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Jean-Pierre GIROUD

Lundi 29 Novembre 2010
Dans le monde où nous sommes aujourd'hui, se reformulent, se retranscrivent, se réadaptent notre Physique, notre Biologie, notre Éthique et même notre religion;
C'est par ces mots que me parle PT , me signifie que les temps anciens sont révolus, ne peuvent pas revenir et que je ne suis pas condamné à une fuite en avant mais que mon esprit est ouvert à des dimensions nouvelles, parce que le monde change à chaque instant, jour après jour.
Plus que jamais, je suis acteur, entité unique, participant de l'humanité et avec elle, en marche vers son Unité.

Mais essayons d'expliquer cela;
Dans le monde ou je vis, il n'est plus à démontrer que le changement est là, que le progrès est constant et je propose quelques réflexions sur cette évolution ou l'homme et son avenir sont impliqués dans leur totalité;
Parlons Religion; comment, aujourd'hui, se réadapte-t-elle?, le monde lui change tellement vite; que dire sur le sida;
Ombre qui paralyse et qui fait peur, spectre de la sexualité qui ante l'inconscient collectif; il a semblé plus facile de vouloir ignorer, mais la terre dans sa vérité est là et me demandera d'être en accord avec elle;
Ces jours derniers, sur ce fléau qui gangrène tant de peuples, nous avons enfin entendu de la part du plus haut dignitaire de l’Église des paroles secourables.
Et que dire de l’homosexualité ou dans des temps qui ne sont pas si anciens, les personnes étaient misent à l'écart, parfois supprimées?,,, La science nous aide à découvrir que la nature humaine est faite de gènes et d'un passé qui lui sont propre,
et que, un couché de soleil avec son ciel rose pâle scintillant de mille paillettes est bien aussi beau que lorsque au-dessus de l'horizon, il est encore d'un bleu qui devient plus sombre, ou que, plus tard, derrière les collines, les nuages du soir deviennent rouge.
Là aussi donc, nous en savons plus que nos pères sur l'homme et c'est temps mieux; les anciens dogmes doivent être réadaptés et le sont inévitablement peu à peu.

PT nous l'explique quand il parle du vrai milieu d'action humaine et qu'il dit:
L'historien de la philosophie explique, en établit des variations, des constructions fines et complexes; c'est important pour la construction et l'évolution de l'esprit.
Mais l'espace, l' environnement, de ces constructions évolue de par la nature même de la Vie qui est mouvement;
Donc les schèmes que l'on croyaient immuables se modifient, certains deviennent obsolètes, et ne reste que ce qui doit rester ou plutôt de nouvelles naissances arrivent comme bourgeonnent et grandissent les branches de l'olivier millénaire sur la souche que l'on croyait morte; la Nature, la Terre ne se fourvoie pas (postulat et état de principe de nombreuses fois constaté).
En d'autres termes, les idées, les modes de pensées et d'actions changent parce que, comme il dit, le volume temporo-spatial, évolue, se modifie; appelons cela les constantes et évolutives amorisations de la terre.

« Réajustement général et irréversible des valeurs de l'existence ...sur le terrain de l'action,...accession, par delà toutes idéologies et tous systèmes, à un milieu différent et supérieur, à une dimension spirituelle nouvelle » nous dit-il encore.
Bien sûr qu'il en faut du courage pour se « caler » sur l'évolution; mais le monde en marche, toujours en marche, attend-t-il que je me décide? Certainement pas.
Au delà de mes manques, de mes défaillances, la Voie est là, belle, changeante ouverte sur d'innombrables facettes, en même temps qu' immuable. A nouveau elle sera mienne et elle m'aidera si tant bien que mal je suis fidèle à la recherche de la Vérité.





Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 29 Novembre 2010 à 18:38 | Commentaires (0)
Ce sujet si complexe et pourtant si passionnant que peut être « l’avenir de l’homme », largement détaillé et clarifié par THEILHARD, nous laisse toujours aussi indécis quant à la manière de l'approcher de façon rationnelle sans embrouiller les cartes.
Alors, voici quelques extraits du discours de SOCRATE dans « Le banquet » qui nous paraissent d’une grande pertinence. Ils nous décrivent combien nous sommes tous (teilhardiens compris), les héritiers de penseurs qui ont forgé notre civilisation depuis plusieurs millénaires.
Ce discours s’adresse directement à nos cœurs avec ce même élan qui emmena notre Jésuite dans une œuvre que l’on peut qualifier aujourd’hui de révolutionnaire. D’ailleurs ne disait-il pas : « De quel droit, du reste, comparer et opposer notre action à celle de Platon et d'Augustin ? Toutes ces actions sont solidaires. Et en moi, ce sont encore Platon et Augustin qui prennent possession du plein domaine de leur personnalité. »

Précision de taille avant de commencer, le chapitre 3 « La grande option » ne sera pas abordée ici, en effet, « Du fait du progrès, l’acte de l’homme n’a pas changé en chaque individu : mais l’acte de la nature humaine a pris, en tout homme conscient, une plénitude absolument nouvelle »
Cependant, nous pouvons faire 3 remarques :
1. Dans les propos qui suivent, en complément des évangiles, nous trouvons les fondements sur lesquels le christianisme s’est créé.
2. Nous découvrons aussi, bien avant Darwin, que les prémices d’une connaissance des processus de l’évolution étaient déjà en place.
3. Mieux même, était déjà identifiée dans l’antiquité cette force d’attraction qui tire et anime tous les êtres vivants et plus singulièrement l’humanité dans une dynamique « amorisante », vers « l’Unité physique », la Beauté, le Bon, la Vérité. En quelque sorte une échappée commune des hommes par l’intérieur.
L’origine de ces textes reste plutôt énigmatique, puisque le narrateur, en l’occurrence PLATON, se sert d’un intermédiaire Apollodore, qui rapporte les propos les plus marquants des convives de ce banquet. C’est ainsi que dans l’un de ces discours, SOCRATE cite à son tour l’enseignement qu’il a reçu de la grande prêtresse DIOTIME.
Voici donc la dernière partie du discours de SOCRATE, celle qui nous intéresse dans notre cas. En face à face, des extraits les plus raisonnants de « l’avenir de l’homme » et de « l’Energie humaine » de Pierre Teilhard de Chardin :

LE BANQUET :
DIOTIME : En somme donc l'amour consiste à vouloir posséder toujours le bon.
SOCRATE : Il n'y a rien de plus vrai, répondis-je.
DIOTIME : Si tel est l'amour en général, quel est l'acte particulier où la recherche et la poursuite ardente du bon prennent le nom d'amour ? Quel est-il ? Peux-tu me le dire ?
SOCRATE : Non, Diotime ; autrement je ne serais pas en admiration devant ta sagesse et ne serais pas venu auprès de toi pour apprendre ces vérités ?
DIOTIME : Je vais donc te le dire : c'est la production dans la beauté, soit par le corps, soit par l'âme. (autre traduction : Il s’agit d’un enfantement dans la beauté, soit selon le corps soit selon l’âme)

TDC dans L'AVENIR DE L'HOMME, Education et vie
Une part essentielle du phénomène se passe forcément au moment même de la reproduction. En et par la cellule fécondée, issue des parents, est nécessairement communiquée à l’enfant, dans sa substance et ses particularités essentielles, l’onde de vie.

LE BANQUET
SOCRATE : Voilà une énigme qui demanderait un devin ; pour moi, je ne la comprends pas.
DIOTIME : Je vais parler plus clairement. Tous les hommes, Socrate, sont capables d'engendrer et selon le corps et selon l'âme, et, lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge, leur nature demande à produire. Or elle ne peut produire dans la laideur, mais dans la beauté ; l'union de l'homme et de la femme est une production ; et cette production est une œuvre divine, fécondation et génération auxquelles l'être mortel doit son immortalité. Mais ces effets ne sauraient s'accomplir dans ce qui est discordant. Or, la laideur ne peut s'accorder avec rien de ce qui est divin ; la beauté seule le peut. La beauté est donc, pour la génération, semblable au Destin * et à Lucine * . C'est pourquoi, lorsque l'être fécondant s'approche du beau, plein d'amour et de joie, il se dilate, il engendre, il produit. Au contraire, s'il s'approche du laid, triste et refroidi, il se resserre, se détourne, se contracte et n'engendre pas, mais porte avec douleur son germe fécond. De là, chez l'être fécondant et plein de vigueur pour produire, cette ardente poursuite de la beauté, qui doit le délivrer des douleurs de l'enfantement. Car la beauté, Socrate, n'est pas, comme tu te l'imagines, l'objet de l'amour.
SOCRATE : Quel est donc l'objet de l'amour ?
DIOTIME : C'est la génération et la production dans la beauté.
SOCRATE : Soit, répondis-je.
DIOTIME : Il n'y a pas à en douter, reprit-elle.
SOCRATE : Mais pourquoi l'objet de l'amour est-il la génération ?
DIOTIME : Parce que c'est la génération qui perpétue la famille des êtres animés et qui lui donne l'immortalité que comporte la nature mortelle. Or, d'après ce dont nous sommes convenus, il est nécessaire de joindre au désir du bon le désir de l'immortalité, puisque l'amour consiste à aimer que le bon nous appartienne toujours. Il s'ensuit donc que l'immortalité est aussi l'objet de l'amour.
SOCRATE : Tels étaient les enseignements que me donnait Diotime dans nos entretiens sur l'amour.

TDC dans L’ENERGIE HUMAINE
5- L’Energie de personnalisation :

Quel nom faut-il donner, toujours en vertu de notre système, à cette énergie physico-morale de personnalisation où se réduisent en définitive toutes les activités manifestées par l'Étoffe de l'Univers? Un seul, pourvu que nous lui conférions la généralité et la puissance qu'il doit revêtir en s'élevant à l'ordre cosmique : l’amour.
C'est un amour qui construit physiquement l’Univers .
a) Le sens sexuel.
L'attraction mutuelle des sexes est un fait si fondamental que toute explication (biologique, philosophique ou religieuse) du Monde qui n'aboutirait pas à lui trouver dans son édifice une place essentielle par construction est virtuellement condamnée. Fixer une pareille place à la sexualité est particulièrement aisé dans un système cosmique bâti sur l'union. Mais encore faut-il la définir clairement, dans l'avenir comme dans le passé. Quels sont donc exactement le sens et l'essence de l'amour-passion dans un Univers à étoffe personnelle?
Sous ses formes initiales, et jusque très haut dans la Vie, sexualité semble identifiée avec propagation. Les êtres se rapprochent afin de prolonger, non point eux-mêmes, mais ce qu'ils ont gagné. Si intime est cette liaison entre couple et reproduction que des philosophes comme Bergson ont pu y voir un indice que la Vie existait plus que les vivants ; et que des religions aussi achevées que le Christianisme ont jusqu’ici basé sur l'enfant le code presque entier de leur moralité.

LE BANQUET :
SOCRATE : Voilà une énigme qui demanderait un devin ; pour moi, je ne la comprends pas.
DIOTIME : Je vais parler plus clairement. Tous les hommes, Socrate, sont capables d'engendrer et selon le corps et selon l'âme, et, lorsqu'ils sont parvenus à un certain âge, leur nature demande à produire. Or elle ne peut produire dans la laideur, mais dans la beauté ; l'union de l'homme et de la femme est une production ; et cette production est une œuvre divine, fécondation et génération auxquelles l'être mortel doit son immortalité. Mais ces effets ne sauraient s'accomplir dans ce qui est discordant. Or, la laideur ne peut s'accorder avec rien de ce qui est divin ; la beauté seule le peut. La beauté est donc, pour la génération, semblable au Destin * et à Lucine * . C'est pourquoi, lorsque l'être fécondant s'approche du beau, plein d'amour et de joie, il se dilate, il engendre, il produit. Au contraire, s'il s'approche du laid, triste et refroidi, il se resserre, se détourne, se contracte et n'engendre pas, mais porte avec douleur son germe fécond. De là, chez l'être fécondant et plein de vigueur pour produire, cette ardente poursuite de la beauté, qui doit le délivrer des douleurs de l'enfantement. Car la beauté, Socrate, n'est pas, comme tu te l'imagines, l'objet de l'amour.
SOCRATE : Quel est donc l'objet de l'amour ?
DIOTIME : C'est la génération et la production dans la beauté.
SOCRATE : Soit, répondis-je.
DIOTIME : Il n'y a pas à en douter, reprit-elle.
SOCRATE : Mais pourquoi l'objet de l'amour est-il la génération ?
DIOTIME : Parce que c'est la génération qui perpétue la famille des êtres animés et qui lui donne l'immortalité que comporte la nature mortelle. Or, d'après ce dont nous sommes convenus, il est nécessaire de joindre au désir du bon le désir de l'immortalité, puisque l'amour consiste à aimer que le bon nous appartienne toujours. Il s'ensuit donc que l'immortalité est aussi l'objet de l'amour.
SOCRATE : Tels étaient les enseignements que me donnait Diotime dans nos entretiens sur l'amour.

LE BANQUET :
DIOTIME : Quelle est, selon toi, Socrate, la cause de ce désir et de cet amour ? N'as-tu pas remarqué dans quel état étrange se trouvent tous les animaux volatiles et terrestres, quand arrive le désir d'engendrer ? Comme ils sont tous malades, quelle agitation amoureuse, d'abord pendant l'époque de l'accouplement, puis quand il s'agit de nourrir leur progéniture, comme les plus faibles mêmes sont toujours prêts à combattre contre les plus forts, et à mourir pour elle, comme ils s'imposent la faim ou toute autre privation pour la faire vivre ? A l'égard des hommes, on pourrait croire que c'est par raison qu'ils agissent ainsi : mais les animaux, d'où leur viennent ces dispositions amoureuses ; saurais-tu le dire ?
SOCRATE : Je lui répondis que je l'ignorais

TDC dans L'AVENIR DE L'HOMME, Education et vie
L’éducation serait chose spécifiquement humaine, s’il s ‘agit d’éducation raisonnée, bien entendu ! Mais ne suffit-il pas de regarder le monde des bêtes avec un esprit plus éveillé à la notion de naissance et de transformation pour apercevoir que, dans ce cas comme dans tous les autres, l’« humain » n’est possible que s’il contient, transfigurée à la mesure de l’esprit, une propriété commune dont les ébauches se reconnaissent et se perdent dans le passé en arrière de nous ? – Le chien, le chat, les oiseaux dressent leurs petits à mille gestes divers : à la chasse, ou au vol, ou à faire un nid.

