teilhard de Chardin


Recherche






Galerie
Ainsi est transcrite l’exhortation dans le 1er des trois derniers chapitres du tome L’Activation de L’Energie:
« Une fois de plus, je veux essayer d’atteindre et d’exprimer, le fond, toujours fuyant, de ce que je sens, de ce que je vois, de ce que je vis…d’une certaine structure du monde, découverte graduelle qui aura été l’histoire, la force, et la joie d’une existence qui s’achève. »


Nous sommes en juillet 1953, Teilhard passera sur l’autre rive moins de deux ans plus tard, il devait certainement s’en douter; un malaise l’avait terrassé sur un trottoir au début de cette année à New York et sa santé maintenant n’était plus très bonne. Mais, à nouveau, alors qu’il est sur le bateau pour se rendre en Afrique du Sud, il sent plus jamais l’exigence d’expliquer le Phénomène, encore une fois, différemment;

Par les mots que l’on découvre dans ses écris, on voit son désir de nous faire partager sa joie,et nous dit, tellement heureux d’avoir trouvé quelque chose de nouveau, et de si important : « Venez et voyez »(page:398), et d’expliquer ce qu’il a aperçu;

Sous la matière, enveloppe extérieure, il voit trois zones:
Zone de l’Humain
Zone de l’Ultra-Humain
Zone du Christique
L’Humain:
Depuis qu’il y a quelques millions d’années où l’étincelle de la pensée naissait dans les premiers hommes, suite de nombreuses lignées de vivants, le réfléchi n’a pas cessé de grandir et il continu aujourd’hui plus que jamais, sa marche, sa course, sa métamorphose: un état en évolution qui se construit dans le Pensant.
Complexité-conscience à progression irréversible sous peine de s’effondrer sur elle-même dans l’espace-temps (postulat dans le Phénomène Humain page:341)
Il y a espoir dans l’avenir, intérêt d’exister, et goût toujours plus ardent de vivre.
L’Ultra-Humain:
En regardant autour de moi, je constate l’évolution constante de l’Humain; les groupements, les communautés…évoluent en interactivités et en complexités. Est-ce en mieux ou en moins bien, il est difficile de juger et d’ailleurs c’est de peu d’importance nous dit TC avec d’autres mots.
Loin de stagner ou de régresser, en regardant autour de moi, je ne peux que voir mouvement et vitalité dynamique.
Le Christique:
TC écrit: « Les étonnantes propriétés énergétiques du milieu divin engendré au plus profond de la conscience humaine par la rencontre « implosive » entre un flux montant de Co-réflexion et un flux descendant de Révélation » ,
C’est-à-dire en simplifiant un peu, il y a rencontre entre l’humain, matière en mouvement dans toujours plus de riches complexités (dans sa self-organisation évolutive comme dit notre savant), et le Message divin matérialisé, l’Amorisation de la Terre pensante véritable alchimie implosive: C’est l’idée de constante progression vers l’Unité Oméga, pour lui évidence de la Vie dans la noosphère dont nous tous faisons partie.

Un exemple:

Alors qu’il vient d’arriver en Afrique du Sud, nous sommes en septembre 1953, il écrit:
« Ici, (j’entends à Cape Town) on sent le vieux fond huguenot, civilisé et confortable, si différent de Joh’burg, une ville de pionniers…Ici comme là, une seule chose ou impression désagréable: l’effort du gouvernement pour maintenir désespérément la suprématie blanche (on re-forme les écoles pour indigènes sur le principe d’inégalité des races, qu’on inculque aux enfants). Les anglicans réagissent courageusement. Mais on n’entend jamais la voix catholique, me semble-t-il…
Il faudrait une grande passion humaine commune, un renouveau (christianisé) du Sens de l’Espèce, comme j’ai coutume de dire. Je suis convaincu que cela viendra: parce que cela doit venir»
(Lettre de Cape Town, septembre 1953, à André Ravier son provincial à Lyon).

Je ne pense pas que TC soit devin mais pour lui il y a évidence: la marche en avant de l’évolution trouvera la bonne issue.
Pour ce qui est de ce pays, pendant de nombreuses années, il va y avoir des luttes avec des morts, des injustices, etc.; 40 ans vont s’écouler avant que n’arrive la fin de l’apartheid; l’opposant Nelson Mandela, après 27 ans d’emprisonnement, devient le 1er Président de la République d’Afrique du sud en 1994, à la suite des premières élections nationales non-raciales de l’histoire du pays.
N’y a-t-il pas là l’exemple « d’une rencontre entre l’En-Haut du Ciel et l’En-Avant de la Terre »?
Bien sûr l’Histoire n’est pas achevée…; chacun peut se rendre compte qu’encore aujourd’hui des injustices criantes existent dans le pays; ce printemps, sur tous les continents de notre planète on a célébré la grand’messe de la coupe du monde de foot en direct de ce pays; beaucoup de liesses dans les stades, mais aussi encore et toujours de nombreux townships ceinturant les grandes villes…avec précarité, violence, misère, maladies, etc.
Face à ces montagnes de problèmes, aujourd’hui, le visionnaire ne dirait-il pas encore: un renouveau du sens de l’espèce viendra, parce que cela doit venir; le sida galopant devenant aiguillon d’une christologie appelée à moins de frilosité et plus de renouveau,…complétant comme il dit l’idée de Péché catastrophique et d’Expiation réparatrice _ La Parousie finale plus semblable à une maturation qu’à une destruction (page 405).


Et maintenant quelques pensées sur le dernier chapitre: Barrière de la mort et Co- réflexion.

Qui n’a pas pleuré devant l’effroi, le désespoir causé par la mort d’un proche?
Matière qui s’arrête de vivre et me renvoie à moi-même. Présence, amour, échange, ne sont plus; absurdité de la vie dit la matière, tant de richesses pour terminer poussière…
Comme tout cela est déconcertant; non sens! chemin vers le néant?
Comme le dit TC, là est mis le venin dans le cœur des choses.

Lui faisant face, l’espoir;
Il y a quelques millions d’années, le paléontologue précise des datations dans « Le Phénomène Humain »,l’homme voit, se rend compte qu’il sait, « élévation au carré » du psychisme animal. Une nouvelle ère commence, moment premier pour l’homo sapiens, même si l’on sait qu’une nouvelle organisation est la suite généralement imperceptible et résultante de nombreuses pré-organisations.
Aujourd’hui, puis demain, des seuils encore vont combler naturellement nos soifs d’espérances; des nouveaux schémas de notre psychisme se font jour, s’assemblent, suite ou parfois conclusion de découverts précédentes, avancée constante de la connaissance, des sciences; notre structure-matière de plus en plus finement élaborée, et TC en est un des maitres, (mais combien d’autres!).
Dans le monde judéo-chrétien d’aujourd’hui les idées considérées fondamentales d’incarnation, de mal, de rédemption sont quant à elles rénovées réactualisées par nos intelligences réactivées; les vie d’hommes et de femmes d’aujourd’hui trouvent leur complétude de façon tellement différentes d’hier, elles sont cependant bien dans l’amorisation de notre siècle;

Là encore de nombreux exemples peuvent illustrer ces nouveaux états de l’homme-matière. Ils bousculent les anciens modèles sans pourtant les effacer mais plutôt ils les rénovent; et en écho n’est-ce pas la Révélation qui dit: « il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père » ? ( Jn XIV,2 )

Science et Révélation, l’En Avant et l’En Haut, sont des plans différents mais dont chacun ne peut se passer de l’autre où l’un a besoin de l’autre, mais peut-être qu’il y a un moment ou la parole n‘a plus de mots parce que ceux-là deviennent superflus.

