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Jean-Pierre Giroud/ réflexion suscitée par le chapitre 5
Samedi 26 Février 2011L'AVENIR DE L'HOMME/EDITIONS DU SEUIL
"Demain est un autre jour", film américain qui parut en 1955, dans la décennie suivant les écrits de Teilhard; l'esprit de cette histoire résonne comme une réplique ou un écho de l'idée Espace- Temps développé par le savant.
En effet, dans le film, au début, le temps nous est présenté comme arrêté; la vie s'écoule monotone dans les actes de la journée, situations tellement ennuyeuses dans leurs répétitions et leurs similitudes...Puis, une personne arrive, l'espace change, une nouvelle présence bouscule tout, faisant naÏtre une nouvelle donne; c'est la création de nouveaux rêves, réapparition des anciennes vies enfouies et oubliées; c'est l'ouverture sur une activation nouvelle; une direction apparaît, s’oriente vers d'autres espaces, la vie de tous les jours va irrémédiablement changer, etc.
C' est un film, mais c'est aussi le film de la vie.
Le temps, valeur organique, activé, nous venons de le voir, par des acteurs nouveaux dans leur réalité et ensuite les rêves et les fantasmes vont naitre et envahir l'espace; et on peut dire que chacun est façonné par son parcours dans le temps; L'homme se construit malgré lui par son histoire, bien autre chose que la linéarité.
Et à l'échelle de notre terre;
Il n'est guère besoin de beaucoup tourner la tête;
Aujourd'hui à notre porte, la Tunisie qui bouge,aspire à plus de justice et de liberté, un peu plus loin la Libye en révolte et combien d'autres lieux où les femmes et les hommes se mettent à espérer comme nous le faisions il y a deux siècles environ.
Il semble que le temps dans tous ces espaces s'accélère; le feu a commencé avec quelques brins de paille à un endroit, et maintenant c'est tout le champs, chauffé par le soleil, qui s'est embrasé; L'histoire a parfois de ces soubresauts incontrôlables qui ne sont que la suite normale des états précédents.
Accélération de l'évolution car les moyens de l'action ont tellement changé et évoluent chaque jour de façon fantastique; "la toile" si justement appelée, les réseaux sociaux, et bien d'autres leviers, d' aiguillons qui activent, réactives l'humain parfois jusqu'à l’a-diction; mais c'est seulement après les essais, les faux pas, et parfois les impasses que les situations nouvelles trouveront leur maturité et leur épanouissement.
Le père nous dit cela d'une autre façon:
« Le Mal, sous toutes ses formes,l'injustice,l'inégalité, la souffrance, la mort elle-même, cessent théoriquement d'être un scandale, du moment où,l’Évolution devenant une genèse, l'immense peine du Monde apparaît comme le revers inévitable, ou,mieux encore, comme la condition, ou plus exactement même, comme le prix d'un immense succès. »
Dans cette dernière phrase émise par TC se trouve, il me semble, la schématique finale; l'évolution devient une genèse, une courbure conique; la terre est en devenir, continue dans le temps son amorisation laborieuse; les devenirs sont là et ils n'attendent que moi ,et chacun à sa petite échelle pour grandir.
N'y a-t-il pas là un formidable espoir qui rend la mort-même comme dérisoire, oserai-je redire comme lui: la mort elle-même est le prix d'un immense succès.
Et il dit encore:
« Parce que nous aimons, pour aimer davantage, nous nous voyons donc bien heureusement réduits à participer, plus et mieux que personne, à tous les efforts, à toutes les inquiétudes, à toutes les aspirations,et aussi à toutes les affections de la Terre, dans la mesure où toutes ces choses contiennent un principe d'ascension et de synthèse ».
Qu'on me permette de redire: croire ou ne pas croire est-ce vraiment important?
L’humanisme toujours plus dynamisé et personnellement vécu dans sa vérité (dans la possibilité de chacun), mènera au Tout , c'est sa nature;
Et le Christ il y a deux mille ans déjà venait à la rencontre de la Nature, l'Humanité, un cadeau, un nouveau don, et une nouvelle dimension on dit une nouvelle alliance.
Une nouvelle chance aujourd'hui m'est donnée.
En effet, dans le film, au début, le temps nous est présenté comme arrêté; la vie s'écoule monotone dans les actes de la journée, situations tellement ennuyeuses dans leurs répétitions et leurs similitudes...Puis, une personne arrive, l'espace change, une nouvelle présence bouscule tout, faisant naÏtre une nouvelle donne; c'est la création de nouveaux rêves, réapparition des anciennes vies enfouies et oubliées; c'est l'ouverture sur une activation nouvelle; une direction apparaît, s’oriente vers d'autres espaces, la vie de tous les jours va irrémédiablement changer, etc.
C' est un film, mais c'est aussi le film de la vie.
Le temps, valeur organique, activé, nous venons de le voir, par des acteurs nouveaux dans leur réalité et ensuite les rêves et les fantasmes vont naitre et envahir l'espace; et on peut dire que chacun est façonné par son parcours dans le temps; L'homme se construit malgré lui par son histoire, bien autre chose que la linéarité.
Et à l'échelle de notre terre;
Il n'est guère besoin de beaucoup tourner la tête;
Aujourd'hui à notre porte, la Tunisie qui bouge,aspire à plus de justice et de liberté, un peu plus loin la Libye en révolte et combien d'autres lieux où les femmes et les hommes se mettent à espérer comme nous le faisions il y a deux siècles environ.
Il semble que le temps dans tous ces espaces s'accélère; le feu a commencé avec quelques brins de paille à un endroit, et maintenant c'est tout le champs, chauffé par le soleil, qui s'est embrasé; L'histoire a parfois de ces soubresauts incontrôlables qui ne sont que la suite normale des états précédents.
Accélération de l'évolution car les moyens de l'action ont tellement changé et évoluent chaque jour de façon fantastique; "la toile" si justement appelée, les réseaux sociaux, et bien d'autres leviers, d' aiguillons qui activent, réactives l'humain parfois jusqu'à l’a-diction; mais c'est seulement après les essais, les faux pas, et parfois les impasses que les situations nouvelles trouveront leur maturité et leur épanouissement.
Le père nous dit cela d'une autre façon:
« Le Mal, sous toutes ses formes,l'injustice,l'inégalité, la souffrance, la mort elle-même, cessent théoriquement d'être un scandale, du moment où,l’Évolution devenant une genèse, l'immense peine du Monde apparaît comme le revers inévitable, ou,mieux encore, comme la condition, ou plus exactement même, comme le prix d'un immense succès. »
Dans cette dernière phrase émise par TC se trouve, il me semble, la schématique finale; l'évolution devient une genèse, une courbure conique; la terre est en devenir, continue dans le temps son amorisation laborieuse; les devenirs sont là et ils n'attendent que moi ,et chacun à sa petite échelle pour grandir.
N'y a-t-il pas là un formidable espoir qui rend la mort-même comme dérisoire, oserai-je redire comme lui: la mort elle-même est le prix d'un immense succès.
Et il dit encore:
« Parce que nous aimons, pour aimer davantage, nous nous voyons donc bien heureusement réduits à participer, plus et mieux que personne, à tous les efforts, à toutes les inquiétudes, à toutes les aspirations,et aussi à toutes les affections de la Terre, dans la mesure où toutes ces choses contiennent un principe d'ascension et de synthèse ».