LE BANQUET :
DIOTIME : Espères-tu donc, reprit-elle, devenir jamais savant en amour, si tu ignores une pareille chose ?
SOCRATE : Mais, encore une fois, Diotime, c'est pour cela que je suis venu vers toi, sachant que j'ai besoin de leçons. Explique-moi donc ce dont tu me demandais l'explication, et toutes les autres choses qui se rapportent à l'amour.
DIOTIME : Eh bien, dit-elle, si tu crois que l'objet naturel de l'amour est celui dont nous sommes convenus plusieurs fois, ma question ne doit pas te troubler ; car, ici comme précédemment, c'est encore la nature mortelle qui cherche à se perpétuer et à se rendre immortelle autant qu'il est possible. Et son seul moyen, c'est la naissance, qui substitue un individu jeune à un individu vieux. En effet, bien que l'on dise d'un individu, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, qu'il vit et qu'il est toujours le même, cependant en réalité, il ne reste jamais ni dans le même état ni dans la même enveloppe, mais il meurt et renaît sans cesse dans ses cheveux, dans sa chair, dans ses os, dans son sang, en un mot dans son corps tout entier ; et non seulement dans son corps, mais encore dans son âme : ses habitudes, ses mœurs, ses opinions, ses désirs, ses plaisirs, ses peines, ses craintes, toutes ses affections ne demeurent jamais les mêmes ; elles naissent et meurent continuellement. Mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que non seulement nos connaissances naissent et meurent en nous de la même façon (car à cet égard encore nous changeons sans cesse), mais chacune d'elles en particulier passe par les mêmes vicissitudes. En effet, ce qu'on appelle réfléchir se rapporte à une connaissance qui s'efface ; car l'oubli est l'extinction d'une connaissance. Or la réflexion, formant en nous un nouveau souvenir à la place de celui qui s'en va, conserve en nous cette connaissance, si bien que nous croyons que c'est la même. Ainsi se conservent tous les êtres mortels ; ils ne restent pas absolument et toujours les mêmes comme ce qui est divin, mais celui qui s'en va et qui vieillit laisse à sa place un jeune individu semblable à ce qu'il était lui-même. Voilà, Socrate, comment tout ce qui est mortel participe de l'immortalité, et le corps et tout le reste. Quant à l'être immortel, c'est par une autre raison. Ne t'étonne donc plus si tous les êtres animés attachent tant de prix à leurs rejetons ; car c'est du désir de l'immortalité que leur viennent la sollicitude et l'amour qui les animent

TDC dans L'AVENIR DE L'HOMME, Education et vie
Au regard de la physique, un des caractères les plus extraordinaires de la Vie est son « additivité ». La vie se propage en ajoutant sans cesse à elle même ce qu’elle acquiert successivement, - comme une mémoire… Chaque être transmet au suivant l’être qu’il a reçu, non seulement diversifié, mais accentué dans une direction déterminée, suivant la lignée à laquelle il appartient…. Quelque chose passe, quelque chose grandit, à travers la longue chaine des vivants.

LE BANQUET :
DIOTIME : N'en doute pas, Socrate : et si tu veux réfléchir à présent à l'ambition des hommes, elle te paraîtra peu conforme à ces principes, à moins que tu ne songes combien les hommes sont possédés du désir de se faire un nom et d'acquérir une gloire immortelle dans la postérité, et que c'est ce désir, plus encore que l'amour paternel, qui leur fait braver tous les dangers, sacrifier leur fortune, endurer toutes les fatigues, et donner même leur vie. Penses-tu, en effet, qu'Alceste eût souffert la mort à la place d'Admète, qu'Achille l'eût cherchée pour venger Patrocle, et que votre Codrus s'y fût dévoué pour assurer la royauté à ses enfants, s'ils n'eussent espéré laisser après eux cet immortel souvenir de leur vertu qui vit encore parmi nous ? Il s'en faut bien, poursuivit Diotime. Mais pour cette immortalité de la vertu, pour cette noble gloire, il n'est rien, je crois, que chacun ne fasse avec d'autant plus d'ardeur qu'il est plus vertueux, car tous ont l'amour de ce qui est immortel.
Ceux donc qui sont féconds selon le corps aiment les femmes, et se tournent de préférence vers elles, croyant s'assurer, par la procréation des enfants, l'immortalité, la perpétuité de leur nom et le bonheur, à ce qu'ils s'imaginent, dans la suite des temps. Mais ceux qui sont féconds selon l'esprit..., car il en est qui sont encore plus féconds d'esprit que de corps, pour les choses qu'il appartient à l'esprit de produire. Or qu'appartient-il à l'esprit de produire ? La sagesse et les autres vertus qui sont nées des poètes et de tous les artistes doués du génie de l'invention. Mais la sagesse la plus haute et la plus belle est celle qui préside au gouvernement des Etats et des familles humaines : on l'appelle prudence et justice.

TDC dans L'AVENIR DE L'HOMME, Note sur le progrès :
La preuve que la coextension croissante de nos âmes au Monde par la conscience de nos rapports avec toutes choses n ‘est pas purement d’ordre logique et idéal, mais représente bien un progrès organique, suite légitime du mouvement qui a fait germer la vie et se dilater le cerveau, c’est qu’elle se traduit par une transformation spécifique de la valeur morale de nos actes.

TDC dans L’ENERGIE HUMAINE
5- L’Energie de personnalisation :
b) Le sens humain

Mais encore le couple ne tiens qu’encadré par l’ensemble des personnalités, de même ordre, qui l’entourent. L’énergie de personnalisation manifestée dans l’amour-passion doit donc se compléter par une autre espèce d’attrait, appelant les unes aux autres la totalité des molécules humaines. C’est cette force particulière de cohésion, répandue dans l’ensemble de la Noosphère, que nous appelons ici « le sens humain. »

TDC dans L'AVENIR DE L'HOMME, Note sur le progrès :
Quand un homme d'aujourd'hui opère en pleine conscience, ...il sent en soi les responsabilités et la force d'un Univers tout entier. Du fait du progrès, l'acte de l'homme (l'homme) n'a pas changé en chaque individu; mais l'acte de la nature humaine (l'humanité) a pris en tout homme conscient, une plénitude absolument nouvelle. - De quel droit, du reste, comparer et opposer notre action à celle de Platon et d'Augustin ? Toutes ces actions sont solidaires.

LE BANQUET :
SOCRATE : Après qu'elle m'eut parlé de la sorte, je lui dis plein d'admiration : Très-bien, Ô très-sage Diotime ; mais en est-il réellement ainsi ?
Elle me répondit, du ton d'un parfait sophiste :
Quand donc un mortel divin porte en son âme, dès l'enfance, le germe de ces vertus, et que, parvenu à la maturité de l'âge, il désire produire et engendrer, il va aussi çà et là cherchant la beauté dans laquelle il pourra engendrer, car jamais il ne le pourrait dans la laideur. Dans l'ardeur de produire, il s'attache donc aux beaux corps de préférence aux laids ; et, s'il rencontre dans un beau corps une âme belle, généreuse et bien née, cette réunion lui plaît souverainement. Auprès d'un tel homme, il abonde aussitôt en discours sur la vertu, sur les devoirs et les occupations de l'homme de bien, et il s'applique à l'instruire ; car le contact et le commerce de la beauté lui font engendrer et produire ce dont il portait le germe. Absent ou présent, il pense toujours à son bien-aimé ; et ils nourrissent en commun les fruits de leur union. Aussi le lien et l'affection qui les attachent l'un à l'autre sont-ils bien plus intimes et bien plus forts que ceux de la famille, parce que leurs enfants sont plus beaux et plus immortels. Et il n'est personne qui ne préfère de tels enfants à toute autre postérité, s'il considère et admire les productions qu'Homère, Hésiode et les autres poètes ont laissées d'eux, la renommée et la mémoire immortelle que ces immortels enfants ont acquise à leurs pères ; ou bien encore s'il se rappelle les enfants que Lycurgue a laissés après lui à Lacédémone, et qui sont devenus le salut de cette ville, je dirai presque de la Grèce entière. Solon de même est en honneur parmi vous comme père des lois ; et d'autres grands hommes sont honorés en diverses contrées, soit en Grèce, soit chez les Barbares, parce qu'ils ont produit une foule d'œuvres admirables et enfanté toutes sortes de vertus. De tels enfants leur ont valu des temples, mais nulle part les enfants du corps n'en ont valu à personne.+
Peut-être, Socrate, suis-je parvenue à t'initier jusque-là aux mystères de l'Amour ; mais quant au dernier degré de l'initiation et aux révélations les plus secrètes, auxquelles tout ce que je viens de dire n'est qu'une préparation, je ne sais si, même bien dirigé, ton esprit pourrait s'élever jusqu'à elles. Je n'en continuerai pas moins, sans rien ralentir de mon zèle.
Tâche de me suivre le mieux que tu pourras.
Celui qui veut atteindre à ce but par la vraie voie doit, dès son jeune âge, commencer par rechercher les beaux corps. Il doit, en outre, s'il est bien dirigé, n'en aimer qu'un seul, et dans celui qu'il aura choisi engendrer de beaux discours. Ensuite, il doit arriver à comprendre que la beauté qui se trouve dans un corps quelconque est sœur de la beauté qui se trouve dans tous les autres. En effet, s'il faut rechercher la beauté en général, ce serait une grande folie de ne pas croire que la beauté qui réside dans tous les corps est une et identique. Une fois pénétré de cette pensée, notre homme doit se montrer l'amant de tous les beaux corps et dépouiller, comme une petitesse méprisable, toute passion qui se concentrerait sur un seul. Après cela, il doit regarder la beauté de l'âme comme plus précieuse que celle du corps ; en sorte qu'une belle âme, même dans un corps dépourvu d'agréments, suffise pour attirer son amour et ses soins, et pour lui faire engendrer en elle les discours les plus propres à rendre la jeunesse meilleure. Par là il sera nécessairement amené à contempler la beauté qui se trouve dans les actions des hommes et dans les lois, à voir que cette beauté est partout identique à elle-même, et conséquemment à faire peu de cas de la beauté corporelle. Des actions des hommes il devra passer aux sciences, pour en contempler la beauté ; et alors, ayant une vue plus large du beau, il ne sera plus enchaîné comme un esclave dans l'étroit amour de la beauté d'un jeune garçon, d'un homme ou d'une seule action ; mais, lancé sur l'océan de la beauté, et repaissant ses yeux de ce spectacle, il enfantera avec une inépuisable fécondité les discours et les pensées les plus magnifiques de la philosophie, jusqu'à ce qu'ayant affermi et agrandi son esprit par cette sublime contemplation, il n'aperçoive plus qu'une science, celle du beau.

TDC dans L'AVENIR DE L'OMME, Les propriétés de l'Union :
L’amour a toujours été soigneusement écarté des constructions réalistes et positives du Monde. Il faudra bien qu’on se décide un jour à reconnaître en lui l’énergie fondamentale de la Vie, ou, si l’on préfère, le seul milieu naturel en quoi puisse se prolonger le mouvement ascendant de l’évolution. Sans amour, c’est véritablement devant nous le spectre du nivellement et de l’asservissement : la destinée du termite et de la fourmi. Avec l’amour et dans l’amour, c’est l’approfondissement de notre moi le plus intime dans le vivifiant rapprochement humain. Et c’est aussi le jaillissement libre et fantaisiste sur toutes les voies inexplorées. L’amour qui resserre sans confondre ceux qui s’aiment, et l’amour qui leur fait trouver dans ce contact mutuel une exaltation capable, cent fois mieux que tout orgueil solitaire, de susciter au fond d’eux mêmes les plus puissantes et créatives originalités.

LE BANQUET :
Prête-moi maintenant, Socrate, toute l'attention dont tu es capable. Celui qui, dans les mystères de l'Amour, se sera élevé jusqu'au point où nous en sommes, après avoir parcouru dans l'ordre convenable tous les degrés du beau, parvenu enfin au terme de l'initiation, apercevra tout à coup une beauté merveilleuse, celle, ô Socrate ! qui était le but de tous ses travaux antérieurs : beauté éternelle, incréée et impérissable, exempte d'accroissement et de diminution, beauté qui n'est point belle en telle partie et laide en telle autre, belle seulement en tel temps et non en tel autre, belle sous un rapport et laide sous un autre, belle en tel lieu et laide en tel autre, belle pour ceux-ci et laide pour ceux-là ; beauté qui n'a rien de sensible comme un visage, des mains, ni rien de corporel, qui n'est pas non plus tel discours ou telle science, qui ne réside pas dans un être différent d'elle-même, dans un animal, par exemple, ou dans la terre, ou dans le ciel, ou dans toute autre chose ; mais qui existe éternellement et absolument par elle-même et en elle-même ; de laquelle participent toutes les autres beautés, sans que leur naissance ou leur destruction lui apporte la moindre diminution ou le moindre accroissement, ni la modifie en quoi que ce soit.
Quand, des beautés inférieures on s'est élevé, par un amour bien entendu des jeunes gens, jusqu'à cette beauté parfaite, et qu'on commence à l'entrevoir, on touche presqu'au but ; car le droit chemin de l'Amour, qu'on le suive de soi-même ou qu'on y soit guidé par un autre, c'est de commencer par les beautés d'ici-bas, et de s'élever jusqu'à la beauté suprême, en passant, pour ainsi dire, par tous les degrés de l'échelle, d'un seul beau corps à deux, de deux à tous les autres, des beaux corps aux belles occupations, des belles occupations aux belles sciences, jusqu'à ce que de science en science on parvienne à la science par excellence, qui n'est autre que la science du beau lui-même, et qu'on finisse par le connaître tel qu'il est en soi.