Jean-Pierre Giroud





















Ainsi est transcrite l’exhortation dans le 1er des trois derniers chapitres du tome L’Activation de L’Energie:
« Une fois de plus, je veux essayer d’atteindre et d’exprimer, le fond, toujours fuyant, de ce que je sens, de ce que je vois, de ce que je vis…d’une certaine structure du monde, découverte graduelle qui aura été l’histoire, la force, et la joie d’une existence qui s’achève. »

D’une existence qui s’achève _ Nous sommes en juillet 1953, TC passera sur l’autre rive moins de deux ans plus tard, il devait certainement s’en douter; un malaise l’avait terrassé sur un trottoir au début de cette année à New York et sa santé maintenant n’était plus très bonne. Mais, à nouveau, alors qu’il est sur le bateau pour se rendre en Afrique du Sud, il sent plus que jamais l’exigence d’expliquer le Phénomène, encore une fois, différemment;

Par les mots que l’on découvre dans ses écris, on y voit son désir de nous faire partager sa joie, nous dit, tellement heureux d’avoir trouvé quelque chose de nouveau, et de si important : « Venez et voyez »(page:398), et d’expliquer ce qu’il a aperçu;

Sous la matière, enveloppe extérieure, il voit trois zones:
Zone de l’Humain
Zone de l’Ultra-Humain
Zone du Christique
L’Humain:
Depuis qu’il y a quelques millions d’années où l’étincelle de la pensée naissait dans les premiers hommes, suite de nombreuses lignées de vivants, le réfléchi n’a pas cessé de grandir et il continu aujourd’hui plus que jamais, sa marche, sa course, sa métamorphose: un état en évolution qui se construit dans le Pensant.
Complexité-conscience à progression irréversible sous peine de s’effondrer sur elle-même dans l’espace-temps (postulat dans le Phénomène Humain page:341)
Il y a espoir dans l’avenir, intérêt d’exister, et goût toujours plus ardent de vivre.

L’Ultra-Humain:
En regardant autour de moi, je constate l’évolution constante de l’Humain; les groupements, les communautés…évoluent en interactivité et en complexité. Est-ce en mieux ou en moins bien ? Il est difficile de juger et d’ailleurs c’est de peu d’importance nous dit TC avec d’autres mots.
Loin de stagner ou de régresser, en regardant autour de moi, je ne peux que voir mouvement et vitalité dynamique.

Le Christique:
Teilhard écrit: « Les étonnantes propriétés énergétiques du milieu divin engendré au plus profond de la conscience humaine par la rencontre « implosive » entre un flux montant de Co-réflexion et un flux descendant de Révélation » ,
C’est-à-dire, en simplifiant un peu, il y a rencontre entre l’humain, matière en mouvement dans toujours plus de riches complexités (dans sa self-organisation évolutive comme dit notre savant), et le Message divin matérialisé, l’Amorisation de la Terre pensante, véritable alchimie implosive: C’est l’idée de constante progression vers l’Unité Oméga, pour lui évidence, de la Vie dans la noosphère dont nous tous faisons partie.

Un exemple:

Alors qu’il vient d’arriver en Afrique du Sud, nous sommes en septembre 1953, il écrit: :
« Ici, (j’entends à Cape Town) on sent le vieux fond huguenot, civilisé et confortable, si différent de Joh’burg, une ville de pionniers…Ici comme là, une seule chose ou impression désagréable: l’effort du gouvernement pour maintenir désespérément la suprématie blanche (on re-forme les écoles pour indigènes sur le principe d’inégalité des races, qu’on inculque aux enfants). Les anglicans réagissent courageusement. Mais on n’entend jamais la voix catholique, me semble-t-il…
Il faudrait une grande passion humaine commune, un renouveau (christianisé) du Sens de l’Espèce, comme j’ai coutume de dire. Je suis convaincu que cela viendra: parce que cela doit venir»
(Lettre de Cape Town, septembre 1953, à André Ravier son provincial à Lyon).

Je ne pense pas que Teilhard soit devin mais pour lui il y a évidence: la marche en avant de l’évolution trouvera la bonne issue.

Pour ce qui est de ce pays, pendant de nombreuses années, il va avoir des luttes avec des morts, des injustices, etc.; 40 ans vont s’écouler avant que n’arrive la fin de l’apartheid; l’opposant Nelson Mandela, après 27 ans d’emprisonnement, devient le premier Président de la République d’Afrique du sud en 1994, à la suite des premières élections nationales non-raciales de l’histoire du pays.
N’y a-t-il pas là l’exemple « d’une rencontre entre l’En-Haut du Ciel et l’En-Avant de la Terre »?
Bien sûr l’Histoire n’est pas achevée…; chacun peut se rendre compte qu’encore aujourd’hui des injustices criantes existent dans le pays; ce printemps, sur tous les continents de notre planète, on a célébré la grand’messe de la coupe du monde de foot en direct de ce pays; beaucoup de liesse dans les stades, mais aussi encore et toujours de nombreux townships ceinturant les grandes villes…avec précarité, violence, misère, maladies, etc.
Face à ces montagnes de problèmes, aujourd’hui, le visionnaire ne dirait-il pas encore: un renouveau du sens de l’espèce viendra, parce que cela doit venir; le sida galopant devenant aiguillon d’une christologie appelée à moins de frilosité et plus de renouveau,…complétant comme il dit l’idée de Péché catastrophique et d’Expiation réparatrice , La Parousie finale plus semblable à une maturation qu’à une destruction (page 405).



Et maintenant quelques pensées sur le dernier chapitre: Barrière de la mort et Co- réflexion.

Qui n’a pas pleuré devant l’effroi, le désespoir causé par la mort d’un proche?
Matière qui s’arrête de vivre et me renvoie à moi-même. Présence, amour, échange, ne sont plus; absurdité de la vie dit la matière, tant de richesses pour terminer poussière…
Comme tout cela est déconcertant; non sens! chemin vers le néant?
Comme le dit Teilhard, là est mis le venin dans le cœur des choses.

Lui faisant face, l’espoir;
Il y a quelques millions d’années, le paléontologue précise des datations dans « Le Phénomène Humain »,l’homme voit, se rend compte qu’il sait, « élévation au carré » du psychisme animal. Une nouvelle ère commence, moment premier pour l’homo sapiens, même si l’on sait qu’une nouvelle organisation est la suite généralement imperceptible et résultante de nombreuses pré-organisations.
Aujourd’hui, puis demain, des seuils encore vont combler naturellement nos soifs d’espérances; des nouveaux schémas de notre psychisme se font jour, s’assemblent, suite ou parfois conclusion de découverts précédentes, avancée constante de la connaissance, des sciences; notre structure-matière de plus en plus finement élaborée, et Teilhard en est un des maitres, (mais combien d’autres!).

