fois de publier le Phénomène Humain dont déjà il a terminé la rédaction en 1940 ; il doit se remettre au travail pour corriger, rectifier, de nombreux amendements sont imposés à son œuvre.(jusqu’à 240 par le père De Lubac nous raconte l’historien Patrice Boudignon ). Il a l’humilité et la patience de celui qui avant tout ne veut que le bien.
Et que dit-il cette fois encore en ce début d’année 1947 qui irrite tant certains doctes théologiens ?
Le problème avec Teilhard c’est que ses idées novatrices, tellement géniales, donnent des réponses nouvelles que de nombreux hommes attendent. Il rallume les lampes qui risquaient de s’éteindre et met qu’on le veuille ou non « un coup de pied dans la fourmilière »
Patrice Boudignon nous relate encore sur cette période : René d’Ouince, le supérieure direct du père Teilhard raconte l’émotion soulevée à Rome par sa notoriété croissante :
Teilhard est devenu subitement, non seulement une personnalité parisienne, mais une sorte de vedette dans le monde intellectuel et spécialement dans les milieux étudiants. … et encore,… si vous voulez salle comble, au risque d’y voir casser quelques chaises, il suffit d’inviter Jean-Paul Sartre ou le père Teilhard. Du coup, les inédits, comme par enchantements prolifèrent…Teilhard est de nouveau dénoncé à Rome ; il reçoit de son supérieur général, au début de 1947, ..l’ordre de mettre fin à cette circulation de textes qui n’ont pas été soumis à la censure officielle…etc.
J’ai regardé et voulu dire la tension qui régnait en ce temps là autour de Teilhard ; et cela n’était pas sans raison ; En effet, il nous parle de techniques qui ont un rôle biologique. Importance est faite aux sciences au risque, pensent certains, de « faire de l’ombre » à la philosophie théologique devenue parfois despotique, rigide, frileuse dans son immobilisme ; pendant ce temps les sciences dont les schèmes sont en constant changement et évolution demandent des débats et des réponses ; revenir à la loi première, évidente, complexité et conscience.
Le changement fait peur car il est incertitude et il est confortable parfois de vivre par le dogme. Pourtant , qu’on le veuille ou pas, tout change et constamment ;Quelques exemples ? En physique, Pierre et Marie Curie au début du siècle dernier, aujourd’hui le nucléaire, demain combien d’autres énergies seront dans la vie des hommes.
Les technologies industrielles, de la vie, de l’information, toujours plus affinées, espaces et groupes identitaires qui se construisent, s’arrangent et s’affirment ; et que dire des moyens d’expression et d’information en évolutions exponentielles.
Dans les sciences humaines, la psychanalyse, la psychologie analytique sont souvent peu ou mal connues en 1947 ; C.G. Jung a 73 ans et ce n’est que 10 ans plus tard qu’il acceptera de parler de lui ; de raconter son autobiographie .Aujourd’hui cette nouvelle approche de l’âme permet à l’homme de mieux se connaître. Les aspects cachés se découvrent, les richesses se dévoilent.

Certes, comme nous dit en conclusion le père, « la technique se présente de telle façon qu’elle nous fait accéder à des pouvoir d’un ordre plus grand… »Comment cela ?
A travers toutes les fibres de son être la personne humaine se construit toujours plus finie parce qu’il ne peut en aller autrement. L’homme entièrement responsable de lui même toujours plus riche, est évolution. L’homme religieux (de RELIGERE expérience, parcours religieux ) d’aujourd’hui se construit différemment de celui d’hier parce que son entité est différente car formée entre autres de l’apport des vitalités du passé ancestral, de celles plus récentes ainsi que de celles d’aujourd’hui.

L’homme « prend position sur une religion » me dit Teilhard, peut être compris non comme s’il s’agissait d’une espèce d’hégémonie religieuse établie a priori, mais comme l’aboutissement privilégié parce que finalement le plus enviable et donc le meilleur choix parmi tous.






Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 30 Mai 2009 à 14:37 | Commentaires (0)
Ce septième thème de réflexion de notre manuel d’étude est lumineux, clair et extrêmement d’actualité. Je vais essayer d’extraire l’essentiel des questions et de la pensée de Teilhard contenue dans ce chapitre.

Que signifie l’industrialisation, est-ce un alourdissement, comme chez les crustacés ou bien est-ce une élévation de conscience ?