[211d] O mon cher Socrate, poursuivit l'étrangère de Mantinée, si quelque chose donne du prix à cette vie, c'est la contemplation de la beauté absolue : et, si tu y parviens jamais, que te sembleront auprès d'elle l'or et la parure, les beaux enfants et les beaux jeunes gens, dont la vue maintenant te trouble et te charme à un tel point, toi et beaucoup d'autres, que, pour voir sans cesse ceux que vous aimez, pour être sans cesse avec eux, si cela était possible, vous seriez prêts à vous priver de boire et de manger, et à passer votre vie dans leur commerce et leur contemplation ! Que penser d'un mortel à qui il serait donné de contempler la beauté pure, simple, sans mélange, non revêtue de chairs et de couleurs humaines et de toutes les autres vanités périssables, mais la beauté divine elle-même ? Penses-tu que ce serait une destinée misérable que d'avoir les regards fixés sur elle, que de jouir de la contemplation et du commerce d'un pareil objet ? Ne crois-tu pas, au contraire, que cet homme, étant le seul ici-bas qui perçoive le beau par l'organe auquel le beau est perceptible, pourra seul engendrer, non pas des images de vertu, puisqu'il ne s'attache pas à des images, mais des vertus véritables, puisque c'est à la vérité qu'il s'attache ? Or, c'est à celui qui enfante et nourrit la véritable vertu qu'il appartient d'être chéri de Dieu ; et si quelque homme doit être immortel, c'est celui-là surtout.

TDC dans L'AVENIR DE L'OMME, Les propriétés de l'Union :
Or ce n’est pas encore tout.
L’union différencie, disais-je, - ceci ayant pour premier résultat de conférer à un Univers de convergence le pouvoir de prolonger, sans les confondre, les fibres individuelles qu’il rassemble. Mais voici que ce mécanisme même entraîne pour un pareil Univers, une propriété de plus. Si, en vertu du mécanisme fondamental de l’union, les éléments de conscience renforcent, en se rapprochant, ce qu’il contiennent de plus incommunicable, c’est donc que le principe d’unification en qui il convergent est, en quelque chose, une réalité autonome, distincte d’eux-mêmes : non point « centre de résultante », naissant de leur confluence, mais « centre de dominance », opérant la synthèse des innombrables centres particuliers qui aboutissent à lui. Sans quoi ceux-ci ne se rejoindraient jamais. En d’autre termes, dans un Univers de convergence, chaque élément trouve son achèvement non point directement dans sa propre consommation, mais dans son incorporation au sein d’un pôle supérieur de conscience en qui seul il peut entrer en contact avec tous les autres. Par une sorte de retournement dans l’Autre, sa croissance culmine en don et en excentration. Qu’est-ce à dire sinon que réapparaît à ce stade final l’« annihilation » mystique préconisée par ceux que nous nommions plus haut (en face de la deuxième alternative) les partisans de l’Evasion ? Tout s’éclaire maintenant. Ce que présentaient ces tenants de l’extase était vrai. Mais ils voulaient s’envoler d’une manière forcée et prématurée. Ils aspiraient légitimement à se jeter et à passer dans l’Autre. Mais il ne voyaient pas que la nuit ou mort mystique ne saurait représenter le terme et le couronnement d’un processus de croissance.

TDC dans L’ENERGIE HUMAINE
5- L’Energie de personnalisation :
b) Le sens cosmique

J’appelle Sens cosmique l’affinité plus ou moins confuse qui nous relie psychologiquement au Tout qui nous enveloppe.
L’existence de ce sentiment est indubitable, et aussi ancienne apparemment que l’origine de la Pensée . Pour qu’apparût le sens Humain, il était nécessaire que la civilisation commençât à circonscrire la Terre. Le Sens Cosmique, lui, a dû naître aussitôt que l’Homme c’est trouvé en face de la forêt, de la mer, des étoiles. Et depuis lors ses traces sont manifestes, dans tous ça que nous éprouvons de grand et d’indéfini : dans l’art, dans la poésie, dans la religion. Par Lui nous réagissons au monde « as a whole », comme par nos yeux à la lumière.

LE BANQUET
SOCRATE : Tels furent, mon cher Phèdre, et vous tous qui m'écoutez, les discours de Diotime. Ils m'ont persuadé, et je tâche à mon tour de persuader aux autres que, pour atteindre un si grand bien, la nature humaine trouverait difficilement un auxiliaire plus puissant que l'Amour. Aussi dis-je que tout homme doit honorer l'Amour. Quant à moi, j'honore tout ce qui s'y rapporte, j'en fais l'objet d'un culte tout particulier, je le recommande aux autres ; et en ce moment même, je viens de célébrer de mon mieux, comme je le fais sans cesse, la puissance et la force de l'Amour. Et maintenant, Phèdre, vois si ce discours peut être appelé un éloge de l'Amour, sinon donne-lui tel autre nom qu'il te plaira.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 29 Novembre 2010 à 17:56 | Commentaires (0)

Pour la réunion de travail de janvier 2011


(I) L’AVENIR DE L’HOMME VU PAR UN PALEONTOLOGISTE (22/2/41 à Pekin)
Introduction :
Lorsque l’Homme découvrit l’abime du temps qui l’a précédé il fut d’abord émerveillé par les progrès accomplis, mais dans un deuxième temps, suite à de multiples déboires, une vague de scepticisme et d’inquiétude l’envahit, un réalisme primaire lui masqua la foi en l’avenir, il pensa régression. Avec une argumentation scientifique idoine Teilhard veut prouver que nous avançons et que cela peut continuer pourvu que nous définissions correctement le sens de cette progression.
1- Observation préliminaire, les mouvements lents.
L’observation des mouvements lents de l’univers ne sont pas directement perceptibles, mais nous savons maintenant que l’ensemble des galaxies est en expansion ; la science progresse en brisant l’une après l’autre toutes les apparences de stabilité, de l’infime à l’immense : l’infime cache des mouvements extrêmement rapides et l’immense cache des mouvements extrêmement lents.
2- Le cas de la vie
Tournons-nous vers la vie dont l’humanité est un fragment vieux de 300 millions d’années, couvrant toute la terre, elle est un phénomène immense elle aussi et elle se meut comme tel, c'est-à-dire lentement.

3- Le rôle de la paléontologie
Le rôle de la paléontologie est la reconstitution. Depuis un siècle elle a pour la science un objet passionnément intéressant, celui d’une tranche de vie de 300 millions d’années qui permettra de savoir si le monde et l’humanité sont le siège de quelque progrès. Laissons de côté toute spéculation métaphysique et sentimentale, allons au fait. L’examen de cette tranche de temps doit montrer que les mouvements de la vie ont été enregistrés, et que voyons-nous ?
4- La montée de conscience
Pour des raisons psychologiques et techniques la lecture de la tranche du passé préparée par la paléontologie soulève des débats difficiles et passionnés et l’interprétation de Teilhard n’est pas encore homologuée par la science, mais elle paraît tellement évidente qu’elle a des chances de l’être.
Etudiée sur une tranche épaisse de 300 millions d’années, nous voyons que la vie se meut dans un sens déterminé, celui d’une montée de conscience. En résumé voici trois propositions :
(a) Ceci est maintenant admis, la vie se meut elle aussi et tous les dix millions d’années elle fait peau neuve.
(b) Elle se meut dans un sens déterminé et là est le point litigieux. Des biologistes pensent encore que cette métamorphose ne se produit pas dans un sens précis mais en tous sens et au hasard. Contre une telle affirmation ruineuse se dresse le fait de la cérébralisation croissante des êtres vivants, du plus petit au plus grand. Chez les vertébrés il y a le stade amphibien, le stade reptile, le stade mammifère et à l’intérieure de ces phases nous voyons le cerveau grossir et se compliquer chez les ongulés, les carnassiers et surtout chez les primates. Tout cela s’est passé de telle sorte qu’on pourrait tracer une courbe montante de la vie, prenant pour abscisse le temps et pour ordonnée la qualité et la quantité de matière nerveuse existant sur terre à chaque époque géologique.*
(c) Considérant cette augmentation constante de conscience, ne voyons-nous pas l’existence d’un processus de complexification ? Il y a des dizaines de milliers d’atomes dans une molécule de virus, des dizaines de milliers de molécules harmonisées dans une seule cellule, des millions de cellules dans un cerveau, des millions de cerveaux dans une fourmilière … Que signifie cette complexification si non que l’étoffe de l’univers, tirée d’un côté par les forces de désagrégation, est soumise d’un autre côté à des forces inverses dont le résultat est de faire apparaître une matière de plus en plus synthétisée et spiritualisée.

Nous ne cherchons pas ici à définir ce qu’est l’esprit et ce qu’est la matière ; nous voulons montrer que la plus grande découverte du siècle est d’avoir reconnu que la marche du temps doit se mesurer en croissance progressive des arrangements de la matière vers une complexité infinie débouchant sur l’équation complexité/conscience

5- Place de l’Homme en tête de la vie
Après avoir considéré la vie dans son ensemble, abordons le problème de l’Homme. Nous avons admis la courbe de l’évolution de la matière, où l’Homme se place-t-il sur cette ligne ? Le mouvement vers une plus grande conscience n’est pas une illusion, il est l’essence-même de l’évolution et sur cette courbe il en occupe le sommet. Mais la naissance de la pensée ne se pose-t-elle pas comme un point critique à travers lequel se consomment tous les efforts précédents, par réflexion sur elle-même ?
Avant Gallilée on se représentait l’Homme et la terre comme centre géométrique et juridique d’un monde formé de sphères statiques. Dans l’anthropocentrisme moderne l’Homme devient l’acteur d’une psychogénèse cosmique, mais ce progrès ne serait-il pas arrêté en atteignant ce sommet ?

6- Mouvement de l’humanité sur elle-même
Si vieille qu’elle nous paraisse, l’humanité est encore très jeune, nous la suivons depuis une centaine de millions d’années seulement, et sur une tranche aussi mince de passé il est difficile de mesurer les mouvements de vie ; cependant, grâce à l’exponentielle vitesse de développement, l’appréciation directe de la montée de conscience est possible pour un œil exercé sur un intervalle aussi court :
(a) Anatomiquement une transformation progressive du cerveau est enregistrable, pithécanthrope et sinanthrope étaient intelligents, mais culturellement ils n’étaient pas à notre niveau.
(b) A partir de l’homo sapiens on peut estimer que notre cerveau ait approché la limite de perfection possible et mesurable. En revanche, la réalité du développement organo psychique de « l’Homme Collectif » représente autant de progrès que l’acquisition d’une circonvolution supplémentaire de notre cerveau. Voici comment on peut exprimer ce qui vient d’être dit :
Progrès = Montée de conscience
Montée de conscience = Effet d’organisation
Ces deux équations signifient que pour déceler ou vérifier l’existence d’un progrès à l’intérieur d’un système, nous n’avons qu’à observer comment varie l’état d’organisation u sein d’un système à l’intérieur d’un lapse de temps.
Pour certains, cette lente et irrésistible dérive vers des assemblages de plus en plus complexes et de plus en plus unifiés n’a pas de signification spéciale ; mais pour un œil éduqué, au contraire, ces évènements humains prennent sens. Cette super-guerre mondiale dont nous portons le poids, cet universel désir d’imposer des « ordres nouveaux », que sont-ils si non la crise au terme de laquelle se profilera peut-être un monde meilleur dans une humanité plus complexe et plus centrée, donc plus consciente. Et c’est ici que se pose la seule question vraiment intéressante : pouvons-nous progresser encore longtemps et ne sommes-nous pas dans une impasse ?

7- L’avenir humain
Il est scientifiquement dangereux d’extrapoler une courbe au-delà des faits, mais en ce quiconcerne l’humanité et la vie, les éléments de la courbe sont appuyés sur une observation de 300 millions d’années. Cela permet d’affirmer ce qui suit
(a) Si l’on considère l’immensité des idées logiquement découvrables dans l’avenir et le formidable potentiel de recherche vers le progrès, énergétiquement et biologiquement parlant, l’humanité est encore jeune, elle peut espérer vivre et se développer pendant plusieurs millions d’années.
(b) Sauf catastrophe naturelle ou erreur humaine, la terre est loin d’avoir terminé son évolution sidérale.
(c) Sachant que cela fait 300 millions d’années que la vie s’élève dans l’improbable, n’est-ce pas une indication qu’elle avance grâce à « quelques complicités des forces aveugles de l’univers » c'est-à-dire infailliblement.
En termes scientifiques la véritable difficulté est de concevoir si l’humanité sera capable de soutenir l’accélération exponentielle du progrès sans éclater sur elle-même ni commettre l’erreur fatale.

Le monde a plus changé en 200 ans que pendant les 10 millénaires précédents, pouvons-nous alors imaginer ce que sera psychologiquement l’humanité dans 1 million d’années ? Au fond, scientifiquement parlant, ce sont les utopistes qui ont raison, non pas les réalistes.

8- La marche en avant
-Le progrès ne se fera pas tout seul.
-L’évolution, de par le mécanisme de ses synthèses, conduit l’Homme à assumer toujours plus de liberté.
Dans ces conditions quelles doivent être nos dispositions pour réussir cette marche en avant ?
(a) Une grande espérance doit naître spontanément dans toute âme généreuse, c’est essentiel. « Arrière donc les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobilistes ! La vie est perpétuelle découverte, la vie est mouvement. »
(b) Toutes les directions ne sont pas bonnes, une seule fait monter : plus d’organisation, plus de synthèse, plus d’unité. Arrière donc les individualistes et les égoïstes. Ce double point est définitivement réglé par le verdict du passé.

9- La croisée des chemins
Ici une grave indétermination est à résoudre, il faut vaincre les forces d’inertie qui sont dispersantes. A priori nous devons choisir entre deux méthodes : Unification par forces internes ou externes, soit coercition ou unanimité…Cela peut s’exprimer ainsi :
(a) Resserrement par actions externes et internes. Nous sommes déjà forcés et soumis à des facteurs négatifs, jeu passif des forces terrestres comme l’augmentation de la population sur terre ronde dont la surface est limitée. A cette compression naturelle peut aussi s’ajouter les pouvoirs exercés par des groupes humains dominants externes.
(b) Mais on peut aussi imaginer des facteurs positifs comme des influences psychologiques favorables qui feraient en sorte que les éléments humains mettent en jeu une force d’attraction naturelle profonde, plus puissante que les répulsions de surface ; il s’agirait ainsi de faire naître dans l’humanité un esprit commun de goût de vivre et de sens à la vie.

