teilhard de Chardin


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J'ai lu avec intérêt le numéro 34 de la revue "TEILHARD AUJOURD'HUI, notamment l'éditorial de Jacques MASUREL, directeur de la rédaction. Il termine son texte par une des citations que je préfère de Teilhard : .Arrière les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobiles. La vie est perpétuelle découverte, la vie est mouvement.

J'admire avec émotion l'amitié fidèle et l'intelligence du Père de LUBAC, du Père VALENSIN et de quelques autres intellectuels qui participaient à la défense de Teilhard contre le déchaînement des opposants.

Je suis pantois et admiratif, sans pour autant l'approuver, devant la fidélité de Teilhard à son serment sacerdotal; il y a des cas où il faut choisir de quel côté se situe l'intérêt général, en l'occurrence le côté des non-croyants nettement plus nombreux que les croyants. Les athées ont davantage besoin de Teilhard que les fidèles.

Pendant une trentaine d'années, Teilhard s'est efforcé de convaincre, mais sans succès, le bien fondé de ses théories vis-à-vis de l'Eglise, il s'est heurté à l'incroyable force d'inertie de cet appareil. Le conseil de religion est une loupe déformant la réalité et la notion de sacré est un piège, le sacré n'a que la valeur qu'il est convenue de lui attribuer. Malheureusement pour les athées, Teilhard a voulu parfois faire admettre ses théories de l'évolution par le prisme "ultra catholique, la trinitisation, la puissance unitive de Marie" comme le signale Luciano Bénoni Mazzoni dans son article. Si Teilhard avait été laïque comme Darwin, il n'aurait peut être pas eu à briser ce mur du silence qu'on lui oppose encore au XXIe siècle; mais en raison de cela peut être, il est mieux accueilli par les religions réformées.

Il y a une facette de Teilhard qui, elle aussi, m'interpelle fortement, c'est son dédain prononcé pour les religions védantes, qu'il ne pouvait pas ne pas connaître, idem pour l'Islam et les religions animistes qui règnent sur plusieurs continents. Selon Teilhard seules les religions chrétiennes étaient en mesure d'accompagner les progrès techniques des civilisations. Pour ce qui concerne l'Inde ou la Chine il s'est magistralement trompé, car ces deux pays représentent presque la moitié de la population terrestre et s'apprêtent à devenir les maîtres du monde. Il n'y a que pour les régions communistes qu'il a vu juste. Mais on peut lui pardonner cette lacune, ces sujets n'étaient pas de sa compétence. Toutefois je persiste à penser que le Christianisme n'a pas le privilège religieux de la planète, sauf à se transformer, comme nous allons le voir dans ce rapport d'un article de la revue LE POINT REFERENCES de juillet 2010 concernant les jésuites qui ont donné plusieurs fois la preuve de leur faculté d'adaptation en milieu hostile.

Ainsi, le jésuite Saint François Xavier (1506-1552) avait compris que pour convertir les japonais au christianisme, les missionnaires devaient respecter les coutumes locales et il exigea notamment de ses compagnons jésuites qu'ils s'habillent selon la mode des religieux bouddhistes; il obtint de bons résultats. Malheureusement ses successeurs commirent une énorme maladresse en promettant aux japonais l'ouverture des marchés de la vieille Espagne en échange d'une plus grande ouverture des lois locales au Christianisme. Les jésuites se virent souffler les "marchés" au bénéfice des négociants de religion réformée qui ne demandaient rien en échange.

Trente ans après Saint François Xavier, un jésuite italien se lança dans l'aventure missionnaire. Son nom était Mattéo RICCI. Cela se passait en Chine. On l'appela le "jésuite MING": Mattéo RICCI intégra totalement la culture et la langue chinoise et prit un pseudonyme chinois : LI-MA-DOU. Il fut reçu et apprécié dans les plus hautes sphères de l'Administration et de l'intelligentsia impériale. Il devint ainsi le premier européen à pénétrer dans la "Cité Interdite"!
Mattéo RICCI a cherché à convertir la Chine sans la heurter, quitte à expurger le catholicisme de certains dogmes, les plus importants, et avec l'accord de sa hiérarchie. Ainsi, furent plus ou moins masquées la crucifixion du Christ, sa résurrection, l'eucharistie et la plupart des idoles et des icônes qui étaient des doctrines "invendables" aux intellectuels confucéens chinois. En effet, comment expliquer que le corps et le sang du Christ étaient présents dans le pain et le vin, alors que ce pays ignorait ce qu'étaient ces deux aliments? .....mais tout n'est pas perdu explicite Mattéo RICCI à sa hiérarchie, . Il était toujours suivi par le Vatican......
En 1595, Mattéo RICCI publia un livre "Traité de l'amitié", rédigé en chinois, qui lui valut la confiance des lettrés : "mon ami n'est autre que la moitié de moi-même, c'est un autre moi-même.... Il a réussi à "vendre" Epitecte aux chinois : i[le vrai bonheur consiste à vivre selon sa vertu]". C'est du stoïcisme qui cadre avec le confucianisme et obtint un immense succès.