Si l’on examine ce phénomène en remontant le temps, il peut être considéré comme un développement de la complexité et donc comme une montée de conscience avec, pour conséquence, une augmentation de la liberté de l’Homme par rapport à son environnement. Mais attention, il y a une contrepartie (rien n’est gratuit), ce gain de liberté s’accompagne d’un surcroît de responsabilité, l’instinct laisse la place à la raison, dominer la nature nécessite des réflexions afin d’éviter les abus et d’inventer la création de multiples déontologies, de cahiers des charges comme la bioéthique, des traités de non prolifération des armements, des règles de protection pour l’environnement (faune, flore), etc … Par les artefacts (prolongements physiques du cerveau qui vont de la massue à la centrale nucléaire en passant par les machines outils) la biosphère et la noosphère fusionnent et couvrent la planète. Teilhard développe très bien cette idée dans le chapitre final intitulé « En regardant un cyclotron » dont voici un extrait
« Devant mes yeux distraits, le cyclotron avait disparu.Et en sa place, pour mon imagination, c’était la noosphère tout entière qui, tordue sur soi par le souffle de la recherche scientifique, ne formait plus qu’un seul et énorme cyclone dont l’effet propre était de produire en lieu et place d’énergie nucléaire, de l’énergie psychique à un état de plus en plus réfléchi, c'est-à-dire, identiquement, de l’ultra-humain. »

Cette pensée me rappelle une réflexion de Pierre Clostermann, grand as de la RAF pendant la deuxième guerre mondiale : « Pour un pilote chaque avion a sa personnalité propre, lequel reflète toujours l’esprit de ceux qui l’ont conçu et forme la mentalité de ceux qui le conduisent au combat. Le Spitefire, par exemple, est typiquement britannique. »

Je reprends la réflexion de Teilhard : « Il n’y a rien dans la nature dit-il d’aussi complexe et d’aussi petit qu’un cerveau humain : des billions de cellules formant un centre émetteur/récepteur/décideur. L’Homme ne s’arrête pas à l’Homme, il conduit au phénomène social qui est non seulement une extrapolation de l’Homme, mais son élévation à une certaine puissance aboutissant à une infinie complexité/diversité. Si l’individu s’ouvre à l’Autre, par effet de rétroaction, on augmente à nouveau cette infinie complexité/diversité à une puissance tendant vers l’infini. »

Mais revenons dans le détail de ce chapitre. Selon Teilhard deux théories semblent s’opposer, mais elles se complètent :
1- Les hommes sont groupés parce qu’ils sont nombreux et les liaisons économiques, juridiques et autres n’ont aucune signification profonde.
2- La société est un prolongement de l’organique, du biologique, avec la même complexité et les même interactions, rétroactions, élévation du moi […]

Chez les animaux, dit Teilhard, la diversité n’est que l’apparition de faisceaux de gerbes, dont les brins se dispersent et se perdent …sans suite ; alors que chez l’Homme, et c’est là toute la différence, la gerbe s’enroule sur elle-même (effet de courbure), l’humanité se centre et fait monter la conscience collective. Cette conscience collective peut primer sur la conscience individuelle, sauf si l’individu va vers l’autre. Les aller retour de l’un vers l’autre augmentent vers l’infini la conscience de chacun.

Je vais placer ici une autre digression en faisant une incursion dans le chapitre de L’ACTIVATION DE L’ENERGIE, « L’Heure de Choisir » et qui concerne la guerre. La guerre est l’une des principales motivations de recherche et de développement de la technologie et je cite Teilhard : « Les guerres font partie des crises de croissance inévitables dans un organisme et l’humanité doit être analysée comme telle. Du plus loin où elle nous apparaît, la vie n’est jamais parvenue à s’élever que dans la souffrance… Par un pur instinct animal nous avons observé la montée des nationalismes et des cultures. La survie du plus apte est une des lois de la nature (la technique fait partie de ces aptitudes ferai-je remarquer) et pour finir, si l’humanité devait poursuivre dans ce sens, la poussée d’une branche unique étoufferait les autres branches …C’est contre cet idéal sauvage que spontanément l’humanité s’est levée et que, pour éviter la servitude, elle eut recours à la force. Mais attention, il existe une façon inférieure et dangereuse de faire la guerre à la guerre, c’était dans l’axe de la loi de la nature d’appliquer ces méthodes fortes, mais cela ne l’est plus, la PENSEE a conféré à l’univers une nouvelle dimension… »
Et Teilhard de conclure sur le problème récurrent de la guerre : « Aimez vous les uns les autres » (…)ce précepte de douceur humblement jeté il y a 2000 ans comme une huile lénifiante sur la souffrance humaine, se révèle à notre esprit moderne comme le plus puissant et en fait comme le seul principe imaginable d’un équilibre futur de la terre. »

Pour revenir dans le sujet de la place de la technique dans la biologie, Teilhard dit :
« L’Homme est un cérébro manuel, ne pouvons-nous pas reconnaître dans l’humanité la même caractéristique ? Humanité et machines ont un développement solidaire, ils ne peuvent progresser l’un sans l’autre et, plus la complexité monte, plus l’impacte psychologique progresse.

