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Henri GUYOT/Phénomène de contre évolution ou peur de l’existence
Mercredi 23 Septembre 2009Les commentaires qui nous sont demandées concernent les chapitres 10 et 11 du manuel d’étude de Jean-Pierre Frésafond et les textes de Teilhard qui y sont associés (en italique dans le texte ci-dessous).
Il est nécessaire d’exposer successivement les termes proposés par Teilhard dans ce thème de réflexion en les accompagnant d’un commentaire particulier pour en venir ensuite à un commentaire général concernant l’ensemble du chapitre.
Selon Teilhard, la peur existentielle nait de la montée au sein de l’évolution du phénomène de réflexion. Elle concerne l’individu et le groupe qui essaient de mesurer les abîmes du monde autour de lui. Or un observateur d’aujourd’hui est fortement embarrassé pour exprimer librement son opinion sur ce sujet pour des raisons d’expression "politiquement correcte". Je m’explique : la politique de bonne gouvernance surtout en France et en Europe impose pratiquement une bonne conscience laïque, ce qui a comme conséquence un certain délaissement des choses spirituelles affectées a priori d’une suspicion de grande légèreté scientifique. Le corollaire en est que celles-ci sont considérées comme peu sérieuses et hors du domaine pratique ou, au mieux, sont à classer parmi les fétichismes et superstitions. Ceci accentue pour l’individu et le groupe la sensation d’errance et de vertige.
Il est donc, de fait, hautement et malencontreusement souhaitable qu’une philosophie et une politique officielle soient laïquement épurées pour avoir droit de cité. Il n’y a donc pas, en conséquence, de pensée collective supérieure dite inspirée (comme autrefois d’un droit divin devenu abusif) sauf sous une forme de morale humaniste reçue en héritage mais aux contours flous se prêtant facilement aux oppositions.
Le sens de l’espèce en est amoindri. Il ne se manifeste d’une façon instinctive et atavique qu’en cas de grande menace (exemple : patriotisme résistant lors de la dernière guerre).
1 – LA MONTEE DE LA PEUR :
a – La peur de la matière : Teilhard dit que les dimensions vertigineuses de l’Univers nous terrorisent. Ce n’est vrai que pour ceux qui ne sont pas encore allés jusqu’au bout de son raisonnement. Cette terreur s’apaise lorsqu’on comprend que, même en tant qu’individu unique, nous sommes intérieurement et totalement structurés par les enroulements et déroulements de l’espace. Nous ne sommes pas fondamentalement extérieurs à la matière. Nous ne sommes pas étanches à l’Univers.
b – Etanchéité : cette notion a donc un caractère primaire et dépend de notre niveau de conscience et de culture.
c – Hostilité : l’homme ne cesse de se sentir de plus en plus décentré. C’est évidemment une conséquence de ce qui précède. En fait nous sommes en mouvement de centration et de convergence. Mais un grand nombre d’individus ne le ressent pas, ou encore est bloqué par l’obligation de laïcité officielle ou par les prises de positions de divers intégrismes proposant des prêts-à-porter comportementaux bien confortables.
d – la peur devant l’humain : Teilhard semble craindre pour l’individu la peur devant la pensée de masse. Elle serait dépersonnalisante et, sous entendu, dictée (totalisation → totalitarisme).
2 – LE RETOURNEMENT DE LA PEUR OU LA CONFIANCE EXISTENTIELLE :
Finalement c’est à ce point là que Teilhard veut en venir. Il dit que la pensée collective est une pensée partagée convergente. Cette convergence concerne l’Univers, et nous avec qui en sommes constitués, en vertu d’une information et d’une intention affectant la totalité de sa substance. Il est tout entier comme chaque individu en progression vers le foyer-sommet.
On pourrait dire qu’une vision claire de ce processus est en fait bloquée pour deux raisons :
- d’abord à cause – comme évoqué plus haut – de la présentation habituelle de la réflexion actuelle sous une forme laïque (actuelle ne veut pas dire moderne : la laïcité est souvent archaïque* par bien des aspects. Elle est un pansement ponctuel bien utile dans un espace de religions opposées à caractère dicté).
- ensuite, il faut bien dire que la notion de foyer-sommet, foyer ultime d’unification et de réflexion, est un peu floue. Sauf illumination mystique, personne ne peut se prévaloir d’un discernement assuré de ce foyer.
La seule alternative possible est de se chercher un guide essentiellement humain, donc compréhensible, fraternel et familier, pour progresser vers ce foyer.
On peut d’abord penser que n’importe quel pasteur inspiré pourrait faire l’affaire. En fait c’est probablement un peu plus compliqué. Il faut qu’il soit le messager d’une information cosmique universelle et de ce fait toujours plus ultra moderne que la plus ultime de nos compréhensions et, bien entendu, évolutif. Pour Teilhard, ce guide c’est le Christ. Encore faut-il :
- premièrement, montrer comment la vision qu’on en a doit être débarrassée de toutes croyances poussiéreuses.
- deuxièmement, comment il peut être toujours plus moderne et évolutif, cosmiquement impliqué à la fois devant et au dessus de nous.
Pour ceci les recherches bibliques, théologiques et la recherche tous azimuts sont indispensables. Recherches ne négligeant pas l’affectio societatis, la sensibilité et l’amour, conduites par une réflexion serrée sur les mécanismes d’approche de l’autre comme de toute particules ou ensembles entre eux. Peut-être faudra-t-il inventer une autre méthode d’exploration qui ne sera pas exclusivement celle de Descartes ou des positivistes mais plutôt une méthode d’analyse systémique appliquée à l’étude du mouvement des ensembles évolutifs complexes.
Il est en parallèle une qualité indispensable à développer c’est l’humilité. Ce n’est pas toujours évident car il faut à la fois posséder la hardiesse du chercheur vers le point oméga et être suffisamment humble pour admettre la nécessité d’un guide humain à carrure supérieure. Pour Teilhard c’est le Christ messager de Dieu**.
Mais attention aux philosophes absurdes se reproduisant doctement les uns les autres pour grandir leur autorité. Ils manquent souvent d’une nécessaire humilité.
Notes :
* Par exemple quand elle est exclusivement anticléricale.
** Le nom de Dieu est cependant imprononçable, car en quelque sorte, le prononcer c’est créer un personnage en dehors de nous. On peut donc lui parler, lui poser des questions, le prier, demander son secours et éventuellement l’invectiver et blasphémer. Il est ainsi plutôt un être né de du fétichisme et de la superstition. Alors que Dieu, s’il faut ainsi l’exprimer, est un principe insaisissable en nous comme en toutes choses (consubstantiel). Il n’apparaît peut-être que dans la couleur qu’il donne à la création, dans la beauté, la force suggérée par les symboles, l’esthétique, l’amour. Chez les mystiques, sous leurs mots, il est passion et amour effervescent, mais reste impossible à fixer dans le cadre d’un vocabulaire précis.
Jean-Pierre Fressafond
courriers des lecteurs
Marcel COMBY, physicien, mathématicien / AUX FRONTIERES DE L'HUMAIN : LA NANOSPHERE
Mardi 22 Septembre 2009
Déjà plusieurs centaines de produits au sein de différents domaines ( sports, cosmétique, médecine, microélectronique …) sont composés de nano matériaux :nano tubes de carbone pour alléger les raquettes de tennis, nano particules de titane ou d’oxyde de zinc dans les crèmes solaires pour filtrer les rayons UV, nano puces pour le diagnostic médical du diabète, nano lasers dans les lecteurs de DVD, etc…Pour fixer les idées, précisons qu’il y a le même rapport de taille entre la Terre et une orange qu’entre une orange et un nano objet.
Un nanomètre = un milliardième de mètre 10 -9 m
Il s’agit d’un domaine de la science appliquée pluridisciplinaire désigné sous l’appellation : nanotechnologies. A partir de nano objets, les physiciens pensent faire évoluer la nanoélectronique, l’électromagnétisme et l’optique. Les nano sciences produiront des super calculateurs pour traiter davantage d’informations ou de véritables machines-outils de taille quantique pour visualiser le caractère ondulatoire des particules. Les biologistes observeront les mécanismes et les interactions au niveau moléculaire pour développer de nouveaux modèles et entreprendre des diagnostiques plus précis et des traitements médicamenteux. Les chimistes pourront construire de nouvelles molécules pour élaborer des structures hybrides comme des plastiques conducteurs. Ces nouvelles techniques ouvrent la voie à d’innombrables développements en matériaux, électronique, pharmacie, industrie chimique, aérospatiale et développement durable. En ajoutant des nano particules en surface ou au cœur des structures actuelles, on leur confère une sorte d’intelligence grâce à leur faculté d’adaptabilité. Par exemple des avancées en photonique rendront l’énergie solaire très rentable, ce qui n’est pas encore le cas. Des nano particules métalliques vont améliorer l’efficacité des catalyses, c’est-à-dire accélérer les réactions chimiques sans ajout de solvants. Des membranes dont les pores seront de la taille nano filtreront plus efficacement l’air et les eaux, pour les dépolluer en oxydant les molécules organiques ( virus, bactéries, pesticides ) ou les désaliniser. Les véhicules de transports pourront être allégés pour consommer moins, tout en étant plus sécurisés grâce à des carrosseries renforcées et des pneumatiques plus résistants. Toute cette révolution technologique est sensée éviter le coûteux recours aux métaux traditionnels, polymères, céramiques, aluminium et plastiques.
Il s’agit là d’une fabrication : atome par atome qui réduit considérablement les quantités de résidus tout en économisant l’énergie. De lourds investissements seront cependant nécessaires pour renouveler les techniques suite à la grande miniaturisation des composants et des structures. Dans le cadre de cette technologie, des métaux tels que l’or, inertes à l’état macroscopique, deviendront très réactifs. Les nanotechnologies seront utiles dans la fabrication de nombreux produits de grande consommation. On prévoit des transistors 500 fois plus petits grâce à des systèmes de gravure sur silicium dessinant sur les puces des lignes de moins de
10 nm de large, contre 65 actuellement. On peut même utiliser des supports plastiques au lieu du silicium. L’optique va remplacer la microélectronique, les transmissions lasers évitant les déperditions d’énergie tout en étant plus rapides que les actuelles connexions électriques.
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Travailler à l’échelle de l’atome requiert naturellement des outils ultra sophistiqués faisant appel à de nombreux spécialistes, chercheurs du CNRS et du CEA. L’objectif est de réaliser des machines composées d’un nombre restreint d’atomes et des systèmes non présents dans la nature. Toutefois, dans la Nanosphère, les lois physiques diffèrent de celles qui nous gouvernent. Elles sont régies par la mécanique quantique. Certaines propriétés apparaissent et d’autres disparaissent ; certaines sont améliorées et d’autres perturbées. Citons : la légèreté, la résistance, la conductivité, la thermie, l’adhérence, le magnétisme et même l’esthétisme !...Organiser la Nanosphère représente une tâche gigantesque qu’il faudra maîtriser pour prévenir les risques. La miniaturisation des composants des puces est un enjeu scientifique majeur qui se traduira par une large amplification des puissances des matériels électroniques, des vitesses de calcul et des capacités de mémorisation des disques durs. On verra bientôt la mise au point d’un ordinateur quantique à l’aide de nano cristaux, nano fils, nano composites et électronique moléculaire. Pour cela les chercheurs doivent surmonter la limite physique des circuits intégrés sur silicium, atteinte vers 2010 selon les prévisions de la loi de Moore et créer de nouvelles architectures optiques et non électriques.
Depuis les années 80, les chercheurs peuvent explorer la complexité du vivant grâce à des instruments miniaturisés et de nouvelles connaissances sur les cellules. Les nano biotechnologies leur permettent de comprendre et de manipuler protéines, acides nucléiques, lipides et autres composants moléculaires. Il en découle de nouvelles méthodes de diagnostic et d’analyse, de nouveaux médicaments et des prothèses mieux tolérées. Pour repérer les biomolécules par exemple, plus besoin d’appareillage optique. On utilise des techniques de marquage tels que les nano cristaux semi-conducteurs s’accrochant aux molécules et émettant de la lumière pendant plusieurs dizaines de minutes. Les nano électrodes permettent de détecter une réaction biologique car elles fixent des nano billes métalliques d’or ou d’argent sur les molécules pour obtenir une réponse de nature électrique. Il est possible aussi de détecter électroniquement des mutations génétiques causes de nombreuses pathologies et ainsi de soigner des maladies en déposant de l’ADN sur un réseau de transistors en silicium dont la charge se modifie en cas de mutation.
Pour le traitement des tumeurs cancéreuses, des nano particules sont à l’étude, fonctionnalisées par des anticorps spécifiques, se fixeraient aux cellules tumorales et seraient chauffées pour détruire sélectivement les cellules. On pourrait imaginer également des processus d’encerclement des cellules cancéreuses qui les isoleraient du milieu vitalement sain. Toujours en thérapie cellulaire, des nano particules magnétiques, porteuses d’une molécule thérapeutique, pourraient être insérées dans les cellules et être guidées vers un organe précis par l’intermédiaire de la technique IRM. Ceci serait particulièrement intéressant dans une intervention sur le cerveau. On peut penser aussi à l’intérêt que susciterait la fabrication de nouveaux biomatériaux qui seraient utilisés, par exemple, dans la régénération des os et des tissus. On se trouve là dans la possibilité créative de nouvelles prothèses biocompatibles avec l’organisme humain.
Les nouvelles structures nanométriques tendent tout simplement à imiter la nature, en copiant les multitudes capacités des cellules du vivant. On parle de bio mimétisme : refaire à notre façon ce que la vie naturelle a fait ! Ainsi, par exemple,
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la fleur de lotus laisse couler l’eau sur elle-même sans être mouillée grâce à de minuscules cristaux de cire présents sur sa surface. Les gouttes d’eau emportent cependant les poussières sur leur passage, technique qui pourrait servir à la fabrication de peintures anti-salissure, de vitres autonettoyantes, de supports anti-bactériens ; On parle également de la création de moteurs moléculaires qui s’inspireraient du fonctionnement de la cellule. Des milliers de protéines liées par des filaments serviraient à reproduire des mouvements propres aux fonctionnement de la cellule.
Le problème fondamental pour un chercheur comme pour un novice réside dans le fait qu’on ne manipule pas les atomes comme les éléments d’un jeu de construction classique. Les chercheurs bénéficient en réalité de cette capacité exceptionnelle de la matière de s’auto organiser spontanément et de manière très variée. Les nano objets sont déposés sur un substrat cristallin dont le réseau va imposer un ordre à ces objets. Il ne reste plus qu’à intervenir sur les interactions entre ces objets. On connaît déjà les fameux nano tubes de carbone dont la structure est à la fois robuste, légère et souple : 100 fois plus résistants, 6 fois plus rigide et 6 fois plus léger que l’acier ! Diverses méthodes existent pour la fabrication de nano objets. Depuis 30 ans on a adopté, à l’aide de la microélectronique, la méthode top down qui consiste à miniaturiser au maximum des objets existants. On obtient par exemple des transistors. Cette méthode possède ses limites dans la mesure où il est difficile de conserver les mêmes structures et les mêmes propriétés après miniaturisation. En outre dans cette course effrénée vers la miniaturisation, les outils utilisés admettent eux aussi des limites au-delà desquelles on ne peut plus agir. Une approche inverse dite : bottom up consiste à organiser la matière atome par atome ou molécule par molécule, ce qui permet d’obtenir des nano objet de manière entièrement artificielle et dotés de structures et de propriétés absolument inédites. C’est une façon de refaire le monde à l’aide de briques élémentaires qui s’assemblent comme notre Terre s’organisa depuis quatre milliards d’années. Ces manipulations d’atomes ou de molécules à très petite échelle supposent la mise au point de procédés divers qu’on ne développera pas ici, pas plus que l’inventaire de toutes les découvertes déjà réalisées. Précisons simplement qu’il est possible de réaliser des objets qui ne seraient obtenus par des moyens classique qu’au prix de méthodes très agressives. Parmi les prouesses réalisées dernièrement par les scientifiques du CEMES – CNRS, citons le processus de contrôle de la rotation d’une roue au sein de la molécule. Une telle réussite ouvre la voie à la création des premières molécules – machines.