Dans le monde judéo-chrétien d’aujourd’hui les idées considérées fondamentales d’incarnation, de mal, de rédemption sont quant à elles rénovées, réactualisées par nos intelligences réactivées. Les vie d’hommes et de femmes d’aujourd’hui trouvent leur complétude de façons tellement différentes d’hier, elles sont cependant bien dans l’amorisation de notre siècle;

Là encore de nombreux exemples peuvent illustrer ces nouveaux états de l’homme-matière. Ils bousculent les anciens modèles sans pourtant les effacer mais plutôt ils les rénovent; et en écho n’est-ce pas la Révélation qui dit: « il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père » ? ( Jn XIV,2 )

Science et Révélation, l’En Avant et l’En Haut, sont des plans différents mais dont chacun ne peut se passer où l’un a besoin de l’autre, mais peut-être qu’il y a un moment où la parole n‘a plus de mots parce que ceux-là deviennent superflus.









































"
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 26 Septembre 2010 à 11:52 | Commentaires (0)

Réflexion proposée sur le reploiement sur soi de l'énergie humaine


Plan du texte de Teilhard :
1) Les cyclotrons divers, leur description
2) L’autre et indivisible cyclotron, ou la concentration sur soi de l’énergie humaine.
3) Un peu partout sur terre : la multiplication des concentrateurs d’énergie humaine
4) La concentration générale de l’humain sur soi : le tourbillon de la recherche.
« Plus je regardais cette recherche, plus je la voyais forcée de concentrer son effort et ses espoirs en direction de quelque foyer divin ».

1-Tour d’horizon sur les semblables du cyclotron ( bevatron, synchrotron, etc …)
Tout ce qu’il a fallu « manager » pour en arriver là.
2-Parallèle entre radioactivité et tension psychique ( ??) Entraînement vers une forme inédite de concentré humain,
3- Extension de la réflexion à l’ensemble de la terre et de tous ses autres concentrateurs. Fascination exercée par un réseau de points lumineux
4- « La voute étoilée » se met en marche ; le tourbillon de la recherche envahit et entraîne tout comme une marée.
L’Homme se doit d’aider scientifiquement la marche inachevée et ininterrompue de l’évolution biologique.

Rappel des réflexions sur la première explosion atomique
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 25 Septembre 2010 à 15:06 | Commentaires (0)

courriers des lecteurs

Jean-Marie Mermaz

Mardi 21 Septembre 2010

objet : notre réunion du 24/09/2010


Mon cher Jean-Pierre,
Tout d’abord je te demanderais de bien vouloir présenter mes excuses de ne pouvoir encore être présent parmi vous. Mon agenda très chargé est rarement compatible avec ma vie professionnelle et provoque bien des collisions de rendez-vous !

Je tenais à te remercier pour la fougue avec laquelle tu mènes cette association, sans oublier ta fidèle partenaire Anne-Marie tout autant dévouée à cette cause qui nous est si chère ! Félicitations aussi pour nous faire découvrir d’autres membres de qualité !
Mes remerciement aussi à tous les membres tout aussi passionnés qui nous réjouissent de leurs travaux, avec une pensée particulière à Yvette que nous regretterons pour son sourire, mais aussi son analyse de l’œuvre du père TDC. Nous avons tous compris combien il nous est important de garder vivante sa présence auprès de Jean-Pierre, son époux.
.
Pour ce qui est de l’orientation des travaux de l’association, j’aurais naturellement penché vers la partie mystique de l’œuvre du père, mais la raison même de l’association est de trouver les sujets les plus pertinents afin de toucher plus précisément les causes du mal être de notre monde.
En effet, sur les différents plans sociaux, économiques et écologiques, on pourrait bien penser que notre monde touche à sa fin. Je ne peux m’y résigner, ce serait une manière de précipiter les choses.
Aujourd’hui, les cœurs des hommes sont si secs, à l’instar de la garrigue en fin d’été, que l’incendie peut se déclarer à tout moment. Or ce sujet du feu était cher à Pierre Teilhard. Il est chargé de tant de symboles, que je pense qu’une orientation vers une compréhension de notre avenir me semble plus judicieuse.
L’espérance étant au cœur du problème, j’adhère donc à une étude du livre sur « l’avenir de l’homme », la meilleure manière de prendre conscience de ce que doit être notre action même.
Présente bien à toutes et à tous, mes sincères amitiés, Amicalement, Jean-Marie MERMAZ
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Mardi 21 Septembre 2010 à 10:29 | Commentaires (0)

"Le Phénomène Humain"


Cher ami,

Après un mois d’août familialement animé, j’ai pu enfin me livrer à la lecture du Phénomène humain dans votre version résumée/commentée, et je viens vous remercier du plaisir et de l’enrichissement que ces heures attentives ont été pour moi.
Naturellement, je ne vais pas m’arrêter là, et comme j’ai chez moi le tome VII de l’édition du Seuil (L’activation de l’énergie), je vais pouvoir entrer directement dans les derniers textes de Teilhard, dont je n’avais vraiment, avant de vous lire, qu’une vision superficielle.
Je dois d’ailleurs vous confesser (si j’ose ce verbe !) un double remords : d’abord, d’avoir pu écrire Les Pèlerins d’Halicarnasse sans intégrer dans ce livre la vision teilhardienne (si la Nature y est évoquée, c’est en termes de cosmos et non de cosmogenèse) ; ensuite, d’avoir publié récemment chez Ellipses la version enrichie d’un petit livre érudit intitulé Révisez vos références culturelles, sans qu’aucune sentence de Teilhard n’y figure alors que j’y recense plus de 1500 citations ! Quelles lacunes !!!

*

Un mot sur mes provisoires réactions. La pensée de Teilhard – au point où j’en suis – suscite en moi à la fois des enthousiasmes et des résistances que je vous livre brièvement, en attendant l’occasion de vous rencontrer, lorsque j’irai chez ma fille à Soucieu-en-Jarrest.

Mes adhésions d’abord. Elles tournent autour de deux axes :
1/ Le grand principe d’émergence/convergence. Le sens même du mot « émergence » implique que ce qui émerge a) était déjà là en puissance b) ne sort pas au hasard mais selon une poussée dirigée. Ainsi, l’esprit est bien une composante de la matière, puisqu’il émerge de sa complexification. Cela nous évite l’impasse du dualisme esprit / matière, qui présuppose toujours un parachutage de l’âme sur le corps, ou d’un « Dieu » plongeant un beau jour dans le temporel pour s’y incarner, le « péché originel » ayant bon dos pour motiver cette précipitation. L’esprit n’est donc pas un greffon de science-conscience qui vient soudain parachever le singe pour en faire un homo sapiens sapiens. Il se manifeste sans doute à l’occasion de sauts qualitatifs, mais il n’y a pas de chaînon manquant !
Ce principe s’accorde d’ailleurs parfaitement avec le constat des astrophysiciens, selon lequel l’Espace et le Temps (et donc surtout le Temps) sont de pures dimensions de la matière. « Dieu » n’a donc pas besoin d’intervenir au cours du Temps, puisqu’il se projette dès le début dans matière qui sort de lui, dans cet Espace-Temps : il est donc déjà là avant d’émerger ou de se « révéler ». La « révélation » ne saurait être un « événement » historique (c’est-à-dire ponctuel) : elle est un avènement continu (j’ai déjà fait, à propos des médias, un grand article sur l’illusion événementielle), et cet avènement se manifeste en de multiples occasions à l’ensemble des humains, de quelque civilisation qu’ils soient (cf. la formule de Rousseau : « Conscience ! conscience, instinct divin ! »). Pour des consciences laïques, c’est-à-dire philosophiquement « matérialistes », c’est là un point essentiel : loin de faire de la dimension spirituelle une illusion consolatrice (l’opium du peuple) masquant l’infrastructure purement matérielle de notre vie animale, la vision teilhardienne montre que c’est la matière qui se révèle « esprit » sans cesser d’être matière, mais en changeant de structure.