Une nouvelle équation est posée devant nous :

CONSCIENCE/ RESPONSABILITE = LIBERTE

L’ensemble des cerveaux humains ne forme pas une somme, il forme une VOUTE dans laquelle chaque pierre possède une importance capitale,et, qui plus est, pour réussir une synergie doit être accompagnée de synchronicité, les apports de chacun doivent converger en un instant T, y compris les mesures de neutralisation des effets pervers que doit résoudre l’éthique. C’est exactement ce qui doit se produire dans un projet industriel.

Le naturel et l’artificiel sont-ils arrivés à leur limite ?
Revenons dans le concret de l’actualité. Pour un biologiste, raisonnement théorique, le chômage est la chose la plus naturelle du monde (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de moyens de lutte). Théoriquement et idéalement deux bras libérés c’est un cerveau qui a de l’énergie disponible pour la PENSEE, à l’homme de savoir l’utiliser… ce qui n’est pas à la portée de tout le monde car il implique d’être « éclairé » et d’avoir du courage.

Il y a deux siècles la Recherche était une discipline presque inconnue, maintenant elle est entrée à hauteur de un à dix pour cent dans le budget des Etats et dans celui des entreprises. Cette proportion devra obligatoirement augmenter car c’est une question de vie ou de mort pour l’humanité. La « Recherche » c’est de l’énergie spirituelle hautement qualifiée.

Jusqu’à l’Homme, l’évolution avançait par tâtonnements. A partir de l’Homme l’évolution est consciente d’elle-même : la technique introduit obligatoirement la nécessité d’une idéologie (effort intellectuel gigantesque).
Mais attention à l’effet pervers suivant : le fait de placer toute la problématique humaine dans l’organisation nous conduirait à une mort certaine car plus l’arrangement est compliqué et plus il est instable et réversible.
Ne pas confondre le « compliqué » et le « complexe » auto-régulé optimum.
L’Homme marche dans une direction irréversible entre l’idéologie matérialiste et l’idéologie spiritualiste ; il doit comprendre et admettre toutes les autres voies spiritualistes car elles mènent toutes au Centre et sont propulsées par la même motivation.



Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 15 Mai 2009 à 18:40 | Commentaires (0)
IMAGINEZ :
Un évènement absurde fait que vous êtes absolument seul sur une terre jusqu’alors inconnue où il n’y a âme qui vive, à part vous.

Votre nudité psychologique, face à vous-même, est mille fois pire encore que votre nudité physique.

Vous vous sentez gommé sans le regard des autres, sans la dynamique des technologies qui assuraient votre bien-être, votre survie et qui vous suppléaient quand vos limites naturelles étaient atteintes.


Pas la moindre faune, fut-elle minuscule. On dirait que tout vous évite.

Quelques rares arbres plusieurs fois centenaires se sont développés à leur aise, loin de toute pollution et de toute destruction liée aux guerres économiques. Leurs larges troncs s'élancent librement, très haut, et leurs branches vous sont inaccessibles. Vous ne pouvez même pas vous construire un abri … mais pour vous abriter de quoi ? de qui ?

Dormir !
Mais le sommeil vous fuit aussi : un épais silence accroît votre sentiment d’isolement et votre angoisse. Vous vous mettez à hurler … comme une bête aux abois.

Que ne donneriez-vous pas
pour rencontrer une personne, même si elle était votre pire ennemi !
Vous ne pouvez même pas tromper votre solitude en dialoguant sur un mode virtuel avec quelqu’un via internet…

Que ne donneriez-vous pas
pour penser, fantasmer, concevoir, élaborer, construire comme avant au sein d’un groupe humain !
La macro cellule que constitue le réseau humain vous manque maintenant. Et dire qu’avant il vous arrivait de ne plus supporter rien ni personne ! D’en vouloir au monde entier !

Votre cerveau a besoin de vos mains pour tenir un outil, faire un relais efficace qui pallie vos limites physiques … Mais vos mains sont vides, désespérément vides : aucun matériau autour de vous pour façonner un outil, même archaïque.

Avant cette terrible expérience, survenue brutalement comme un accident, vous étiez Compagnon du Devoir . Non seulement vous maîtrisiez la compréhension et l’utilisation des outils traditionnels, mais vous dominiez aussi les techniques les plus sophistiquées à la pointe du progrès… Cette Tradition vous avait été transmise par vos maîtres, puis, après leur avoir présenté votre chef d’œuvre, à votre tour vous avez enseigné, perpétué la Tradition ; mais, cette fois, augmentée de VOTRE esprit, de VOTRE âme et de VOTRE irremplaçable savoir faire.

Malgré les résistances de la matière, vous aimiez tant accomplir votre travail en alliant quatre énergies: l’esprit, l’intelligence, votre Art, et la solidarité des hommes entre eux, au-delà de leurs différences …

Soudain vous pensez aux Bâtisseurs de cathédrales, vos prédécesseurs,..Toujours en remontant le temps, la Tradition vous conduit à la légende de la construction du temple de Salomon…

Sans savoir pourquoi vous tombez à genou, face contre terre … Un grand calme vous envahit.
Dans votre tourmente, vous aviez juste oublié que vous aviez un cœur ! Un centre de toutes ressources ! Ne le nommez pas encore.