Pour façonner la nano Sphère, pour inter – agir avec les atomes, les chercheurs développent des outils d’observation et de manipulation toujours plus étonnants. Certaines techniques étudient un signal émis par l’objet, d’autres émettent un signal et en analysent la réémission par l’objet observé. On est là dans le cadre d’une manipulation directe de la matière à l’aide de sondes ultra perfectionnées.
Explorer le monde de l’infiniment petit est absolument impossible avec un microscope à lumière naturelle. La longueur d’onde de celle-ci ne permet pas l’observation au-delà de 0,2 micromètres. Alors au lieu d’utiliser des photons, on utilise un faisceau d’électrons : c’est le microscope électronique à transmission ou à balayage. Ce qui révolutionna l’observation et la manipulation des atomes, c’est la
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découverte par deux ingénieurs d’IBM suisse, du microscope à effet tunnel. (STM)
Il permet de voir les atomes un par un. Une pointe métallique extrêmement fine, terminée par un ou quelques atomes, balaye la surface à observer à quelques nanomètres de distance en émettant une tension électrique. Le courant d’électrons formé franchit cet écart sous ultravide par effet tunnel, phénomène bien connu en mécanique quantique.
L’effet tunnel désigne la propriété que possède une particule de franchir un obstacle , même si cela demande plus d’énergie que ce dont elle dispose. Ce qui est impossible dans le monde macroscopique. Cela est dû au comportement probabiliste des particules : il y a toujours une probabilité qu’elles se retrouvent de l’autre côté de l’obstacle, comme si elles passaient à travers un tunnel à travers lui.
Le balayage d’un faisceau d’électrons permet d’obtenir l’image d’un objet de taille micro ou nanométrique. Les grossissements sont de l’ordre de 10000 et peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers, bien supérieurs à ceux obtenus avec un microscope optique classique. Le STM est capable également de déplacer les atomes, la pointe servant de pince.
Du fait de leurs propriétés physiques particulières, les nano particules intéressent beaucoup l’industrie. Déjà plusieurs centaines de produits contenant des nano particules sont commercialisés : vêtements, cosmétiques, articles de sport, appareillages électroniques et informatiques ( aspirateur anti-allergène, téléphone mobile antibactérien, etc ), des produits d’entretien et de jardin, des produits contraceptifs et de nombreux compléments alimentaires. Dans le domaine de la protection de l’environnement, les nanotechnologies pourraient s’avérer utiles grâce à la mise au point de dispositifs permettant de doser, piéger, neutraliser ou filtrer les polluants, aux doses les plus infimes qui soient.
D’une diversité inimaginable, les nano particules seront donc présentes partout dans les chaînes de production. Cependant leurs propriétés physico-chimiques sont imprévisibles à si petite échelle. Leur taille empêche de les maîtriser et il sera impossible de subir leur influence de manière inopinée. Elles posent donc un problème pour notre santé et pour l’environnement. Elles sont susceptibles de franchir les barrières de notre peau et de perturber le fonctionnement de notre corps.
La manipulation incontrôlée de ces réalités microscopiques nous promet un avenir absolument incertain. Les hommes ont ouvert une « boite de pandore » dont on ne connaît pas le contenu véritable légué en héritage pour nos enfants et petits enfants.
Les frontières de l’humain sont encore bien éloignées !!!
Catalogue des futures inventions
Confections d’embryons sur mesure
Le XXe siècle a été celui de la libération de la femme, avec l’invention de la pilule contraceptive et l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse. Dans un temps relativement court, il sera techniquement possible, à des coûts raisonnables, de déterminer la carte génétique précoce de l’embryon : le sexe, les maladies génétiques graves, la couleur des yeux et des cheveux, la taille, les rapports avec les ascendants, etc. La détermination de tous ces caractères pourra donc influencer le couple dans son choix d’enfants correspondant à leurs désirs ou leurs fantasmes.
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On pourra ainsi réaliser, à l’aide d’ovules et de spermatozoïdes, un certain nombre de fécondations in vitro et procéder à une analyse génétique qui conduira à des propositions de choix. Il restera alors, une fois le choix fait, d’implanter l’embryon dans l’utérus de la mère. La naissance de l’enfant montrera si oui ou non le produit désiré correspond au choix antérieur…avec toutes les conséquences qui en résultent au niveau de la responsabilité des « manipulateurs ».
La course vers l’eugénisme
Les progrès de la biologie rendront possible des tests de compatibilité entre les ADN, enregistrés sur des puces magnétiques, d’un homme et d’une femme. Il s’agit en fait de la recherche du partenaire idéal. Sur un CV traditionnel on pourra y joindre son code ADN afin que l’entreprise puisse embaucher le candidat le plus approprié pour les tâches demandées. Il sera possible en effet de réaliser un bilan sur ses qualités et défauts potentiels. Adieu donc la liberté !!
Les problèmes d’héritage
L’espérance de vie globale augmente chaque jour de 2 mois, mais ce vieillissement posera des problèmes médicaux, sociologiques, économiques considérables. On parle d’un âge moyen de 105 ans en 2060 et d’un âge maximal de 120 ans. Ceci entraînera une terrible conséquence sur les contingences familiales. La famille deviendra comme une tribu ! Le couple initial pourra avoir de 40 à 50 descendants. On héritera de ses parents lorsqu’on aura de 80 à 90 ans. Alors à quoi bon ? et si on saute une génération, les héritiers seront 20 ou 25 ! Logiquement cet état de fait conduira à une remise en cause des règles du capitalisme actuel. Et que dire de décompositions et recompositions de familles qui rendra très difficiles toutes les questions de successions.
Le cas des OGM
Les progrès qui s’annoncent sont considérables en agronomie. On saura fabriquer des variétés de plantes qui seront capables d’assimiler l’azote de l’air, rendant les nitrates inutiles comme engrais. L’introduction de gênes pour lutter contre les insectes dispensera d’utiliser des insecticides. La résistance aux herbicides génétiquement introduits dans les plantes permettra d’éviter de labourer les champs, donc de diminuer l’érosion des sols et les émissions de CO2. Ce processus va naturellement ruiner les industries chimiques. On pourra également fabriquer des espèces moins exigeantes en eau, ce qui est très utile en raison de la pénurie d’eau en certaines régions du globe.
Médecine et nano particules
Avec l’usage des nano technologies et de l’optique quantique, les ordinateurs iront inexorablement vers une profonde miniaturisation et seront capables de traiter un nombre gigantesque d’informations sur un volume de plus en plus petit. L’ordinateur tendra de plus en plus à remplacer notre cerveau. La « souris » traditionnelle, qui permet l’interaction : homme / machine, sera remplacée par le son de la voix. Que deviendrons les dactylos ? Les calculettes de poche seront devenues un petit point placé sur les lunettes ou derrière l’oreille. Elles exécuteront des opérations simples ou complexes pensées par le cerveau. Sera-t-il alors utile d’enseigner aux enfants les règles du calcul ? Mais pour arriver à ces exploits, il faudra fabriquer des logiciels que seule une élite est capable de comprendre toute l’organisation. Le monde sera-t-il alors dirigé par une caste supérieure qui détiendra le savoir et le pouvoir ?
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Il va être possible, grâce aux nano technologies, d’introduire dans le cerveau de minuscules doses d’éléments chimiques qui pourront être déposées à un endroit précis pour des usages multiples tels que des opérations de type thérapeutique. Mais on pourra aussi injecter dans le cerveau des corps étrangers de dimension infiniment petite afin d’effectuer, à l’aide d’ondes électromagnétiques par exemple, des actions de réparation ou de modification sur les neurones mêmes. La nano particule sert alors de véhicule pouvant transporter des cellules souches dont la multiplication remplacera les cellules malades. Cependant le risque est grand que de vouloir entreprendre d’autres exploits qui ne disent pas leurs noms. Et de plus l’homme saura-t-il maîtriser ces techniques de très haute précision ?. Rien n’est moins sûr !
Que dire de la maladie d’Alzheimer ?
Elle concerne d’abord une détérioration de l’hippocampe, organe central pour la mémoire. Ensuite la maladie met une dizaine d’années à se développer. Demain, grâce aux rayonnements électromagnétiques et aux nano technologies, on pourra détruire les premières cellules malades ou encore greffer des cellules souches après les avoir localisées. On espère ainsi être capable de bloquer la reproduction des cellules malades.
La mondialisation
On constate que le monde se dilate…mais ne va-t-il pas se rétrécir ?
Plusieurs phénomènes vont voir le jour : le prix du transport aérien fortement taxé, la lutte contre les immigrations, les ajustements dans les niveaux de vie grâce au progrès social dans les pays émergents, les progrès dans l’agronomie et les techniques agricoles qui permettront de cultiver n’importe quelle plante à peu près n’importe où. De ce fait les échanges commerciaux vont décroître très vraisemblablement. Nous allons donc dans les prochaines années connaître une inévitable régionalisation dont l’ampleur sera le fruit des technologies nouvelles qui réduiront les distances. On peut par exemple parler de télémédecine qui permettra d’envoyer à son médecin des informations en un temps record. Celui-ci pourra à distance déceler une maladie, prescrire un traitement, etc. Le monde de demain bénéficiera d’une conjugaison de facteurs multiples qui modifieront son visage : nano technologies, micro imagerie, informatique, etc. Les possibilités humaines en matière de communication ultra véloce n’ont-elles pas pour finalité une réalité double : la résolution de nos problèmes les plus familiers liés souvent à la souffrance et en fin de compte l’isolement de l’être sur lui-même en recherche de son identité.
Quelle Espérance pour ce monde-là ?
COMMENTAIRES DU PRESIDENT
les nano tehnologies appliquées à l'industrie chimique, notamment les revêtements de surfaces pour protéger les métaux contre la corrosion, sont déjà largement appliquées. Le succès de ces technologies dans ce domaine est dû au fait qu'elles suppriment le traitement des rejets (eaux de rinçage lourdement chargées en métaux, sels métalliques etc ...) Mais, les procédés d'application de ces nano technologies comportent, eux aussi des opérations de rinçage à l'eau. Saura-t-on effectuer des nano filtrations pour rendre rejetables dans les réseaux d'eaux usées ces effluents d'un nouveau type ?
Un nanomètre = un milliardième de mètre 10 -9 m
Il s’agit d’un domaine de la science appliquée pluridisciplinaire désigné sous l’appellation : nanotechnologies. A partir de nano objets, les physiciens pensent faire évoluer la nanoélectronique, l’électromagnétisme et l’optique. Les nano sciences produiront des super calculateurs pour traiter davantage d’informations ou de véritables machines-outils de taille quantique pour visualiser le caractère ondulatoire des particules. Les biologistes observeront les mécanismes et les interactions au niveau moléculaire pour développer de nouveaux modèles et entreprendre des diagnostiques plus précis et des traitements médicamenteux. Les chimistes pourront construire de nouvelles molécules pour élaborer des structures hybrides comme des plastiques conducteurs. Ces nouvelles techniques ouvrent la voie à d’innombrables développements en matériaux, électronique, pharmacie, industrie chimique, aérospatiale et développement durable. En ajoutant des nano particules en surface ou au cœur des structures actuelles, on leur confère une sorte d’intelligence grâce à leur faculté d’adaptabilité. Par exemple des avancées en photonique rendront l’énergie solaire très rentable, ce qui n’est pas encore le cas. Des nano particules métalliques vont améliorer l’efficacité des catalyses, c’est-à-dire accélérer les réactions chimiques sans ajout de solvants. Des membranes dont les pores seront de la taille nano filtreront plus efficacement l’air et les eaux, pour les dépolluer en oxydant les molécules organiques ( virus, bactéries, pesticides ) ou les désaliniser. Les véhicules de transports pourront être allégés pour consommer moins, tout en étant plus sécurisés grâce à des carrosseries renforcées et des pneumatiques plus résistants. Toute cette révolution technologique est sensée éviter le coûteux recours aux métaux traditionnels, polymères, céramiques, aluminium et plastiques.
Il s’agit là d’une fabrication : atome par atome qui réduit considérablement les quantités de résidus tout en économisant l’énergie. De lourds investissements seront cependant nécessaires pour renouveler les techniques suite à la grande miniaturisation des composants et des structures. Dans le cadre de cette technologie, des métaux tels que l’or, inertes à l’état macroscopique, deviendront très réactifs. Les nanotechnologies seront utiles dans la fabrication de nombreux produits de grande consommation. On prévoit des transistors 500 fois plus petits grâce à des systèmes de gravure sur silicium dessinant sur les puces des lignes de moins de
10 nm de large, contre 65 actuellement. On peut même utiliser des supports plastiques au lieu du silicium. L’optique va remplacer la microélectronique, les transmissions lasers évitant les déperditions d’énergie tout en étant plus rapides que les actuelles connexions électriques.
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Travailler à l’échelle de l’atome requiert naturellement des outils ultra sophistiqués faisant appel à de nombreux spécialistes, chercheurs du CNRS et du CEA. L’objectif est de réaliser des machines composées d’un nombre restreint d’atomes et des systèmes non présents dans la nature. Toutefois, dans la Nanosphère, les lois physiques diffèrent de celles qui nous gouvernent. Elles sont régies par la mécanique quantique. Certaines propriétés apparaissent et d’autres disparaissent ; certaines sont améliorées et d’autres perturbées. Citons : la légèreté, la résistance, la conductivité, la thermie, l’adhérence, le magnétisme et même l’esthétisme !...Organiser la Nanosphère représente une tâche gigantesque qu’il faudra maîtriser pour prévenir les risques. La miniaturisation des composants des puces est un enjeu scientifique majeur qui se traduira par une large amplification des puissances des matériels électroniques, des vitesses de calcul et des capacités de mémorisation des disques durs. On verra bientôt la mise au point d’un ordinateur quantique à l’aide de nano cristaux, nano fils, nano composites et électronique moléculaire. Pour cela les chercheurs doivent surmonter la limite physique des circuits intégrés sur silicium, atteinte vers 2010 selon les prévisions de la loi de Moore et créer de nouvelles architectures optiques et non électriques.
Depuis les années 80, les chercheurs peuvent explorer la complexité du vivant grâce à des instruments miniaturisés et de nouvelles connaissances sur les cellules. Les nano biotechnologies leur permettent de comprendre et de manipuler protéines, acides nucléiques, lipides et autres composants moléculaires. Il en découle de nouvelles méthodes de diagnostic et d’analyse, de nouveaux médicaments et des prothèses mieux tolérées. Pour repérer les biomolécules par exemple, plus besoin d’appareillage optique. On utilise des techniques de marquage tels que les nano cristaux semi-conducteurs s’accrochant aux molécules et émettant de la lumière pendant plusieurs dizaines de minutes. Les nano électrodes permettent de détecter une réaction biologique car elles fixent des nano billes métalliques d’or ou d’argent sur les molécules pour obtenir une réponse de nature électrique. Il est possible aussi de détecter électroniquement des mutations génétiques causes de nombreuses pathologies et ainsi de soigner des maladies en déposant de l’ADN sur un réseau de transistors en silicium dont la charge se modifie en cas de mutation.
Pour le traitement des tumeurs cancéreuses, des nano particules sont à l’étude, fonctionnalisées par des anticorps spécifiques, se fixeraient aux cellules tumorales et seraient chauffées pour détruire sélectivement les cellules. On pourrait imaginer également des processus d’encerclement des cellules cancéreuses qui les isoleraient du milieu vitalement sain. Toujours en thérapie cellulaire, des nano particules magnétiques, porteuses d’une molécule thérapeutique, pourraient être insérées dans les cellules et être guidées vers un organe précis par l’intermédiaire de la technique IRM. Ceci serait particulièrement intéressant dans une intervention sur le cerveau. On peut penser aussi à l’intérêt que susciterait la fabrication de nouveaux biomatériaux qui seraient utilisés, par exemple, dans la régénération des os et des tissus. On se trouve là dans la possibilité créative de nouvelles prothèses biocompatibles avec l’organisme humain.
Les nouvelles structures nanométriques tendent tout simplement à imiter la nature, en copiant les multitudes capacités des cellules du vivant. On parle de bio mimétisme : refaire à notre façon ce que la vie naturelle a fait ! Ainsi, par exemple,
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la fleur de lotus laisse couler l’eau sur elle-même sans être mouillée grâce à de minuscules cristaux de cire présents sur sa surface. Les gouttes d’eau emportent cependant les poussières sur leur passage, technique qui pourrait servir à la fabrication de peintures anti-salissure, de vitres autonettoyantes, de supports anti-bactériens ; On parle également de la création de moteurs moléculaires qui s’inspireraient du fonctionnement de la cellule. Des milliers de protéines liées par des filaments serviraient à reproduire des mouvements propres aux fonctionnement de la cellule.