2/ La grande marche de l’Esprit qui advient au cours de l’évolution est un principe d’optimisme extraordinaire, puisqu’elle laisse entendre que toute production de l’esprit de l’homme, toutes les édifications culturelles (en dépit des erreurs qu’elles contiennent provisoirement), du moindre échange entre deux êtres jusqu’aux plus hautes réalisations (scientifiques, artistiques, etc.) du génie humain sont utiles et essentielles à l’établissement de la noosphère. Rien n’est perdu de tout ce qui se crée, même si cela retourne à la provisoire poussière… Aucune vie consciente n’est inutile aux autres. Chacun peut donc dire : J’ai eu raison d’exister !
Et bien entendu, dans cette perspective, « Dieu » donne à l’homme un pouvoir étrange d’édification de l’Humanité consciente d’elle-même et de son évolution. On retrouve, avec la perspective spirituelle en plus, la phrase de Francis Ponge (pastichée par Aragon) : « L’homme est l’avenir de l’homme. », ce qui implique d’ailleurs aussi que la réussite de la « noogenèse » n’est pas sûre à 100%. L’humanité peut rater son auto développement…
En ce qui me concerne, moi qui « prêche » pour un humanisme à dimension spirituelle, je trouve là une justification de la préservation de tout le patrimoine de culture et de sagesse ancienne, accumulée tant par la tradition gréco-latine que par le judéo-christianisme (une fois celui-cidégagé de sa carapace religieuse qui fait écran). J’ai donc raison… d’écrire !!

Mes résistances maintenant. Là encore, deux axes :
1/ Les majuscules et les glissements métaphoriques de Teilhard m’impatientent parfois. Une chose est de s’exprimer aussi clairement ou de façon aussi imagée que possible, pour mieux se faire comprendre. Une autre chose est d’user de la formulation comme preuve elle-même de ce que l’on veut faire partager. Une majuscule, par exemple, magnifie un mot ; mais elle fait souvent davantage : elle donne à croire que ce mot désigne une essence, laquelle agit en soi comme une divinité. De sorte que bien des noms communs auxquels Teilhard prête une majuscule « divinisent » en quelque sorte la réalité qu’ils désignent, de sorte qu’il n’a pas de peine à trouver dans la nature la présence de Dieu que sa nomination des dites réalités y avait induite… Idem pour certaines métaphores qui tendent à faire croire qu’il existe, au niveau spirituel, par le jeu de l’analogie et de l’image, une « réalité » indubitable en soi : c’est un peu le cas des expressions qui substantialisent la « noosphère », comme « nappe pensante », « myriades de grains de pensée », etc. Il se peut qu’ici, Teilhard soit lui-même victime de son talent métaphoriste… Or, en termes rigoureux, vous le savez, comparaison n’est pas raison.
2/ La souffrance escamotée. Certes, Teilhard parle des ratés, des souffrances, des manquements à l’évolution qui induisent de la douleur, des passivités qu’il faut accepter comme rançons de la néguentropie, etc. Mais, du moins dans ce que j’ai lu jusqu’à présent, il me semble minimiser considérablement la condition tragique de l’Homme, pris individuellement ou collectivement, la grande clameur du monde tel qu’il est et de ses souffrances infinies et démesurées en tous points du globe. Pas seulement la souffrance d’ailleurs, mais aussi l’universelle prédation qu’il constate bien en tant que scientifique, mais dont il ne s’émeut pas outre mesure en tant qu’humaniste. Or, c’est cela qui fait obstacle à l’idée d’un Dieu bon dans le monde laïque. Un mal ou une peine proportionnée au travail que l’on fait, aux actes (ou aux erreurs) que l’on commet, cela semblerait supportable. Mais l’énormité et l’injustice de tant de maux planétaires (dans le monde des hommes mais aussi celui des animaux), cela ne « passe » pas, et bloque, je crois, pas mal de consciences susceptibles de partager l’optimisme teilhardien. Devant les maux de la terre, qui n’a pas
l’impression d’un Dieu inhumain qui, ignorant l’un des principes citoyens de notre Droit, se rend coupable de non assistance de personnes (ou de peuples) en danger…

En ce qui me concerne personnellement, j’achoppe sur le fait de la Prédation qui est à la fois a productrice du mal et structurellement nécessaire à notre vie/survie. C’est tout de même ennuyeux que tout le Monde vivant doive, pour survivre, pratiquer une prédation féroce sur le Monde vivant, même si cela produit des écosystèmes équilibrés. Bien sûr, la gazelle égorgée par le tigre ne souffre pas longtemps ; mais que le tigre doive égorger pour vivre, est-ce un destin enviable ? Est-ce bien différent dans le monde humain ? Que dire de tous ces champs de misère où les miséreux entre eux ne survivent qu’en se disputant férocement les moindres miettes de survie ? On a beau dire que c’est la faute des hommes, que Dieu a voulu préserver leur liberté en n’intervenant pas, il reste qu’il a fondé la vie et sa lancée évolutive en inventant la prédation comme énergie motrice. Peut-être n’est-ce pas un hasard si les religions primitives pratiquaient les sacrifices humains : pour calmer et assouvir les dieux, elles les imaginaient à l’image de leur propre survie, c’est-à-dire fonctionnant à la Prédation comme tout en ce monde. Et je dis parfois que, si vous et moi n’avions pas eu des ancêtres cannibales, nous ne serions pas là pour parler d’humanisme et imaginer un dieu Amour…
J’ajoute que l’argument selon lequel Dieu aurait tâtonné, ne réussissant pas d’un seul coup sa création, ayant lancé des lois dont les effets pervers le surprennent douloureusement, etc. ne tient pas debout lorsqu’on compare cela à l’extrême précision avec laquelle, de la mise au point du Big bang à la proportion oxygène/azote de notre atmosphère, il a judicieusement lancé l’univers pour y installer l’être humain et faire régner le « principe anthropique ».

Mais ce ne sont là que des réflexions provisoires, « l’Amour » et la compassion existant aussi à l’échelon naturel, y compris chez les animaux, et toute la question que nous nous posons restant donc à débrouiller longuement encore !

Bien à vous,

Bruno Hongre.


PS Vous citez p. 26 la formule socratique : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers ». Comme citation de Socrate empruntée au Temple de Delphes, on ne la trouve que sous la forme « Connais-toi toi-même » (même si elle implique la suite). Pourriez-vous me préciser où vous la trouvez sous cette formule (quel commentateur a donc ajouté « Et tu connaîtras l’univers » ?)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Réponse de J.P. Frésafond
Voici quelques échanges avec Bruno Hongre, notre adhérent de l’Oise, à propos de son aimable critique du Manuel d’Etude, tome 1 concernant le Phénomène Humain.