Combien de temps êtes-vous resté prostré comme ça, branché sur un « ailleurs » plus proche de vous-même que votre jugulaire ?

Un bourdonnement persistant tournoie au-dessus de votre tête : une équipe d’ hommes en hélicoptère vous a repéré. Elle vient pour vous sauver.


… ALORS ?
-Vous avez découvert l’impact de la solitude quand disparaît la technologie dans une biologie générale de l’humanité …qui " n’est pas un agrégat, elle forme un tout structurel ».
« Le phénomène social se rapproche d’un phénomène biologique »
« L’outil est passé de l’individu au groupe. Alors apparaît cette entité de machinisme dont les développements sont tellement solidaires que morale et machine ne peuvent progresser l’un sans l’autre. »
Après démonstration, l'auteur résume que « La technique a un rôle biologique proprement dit et à ce titre, poursuit l’auteur, elle entre de plein droit dans le naturel. »

Vous étiez disposé à rencontrer votre pire ennemi disiez-vous ?
Vous vous êtes rencontré vous même.

-Vous avez surtout découvert que malgré sa vulnérabilité et son dépouillement l’Homme -et lui seul dans la création- peut solliciter une Force cachée mais agissante qui est en lui et tout autour de lui , à condition qu’il la revendique.
Le progrès des technologies « n’est pas un accident mais constitue un évènement susceptible d’entraîner les plus grandes conséquences spirituelles. »
Par le jeu d’un centre divin « à la fois émergé et immergé dans la matière s’établit une relation entre technique et conscience. »
« A travers l’homme, l’évolution rebondit plus haut " c'est à dire vers sa complétude.

(Les phrases entre guillemets sont extraites du chapitre en question dans le livre de Teilhard L'ACTIVATION DE L'ENERGIE)

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Vendredi 15 Mai 2009 à 18:31 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Dans ce texte, deux idées fortes m'interpellent :
(A) La vie est insaisissable
(B) L'énergie de choix

(A) Si LA VIE EST INSAISISSABLE, elle est forcément difficilement explicable. En effet aucune définition scientifique, philosophique, religieuse, biologique, poétique, symbolique, ne donne satisfaction à l'esprit humain.

Jusqu'à ces derniers temps les scientifiques pensaient que la vie était une sorte de miracle due et née de la juxtaposition d'un ensemble de coïncidences, toutes plus extraordinaires les unes que les autres. La vie était donc unique sur notre terre (J. Monod, Hapard .....). Cependant, grâce aux détections faites dans l'univers par la radioastronomie, les sondes spatiales, les téléscopes géants, les scientifiques ont dû réviser leur position car ils ont trouvé un foisonnement moléculaire dans l'espace. Ce foisonnement n'était pas attendu, il était tout à fait improbable.

Il faut bien en convenir que depuis le big bang les particules élémentaires par le jeu des alliances ont donné naissance à des protons, des atomes, des molécules, des cellules, des assemblages de cellules, du végétal, de l'animal, des êtres humains à la conscience réfléchie et, dans les êtres vivants, de trouver des organismes qui ont appris à communiquer les uns avec les autres pour donner la vie et les faire vivre de "cette vie insaisissable".

Il y a bien évolution et création de la vie à partir de la matière et, ceci, dans un sens de direction ascensionnel de complexification.

L'Homme, c'est l'assemblage d'un milliard de milliards de particules.

Pour Teilhard de Chardin "l'évolution" n'est plus une hypothèse mais une base de départ pour la réflexion qui va nous faire franchir un seuil mental. Poursuivons cette réflexion.

Une cellule c'est déjà la vie, pour le découvrir il faut plusieurs encyclopédies. Alors comment analyser la vie ? Qu'est-elle ?
Par touches successives apportées par des remarques, des constatations et réflexions on peut dire :

-Dans un sens large, la vie désigne peut-être cette mystérieuse tendance de la matière à s'organiser et à monter les étages de la complexité.

-La vie, c'est fédérer des éléments simples pour créer des éléments plus complexes et plus performants. Voilà la recette favorite de la vie en gestation.

-La vie est tout autre chose que ces composants, c'est un dynamisme énergétique ayant un "sens directionnel" ascendant car elle réussit à créer à partir de la matière inanimée, puis consciente et réfléchie, libre, et qui lui permet de se donner un vrai sens de "l'esthétique" et dont elle peut admirer en conscience son oeuvre.

-La vie est un système en voie d'organisation de centration, d'union, ce ne sont pas des des mouvements séparés les uns des autres, mais c'est une grande ascension orientée, convergente qui intéresse l'univers entier, et ceci depuis le début. C'est une propriété cosmique.

-La vie est cette aptitude à s'allier et qui trouve des avantages à vivre ensemble pour partager quelque chose de plus grand.