Le problème fondamental pour un chercheur comme pour un novice réside dans le fait qu’on ne manipule pas les atomes comme les éléments d’un jeu de construction classique. Les chercheurs bénéficient en réalité de cette capacité exceptionnelle de la matière de s’auto organiser spontanément et de manière très variée. Les nano objets sont déposés sur un substrat cristallin dont le réseau va imposer un ordre à ces objets. Il ne reste plus qu’à intervenir sur les interactions entre ces objets. On connaît déjà les fameux nano tubes de carbone dont la structure est à la fois robuste, légère et souple : 100 fois plus résistants, 6 fois plus rigide et 6 fois plus léger que l’acier ! Diverses méthodes existent pour la fabrication de nano objets. Depuis 30 ans on a adopté, à l’aide de la microélectronique, la méthode top down qui consiste à miniaturiser au maximum des objets existants. On obtient par exemple des transistors. Cette méthode possède ses limites dans la mesure où il est difficile de conserver les mêmes structures et les mêmes propriétés après miniaturisation. En outre dans cette course effrénée vers la miniaturisation, les outils utilisés admettent eux aussi des limites au-delà desquelles on ne peut plus agir. Une approche inverse dite : bottom up consiste à organiser la matière atome par atome ou molécule par molécule, ce qui permet d’obtenir des nano objet de manière entièrement artificielle et dotés de structures et de propriétés absolument inédites. C’est une façon de refaire le monde à l’aide de briques élémentaires qui s’assemblent comme notre Terre s’organisa depuis quatre milliards d’années. Ces manipulations d’atomes ou de molécules à très petite échelle supposent la mise au point de procédés divers qu’on ne développera pas ici, pas plus que l’inventaire de toutes les découvertes déjà réalisées. Précisons simplement qu’il est possible de réaliser des objets qui ne seraient obtenus par des moyens classique qu’au prix de méthodes très agressives. Parmi les prouesses réalisées dernièrement par les scientifiques du CEMES – CNRS, citons le processus de contrôle de la rotation d’une roue au sein de la molécule. Une telle réussite ouvre la voie à la création des premières molécules – machines.
Pour façonner la nano Sphère, pour inter – agir avec les atomes, les chercheurs développent des outils d’observation et de manipulation toujours plus étonnants. Certaines techniques étudient un signal émis par l’objet, d’autres émettent un signal et en analysent la réémission par l’objet observé. On est là dans le cadre d’une manipulation directe de la matière à l’aide de sondes ultra perfectionnées.
Explorer le monde de l’infiniment petit est absolument impossible avec un microscope à lumière naturelle. La longueur d’onde de celle-ci ne permet pas l’observation au-delà de 0,2 micromètres. Alors au lieu d’utiliser des photons, on utilise un faisceau d’électrons : c’est le microscope électronique à transmission ou à balayage. Ce qui révolutionna l’observation et la manipulation des atomes, c’est la
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découverte par deux ingénieurs d’IBM suisse, du microscope à effet tunnel. (STM)
Il permet de voir les atomes un par un. Une pointe métallique extrêmement fine, terminée par un ou quelques atomes, balaye la surface à observer à quelques nanomètres de distance en émettant une tension électrique. Le courant d’électrons formé franchit cet écart sous ultravide par effet tunnel, phénomène bien connu en mécanique quantique.
L’effet tunnel désigne la propriété que possède une particule de franchir un obstacle , même si cela demande plus d’énergie que ce dont elle dispose. Ce qui est impossible dans le monde macroscopique. Cela est dû au comportement probabiliste des particules : il y a toujours une probabilité qu’elles se retrouvent de l’autre côté de l’obstacle, comme si elles passaient à travers un tunnel à travers lui.
Le balayage d’un faisceau d’électrons permet d’obtenir l’image d’un objet de taille micro ou nanométrique. Les grossissements sont de l’ordre de 10000 et peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers, bien supérieurs à ceux obtenus avec un microscope optique classique. Le STM est capable également de déplacer les atomes, la pointe servant de pince.
Du fait de leurs propriétés physiques particulières, les nano particules intéressent beaucoup l’industrie. Déjà plusieurs centaines de produits contenant des nano particules sont commercialisés : vêtements, cosmétiques, articles de sport, appareillages électroniques et informatiques ( aspirateur anti-allergène, téléphone mobile antibactérien, etc ), des produits d’entretien et de jardin, des produits contraceptifs et de nombreux compléments alimentaires. Dans le domaine de la protection de l’environnement, les nanotechnologies pourraient s’avérer utiles grâce à la mise au point de dispositifs permettant de doser, piéger, neutraliser ou filtrer les polluants, aux doses les plus infimes qui soient.
D’une diversité inimaginable, les nano particules seront donc présentes partout dans les chaînes de production. Cependant leurs propriétés physico-chimiques sont imprévisibles à si petite échelle. Leur taille empêche de les maîtriser et il sera impossible de subir leur influence de manière inopinée. Elles posent donc un problème pour notre santé et pour l’environnement. Elles sont susceptibles de franchir les barrières de notre peau et de perturber le fonctionnement de notre corps.
La manipulation incontrôlée de ces réalités microscopiques nous promet un avenir absolument incertain. Les hommes ont ouvert une « boite de pandore » dont on ne connaît pas le contenu véritable légué en héritage pour nos enfants et petits enfants.
Les frontières de l’humain sont encore bien éloignées !!!
Catalogue des futures inventions
Confections d’embryons sur mesure
Le XXe siècle a été celui de la libération de la femme, avec l’invention de la pilule contraceptive et l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse. Dans un temps relativement court, il sera techniquement possible, à des coûts raisonnables, de déterminer la carte génétique précoce de l’embryon : le sexe, les maladies génétiques graves, la couleur des yeux et des cheveux, la taille, les rapports avec les ascendants, etc. La détermination de tous ces caractères pourra donc influencer le couple dans son choix d’enfants correspondant à leurs désirs ou leurs fantasmes.
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On pourra ainsi réaliser, à l’aide d’ovules et de spermatozoïdes, un certain nombre de fécondations in vitro et procéder à une analyse génétique qui conduira à des propositions de choix. Il restera alors, une fois le choix fait, d’implanter l’embryon dans l’utérus de la mère. La naissance de l’enfant montrera si oui ou non le produit désiré correspond au choix antérieur…avec toutes les conséquences qui en résultent au niveau de la responsabilité des « manipulateurs ».
La course vers l’eugénisme
Les progrès de la biologie rendront possible des tests de compatibilité entre les ADN, enregistrés sur des puces magnétiques, d’un homme et d’une femme. Il s’agit en fait de la recherche du partenaire idéal. Sur un CV traditionnel on pourra y joindre son code ADN afin que l’entreprise puisse embaucher le candidat le plus approprié pour les tâches demandées. Il sera possible en effet de réaliser un bilan sur ses qualités et défauts potentiels. Adieu donc la liberté !!
Les problèmes d’héritage
L’espérance de vie globale augmente chaque jour de 2 mois, mais ce vieillissement posera des problèmes médicaux, sociologiques, économiques considérables. On parle d’un âge moyen de 105 ans en 2060 et d’un âge maximal de 120 ans. Ceci entraînera une terrible conséquence sur les contingences familiales. La famille deviendra comme une tribu ! Le couple initial pourra avoir de 40 à 50 descendants. On héritera de ses parents lorsqu’on aura de 80 à 90 ans. Alors à quoi bon ? et si on saute une génération, les héritiers seront 20 ou 25 ! Logiquement cet état de fait conduira à une remise en cause des règles du capitalisme actuel. Et que dire de décompositions et recompositions de familles qui rendra très difficiles toutes les questions de successions.
Le cas des OGM
Les progrès qui s’annoncent sont considérables en agronomie. On saura fabriquer des variétés de plantes qui seront capables d’assimiler l’azote de l’air, rendant les nitrates inutiles comme engrais. L’introduction de gênes pour lutter contre les insectes dispensera d’utiliser des insecticides. La résistance aux herbicides génétiquement introduits dans les plantes permettra d’éviter de labourer les champs, donc de diminuer l’érosion des sols et les émissions de CO2. Ce processus va naturellement ruiner les industries chimiques. On pourra également fabriquer des espèces moins exigeantes en eau, ce qui est très utile en raison de la pénurie d’eau en certaines régions du globe.
Médecine et nano particules
Avec l’usage des nano technologies et de l’optique quantique, les ordinateurs iront inexorablement vers une profonde miniaturisation et seront capables de traiter un nombre gigantesque d’informations sur un volume de plus en plus petit. L’ordinateur tendra de plus en plus à remplacer notre cerveau. La « souris » traditionnelle, qui permet l’interaction : homme / machine, sera remplacée par le son de la voix. Que deviendrons les dactylos ? Les calculettes de poche seront devenues un petit point placé sur les lunettes ou derrière l’oreille. Elles exécuteront des opérations simples ou complexes pensées par le cerveau. Sera-t-il alors utile d’enseigner aux enfants les règles du calcul ? Mais pour arriver à ces exploits, il faudra fabriquer des logiciels que seule une élite est capable de comprendre toute l’organisation. Le monde sera-t-il alors dirigé par une caste supérieure qui détiendra le savoir et le pouvoir ?
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Il va être possible, grâce aux nano technologies, d’introduire dans le cerveau de minuscules doses d’éléments chimiques qui pourront être déposées à un endroit précis pour des usages multiples tels que des opérations de type thérapeutique. Mais on pourra aussi injecter dans le cerveau des corps étrangers de dimension infiniment petite afin d’effectuer, à l’aide d’ondes électromagnétiques par exemple, des actions de réparation ou de modification sur les neurones mêmes. La nano particule sert alors de véhicule pouvant transporter des cellules souches dont la multiplication remplacera les cellules malades. Cependant le risque est grand que de vouloir entreprendre d’autres exploits qui ne disent pas leurs noms. Et de plus l’homme saura-t-il maîtriser ces techniques de très haute précision ?. Rien n’est moins sûr !
Que dire de la maladie d’Alzheimer ?
Elle concerne d’abord une détérioration de l’hippocampe, organe central pour la mémoire. Ensuite la maladie met une dizaine d’années à se développer. Demain, grâce aux rayonnements électromagnétiques et aux nano technologies, on pourra détruire les premières cellules malades ou encore greffer des cellules souches après les avoir localisées. On espère ainsi être capable de bloquer la reproduction des cellules malades.
La mondialisation
On constate que le monde se dilate…mais ne va-t-il pas se rétrécir ?
Plusieurs phénomènes vont voir le jour : le prix du transport aérien fortement taxé, la lutte contre les immigrations, les ajustements dans les niveaux de vie grâce au progrès social dans les pays émergents, les progrès dans l’agronomie et les techniques agricoles qui permettront de cultiver n’importe quelle plante à peu près n’importe où. De ce fait les échanges commerciaux vont décroître très vraisemblablement. Nous allons donc dans les prochaines années connaître une inévitable régionalisation dont l’ampleur sera le fruit des technologies nouvelles qui réduiront les distances. On peut par exemple parler de télémédecine qui permettra d’envoyer à son médecin des informations en un temps record. Celui-ci pourra à distance déceler une maladie, prescrire un traitement, etc. Le monde de demain bénéficiera d’une conjugaison de facteurs multiples qui modifieront son visage : nano technologies, micro imagerie, informatique, etc. Les possibilités humaines en matière de communication ultra véloce n’ont-elles pas pour finalité une réalité double : la résolution de nos problèmes les plus familiers liés souvent à la souffrance et en fin de compte l’isolement de l’être sur lui-même en recherche de son identité.
Quelle Espérance pour ce monde-là ?
COMMENTAIRES DU PRESIDENT
les nano tehnologies appliquées à l'industrie chimique, notamment les revêtements de surfaces pour protéger les métaux contre la corrosion, sont déjà largement appliquées. Le succès de ces technologies dans ce domaine est dû au fait qu'elles suppriment le traitement des rejets (eaux de rinçage lourdement chargées en métaux, sels métalliques etc ...) Mais, les procédés d'application de ces nano technologies comportent, eux aussi des opérations de rinçage à l'eau. Saura-t-on effectuer des nano filtrations pour rendre rejetables dans les réseaux d'eaux usées ces effluents d'un nouveau type ?
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
J.P. GIROUD/ un phénomène de contre-évolution en biologie humaine, ou la peurt de l'existence
Samedi 19 Septembre 2009
Le phénomène de contre-évolution, ou la peur de l’existence, est un sujet certainement important de préoccupation de l’être humain. Déjà l’enfant n’est-il pas pris de peur panique quand il découvre que ses parents ne sont pas éternels, qu’ils vont mourir, ne devient-il pas inconsolable quand il pense que ces êtres qui le chérissent, le protègent, un jour, ne seront plus là. Mais l’enfant encore petit pense au présent ; plus tard seulement il découvrira…
De la peur existentielle le père Teilhard nous donne bien des causes justificatives :
Tout a commencé semble-t-il à l’éveil dans la nuit ;l’arrivée de l’animal pensant, l’être humain, et avec lui le début de la conscience. Alors, rien ne sera plus comme avant ; dans la pensée primaire la peur elle aussi est née.
Puis, les évolutions humaines niveaux après niveaux se sont faites et se font mais les raisons possibles de peur n’ont pas diminuées
:
D’abord, la peur devant la matière :
- c’est la prise de conscience de plus en plus aiguë des dimensions de l’univers en opposition à notre petitesse microscopique perdue dans cette immensité.
- il y a la vision de nous-même, comme prisonniers à l’intérieur d’un monde d’où il serait impossible de s’extraire, de s’échapper, psychiquement murés, spasmes puis étouffement de l’âme.
- la découverte de plus en plus angoissante que nous sommes faits de millions d’êtres uniques certes, mais faits de la terre, avec tout ce que cela peut avoir de « basic », de non fini, d’absurde et de précaire. St Paul ne dit-il pas dans son épître aux Romains ch.7 « …je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas… »
Ensuite, la peur devant l’humain :
- l’immensité de la marée humaine ne peut-elle pas déstabiliser la personne dans son unité
- l’opacité des consciences entre-elles c’est à dire n’y a-t-il pas risque pour la conscience de faire son cheminement seul, enfermée dans sa certitude, sûre d’elle-même mais également par voie de conséquence, sûre de sa sclérose, finalement désespérément seule.
- l’impersonnalité ou la négation de la personne individuelle par le totalitarisme et l’uniformité se traduisant par l’étouffement de l’originalité de chacun.
Toutes ces angoisses font frémir mais, nous est-il dit, il me semble, leurs existences même, nous ouvre la voie .En effet le non-être , l’inerte, nous l’avons déjà beaucoup démontré n’existe pas (par nature !). Il y a mouvement, clin d’œil au vieux sage chinois qui dit dans un texte du Yi Jing : « la seule chose qui ne changera jamais c’est que tout est toujours en train de changer »
Comme nous l’avons dit plus haut, donc tout a vraiment commencé avec le choc de l’éveil dans la nuit il y a quelques millions d’années. De l’instinct animal émergeait sans le gommer l’individu pensant ;richesse de taille : une nouvelle fois les choses étaient en route mais différemment ou plutôt enrichies comme quand on met un turbo à un moteur ou qu’il y a une belle route toute neuve juste à la suite d’un chemin de terre. En d’autres termes, Il y avait une nouvelle donne ; chacun sait qu’il y en aura d ‘autres plus tard…
Alors, la première peur existentielle tombe par évidence celle donc de la « non présence »
Pour faire court, et aujourd'hui où en sommes-nous ?
La pointe réfléchie de notre conscience, est en état de continuelle consolidation nous est-il dit page 200 du livre.
De plus en plus évidente actuellement , il fallait être hors du commun pour voir et oser réfléchir pour certains milieux en ces années du milieu du siècle dernier, à ce qu l’on étudiait peu à peu et qui commençait à s’appeler la psychologie analytique.
La science est faite d’abord de bon sens ou sens commun ; nous sommes gens de la terre, évolution de la terre et en tant que tels marqués par nos pères nos aïeux ce qu’on appelle maintenant le trans générationnel. Nous sommes faits aussi par nosorigines, notre culture. N’ai-je pas parfois tendance à l’oublier ? Tout ce que je suis, avec son intelligence, suite du siècle des lumières et pour le meilleur et le pire
et aussi suite de cultures, d’histoires familiales etc. Et alors, dirons certains, c’est maintenant que nous allons à la catastrophe car… à quoi on peut répondre :
N’est-ce pas baisser les bras sans raison ?