En 1704, Rome ferma la "boutique jésuite" en Chine, cédant encore une fois la place aux sectes protestantes. Cependant RICCI n'est pas oublié des chinois; onze ans après les événements de la place TIEN ANMEN, les autorités communistes chinoises lui rendaient un hommage officiel en le représentant comme un mathématicien-astronome (ce qu'il était aussi) en compagnie d'un confrère chinois de la même époque, sur la fresque du MILLENIUM.

Plusieurs fois à travers les siècles, l'Eglise Catholique a connu des sursauts de lucidité dus à quelques papes plus éveillés que les autres ; mais comme toujours, les progressistes sont mal vus des conservateurs qui, étant plus nombreux, sont toujours les plus forts. Mais il faut toujours relever le défi et maintenir les esprits en éveil, comme le fit le Père François EUVE qui m'écrivit à propos de mes manuels d'étude, après les avoir critiqués sévèrement (sans doute le méritaient-ils?) : il faut peut être déconfessionnaliser le message de Teilhard, dans la mesure où lui-même souhaitait le faire.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mercredi 4 Août 2010 à 07:03 | Commentaires (0)

L'ACTIVATION DE L'ENERGIE/ Edition du SEUIL p. 367/377 et Manuel d'Etude Tome 2/JP Frésafond/Aubin Editeur p. 129/133


N.B. : textes et mots écrits en italiques sont des citations de Teilhard

Car plus je la regardais attentivement, cette recherche, plus je la voyais forcée,
par nécessité interne, de concentrer ultimément son effort et ses espoirs
en direction de quelque foyer divin
]i. (p.377/ éditions du Seuil)

Première partie
Dans ce chapitre j’ai retrouvé des empreintes laissées sur les pistes précédentes de l’ensemble de l’œuvre. Mais, cette fois, comme après avoir monté les degrés d’un escalier à vis; spirale verticale, ascendante dans sa puissance de sens, qui s’élève au-dessus du plan de la volute horizontale des efforts très objectifs, mesurables, temporels d’une équipe de travail quelle qu'elle soit.

Quand les énergies humaines combinées passent ainsi de l’horizontale à la verticale n’est-ce pas un authentique Signe de Croix qui s’inscrit dans l’espérance d’une victoire de la vie sur une mort totale ?


Seconde partie
Je n’ai choisi que quelques idées conductrices de ce chapitre ; celles qui me paraissaient correspondre aux démonstrations plus ou moins abstraites des chapitres antérieurs, alors que, dans la visite des grands cyclotrons de Berkeley, ces mêmes abstractions prennent corps, les hypothèses se déploient en illustrations, en vision ressentie. Ce choix n’échappe pas à ma subjectivité mais je ne doute pas que des lecteurs attentifs trouvent l’écho d’autres hypothèses proposées précédemment dans le même ouvrage.

Quelles-sont ces idées conductrices dans L’ACTIVATION DE L’ENERGIE ? Elles ont déjà fait l’objet d’ études approfondies par les membres du groupe de l’Association Lyonnaise Teilhard de Chardin, selon le point de vue et la sensibilité de chacun. Je n’ai pas de « retouches » à faire.

-LA MONTEE DE L’AUTRE :
i[Par montées du nombre, du collectif en liaison avec l’autre, mais aussi du personnel, du sens humain.
Notre monde est comme un hologramme brisé : la totalité de l’image est contenue dans chaque fragment (tout être humain). Charge à nous de recoller les morceaux, alors !

-UNIVERSALISATION UNION :
Par totalisation progressive des énergies humaines ou arrangement collectif progressif et dynamique des éléments conscients de la terre. Cet ensemble constitue la Noosphère,concept teilhardien, sorte de sauvegarde des esprits, de la pensée de tout être humain ayant réellement franchi le pas de la réflexion.

-CENTROLOGIE :
Par la présence universelle d’un point d’attraction, le Point Omega, s’opère une liaison inter centrique. Le phénomène humain est formé de noyaux psychiques dont chacun joue le rôle de centre partiel vis-à-vis du monde. Omega se présente comme centre des centres.
Je l’imagine un peu comme un axe qui traverserait en leur centre, de haut en bas, des poupées russes emboitées les unes dans les autres ; représentation des hommes de toutes générations et de leur environnement naturel.