10- L’option
Placés par la vie elle-même en ce point cruicial de l’évolution, nous devons décider de l’avenir de la terre, lequel est entre nos mains. L’option à prendre est indiquée par l’enseignement du passé, nous n’avançons qu’en nous unifiant.
L’unification de coercition ne peut être que superficielle, elle peut monter un mécanisme, mais n’opère aucune synthèse, aucun accroissement de conscience. Elle matérialise au lieu de spiritualiser. Seule l’unification par unanimité est biologique. C’est par l’intérieur qu’il faut nous rejoindre en pleine liberté.
Pour créer l’unanimité il faut une influence favorable, mais comment trouver cette âme de la terre ?
-Sera-ce par l’établissement d’une science universelle ?
-Sera-ce par le progrès d’une action commune ?
Ces deux moyens sont efficaces, mais doivent être complétés par autre chose. Ce n’est ni d’un tête à tête ni d’un corps à corps dont nous avons besoin, mais d’un cœur à cœur, soit la rencontre centre à centre des unités humaines .Entre des éléments humains, innombrables par nature, il n’y a qu’une manière de s’aimer : c’est de se savoir sur centrés ensemble sur un même ultra centre commun, en qui ils ne puissent parvenir chacun à l’extrême d’eux-mêmes, qu’en se réunissant. « Aimez-vous les uns les autres » en reconnaissant au fond de chacun de vous-même le même Dieu « naissant ». Cette parole pourrait entrer dans le domaine scientifique des énergies cosmiques.

Teilhard, Pékin le 22 février 1941 / conférence donnée à l’Ambassade de France le 3 mars suivant

(II) SUR LES BASES POSSIBLES D’UN CREDO HUMAIN COMMUN
Texte préparatoire à un congrès international à New-York
Il faut non seulement réconcilier superficiellement, mais faire coïncider par leur axe les diverses formes de foi sur lesquelles s’oppose l’esprit humain. Cette réflexion est basée sur une longue expérience des relations entre scientifiques et religieux.

(1) Point précis de divergence
Dieu ou le monde …Avant tout, écartons les divergences secondaires mais concentrons nous sur les divisions profondes des intelligences, que l’on pourrait classer en deux catégories :
(a) Ceux qui projettent leurs espérances dans l’achèvement interne d’un univers culminant dans une réalité immanente et impersonnelle,
(b) Ceux qui projettent ces mêmes espérances dans un état ou un terme d’absolu situé en dehors du monde, ils sont représentés par les Chrétiens.
Ainsi, de tous temps, il y a eu les serviteurs de la terre et les serviteurs de Dieu, mais c’est depuis l’apparition de l’idée d’évolution qui divinise la matière que les serviteurs de la terre se sont élevés en une forme de religion. On peut aussi poser le problème de cette manière : émigrer en dehors du monde en le dédaignant, ou bien rester dans le monde pour le maîtriser et le consommer. Malheureusement cette scission affaiblit la puissance vitale d’adoration qui est le propre de l’espèce humaine.


(2) Principe de convergence, idée de noogénèse
A priori, les deux forces humaines ci-dessus exprimées sont capables de prospérer ensemble. Foi en Dieu et foi au monde peuvent s’unir efficacement en une résultante ascensionnelle. Mais où trouver le principe générateur de cette synthèse si ce n’est dans l’élévation de la conscience totale du monde ?

Depuis plus d’un siècle la physique développe l’analyse de l’idée de dissipation d’énergie et d’évanouissement de la matière, tandis que la biologie, elle, développe l’idée d’effet de synthèse, lequel mettrait en avant un autre mouvement puissant, celui d’une concentration graduelle des éléments physico chimiques en noyaux de plus en plus compliqués où chaque palier ultérieur de concentration et de différenciation serait accompagné d’une forme plus avancée de spontanéité et de psyché. Ainsi le flot descendant de l’entropie serait doublé et équilibré par la montée de la néguentropie, équivalant à une véritable noogénèse. Conséquence de cette évolution de la pensée : plus une idée est grande et révolutionnaire, plus elle rencontre de résistance. La notion de noogénèse est loin d’avoir acquis droit de cité dans la science.
Mais imaginons que cette répulsion s’atténue, les deux formes d’adoration antagonistes produiraient une synthèse des forces spirituelles de l’humanité. Un univers en voie de centration psychique est un univers qui se personnalise. Une transcendance cosmique ne se conçoit pas autrement que par la fusion de ses éléments, ils se super personnalisent en s’unissant. On peut dire ainsi que le quantum d’énergie spirituelle de l’ensemble est supérieur à celui de la somme de ses éléments.

Dans la même perspective de cette genèse de l’esprit le « croyant au ciel » s’aperçoit que la transformation mystique dont il rêve impose que pour être sur-spiritualisé en Dieu, l’humanité doit naître et grandir en conformité avec le système entier de l’évolution.

Dieu nous a créés, Il agit sur nous à travers l’évolution, comment imaginer ou craindre qu’Il puisse interférer arbitrairement sur le processus-même où s’exprime son action ? Dieu nous attend au terme de l’évolution, surmonter le monde ne signifie pas le mépriser mais le sublimer. L’amour que Dieu porte sur le monde couronne l’affinité foncière qui depuis les origines du temps et de l’espace rassemble et concentre les éléments spiritualisables de l’univers. Aimer Dieu et notre prochain n’est pas un acte superposé à nos préoccupations individuelles, c’est aimer la vie elle-même. Une image s’impose à notre esprit : le sens de la terre s’ouvre vers le haut en direction de Dieu et, symétriquement opposé, le sens de Dieu s’enracine et se nourrit vers le bas dans le sens de la terre ; ainsi les centres de ces deux forces se superposent en un même point. Telle est la transformation que laisse prévoir et commence à opérer sur un nombre croissant d’esprits, aussi bien ceux des libres penseurs que ceux des croyants.


(3) L’âme nouvelle pour un monde nouveau : une foi renouvelée au progrès humain
De ce qui précède il apparaît que pour unifier les forces positives humaines, si douloureusement disjointes en cette période de guerre, serait de battre le rappel de tous ceux, qu’ils soient serviteurs du ciel ou serviteurs de la terre, pour qu’ils s’unissent vers la seule issue offerte à l’humanité moderne, qui est celle de se frayer un passage en forçant des seuils conduisant à une plus grande et plus homogène conscience. Serviteurs du ciel ou serviteurs de la terre doivent savoir que leurs positions et leurs attitudes, loin de s’exclure, se prolongent virtuellement dans l’union sacrée des hommes de bonne volonté.
Malgré la vague de scepticisme qui paraissait avoir balayé les espérances (trop simplistes et matérialistes) dont avait vécu le XIXe siècle, la foi en l’avenir n’est pas morte dans nos cœurs, non seulement l’idée d’un éveil possible de nos consciences s’affirme chaque jour comme scientifiquement mieux fondé en expérience, et comme psychologiquement plus nécessaire à l’entretien chez l’Homme du goût de l’action, mais encore, poussée au bout d’elle-même, cette idée apparait comme la seule capable de sauver l’humanité.

La découverte d’un tel geste synthétique est l’acte vital spécifiquement nouveau correspondant à un âge nouveau de la terre.
(Pekin, le 30 mars 1941)


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 27 Novembre 2010 à 16:36 | Commentaires (0)

courriers des lecteurs

Je n’ai pas pour habitude de faire des planches de philosophie universitaire qui, pour la plupart, témoignent d’un gigantisme culturel et d’une atrophie de la fonction de réflexion.
Il faut « trouver l’idée sous le symbole » et non pas l’inverse, soit partir du symbolisme qui a pour fonction d’activer la réflexion ; éventuellement, si cela peut appuyer le discours, quelques citations de philosophes peuvent y trouver leur place.
Précisons que ces deux mots ne sont pratiquement pas utilisés dans le langage courant. Etymologiquement ils ont la même signification, sauf que les philosophes en ont décidé autrement.

Ces deux mots en sont quatre, en réalité :
-il y a théiste et théisme (l’adepte et le système)
-il y a déiste et déisme.

Selon le dictionnaire Larousse, théiste et théisme sont d’origine grecque alors que déiste et déisme sont d’origine latine.
-Le théisme est une doctrine qui affirme l’existence personnelle d’un Dieu révélé dont l’action est providentielle sur le monde.
-Le déisme est le système de ceux qui rejettent toute révélation et se réfèrent à l’existence d’un principe divin qui induit une religion naturelle et personnelle.

On peut résumer en disant : le théiste croit en ce qu’on lui dit, tandis que le déiste croit en ce qu’il pense lui-même.

J’ai vécu en étant théiste, puis déiste, sans le savoir on peut vivre sans problème existentiel dans ces deux dispositions d’esprit. Le théisme correspond au début d’une démarche religieuse, alors que le déisme est le développement de cette recherche et, il faut bien le dire, suite à un théisme insatisfait. Nous sommes ici dans le domaine intime des individus et, malheureusement, par manque de compréhension (tolérance) les individus s’enferment dans leurs convictions et pour peu qu’un agitateur intervienne, cela tourne à l’affrontement social, les parties s’excluent réciproquement.

Ces antagonismes remontent aux débuts de la chrétienté (pour ne parler que de cette religion-mère), les déistes ont toujours été assimilés aux courants gnostiques et sont classés, même à notre époque, dans la catégorie des hérétiques. Ce qui est curieux, c’est que les grands chasseurs d’hérétiques comme saint Paul et Saint Irénée étaient eux-mêmes des gnostiques. J’expliquerais ce paradoxe par la lourdeur des systèmes religieux qui ne peuvent satisfaire ni l’avant-garde ni l’arrière garde de la pensée sans risquer de perdre des adeptes de l’une ou de l’autre tendance s’il y a engagement dans un sens ou dans l’autre. Toutes les religions sont des systèmes à visée théocratique et la démagogie est la seule arme en démocratie.

Les religions chrétiennes n’ont pas le monopole de l’intégrisme : les Soufis ont toujours été combattus et le sont encore dans le monde musulman (voir ce qu’il se passe en Indonésie). Les religions Juives ont exclu Spinoza et autres courants gnostiques. Le plus bel exemple de l’intégrisme religieux fut l’interdiction des « Ecoles de la Sagesse » en Espagne qui unirent Juifs, Chrétiens et Musulmans pour diffuser la pensée des philosophes grecs dans toute l’Europe. Cela se poursuivit par l’acharnement de la « sainte inquisition » qui envoya pendant plusieurs siècles des hérétiques sur les bûchers. La lutte des théistes contre les déistes est d’autant plus forte que les intérêts financiers sont importants, voir les Cathares qui furent combattus par Saint Louis pour agrandir son royaume. Galilée a évité le bûcher parce qu’il s’est dédit ; Giordano Bruno qui s’est acharné dans toute l’Europe n’y a pas échappé.

Parmi les religions qui regroupent plus d’un milliard d’adeptes chacune, les religions animistes sont une exception, elles ne connaissent pas cette opposition entre théistes et déistes. L’explication en est que, par principe de base, ces religions sont déistes, le Principe Divin est au fond de chaque individu et c’est à lui de l’y découvrir. Ces religions animistes sont des religions naturelles et personnelles, elles ne sont pas des appareils à visée théocratique, elles n’ont pas de dogmes, elles recherchent le contact avec un ‘Dieu-Nature ». Spinoza, Maître Eckart et Teilhard de Chardin ont dû s’en inspirer.

Ainsi, l’opposition du théisme au déisme est un faux problème
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 22 Novembre 2010 à 19:06 | Commentaires (0)

Travaux des membres



On peut s'interroger sur la pertinence du diagnostic de Teilhard sur l'avenir du monde –désormais nécessairement collectif ( cf p. 28 à 30)- tel qu'il le voyait en 1920, à un terme relativement proche, juste après la 1ère guerre mondiale. Teilhard donc, anticipait la convergence ''organique'' dans une ''conscience collective'' de l'Humanité (la Noosphère), de deux courants unificateurs composés de ''néophytes sûrs de leur vérité '' (p32) submergeant les adversaires d'hier : d'une part l'idéologie scientiste-matérialiste issue des Lumières, d'autre part, un christianisme obscurci ou déformé par une philosophie et une morale, voire une dogmatique, périmées ; émergence d'une ''passion commune'' qu'il existe une ''unité physique'' ou organique des êtres et qu'ils en sont (tous) '' les vivantes et actives parcelles ''( p.32)

Or, presque un siècle après, la situation est bien éloignée de cette vision optimiste.
L'unification du monde se fait concrètement et essentiellement, non par les idées et les valeurs, mais en quelque sorte organiquement, par la prévalence brutale du système économique capitaliste et soi-disant libéral dominé par les grandes entreprises, elles-mêmes appuyées par leurs gouvernements nationaux, sans trop d'égards pour les conditions de vie des peuples. Il est vrai que, pour tenter néanmoins d'améliorer celles-ci, ne serait-ce que pour stimuler la consommation et rendre possible la démocratie par l'élection, condition de respectabilité internationale, les Etats ainsi rendus infirmes tentent ce qu'ils peuvent pour sauvegarder les intérêts et parfois les valeurs de leurs peuples, de leurs nations. Les grandes institutions internationales, elles, sont réduites au bavardage.

Le débat sur le sens de la vie et sur les valeurs communes qui pourraient l'inspirer est, sinon réduit au silence – des voix contestataires subsistent – du moins relégué dans le pur discours. On est loin de la Noosphère. Même si des signaux existent qu'il faudra parvenir à s'affranchir de l'état actuel, on n'en voit actuellement ni une vraie volonté organisée, ni à vrai dire à court terme les moyens. Sauf en cas de grande catastrophe naturelle ou pandémie intense, et encore, on pourrait même douter à certains moments ou dans certains lieux de la réalité d'une conscience collective.