-Je rappelle que dans les deux « manuels d’étude » sont des contractions de textes (et non pas des résumés). Dans ces tomes, je ne donne pas ma pensée, mais celle de Teilhard.

-Bruno Hongre définit le terme « conscience laïque » par « philosophiquement matérialiste ».
Les différentes définitions du mot « laïque » sont très élastiques au cours des siècles,. Pour moi, le mot « laïque » se confond avec le mot « areligieux » car un laïc peut être croyant et il ne faut pas faire l’amalgame avec « matérialiste ». Idem pour le mot «anti clérical » qui n’est pas toujours opposable au terme de croyant.
-Contrairement à ce que pense Bruno Hongre, Teilhard ne minimise pas la condition tragique de l’Homme, il la considère comme inévitable, conforme aux lois de l’évolution. A ce titre l’Homme dont l’évolution progresse par tâtonnements n’est pas mieux doté que les autres espèces du monde vivant. Les lois de la nature sont aveugles et insensibles à de quelconques sentiments, elles cherchent et trouvent aveuglément des solutions permettant au monde vivant et aux espèces les mieux adaptées de poursuivre leur expansion pour tendre à occuper toute la surface du globe terrestre. Dieu n’a rien à voir dans cette loi de la jungle, Il a seulement lancé le processus d’évolution de la matière. Or la matière contient tout ce qu’il fallait d’information et d’énergie pour atteindre un hypothétique Point Omega.
Teilhard est très clair sur la notion de « déchet », toute organisation se paye par une dissipation d’énergie. La perfection va coûter très cher … La parabole « du bon grain et l’ivraie » ne signifie pas autre chose. D’ailleurs plusieurs textes des Evangiles vont dans le même sens.
Sur ce point, « le Teilhard scientifique » est tout simplement lucide, des considérations humanistes seraient ici hors de propos. Même Dieu serait impuissant à réduire la souffrance humaine et Teilhard s’insurge contre certaines tendances religieuses qui voudraient faire passer ces souffrances comme la dette à payer pour effacer nos fautes.

En revanche, pour ce qui concerne le facteur humain, Teilhard soutient la thèse que chaque individu, par son attitude engagée, peut aider le Phénomène Humain à réussir. En conséquence, il ne faut pas attribuer à Teilhard un optimisme insensé car il sait que l’Humanité, par sa neutralité, peut conduire à un échec et que, seul, le goût de vivre, lui-même issu de la découverte du sens de l’univers, peut conduire à la réussite du Phénomène Humain. Il faut AIMER l’évolution, elle est la seule loi d’amour.
-A propos de la « prédation nécessaire » dans la nature, laquelle se prolonge dans la société humaine, on ne peut pas dire que c’est Dieu qui l’aurait voulue ainsi pour « préserver la liberté des humains » ! Le Principe universel Concepteur n’avait pas d’autre choix que celui de prendre l’énergie là où elle était, c'est-à-dire dans l’univers lui-même. Autrement dit, les êtres vivants doivent se « bouffer » entre eux ; ce qui n’exclue pas de le faire avec une certaine éthique (dans certaines ethnies primitives les chasseurs accomplissent des rituels concernant les gibiers qu’ils ont tués). La Bible et le Coran vont dans le même sens.

Toujours à propos des besoins énergétiques, à tout niveau de l’univers (des étoiles à la molécule) l’auto régulation joue un rôle prépondérant, et inimaginable, compte tenu de la complexification croissante du système. Par ses œuvres et son fonctionnement cérébral, les 80 kg d’un être humain sont plus gourmands en énergie que les 80 kg d’un animal mammifère supérieur.
La néguentropie croissante de l’univers accélère cette tendance dans des proportions exponentielles.

-Et Dieu dans tout cela ? Il ne tâtonne pas car l’évolution le fait à sa place ; Lui, Il observe sans doute le processus qu’il a lancé, Il a pris tous les risques. Comme Dieu possède une intelligence parfaite, Il « doit être sûr de son coup » . Il sait que le système qu’Il a mis en œuvre est fait pour transformer de l’énergie en information… c’est d’ailleurs ce qu’a suggéré Teilhard dans Le Phénomène Humain.
Quant à moi je dirais : Dieu est parfait mais pas tout de suite.

M’adressant directement à Bruno Hongre, je souhaiterais qu’il fasse sur le tome 2 de nos manuels d’étude (celui qui traite de L’Activation de l’Energie / Tome 7 du Seuil) le même travail qu’il a fait sur le tome 1. Cette œuvre de Teilhard traite des mêmes sujets que ceux du Phénomène Humain mais, cette fois, sur un plan philosophique et métaphysique plus proche de l’Homme.

Pour terminer ma réponse à Bruno Hongre, je vais aborder sa question concernant ma citation de la formule socratique , empruntée à un texte inscrit sur un temple de Delphe : « Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux »

Socrate n’a pas laissé de trace écrite. Ses disciples Platon, Criton,Xenophon et beaucoup d’autres l’ont fait pour lui. On n’a donc pas de certitude absolue ce qu’il a dit ou n’a pas dit.

La seconde partie de la formule « et tu connaîtras l’univers et les dieux » est l’œuvre de différentes traditions qui, elles aussi, s’en sont inspirées. Même Jésus, par l’intermédiaire de son apôtre Matthieu aurait dit à peu près la même chose : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toute chose vous sera donnée de surcroît »
La même idée se retrouve dans l’Evangile apocryphe de Thomas.
Le philosophe Kierkegaard, très socratique, en tant que chrétien abonde aussi dans ce sens.

Jésus, Galiléen de naissance, était de tradition helléniste par cette origine régionale et l’on ne peut nier qu’il grecque, au même titre que tous les ésotérismes méditerranéens.
L’analogie entre Socrate et Jésus pourrait ne pas s’arrêter sur ce point car tous les deux n’ont rien fait pour éviter leur mort alors qu’ils auraient pu l’éviter. Socrate et Jésus voulaient leur mort pour impressionner leurs contemporains ; au même titre que les moines bouddhistes s’immolant par le feu. On peut parler de suicide sacrificiel.

Le « penser par soi-même » est un précepte de Voltaire dont la source d’inspiration est probablement d’influence socratique, elle aussi.

Enfin, pour citer une société que je connais bien, il nous est donné un précepte de base : « Visite l’Intérieur de la Terre, Rectifie, et tu Trouveras la Pierre secrète ». Cette formule est on ne peut plus socratique et complétée par la formule voltairienne : « penser par soi-même » qui ne cadre pas toujours avec les dogmes religieux et les directives politiques.