(B) L'ENERGIE DE CHOIX
Suite à l'analyse précédente où la "vie" dans son ascension nous oblige à découvrir deux sens qui sont en opposition à la loi universelle de désagrégation de l'énergie :

-Un sens directionnel ascendant vers l'ordre.
-Un sens de recherche de l'esthétique, de la beauté qui se développe et se dévoile en même temps à la vue de la conscience réfléchie.

Ces deux sens sont nécessairement intentionnés et dirigés. Il y a donc, d'après Teilhard, existant dans les particules élémentaires :
-une énergie de choix dirigée,
-bénéficiant d'une certaine liberté d'adaptation,
-possédant en leur dedans une polarisation psychique leur permettant et leur donnant les possibilités de s'unir.

Ces trois éléments donnés à ces particules vont permettre la création de la matière inanimée, puis animée, le passage à la conscience, vers du plus grand construit, vers plus de liberté. Ainsi, la vie est lancée toujours plus haut dans les cimes de la complexité, de la centréité et de la conscience.

Ne peut-on imaginer une suite à l'hominisation, à l'humanisation ?
Internet, la mondialisation, la conquête de l'espace ne sont-ils pas mes prémices d'une conscience universelle ? Ces consciences individuelles qui au terme de cette évolution se centreront et s'enrouleront au sommet de la pyramide autour du point Omega, essence retrouvée de l'Univers, son existence matérielle ayant disparu avec la disparition de l'énergie physique.

Cette énergie de choix, cette force spirituelle psychique, reste à découvrir (les scientifiques n'ont-ils pas découvert en l'espace des deux siècles derniers les quatre forces qui régissent la matière ?

Cette énergie de choix, cette force incrustée dans les particules, ne serait-ce point celle de l'union ? Ne s'appellerait-elle pas "AMOUR" qui nous fait rechercher la beauté, qui nous donne
le "goût de vivre" ? Qui nous entraîne vers cet absolu inscrit dans la conscience des hommes et qui expliquerait le tout, et qui serait enfin l'ultime étape achevant cette quête incessante des POURQUOI ?
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 5 Mai 2009 à 16:44 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Dans ce texte, surtout la conclusion, Teilhard évoque le problème de la vie; plus particulièrement de la transition matière/vie. Pour ma part j'ai principalement noté son rappel de l'atomisme, des propriétés qu'il attribue au grain élémentaire d'énergie, de la troisième (VII,pages 139-140°.
De ce fait, je pense ne pas le trahir en traduisant ainsi sa façon de voir les choses :

1- Dieu a orienté psychiquement chaque grain élémentaire d'énergie, dès le début, en le dotant d'une certaine intériorité.
2- Il a aussi laissé à chacun de ces grains une certaine marge de manoeuvre, ainsi que la possibilité d'entrer en contact avec d'autres grains de même affinité, pour bâtir des ensembles de plus en plus complexes.
3- Pour ces ensembles, les marges de manoeuvre augmentent en même temps que les complexités.
4- Les rencontres entre éléments sont ainsi le fruit et du hasard qui fait qu'ils se rencontrent, et du déterminisme qui oblige chaque grain ou ensemble à ne s'associer qu'avec un autre grain ou ensemble de même affinité.

En résumé, Dieu a lancé les choses en impulsant une certaine orientation, mais aussi une certaine liberté, si bien que l'évolution se poursuivra dans une certaine plage en tenant compte à la fois de l'impulsion initiale, et de la liberté associée.

A mon avis, Teilhard n'est pas arrivé tout de suite à cette façon "nuancée" de voir les choses. Le texte sur lequel nous nous penchons date de 1945. En rédigeant "Mon Univers" en 1925 il écrivait d'une façon moins fouillée "Je crois que si l'univers a réussi (...) c'est qu'il est au fond de lui-même dirigé par une puissance souverainement maîtresse des éléments qui le composent" (IX, p. 71).

Je pense qu'enttre 1925 et 1945 il a pris en compte les avancées de la science, notamment en astronomie. En 1925 on ne parlait encore ni des galaxies, ni de l'expansion de l'univers.
Dans une sorte de prolongement de ces avancées, il place une anticipation qui lui est propre et écrit : "A la mort de l'humanité, il est concevable que l'essence hominisée de l'univers continue à subsister, hors de l'appareil des énergies, au sein duquel elle s'est développée" (VII p. 144)
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 4 Mai 2009 à 18:08 | Commentaires (0)
Dans ce texte, Teilhard reprend sa théorie fondamentale : l'univers vivant s'est créé par paliers, grâce à la complexité de plus en plus grande de la matière, grâce à l'agencement de ses éléments, par création évolutive d'êtres de plus en plus complexres. Ceci jusqu'au rameau final et, pourrait-on dire, royal, l'Homme.