Dans ce contexte, que proposent ''les philosophes grand public '' pour donner un sens à la vie ? en fait à la vie privée exclusivement, en acceptant les contraintes issues des structures socio-économiques; cette acceptation elle-même supposant une certaine aisance matérielle, donc une complicité de fait avec le système . J'en citerai deux :
- A la question du sens André Comte-Sponville répond par le ''gai
désespoir'' des stoïciens. Mais cette position peut-elle rester tenable sincèrement dans les situations extrêmes ?
-Luc Ferry, lui , nous dit : ''l'humanité avancée d'aujourd'hui est celle du rejet de toutes les transcendances, des valeurs collectives '' qui fondaient le lien social entre les hommes jusqu'au 18ème siècle. Il ne reste, comme seul but de vie acceptable pour justifier un éventuel engagement social, que l'amour des enfants. N'est-ce pas de l'anti-Teilhard?
Au mieux il ne resterait donc qu'à considérer ce dernier une fois de plus comme un prophète et, si on partage sa vision au moins à long terme, à rejoindre cette minorité, on n'ose pas dire ce milieu, d'anciens et de nouveaux croyants qu'il attend, quelle que soit leur affiliation.. Mais n'oublions pas les conditions qu'il met à l'avènement d'une Anthropogénèse authentique, qui pour lui ne peut être qu'une Christogénèse (p. 34-35) : pureté, foi, fidélité, telles qu'elles sont présentées dans ''le Milieu Divin''. C'est en réalité le quatrième chemin proposé par le chapitre suivant : ''La grande option''
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 22 Novembre 2010 à 18:58 | Commentaires (0)

Travaux des membres



Page 40 : « L’éducation. La transmission par l’exemple d’un perfectionnement, d’un geste, et sa reproduction par imitation……… »

Un récent magasine de France Inter évoquait le cas de cet enfant sauvage capturé en Aveyron il y a deux siècles et qu’on a tenté sans succès de lui faire acquérir un peu d’humanité. Cet enfant était en fait très proche de l’animalité. Alors se pose la question : Comment imaginer un premier Homme ayant déjà le sens de ce qui est bien ou mal, sans avoir auparavant bénéficié d’un héritage culturel ? Se pose donc le problème des origines et de tous les débats autour de l’anthropologie. Qu’est-ce que l’homme ? Quelle est sa spécificité ? Y a-t-il un « principe d’humanité » ? La science peut-elle apporter des réponses ?
Les enjeux théologiques sont tout aussi évidents. Comment l’homme est-il « image de Dieu », comme l’affirme la Bible ? ou « animal rationnel » émergent de la matière ?

Page 39 : « Au regard de la Physique, un des caractères les plus extraordinaires de la Vie est son ADDITIVITE. La vie se propage en ajoutant sans cesse à elle-même ce qu’elle acquiert successivement, - comme une mémoire, on l’a dit depuis longtemps…Une part essentielle du phénomène se passe forcément au moment même de la reproduction…voilà pourquoi la science de la Vie concentre de plus en plus ses efforts sur l’étude de l’hérédité cellulaire…Ce qui s’opère secrètement dans l’infime de la cellule n’est pas encore éclaircie… »

Au regard de l’anthropologie, je pense que ce principe d’additivité se caractérise, non pas par une émergence d’intelligence et de sensibilité, mais par l’émergence d’une capacité d’adaptation à un monde nouveau. Regardons nos petits enfants : ils n’ont plus, de façon relative, les mêmes repères que nous, mais ils savent mieux que nous s’adapter au monde des technologies.

L’émission dYves Calvi sur France 5 a eu récemment pour thème : « La fin du Monde ». J’ai appris que l’ancien calendrier Maya avait prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012 !!! Or il faut s’entendre sur les mots et leur sens véritable. Il existe bien à notre époque, non pas la fin du monde, mais la fin d’un monde. On peut remarquer que l’histoire de l’humanité a été marquée par des périodes de plusieurs siècles qui se sont succédées selon des schémas de rupture. Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’un bouleversement car toutes les idéologies des deux siècles précédents se sont effondrées sauf la démocratie dont on voit actuellement les vertus indéniables mais aussi les innombrables défauts et perversions. Demeure alors l’éternel problème de l’Education à des valeurs qui s’adaptent à un avenir très proche autant qu’incertain. Aujourd’hui l’individu doit être capable d’inventer pour survivre.
Retour sur le passé avec le modèle scolaire d’il y a 30 ans et plus. Il arrive souvent que mon épouse, ancienne institutrice, soit interpellée sur la place du marché par un ancien parent d’élève qui se fait un plaisir de rappeler les souvenirs d’une autre époque : celle qui se caractérisait par une collaboration des plus étroites entre parents et enseignants dans une atmosphère le plus souvent très cordiale. Des amitiés pouvaient naître plutôt que des rancoeurs. L’époque actuelle se caractérise au contraire par l’impérialisme de la revendication et le malaise des enseignants.
Teilhard écrivait jadis : « Par l’éducation, ensuite, se poursuit, grâce à la diffusion progressive de perspectives et d’attitudes communes, la lente convergence des esprits et des cœurs hors laquelle il ne semble pas y avoir d’issue, en avant de nous, aux mouvements de la Vie »…
Ne doit-on pas regretter les temps où l’éducation n’était pas seulement un savoir à transmettre (d’ailleurs actuellement il est généralement mal transmis) mais une attention à l’enfant qui s’opérait effectivement dans un esprit de convergence. Certaines congrégations religieuses avaient dans les siècles derniers ouvert des écoles où l’on pratiquait l’attention à la personne. L’évolution de la pratique religieuse n’a d’ailleurs pas entamé le crédit accordé aux établissements sous contrat. Teilhard aurait sans doute, de nos jours, une vision perplexe de notre Education Nationale pour qui la liberté pédagogique et la créativité sont des valeurs trop bourgeoises. On retrouve cette rigidité socio-psychologique dans le comportement des individus face à l’invasion culturelle des techniques informatiques. Celles-ci suscitent le développement de passions inassouvies chez les jeunes collégiens. Une récente information a révélé que beaucoup de ceux-ci passaient une partie de la nuit avec leurs appareils de sorte qu’ils étaient incapables le lendemain de mettre leurs cerveaux en état de réceptivité. C’est là une manifestation de nature entropique qui transforme l’être humain en un robot incapable d’adaptation à la vie toute simple. On est loin de la vision teilhardienne.

Page 44 : « L’additivité de la vie organique, nous le savons aujourd’hui de science sûre, est bien autre chose qu’une simple superposition de caractères ajoutés les uns aux autres comme les couches successives formant un dépôt sédimentaire. La Vie ne fait pas seulement boule de neige : mais elle se comporte plutôt comme un arbre dont les cercles s’ajoutent suivant un certain mode de croissance, d’une manière dirigée »

Le terme : manière dirigée, ne doit pas être comprise dans un sens désespérément dirigiste, mais plutôt dans le sens d’une organisation harmonieuse et intelligente dont Teilhard mesure d’ailleurs toutela fragilité :

Page 40 : « L’éducation. Pour divers motifs nous sommes curieusement enclins à minimiser la signification et la portée de cette fonction dans les développements de la Vie…Elle paraît si étroitement liée à la condition humaine…Comment essayer de lui donner une valeur biologique universelle ?...elle est un édifice si superficiel, si fragile ; elle se pose sur nos vies comme un lustre si accidentel ; elle se conserve et se propage à la faveur de circonstances si précaires et si changeantes …Comment songer à la comparer aux déterminismes profonds qui confèrent aux développements de la Vie leur marche inéluctable ?...
L’éducation , sommes-nous tentés d’ajouter, est un mécanisme extrinsèque, secondairement superposé à la transmission de la vie…D’où cette conclusion qui me paraît légitime. Loin d’être chez le vivant un phénomène artificiel, accidentel et accessoire, l’éducation n’est rien moins qu’une des formes essentielles et naturelles de l’additivité biologique. En elle nous saisissons peut-être, dans sa frange encore consciente, l’hérédité individuelle germinale en pleine formation : comme si la mutation organique prenait alors la forme d’une invention psychique faite par les parents, puis transmise par eux. Et en elle, c’est le moins qu’il faille dire, nous voyons l’hérédité dépasser l’individu pour entrer dans sa phase collective, et devenir sociale. ».

Les enfants que nous avons formés portent en eux les valeurs humaines universelles qui viennent un jour se fixer dans l’inconscient et réapparaître d’une manière totalement inattendue. Même l’éducation religieuse non extériorisée constituera un terreau sur lequel jaillira sans doute la vie sociale sous une autre forme. Teilhard, le croyant, conclut ainsi :

Page 48 : Par l’éducation, ensuite, se poursuit, grâce à la diffusion progressive de perspectives et d’attitudes communes, la lente convergence des esprits et des cœurs hors laquelle il ne semble pas y avoir d’issue, en avant de nous, aux mouvements de la Vie… Au moyen de l’éducation, enfin, s’opère, à la fois directement et indirectement, l’incorporation progressive du Monde au Verbe incarné… »

Page 46 : « Ainsi se retrouve, du côté chrétien, la moi mystérieuse d’additivité et d’hérédité sociale qui commande en tous domaines les démarches de la Vie. »

On peut se demander ici pourquoi Teilhard se limite-t-il à la seule religion chrétienne.
Le fondement de toute religion est bien l’hérédité.
Reprenant St Paul, Teilhard insiste cependant sur le fait que le processus de mondialisation doit se construire de sorte que l’homme en soit le centre, et apparaître comme une recherche de l’unité dans la différentiation, une recherche du bien commun à tous les niveaux des contingences terrestres. Cette union c’est d’abord celle qui émerge du contact entre l’Orient et l’Occident dans la mesure où il peut exister une synthèse entre deux philosophies et deux cultures parfaitement en opposition.
Le problème qui se pose aux différentes religions est le processus d’accélération de l’évolution humaine qui est multidimensionnelle. Teilhard, dans sa rencontre avec l’Orient, a certes vibré plus qu’un autre à cette préoccupation de l’Unité et de la Fusion avec une entité suprême telle que la « grande Nature ». En Inde, il a découvert un peuple centré sur l’Un et le Divin, « l’Invisible plus réel que le visible ! ». Il voit le Bouddhisme comme éminemment universaliste et cosmique. Il y a découvert l’importance de l’amour dans la compassion, mais cependant il reste sceptique sur la capacité de des religions à s’adapter à la modernité qui place l’Occident dans un état de mutation profonde. D’ailleurs cet amour qui nous séduit parfois, représente plutôt un amour d’évasion qui tend à faire disparaître des réalités telles que la personnalité des individus et l’existence du cosmos ; tout n’est qu’illusion. Ce sont des religions désincarnées qui sont incompatibles avec le fait de l’Incarnation chez les chrétiens.
Pour Teilhard, toute religion « universelle » repose sur deux critères :
- L’homme doit avoir foi en l’Avenir de l’humanité
- Dans une Création qui a vu l’émergence de la personne et dans une évolution convergente, le divin ne peut être conçu comme une entité impersonnelle.
Dieu est immanent et transcendant, être personnel et personnalisant, amour et amorisant, qui rassemble les hommes et les attire vers le sommet de l’Ultra – Humain. En ce sens Dieu est l’alpha et l’Oméga, réalité suprême qui concerne à la fois l’humain et le divin.

A ce stade de l’évolution, il y a nécessairement intercommunication des religions actuelles. Pour Teilhard la religion de l’avenir admet pour axe central le Dieu révélé par Jésus Christ, le Dieu créateur et évoluteur, l’édification du « Christ cosmique » de St Paul, l’expansion universelle du centre christique par la Résurrection et l’intégration de la totalité du genre humain dans un seul Corps.
Tels sont les ingrédients de la Christogénèse qui place le Christ dans une dimension humano – cosmique d’animateur de l’Evolution orientée vers une convergence générale. Il s’agit dans cet œcuménisme de la recherche d’un Christ Universel qui satisferait aux consciences, aux attentes et aux convictions des fidèles de toutes religions.


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 14 Novembre 2010 à 11:53 | Commentaires (0)

Rubrique littéraire

Jean STAUNE / "LA SCIENCE EN OTAGE"

Mardi 9 Novembre 2010

le dernier ouvrage du Secrétaire Général de l'UIP Comment des informations d’une importance capitale peuvent-elles être purement et simplement cachées au public à cause d’une opposition entre tenants d’une "vérité officielle" (généralement dominante dans les médias) et opposants à cette pensée unique (souvent peu crédibles à cause de leur excès) ? Jean Staune dénonce leurs méthodes à propos de deux domaines qui ont été particulièrement médiatisés ces derniers mois : le réchauffement climatique et les mécanismes de l’évolution. Passionnant !


Chers amis,
Le dernier ouvrage de notre Secrétaire général Jean Staune « La science en otage » (Presses de la Renaissance) vient de sortir dans les librairies. Très différent de ses ouvrages précédents, celui-ci aborde un certain nombre de grands sujets de société, comme le réchauffement climatique, le nucléaire, les OGM, et les vaccins, où la science joue un rôle fondamental.

Jean Staune analyse également les différentes formes de désinformations effectuées par les créationnistes comme par les matérialistes radicaux dans le domaine de l’évolution.

L’originalité de l’ouvrage est double : fruit d’une enquête minutieuse, il effectue un certain nombre de révélations, en donnant aux lecteur les moyens nécessaires pour vérifier ses dires. Il montre ensuite que l’on retrouve le même schéma dans tous les domaines abordés, aussi différents soient-ils.

Un lobby occupe une position dominante en termes de crédibilité comme en termes médiatiques. Un autre lobby s’oppose a lui, mais avec des positions extrêmes qui décrédibilisent son action.

Cela est vrai pour les lobbies nucléaire et écologiste, pour les « réchauffistes » et les « climato sceptiques », pour l’Organisation Mondiale de la Santé et les ennemis de la vaccination, pour les grandes firmes produisant des OGM, et pour les faucheurs d’OGM, pour les darwiniens dogmatiques et pour les créationnistes.