Les pensées sont universelles, elles appartiennent à tout le monde, malheureusement leur succès n’est pas toujours proportionnel à leur Sagesse …


Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Dimanche 19 Septembre 2010 à 10:54 | Commentaires (0)
-En guise de bilan pour les trois années écoulées, on pourrait représenter nos réflexions et nos travaux par une courbe parallèle à celle de l’évolution de la matière, marquée par les phases que nous avons franchies avec notre propre évolution. Ces étapes correspondent à l’étoffe de l’univers, le dedans des choses, puis la terre juvénile.
Partant dès lors de notre planète, nous avons examiné l’apparition de la vie et son expansion.
Enfin (si l’on peut dire), nous avons assiste à la naissance de la pensée, puis à son déploiement dans la noosphère. Vous l’avez compris, il s’agissait du Phénomène Humain, le plus grand mystère de l’univers, dont Teilhard est l’un des premiers scientifiques à en avoir compris le principe et la finalité. Car telle est bien l’originalité de la pensée de Teilhard : le phénomène humain a un objectif voulu par le Créateur qui, pour être en harmonie avec la fonction qu’on lui attribue, n’entreprend rien qui ne puisse avoir une quelconque utilité. Il a besoin des Hommes pour atteindre son objectif.
Selon Teilhard, Dieu est dans la matière et, pour cette raison, il a probablement besoin de l’Humanité pour se réaliser dans une existence non virtuelle désespérante. Peut-être avait-Il envie de se manifester pour se prouver à Lui-même qu’Il était si non, pourquoi aurait-Il pris tant de risques ?

-Toujours à propos du phénomène humain, Teilhard aborde les problèmes générés par la terre moderne et l’aveuglement des hommes qui refusent de voir ce qui, pour certains, parait évident : participer à la grande manip divine. Comment est-il possible de refuser cet effort collectif nécessaire au navire et à son équipage, en montant sur le pont pour régler les voiles et faire le point ? Cela revient à dire que certains hommes refusent de voir, de comprendre et d’agir et préfèrent se terrer dans une superstition insensée « panurgersque ».
Teilhard dénonce souvent cet état de fait et propose en échange la survie par l’issue collective, l’au delà du collectif, la terre finale, et la convergence de toutes les noosphères sur le Point Omega (ou Christ Universel).

-Le livre de Teilhard, Le Phénomène Humain, est la seule « bible totale et scientifique » existante et, si l’on ne devait lire qu’un seul livre du Père Jésuite, ce serait celui-là car il peut être lu et relu tous les dix ans avec un regard nouveau.

-Le livre l’Activation de l’Energie reprend et développe toutes les idées du précédent ouvrage mais de manière encore plus ciblée et plus philosophique. Ce sont des réflexions écrites et publiées pour des conférences entre les années 1939 et 1946 pendant son exile forcé à Pekin occupée par le Japonais , et poursuivies jusqu’au premier janvier 1955, trois mois avant sa mort le jour de Pâques.

Ce livre est plus facile à comprendre que le Phénomène Humain car il touche directement les humains que nous sommes, parce qu’il parle de nous (notre sujet de conversation préféré).
L’Activation de l’Energie est, lui aussi, un livre incontournable, véritable « Evangile » à lire et à relire tous les dix ans !

-Après de telles lectures, il est difficile de trouver des sujets d’étude aussi fondamentaux. Les autres livres de Teilhard sont moins globalisants ; ce qui n’enlève en rien l’intérêt suscité par les quatre autres livres proposés à nos travaux futurs. Ces livres sont moins « cosmiques » mais plus « terrestres ».

-LE MILIEU DIVIN est on ne peut plus mystique. De mon point de vue, la pensée mystique doit rester intime. Elle est tellement personnelle qu’elle est incommunicable. La diffuser expose à l’incompréhension et à la risée. Une pensée mystique n’a d’importance que pour celui qui la formule. Mais il existe des modèles à étudier.

-L’ETERNEL FEMININ !!! Que pouvait bien connaître Teilhard des femmes, de LA femme, en dehors de la douzaine d’amies avec lesquelles il entretenait une correspondance épistolaire sur les thèmes de ses propres livres. Il existe L’ESPECE HUMAINE, ouvrage où sont inclus femmes et hommes, peu différenciés entre eux hormis la différence sexuelle pour la reproduction ainsi que des différences de polarités et de sensibilités qui, en fait, ne sont pas absolument caractéristiques de leurs sexes respectifs, en raison du fait que la répartition de ces caractéristiques est extrêmement variable, personnelle et secrète. Ils ne représentent donc pas forcément le critère proprement dit de distinction homme/femme. Mis à part ces critères, nous sommes égaux en devoirs, en droits et en force. Que serions-nous l’un sans l’autre ?
Il est un facteur dont les ayant droit auraient dû tenir compte : je crois savoir que Teilhard détruisait sa correspondance épistolaire féminine et on ne doit pas trahir ses volontés « testamentaires » libres. Si ses correspondantes n’en ont pas tenu compte, c’est leur affaire ! Dans certaines lettres à

Lucy Swan, il terminait par un « je vous aime » et, à partir de cela, lire ces lettres est du voyeurisme ; curiosité malsaine aggravée par le fait que Teilhard était prêtre ! Certaines personnes poussaient l’inconvenance jusqu’à lui demander si l’abstinence lui posait des problèmes … s’attendaient-elles à ce que Teillhard leur répondent autre chose qu’un «pas de problème» ?

-L’HYMNE DE L’UNIVERS est aussi un ouvrage mystique, du même genre que LE MILIEU DIVIN. Mêmes commentaires, donc.

-Il reste L’AVENIR DE L’HOMME. Cet ouvrage est dans la ligne des deux ouvrages que nous avons étudiés. Il conviendrait bien pour faire la transition vers les deux ouvrages mystiques cités ci-dessus.

-Tous les livres de Teilhard valent une étude approfondie de notre part et je n’en écarte aucun, nous les étudierons tous, mais dans un certain ordre, si l’Association vit suffisamment longtemps.

-Avant tout, nous devons tenir compte de nos lecteurs (810182 à ce jour). Ils sont plus lourds que nous ! Notre site Teilhard est, peut-être, l’un des plus visités car il est unique en son genre.
De toute façon, diffuser la pensée de Teilhard selon notre manière est non seulement conforme à nos statuts, mais aussi à son propre souhait de s’adresser au plus grand nombre.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 11 Septembre 2010 à 11:06 | Commentaires (0)
Dès l’âge de dix ou douze ans, étant alors élève chez les Pères Oblats (ordre missionnaire), j’étais intrigué par l’audition du Prologue de Jean, lu alors à la fin des messes auxquelles j’étais obligé d’assister. Par la suite, Vatican-2 a supprimé ce texte qui, dorénavant, n’est lu que le jour de Pâques ; ce qui ne me gêne pas étant donné que je ne vais plus à la messe, hormis pour les enterrements, les mariages et quelques messes dites de minuit pour les Noëls en famille ; cérémonies durant lesquelles je ne manque jamais de participer au sacrement de la communion.

Ce n’est que beaucoup plus tard, au début des années 80, lorsque j’entrais en Maçonnerie, que j’ai repris conscience de ce Prologue de Jean, lu au début de chaque « tenue » et qui éclaire toute Loges maçonnique. Si les apprentis, dont j’étais, interrogeaient les maîtres sur le Prologue de Jean, ils lesr envoyaient à la lecture d’un livre de Paul Le Cour : « Evangile ésotérique de St Jean » édité chez Dervy Livres à plusieurs reprises (1950, 1980, 1983, 1987) et qui est encore disponible en ligne sur le site Amazone.