Nous avons tous les jours entre nos mains et dans nos âmes un capital de plus en plus riche. N’est-ce pas faire injure à l’autre en démissionnant ? C’est sûr qu’en nous réveillant nous n’avons pas naturellement la partie belle. Mais qui sait après tout…
On lit page 201 :Par régression en lui de l’Extériorité et de la Distance, l’Autre, je dis bien, cesse de nous épouvanter. Bien mieux : par son énormité même, il tend à devenir fascinant et aimable ;
J’avais parlé il y a quelques mois d’un homme qui avait partagé simplement un verre d’une boisson à laquelle pourtant il tenait beaucoup parce que c’était sa mère restée là bas aux Antilles qui la lui avait envoyée. Je n’avais peut-être pas dit que la bouteille il y tenait certainement beaucoup, qu’il ne trouverait pas la même en France et surtout qu’elle ne viendrait pas de sa mère et du pays…et pourtant il avait donné sans compter.
Plus tard, sorti de l’appartement dont entre autre l’intérieur était plus que sommaire, je ne pouvais qu’être heureux de l’instant partagé ; une heure avant je ne connaissais pas cet homme et il faisait un cadeau ; il venait d’une autre culture mais à nouveau l’amitié ou l’amour n’avait pas de frontière.
Pierre Teilhard de Chardin pour finir, me donne un exemple magistral, intimement convaincu qu’il est, de la convergence organo-psychique du monde.
En 1923, dans les steppes d’Asie il dit cette prière, face à l’Immensité, et en communion avec elle:
« ..un à un , je les compte, les membres de cette autre et si chère famille qu’ont rassemblée peu à peu, autour de moi, à partir des éléments les plus disparates, les affinités du cœur, de la recherche scientifique et de la pensée…
et plus loin :..je les évoque, ceux dont la troupe anonyme forme la masse innombrable des vivants »
De la peur existentielle le père Teilhard nous donne bien des causes justificatives :
Tout a commencé semble-t-il à l’éveil dans la nuit ;l’arrivée de l’animal pensant, l’être humain, et avec lui le début de la conscience. Alors, rien ne sera plus comme avant ; dans la pensée primaire la peur elle aussi est née.
Puis, les évolutions humaines niveaux après niveaux se sont faites et se font mais les raisons possibles de peur n’ont pas diminuées
:
D’abord, la peur devant la matière :
- c’est la prise de conscience de plus en plus aiguë des dimensions de l’univers en opposition à notre petitesse microscopique perdue dans cette immensité.
- il y a la vision de nous-même, comme prisonniers à l’intérieur d’un monde d’où il serait impossible de s’extraire, de s’échapper, psychiquement murés, spasmes puis étouffement de l’âme.
- la découverte de plus en plus angoissante que nous sommes faits de millions d’êtres uniques certes, mais faits de la terre, avec tout ce que cela peut avoir de « basic », de non fini, d’absurde et de précaire. St Paul ne dit-il pas dans son épître aux Romains ch.7 « …je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas… »
Ensuite, la peur devant l’humain :
- l’immensité de la marée humaine ne peut-elle pas déstabiliser la personne dans son unité
- l’opacité des consciences entre-elles c’est à dire n’y a-t-il pas risque pour la conscience de faire son cheminement seul, enfermée dans sa certitude, sûre d’elle-même mais également par voie de conséquence, sûre de sa sclérose, finalement désespérément seule.
- l’impersonnalité ou la négation de la personne individuelle par le totalitarisme et l’uniformité se traduisant par l’étouffement de l’originalité de chacun.
Toutes ces angoisses font frémir mais, nous est-il dit, il me semble, leurs existences même, nous ouvre la voie .En effet le non-être , l’inerte, nous l’avons déjà beaucoup démontré n’existe pas (par nature !). Il y a mouvement, clin d’œil au vieux sage chinois qui dit dans un texte du Yi Jing : « la seule chose qui ne changera jamais c’est que tout est toujours en train de changer »
Comme nous l’avons dit plus haut, donc tout a vraiment commencé avec le choc de l’éveil dans la nuit il y a quelques millions d’années. De l’instinct animal émergeait sans le gommer l’individu pensant ;richesse de taille : une nouvelle fois les choses étaient en route mais différemment ou plutôt enrichies comme quand on met un turbo à un moteur ou qu’il y a une belle route toute neuve juste à la suite d’un chemin de terre. En d’autres termes, Il y avait une nouvelle donne ; chacun sait qu’il y en aura d ‘autres plus tard…
Alors, la première peur existentielle tombe par évidence celle donc de la « non présence »
Pour faire court, et aujourd'hui où en sommes-nous ?
La pointe réfléchie de notre conscience, est en état de continuelle consolidation nous est-il dit page 200 du livre.
De plus en plus évidente actuellement , il fallait être hors du commun pour voir et oser réfléchir pour certains milieux en ces années du milieu du siècle dernier, à ce qu l’on étudiait peu à peu et qui commençait à s’appeler la psychologie analytique.
La science est faite d’abord de bon sens ou sens commun ; nous sommes gens de la terre, évolution de la terre et en tant que tels marqués par nos pères nos aïeux ce qu’on appelle maintenant le trans générationnel. Nous sommes faits aussi par nosorigines, notre culture. N’ai-je pas parfois tendance à l’oublier ? Tout ce que je suis, avec son intelligence, suite du siècle des lumières et pour le meilleur et le pire
et aussi suite de cultures, d’histoires familiales etc. Et alors, dirons certains, c’est maintenant que nous allons à la catastrophe car… à quoi on peut répondre :
N’est-ce pas baisser les bras sans raison ?
Nous avons tous les jours entre nos mains et dans nos âmes un capital de plus en plus riche. N’est-ce pas faire injure à l’autre en démissionnant ? C’est sûr qu’en nous réveillant nous n’avons pas naturellement la partie belle. Mais qui sait après tout…
On lit page 201 :Par régression en lui de l’Extériorité et de la Distance, l’Autre, je dis bien, cesse de nous épouvanter. Bien mieux : par son énormité même, il tend à devenir fascinant et aimable ;
J’avais parlé il y a quelques mois d’un homme qui avait partagé simplement un verre d’une boisson à laquelle pourtant il tenait beaucoup parce que c’était sa mère restée là bas aux Antilles qui la lui avait envoyée. Je n’avais peut-être pas dit que la bouteille il y tenait certainement beaucoup, qu’il ne trouverait pas la même en France et surtout qu’elle ne viendrait pas de sa mère et du pays…et pourtant il avait donné sans compter.
Plus tard, sorti de l’appartement dont entre autre l’intérieur était plus que sommaire, je ne pouvais qu’être heureux de l’instant partagé ; une heure avant je ne connaissais pas cet homme et il faisait un cadeau ; il venait d’une autre culture mais à nouveau l’amitié ou l’amour n’avait pas de frontière.
Pierre Teilhard de Chardin pour finir, me donne un exemple magistral, intimement convaincu qu’il est, de la convergence organo-psychique du monde.
En 1923, dans les steppes d’Asie il dit cette prière, face à l’Immensité, et en communion avec elle:
« ..un à un , je les compte, les membres de cette autre et si chère famille qu’ont rassemblée peu à peu, autour de moi, à partir des éléments les plus disparates, les affinités du cœur, de la recherche scientifique et de la pensée…
et plus loin :..je les évoque, ceux dont la troupe anonyme forme la masse innombrable des vivants »
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Yvette Mollier Giroud/de la peure existentielle chez Teilhard de Chardin
Samedi 19 Septembre 2009
Pour comprendre le passage de l'œuvre de PTDC étudié aujourd'hui, j'ai souhaité retrouver le contexte dans lequel le texte a été écrit.
Le 09/01/1949 :
PTDC « discute devant un groupe de prêtres-savants » de ce qu'il appelle « le nouveau cas de Galilée », c'est-à-dire la question de savoir si « l'Humanité avance encore (non pas dans l'espace mais en conscience) »
Le 31/01/49 :
Le supérieur de PTDC lui écrit « … la diffusion clandestine de vos opuscules vous a fait un grand tort …. courageusement et strictement, rentrez dans le domaine scientifique et essayez de servir de votre mieux l'Église. Votre tendance, souvent inconsciente, à sortir de ce terrain ne peut que vous attirer les pires ennuis, sans compter le dommage pour les âmes »
Le 08/02/49 :
PTDC écrit à Rhoda : « et, pour finir, on me demande une fois de plus de m'en tenir à des sujets purement scientifiques, ce qui, naturellement, est impossible psychologiquement »
…. « à dire vrai, le point faible de ma position actuellement, c'est que je ne vois pas comment disparaître pour quelques mois, comme je faisais autrefois avec la Chine. L'Amérique pourrait être ma planche de salut mais quand, et pour faire quoi ? …. »
Durant cette période il écrivait donc, exactement le 26/01/49, le texte que nous retrouvons pages 189 à 202 de l'Activation de l'énergie.
Le tout premier paragraphe de ce texte retrace parfaitement la situation psychique de son auteur.
Teilhard commence donc en précisant que la « peur existentielle » objet de son écrit n'est pas « celle d'un individu humain particulièrement timide, en face de risques matériels ou sociaux qui s'annoncent pour lui dans l'existence », pourtant, comment ne pas faire le rapprochement avec sa propre situation vis à vis de sa « famille », l'Église, qui le rejette ?
Teilhard poursuit en précisant que son propos est lié à une angoisse « cosmique » et « biologique ».
Il développera ensuite la « montée de la Peur » en « Peur devant la Matière » et « Peur devant l'Humain ».
A soixante sept ans, voilà le père « réprimandé comme un collégien l'est pour son comportement dissipé » écrit Patrice Bourdignon.
Que faire quand on a conscience, comme lui, d'appartenir à un collectif de pensée universelle ?
Analyser …. disséquer …..
Les résultats des recherches astronomiques qui ont étendues les limites de notre environnement bien au delà de celles estimées jusqu'alors, l'avancée de la psychologie qui a permit de distinguer l'inné de l'acquis et a pu faire croire à un déterminisme inéluctable ….
La poussée démographique qui semble noyer l'individu dans sa masse ….
Autant de facteurs d'angoisse pour l'Homme.
Teilhard fait sa propre analyse et la livre à ses lecteurs comme modèle de l'Humanité.
On peut noter, à ce stade de notre étude, qu'au cours de ce printemps 1949 PTDC développera une pleurésie qui, comme chacun sait est une inflammation de la plèvre, membrane qui entoure le poumon. Méditons sur cet extrait de la page 193 : « l'Univers nous emprisonne …. impression de confinement et d'étouffement, …. il fait mine, à chaque instant, de nous envahir pour nous désagréger, par le dedans »
Mais, heureusement, Teilhard est optimiste par nature. Est-ce un heureux pré-conditionnement ?
Il est aussi profondément attaché au Christ et à l'Église, « phylum » du Christ.
Il va réussir à trouver la parade à cette angoisse existentielle.
Puisque nous existons, c'est que nous devons être !
Il nous parle de rendre le cosmos « respirable », encore une allusion à la pathologie dont il est victime à ce moment là !
Et voilà qu'il invente un personnage, comme dans un roman, un mineur « dans une galerie étroite, bouchée, peut-être, avec toute la roche pesant sur lui …. » la roche ? L'Église, pesante ? contraignante ?
« mais le mineur …. aperçoit un rai de lumière au-dessus de sa tête …. etc …. »
voilà Teilhard qui reprend confiance, qui sort de son problème, qui, grâce à sa foi en l'Homme écrit « nous sommes enfin sortis du labyrinthe. Nous avons échappé à l'angoisse. Nous sommes libérés. »
Le 09/01/1949 :
PTDC « discute devant un groupe de prêtres-savants » de ce qu'il appelle « le nouveau cas de Galilée », c'est-à-dire la question de savoir si « l'Humanité avance encore (non pas dans l'espace mais en conscience) »
Le 31/01/49 :
Le supérieur de PTDC lui écrit « … la diffusion clandestine de vos opuscules vous a fait un grand tort …. courageusement et strictement, rentrez dans le domaine scientifique et essayez de servir de votre mieux l'Église. Votre tendance, souvent inconsciente, à sortir de ce terrain ne peut que vous attirer les pires ennuis, sans compter le dommage pour les âmes »
Le 08/02/49 :
PTDC écrit à Rhoda : « et, pour finir, on me demande une fois de plus de m'en tenir à des sujets purement scientifiques, ce qui, naturellement, est impossible psychologiquement »
…. « à dire vrai, le point faible de ma position actuellement, c'est que je ne vois pas comment disparaître pour quelques mois, comme je faisais autrefois avec la Chine. L'Amérique pourrait être ma planche de salut mais quand, et pour faire quoi ? …. »
Durant cette période il écrivait donc, exactement le 26/01/49, le texte que nous retrouvons pages 189 à 202 de l'Activation de l'énergie.
Le tout premier paragraphe de ce texte retrace parfaitement la situation psychique de son auteur.
Teilhard commence donc en précisant que la « peur existentielle » objet de son écrit n'est pas « celle d'un individu humain particulièrement timide, en face de risques matériels ou sociaux qui s'annoncent pour lui dans l'existence », pourtant, comment ne pas faire le rapprochement avec sa propre situation vis à vis de sa « famille », l'Église, qui le rejette ?
Teilhard poursuit en précisant que son propos est lié à une angoisse « cosmique » et « biologique ».
Il développera ensuite la « montée de la Peur » en « Peur devant la Matière » et « Peur devant l'Humain ».
A soixante sept ans, voilà le père « réprimandé comme un collégien l'est pour son comportement dissipé » écrit Patrice Bourdignon.
Que faire quand on a conscience, comme lui, d'appartenir à un collectif de pensée universelle ?
Analyser …. disséquer …..
Les résultats des recherches astronomiques qui ont étendues les limites de notre environnement bien au delà de celles estimées jusqu'alors, l'avancée de la psychologie qui a permit de distinguer l'inné de l'acquis et a pu faire croire à un déterminisme inéluctable ….
La poussée démographique qui semble noyer l'individu dans sa masse ….
Autant de facteurs d'angoisse pour l'Homme.
Teilhard fait sa propre analyse et la livre à ses lecteurs comme modèle de l'Humanité.
On peut noter, à ce stade de notre étude, qu'au cours de ce printemps 1949 PTDC développera une pleurésie qui, comme chacun sait est une inflammation de la plèvre, membrane qui entoure le poumon. Méditons sur cet extrait de la page 193 : « l'Univers nous emprisonne …. impression de confinement et d'étouffement, …. il fait mine, à chaque instant, de nous envahir pour nous désagréger, par le dedans »
Mais, heureusement, Teilhard est optimiste par nature. Est-ce un heureux pré-conditionnement ?
Il est aussi profondément attaché au Christ et à l'Église, « phylum » du Christ.
Il va réussir à trouver la parade à cette angoisse existentielle.
Puisque nous existons, c'est que nous devons être !
Il nous parle de rendre le cosmos « respirable », encore une allusion à la pathologie dont il est victime à ce moment là !
Et voilà qu'il invente un personnage, comme dans un roman, un mineur « dans une galerie étroite, bouchée, peut-être, avec toute la roche pesant sur lui …. » la roche ? L'Église, pesante ? contraignante ?
« mais le mineur …. aperçoit un rai de lumière au-dessus de sa tête …. etc …. »
voilà Teilhard qui reprend confiance, qui sort de son problème, qui, grâce à sa foi en l'Homme écrit « nous sommes enfin sortis du labyrinthe. Nous avons échappé à l'angoisse. Nous sommes libérés. »
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
JMM/La peur existentielle et l’évolution des êtres
Vendredi 18 Septembre 2009
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Aucun des sujets concernant le phénomène humain ne peut être abordé sans étudier indépendamment dans un premier temps, les différents plans constituant la nature physique, psychique et spirituelle de l’homme.
Bien entendu, ces différents plans s’ils sont bien distincts dans leurs compréhensions, et nous savons tous combien il est facile de tomber dans ce type de confusion, sont intimement liés dans le plus profond de l’être.
La notion de peur existentielle ne peut donc pas faire exception à cette règle.