Ce qui est particulièrement inquiétant, c’est que dans chacun de ces domaines, les vérités scientifiques sont prises en otage dans un combat entre deux entités qu’ a priori tout oppose, mais qui en fait se renforcent l’une l’autre. Les excès et les outrances des uns (écologiste anti- nucléaire, anti-OGM , climato sceptiques, créationnistes), renforçant la position dominante de ceux qu’ils prétendent combattre (lobby nucléaire, réchauffistes, darwiniens dogmatiques ou grande firmes de génie génétique).

Ainsi, de nombreuses pistes de recherches intéressantes , voire essentielles pour le futur de l’humanité ne sont pas explorées à cause de ce « double obscurantisme » mis en lumière par l’enquête de Jean Staune
Un ouvrage explosif de nature à changer votre regard concernant un certain nombre de problèmes de société.

Luc Ferry a fortement recommandé la lecture de cet ouvrage en insistant sur l’objectivité et sur l’honnêteté de Jean Staune, voir la vidéo : http://www.staune.fr

Par ailleurs, vous pouvez voir une intervention de Jean Staune sur la chaîne KTO dans la vidéo suivante : http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/l-esprit-des-lettres/l-esp
rit-des-lettres-l-esprit-des-lettres/00053027 (L’intervention de Jean Staune se trouve de : 32'45 a 61’11)
Bien cordialement
L’équipe de l’UIP

PS : Si vous le désirez, vous pouvez commander le livre de Jean Staune à l’UIP, au prix public de 22 euros, les frais de port vous étant offerts (cf bon de commande en fichier ci-dessous)

Bon de commande de l’ouvrage de Jean Staune
La science prise en otage



 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Prix préférentiel de 22 €
(frais de port compris)


Je commande un exemplaire de l’ouvrage :

 La science prise en otage, de Jean Staune


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A envoyer à UIP– 29 rue Viala 75 015 Paris - Tél : 01 45 78 85 52

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 9 Novembre 2010 à 14:02 | Commentaires (0)

pour notre réunion du 26/11/10 à BRIGNAIS


chapitre 3

Dans les points 1 et 2 / Education à la vie et Education de l’humanité, Teilhard aborde le thème qu’il dénomme « additivité dirigée », mêlant en cela l’hérédité des caractères acquis, qu’ils soient morphologiques ou psychologiques. A mon avis ils devraient être traités séparément en raison des complexités différentes du cerveau par rapport au reste du corps.
Pour ne considérer que l’évolution des formes, plus simple que l’évolution psychologique, la science butte encore sur le processus de ces mutations qui ont peut-être leur origine dans la matière initiale qui contient l’information transcendantale, celle qui pousse la matière à se complexifier, a priori et par tâtonnements aveugles aléatoires jusqu’à une infinie complexité. Les formes nouvelles seraient saisies et conservées dans une « mémoire » jusqu’au moment où un nouveau problème de survie est posé par l’environnement. Une mutation qui prospère équivaudrait presque à un nouveau phylum.
Cette furieuse pulsion de recherche joue à tous les niveaux d’organisation de la matière. Rappelons qu’à une époque très lointaine l’option carbone a été préférées à l’option silicium, le carbone étant un agent très actif dans les mariages des éléments chimiques. Qui a décidé cela ? Je ferai le rapprochement avec une idée du Professeur Rabischong de l’Université de Montpellier , qui a écrit un livre dont le titre est « Programme Homme ». Pourquoi n’existerait-il pas quelques chose en amont que l’on nommerait « Programme Matière » à l’origine de tous les programmes situés en aval ?

En ce qui concerne la transmission des éléments psychiques comme l’éducation parentale, on peut imaginer que ces expériences psychologiques passent, elles aussi, dans le patrimoine génétique ainsi que le suggère Teilhard ; si non comment ces préceptes éducatifs sur la survie, la chasse, pourraient-ils passer aux générations suivantes sous forme de caractères instinctifs. Cette idée a en outre l’avantage d’être intégrable dans l’évolution d’une espèce qui serait induite par ses propres membres. Donc, toute évolution est générée et transmise à l’espèce par les individus. Cela fait dire à Teilhard « Nous ne sommes pas plus intelligents que nos pères, mais grâce à notre expérience nous comprenons mieux ».
Dans la même ligne il extrapole le patrimoine de l’individu jusque dans le patrimoine culturel des sociétés et il écrit : « Humanité et éducation sont organiquement inséparables, c’est une réalité biologique. »

Par contre je réprouve ce qu’il dit dans le point 3 dont le titre est « Education et Chrétienté ». Certes, les religions chrétiennes sont les fondatrices des écoles, mais 2000 ans après la société laïque a pris en partie le relais, ce qui n’a pas été sans affrontements. Actuellement il est inutile, voire néfaste, de relancer le débat car les braises cachées sous la cendre peuvent encore s’enflammer.

Par ailleurs, quand Teilhard attribue à l’Eglise le monopole du « Verbe Incarné » et celui du « Verbe Lumière » il commet une erreur historique. C’est le Peuple juif qui a transmis cela aux Chrétiens ; le Peuple juif l’ayant lui-même reçu de Moïse qui, lui-même, tenait cette doctrine des religions égyptiennes. En Egypte, le Verbe Incarné était représenté par Horus, fils de la déesse Isis. Elle avait été fécondée par son époux, le dieu Osiris qui venait d’être assassiné et qu’elle avait mystérieusement réanimé pour accomplir l’acte. Nous pouvons rapprocher ce mythe égyptien du mystère chrétien de la Sainte Trinité.

CHAPITRE 3

-Point 1 : Les espèces animales (dont l’homme fait aussi partie) naissent, grandissent, vieillissent et meurent. Où en est l’espèce humaine dans son propre cycle ?
Elle est dans une phase critique de socialisation. Sur ce plan elle est moins évoluée que la fourmilière qui a atteint le degré de perfection pour laquelle elle était programmée. La fourmilière est une addition d’instincts dont le programme général interdit toute liberté à la fourmi.
L’humanité n’est pas une addition mais une synergie de consciences, ce qui est très différent puisque, dans ce cas, l’objectif est la liberté programmée.

On peut présenter l’humanité en termes mathématiques, cette représentation aide à comprendre ce que nous sommes : Soit 10 êtres humains autour d’une table. Nous avons ainsi la combinaison de 10 consciences ayant chacune une multitude de facettes que l’on peut exprimer par le factoriel 10 ; ce qui donne 3,6 millions de combinaisons de consciences qui interagiraient. Vertige de complexité qui tend vers l’infini et la liberté de conscience. Je suis ce que je suis, je suis ce que tu me fais.

L’humanité forme un tout humanisé dont l’objectif est la victoire de l’Esprit sur la matière, ainsi l’Homme est individuellement et intellectuellement responsable de l’évolution.

-Point 2 : « Etre ou ne pas être, telle est la question ». Mais de quoi s’agit-il ? Que faut-il être ?
Il faut être un homme achevé, ce qui signifie qu’il a atteint la plénitude de sa conscience.
Par exemple : l’homme peut décider de sacrifier son individualisme au profit de la collectivité, ou il peut décider l’inverse. Arrivé à un certain degré de conscience, l’homme peut se prononcer pour ou contre ce sacrifice, c’est son droit. Quoi qu’il en soit il a le devoir de résoudre ce dilemme, il n’a pas le droit d’être neutre ; sauf à perdre l’appartenance et le sens de l’espèce. Cependant, parfois, un prétexte légitime est invoqué pour motiver cette abstention : la vie a-t-elle un sens ? Le sens donne-t-il le goût de vivre ? Certains disent qu’ils ont fait une recherche et qu’ils n’ont rien trouvé. Les religions sont faites pour aider dans cette recherche. La science elle aussi commence à apporter une réponse avec son « principe anthropique » qui s’énonce ainsi : « Les effets prouvent la cause. Ou encore : si l’évolution arrive à l’homme cela signifie qu’elle a surmonté des difficultés énormes. Elle est donc capable d’aller jusqu’au bout. Cela sous-entend qu’il existe un principe directeur et concepteur.
L’échec est probable mais la réussite aussi et c’est la raison pour laquelle l’attitude neutre est une faute contre l’esprit.

Cependant religions et science doivent limiter leur message au niveau des connaissances humaines, l’imagination débordante de certains faux prophètes est néfaste. Le courant Energie/Amour est le meilleur postulat, il est scientifiquement probable et s’harmonise avec la foi et l’espérance.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 8 Novembre 2010 à 18:19 | Commentaires (0)

Travaux des membres

Chapitres 2 et 3 d' "l'Avenir de l'Homme"


Les thèses proposées par Teilhard dans les chapitres 2 et 3 de « L’AVENIR DE L’HOMME » sont prenantes ; que l’on soit pour ou contre. Voici rapidement mon choix parmi les grands sujets abordés :

Chapitre 2 HEREDITE ET PROGRES :

-Education et vie

Par son caractère d’additivité dirigée (caractères acquis) la vie ajouterait sans cesse à elle-même de nouvelles compétences qu’elle transmettrait d’âge en âge aux descendants de chaque espèce animale.

Après sa démonstration, Teilhard conclut : «(…) l’éducation n’est rien moins qu’une forme essentielle et naturelle de l’additivité biologique ; en elle nous voyons l’hérédité dépasser l’individu pour entrer dans sa phase collective et devenir sociale ; ainsi nous faisons apparaître l’importance de tout ce qui touche à l’éducation de l’humanité ».

-Education et humanité
Le constat de Teilhard est net et précis : : « L’humanité se constitue sur l’élévation des consciences individuelles ; en aucun cas nous devons nous prétendre plus intelligents que nos pères, mais grâce à leurs efforts additionnés, nous comprenons mieux qu’ils ne pouvaient le faire eux-mêmes. Un état hu main de conscience collective s’établit et porte un peu plus loin celui des générations nouvelles ».
Il va même plus loin, comme souvent il le fait, en maniant l’analogie : « La fonction spécifique de l’éducation est la preuve définitive de sa valeur biologique jusque dans les choses de l’esprit ».

b[-CHAPITRE 3 « LA GRANDE OPTION
» Au bord de la socialisation humaine

« -Au origines l’homme a dû vivre par petits groupes autonomes, après quoi, des liaisons se sont établies entre familles, puis entre tribus, les liens se sont alors compliqué, ce régime s’est maintenu pendant des millénaires. »]b

-L’homme n’est pas un insecte (ceux-ci vivent par synergie de leurs instincts de base), il ne peut pas sombrer dans l’anéantissement de sa personnalité parce qu’il est réfléchi et capable de prévoir ses actions, il assimile les lois de la nature, les transforme et leur donne un sens, une valeur morale. L’homme ne peut pas continuer à vivre sans faire des transformations en lui et autour de lui pour forger UN TOUT hominisé en nous et autour de nous. Plus profond que toutes les questions techniques, le problème de valeur qui se pose à chacun de nous pour faire face à notre destinée, à nos responsabilités à l’égard de l’évolution, se présente à nous sous la forme d’un tourbillon bien plus fort que nous, mais que nous pouvons raisonnablement avoir une espérance si, en notre qualité d’homme conscient, nous le jugeons, l’examinons, afin de décider quelle sera la grande option qui décidera de la victoire de l’homme esprit sur l’homme matière ".

Ces trois thèmes se lisent avec plaisir.


Par contre je n’ai appuyé ma réflexion que sur deux points délicats abordés par Teilhard : Ses prises de position sont plus qu’audacieuses car elles sont contestables et agaçantes pour des agnostiques, pour des athées ou des personnes d'une autre confession. Ces passages sont Education et chrétienté tout d’abord dans le chapitre 2 (page 49 à 53/Editions du Seuil) Après avoir passé en revue « les chemins du possible », « le choix de la route, « les propriétés de l’union » Teilharde aborde « le vrais milieu de l’action humaine .

(a)b[Education et chrétienté]b

où l’on voit que l’auteur ne cible que des éducateurs chrétiens… J’entends déjà le leitmotiv des critiques systématiques de certains. Vous connaissez leurs arguments, inutile de les ressasser.

Et pourtant, et pourtant … en se repérant à certains Etablissements tels les Chartreux ou les Lazaristes à Lyon qu’observe-t-on objectivement ? Ne connaissant personnellement que ces deux Etablissements je ne cite qu’eux. Cependant il faudrait en citer beaucoup d’autres en France et dans le monde étant donné le fort vent de réflexion qui souffle sur les esprits dans le monde chrétien, en particulier chez des catholiques d’ Ordres religieux différents : Jésuites, Dominicains ..............

1-Leur enseignement général est de haute qualité et mixte

2-Les frais d ’inscription sont adaptés aux revenus des familles.

3-Il n’est question chez eux d’aucun prosélytisme confessionnel

car ils accueillent des jeunes de toutes origines culturelles et cultuelles. D’où leur encadrement dans une morale citoyenne et universellement acceptable, souvent inspirée par des fondamentaux chrétiens et les Droits de l’Homme. Qu’on me cite une seule des deux autres religions monothéistes dites « religions du Livre » où s’exerce, dans leurs Etablissements scolaires, une aussi large liberté de conscience . Toutefois, apprécions à sa juste valeur la morale de vie qui y est transmise et dont les vraies racines sont reconnues d’ordre spirituel.

4-L’enseignement religieux est optionnel.

Il confère une ossature spirituelle nécessaire pour donner vie au sens moral car si l’être humain est un corps vide d’âme et d’esprit il ne restera qu’un pantin manipulé par les ficelles de ses instincts et de ses idées préconçues. Il ne sera pas cet homme accompli dans toutes ses dimensions que Vitruve et Léonard de Vinci ont inséré dans une étoile à cinq branches, pentagramme lui-même inscrit dans un cercle. Cette belle image anthropologique et cosmologique nous est familière car elle a été véhiculée comme logo publicitaire d’une société de travail intérimaire.