Bien qu’à ma connaissance Teilhard ne se soit jamais référé dans ses écrits à l’Evangile de Jean, mais qu’il ne pouvait pas ne pas connaître, on ressent de nombreuses analogies dans son œuvre par rapport à cet Evangile ; ce qui ne laisse aucun doute sur l’une de ses origines. La pensée de Teilhard n’est-elle pas d’une difficulté d’abord liée à son ésotérisme ?
En revanche, si Teilhard ne cite pas St Jean, il cite souvent St Paul qui était secrètement un gnostique (alors qu’il condamnait ouvertement ces gens là). De plus, Teilhard se réfère souvent aux philosophes grecs, ce qui revient au même (St Jean était un helléniste convaincu).
La pensée de Teilhard quant à sa conception de la matière et de l’évolution est dans la même ligne de réflexion que celle de St Jean. (cf mon article sur le Prologue dans notre site) et c’est pour cette raison que je vous engage à lire le livre de Paul Le Cour dont voici un extrait de sa préface (page 11) :
« Il y eut toujours dans l’Eglise des chrétiens qui, sans renier les dogmes traditionnels, sans rejeter l’obéissance envers l’Eglise, aspirent à une plus parfaite compréhension de sa doctrine, dont Clément et Origène furent les pionniers et auxquels se rattache le quatrième Evangile attribué à l’apôtre Jean, l’Evangéliste étant l’apôtre qui a le mieux compris la pensée du Christ. »
Et comme le Christ est l’Entité centrale du débat dans les livres de Paul Le Cour et de Teilhard, je vous engage à consulter le petit livre (de chevet) irremplaçable pour connaître le langage de notre père jésuite, , c’est le « Lexique Teilhard de Chardin » de Claude Cuénot, disponible au Seuil.
Ainsi, on relève quatorze expressions différentes comportant le mot « Christ » : Christ Cosmique, Christ Evoluteur, Christ Humanisateur, Christ Omega, Christ Total (paulinien cet attribut), Christ Universel, (se) christifier, (le)christique, Christo cosmique, christogénèse, christosphère, corps mystique du Christ, pan christique … Il faut lire les définitions dont certaines n’ont de différences que très jésuistiques entrer elles, qui permettent de jongler avec les idées et de toujours retomber sur ses pieds.
Ces quatorze expressions mériteraient une étude synthétique approfondie. Il est probable que je m’y risquerai un jour.

Selon les johanistes, la qualification de Jésus comme Fils de Dieu ne devrait pas être interprétée comme « Fils unique de Dieu » mais comme « Fils du Dieu Unique ». Ils se réfèrent à la transcription des paroles de Jésus par l’apôtre Jean. Cette attitude de Jésus n’est pas en contradiction avec les Ecritures comme Jésus le fit lui-même remarquer aux Juifs : « Vous êtes tous des Elohimes » ; expression qui s’explique ainsi : Dieu n’est pas que l’Esprit, Il est aussi la Matière comme on va le constater ci-après.
La double nature de Jésus fait que, selon le dogme chrétien, Il est à la fois Homme et Dieu et cela a toujours posé problème au point de déclencher des luttes terribles. Or, si l’on se réfère à Pythagore, cette double nature est en chacun de nous à des degrés divers.
-Il n’y a pas opposition entre les notions de Dieu Démiurge et celle de la « tri unité ». Ces notions étaient parfaitement traditionnelles dans les religions pré-chrétiennes et chrétiennes, à l’exception du Judaïsme. Un exemple illustrera cela : la bénédiction épiscopale Orthodoxe se fait de la manière suivante : l’Evêque tient un chandelier à trois branches dans une main (le trikirion) et dans l’autre main il tient un chandelier à deux branches (le dikirion), symbole de la nature du Christ. L’ensemble de ces deux chandeliers forme 5 luminaires, nombre caractéristique de l’Esprit dans la matière. En cela, Teilhard était à la fois Orthodoxe et Johaniste si l’on considère son « Hymne à la Matière » (tome 13 p. 90 LE CŒUR DE LA MATIERE).

-Maintenant, examinons la personnalité de Jésus. Son existence est historiquement prouvée : Tacite écrit à propos de l’incendie de Rome par Néron en l’an 64 qu’au sujet des Chrétiens livrés aux bêtes fauves '(et autres supplices divers) dans les arènes par le même Néron « Le Fondateur de cette secte, un dénommé Christus, avait été puni de mort, au temps de l’empereur Tibère, par le procurateur Ponce Pilate ».
D’ailleurs, s’il y avait eu le moindre doute sur l’existence de Jésus, ses adversaires n’auraient pas manqué d’en tirer parti.
Pour l’apôtre Jean, le « Christ » n’existe qu’à partir de son baptême. Avant cela Jésus n’était pour lui que le fils de Joseph, descendant de David (à noter que la Mère de Jésus est, elle aussi, descendante de David). Jésus, en tant qu’homme, était un être de très haute évolution spirituelle, une âme pure, une très grande intelligence. Il fut probablement Essenien de haut grade : Nazir (qui signifie « maître »), d’où la confusion entre le terme « Jésus de Nazareth » et Jésus le Nazir, … la ville de Nazareth n’existait pas encore à l’époque, ou du moins, pas sous ce nom.
-L’Ange de l’Annonciation apportant la fleur de lys (fleur de Lumière) à l’Etre Pur (la Vierge qui va enfanter), signifie que l’Homme ainsi engendré deviendra, sous l’influence de l’Esprit, le « Christos » (possesseur du secret). D’ailleurs, voici ce que dit l’Evangile de Luc à propos de l’Annonciation, avec la réponse de l’Ange à Marie qui s’étonnait de son état : « L’Esprit Saint viendra sur Toi, la vertu du Très Haut te couvrira de son ombre »)
S’il y a ombre il y a lumière et il est intéressant de noter cette opposition

-Les Juifs disaient de Jésus enfant, étonnant les docteurs de la loi : « Comment cet homme est-il instruit sans avoir étudié ? » Cette scène se passait lors de la fugue de Jésus à l’âge de 12 ans. Mystère ! Peut-être que les Esseniens l’ont instruit lors de la fuite en Egypte et, dans cette hypothèse, la destination de la Sainte Famille aurait été, dans ce cas, chez les Esseniens du lac Maori pour échapper à Hérode.
-On a prétendu que Jésus fut circoncis, information sur laquelle pèse un doute car en Galilée, province de culture gréco-celtique (gaëlique comme son nom l’indique, province fondée par les gaëliques)il n’y avait pas de tribus juives. C’est plus tard que le christianisme a été rattaché au judaïsme. D’ailleurs les Juifs ne considéraient pas Jésus comme des leurs puisqu’ils disaient à son propos « Aucun prophète ne s’est levé en Galilée ».
Il faut signaler que Jésus n’a presque pas parlé de l’Ancienne Alliance. pourtant si chère aux Juifs, si ce n’est pour leur dire, en colère, qu’ils étaient indignes de Moïse et qu’Il allait chercher un autre peuple (Moïse avait fait les mêmes menaces).