Qu'on me permette de redire: croire ou ne pas croire est-ce vraiment important?
L’humanisme toujours plus dynamisé et personnellement vécu dans sa vérité (dans la possibilité de chacun), mènera au Tout , c'est sa nature;
Et le Christ il y a deux mille ans déjà venait à la rencontre de la Nature, l'Humanité, un cadeau, un nouveau don, et une nouvelle dimension on dit une nouvelle alliance.
Une nouvelle chance aujourd'hui m'est donnée.
Jean-Pierre Fressafond
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CATHERINE GODINOT/L'AVENIR DE L'HOMME VU PAR UN PALEONTOLOGISTE/janvier 2011
Vendredi 25 Février 2011Synthèse et Commentaire, chapitre 5/ L'AVENIR DE L'HOMME (1)
Selon TDC, l'être humain est devenu très sceptique de nos jours (1) Il a peu confiance dans le progrès possible de la société. Cela le rend pessimiste et immobile. Ce doute peut même tuer son goût de vivre. Ceci reste vrai aussi bien à notre époque qu'à celle de TDC. Il n'y a qu'à observer le nombre croissant de suicides, l'envahissement des hôpitaux psychiatriques ou l'augmentation du nombre de personnes atteintes de dépression nerveuse. Ceci amène la question de TDC ou la nôtre : sommes-nous vraiment arrivés à un sommet de l'évolution que nous ne pouvons plus dépasser et donc n'avoir comme perspective qu'une chute vers le bas parce que nous ne pouvons plus progresser. Ou bien, pouvons-nous encore avancer et, si oui, avançons–nous dans la bonne direction?
Les études paléontologiques sur l'évolution du monde nous ont montré que la nature était soumise à des mouvements lents qui, à notre échelle humaine, ne sont pas toujours perceptibles. Les formes de la vie qui remontent à quelque 300 millions d'années évoluent toujours mais cette évolution n'est visible que sur une large échelle de temps. Comme TDC l'a déjà expliqué dans son précédent chapitre intitulé "la grande option", la vie a évolué jusqu'à aboutir au degré de développement que nous connaissons aujourd'hui.
Un exemple d'études récentes montre que l'évolution humaine est possible, même à une vitesse plus accessible à notre observation. Il s'agit de l'histoire de l'adaptation des tibétains à l'altitude. Les tibétains vivent sur des hauts plateaux aux environs de 4.000 mètres d'altitude, A cette altitude, l'air contient 40% d'oxygène de moins qu'au niveau de la mer. Ceci peut provoquer le mal des montagnes si le sujet n'est pas adapté à l'altitude. Une autre conséquence de cette baisse de la pression partielle de l'oxygène est une mortalité infantile trois fois plus élevée chez les chinois de l'ethnie Han récemment implantés au Tibet que chez les tibétains originaires de l'ethnie Han mais vivant sur ces hauts plateaux depuis plus de 3.000 ans. L'équipe de Xin Yi et de Jian Wang (2) a comparé la séquence de gènes de 40 chinois de l'ethnie Han vivant à Beijing et celle de 50 Tibétains habitant à 4.200 mètres d'altitude. Ils ont trouvé environ 30 gènes pour lesquels une séquence rare chez les Han vivant près de la mer était devenue très fréquente chez les Tibétains. En particulier un allèle du gène HIF-2a était présent chez 85% des Tibétains et seulement 9% des Han de Beijing. Une telle différence indique que l'allèle tibétain a été favorisé par une sélection naturelle des Han implantés dans les hauts plateaux. Le gène HIF-2a est activé lorsque la pression partielle d'oxygène diminue. Ceci augmente la synthèse d'hémoglobine et la teneur en globules rouges dans le sang. D'autres allèles de gènes impliqués dans la production de globules rouges sont aussi prépondérants chez les tibétains selon l'équipe de Tatum S. Simonson (3). Comme ces globules transportent l'oxygène vers les tissus consommateurs d'oxygène, c'est un bon moyen pour lutter contre le manque d'oxygène dans l'air. Mais l'inconvénient, c'est que le sang épaissit du fait de l'abondance des globules rouges et finalement le sang circule moins bien. C'est ainsi que survient le mal des montagnes chez les sujets non adaptés qui peuvent décéder d'un œdème pulmonaire ou cérébral. C'est aussi ce qui peut induire une mortalité périnatale élevée. On comprend alors bien la sélection naturelle des allèles les plus favorables au cours des générations si le caractère de meilleure adaptation à l'altitude améliore la fertilité et diminue les décès en particulier dans la période périnatale. Grâce à cette sélection, l'adaptation des tibétains à l'altitude leur a permis de mieux résister aux effets néfastes de l'altitude élevée. Donc, lorsque le besoin s'en fait sentir, l'évolution continue bien dans les périodes relativement récentes et a fortiori de nos jours.
Un autre exemple discuté par TDC est celui de l'évolution du cerveau dans l'échelle zoologique. Les paléontologues ont observé une progression manifeste de la taille du cerveau et de la complexité des connexions nerveuses au cours de l'évolution des espèces. Le volume du cerveau humain a plus que triplé entre celui du chimpanzé et celui de l'homme. Et il est d'environ 8 fois celui des singes du nouveau monde. A côté de cela, les connexions entre cellules nerveuses sont devenues de plus en plus complexes.
"L'évolution zoologique a culminé chez l'homme", "la vie a bougé jusqu'à l'installation de la pensée dans le monde" nous dit TDC. En effet, anatomiquement le cerveau a évolué depuis l'apparition des premiers êtres humains jusqu'à la forme qu'il présente chez Homo sapiens mais depuis l'apparition d'Homo sapiens, le cerveau n'a pas sensiblement changé. Par contre, entre l'être humain des cavernes et celui de nos jours, le progrès est devenu sensible non pas par ce que nous savons de l'anatomie mais par la montée de la conscience qui a amélioré l'organisation sociale et par la connaissance scientifique pour aboutir à une organisation plus synthétique du monde humain. L'être humain ne se différencie pas seulement de l'animal par sa capacité à fabriquer des outils, capacité partagée du reste par les chimpanzés mais par sa conscience : "l'homme sait et sait qu'il sait". Selon J. Huxley (4), "nous sommes arrivés à un stade où les aptitudes mentales arrivent à un niveau où elles deviennent capables d'affecter le cours futur des évènements". L'homme adapte le monde à lui-même plutôt qu'il ne s'adapte à lui.
L'être humain n'a pas échappé à l'évolution mais la question de savoir à quelle phase de son développement l'humanité est arrivée reste ouverte. Les mécanismes de l'évolution ont permis d'aboutir à l'homme actuel par mutations successives de notre génome et par sélection naturelle, mais il est à ce jour plus difficile de comprendre comment nous en sommes arrivés à une conscience réfléchie. TDC se base sur sa Foi pour concilier science et conscience. Il voit dans le Christ le point Oméga de l'Univers. Ceci, bien sûr, provient de la croyance liée à sa Foi, mais se trouve indépendant de ses certitudes scientifiques.