Elle révèle l’être humain dans son harmonie optimale, corps et esprit, « une âme saine dans un corps sain » (Dixième satire de Juvénal).
Une vision exclusivement sociale ou exclusivement scientifique ne suffit pas pour conférer une signification philosophique aux mouvements de l’univers dans lequel nous tournoyons tout en étant propulsés. De la sorte, on peut admettre qu’une perspective spirituelle peut éclairer les tenants et aboutissants de "L’Avenir de l’Homme ». Si le monde se suffisait à lui-même, quelle incohérence désespérante !

Dans les pays Occidentaux nous avons gagné, de haute lutte, la liberté de croire ou de ne pas croire en une vérité révélée de notre choix. Nous pouvons impunément tout contester, à tort ou à raison. Pensons-nous assez à l'héritage éducatif de violence qui se joue dans les rues de certains pays où les Chrétiens sont tués ou relégués au rang de citoyens de basse catégorie du fait de leur foi et doivent souvent quitter leurs terres-mères ?


(b)Enfin au chapitre 3 dans le paragraphe 4 pages 76 à 78, « les propriétés de l’union »

je n’ose penser à la réaction d’un athée ou d’un agnostique qui tomberait sur cette partie du livre.

Il faudrait être un Ignace de Loyola, un Maître Eckhart, une Thérèse d’Avila, ou encore une Hildegarde de Bingen pour se dilater dans une béate compréhension en abordant ce passage : Teilhard livre au lecteur d’impalpables exhalaisons mystiques qui ont dû avoir une influence sur son style d’écriture car le texte en lui-même est difficile à capter. C’est vraiment dommage (pour les autres) que sa pensée survole de si haut parfois l’intellect humain et le devance de si loin dans le niveau de conscience lié -il est vrai- à la complexité et à la centréité (selon son principe complexité/centréité/conscience).

Conclusion

« Le corps, temple de l’esprit », (Paul/ lettre aux corinthiens) mais à cette formule il faudrait proposer un corollaire : l’esprit, temple du corps.
En identifiant simplement le mot « corps » à toutes les manifestations de la matière, à partir de là, il me semble que Teilhard devient plus compréhensible.


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 8 Novembre 2010 à 11:07 | Commentaires (0)

Chapitres 2 et 3 du tome V Editions du SEUIL « L’AVENIR DE L’HOMME » :
-Hérédité sociale et progrès p. 41 à 53
-La grande option p. 57 à 81


1) EDUCATION ET VIE
-Un des caractères les plus extraordinaires de la vie est son additivité dirigée (caractères acquis), parce qu’elle ajoute sans cesse à elle-même de nouvelles caractéristiques qu’elle transmet aux descendants de chaque espèce animale. Une part essentielle du phénomène se fait pendant la fécondation de la femelle. Mais en plus, quelque chose se transmet et grandit à travers la chaine du vivant, raison pour laquelle les sciences étudient l’hérédité cellulaire.

-Admise par le transformisme à ses débuts, la transmission germinale des caractères acquis reste contestée par la génétique qui n’y trouve pas de preuve irréfutable. Tout se passerait alors comme si les individus de chaque espèce animale se transmettaient passivement, sans le transformer par leur activité, un germe qui évoluerait en eux. Hypothèse invraisemblable, et dont le grave inconvénient serait d’enlever aux individus toute responsabilité dans l’évolution de leur espèce.

-Pour saisir le mécanisme additif de la vie, regardons ce qui s’opère secrètement dans la cellule. Observons aussi ce qui est visible à notre échelle de grandeur, c'est-à-dire la transmission par l’éducation, qui est un processus si commun qu’il ne semble contenir aucun mystère. Ceci étant établi, se pose alors la question des questions : comment donner une valeur biologique à ce processus ? Peut-on comparer celui-ci au déterminisme profond qui confine au développement de la vie ? C’est inéluctable. L’éducation serait chose spécifiquement humaine lorsqu’il s’agit d’éducation raisonnée ? Soit, mais ne suffit-il pas de regarder le monde des bêtes pour apercevoir, comme pour l’humain, que la transformation n’est possible que si elle contient à la mesure de l’esprit une propriété commune dont les ébauches se reconnaissent déjà dans le passé. Les animaux dressent leurs petits à des gestes de survie, de chasse, etc… avons-nous besoin de plus de preuves pour estimer que l’éducation est une fonction universelle coextensive à tout le monde vivant ?
L’éducation est un mécanisme superposé à la transmission de la vie … Mais Bergson n’a-t-il pas fait observer combien arbitraire est la limite entre la zone des déterminismes organiques et la zone de spontanéité, au cours de l’embryogenèse. Ceci relaie cela et ceci est probablement capable de réagir sur cela.

Des biologistes refusent d’admettre la transmission germinale des caractères acquis ; mais ont-ils réfléchi au cas des innombrables insectes qui meurent sans connaître leur progéniture et qui transmettent cependant leurs comportements à une descendance qu’ils ne verront jamais ?

Une conclusion parait légitime : loin d’être un phénomène artificiel et accidentel de l’additivité biologique, l’éducation n’est rien moins qu’une forme essentielle et naturelle de l’additivité biologique ; en elle nous voyons l’hérédité dépasser l’individu pour entrer dans sa phase collective et devenir sociale ; ainsi nous faisons apparaître l’importance de tout ce qui touche à l’éducation de l’humanité.

2) EDUCATION ET HUMANITE
Pour saisir toute l’importance de ce phénomène, faisons un jeu et imaginons l’expérience suivante : essayons de nous abstraire de toutes les choses pratiques ou intellectuelles transmises par nos ancêtres depuis le début de l’humanité ; éliminons toutes les méthodes de communication, coupons nous de l’industrie, de l’agriculture, oublions toute l’histoire, le langage, etc, allons jusqu’à cet état inconcevable que serait notre conscience totalement vierge de toute influence humaine ; que resterait-il de nous même après ce dépouillement ? Est-ce un vêtement ou une part de notre âme que nous venons de laisser tomber ?

Reprenons maintenant toutes les enveloppes éducatives que nous avons essayé de quitter, en revivant leur histoire. Pour construire chacune d’elles que de tâtonnements, que de fragilité face à une hypothétique mais probable catastrophe qui laisserait l’homme dans le même état qu’au moment de son apparition. Comment ne pas reconnaître dans cette progression tâtonnante les mêmes moyens que ceux employés par la vie elle-même, dans son développement irréversible ! Considérée dans son état actuel, l’humanité est organiquement inséparable des développements de son éducation. Ce milieu additif n’est rien moins qu’une sorte de matrice aussi réelle que le sein de nos mères. Il est la mémoire de notre race où puisent et s’achèvent nos mémoires individuelles. Ce milieu additif fait partie intégrante de l’hérédité biologique.

-Il est difficile de distinguer un ordre dans la masse croissante des expériences humaines qui constitue le patrimoine moral de l’humanité, aussi, prenons de la hauteur de vue ; ainsi il deviendra évident que ce chaos cache un ordre, celui de l’humanité prenant conscience d’elle-même. L’humanité se constitue sur l’élévation des consciences individuelles ; en aucun cas nous devons nous prétendre plus intelligents que nos pères, mais grâce à leurs efforts additionnés, nous comprenons mieux qu’ils ne pouvaient le faire eux-mêmes. Un état humain de conscience collective s’établit et porte un peu plus loin celui des générations nouvelles.

-La fonction spécifique de l’éducation est la preuve définitive de sa valeur biologique jusque dans les choses de l’esprit.

3) EDUCATION ET CHRETIENTE (uniquement des commentaires)
Il est inutile de soumettre ce paragraphe à une contraction de texte étant donné qu’il reprend intégralement les arguments scientifiques précédents, pour les placer sous la bannière chrétienne. C’est une option que je réprouve car, située dans un livre scientifique, elle risque de se priver de l’écoute des profanes cherchants. C’est une discrimination. Je cite Teilhard : « …puisque ces pages sont écrites pour des éducateurs chrétiens… »phrase lourde de sens venant s’ajouter au titre du paragraphe. On peut attribuer un double sens à cette discrimination : soit les éducateurs chrétiens ont besoin de recevoir une leçon, soit ils sont les seuls habilités à en donner. Dans les deux cas il y a maladresse et je m’explique. Faisant référence au Verbe Incarné, Teilhard laisse supposer que seuls les chrétiens sont en mesure de comprendre de quoi il s’agit ; or ce concept nous ramène à celui du Verbe Lumière dont il est question dans le Prologue de Jean et l’on touche ainsi à l’un des ésotérismes les plus anciens de l’humanité dont l’origine se situe dans l’Egypte ancienne ; lequel a été transmis par Moïse à la tradition judéo chrétienne (voir dans le site de notre Association mon travail intitulé « Doctrine du Verbe Lumière »).

CHAPITRE 3 « LA GRANDE OPTION »
1- Au bord de la socialisation humaine
2- Les chemins possibles
3- 3Le choix de la route
4- Les propriétés de l’union
5- Le vrai milieu de l’action humaine

1) AU BORD DE LA SOCIALISATION HUMAINE

Les espèces grandissent, vieillissent et meurent. Ceci étant posé, l’humanité se comporte comme une espèce, elle est donc assujettie à un cycle défini de développement sur sa courbe de croissance, quelle est sa position en ce moment ? A cette question il est possible de répondre pourvu que soit considéré un phénomène bien connu des biologistes qui est l’ASSOCIATION (ou la socialisation). Mais là ne s’arrête pas le mouvement, ainsi, apparaissent les coraux à partir de polypes fixés ou errants, les fourmilières ou la ruche à partir des hyménoptères indépendants … sur chaque rameau zoologique, une même force de groupement semble avoir joué par paliers.

-Pour les associations les plus anciennes le mécanisme de groupement ne peut être que conjecturé ; mais pour les sociétés de formation plus jeune, les étapes du processus sont encore reconnaissables dans la matière, dans la nature actuelle. On connaît des abeilles libres et d’autres qui s’organisent en collectivités limités à structures lâches, et ainsi, par des étapes intermédiaires, on arrive à la ruche qui est organiquement centrée sur la reine. Tout se passe comme si, au cours de son existence phylétique, chaque forme vivante atteignait avec plus ou moins de succès ce que l’on pourrait appeler un point de socialisation.

-Ceci étant admis, revenons à l’espèce humaine et cherchons à la faire rentrer dans le schème, parce que nous faisons partie de cette espèce humaine, nous sommes bien placés pour le faire.
Notre rythme de croissance est très rapide par rapport au rythme de croissance de la vie qui est, lui, extrêmement lent ; sa grandeur submerge l’humanité, l’évolution de la vie échappe à nos intuitions, la science prend le relais et ce que nous ne saurions percevoir directement est reflété dans les formes vivantes qui nous ont précédés.

-Au origines l’homme a dû vivre par petits groupes autonomes, après quoi, des liaisons se sont établies entre familles, puis entre tribus, les liens se sont alors compliqué, ce régime s’est maintenu pendant des millénaires.

-Maintenant, et ce depuis plus d’un siècle, une transformation s’opère dans les systèmes sociaux modernes, par l’intermédiaire de nouveaux systèmes politico économiques qui, savamment, géométrisent les masses au détriment des individus et cela au nom de la complexification croissante des règles géopolitiques et à cause de l’effet de compression produit par une démographie galopante sur la surface limitée de la terre. De ces facteurs concomitants résulte une transformation de fond qui induit un changement d’état humain, en nous l’humanité approche de son point critique de socialisation.

-L’homme n’est pas un insecte (ceux-ci vivent par synergie de leurs instincts de base), il ne peut pas sombrer dans l’anéantissement de sa personnalité parce qu’il est réfléchi et capable de prévoir ses actions, il assimile les lois de la nature, les transforme et leur donne un sens, une valeur morale. L’homme ne peut pas continuer à vivre sans faire des transformations en lui et autour de lui pour forger UN TOUT hominisé en nous et autour de nous. Plus profond que toutes les questions techniques, le problème de valeur qui se pose à chacun de nous pour faire face à notre destinée, à nos responsabilités à l’égard de l’évolution, se présente à nous sous la forme d’un tourbillon bien plus fort que nous, mais que nous pouvons raisonnablement avoir une espérance si, en notre qualité d’homme conscient, nous le jugeons, l’examinons, afin de décider quelle sera la grande option qui décidera de la victoire de l’homme esprit sur l’homme matière.

2) LES CHEMINS DU POSSIBLE

Trois possibilités formant entre elles une suite logiquement liée paraissent exprimer et épuiser toutes les possibilités qui se présentent à notre choix :
a) Pessimisme ou optimisme,
b) Optimisme d’évasion ou optimisme d’évolution,
c) Evolutionnisme de pluralité ou évolutionnisme d’unité.

a) Pessimisme ou optimisme
L’être est-il bon ou mauvais ? Malgré sa forme savante, ce dilemme est essentiellement pratique, il représente l’alternative fondamentale sur laquelle tout homme, par le fait même qu’il est né, est forcé de se prononcer. Sans l’avoir voulu, sans savoir pourquoi, nous nous trouvons engagés dans un monde qui parait s’élever dans un état de grande complexité organique. Ce courant universel dans lequel nous sommes pris nous laisse entrevoir une préférence donnée par la nature, à l’être sur le non-être, à la vie sur la non-vie. ETRE et VIVRE se mesurent par un accroissement de conscience, mais ce choix instinctif de la nature résiste-t-il à l’opération critique de notre pensée ? Cette question pouvait rester dormante aussi longtemps que la nécessité ne concernait que la préservation d’un présent agréable. Mais la question devient pressante dès qu’il s’agit de sacrifier notre individualisme pour servir toute l’humanité. N’y aurait-il pas lieu pour l’homme devenu conscient des contraintes imposées par la vie de faire grève à une évolution aveugle qui n’est peut-être pas un véritable progrès ?
A mesure que l’effort collectif est demandé aux hommes coûte davantage, ce problème posé aux esprits clairvoyants finit par se révéler à la masse sous cette forme : faut-il reconnaître un sens et un but à l’univers ? Sur cette question de fond l’humanité se divise en deux camps :
-D’un côté les négateurs de toute signification et de toute valeur,
-De l’autre côté les adeptes de la possibilité d’existence d’une valeur et de l’utilité d’une conscience.