1. Sur le plan physique tout d’abord : La raison nous permet d’accepter que la peur soit liée par nature au processus d’apprentissage de la vie pour tout organisme vivant, qu’ils soient conscient ou pas. En effet, C’est la peur qui oblige toute proie à échapper à son prédateur, c’est elle aussi qui impose de trouver un lieu protégé pour sa progéniture ainsi que tous les moyens de subsistance nécessaires à leur survie. Elle a une nature vitale dans la préservation de la vie.
On peut aussi imaginer qu’elle eut son rôle aux premiers âges de l’humanité pour accéder aux premières lueurs de la conscience, avec bien évidement les effets apparemment pervers et douloureux de l’amplification de cette même peur. Elle a permis une adaptabilité au milieu apparemment hostile dans lequel croissait l’homme, et cette règle reste toujours d’actualité face aux défis d’un monde comprimé sur lui même.
Il y a donc bien un lien puissant entre la conscience et la peur, l’un et l’autre se générant mutuellement. Le père P Teilhard de Chardin nous parle là de la phase critique de la réflexion.
Pour accepter cette peur comme moyen de croissance, il faut bien comprendre que si elle peut nous protéger d’une destruction en nous permettant d’en comprendre les dangers (aujourd’hui les risques économiques, sociaux, écologiques..) elle peut aussi nous paralyser dans une panique autodestructrice irrémédiable. Nous pouvons ainsi prendre conscience des pressions alarmantes qui menacent la terre et les hommes, avant de passer à l’action pour trouver de nouvelles voies de délivrance. Bien sûr, prendre conscience de l’état réel et désastreux de la de la société et de la terre ne peut être que déplaisant, voir même très douloureux.
La prudence reste aussi un moyen puissant de conjurer la peur mais nous ne pouvons être prudent que dans la mesure où l’on a pris conscience des dangers potentiels qui nous guettent. La prudence est l’une des quatre vertus cardinales sur lesquelles repose la vie morale des chrétiens, elle a la faculté de nous accorder le don de conseil.
2. Sur le plan plus psychique : Teilhard nous invite à découvrir la nature structurée, logique et accueillante de l’univers, celui là même qui nous a généré. Air, lumière, température, eau, nourriture, protection etc. tout est naturellement fait pour que nous puissions y vivre et nous y développer. Il en découle une naturelle confiance dans cet espace-temps qui est mécaniquement plus grand que nous.
Pour participer à cette aventure aussi extravagante, il devient évident que nos aptitudes naturelles à comprendre le sens de l’univers sont des atouts indéniables qui nous permettent d’être confiant, le Cosmos ne pouvant être absurde.
Ces privilèges dont l’homme est détenteur lui permettent de compenser sa propre propension à sombrer dans la peur irraisonnée ainsi que dans l’immobilisme.
3. Sur le plan spirituel et ontologique finalement : Toutes les traditions nous proposent une échappée de l’être réalisé par l’intérieur de lui même. Elle implique inévitablement une démarche de foi, démarche qui n’est plus du domaine de la raison, même si celle-ci peut l’éclairer.
Dans cette vision spirituelle, la peur n’a plus de raison d’être, puisque le lieu sûr et accueillant est accessible immédiatement, dans la mesure ou nous sommes déjà prêt à nous détacher de ce que nous possédons et en particulier de notre propre vie.
Ainsi de la vieillesse qui nous dévoile le mouvement inexorable de notre corps vers la mort, mais aussi qui peut nous apprendre le détachement aux biens de ce monde sensible pour finalement retourner notre peau de chaire et révéler la vraie nature de notre être intérieur.
Pour l’homme de foi, il y a plus que de la confiance puisqu’il y a même appel vers Celui qui est plus grand que lui, pour se faire absorber. Vers le Centre des Centres déjà réel et personnel, l’homme sans perdre sa personne rejoint ainsi l’Ultra humain.
Alors, y a t-il réellement désastre irrémédiable en la demeure, ou alors faut-il prendre son destin en main et découvrir le lieu ultime de notre résidence ?
A partir de maintenant, nous pouvons dire que la peur n’est qu’une illusion !
Aucun des sujets concernant le phénomène humain ne peut être abordé sans étudier indépendamment dans un premier temps, les différents plans constituant la nature physique, psychique et spirituelle de l’homme.
Bien entendu, ces différents plans s’ils sont bien distincts dans leurs compréhensions, et nous savons tous combien il est facile de tomber dans ce type de confusion, sont intimement liés dans le plus profond de l’être.
La notion de peur existentielle ne peut donc pas faire exception à cette règle.
1. Sur le plan physique tout d’abord : La raison nous permet d’accepter que la peur soit liée par nature au processus d’apprentissage de la vie pour tout organisme vivant, qu’ils soient conscient ou pas. En effet, C’est la peur qui oblige toute proie à échapper à son prédateur, c’est elle aussi qui impose de trouver un lieu protégé pour sa progéniture ainsi que tous les moyens de subsistance nécessaires à leur survie. Elle a une nature vitale dans la préservation de la vie.
On peut aussi imaginer qu’elle eut son rôle aux premiers âges de l’humanité pour accéder aux premières lueurs de la conscience, avec bien évidement les effets apparemment pervers et douloureux de l’amplification de cette même peur. Elle a permis une adaptabilité au milieu apparemment hostile dans lequel croissait l’homme, et cette règle reste toujours d’actualité face aux défis d’un monde comprimé sur lui même.
Il y a donc bien un lien puissant entre la conscience et la peur, l’un et l’autre se générant mutuellement. Le père P Teilhard de Chardin nous parle là de la phase critique de la réflexion.
Pour accepter cette peur comme moyen de croissance, il faut bien comprendre que si elle peut nous protéger d’une destruction en nous permettant d’en comprendre les dangers (aujourd’hui les risques économiques, sociaux, écologiques..) elle peut aussi nous paralyser dans une panique autodestructrice irrémédiable. Nous pouvons ainsi prendre conscience des pressions alarmantes qui menacent la terre et les hommes, avant de passer à l’action pour trouver de nouvelles voies de délivrance. Bien sûr, prendre conscience de l’état réel et désastreux de la de la société et de la terre ne peut être que déplaisant, voir même très douloureux.
La prudence reste aussi un moyen puissant de conjurer la peur mais nous ne pouvons être prudent que dans la mesure où l’on a pris conscience des dangers potentiels qui nous guettent. La prudence est l’une des quatre vertus cardinales sur lesquelles repose la vie morale des chrétiens, elle a la faculté de nous accorder le don de conseil.
2. Sur le plan plus psychique : Teilhard nous invite à découvrir la nature structurée, logique et accueillante de l’univers, celui là même qui nous a généré. Air, lumière, température, eau, nourriture, protection etc. tout est naturellement fait pour que nous puissions y vivre et nous y développer. Il en découle une naturelle confiance dans cet espace-temps qui est mécaniquement plus grand que nous.
Pour participer à cette aventure aussi extravagante, il devient évident que nos aptitudes naturelles à comprendre le sens de l’univers sont des atouts indéniables qui nous permettent d’être confiant, le Cosmos ne pouvant être absurde.
Ces privilèges dont l’homme est détenteur lui permettent de compenser sa propre propension à sombrer dans la peur irraisonnée ainsi que dans l’immobilisme.
3. Sur le plan spirituel et ontologique finalement : Toutes les traditions nous proposent une échappée de l’être réalisé par l’intérieur de lui même. Elle implique inévitablement une démarche de foi, démarche qui n’est plus du domaine de la raison, même si celle-ci peut l’éclairer.
Dans cette vision spirituelle, la peur n’a plus de raison d’être, puisque le lieu sûr et accueillant est accessible immédiatement, dans la mesure ou nous sommes déjà prêt à nous détacher de ce que nous possédons et en particulier de notre propre vie.
Ainsi de la vieillesse qui nous dévoile le mouvement inexorable de notre corps vers la mort, mais aussi qui peut nous apprendre le détachement aux biens de ce monde sensible pour finalement retourner notre peau de chaire et révéler la vraie nature de notre être intérieur.
Pour l’homme de foi, il y a plus que de la confiance puisqu’il y a même appel vers Celui qui est plus grand que lui, pour se faire absorber. Vers le Centre des Centres déjà réel et personnel, l’homme sans perdre sa personne rejoint ainsi l’Ultra humain.
Alors, y a t-il réellement désastre irrémédiable en la demeure, ou alors faut-il prendre son destin en main et découvrir le lieu ultime de notre résidence ?
A partir de maintenant, nous pouvons dire que la peur n’est qu’une illusion !
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Marcel Comby / PEUR ET EVOLUTION
Dimanche 6 Septembre 2009Chez l’homme comme chez l’animal, le phénomène de peur et tous ses dérivés naturels : anxiété, angoisse, etc, relève principalement de l’instinct de survie face à un danger potentiel. Mais contrairement à l’animal, l’être humain sait qu’il a peur et sait pourquoi il a peur. Du fait que l’homme réfléchit et possède la connaissance, on peut citer une multitude de causes entraînant des sentiments de panique mentale : complexité oblige ! Ce peut être la peur existentielle, celle de l’infiniment grand qui n’en finit plus de nous fasciner, celle de l’infiniment petit qui bientôt va nous ouvrir les portes du monde des nanotechnologies, la peur raciale et celle du nombre qui naissent avec la mondialisation, la peur de Dieu (cela existe encore), la peur de mal faire, la peur de l’orage (peurs irrationnelles), enfin la peur de la mort qui nous concerne tous, etc…
La négation de la peur peut être l’inconscience qui fait de l’individu un automate privé de sens critique et de raison. La peur en fait est bien loin de ne montrer qu’un aspect négatif de l’évolution humaine, à moins qu’elle soit la source de pathologies diverses.
Le couple : peur – jouissance représente souvent un composant dans le fonctionnement de la psyché dans la mesure où il s’agit d’un facteur de progrès. L’homme est un être émotionnel ; ainsi tout ce qui touche à la vibration de l’âme, de l’esprit, du corps fait partie de son édification qui fait appel à la dualité : action – réaction. Je désire mais il faut surmonter mon angoisse face aux difficultés de réalisation de mon bonheur. Quelle frontière en fait existe entre la peur acceptée et la peur subie ?
Le petit enfant par exemple qui apprend à marcher, éprouvera instinctivement sa témérité et l’appel douloureux du risque le fera très vite revenir se blottir dans les bras de ses parents. De même le champion skieur qui monte en altitude pour pratiquer un schuss à 130 km/h, devra éprouver et surmonter une peur effroyable avant de goûter à l’ivresse de la victoire sur soi…et l’exploit se renouvellera malgré l’angoisse du départ. Sans le désir et le plaisir, la vie serait bien triste et sans la peur alors je peux me payer le luxe d’être totalement irresponsable. L’éducation fixe des barrières entre une ambition débridée et une attitude pusillanime.
Tous les amoureux de l’Absolu y compris les petits et grands mystiques, ont tous connu ces expériences de profonde peur face à une réalité qui les dépasse (la fuite de Jean Marie Vianney conscient de dons supra naturels qui l’éloignaint du monde banal des réalités concrètes). Le phénomène de l’évolution n’évacue pas, loin de là, la nécessité de tenir en compte du facteur « peur » dans la « montée de conscience » qui n’exclut en rien le passage par la douleur morale précédant toute prise de risque dont la finalité peut être un bien authentique.
Du point de vue ontologique, la peur résulte d’une illusion de la séparativité d’avec Dieu (péché d’origine), passage obligé dans le déroulement de l’Evolution qui contraint l’homme à surmonter son état d’autonomie par l’intermédiaire de sa raison. L’homme se trouve profondément désorienté et effrayé devant le fait qu’il ne se reconnaît plus comme créature parfaite capable de vivre une relation d’unité avec son Créateur. Sa liberté lui a dicté un comportement qui, en apparence, lui procure une connaissance nouvelle tout à fait attrayante. Mais en revanche il perd la conscience de sa grandeur car tout autour de lui et en lui se défait suivant une gigantesque mosaïque d’oppositions. C’est une « étoffe » qu’il doit reconstruire et justement Teilhard propose un cheminement susceptible de conduire la personne humaine dans une certaine prise de conscience qui le délivre au sens de la psychologie des profondeurs (consulter l’œuvre de Jung). Cette délivrance est évidemment contenue dans une réconciliation avec soi-même et avec les autres, qui ne peut se réaliser qu’au cœur du vivant suprême temple de la « complexité ».
On trouve chez Jung cette phrase : « La guérison réside dans la soumission progressive, de plus en plus complète, aux données de ces archétypes, dans la réalisation du « Soi » en recréant la communion originelle avec l’inconscient collectif ».
Autrement dit le conflit névrotique n’est résolu que par réduction de l’individuel au collectif. C’est l’inconscient collectif qui produit l’ensemble des mythes et des symboles, expliquant ainsi les mécanismes de la psyché. L’homme est-il soumis aux mythes et aux symboles ou bien est-ce l’homme qui invente mythes et symboles ? En théologie on affirme que l’homme est lui-même Symbole au sens trinitaire du terme. Jung semble se placer, tout comme Teilhard, dans une vision globale du monde. L’inconscient collectif ne serait-il pas une entité analogue à la Noosphère, qui contient tous les trésors de l’humanité tels que les archétypes et le Christ : archétype des archétypes. Cet inconscient collectif joue, pour Jung, un rôle immense et s’exprime à travers les rêves, les contes fantastiques, les peurs, etc.
Jung affirme en outre l’affinité entre la figure du Christ et certains contenus de l’inconscient. C’est à l’image du Christ, l’imago Dei, et sa similitude à lui qu’a été crée notre psyché. Mais par une sorte de retournement, on peut en conclure que c’est l’homme qui a inventé l’imago Déi. On tourne en rond et il est alors impossible d’accorder un crédit à la psychanalyse. Pour moi, l’inconscient se configure comme un arbre dont les racines plongent infiniment loin dans l’espace des souvenirs et hors de l’espace-temps. Nous sommes inconsciemment connectés à une réalité transcendantale qui nous confère le statut d’être humain. Ainsi notre conscience est largement soumise à l’influence de l’universel qui n’est pas de nature morale mais organique. Il existe ainsi des constantes telles que la peur existentielle, qui, à l’exemple des marées cycliques, viennent se heurter à nos existences banales. La pratique de la méditation ou de l’oraison, suivant les religions, opère une véritable réactualisation du Mystère Divin en nous, de sorte qu’il n’est pas possible de reléguer le « miracle » dans le « grenier » des phénomènes ou objets rares et extra ordinaires. Nous vivons en réalité un monde d’apparences qui nous fige dans notre individualité ou au contraire nous projette dans le culte du mystère, celui du complot ou celui du supra naturel. .
En ce qui concerne le « péché originel », il est franchement impossible d’établir un dialogue sur le sujet, vu qu’il n’existe aucune trace paléontologique d’un tel événement si événement il y a ! ni d’élément de logique permettant d’expliquer le mystère de notre condition de vie actuelle. Teilhard se situe dans une optique de cohérence, ce qui pour un scientifique est naturel et séduisant. Mais…Dieu n’est ni cohérence ni incohérence !
Comment alors se positionner par rapport au dogme de l’Immaculée Conception dans la doctrine chrétienne ? Cela se passe hors de l’espace-temps réel ???
Teilhard évoque souvent le terme de complexité, ce qui suppose une bonne connaissance de la nature humaine. En réalité deux mots rythment la marche de l’homme vers son unité et sa perfection, vers le point Oméga : « cataphase » et « apophase ».
On peut méditer sur le sens que nous livre cette belle courbe dénommée « parabole, projetant ses deux branches vers deux infinis, séparées par un point de retournement (point critique) qui préfigure l’état spirituel de tout homme qui sait et doit remettre en question ses convictions lorsque le moment est propice. Alors ne peut-on pas dans cette métaphore de la parabole, imaginer que le foyer de la parabole représenterait le siège de la « centréité » ?