Au cours du développement embryonnaire, les cellules se multiplient à partir de l'œuf fécondé puis se différencient, se spécialisent et s'assemblent pour former le corps de chaque être humain. TDC nous dit que cette association doit aller plus loin entre les êtres humains pour permettre une socialisation à la manière des espèces comme les fourmis ou les abeilles chez qui la spécialisation des tâches de chaque individu contribue à la survie et au bien être de la communauté. L'humanité et nous-mêmes pourront aussi progresser, peut-être grâce à une meilleure connaissance scientifique reconnue par tous ou par le progrès d'une action commune autour d'un intérêt commun et dans la recherche d'une même Vérité ou par l'attrait exercé par un même Quelqu'un. C'est en coopérant à la construction du monde futur que nous contribuerons à l'avenir de l'homme.
1 - Teilhard de Chardin, P. dans "L'avenir de l'homme" édition du seuil, 1959, 77-96.
2 - Xin Yi et al, "Sequencing of 50 human exomes reveals adaptation to high altitude", Science 2010, 329, 75-8.
3 - Tatum S. Simonson et al, "Genetic evidence for high altitude adaptation in Tibet", Science, 2010, 329, 72-5
4 - Huxley J. "Eugenics in evolutionary perspectives", Eugen Rev. 1962, 54, 123–141.
Les études paléontologiques sur l'évolution du monde nous ont montré que la nature était soumise à des mouvements lents qui, à notre échelle humaine, ne sont pas toujours perceptibles. Les formes de la vie qui remontent à quelque 300 millions d'années évoluent toujours mais cette évolution n'est visible que sur une large échelle de temps. Comme TDC l'a déjà expliqué dans son précédent chapitre intitulé "la grande option", la vie a évolué jusqu'à aboutir au degré de développement que nous connaissons aujourd'hui.
Un exemple d'études récentes montre que l'évolution humaine est possible, même à une vitesse plus accessible à notre observation. Il s'agit de l'histoire de l'adaptation des tibétains à l'altitude. Les tibétains vivent sur des hauts plateaux aux environs de 4.000 mètres d'altitude, A cette altitude, l'air contient 40% d'oxygène de moins qu'au niveau de la mer. Ceci peut provoquer le mal des montagnes si le sujet n'est pas adapté à l'altitude. Une autre conséquence de cette baisse de la pression partielle de l'oxygène est une mortalité infantile trois fois plus élevée chez les chinois de l'ethnie Han récemment implantés au Tibet que chez les tibétains originaires de l'ethnie Han mais vivant sur ces hauts plateaux depuis plus de 3.000 ans. L'équipe de Xin Yi et de Jian Wang (2) a comparé la séquence de gènes de 40 chinois de l'ethnie Han vivant à Beijing et celle de 50 Tibétains habitant à 4.200 mètres d'altitude. Ils ont trouvé environ 30 gènes pour lesquels une séquence rare chez les Han vivant près de la mer était devenue très fréquente chez les Tibétains. En particulier un allèle du gène HIF-2a était présent chez 85% des Tibétains et seulement 9% des Han de Beijing. Une telle différence indique que l'allèle tibétain a été favorisé par une sélection naturelle des Han implantés dans les hauts plateaux. Le gène HIF-2a est activé lorsque la pression partielle d'oxygène diminue. Ceci augmente la synthèse d'hémoglobine et la teneur en globules rouges dans le sang. D'autres allèles de gènes impliqués dans la production de globules rouges sont aussi prépondérants chez les tibétains selon l'équipe de Tatum S. Simonson (3). Comme ces globules transportent l'oxygène vers les tissus consommateurs d'oxygène, c'est un bon moyen pour lutter contre le manque d'oxygène dans l'air. Mais l'inconvénient, c'est que le sang épaissit du fait de l'abondance des globules rouges et finalement le sang circule moins bien. C'est ainsi que survient le mal des montagnes chez les sujets non adaptés qui peuvent décéder d'un œdème pulmonaire ou cérébral. C'est aussi ce qui peut induire une mortalité périnatale élevée. On comprend alors bien la sélection naturelle des allèles les plus favorables au cours des générations si le caractère de meilleure adaptation à l'altitude améliore la fertilité et diminue les décès en particulier dans la période périnatale. Grâce à cette sélection, l'adaptation des tibétains à l'altitude leur a permis de mieux résister aux effets néfastes de l'altitude élevée. Donc, lorsque le besoin s'en fait sentir, l'évolution continue bien dans les périodes relativement récentes et a fortiori de nos jours.
Un autre exemple discuté par TDC est celui de l'évolution du cerveau dans l'échelle zoologique. Les paléontologues ont observé une progression manifeste de la taille du cerveau et de la complexité des connexions nerveuses au cours de l'évolution des espèces. Le volume du cerveau humain a plus que triplé entre celui du chimpanzé et celui de l'homme. Et il est d'environ 8 fois celui des singes du nouveau monde. A côté de cela, les connexions entre cellules nerveuses sont devenues de plus en plus complexes.
"L'évolution zoologique a culminé chez l'homme", "la vie a bougé jusqu'à l'installation de la pensée dans le monde" nous dit TDC. En effet, anatomiquement le cerveau a évolué depuis l'apparition des premiers êtres humains jusqu'à la forme qu'il présente chez Homo sapiens mais depuis l'apparition d'Homo sapiens, le cerveau n'a pas sensiblement changé. Par contre, entre l'être humain des cavernes et celui de nos jours, le progrès est devenu sensible non pas par ce que nous savons de l'anatomie mais par la montée de la conscience qui a amélioré l'organisation sociale et par la connaissance scientifique pour aboutir à une organisation plus synthétique du monde humain. L'être humain ne se différencie pas seulement de l'animal par sa capacité à fabriquer des outils, capacité partagée du reste par les chimpanzés mais par sa conscience : "l'homme sait et sait qu'il sait". Selon J. Huxley (4), "nous sommes arrivés à un stade où les aptitudes mentales arrivent à un niveau où elles deviennent capables d'affecter le cours futur des évènements". L'homme adapte le monde à lui-même plutôt qu'il ne s'adapte à lui.
L'être humain n'a pas échappé à l'évolution mais la question de savoir à quelle phase de son développement l'humanité est arrivée reste ouverte. Les mécanismes de l'évolution ont permis d'aboutir à l'homme actuel par mutations successives de notre génome et par sélection naturelle, mais il est à ce jour plus difficile de comprendre comment nous en sommes arrivés à une conscience réfléchie. TDC se base sur sa Foi pour concilier science et conscience. Il voit dans le Christ le point Oméga de l'Univers. Ceci, bien sûr, provient de la croyance liée à sa Foi, mais se trouve indépendant de ses certitudes scientifiques.
Au cours du développement embryonnaire, les cellules se multiplient à partir de l'œuf fécondé puis se différencient, se spécialisent et s'assemblent pour former le corps de chaque être humain. TDC nous dit que cette association doit aller plus loin entre les êtres humains pour permettre une socialisation à la manière des espèces comme les fourmis ou les abeilles chez qui la spécialisation des tâches de chaque individu contribue à la survie et au bien être de la communauté. L'humanité et nous-mêmes pourront aussi progresser, peut-être grâce à une meilleure connaissance scientifique reconnue par tous ou par le progrès d'une action commune autour d'un intérêt commun et dans la recherche d'une même Vérité ou par l'attrait exercé par un même Quelqu'un. C'est en coopérant à la construction du monde futur que nous contribuerons à l'avenir de l'homme.
1 - Teilhard de Chardin, P. dans "L'avenir de l'homme" édition du seuil, 1959, 77-96.