"L'humanité réfléchie collectivement reste seule en face d'elle-même" écrit Teilhard; et il confirme "impossible, dans ces conditions, d'imaginer une complexification ultérieure déterminant une conscience supérieure". Les êtres humains restent seuls, en face d'eux-mêmes et en face de leur prochain. Cette rencontre assumée pleinement est d'une richesse inouïe. L'attention que je porte à autrui, l'attention dont autrui me gratifie, voilà une relation qui peut faire accéder à une "conscience supérieure". "L'absolument autre c'est autrui" (Levinas) et on peut admettre que celui qui est différent, dans sa totale liberté, reconnu comme tel, nous fait accéder à la transcendance divine, par une osmose mystérieuse mais réelle. Le principe divin se découvre en autrui, se qui fait sa sacralité.

L'Homme en formation, c'est à dire non achevé, multiple, non unifié, évolue dans l'univers en tissant ce réseau de conscience qui sera la noosphère. L'Homme sera de plus en plus attiré par ce qu'il sent être une autre chose qui le dépasse, l'attire comme un aimant. C'est ce qu'xprime Teilhard : "le multiple est attiré". Et tous sont attirés, même s'ils l'ignorent; tous sont attirés, même si les apparences jouent contre eux.
En somme, l'Homme ressent un appel vers un absolu, vers une réalité "sur humaine". C'est le sentiments religieux, être relié.
On ne peut nier qu'à partir de Jésus est apparu un nouveau "phylum" de pensée religieuse mais ce n'est pas un phylum unique. Il y en a eu d'autres avant (j'espère ne pas être sacrilège, en tout cas, je ne le veux absolument pas) : le bouddhisme, les religions égyptiennes... Le phylum christique est nouveau par rapport à ceux qui l'ont précédé. Avec le Christ s'est créée une religion plus humaine, sous-tendue par l'amour. Mais peut-on admettre avec Teilhard que "par le refus de reconnaître le fait chrétien, nous verrions se refermer hermétiquement la voûte de l'univers" ? La voûte de l'univers s'est-elle fermée pour Bouddha, pour Akhenaton, pour Hallaj le soufi (1oe siècle) qui, étrangement, a subi un martyr semblable à celui de Jésus, la crucifixion, et pour des raisons semblables : il dérangeait l'ordre établi: Hallaj qui disait "ô Dieu, que le soleil soit à l'aurore ou au couchant, ton amour adhère à mon souffle."
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 4 Mai 2009 à 17:11 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Si j’ai bien compris, il s’agit aujourd’hui de disserter sur l’Esprit. !
La démarche de Teilhard, si j’ai bien compris, consiste, sinon à prouver, du moins à suggérer fortement que l’évolution de l’Univers s’effectue dans le sens d’une complexité croissante, mais surtout d’un « courant montant de conscience » pour atteindre finalement, le point omega, point de conscience pure, aboutissement supposé de cette évolution.
Je peux adhérer à ce postulat.

Teilhard présente sa dialectique en plusieurs temps, examinons
le 1er temps.
J’ai un certain nombre d’observations à proposer, dans le désordre :

DIEU : le mot ne me choque pas. Il représente le PRINCIPE (Teilhard utilise le mot, comme à regret, puisqui’il le place entre parenthèses) (alors que je l’écrirais, moi, en majuscules) donc Dieu serait le principe initial (pardon pour le pléonasme) qui a lancé le commencement, et le développement de l’Univers jusqu’au stade où il est arrivé à l’instant présent.
Nous sommes tous les héritiers du Big Bang.
A noter, au passage, que, selon J.H RUSTL
« aucun mystère n’est plus profond que celui des commencements »,
à moins que ce ne soit celui des fins.
Avant le commencement : RIEN ?
Après la fin : RIEN ?
Le mystère reste entier, j’y reviendrai.

Le shéma II : ce shéma ne me convient pas, car Teilhard place le point omega au somment d’un cône humano cosmique , ce qui semble indiquer que ce point omega se situerait à l’extrémité finale de l’aventure humaine ; à mon sens, cela confère à l’Humanité un rôle démesuré. J’y reviendrai.
D’autant plus que Teilhard semble lui-même en avoir pris conscience puisqu’il déclare, je le cite,
« c’est dans l’organisme individuel humain que culmine, en ce moment, la loi de complexité et de conscience ; or, si elle culmine momentanément, tout porte à croire qu’elle ne s’y termine pas ».
Il n’y a donc pas de concordance entre ces propos et le shéma II.

Quant à la structure du point omega figurant sur ce shéma II, faisant apparaître, concentriquement, un sommet humano-cosmique, un sommet christique (humano-christique) et un centre divin, j’avoue ne rien y comprendre, d’autant que Teilhard indique un peu plus loin :
« la courbe du phénomène humain, postulerait l’existence de quelque pùole extra-cosmique » ??