La « Docte Ignorance » est cette capacité de renoncement qui nous fait transiter d’une branche de la parabole sur l’autre branche. Les fondamentalismes ne concernent qu’une branche de la parabole car les idées qu’ils véhiculent ne prennent en compte qu’un seul aspect du monde psychique : celui qui exige toujours plus d’obéissance à des principes figés. La Vie n’est pas un phénomène linéaire qui emprisonne la psyché et qui fait que la peur s’emparera de tout être dont les capacités mentales se trouvent un jour anéanties par un manque de recul vis-à-vis du véritable sens des choses. Le « Dedans des choses » tel que l’aborde Teilhard prendra réellement tout son sens s’il existe une dialectique permettant de répondre aux inquiétudes les plus diverses. Beaucoup de problèmes sont insolubles dans l’histoire des hommes ; pensons à tous ceux qui font naître des discussions sans fin au sein de l’Eglise Catholique. C’est que l’Unité du monde est à construire. Cela ne peut se réaliser que dans des attitudes intelligentes qui excluent la haine, la violence, la contrainte idéologique, et qui se fondent sur une connaissance intime de l’homme. Les paraboles de Jésus ne veulent rien prouver ; elles proposent un chemin de vie qui annonce le salut. Ce sont des analogies du royaume à venir et non un moralisme étroit susceptible de nous enfermer souvent dans la détresse, le pessimisme et la culpabilité.
Certains pensent que tous les problèmes sont solubles !! Mais par quel coup de baguette magique ?…ou alors il faut supposer que se produise un phénomène de mutation de la pensée selon laquelle nous aurions réussi à dépasser le stade des oppositions. Je conçois par exemple une société infiniment tolérante qui permettrait à chacun de s’épanouir en fonction de sa propre personnalité. Pourquoi pas ? Effectivement l’Amour au sens le plus teilhardien du terme, traduirait notre capacité à écouter, comprendre l’autre de manière absolue. Cela exclut tout sectarisme réducteur. Quel est alors dans cette configuration le rôle du divin ? Est-ce simplement celui du Christ créateur, évoluteur, attracteur ? Notre société moderne présente et future (la post humanité décrite par J M Besnier) ne deviendra-t-elle pas l’époque de la grande frousse du châtiment divin ? - Sodome et Gomorrhe -
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
AM Tisserand-Frésafond/Le retournement de la peur: ou la confiance existentielle
Jeudi 3 Septembre 2009
-Il est des peurs légitimes car ontologiques et salvatrices : celles qui obéissent aux lois de la vie, de l'amour (sens de l'espèce inclus); celles qui convoquent à une vision au-delà des individualités tout en les intégrant nécessairement.
-Il est des peurs destructrices, castratrices, perverses et contagieuses, à en juger par le "voyeurisme" qui se délecte des spectacles de violences diverses; voyeurisme largement manipulé et exploité par les médias et par une certaine culture du non-espoir qui se veut intellectuelle et fédératrice.
Voilà, c'est dit.
Pour ces raisons est- il nécessaire d'en parler pendant 107 ans ? L'expérience personnelle et la prise de conscience qu'elle induit, ne suffisent-elles donc pas pour comprendre ? surtout lorsqu'on prétend avoir la foi ? Je n'avais pas envie de "prêcher" sur ces deux chapitres et, finalement, ce sera une façon de le faire quand même.
-Un ciel d’été, ou d'hiver en montagne, clouté et pailleté d’étoiles sur fond bleu enluminures du moyen-âge ne me renvoie pas à la peur existentielle décrite par Teilhard; au contraire, je finis par m’endormir paisiblement.
-Tout juste si j’ai peur de l’infiniment petit qui tourbillonne dans le corps…D’accord, on verra bien si c’est toujours le cas le jour où j’aurai de sérieux problèmes de santé…
-Seules les grosses peurs bien objectives ou une quelconque violence me sont pénibles.
Teilhard pense que le phénomène actuel de pandémie d’angoisse est une phase intermédiaire inévitable pour l’accroissement de la conscience globale (cf. sa loi de centréité complexité-conscience). Que voulez-vous, les angoisses existentielles nébuleuse par rapport à l’inconnu, (ne sont désignées là que les angoisses non pathologiques), sont pour moi des fantômes, des fantasmes, des spectres qui, avec leurs draps blancs par dessus leurs têtes et leurs lourdes chaînes, cachent le radieux visage de la vie. Je vais froisser certains (mais nous ne sommes qu'une minorité de par le monde à disposer de la liberté nécessaire pour approfondir la pensée agissante de Teilhard )..... cette catégorie d'angoisse est un luxe de nantis car certains problèmes vitaux réduisent l'Homme souffrant à un état "animal" qui l'empêche de se poser le genre de questions que nous devons étudier... dans ce cas, l'interrogation pertinente serait : que pouvons-nous faire contre la grande misère de tous ordres qui crucifie le monde ? Qui en est atteint ne peut pas être sensible au génie de Teilhard.
Cela dit, sûrement qu'on peut se faire bel et bien piéger dans les mirages examinés par l'auteur comme tumeurs cancéreuses à éradiquer avec le scalpel de la raison : peur devant la matière, peur devant l’humain, immensité, opacité, impersonnalité, diagnostiquées en vue d’opérer un RETOURNEMENT DE LA PEUR puisque c’est là choseb "pensable" dit l'auteur . Or, le « retournement de la peur » seul m’intéresse. Pour mes alter ego, pour moi-même.
C’est pourquoi, (peut-être par pudeur mais surtout parce que je suis convaincue qu’une Sagesse infinie habite chacune des particules de nos êtres : c'est "l'information Primordiale" et le "principe d'émergence" selon Teilhard (et que les chrétiens nomment -j'allais dire "simplement"- Présence du Christ universel, historique et transhistorique; Lui qui a vaincu la mort) je propose de vous connecter, si vous le voulez bien, via google sur youtube/toccata en fa de l'allegro pour orgues de la symphonie n° 5 de Charles-Marie Widor, interprétée par Bruno Strangis. J'ai écouté cette oeuvre lors de la sortie de certaines messes en la Primatiale St Jean de Lyon. J'affirme (en tant qu'être humain ni plus ni moins semblable aux autres) que ce sont là des instants privilégiés où il faut laisser vibrer son âme en écho ..."déposer ses métaux" comme disent certains, ou encore "déposer les armes" pour aller au-delà des apparences.
Plus loin que la puissance des mots, ce texte musical illustre le possible dégagement cognitif et spirituel des pesanteurs et des miasmes terrestres explorés (non sans raison) par Teilhard; tout comme les cosmonautes qui, pénétrant l’espace sidéral, s’affranchissent de l’attraction tellurique en éprouvant les effets euphorisants de l’adrénaline de la tension, combinés avec l’ivresse de la joie de la victoire, malgré les risques.
Belles conquêtes, mais quelle somme de travaux cumulés pour en arriver à ce niveau de cohésion humaine ! Véritable fraternité (on n'est pas ce qu'on dit, on est ce qu'on fait) .
-Que ce soit de la part du compositeur de musique, de son interprète, du facteur d’orgues...liste non exhaustive des différents maillons.
-Sans oublier le prodigieux labeur d’équipe (cher à Teilhard et qui, sans nul doute, est l’une des applications du « sens de l’espèce") des chercheurs dans leurs différentes disciplines, des techniciens de tous ordres, pour lancer un vaisseau spatial.
-Valeur équivalente quant au cheminement individuel et secret du vulgum pecus de la multitude humaine quand il entreprend d'éviter le choc des météores lors de la traversée d'un espace psychologique hostile et qu'il utilise tous les moyens qui l'environnent.
Pour connaître une rémission des angoisses imprécises et vagues (ne parle-t-on pas de "vague à l'âme") il faudrait d’abord repérer et percevoir nos véritables désirs et la nature de la chape qui les ensevelit. Cette démarche effectuée, il ne restera plus qu’une seule aspiration au fond du tamis d’introspection : être simple et authentique ! Or, nous le savons, il est TRES compliqué d’être simple. D’ailleurs,
-De grands mystiques nous exhortent à cette simplicité dans la suite des pas de Jésus .
-Des philosophes abordent cette reconnaissance de nos inévitables ignorances, et la grandeur de l’Homme est, justement, de repousser indéfiniment les limites de ses lacunes. Savoir qu’on ne sait pas, tel est le principe de la « docte ignorance ».Il ne s’agit donc pas là de se complaire dans un anti intellectualisme fanatique. Nicolas de Cues explore le sujet et bien des siècles plus tard Kant assure que le noumène est inconnaissable. Or, tout ce qui nous est réalité insensible ou inintelligible est de l’ordre philosophique voire métaphysique du « noumène ». La fugue de Widor à laquelle je me réfère permet de percevoir en réalité sensible la joie éprouvée dans le retournement de la peur : ou la confiance existentielle, seules capables de nous amener au sens de l’espèce et à sa survie d’après le contexte teilhardien.
Qu’il est compliqué d’être simple à l’âge adulte si on n’est plus en capacité de :
-Faire des coupes sombres, des choix,
-Désirer être en paix avec soi-même et avec les autres, une fois fatigué par la ronde frénétique des choses de la vie.
-Mais pour faire des choix il faut avoir acquis savoir et connaissance. Il va donc falloir utiliser notre conscience, elle-même issue de la centréité et de la complexité… et voilà qu’avec la complexité sans cesse renouvelée par l’évolution, il faut recommencer toute la démarche vers la simplicité ! On tourne en rond !
A propos de « tourner en rond » quand vous étiez enfant,
-Sur quel animal d’un manège préfériez-vous chevaucher ? Quel engin fabuleux aimiez-vous piloter ? C’est peut-être dans ces choix que, mine de rien, s’esquissait votre vocation véritable. L’avez-vous écoutée ?
-Vous amusiez-vous à jeter des pierres dans l’eau pour admirer les cercles concentriques que vous aviez provoqués ? C’est peut-être par eux qu’a germé l’idée que vos actes ne sont pas sans conséquences.
-Avez-vous lancé des bulles bien rondes bien irisées et les avez-vous contemplées telles des choses quasi surnaturelles ? Ce sont elles qui vous ont révélé le cruel bonheur de l’éphémère, de l’insaisissable et, inlassablement, vous refaisiez une nouvelle bulle pour effacer cette impermanence.
-Vous êtes-vous mis à tourner de plus en plus vite sur vous-même, comme un derviche ? C’est dans cet étourdissement que vous avez pris physiquement conscience de votre centre de gravité, ou de votre centre tout court au-"dedans" (cf.Teilhard) de vous-même.
-Avez-vous, en classe maternelle, tracé vos premiers « huit » en dessinant laborieusement, maladroitement, deux ronds superposés ? Quelque chose avertissait que le nœud coulant du huit, symbole d’infini (dans l’espace infini il n’y a ni verticale ni horizontale), ne concerne que l’Homme quand il sera debout parce qu’il aura franchi son "pas de la réflexion".
Bref. Vous étiez déjà de la graine de teilhardien sans le savoir. Alors, courage.
Souvenons-nous de l'attrait de Teilhard enfant pour les métaux et pour les pierres et de sa recherche précoce de pérennité à travers ces éléments...Malgré leur apparente solidité, c'est le constat de leur fragilité qui a conduit son intelligence sur des voies plus "royales" « Vous ne pouvez pas trouver le surnaturel sans passer par la nature » dit le très contesté Arnaud Desjardin
PS : revenant tardivement sur ce texte dans lequel j'ai tenu à montrer la valeur du dépassement des peurs, j'ajoute un document trouvé au hasard de mes recherches :
L'essentiel, c'est l'humain.
Certains disent que nous vivons dans un monde de fous qui brûle toutes nos énergies, dans un monde où l’on a peine à respirer le bonheur. D’autres disent que tout va bien aller, que tout cela va changer pour le mieux, qu’on finira bien par rendre l’utile agréable en trouvant la voie vers l’essentiel. Car, entre avoir un bon emploi et y être bien à faire son travail avec ses collègues, il faut choisir les trois. Un juste milieu entre nos raisons de travailler et celles qui nous donnent le coeur à l’ouvrage est la voie de la solidarité, de la coopération et de la synergie. Mais pour cela, il faut être bien dans sa peau, dans son cœur et dans sa tête. En fait, l’essentiel, c’est d’avoir la tête dans le ciel pour voir venir l’avenir, les deux pieds sur terre pour incarner et réaliser nos rêves et le cœur à la bonne place pour avoir le courage de le faire. Pour y arriver, il faut faire le nécessaire : passer de l’urgence à la prévention, de la méfiance à la confiance, de la rigidité à la flexibilité, de la soumission à l’action. Rien n’arrivera à moins que les gestionnaires de haut niveau, gardant toujours le contact avec leur personnel, ne passent de l’intention à l’action. Car l’essentiel dont il est question ici, c’est la qualité de vie de chaque personne, condition nécessaire à la création d’un climat de travail agréable, favorable à des relations interpersonnelles vraiment humaines, c’est-à-dire valorisantes.
« Depuis une vingtaine d’années, le travail humain, sous l’impératif de productivité maximale, a subi un nouveau processus de dépersonnalisation et de désocialisation : il est devenu une ressource de l’entreprise, la « ressource humaine » (Ricardo Petrella).
Le danger qui menace toutes les organisations qui pressent des citrons pressés déjà, c’est d’en arriver à considérer leurs « ressources humaines », leur « capital », comme un objet, comme une marchandise dont on attend la contribution la plus élevée au moindre coût. Il ne faut jamais oublier que la personne humaine est le sujet le plus important de tout milieu de travail. En fait, toute organisation n’est qu’une abstraction. Seules les personnes sont des réalités concrètes. Ce ne sont pas les organisations qui réussissent mais les gens au cœur de ces organisations.
L’économie des ressources humaines a comme fondement une écologie de l’esprit qui seule nous permet d’instaurer un nouvel humanisme. La crise de valeurs qui sévit sur cette planète nous amène à réfléchir sur les principes et les attitudes qui définiraient ce nouvel humanisme en milieu de travail. Est-ce la soif d’avoir qui tarit la soif d’évoluer vers l’essence de son être, vers un mieux-être et un mieux-vivre ? Quel est le meilleur antidote au stress, ce mal du siècle qui provoque la perte de la joie de vivre et contamine les milieux de travail, sinon le développement de la force intérieure qui donne un sens à la vie ? Il n’y a de repos que pour celui qui cherche en son âme, qui apprend, qui veut savoir. Il n’y a de repos que pour celui qui trouve motivation en ses valeurs les plus profondes et qui sans cesse recommence pour aller toujours plus loin, plus haut vers la réalisation de l’essence de son être. Pour cela, il faut se connaître, se comprendre. Car, vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir.
Le développement actuel des forces productives au sein de la fonction publique constitue, par son ampleur, la richesse nationale des citoyens. Dans toute organisation, le gestionnaire est l’arc, son personnel est la flèche et l’un et l’autre ont pour cible la protection des droits du citoyen, l’amélioration de sa qualité de vie, de sa santé et de sa sécurité. Voilà des besoins essentiels qui ne peuvent être satisfaits que par les services fournis par une fonction publique constamment à la recherche de nouvelles solutions.
Le développement des années à venir étant en grande partie conditionné par la disponibilité à court terme de sources d’énergies fiables, appelées ressources humaines, la « réingénierie » des ministères provoque des changements majeurs qui ébranlent la motivation et la performance des gestionnaires et des fonctionnaires soumis à de nouvelles pressions. Dans un contexte économique de coupures, de rationalisation et de réalignement des effectifs, l’indice de démotivation grimpe chez les personnes, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui ont peine à gérer les émotions causées par un tel stress.
Les psychologues sonnent l’alerte rouge. « La course à la performance et à l’excellence, la compétitivité, la surcharge de travail, les réductions de personnel, l’introduction de nouvelles technologies conjuguées à de piètres relations avec le patron et les collègues ainsi qu’à un manque de circulation de l’information au sein des entreprises, l’urgence de faire plus avec moins, ont conduit à un cocktail explosif. Les jours d’absen-téisme liés à des problèmes de santé mentale au Québec ont coûté, en 1999, 440 millions de dollars. À la CSST, on a enregistré ces 10 dernières années, une augmentation de 500% des indemnités pour des lésions professionnelles associées à la santé mentale (burnout, dépression, anxiété). » Raymond Lemieux, Québec Science, mars 2003.
Le défi majeur que doit affronter toute organisation dans une société caractérisée par la vitesse, l’accélération et la synthèse, consiste à s’adapter au déferlement des changements et à faire l’apprentissage de la complexité des interactions entre l’intelligence humaine et son environnement. Puisqu’il en est ainsi, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. Pour trouver l’équilibre, il faut demeurer le même tout en changeant et conserver tout en transformant. Il n’y a de permanent, d’immuable que le respect de la personne.