2 - Xin Yi et al, "Sequencing of 50 human exomes reveals adaptation to high altitude", Science 2010, 329, 75-8.
3 - Tatum S. Simonson et al, "Genetic evidence for high altitude adaptation in Tibet", Science, 2010, 329, 72-5
4 - Huxley J. "Eugenics in evolutionary perspectives", Eugen Rev. 1962, 54, 123–141.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
J.P. Frésafond/Contraction de texte chapitre 6
Mercredi 23 Février 2011
« VIE ET PLANETES » / L’AVENIR DE L’HOMME
Que se passe-il en ce moment sur terre (Pekin 10 mars 1945)
Sujet de travail pour mars 2011
Introduction
Nous sommes en 1945, l’humanité tremble, se fissure et se referme par blocs immenses, nous sommes le jouet d’énergies qui dépassent des millions de fois nos énergies individuelles.
Le conflit mondial n’est pas une simple affaire de réajustement périodique d’équilibre. Ce que nous vivons et subissons sont des évènements liés à l’évolution générale de l’humanité et c’est à l’échelle de la planète que nous devons nous situer pour les observer et les comprendre.
Comment l’aventure mondiale doit-elle être analysée avec la lecture des sciences modernes les plus sures que sont l’astronomie, la physique, la géologie et la biologie, et comment prend-elle figure ? Il y aura quatre parties dans cette conférence donnée à l’Ambassade de France à Pekin.
1- Place des planètes vivantes dans l’univers. Petitesse et grandeur. .
2- Place de l’Homme sur la planète terre : en tête.
3- Place de notre génération ; notre place à nous dans l’évolution humaine. Critique.
4- Conclusion : Fin de la vie planétaire. Mort ou évasion ?
1ère partie : PLACE DES PLANETES VIVANTES DANS L’UNIVERS
a) Le point de vue de l’immense
A première vue il pourrait sembler, selon le message de l’astronomie, que les planètes ne sont qu’un élément insignifiant, message confirmé par la contemplation de la voute céleste.
Le message de l’astrophysique moderne est plus inquiétant pour nos esprits et pour nos religions sans l’apport d’une certaine initiation et de prise en compte des facteurs : immensité des distances, énormité des volumes, des températures et des torrents d’énergie. Elevons nous par degrés successifs dans cet infini.
Les étoiles représentent l’unité naturelle sidérale, c’est sur l’étude de leur structure et de leur distribution que s’appuient les recherches basées sur l’analyse de la lumière. Les températures superficielles varient de 3 500 à 23 000 degrés. Cette différence est due à l’âge des étoiles. Curieusement, les masses de ces étoiles ne varient que de 1 à 10, mais leurs densités moyennes varient de 1,4 (pour le soleil) à 300000 pour les étoiles naines. Cette densité approximative des masses correspond à un calibrage et si nous examinons le nombre des étoiles (15 000 x 10 6) visibles au télescope, on peut les comparer à « un gaz monstrueux »dont les « molécules », dans le cas de notre soleil, seraient distantes les unes des autres de plusieurs années lumière. . Le rapprochement des deux mots « gaz d’étoiles » est une secousse pour notre esprit. Mais le choc serait plus fort si on nous disait que ces « molécules »sont les composants de « super molécules »infiniment plus grandes, et ainsi de suite …c’est ce que nous apprennent les galaxies. Elles ne sont pas une image de matière diffuse mais l’immense accumulation lenticulaire d’étoiles, charriant dans ses bras spiralés une infinité d’étoiles.
Autre exemple d’immensité , le temps de rotation d’une galaxie comme la Voie Lactée dont le diamètre est d’environ 200 000 années lumière est de l’ordre de trois millions d’années, avec une vitesse périphérique de plusieurs centaines de kilomètres par seconde (selon les études de l’astronome JEANS).
Notre Voie Lactée n’est pas seule, le nombre des galaxies est incalculable. Après un « gaz d’étoiles » on peut aussi parler d’un « gaz de galaxies ». Au nom du principe de récurrence, peut-on dire : et ainsi de suite ? Selon la physique d’Albert Einstein, au-dessus des galaxies il n’y aurait rien, si non le cadre sphérique d’espace-temps à l’intérieur duquel toutes choses se meuvent en rond, sans rencontrer de « bout » et sans pouvoir sortir…
Laissons de côté ce problème encore irrésolu des limites supérieures du monde, et puisque nous ignorons encore ce qu’il y a autour, ou en avant des galaxies, essayons de considérer ce qui les relie entre elles, découvrons leur genèse.
Au commencement, disent les astronomes, s’étendait une atmosphère diffuse et extrêmement peu dense. Ce chaos primordial, apparemment homogène, était énormément instable et, qu’une irrégularité s’exerçât par hasard en un point, et c’est l’ensemble qui se disjoignait de proche en proche, s’enroulait en d’énormes grumeaux de plus en plus serrés sur eux-mêmes. Ainsi sont nées les galaxies. Puis à l’intérieur de celles-cile même mécanisme de rupture se produisit, ainsi apparurent les étoiles.
Allons-nous dire maintenant qu’une phase identique se reproduisit à l’intérieur des étoiles ? Laplace l’avait pensé, mais une analyse plus précise a prouvé qu’il ne pouvait en être ainsi ; les astronomes sont d’accord sur ce point et préfèrent l’hypothèse d’un accident fortuit comme le frôlement de deux étoiles. A moins de trois diamètres, cet accident arrache par effet d’attraction un long filament ou chapelet d’éléments d’étoiles. Ainsi, à première vue, les planètes se présentent comme des filles pauvres, étrangères intruses dans le système sidéral ; nées par un coup du hasard, elles n’ont pas de place dans l’évolution régulière des étoiles.
Selon Jeans et Eddington, une étoile sur des millions a des chances de posséder des planètes. Si non, ajoutons à cela que pour une planète en particulier les chances de réunir les conditions propres à l’apparition de la vie sont extrêmement rares et les cas des planètes habitées dans l’univers sont proportionnellement peu répandues et ce constat fit dire Jeans : « A quoi se réduit la vie ? Tomber par erreur dans un univers qui de toute évidence n’était pas fait pour elle… »
Victoire de l’improbable sur le probable qui suggère de regarder l’univers avec une autre lorgnette, celle de la biochimie, non pas celle de l’immense, mais celle de la complexité.
b) Le point de vue de la complexité ou les planètes, centres vitaux de l’univers
Par la complexité d’une chose nous entendons la qualité de celle-ci d’être formée d’un grand nombre d’éléments très étroitement organisés entre eux. De ce point de vue un atome est plus complexe qu’un électron, une molécule plus complexe qu’un atome et ainsi de suite pour la cellule vivante, les organismes vivants, l’Homme … Les différences entre organisations ne dépendent pas uniquement du nombre d’éléments, mais aussi de la qualité des liaisons entre les éléments et leur centréité. Ainsi, la notion de centro-complexité est la plus importante à considérer dans l’approche des choses. Voici une comparaison pour illustrer cette hypothèse : il y a plus d’informations dans une cathédrale que dans un tas de sable, car elle est symbole de complexité alors que le tas de sable n’est qu’un agrégat. Cette différence de qualité s’impose quelle que soit la taille de l’objet considéré.