Ainsi va le vital principe d’amorisation de l’univers,selon Teilhard. Il se retrouve à tous les niveaux et selon ces niveaux :
-du plus rudimentaire comme l’attraction réciproque de deux particules,
- au plus évolué, qu’il s’agisse d’une équipe ou de deux amants ou mieux du mystique absorbé par la contemplation divine, le résultat psychologique est invariablement le même. Loin de tendre à se confondre, les centres réfléchis intensifient leur ego à mesure qu’ils se resserrent entre eux. Ils se surcentrent de plus en plus à mesure qu’ils se rapprochent les uns des autres en convergeant vers Omega.

-PLACE DE LA TECHNIQUE DANS UNE BIOLOGIE GENERALE DE L’HUMANITE :
Où Teilhard défend sa thèse selon laquelle le développement industriel a un sens profond, i[Il y a une telle relation entre l’Homme et sa technologie que les deux sont en prolongement organique. Il en vient à écrire que la technique a un rôle biologique proprement dit : elle entre de plein droit dans le naturel et l’auteur ajoute que la relation entre technique et conscience fait accéder à des pouvoirs d’un ordre plus grand ; celui d’un ordre spirituel. Dès lors il conclut que Nous aurions tort de considérer l’ensemble des cerveaux comme formant seulement une somme.

CONCLUSION : "Montée de l'autre", "Universalisation Union"," Centrologie" et "Place de la technique dans une biologie générale de l'Humanité" sont des chapitres qui me paraissent bien en osmose avec le sujet étudié aujourd'hui :

L’interdépendance et l’esprit de corps devraient, théoriquement, se ramifier harmonieusement dans l’humanité entière. Or, un tel déploiement n’a pas seulement des incidences matérielles et intellectuelles car il en va, surtout, d’une fantastique plus-value psychique et spirituelle; comme si, là, résidait l’ultime mission de l’épopée humaine d’après l’auteur. Pour Teilhard, il est évident que cette sorte de distillation des actes humains passe par une lutte contre les inerties indifférentes et souvent hostiles des apparences de la matière, de nous même, de nos alter ego. Ce « phénomène » de sublimation dans un halo lumineux, Teilhard déclare l’avoir observé. Il faut le croire car peu d’entre nous acquièrent, comme lui, les facultés requises pour percevoir l’environnement avec une sorte de….…… « troisième œil » sans pour autant sombrer dans le ridicule. Teilhard livre là l'intimité de ses sentiments, de ses émotions.

Tout effort personnel au sein d’un groupe uni dans un but commun conduit, non seulement au développement des techniques et /ou des objectifs, mais au déploiement de la personnalité de l’individu, ET de son groupe. L’ensemble évolue dans la cohésion d’un seul organisme où fusionnent de manière biologique l’Homme et sa technologie. Les effets physiques et mentaux des interactions propres à un système de groupalité secrètent un surcroît d’être ; en quelque sorte 1+ 1 = 3 ! Ce qui peut s’expérimenter lorsqu’ un égrégore (ou eggrégore) apparait dans un cercle d’humains. Cette puissance, cette énergie qui nous dépasse (ou qui nous échappe) peut être utilisée de manière positive ou négative ; un peu comme le génie de la lampe d’Aladin qui exécute les vœux de son maître, quels qu’ils soient. Le risque encouru par le « Phénomène Humain » est dans cette alternative. S'il y a "pertes de production" puisse la somme de nos mauvais choix accumulés et conjugués ne faire QUE retarder l’aboutissement de notre évolution vers le « supra-humain » PAR, AVEC et EN Omega puisqu’Il est immergé, dit Teilhard, dans la matière… L’écriture de textes comme le mythe de la création, et le Nouveau Testament dévoilent cette présence tout en la voilant encore ( le style était lié au niveau et aux conditions sociales de cette époque lointaine, alors que l’avancée des sciences actuelles permet d’en décrypter le sens. (Se reporter au bas de page -1-) :
Le Verbe s’est fait Chair et il a habité parmi nous (…) Il est la Vie et la Lumière des Hommes
(cf Prologue de Jean)
Ou encore :
Je suis l’Alpha et l’Omega, le premier et le dernier, le commencement et la fin
(cf Apocalypse de Jean 22-13)


-1- Un livre à lire : « Notre Existence a-t-elle un sens ? / une enquête scientifique et philosophique », écrit par Jean Staune, édité par Presses de la Renaissance à Paris/2007.
Jean Staune est diplômé en paléontologie, mathématiques, informatique, gestion, sciences politiques et économiques. Fondateur et secrétaire général de l’Université interdisciplinaire de Paris, il enseigne la philosophie des sciences dans le MBA du groupe HEC.
Cet ouvrage est le résultat de près de vingt années de recherches et de rencontres dans de nombreux pays avec des dizaines de personnalités représentant tous les grands domaines scientifiques.
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Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 1 Août 2010 à 11:29 | Commentaires (0)