L’évolution des organisations tout comme l’épanouissement des individus dépend de la libération, de la transmission et de la conversion d’énergies nouvelles en travail. Comme l’accroissement de la demande en énergie humaine questionne notre capacité de travailler sous pression, l’économie de l’énergie des ressources humaines doit être de mieux en mieux mesurée. L’énergie d’une organisation, c’est la motivation de son personnel. La motivation advient lorsqu’il y a un juste milieu entre la performance et l’humain. L’épuisement des ressources humaines est le plus grand danger qui menace les organisations.
En physique, en biochimie, en psychosociologie et en économie, le mot « énergie » signifie: capacité de faire du travail. Toutes les formes d’énergie sont caractérisées par deux facteurs : l’intensité et la direction. Selon le deuxième principe de la thermodynamique, l’énergie, distribuée de façon incohérente, donc mal dirigée, devient inutilisable. D’autre part, pour intensifier l’énergie humaine au travail, il faut que tous les échelons de l’organisation soient reconnus, valorisés et supportés.
L’énergie est la base de toute créativité. Si la principale cause de l’inhibition de l’énergie est la peur ou le « mal-être », le moteur de la libération de cette même énergie, c’est le « bien-être ». Il est démontré que toute entreprise qui se soucie du mieux-être de son personnel améliore son rendement. Le secret de l’enthousiasme au travail est simple : augmentez les plaisirs et diminuez les déplaisirs. Il est bien connu que le rire et l’humour sont de merveilleux antidotes au stress. Les gens qui rient sont plus concentrés dans leur travail et prennent de meilleures décisions. Que ce soit dans les bureaux du gouvernement ou ailleurs, actualiser le principe de plaisir est souhaitable.
«Trouver un sens à ce que l’on fait est le défi de la nouvelle éthique au travail » W. Glaser.
Toute organisation qui redonne à l’être humain la première place peut affronter avec succès les fluctuations de son environnement et, joignant l’agréable à l’utile, implanter de nouvelles façons de faire. Plus les principes et les objectifs sont acceptés par tous, plus la quantité d’énergie libérée est importante. Un effort enthousiaste et un engagement ferme, fruits d’une décision claire, libèrent l’énergie de toute être humain. Si l’on veut propulser la créativité et le rendement, l’essentiel, c’est de joindre l’utile à l’agréable. Pour y arriver, il faut faire preuve de confiance, de compassion et de flexibilité. Quand, dans un dialogue ouvert, franc et respectueux, on fait confiance à son personnel, on peut être assuré de compter sur son tempérament, sa créativité, sa loyauté et son engagement responsable. Car, « plus de 50% des gens recherchent avant tout un travail valorisant.» (National Opinion Research Center)
Dans les ressources humaines, l’essentiel est de mettre de la communication interpersonnelle chaleureuse, joyeuse et généreuse dans l’information impersonnelle, froide. Dans un monde changeant, il faut trouver un juste milieu entre les principes, les règles, les lois que notre raison édicte, et les valeurs, les attitudes et les besoins que nous ressentons du fond de notre cœur. Pour atteindre cet objectif, il faut avoir une vision écologique, une vision humaniste. Dans la nature, tout est en interaction et en interdépendance. L’application de ce principe à la culture organisationnelle optimise la qualité des relations humaines et maximise le rendement. Pour assumer les multiples changements, la solidarité est la seule voie navigable. Si, comme l’écrit Joël de Rosnay, « nous sommes les cellules d’un cerveau planétaire », il nous faut apprendre à penser ensemble pour mieux vivre ensemble. Comme apprendre à apprendre est le tremplin de la compétence, l’écologie du cerveau consiste à marier son intelligence émotionnelle et son intelligence rationnelle. Entre l’arbre et la forêt, entre la tête et le cœur, il faut choisir les deux. Intégrer ce que l’on sent, ce que l’on ressent, ce que l’on pense et ce que l’on pressent permet la floraison des ressources humaines. Mais pour établir des relations humaines sans perdre son identité, il faut que les communications interpersonnelles soient authentiques et que le respect des différences facilite le transfert d’énergie et de réciprocité. « La vision écologique est systémique et non pas systématique. Elle s’ouvre à un pouvoir réparti dans des réseaux interdépendants de compétences dont les objectifs sont d’aider à s’élever pour mieux voir, relier pour mieux comprendre et situer pour mieux agir et où les frontières entre les fonctions et les services sont abolies. » (De Rosnay)
Pour obtenir une performance maximale, il faut humaniser au maximum les relations interpersonnelles, trouver le juste milieu entre la performance et l’humain. L’humanisme nouveau consiste à relever la dignité de l’esprit humain et à le mettre en valeur.
Le défi des gestionnaires ici consiste à accepter de se remettre en cause en se formant continuellement, en manifestant leur rapport d’influence positive et dynamisante, en gardant le contact quotidien avec leur équipe de manière à redonner à tous le goût de se dépasser pour mieux se réaliser. Et cela advient lorsque tout le monde prend plaisir à travailler ensemble. La mission de Walt Disney était de rendre les gens heureux. L’essentiel dans la vie, c’est d’être de mieux en mieux heureux de ce que l’on devient. L’essentiel, c’est de s’aimer avec lucidité, aimer les gens avec qui on travaille et partager l’amour de la vie avec eux. Archimède disait : « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. » Ce point d’appui, c’est le respect, la reconnaissance, la valorisation et le bien-être de la personne !
Raôul Duguay, Ph. L.
raoul.duguay@archetypes-inter.net
-Il est des peurs destructrices, castratrices, perverses et contagieuses, à en juger par le "voyeurisme" qui se délecte des spectacles de violences diverses; voyeurisme largement manipulé et exploité par les médias et par une certaine culture du non-espoir qui se veut intellectuelle et fédératrice.
Voilà, c'est dit.
Pour ces raisons est- il nécessaire d'en parler pendant 107 ans ? L'expérience personnelle et la prise de conscience qu'elle induit, ne suffisent-elles donc pas pour comprendre ? surtout lorsqu'on prétend avoir la foi ? Je n'avais pas envie de "prêcher" sur ces deux chapitres et, finalement, ce sera une façon de le faire quand même.
-Un ciel d’été, ou d'hiver en montagne, clouté et pailleté d’étoiles sur fond bleu enluminures du moyen-âge ne me renvoie pas à la peur existentielle décrite par Teilhard; au contraire, je finis par m’endormir paisiblement.
-Tout juste si j’ai peur de l’infiniment petit qui tourbillonne dans le corps…D’accord, on verra bien si c’est toujours le cas le jour où j’aurai de sérieux problèmes de santé…
-Seules les grosses peurs bien objectives ou une quelconque violence me sont pénibles.
Teilhard pense que le phénomène actuel de pandémie d’angoisse est une phase intermédiaire inévitable pour l’accroissement de la conscience globale (cf. sa loi de centréité complexité-conscience). Que voulez-vous, les angoisses existentielles nébuleuse par rapport à l’inconnu, (ne sont désignées là que les angoisses non pathologiques), sont pour moi des fantômes, des fantasmes, des spectres qui, avec leurs draps blancs par dessus leurs têtes et leurs lourdes chaînes, cachent le radieux visage de la vie. Je vais froisser certains (mais nous ne sommes qu'une minorité de par le monde à disposer de la liberté nécessaire pour approfondir la pensée agissante de Teilhard )..... cette catégorie d'angoisse est un luxe de nantis car certains problèmes vitaux réduisent l'Homme souffrant à un état "animal" qui l'empêche de se poser le genre de questions que nous devons étudier... dans ce cas, l'interrogation pertinente serait : que pouvons-nous faire contre la grande misère de tous ordres qui crucifie le monde ? Qui en est atteint ne peut pas être sensible au génie de Teilhard.
Cela dit, sûrement qu'on peut se faire bel et bien piéger dans les mirages examinés par l'auteur comme tumeurs cancéreuses à éradiquer avec le scalpel de la raison : peur devant la matière, peur devant l’humain, immensité, opacité, impersonnalité, diagnostiquées en vue d’opérer un RETOURNEMENT DE LA PEUR puisque c’est là choseb "pensable" dit l'auteur . Or, le « retournement de la peur » seul m’intéresse. Pour mes alter ego, pour moi-même.
C’est pourquoi, (peut-être par pudeur mais surtout parce que je suis convaincue qu’une Sagesse infinie habite chacune des particules de nos êtres : c'est "l'information Primordiale" et le "principe d'émergence" selon Teilhard (et que les chrétiens nomment -j'allais dire "simplement"- Présence du Christ universel, historique et transhistorique; Lui qui a vaincu la mort) je propose de vous connecter, si vous le voulez bien, via google sur youtube/toccata en fa de l'allegro pour orgues de la symphonie n° 5 de Charles-Marie Widor, interprétée par Bruno Strangis. J'ai écouté cette oeuvre lors de la sortie de certaines messes en la Primatiale St Jean de Lyon. J'affirme (en tant qu'être humain ni plus ni moins semblable aux autres) que ce sont là des instants privilégiés où il faut laisser vibrer son âme en écho ..."déposer ses métaux" comme disent certains, ou encore "déposer les armes" pour aller au-delà des apparences.
Plus loin que la puissance des mots, ce texte musical illustre le possible dégagement cognitif et spirituel des pesanteurs et des miasmes terrestres explorés (non sans raison) par Teilhard; tout comme les cosmonautes qui, pénétrant l’espace sidéral, s’affranchissent de l’attraction tellurique en éprouvant les effets euphorisants de l’adrénaline de la tension, combinés avec l’ivresse de la joie de la victoire, malgré les risques.
Belles conquêtes, mais quelle somme de travaux cumulés pour en arriver à ce niveau de cohésion humaine ! Véritable fraternité (on n'est pas ce qu'on dit, on est ce qu'on fait) .
-Que ce soit de la part du compositeur de musique, de son interprète, du facteur d’orgues...liste non exhaustive des différents maillons.
-Sans oublier le prodigieux labeur d’équipe (cher à Teilhard et qui, sans nul doute, est l’une des applications du « sens de l’espèce") des chercheurs dans leurs différentes disciplines, des techniciens de tous ordres, pour lancer un vaisseau spatial.
-Valeur équivalente quant au cheminement individuel et secret du vulgum pecus de la multitude humaine quand il entreprend d'éviter le choc des météores lors de la traversée d'un espace psychologique hostile et qu'il utilise tous les moyens qui l'environnent.
Pour connaître une rémission des angoisses imprécises et vagues (ne parle-t-on pas de "vague à l'âme") il faudrait d’abord repérer et percevoir nos véritables désirs et la nature de la chape qui les ensevelit. Cette démarche effectuée, il ne restera plus qu’une seule aspiration au fond du tamis d’introspection : être simple et authentique ! Or, nous le savons, il est TRES compliqué d’être simple. D’ailleurs,
-De grands mystiques nous exhortent à cette simplicité dans la suite des pas de Jésus .
-Des philosophes abordent cette reconnaissance de nos inévitables ignorances, et la grandeur de l’Homme est, justement, de repousser indéfiniment les limites de ses lacunes. Savoir qu’on ne sait pas, tel est le principe de la « docte ignorance ».Il ne s’agit donc pas là de se complaire dans un anti intellectualisme fanatique. Nicolas de Cues explore le sujet et bien des siècles plus tard Kant assure que le noumène est inconnaissable. Or, tout ce qui nous est réalité insensible ou inintelligible est de l’ordre philosophique voire métaphysique du « noumène ». La fugue de Widor à laquelle je me réfère permet de percevoir en réalité sensible la joie éprouvée dans le retournement de la peur : ou la confiance existentielle, seules capables de nous amener au sens de l’espèce et à sa survie d’après le contexte teilhardien.
Qu’il est compliqué d’être simple à l’âge adulte si on n’est plus en capacité de :
-Faire des coupes sombres, des choix,
-Désirer être en paix avec soi-même et avec les autres, une fois fatigué par la ronde frénétique des choses de la vie.
-Mais pour faire des choix il faut avoir acquis savoir et connaissance. Il va donc falloir utiliser notre conscience, elle-même issue de la centréité et de la complexité… et voilà qu’avec la complexité sans cesse renouvelée par l’évolution, il faut recommencer toute la démarche vers la simplicité ! On tourne en rond !
A propos de « tourner en rond » quand vous étiez enfant,
-Sur quel animal d’un manège préfériez-vous chevaucher ? Quel engin fabuleux aimiez-vous piloter ? C’est peut-être dans ces choix que, mine de rien, s’esquissait votre vocation véritable. L’avez-vous écoutée ?
-Vous amusiez-vous à jeter des pierres dans l’eau pour admirer les cercles concentriques que vous aviez provoqués ? C’est peut-être par eux qu’a germé l’idée que vos actes ne sont pas sans conséquences.
-Avez-vous lancé des bulles bien rondes bien irisées et les avez-vous contemplées telles des choses quasi surnaturelles ? Ce sont elles qui vous ont révélé le cruel bonheur de l’éphémère, de l’insaisissable et, inlassablement, vous refaisiez une nouvelle bulle pour effacer cette impermanence.
-Vous êtes-vous mis à tourner de plus en plus vite sur vous-même, comme un derviche ? C’est dans cet étourdissement que vous avez pris physiquement conscience de votre centre de gravité, ou de votre centre tout court au-"dedans" (cf.Teilhard) de vous-même.
-Avez-vous, en classe maternelle, tracé vos premiers « huit » en dessinant laborieusement, maladroitement, deux ronds superposés ? Quelque chose avertissait que le nœud coulant du huit, symbole d’infini (dans l’espace infini il n’y a ni verticale ni horizontale), ne concerne que l’Homme quand il sera debout parce qu’il aura franchi son "pas de la réflexion".
Bref. Vous étiez déjà de la graine de teilhardien sans le savoir. Alors, courage.
Souvenons-nous de l'attrait de Teilhard enfant pour les métaux et pour les pierres et de sa recherche précoce de pérennité à travers ces éléments...Malgré leur apparente solidité, c'est le constat de leur fragilité qui a conduit son intelligence sur des voies plus "royales" « Vous ne pouvez pas trouver le surnaturel sans passer par la nature » dit le très contesté Arnaud Desjardin
PS : revenant tardivement sur ce texte dans lequel j'ai tenu à montrer la valeur du dépassement des peurs, j'ajoute un document trouvé au hasard de mes recherches :
L'essentiel, c'est l'humain.
Certains disent que nous vivons dans un monde de fous qui brûle toutes nos énergies, dans un monde où l’on a peine à respirer le bonheur. D’autres disent que tout va bien aller, que tout cela va changer pour le mieux, qu’on finira bien par rendre l’utile agréable en trouvant la voie vers l’essentiel. Car, entre avoir un bon emploi et y être bien à faire son travail avec ses collègues, il faut choisir les trois. Un juste milieu entre nos raisons de travailler et celles qui nous donnent le coeur à l’ouvrage est la voie de la solidarité, de la coopération et de la synergie. Mais pour cela, il faut être bien dans sa peau, dans son cœur et dans sa tête. En fait, l’essentiel, c’est d’avoir la tête dans le ciel pour voir venir l’avenir, les deux pieds sur terre pour incarner et réaliser nos rêves et le cœur à la bonne place pour avoir le courage de le faire. Pour y arriver, il faut faire le nécessaire : passer de l’urgence à la prévention, de la méfiance à la confiance, de la rigidité à la flexibilité, de la soumission à l’action. Rien n’arrivera à moins que les gestionnaires de haut niveau, gardant toujours le contact avec leur personnel, ne passent de l’intention à l’action. Car l’essentiel dont il est question ici, c’est la qualité de vie de chaque personne, condition nécessaire à la création d’un climat de travail agréable, favorable à des relations interpersonnelles vraiment humaines, c’est-à-dire valorisantes.
« Depuis une vingtaine d’années, le travail humain, sous l’impératif de productivité maximale, a subi un nouveau processus de dépersonnalisation et de désocialisation : il est devenu une ressource de l’entreprise, la « ressource humaine » (Ricardo Petrella).
Le danger qui menace toutes les organisations qui pressent des citrons pressés déjà, c’est d’en arriver à considérer leurs « ressources humaines », leur « capital », comme un objet, comme une marchandise dont on attend la contribution la plus élevée au moindre coût. Il ne faut jamais oublier que la personne humaine est le sujet le plus important de tout milieu de travail. En fait, toute organisation n’est qu’une abstraction. Seules les personnes sont des réalités concrètes. Ce ne sont pas les organisations qui réussissent mais les gens au cœur de ces organisations.