Le coefficient de complexité permet d’établir une classification par ordre de contenu d’informations. Le coefficient d’informations d’une cathédrale a plus de valeur que l’agrégat d’un tas de sable dans lequel les arrangements sont plus ou moins liés à la densité des éléments.
Voici un exemple de classification par ordre de complexité des éléments de l’univers :
-Tout à fait en bas nous trouvons le tableau des 92 éléments de la chimie, ils vont de l’hydrogène à l’uranium.
-Au-dessus viennent les molécules ; celles des composés carbonés peuvent avoir des milliers d’atomes comme pour les albuminoïdes ou protéines, une molécule d’hémoglobine en contient 68 000.
-Plus haut encore, nous arrivons aux premières cellules vivantes qui peuvent atteindre des billions d’atomes.
-Et finalement, voici arrivé le monde des êtres vivants supérieurs dont les groupements de cellules peuvent être évalués à 4x1020 d’atomes.
Cette table de classification naturelle est hautement significative :
- D’abord parce qu’elle fait disparaître la vieille irréductibilité entre la biologie et la physique, néanmoins, si grande soit la différence de nature, que pour des raisons philosophiques on croit pouvoir maintenir entre vie et matière inerte, une loi de récurrence se découvre enfin dans l’ordre des apparences, reliant expérimentalement l’apparition des phénomènes. Au-delà du billion d’atomes, tout se passe comme si les corpuscules matériels s’animaient, si bien que l’univers s’arrangent en une seule grande série clairement orientée et montante, de l’atome à l’être humain.
-Elle est très significative encore cette table de complexité des éléments si l’on considère qu’ils se succèdent par ordre de complexité croissante, ainsi ils sont datés ! Le fil conducteur de cette progression est d’une valeur absolue pour pénétrer la vérité du monde ; nous découvrons alors un renversement des valeurs et un retournement des perspectives.
Commençons par ce qu’il y a de plus grand, les galaxies. Dans leurs parties les moins condensées, elles renferment les vestiges du chaos primitif dans l’univers : l’hydrogène (1 électron / 1 noyau). Impossible d’imaginer plus simple.
Maintenant, descendons d’un degré dans l’immense, les étoiles. Ici la chimie est déjà plus riche et nous distinguons la présence d’éléments lourds extrêmement instables, comme l’uranium dans les régions profondes. Dans la zone superficielle des étoiles qui est plus légère, la spectrographie décèle la série complète de nos 92 corps simples mais cette complexité montante n’atteint jamais le niveau des corps composés car, dans les étoiles, la température est encore trop élevée pour que les conditions soient stables. Les étoiles sont le laboratoire où se fabriquent les atomes, rien de plus.
Pour que l’opération chimique se poursuive, il faudrait imaginer une sorte d’écrémage pour isoler des hautes températures la matière superficielle, sans pour autant trop les refroidir, mais les maintenir à une température favorable à la synthèse. C’est justement ce qui a été fait d’un seul geste par un astre providentiel, frôlant la surface de l’étoile mère et arrachant de celle-ci une mince pellicule de sa substance, pour la disperser à une distance propice à la formation d’une nouvelle planète.
C’est sur les planètes et sur elles seules que repose la mission de poursuivre l’ascension vers une matière plus complexe ; elles sont le laboratoire de l’univers pour fabriquer les grosses molécules.
Nous restons confondus devant la rareté et l’improbabilité d’un tel accident de circulation de l’espace, mais l’expérience scientifique de tous les jours ne nous apprend elle pas que les choses ne réussissent qu’au prix d’un gaspillage et d’un hasard fous. Dans la nature, le concours de chances scandaleusement fragiles a toujours présidé à la naissance de ce qu’il y a de plus précieux pour l’évolution, inclinons-nous devant cette loi universelle.
Maintenant fixons notre attention sur la planète terre qui, enveloppée de la buée bleue d’oxygène, inhale et exhale sa vie, elle flotte exactement à la bonne distance du soleil pour qu’à sa surface s’accomplissent les chimismes supérieurs.
b) L’Homme sur la planète terre : la plus complexe des molécules.
Après avoir établi, par raison de complexité, la prééminence des planètes, établissons sur la terre elle-même la signification et la valeur de ce qu’on appelle l’espèce humaine.
Si, d’une part, la fonction de la planète terre consiste à être un des rares laboratoires où peut s’effectuer la synthèse des toujours plus grandes molécules et si, d’autre part, les organismes vivants ne tirent pas leur origine de quelques germes tombés des espaces célestes, les êtres vivants représentent bien les composés les plus élevés sortis du géochimisme planétaire ; dans ces conditions, définir la place de l’homme dans l’univers revient à décider de sa position dans la série croissante des super molécules ; mais cela pose une difficulté. Si l’on ne considère que les unités moléculaires relativement simples, leur ordre de complexité peut s’exprimer par le nombre d’atomes qu’ils contiennent ; mais avec les virus et a fortiori avec les êtres vivants supérieurs, le comptage des atomes devient difficile, voire impossible ; d’ailleurs ce nombre d’atomes, fut-il déterminé, perd de sa signification et de son importance, comparé à la qualité des liaisons nouées entre les atomes. Alors comment faire pour classer l’homme dans les rangs des unités vivantes en raison de sa complexité ?
La réponse est simple si l’on opère un changement de variable. Plus un être est complexe plus il se centre sur lui-même et conséquemment, plus il devient conscient plus il est complexe. Donc, plus il est complexe plus il est conscient et inversement, les deux propriétés étant réciproquement dépendantes. Cela revient à dire qu’au-delà d’une certaine valeur la complexité cesse d’être calculable en nombre d’atomes, mais on peut la mesurer avec précision par ce qu’elle génère d’accroissement de conscience en observant les progrès acquis dans les systèmes nerveux des familles d’êtres vivants et particulièrement leur cérébralisation.
Parmi les unités vivantes apparues au cours de ces 300 derniers millions d’années l’homme, à en juger son pouvoir de réflexion lié à l’ultra complexité de son cerveau, occupe non seulement la première place, mais une place à part ; il tend à se détacher des espèces vivantes jusqu’à former une enveloppe planétaire distincte. Ainsi l’homme fait de la terre un des points connus les plus vifs de l’univers ; il en est l’élément planétaire le plus précieux.
Si telle est la place de l’homme, quelle est sa destinée ?
c) Position présente de l’humanité : la phase de planétisation.
Lorsqu’on lit un traité philosophique, scientifique ou social sur l’avenir de l’humanité (fut-il écrit par Bergson ou Jeans), on est frappé par le présupposé selon lequel l’homme était parvenu à son état suprême définitif et indépassable ; le processus de super-molécularisation serait complètement arrêté. Ces allégations sont décourageantes, gratuites et scientifiquement fausses ; c’est un préjugé immobiliste.
Au contraire, tout suggère que nous entrons dans une phase particulièrement critique de super humanisation sociale. Cet état symptomatique est caractérisé par l’envahissement accéléré du monde par les puissances de collectivisation : libéralisation de l’économie, trusts intellectuels, totalisation des régimes politiques, frein à la pensée individuelle, montée de l’autre, etc … Devant ce déchaînement tentaculaire on ne peut que s’esquiver ou se résigner ; ou essayer de comprendre.