Cela consiste, pour les premiers, à la désertion totale et, pour les seconds, à la conscience d’un devoir.

b) Optimisme d’évasion ou optimisme d’évolution ?
Après avoir opté pour la valeur de l’être et admis que le monde a un sens, cela nous oblige-t-il à aller plus loin et a fortiori jusqu’au bout ?
Il y a très longtemps les sages de l’Inde s’étaient posé la même question à laquelle ils avaient apporté la réponse suivante : plus nous organisons le monde, plus nous fortifions le réseau qui nous emprisonne et, ainsi, nous accroissons le multiple, ce qui nous empêche de trouver la bienheureuse unité et, dans ces conditions, il n’y a que l’ascèse pour briser la grande illusion et se persuader du néant qui nous entoure ; faisons en nous la nuit et le silence, ainsi apparaitra, aux antipodes des apparences, l’ineffable réalité.
Ainsi parlait la sagesse orientale.
Le monde chrétien occidental contemporain va vers la même tendance, sous des formes différentes ; lui aussi redoute la socialisation qui guette l’espèce humaine avec le formatage de masse comparable au Karma collectif de l’Hindouisme. Avec une rapidité effrayante, ce que nous appelons « civilisation » tisse autour de nous un filet.
Ainsi donc nous devons nous évader en choisissant l’un des deux rameaux qui se présentent à nous :
1-le rameau de ceux qui considèrent que le progrès consiste à rompre les attaches entre le monde de la matière et le monde de l’esprit.
2-le rameau de ceux qui considèrent la valeur ultérieure de l’évolution de la matière vers l’esprit.

Mais il y a ceux qui veulent échapper à ce choix par une attitude d’abstention. Cette attitude conduit au néant, oublions ceux qui ont fait ce choix, on ne peut rien pour eux tant qu’ils maintiennent cette option.
Quant à ceux qui ont choisi le second rameau, une autre alternative s’offre à eux .
c) Evolutionnisme de pluralité ou évolutionnisme d’unité.
-Le titre de ce paragraphe induit un fractionnement de l’humanité en des catégories qui s’emboîtent les unes dans les autres, ainsi nous avons une première option s’exprimant par la foi en l’être, laquelle débouche sur la foi au progrès et qui aboutit en la foi aux valeurs spirituelles de la matière. Ces trois catégories humaines sont elles-mêmes nuancées par la question de savoir sous quelle forme faut-il imaginer l’Etre Suprême que nous cherchons ?
Ainsi, nous arrivons à la dernière question ; cet Etre Suprême se développe-t-Il en s’éparpillant ou bien tend-il à se concentrer en un foyer unique ? Autrement dit faut-il penser pluralisme ou monisme, bifurcation ultime avec laquelle s’opèrerait un triage de l’humanité ?
-Selon le pluralisme, le monde dérive vers une autonomie croissante de ses éléments. Dans cette perspective dispersive, la socialisation de l’humanité apparait comme une régression, culminant vers l’isolement des individus, ce qui serait une absurdité, sauf à imaginer le cas de l’émergence d’un individu exceptionnel …
-Aux yeux du monisme, au contraire, rien n’existe et ne compte que le tout, et l’option divergente est une erreur fondamentale. Pour s’achever et se sauver chaque individu doit faire tomber les barrières. De ce point de vue les mouvements totalitaires ne seraient ni des hérésies ni des régressions biologiques (…) car ils opèreraient dans le mouvement cosmique (…) le plural doit être considéré comme le substrat initial dont la réduction graduelle indique la tendance du processus naturel, car l’univers se ramasse sur un centre. Convergence ou divergence, cette option apparaît comme finale et clôt notre analyse (…)

-En présence de cette apparente indétermination de la vie doit-on rester indécis ? Les animaux qui sont, eux, entièrement dépendants de leurs instincts n’ont pas ce problème ; tandis que l’homme qui, lui, a franchi le pas de la réflexion a l’obligation de faire un choix, au risque de déchoir de sa nature d’être humain.

3) LE CHOIX DE LA ROUTE

a) Recherche d’un critère
La classification que nous venons d’établir n’est pas une fiction et, en présence de cette diversité, la répartition des attitudes humaines se résume par un haussement d’épaule et « d’une affaire de tempérament ». Pourtant, à chaque question posée précédemment correspond un univers de type spécial : désordonné/ou ordonné, encore jeune/ou épuisé, dispersif/ou convergent; un seul type de ceux là est dans le vrai (…)

-La physique nous a montré que la fraction d’énergie inutilisable est croissante (en vertu de la loi voulant que toute organisation nouvellement apparue se paye par une dissipation d’énergie) ; mais cette loi est confrontée à une donnée qui ne peut pas encore être considérée comme scientifique, celle d’une montée de l’univers vers des états d’improbabilité et de personnalité grandissante ; soit deux expressions complémentaires de la flèche du temps.
Pour les besoins de notre démonstration, l’entropie (information diluée à l’extrême dans la matière initiale) sera mise de côté provisoirement au profit de la néguentropie qui est la tendance inverse, vers laquelle évolue la matière dans des états où elle dégage de plus en plus d’information. Tel est notre choix entre les deux alternatives en présence.

b) La réduction des alternatives
Avoir admis que par son histoire le monde exprime une marche vers l’esprit, c’est reconnaître que nous n’avons plus à opter entre l’être et le non être. Un doute sur la primauté de la conscience par rapport à l’inconscience serait à la rigueur concevable dans le cas d’un esprit qui émergerait subitement du néant ; mais cette conjecture serait contradictoire au postulat d’une nature évolutive. De même, sous leur forme radicale le pessimisme et l’agnosticisme sont condamnés par le fait même que nous existons.

-Plus délicate déjà apparait la décision à prendre sur l’alternative dont nous avons déjà parlé : « optimisme d’évasion, ou optimisme d’évolution ». Dans quelle direction nous attend la plus grande conscience ? La réponse n’est pas évidente. En soi l’idée d’une extase humaine hors du tangible n’aurait rien de contradictoire, elle s’adapterait même aux exigences finales d’un monde à structure évolutive, mais cela à une condition, c’est que ce monde soit parvenu à un développement tel que son âme puisse s’en détacher comme un fruit mûr. Or nous n’avons aucune raison de penser que la conscience humaine ait atteint ce point là.

Pour prolonger efficacement le développement de la conscience terrestre, quelle option devons-nous choisir ? Sera-ce un accroissement jaloux de notre individualité pour obtenir plus d’autonomie ? Ou bien sera-ce dans les associations et le don de nous-mêmes à la collectivité ; refus ou acceptation de la socialisation humaine, monde de divergence ou monde de convergence ; où est l’issue ?

-S’il existe un processus observable dans l’évolution de la nature vers une plus grande conscience, c’est bien celui qui s’obtient par une différenciation croissante faisant surgir de toujours plus fortes individualités qui de facto entraînent des oppositions. Paradoxalement, pour rester dans la logique de ce mouvement chaque individu doit se dégager de toute influence extérieure, geste séparatif plus ou moins inscrit au fond de lui.

-Vu sous un certain jour, un univers de structure pluraliste divergent peut susciter localement des paroxysmes de conscience. Outre que ces états sont dérisoirement limités, ils sont destructeurs de l’esprit qui les anime. D’autre part, ces mouvements s’étendant de proche en proche, ils amorcent une volatilisation générale de la masse humaine. Adopter l’hypothèse d’une divergence finale de l’esprit revient à introduire un principe de désagrégation dans la partie pensante du monde et c’est rétablir aux antipodes de cette conscience devenue fugitive le primat et la stabilité prépondérante de la matière. Au lieu de croître, la néguentropie régresse.

-Pour sauver la prééminence de l’esprit, la voie de l’unification est la seule pensable. En dépit du sacrifice de nos libertés instinctives, nous découvrons un autre type de liberté, celle qui est voulue en connaissance de cause.

4) LES PROPRIETES DE L’UNION

-Nous devons réagir contre les préjugés qui opposent entre eux pluralité et unité, éléments et TOUT, individualité et collectivité. Nous raisonnons comme si chacun des deux termes de ces couples variaient en raison inverse l’une de l’autre : ce qui est gagné pour l’un est perdu pour l’autre. A l’origine de ce préjugé intervient le malaise que ressent un individu qui est pris dans la foule ; mais pourquoi chercher un modèle de collectivité dans ce qui n’est qu’un agrégat ? A l’opposé de ces groupements massifs et inorganisés, la nature se révèle pleine d’associations construites et régies par des lois ; dans le cas de parcelles unités, le rapprochement des éléments ne tend pas à annuler leurs différences, mais au contraire à les exalter ; la véritable union (la synthèse) ne confond pas, elle différencie. Il est essentiel de comprendre avant de se décider pour la grande option.

-Dans la ruche, comme dans le cas des cellules formant notre corps, l’union et donc la spécialisation des éléments se font dans le domaine de certaines fonctions matérielles comme : nutrition, reproduction, défense etc … d’où la transformation de l’individu en « pièce de rechange » . Mais, imaginons un autre type de groupement au sein duquel est apparu pour les individus une autre possibilité d’achèvement mutuel et psychique, nous avons là ce qu’on peut appeler une fonction de personnalisation qui active l’influence différenciante de l’union qui agit vers la liberté des choix, la richesse de spontanéité et l’épanouissement harmonisé des valeurs individuelles. Tel est le cas de l’humanité entre les éléments, du fait de la pensée se constitue un milieu spécial et nouveau au sein duquel les individus acquièrent la faculté » de s’associer et de réagir entre eux pour l’achèvement d’une conscience.La socialisation ne signifie pas la fin de la personne mais l’ERE de la personne. Dans cette synergie c’est l’amour qui est l’énergie de développement ; Il faut que l’humanité se décide enfin à reconnaître que cette énergie est l’énergie fondamentale de la vie. L’énergie amour nous interdira à jamais de nous scléroser dans le modèle de la vie des fourmis.

Avec l’amour et dans l’amour, c’est l’approfondissement de notre moi qui provoquera le jaillissement fantaisiste sur toutes les voies inexplorées que nous découvrirons. Nous pouvons dire adieu à un univers de divergence et de dispersion des personnalités, et nous saluons un univers de convergence dont les qualités d’union différencient.
Si l’union différencie ceci a pour résultat de conférer à une union de convergence le pouvoir de prolonger sans les confondre les fibres individuelles qu’elle rassemble. Dans un univers de convergence, chaque élément trouve son achèvement non pas dans sa propre consommation mais dans son incorporation au sein d’un pôle supérieur de conscience, seule conception en laquelle il peut entrer en contact avec les autres âmes humaines.


Notes personnelles de J.P. Frésafond
Les 20 premières pages du 3ème chapitre, ainsi que les 75 pages précédentes concernant les chapitres 1 et 2 ne m’ont posé que les problèmes habituels de la contraction de texte. Certes j’ai eu parfois recours à une réécriture de quelques lignes obscures, mais la compréhension des textes était convenable.

Dans ce paragraphe 4, de la page 76 à la page 78, je ne comprends pas ce que Teilhard veut dire et je ne peux donc pas travailler sur son texte car nous sommes, à mon sens, dans un délire mystique. Je suis désagréablement surpris par Teilhard dont le raisonnement scientifique est habituellement remarquable. Il s’embarque ici dans une théorie onirique sur un thème qui, par définition, ne peut être appréhendé par l’intelligence humaine. Il va trop loin dans l’imaginaire. Pour parler de cela il eût fallu écrire un conte fantastique afin de mettre le lecteur en état d’extase.

5) LE VRAI MILIEU D’ACTION HUMAINE

Lorsque les historiens étudient la philosophie à travers les âges, ils s’attachent à la naissance et à l’évolution des idées, notamment, mais cela ne suffit pas.
Une géométrie est faite de points, de lignes, de figures, mais elle dépend aussi du type d’espace dans lequel elle s’applique et suivant le type d’espace les propriétés de la géométrie considérée sont modifiées. Ce qui est vrai dans la géométrie l’est aussi dans la philosophie.

Philosopher c’est organiser les lignes de réalité qui nous entourent, la philosophie est un ensemble cohérent de relations harmonisées dans un univers doué de certaines propriétés. Ces propriétés peuvent évoluer, tout comme un dessin tracé sur une surface souple et qui se modifie quand la surface change de contours ; le passé de l’intelligence est plein de mutations qui trahissent le mouvement des idées humaines.

-Avant le XVIème siècle la philosophie raisonnait selon une conception statique de l’univers. Après cette époque les raisonnements philosophiques se sont appuyés sur la géométrie déformable d’un univers mobile

A notre époque moderne la philosophie a intégré la notion d’espace-temps. Enfin, la perception de l’abime des deux infinis s’est transformée avec l’apparition d’un troisième infini, celui de l’infiniment complexe, ce qui change tout notamment pour l’homme qui peut enfin se situer, étant lui-même le fer de lance de la complexité. Ainsi va la philosophie.

-Revenons aux conséquences psychologiques de la « grande option » en vertu de laquelle l’humanité tend à s’établir dans la perspective générale de son intégration à un univers convergent formé d’esprit et de conscience. Quelles vont-être les suites intérieures d’un tel changement ? Jusqu’ici l’homme agissait au jour le jour, instinctivement et plus ou moins rationnellement. Avec le sens de l’unification universelle à laquelle il s’éveille, tout bouge, tout se dilate, tout s’éclaire, tout s’imprègne d’une saveur d’absolu émanant du pôle suprême de personnalisation. Après cela, serait-il possible de faire marche arrière ?

-Malgré la grandeur de la minute présente d’autres heurts idéologiques nous attendent ainsi que d’autres synthèses. L’acte suivant du drame doit se placer sur un autre plan et se jouer dans un monde nouveau dans lequel chaque élément n’agira plus que dans la conscience de pourvoir à une œuvre de personnalisation totale.
Au-delà de ce que nous nommons « point critique de socialisation » la masse de l’humanité va sans doute émerger dans le milieu biologiquement requis pour atteindre la plénitude et accomplir son destin.

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 6 Novembre 2010 à 14:59 | Commentaires (0)