L’économie des ressources humaines a comme fondement une écologie de l’esprit qui seule nous permet d’instaurer un nouvel humanisme. La crise de valeurs qui sévit sur cette planète nous amène à réfléchir sur les principes et les attitudes qui définiraient ce nouvel humanisme en milieu de travail. Est-ce la soif d’avoir qui tarit la soif d’évoluer vers l’essence de son être, vers un mieux-être et un mieux-vivre ? Quel est le meilleur antidote au stress, ce mal du siècle qui provoque la perte de la joie de vivre et contamine les milieux de travail, sinon le développement de la force intérieure qui donne un sens à la vie ? Il n’y a de repos que pour celui qui cherche en son âme, qui apprend, qui veut savoir. Il n’y a de repos que pour celui qui trouve motivation en ses valeurs les plus profondes et qui sans cesse recommence pour aller toujours plus loin, plus haut vers la réalisation de l’essence de son être. Pour cela, il faut se connaître, se comprendre. Car, vouloir savoir être au pouvoir de soi est l’ultime avoir.
Le développement actuel des forces productives au sein de la fonction publique constitue, par son ampleur, la richesse nationale des citoyens. Dans toute organisation, le gestionnaire est l’arc, son personnel est la flèche et l’un et l’autre ont pour cible la protection des droits du citoyen, l’amélioration de sa qualité de vie, de sa santé et de sa sécurité. Voilà des besoins essentiels qui ne peuvent être satisfaits que par les services fournis par une fonction publique constamment à la recherche de nouvelles solutions.
Le développement des années à venir étant en grande partie conditionné par la disponibilité à court terme de sources d’énergies fiables, appelées ressources humaines, la « réingénierie » des ministères provoque des changements majeurs qui ébranlent la motivation et la performance des gestionnaires et des fonctionnaires soumis à de nouvelles pressions. Dans un contexte économique de coupures, de rationalisation et de réalignement des effectifs, l’indice de démotivation grimpe chez les personnes, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui ont peine à gérer les émotions causées par un tel stress.
Les psychologues sonnent l’alerte rouge. « La course à la performance et à l’excellence, la compétitivité, la surcharge de travail, les réductions de personnel, l’introduction de nouvelles technologies conjuguées à de piètres relations avec le patron et les collègues ainsi qu’à un manque de circulation de l’information au sein des entreprises, l’urgence de faire plus avec moins, ont conduit à un cocktail explosif. Les jours d’absen-téisme liés à des problèmes de santé mentale au Québec ont coûté, en 1999, 440 millions de dollars. À la CSST, on a enregistré ces 10 dernières années, une augmentation de 500% des indemnités pour des lésions professionnelles associées à la santé mentale (burnout, dépression, anxiété). » Raymond Lemieux, Québec Science, mars 2003.
Le défi majeur que doit affronter toute organisation dans une société caractérisée par la vitesse, l’accélération et la synthèse, consiste à s’adapter au déferlement des changements et à faire l’apprentissage de la complexité des interactions entre l’intelligence humaine et son environnement. Puisqu’il en est ainsi, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement. Pour trouver l’équilibre, il faut demeurer le même tout en changeant et conserver tout en transformant. Il n’y a de permanent, d’immuable que le respect de la personne.
L’évolution des organisations tout comme l’épanouissement des individus dépend de la libération, de la transmission et de la conversion d’énergies nouvelles en travail. Comme l’accroissement de la demande en énergie humaine questionne notre capacité de travailler sous pression, l’économie de l’énergie des ressources humaines doit être de mieux en mieux mesurée. L’énergie d’une organisation, c’est la motivation de son personnel. La motivation advient lorsqu’il y a un juste milieu entre la performance et l’humain. L’épuisement des ressources humaines est le plus grand danger qui menace les organisations.
En physique, en biochimie, en psychosociologie et en économie, le mot « énergie » signifie: capacité de faire du travail. Toutes les formes d’énergie sont caractérisées par deux facteurs : l’intensité et la direction. Selon le deuxième principe de la thermodynamique, l’énergie, distribuée de façon incohérente, donc mal dirigée, devient inutilisable. D’autre part, pour intensifier l’énergie humaine au travail, il faut que tous les échelons de l’organisation soient reconnus, valorisés et supportés.
L’énergie est la base de toute créativité. Si la principale cause de l’inhibition de l’énergie est la peur ou le « mal-être », le moteur de la libération de cette même énergie, c’est le « bien-être ». Il est démontré que toute entreprise qui se soucie du mieux-être de son personnel améliore son rendement. Le secret de l’enthousiasme au travail est simple : augmentez les plaisirs et diminuez les déplaisirs. Il est bien connu que le rire et l’humour sont de merveilleux antidotes au stress. Les gens qui rient sont plus concentrés dans leur travail et prennent de meilleures décisions. Que ce soit dans les bureaux du gouvernement ou ailleurs, actualiser le principe de plaisir est souhaitable.
«Trouver un sens à ce que l’on fait est le défi de la nouvelle éthique au travail » W. Glaser.
Toute organisation qui redonne à l’être humain la première place peut affronter avec succès les fluctuations de son environnement et, joignant l’agréable à l’utile, implanter de nouvelles façons de faire. Plus les principes et les objectifs sont acceptés par tous, plus la quantité d’énergie libérée est importante. Un effort enthousiaste et un engagement ferme, fruits d’une décision claire, libèrent l’énergie de toute être humain. Si l’on veut propulser la créativité et le rendement, l’essentiel, c’est de joindre l’utile à l’agréable. Pour y arriver, il faut faire preuve de confiance, de compassion et de flexibilité. Quand, dans un dialogue ouvert, franc et respectueux, on fait confiance à son personnel, on peut être assuré de compter sur son tempérament, sa créativité, sa loyauté et son engagement responsable. Car, « plus de 50% des gens recherchent avant tout un travail valorisant.» (National Opinion Research Center)
Dans les ressources humaines, l’essentiel est de mettre de la communication interpersonnelle chaleureuse, joyeuse et généreuse dans l’information impersonnelle, froide. Dans un monde changeant, il faut trouver un juste milieu entre les principes, les règles, les lois que notre raison édicte, et les valeurs, les attitudes et les besoins que nous ressentons du fond de notre cœur. Pour atteindre cet objectif, il faut avoir une vision écologique, une vision humaniste. Dans la nature, tout est en interaction et en interdépendance. L’application de ce principe à la culture organisationnelle optimise la qualité des relations humaines et maximise le rendement. Pour assumer les multiples changements, la solidarité est la seule voie navigable. Si, comme l’écrit Joël de Rosnay, « nous sommes les cellules d’un cerveau planétaire », il nous faut apprendre à penser ensemble pour mieux vivre ensemble. Comme apprendre à apprendre est le tremplin de la compétence, l’écologie du cerveau consiste à marier son intelligence émotionnelle et son intelligence rationnelle. Entre l’arbre et la forêt, entre la tête et le cœur, il faut choisir les deux. Intégrer ce que l’on sent, ce que l’on ressent, ce que l’on pense et ce que l’on pressent permet la floraison des ressources humaines. Mais pour établir des relations humaines sans perdre son identité, il faut que les communications interpersonnelles soient authentiques et que le respect des différences facilite le transfert d’énergie et de réciprocité. « La vision écologique est systémique et non pas systématique. Elle s’ouvre à un pouvoir réparti dans des réseaux interdépendants de compétences dont les objectifs sont d’aider à s’élever pour mieux voir, relier pour mieux comprendre et situer pour mieux agir et où les frontières entre les fonctions et les services sont abolies. » (De Rosnay)
Pour obtenir une performance maximale, il faut humaniser au maximum les relations interpersonnelles, trouver le juste milieu entre la performance et l’humain. L’humanisme nouveau consiste à relever la dignité de l’esprit humain et à le mettre en valeur.
Le défi des gestionnaires ici consiste à accepter de se remettre en cause en se formant continuellement, en manifestant leur rapport d’influence positive et dynamisante, en gardant le contact quotidien avec leur équipe de manière à redonner à tous le goût de se dépasser pour mieux se réaliser. Et cela advient lorsque tout le monde prend plaisir à travailler ensemble. La mission de Walt Disney était de rendre les gens heureux. L’essentiel dans la vie, c’est d’être de mieux en mieux heureux de ce que l’on devient. L’essentiel, c’est de s’aimer avec lucidité, aimer les gens avec qui on travaille et partager l’amour de la vie avec eux. Archimède disait : « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde. » Ce point d’appui, c’est le respect, la reconnaissance, la valorisation et le bien-être de la personne !
Raôul Duguay, Ph. L.
raoul.duguay@archetypes-inter.net
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Jean-Pierre Frésafond/UN PHENOMENE DE CONTRE-EVOLUTION EN BIOLOGIE HUMAINE, OU LA PEUR DE L’EXISTENCE
Mercredi 2 Septembre 2009
Travail proposé pour le 18/09/2009
Ce thème arrive logiquement après les deux précédents mais, faut-il s’en étonner si on le place dans la vision globale de L’ACTIVATION DE L’ENERGIE ? Mon travail est une synthèse de ce que je crois comprendre des écrits de Teilhard.
1) INTRODUCTION
Ce phénomène émotionnel est examiné par Teilhard au sens cosmique et biologique du terme et non pas au sens métaphysique.
Il s’agit ici de la crise morale amorcée par le franchissement du pas de la réflexion, nous sommes devant une peur qui évolue vers un paroxysme certain.
Pour calmer cette peur, la seule voie ouverte est de rendre l’univers rassurant en discernant en lui une structure ontologiquement convergente vers l’avant.
Je ferai les remarques suivantes pour bien différencier la pensée classique de la pensée de Teilhard qui est une sorte de révolution.
Pour connaître l’univers la physique remonte le temps, elle examine les atomes, puis les particules, les ondes et, enfin, vient buter sur le mur de Planck, concluant ainsi : on ne pourra pas aller plus loin et, se privant de l’information initiale, elle ne la propose pas en hypothèse de travail. L’inconvénient d’une telle procédure est de présenter une gerbe d’énergie qui s’étale en strates déconnectées les unes des autres et donne ainsi une vision parcellaire des choses.
A l’inverse, Teilhard ne remonte pas le temps mais le descend depuis le moment zéro, puis les moments 1,2,3, etc …jusqu’à nos jours avec le phénomène humain ; ce qui lui offre un horizon ouvert sur une extrapolation de la trajectoire de l’évolution. Il peut utiliser une telle procédure car il fait l’hypothèse de l’existence de l’information initiale déjà présente avant le moment 1.
2e DEVELOPPEMENT
Sur le sujet d’aujourd’hui, Teilhard propose
a) L’analyse des causes de la montée de la peur
b) Les moyens de lutter contre cette angoisse
A) LA MONTEE DE LA PEUR,ANALYSE DE SES CAUSES
-Le pas de la réflexion a généré la prise de conscience de l’univers.
-Cette prise de conscience produit l’angoisse existentielle et le repli de l’individu sur lui-même.
-En conséquence, on peut admettre que plus le niveau de conscience est élevé, plus est forte l’angoisse existentielle. Ce paradoxe s’explique ainsi : en émergeant au-dessus des autres êtres vivants l’homme se croyait définitivement sauvé, persuadé qu’il allait dominer toute la terre. La science devint sa religion universelle et l’homme s’abandonna dans son repli individualiste, allant jusqu’à perdre le sens de l’espèce.
-A l’inverse chez les populations infra-développées (notion très relative) les ethnologues observent l’existence d’une conscience collective toujours très forte (qui est donc plus évoluée), assortie de religions primitives également très implantées.
Dans les deux catégories de sociétés, j’aurais tendance à penser que les hommes inventèrent, qui le « dieu science » et qui le ou les dieux tout puissants. Avec ce besoin de religion, il s’agit du fruit de la raison et, dans le second, du fruit d’une pulsion d’éternité. Dans les deux cas il s’agit bien de la réaction contre la peur accompagnée de l’instinct de conservation de l’espèce.
-Comment peut-on analyser les causes de la peur existentielle ? Teilhard discerne deux peurs différentes
a) la peur de la matière
b) la peur de l’être humain
(a) C’est par ses dimensions vertigineuses que l’univers terrorise, l’infiniment grand et l’infiniment petit et, plus récemment, s’est ajouté le temps car lui aussi est une infinité liée à l’espace. Au milieu de ces trois infinis l’homme est perdu, il n’a aucun point de repère. Mais Teilhard a eu le génie de découvrir une nouvelle dimension, l’infiniment complexe, dans laquelle, enfin, l’homme peut se situer, car il en est la manifestation la plus proche de lui-même, il peut la « toucher » s’il le veut bien ; il peut voir l’univers à travers lui-même. Pour cela, il doit se fabriquer un nouveau regard qui lui permettra de vaincre les deux nouveaux obstacles qui lui sont apparus avec cette nouvelle vision des choses (avec des lunettes on voit ce qui est invisible à l’œil nu).
L’étanchéité d’abord : entre le mystère de la matière et le mystère de l’homme, plus la science avance, plus l’horizon de la connaissance s’éloigne.
L’hostilité ensuite : en élevant son niveau de conscience l’Homme découvre que par tous ses pores sourd le déterminisme hostile de la matière, entropie contre néguentropie.
(b) La peur devant l’humain .
Autrefois se réfugier dans l’humain était réconfortant, pacifiant. Maintenant, dans la société moderne et dense l’homme découvre que celle-ci est opaque, immense et impersonnelle. En réaction, l’homme perd le sens de l’altérité et celui de l’espèce. Hormis les 10% de la population de nos pays qui se réfugient dans les religions, les hommes sont (selon Teilhard) « atomiquement » fermés sur eux-mêmes, croyant avoir trouvé ainsi l’antidote au poison dépersonnalisant de la société.
Ce mal, hélas, ne fait que commencer. Au XIXe siècle le flux total de la population a été de 100 milliards d’habitants. A la fin du XXIe siècle le nombre atteindra ancore davantage de milliards, et tous les paramètres seront en proportion.
B) LE RETOURNEMENT DE LA PEUR (seul moyen de lutter contre l’angoisse)
« Pour ETRE, le monde doit être pensable »
« La seule constatation de l’existence du monde est la preuve, pour notre raison, qu’il possède toutes les qualités sans lesquelles il ne pourrait être pensé »
Ainsi s’exprime Teilhard, lançant une idée nouvelle (principe d’émergence) qui sera reprise par des physiciens cinquante ans plus tard sous le nom de principe anthropique (H. Reeves, Capra, Nicolsen, Wheeler, etc …)
Autrement dit l’existence du monde prouve sa cohérence et sa finalité. Le fait même qu’une chose existe prouve qu’elle possède en elle toutes les qualités sans lesquelles elle n’aurait même pas pu exister (en langage cartésien les effets prouvent la cause).
Une autre citation de Teilhard est fondamentale : « En pensant à l’économie générale de l’être, il n’y a qu’une seule propriété qui peut rendre l’univers pensable, vivable et achevable, c’est le postulat de CONVERGENCE. »
Evidemment, il est plus facile de croire en l’existence de l’information initiale qu’en une finalité espérée, le point OMEGA. La première on la constate déjà tandis que le le point Omega on ne peut que l’espérer ; d’où l’importance de la plus importante des vertus théologales, l’espérance. En somme, l’espérance est un pari. L’Homme passe sa vie à faire des paris sur des gains espérés… pourquoi le plus important de tous ne le ferait-il pas ?
CONCLUSION
Je cite Teilhard : « Parallèlement à ce qui vient d’être dit à propos de la convergence, il est possible que l’éveil de la pensée s’élevant sur le monde induise un souffle de paix, de rassemblement et, l’AUTRE, si terrifiant qu’il nous paraisse, cesse de nous effrayer car, de concurrent il devient unissable et partenaire. »
Celui qui a compris cela n’a plus peur de l’humanité.
Voici une autre citation de Teilhard pour régler notre problème à l’égard de la matière : « Si par tous et chacun de ses éléments, ainsi que le phénomène humain le prouve, l’univers tend à trouver son équilibre supérieur vers le centrique, comment le processus pourrait-ilse continuer et aboutir, si non à l’intérieur d’un système complètement centré sur soi, par la totalité de lui-même ? »
Jean-Pierre Fressafond
Omaha-beach.fr