La progression démographique sur la rotondité de la terre dont la surface est limitée, provoque un effet de compression. Il n’y a rien de surprenant à cela, c’était prévisible. En effet, c’est la loi naturelle et universelle de toutes les espèces vivantes : la nature ne se sur-vitalise qu’en se comprimant. Cette loi se vérifie partout, qu’il s’agisse de molécules, d’organismes primitifs, d’espèces animales ou de sociétés humaines. La collectivisation accélérée de la sphère humaine n’est pas autre chose qu’une unité organique close sur elle-même. L’humanité est une archi-molécule hyper complexe, hyper centrée et hyper consciente.
La fermeture du circuit sphérique pensant est l’exact phénomène qui se produit actuellement.
L’idée d’une totalisation planétaire de la conscience humaine, avec un phénomène identique sur les autres planètes habitables de l’univers paraît folle a priori, mais n’est-elle pas l’extrapolation de la courbe cosmique de molécularisation ? Cette idée fantastique ne hausse-t-elle pas aussi notre vision de la vie au niveau des autres idées de même niveau déjà définitivement acceptées comme certaines lois de la physique et de l’astronomie ? Les grands biologistes comme J. Huxley et J.S. Haldane envisagent de diagnostiquer et traiter l’humanité comme s’il s’agissait d’un cerveau des cerveaux ; autre idée révolutionnaire qui fait déjà son chemin.
Sur ce dernier point je ne saurais forcer votre assentiment, mais je puis vous dire d’expérience que cette perspective est éminemment satisfaisante pour l’intelligence et fortifiante pour la volonté. En effet, ces réseaux de pensée opérant dans des domaines sensibles multiples et variés sont une nécessité inquiétante et, regardés sous un angle nouveau, ils sont les premiers linéaments du super organisme et tirés de nos fils individuels ; ils ne s’apprêtent pas à nous mécaniser et à nous confondre mais à nous porter au sein de plus de complexité, à un plus haut niveau de conscience.
Cet envahissement de la passion de découvrir, ce déplacement progressif de l’usine par le laboratoire, de la production par la recherche, du besoin de bien être par le besoin de plus être, ces tendances n’indiquent-elles pas la montée d’un grand souffle de sur-évolution ? Un clivage profond se produit entre l’homme qui croit au progrès et l’homme qui n’y croit pas ; ségrégation diront certains … Cette deuxième guerre mondiale dans laquelle se heurtent des groupes humains quel aspect prend-elle sinon celui d’une crise d’enfantement proportionnée à l’énormité de la naissance attendue.
Lumière pour notre intelligence, réconfort pour notre volonté disions-nous… pour l’Homme-espèce, comme pour l’Homme-individu, la vie devient toujours plus lourde à porter. Sur notre génération le monde pèse davantage que sur les épaules de nos devanciers. Que l’humanité culmine dans nos existences privées, que l’évolution plafonne en chacun de nous, alors l’énorme labeur d’organisation demandé apparaît tragiquement superflu ; serions-nous des dupes ? Alors tuons la machine, fermons le laboratoire et cherchons une évasion dans la pure jouissance de la vie …
Par contre, que l’humanité voit s’ouvrir au-dessus d’elle un étage pour ses développements, que chacun de nous puisse se dire qu’il travaille pour que l’univers s’élève en lui et par lui d’un degré de plus, alors, c’est une nouvelle pulsation d’énergie qui monte au cœur des travailleurs de la terre.
En vérité, le goût de la vie, l’idée d’espérance d’une planétisation de la vie est bien plus qu’une spéculation biologique, car elle est plus nécessaire qu’une source d’énergie nouvelle, c’est elle qui peut nous apporter le feu spirituel faute duquel tous les autres foyers s’éteindront.
Malgré tout cela, il reste une ombre au tableau, au lieu d’un élargissement et d’un approfondissement de la conscience terrestre, la totalisation nous mène à une régression et une matérialisation de l’intelligence, une réponse s’impose. Je pense que nous ne sommes pas en mesure , ni en situation, de faire le procès de ces expériences, mais je peux affirmer que dans la mesure où ces premiers essais ont paru nous incliner dangereusement vers un état infra-humain de fourmilière, ce n’est pas le principe de totalisation qui est en cause, mais la façon maladroite et incomplète avec laquelle ces expériences ont été appliquées.
En vertu des lois de complexité, que faut-il pour que l’humanité grandisse spirituellement en se collectivisant ? Il faut que les unités humaines prises dans le mouvement se rapprochent entre elles, non pas sous l’action de forces externes ou dans l’accomplissement de gestes matériels, mais sous l’action directe de centre à centre par attirance interne et volontaire. C’est par affinité atomique que se forment les molécules, ^pareillement, c’est par sympathie que dans un univers personnalisé les éléments humains peuvent accéder à une plus grande synthèse.
A l’intérieur d’un groupe restreint (famille, équipe, etc …)il est admis qu’une union réussie ne diminue pas les êtres, bien au contraire, une synergie se crée et se développe. Si l’on étendait dans d’autres domaines cette « formule de production d’énergie de liaison » à l’échelle de la planète, on peut, sans risque d’erreur, affirmer qu’un courant de solidarité universelle basé sur une nature et un destin commun sauverait l’humanité, cette nouvelle forme d’amour serait irrésistible. Cette affirmation n’est pas une utopie. A quelle condition cela peut-il réussir ? Pour que tous les hommes arrivent à s’aimer il n’est pas suffisant qu’ils se reconnaissent être les éléments d’un même « quelque chose », il faut qu’en se planètisant ils aient conscience de devenir « quelqu’un », sans se confondre. Mais ce n’est pas encore suffisant, un autre facteur est nécessaire, c’est la montée sur notre horizon intérieur de quelque centre cosmique psychique d’un pôle de conscience suprême vers lequel convergent les consciences élémentaires du monde. C’est ici que se découvre pour notre raison, en harmonie avec la loi de complexité-conscience, une manière acceptable d’imaginer la fin du monde.
d) La fin de la vie planétaire : maturation et évasion.
Avons-nous réfléchi à la fin du monde, ce qui directement pour nous est la fin de notre planète terre, perspective menaçante et certaine ?
Prise à ses débuts la vie paraît modeste dans ses ambitions, mais ce n’est qu’une apparence démentie par la ténacité dont témoignent les plus humbles cellules à se multiplier ; ceci est également confirmé par la montée de la vie sous toutes ses formes, comme le constate l’homme qui en plus est doté d’un redoutable pouvoir de prévision.
Avec le germe de conscience éclos à sa surface, la terre, notre terre périssable que guette le zéro absolu, a fait surgir dans l’univers un besoin désormais irrépressible, non seulement ne pas mourir entièrement, mais sauver ce qui dans le monde s’est développé de plus en plus complexe, de plus centré et de plus subtile : être ou ne pas être irréversible ; que restera-t-il un jour de l’humanité ?
Ainsi se pose le grave problème de la mort, non plus individuelle mais planétaire, perspective qui risquerait de paralyser tout élan de salut sur terre.
La probabilité de cette échéance est certes très lointaine et l’humanité en est encore à sa phase d’adolescence, un long avenir lui est promis.
Il ne s’agit pas de lui cacher la fin du monde, mais il faut absolument exorciser le spectre de la mort totale avec l’idée qu’il existe, selon la logique du principe de complexité/centréité/conscience, un centre divin de convergence, dont la fonction synthétisante et personnalisante est probable, bien qu’elle se situe hors du temps. Nous appellerons ce principe Point Omega.