Je ne vois d’ailleurs pas comment Teilhard peut imaginer un pôle extra-cosmique. C’est un peu rechercher « quelque chose » hors du cosmos !
A l’instar des frères BOGNANOV qui recherchaient « quelque chose »
avant le Big-Bang.
Bref, tout cela ne me paraît pas bien clair !!
J’en conclue donc que le point omega se situe (sans doute) bien au delà de l’humanité.

Les temps 2, 3 et 4
n’ajoutent rien puisqu’avec le temps 1, on a déjà atteint le point omega.

Il semble qu’avec ces 3 temps supplémentaires, Teilhard n’ait poursuivi qu’un seul but : opérer le mariage entre sa vision globale d’ordre plutôt métaphysique vers le point omega et sa conviction religieuse.
A mon avis, aucun besoin d’évoquer la religion pour admettre le postolat de l’évolution du monde vers le point omega.
Je dirais même, qu’au contraire, les religions, du fait même de leur diversité : christianisme, islam, bouddhisme, ou autres, semblent, à travers leurs luttes stupides, puiqu’elles font toutes appel à un même Dieu, écartent l’Humanité d’un cheminement vers le point omega. Elles lui tournent carrément le dos.
Les religions, dans leur ensemble, constituent un facteur de division, qui ne milite peut-être pas en faveur de l’évolution de l’Humanité vers davantage de conscience. La seule religion qui vaille à mes yeux, c’est l’animisme de nos lointains ancêtres car c’est la seule qui ait, peut-être, valeur universelle.

Dans ces conditions, il y a tout lieu de penser que l’Humanité disparaitra, assez prochainement sans doute, en vertu de la Théorie darwinienne de l’évolution des espèces par sélection naturelle, par élimination des moins adaptées au profit des mieux adaptées ? j’ai tout lieu de penser que l’Humanité n’est plus adaptée à l’évolution de l’Univers vers le « courant montant de conscience » dont nous avons admis le postulat.
L’Humanité est tarée, les évènements actuels qui se manifestent dans tous les domaines nous en apportent, semble-t-il, une confirmation évidente.
Selon Yves PACCALET, l’Humanité disparaîtra, bon débarras !!!

En parlant des trois religions du livre, et plus particulièrement de la religion chrétienne, la mise de Jésus Christ sur un piédestal par les croyants me paraît faire preuve de leur part tout à la fois de naïveté et de prétention.
Jésus, Mahomet, Bouddha, n’ont pas plus d’importance que les Zeus, Jupiter… de nos ancêtre Grecs et Romains.
D’ailleurs, pourquoi les fourmis n’auraient-elles pas, elles aussi leur Jésus, leur Mahomet ou leur Bouddha ??
De même pour les autres espèces vivantes sur la terre !!

L’Humanité n’a pas plus d’importance, à l’échelle du cosmos, qu’une mince couche de moisissure sur une pomme dans un verger ; la moisissure disparaît rapidement, la pomme aussi, plus lentement et le verger encore plus lentement.
Nous ignorons s’il y a dans le cosmos, d’autres vergers, d’autres pommes et d’autres moisissures, appelées également à disparaître au profit d’autres organismes mieux adaptés à poursuivre leur chemin vers omega.

Je ne comprends pas cette « mythologie des religions » mais , peut-être, la « mythologie scientifique » ne serait-elle pas, elle aussi, décevante ??






Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 3 Mai 2009 à 11:05 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Il est difficile et par certains côtés unique, de parler Esprit , car ce sujet est perçu comme tellement riche et personnel que, de développer idées ou schémas, peut être trouvé farfelu prétentieux ou tout simplement hors sujet ;

Cependant, à partir de l’anthropologie c’est-à-dire l’étude de l’homme, essayer de regarder une partie de son âme ; par les formes, les symboles, les actes de ma psyché, instruire, guider mon parcours individuel et collectif.


Dans l’organisme individuel humain (page 150) nous dit le père, c’est-à-dire en soi même, culmine le courant montant de complexification accompagnée de conscience, loi de récurrence, loi évidente et démontrée ; et il veut en faire l’axe normal vers une Foi véritable et achevée.

Il dit encore, « Dans le flux complexe des énergies évolutives qui nous pénètrent la question se pose maintenant de savoir s’il n’y aurait pas, négligées encore par notre observation, des paroles cachées » Et on remarque que là se termine le développement de ce chapitre et laisse une impression de manque ou de non dit ; peut-être que simplement il ouvre une porte de notre monde intérieur et ensuite s’efface comme sait le faire le Maître.

C.G. Jung * Le Divin dans l’homme.

« A un destinataire non nommé USA

2 Octobre 1954


Dear Mr, N.