Le baptême de Jésus : cette cérémonie était un rite essénien (on trouve leur loi dans « Les Nombres » chapitre IV).
Les Esséniens n’étaient pas admis au temple de Jerusalem ; ce qui prouve qu’ils n’étaient pas rattachés au Judaïsme. La cérémonie commence par une immersion dans l’eau purificatrice, elle se poursuit par le rite de l’imposition des mains qui représente le baptême de l’Espri t annoncé par Jean le Baptiste. Le premier fait capital de la vie de Jésus est son baptême avec la descente de la Colombe rapportée par les quatre Evangiles. La colombe, symbole de l’Esprit, dont le nom hébreux est « Ionah » est à rapprocher du grec « ion » qui signifie violet, couleur symbolisant la spiritualité.

-En Afrique et en Inde, des missionnaires et des scientifiques ont été témoins de phénomènes de « sortie » de l’esprit d’un corps pour aller dans un autre corps. On pourrait faire le rapprochement de tels phénomènes avec le baptême de Jésus dont le corps, à l’âge de 30 ans, aurait été habité pendant 3 ans par l’Esprit Saint ; cela expliquerait peut-être le silence de l’apôtre Jean sur les trente premières années de la vie de Jésus qui, alors, n’était pas encore le Christ.

C’est donc à partir de son baptême que Jésus serait devenu le « Christ ». L’Evangile qui relate le 1er miracle aux « Noces de Cana » avec la transformation de l’eau en vin, que seul l’apôtre Jean rapporte, serait un symbole du passage de l’ancienne à la nouvelle Alliance. A sa mère qui lui demande de changer l’eau en vin (il n’y avait plus de vin pour les invités) Jésus répondit sèchement : : « Qu’y a t-t-il entre toi et moi, Femme, mon heure n’est pas encore arrivée. »
On peut rapprocher les premiers miracles de Jésus avec la surprise qu’ils provoquaient à sa mère et à ses frères qui le connaissaient bien. Jésus a changé de nature, Il est devenu le Christ, ils ne le savaient pas encore. Les disciples de Jésus ne firent pas mieux. Les apôtres, à part Thomas et Jean, voyaient en Jésus un nouveau roi des Hébreux ; ce qui gênait quelque peu les occupants romains et leurs collaborateurs juifs et qui décevait certains apôtres qui se voyaient déjà « ministres » !

Rappel de quelques bases :
-« Christos » en grec signifie « celui qui a le secret ».
-« Messhia » en hébreux signifie : « celui qui a reçu l’onction royale » (qui a le secret).
Ces deux mots ont donc à peu près la même signification.
-Quant à « Yeshua » (Jésus) qui est un surnom(le nom donné par l’Ange de l’Annonciation était « Emmanuel » soit « Dieu avec nous »), « Jésus » signifie « Le Sauveur »
C’est sur ce dernier point essentiel qu’existent des divergences d’interprétation.
-Dans « Yeshua » les Juifs, de tradition biblique par définition, y voient la notion de rédemption(pour effacer une hypothétique faute originelle, ou une promesse de salut ?)
-Les grecs y voient plutôt la notion de celui qui apporte la Lumière (doctrine du Verbe Lumière chère à l’évangéliste Jean).
-Le Christianisme serait moins une religion sémite qu’une religion gréco-égyptienne, le Prologue de Jean en apporte la preuve avec ses trois premiers logions qui décrivent cette doctrine du Verbe-Lumière, car les cultures grecque et égyptienne ont beaucoup de points communs.
-Avec le Judaïsme, avant qu’il ne s’infiltrer dans le christianisme et de l’accaparer à son profit au point de dire « Le Christ est le plus illustre des Juifs », il y eut des luttes acharnées, entre Judaïsme et Christianisme. Rappelons que Paul, l’évangéliste de l’Occident (lui qui n’était pas au nombre des apôtres et qui fut d’abord détesté par ces derniers) était persona non grata en Palestine, après qu’il eût supprimé l’obligation de la circoncision avant le baptême chrétien.

-Avec son Prologue, l’apôtre Jean devient le maître spirituel de l’ésotérisme chrétien. Au concile de Nicée en 325 fut proclamée la divinité du Christ qui fut élevé au rang de Troisième Personne de la Trinité. Ainsi le « Fils de Dieu » serait égal à Dieu dans sa toute puissance.
La proclamation du concile de Nicée obligea la doctrine ésotérique de Jean à se séparer de l’Eglise exotérique de Pierre, laquelle se rattacha de plus en plus aux origines judaïques. (Moi qui suis un chrétien élevé en école chrétienne, je ne me ressens pas comme étant « judéo-chrétien » mais comme celto-chrétien).
Les deux courants religieux (celui de Jean et celui de Pierre) étaient pourtant de la même famille culturelle. En voici une explication : en parlant du Verbe Lumière, le Prologue de Jean se réfère secrètement à l’ancienne science sacrée égyptienne, la « hierologie » qui a d’ailleurs donné naissance à la Kabale juive.
-La doctrine du Verbe Lumière existait déjà, bien entendu, en Egypte du temps de Moïse, et c’est d’ailleurs un emprunt de sa part quand il déclare que la Lumière a été créée par une simple parole de Dieu : « Que la Lumière soit ».
La doctrine du Verbe Lumière est un langage qui comporte :
-des substantifs, « la chose »
-des adjectifs « des qualités »
-et des verbes « l’action »
Transposée dans la pensée métaphysique cette structure grammaticale représente la « manifestation trinitaire » de la Puissance qui régit l’univers (Force et Information de toute chose).
-Le cas de Marie pose bien des questions. Avant le concile d’Ephese en 431, Marie n’était que la mère de Jésus. Le concile d’Ephese la proclama « Mère de Dieu » (Dieu peut-il avoir une Mère ?).
D’autres courants de pensée la considéraient plutôt comme la mère du « Fils de Dieu » ; point de vue différent et qui causa bien des disputes, au même titre que la « vraie nature de Jésus ». Jusqu’à ce concile d’Ephese, Marie ne faisait l’objet d’aucun culte et elle n’est citée que deux fois dans l’Evangile de Jean : aux Noces de Cana et au Calvaire. La dévotion persistante et quasi superstitieuse vouée à Marie s’explique en partie par les réminiscences d’anciens cultes à la déesse-mère (Isis, Artemis, Athena, Diane, Kali, Cybèle, etc …) qui est propre aux Aryens et n’existait pas chez les Sémites (sauf pour les Musulmans qui vénèrent Marie et son Fils Jésus).

-Pour Marie, le fait qu’elle soit qualifiée « d’Immaculée Conception » serait tout simplement le symbole de la « materia prima » qui était en Dieu, et à côté de Dieu de toute éternité avant le « Fiat Lux » . C’est un bon en arrière vers le moment-1 de la Création, et même au-delà, dans le « zéro absolu » qui, pourtant, grâce au signe de l’infini caché à l’intérieur, génère tous les nombres… ici la Kabale rejoint le Verbe Lumière. Même Teilhard évoque l’hypothèse que le Créateur, avant le moment-1, pourrait se définir comme une « fonction mathématique » (Teilhard, tome 9, p. 229 /SCIENCE ET CHRIST aux Editions du Seuil)

Bonne lecture !
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 2 Septembre 2010 à 20:52 | Commentaires (0)