Imaginons que la sensibilité mystique de la couche humaine vienne à se généraliser de façon à échauffer psychiquement la terre, et ce en même temps que physiquement elle se refroidit.
Dans de telles conditions ne devient-il pas concevable que l’humanité atteigne un seuil critique au-delà duquel , laissant ce qu’il reste de la matière retourner à la masse évanescente de l’énergie primordiale, tandis que l’énergie psychique enrichie de nos individualités, rejoigne le Point Omega ? Phénomène semblable à une mort, donc, mais en réalité simple métamorphose et accès à la synthèse suprême… Evasion non spatiale par le dehors des choses, mais spirituelle par le dedans des choses.
Cette hypothèse tient, elle coïncide avec les réflexions des meilleurs penseurs actuels, tous domaines confondus. En tout cas, seule entre toutes les suppositions que nous pouvons faire sur la fin de la terre, elle nous ouvre une perspective cohérente où convergent les deux courants les plus fondamentaux et les plus puissants de la conscience humaine, celui de l’intelligence et de l’action, ceux de la science et de la religion.
Nous sommes en 1945, l’humanité tremble, se fissure et se referme par blocs immenses, nous sommes le jouet d’énergies qui dépassent des millions de fois nos énergies individuelles.
Le conflit mondial n’est pas une simple affaire de réajustement périodique d’équilibre. Ce que nous vivons et subissons sont des évènements liés à l’évolution générale de l’humanité et c’est à l’échelle de la planète que nous devons nous situer pour les observer et les comprendre.
Comment l’aventure mondiale doit-elle être analysée avec la lecture des sciences modernes les plus sures que sont l’astronomie, la physique, la géologie et la biologie, et comment prend-elle figure ? Il y aura quatre parties dans cette conférence donnée à l’Ambassade de France à Pekin.
1- Place des planètes vivantes dans l’univers. Petitesse et grandeur. .
2- Place de l’Homme sur la planète terre : en tête.
3- Place de notre génération ; notre place à nous dans l’évolution humaine. Critique.
4- Conclusion : Fin de la vie planétaire. Mort ou évasion ?
1ère partie : PLACE DES PLANETES VIVANTES DANS L’UNIVERS
a) Le point de vue de l’immense
A première vue il pourrait sembler, selon le message de l’astronomie, que les planètes ne sont qu’un élément insignifiant, message confirmé par la contemplation de la voute céleste.
Le message de l’astrophysique moderne est plus inquiétant pour nos esprits et pour nos religions sans l’apport d’une certaine initiation et de prise en compte des facteurs : immensité des distances, énormité des volumes, des températures et des torrents d’énergie. Elevons nous par degrés successifs dans cet infini.
Les étoiles représentent l’unité naturelle sidérale, c’est sur l’étude de leur structure et de leur distribution que s’appuient les recherches basées sur l’analyse de la lumière. Les températures superficielles varient de 3 500 à 23 000 degrés. Cette différence est due à l’âge des étoiles. Curieusement, les masses de ces étoiles ne varient que de 1 à 10, mais leurs densités moyennes varient de 1,4 (pour le soleil) à 300000 pour les étoiles naines. Cette densité approximative des masses correspond à un calibrage et si nous examinons le nombre des étoiles (15 000 x 10 6) visibles au télescope, on peut les comparer à « un gaz monstrueux »dont les « molécules », dans le cas de notre soleil, seraient distantes les unes des autres de plusieurs années lumière. . Le rapprochement des deux mots « gaz d’étoiles » est une secousse pour notre esprit. Mais le choc serait plus fort si on nous disait que ces « molécules »sont les composants de « super molécules »infiniment plus grandes, et ainsi de suite …c’est ce que nous apprennent les galaxies. Elles ne sont pas une image de matière diffuse mais l’immense accumulation lenticulaire d’étoiles, charriant dans ses bras spiralés une infinité d’étoiles.
Autre exemple d’immensité , le temps de rotation d’une galaxie comme la Voie Lactée dont le diamètre est d’environ 200 000 années lumière est de l’ordre de trois millions d’années, avec une vitesse périphérique de plusieurs centaines de kilomètres par seconde (selon les études de l’astronome JEANS).
Notre Voie Lactée n’est pas seule, le nombre des galaxies est incalculable. Après un « gaz d’étoiles » on peut aussi parler d’un « gaz de galaxies ». Au nom du principe de récurrence, peut-on dire : et ainsi de suite ? Selon la physique d’Albert Einstein, au-dessus des galaxies il n’y aurait rien, si non le cadre sphérique d’espace-temps à l’intérieur duquel toutes choses se meuvent en rond, sans rencontrer de « bout » et sans pouvoir sortir…
Laissons de côté ce problème encore irrésolu des limites supérieures du monde, et puisque nous ignorons encore ce qu’il y a autour, ou en avant des galaxies, essayons de considérer ce qui les relie entre elles, découvrons leur genèse.
Au commencement, disent les astronomes, s’étendait une atmosphère diffuse et extrêmement peu dense. Ce chaos primordial, apparemment homogène, était énormément instable et, qu’une irrégularité s’exerçât par hasard en un point, et c’est l’ensemble qui se disjoignait de proche en proche, s’enroulait en d’énormes grumeaux de plus en plus serrés sur eux-mêmes. Ainsi sont nées les galaxies. Puis à l’intérieur de celles-cile même mécanisme de rupture se produisit, ainsi apparurent les étoiles.
Allons-nous dire maintenant qu’une phase identique se reproduisit à l’intérieur des étoiles ? Laplace l’avait pensé, mais une analyse plus précise a prouvé qu’il ne pouvait en être ainsi ; les astronomes sont d’accord sur ce point et préfèrent l’hypothèse d’un accident fortuit comme le frôlement de deux étoiles. A moins de trois diamètres, cet accident arrache par effet d’attraction un long filament ou chapelet d’éléments d’étoiles. Ainsi, à première vue, les planètes se présentent comme des filles pauvres, étrangères intruses dans le système sidéral ; nées par un coup du hasard, elles n’ont pas de place dans l’évolution régulière des étoiles.
Selon Jeans et Eddington, une étoile sur des millions a des chances de posséder des planètes. Si non, ajoutons à cela que pour une planète en particulier les chances de réunir les conditions propres à l’apparition de la vie sont extrêmement rares et les cas des planètes habitées dans l’univers sont proportionnellement peu répandues et ce constat fit dire Jeans : « A quoi se réduit la vie ? Tomber par erreur dans un univers qui de toute évidence n’était pas fait pour elle… »
Victoire de l’improbable sur le probable qui suggère de regarder l’univers avec une autre lorgnette, celle de la biochimie, non pas celle de l’immense, mais celle de la complexité.
b) Le point de vue de la complexité ou les planètes, centres vitaux de l’univers
Par la complexité d’une chose nous entendons la qualité de celle-ci d’être formée d’un grand nombre d’éléments très étroitement organisés entre eux. De ce point de vue un atome est plus complexe qu’un électron, une molécule plus complexe qu’un atome et ainsi de suite pour la cellule vivante, les organismes vivants, l’Homme … Les différences entre organisations ne dépendent pas uniquement du nombre d’éléments, mais aussi de la qualité des liaisons entre les éléments et leur centréité. Ainsi, la notion de centro-complexité est la plus importante à considérer dans l’approche des choses. Voici une comparaison pour illustrer cette hypothèse : il y a plus d’informations dans une cathédrale que dans un tas de sable, car elle est symbole de complexité alors que le tas de sable n’est qu’un agrégat. Cette différence de qualité s’impose quelle que soit la taille de l’objet considéré.