…. "Le problème de la religion n'est pas aussi simple que vous le pensez : il ne s'agit absolument pas de conviction intellectuelle ni de philosophie, et pas même de foi; ce qui compte, c'est bien plutôt l'expérience intérieure. C'est là, je le concède, une conception totalement ignorée des théologiens, bien qu'ils en parlent beaucoup, beaucoup. Paul, par exemple, n'a pas été converti au Christianisme par un effort intellectuel ou philosophique, ni par la foi, mais par la puissance de son expérience intérieure immédiate. C'est sur elle que reposait sa foi, mais notre théologie moderne tourne la chose à l'envers et pense que nous devrions d'abord croire pour avoir ensuite une expérience intérieure; or, cette inversion pousse carrément les gens dans un rationalisme erroné qui va jusqu'à rendre l'expérience intérieure impossible. Il est simplement nature d'identifier la divinité à l'énergie cosmique, grandeur impersonnelle qui relève quasiment de la physique et à qui on ne peut pas adresser de prières. Mais l'expérience intérieure, c'est tout autre chose; elle montre qu'il existe des forces de nature personnelle avec lesquelles un contact intime et très personnel est tout à fait possible. Nul n'est en mesure, s'il ne connaît pas vraiment l'expérience intérieure de persuader autrui qu'elle existe …. »


Qu’on veuille bien m’excuser maintenant si je suis un peu trop personnel; il y a quelques jours, je pense que c’était dans la nuit de lundi à mardi, j’ai fait un rêve. Donc, dans ce rêve, j’étais sur le parvis, ou sur l’esplanade devant un palais magnifique ; j’étais très alèse entouré de connaissances et d’amis ; je faisais découvrir des statues, des objets d’art, des dorures et plein d’autres belles choses. Peut être même que ces choses m’appartenaient ; nous étions entre amis et tout était très bien.

Pourtant, j’avais aperçu que pour venir sur le parvis avec les autres personnes, mes amis, j’avais dû monter les marches d’un grand escalier très large en pierre de taille un peu comme ceux que l’on voit sur les photos des palais Maya de l’Amérique centrale de l’époque précolombienne. Mais ces marches que l’on avait escaladées, étaient mal conçues, en biais, parfois pentues au lieu d’être planes, avec des contremarches trop hautes qui nous obligeaient à faire des grands pas, à parfois trébucher et souvent à monter avec beaucoup de difficultés.

Et maintenant que nous étions en haut, je m’apercevais que toutes ces marches que nous avions montées étaient en train de changer ; peu à peu elles devenaient de plus en plus difformes et même des blocs entiers de marches s’arrachaient et s’effondraient ; les soubassement de l’édifice semblaient aspirés vers le vide. C’est l’anéantissement total qui risquait bientôt d’arriver pour nous tous.


Mais qu’est ce qu’avait bien pu vouloir me dire ce rêve ? paroles cachées me dit Teilhard ?

Retrouver Dieu plus profondément, Moteur psychique s’adressant en nous, hommes, à ce qu’il y a de plus humain en nous, c’est-à-dire à notre intelligence, à notre cœur, à notre liberté dit-il encore.

Donc que puis-je comprendre de ce rêve qui est moi, que je le veuille ou non, en dehors de toute contrainte mais qui existe et qui me dérange ?

Ces amis ces belles œuvres d’art etc. ne veulent –ils pas me faire prendre conscience que ça suffit l’ego de suffisance et inquisiteur, et ces marches qui se désagrègent ne me signalent-elles pas qu’il y a urgence et que de graves dommages menacent la maison construite sur le sable et non sur le roc.

Paroles cachées, peut-être était-ce le cœur qui avait parlé.


Dans la deuxième partie du chapitre, le dessin (page 156) représentant la construction du cône humano-cosmique présentée par le père, peut amener quelques réflexions ; en effet on voit qu’au sommet du cône est Omega et que, y convergent ensemble christique et humano-cosmique, c’est même une exigence nous est-il précisé ; on voit que également peut converger seul vers Omega humano-cosmique ; « Il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père » (Jean 14,2) et aussi l’esprit de tolérance ne fait que encore plus ennoblir l’idée christique du père.

La deuxième réflexion n’est, je crois, pas la moindre ;

Déjà au début de notre aire Paul l’apôtre, criait aux Corinthiens (exhortait nous est-il rapporté) « …la croix …scandale pour les juifs, folie pour les païens ». Incompréhension des hommes d’hier et d’aujourd’hui, sarcasmes, rejet et indifférence d’un grand nombre, l’Esprit de la Terre n’a-t-il que si peu changé ?

S’il est difficile de juger une évolution lorsque l’on est acteur de cette évolution des esprits de notre temps sels de notre terre m’invitent à redécouvrir Omega.


* Toute sa vie, Carl Gustav Jung a travaillé sur les rapports subtils qui lient la psychologie et le sentiment religieux. Loin de voir dans la religion un phénomène d'illusion ou une forme sublimée de la névrose obsessionnelle, il a toujours considéré que la "fonction religieuse" était constitutive de l'inconscient.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 2 Mai 2009 à 16:33 | Commentaires (0)