Le coefficient de complexité permet d’établir une classification par ordre de contenu d’informations. Le coefficient d’informations d’une cathédrale a plus de valeur que l’agrégat d’un tas de sable dans lequel les arrangements sont plus ou moins liés à la densité des éléments.
Voici un exemple de classification par ordre de complexité des éléments de l’univers :
-Tout à fait en bas nous trouvons le tableau des 92 éléments de la chimie, ils vont de l’hydrogène à l’uranium.
-Au-dessus viennent les molécules ; celles des composés carbonés peuvent avoir des milliers d’atomes comme pour les albuminoïdes ou protéines, une molécule d’hémoglobine en contient 68 000.
-Plus haut encore, nous arrivons aux premières cellules vivantes qui peuvent atteindre des billions d’atomes.
-Et finalement, voici arrivé le monde des êtres vivants supérieurs dont les groupements de cellules peuvent être évalués à 4x1020 d’atomes.
Cette table de classification naturelle est hautement significative :
- D’abord parce qu’elle fait disparaître la vieille irréductibilité entre la biologie et la physique, néanmoins, si grande soit la différence de nature, que pour des raisons philosophiques on croit pouvoir maintenir entre vie et matière inerte, une loi de récurrence se découvre enfin dans l’ordre des apparences, reliant expérimentalement l’apparition des phénomènes. Au-delà du billion d’atomes, tout se passe comme si les corpuscules matériels s’animaient, si bien que l’univers s’arrangent en une seule grande série clairement orientée et montante, de l’atome à l’être humain.
-Elle est très significative encore cette table de complexité des éléments si l’on considère qu’ils se succèdent par ordre de complexité croissante, ainsi ils sont datés ! Le fil conducteur de cette progression est d’une valeur absolue pour pénétrer la vérité du monde ; nous découvrons alors un renversement des valeurs et un retournement des perspectives.
Commençons par ce qu’il y a de plus grand, les galaxies. Dans leurs parties les moins condensées, elles renferment les vestiges du chaos primitif dans l’univers : l’hydrogène (1 électron / 1 noyau). Impossible d’imaginer plus simple.
Maintenant, descendons d’un degré dans l’immense, les étoiles. Ici la chimie est déjà plus riche et nous distinguons la présence d’éléments lourds extrêmement instables, comme l’uranium dans les régions profondes. Dans la zone superficielle des étoiles qui est plus légère, la spectrographie décèle la série complète de nos 92 corps simples mais cette complexité montante n’atteint jamais le niveau des corps composés car, dans les étoiles, la température est encore trop élevée pour que les conditions soient stables. Les étoiles sont le laboratoire où se fabriquent les atomes, rien de plus.
Pour que l’opération chimique se poursuive, il faudrait imaginer une sorte d’écrémage pour isoler des hautes températures la matière superficielle, sans pour autant trop les refroidir, mais les maintenir à une température favorable à la synthèse. C’est justement ce qui a été fait d’un seul geste par un astre providentiel, frôlant la surface de l’étoile mère et arrachant de celle-ci une mince pellicule de sa substance, pour la disperser à une distance propice à la formation d’une nouvelle planète.
C’est sur les planètes et sur elles seules que repose la mission de poursuivre l’ascension vers une matière plus complexe ; elles sont le laboratoire de l’univers pour fabriquer les grosses molécules.
Nous restons confondus devant la rareté et l’improbabilité d’un tel accident de circulation de l’espace, mais l’expérience scientifique de tous les jours ne nous apprend elle pas que les choses ne réussissent qu’au prix d’un gaspillage et d’un hasard fous. Dans la nature, le concours de chances scandaleusement fragiles a toujours présidé à la naissance de ce qu’il y a de plus précieux pour l’évolution, inclinons-nous devant cette loi universelle.
Maintenant fixons notre attention sur la planète terre qui, enveloppée de la buée bleue d’oxygène, inhale et exhale sa vie, elle flotte exactement à la bonne distance du soleil pour qu’à sa surface s’accomplissent les chimismes supérieurs.
b) L’Homme sur la planète terre : la plus complexe des molécules.
Après avoir établi, par raison de complexité, la prééminence des planètes, établissons sur la terre elle-même la signification et la valeur de ce qu’on appelle l’espèce humaine.
Si, d’une part, la fonction de la planète terre consiste à être un des rares laboratoires où peut s’effectuer la synthèse des toujours plus grandes molécules et si, d’autre part, les organismes vivants ne tirent pas leur origine de quelques germes tombés des espaces célestes, les êtres vivants représentent bien les composés les plus élevés sortis du géochimisme planétaire ; dans ces conditions, définir la place de l’homme dans l’univers revient à décider de sa position dans la série croissante des super molécules ; mais cela pose une difficulté. Si l’on ne considère que les unités moléculaires relativement simples, leur ordre de complexité peut s’exprimer par le nombre d’atomes qu’ils contiennent ; mais avec les virus et a fortiori avec les êtres vivants supérieurs, le comptage des atomes devient difficile, voire impossible ; d’ailleurs ce nombre d’atomes, fut-il déterminé, perd de sa signification et de son importance, comparé à la qualité des liaisons nouées entre les atomes. Alors comment faire pour classer l’homme dans les rangs des unités vivantes en raison de sa complexité ?
La réponse est simple si l’on opère un changement de variable. Plus un être est complexe plus il se centre sur lui-même et conséquemment, plus il devient conscient plus il est complexe. Donc, plus il est complexe plus il est conscient et inversement, les deux propriétés étant réciproquement dépendantes. Cela revient à dire qu’au-delà d’une certaine valeur la complexité cesse d’être calculable en nombre d’atomes, mais on peut la mesurer avec précision par ce qu’elle génère d’accroissement de conscience en observant les progrès acquis dans les systèmes nerveux des familles d’êtres vivants et particulièrement leur cérébralisation.
Parmi les unités vivantes apparues au cours de ces 300 derniers millions d’années l’homme, à en juger son pouvoir de réflexion lié à l’ultra complexité de son cerveau, occupe non seulement la première place, mais une place à part ; il tend à se détacher des espèces vivantes jusqu’à former une enveloppe planétaire distincte. Ainsi l’homme fait de la terre un des points connus les plus vifs de l’univers ; il en est l’élément planétaire le plus précieux.
Si telle est la place de l’homme, quelle est sa destinée ?
c) Position présente de l’humanité : la phase de planétisation.
Lorsqu’on lit un traité philosophique, scientifique ou social sur l’avenir de l’humanité (fut-il écrit par Bergson ou Jeans), on est frappé par le présupposé selon lequel l’homme était parvenu à son état suprême définitif et indépassable ; le processus de super-molécularisation serait complètement arrêté. Ces allégations sont décourageantes, gratuites et scientifiquement fausses ; c’est un préjugé immobiliste.
Au contraire, tout suggère que nous entrons dans une phase particulièrement critique de super humanisation sociale. Cet état symptomatique est caractérisé par l’envahissement accéléré du monde par les puissances de collectivisation : libéralisation de l’économie, trusts intellectuels, totalisation des régimes politiques, frein à la pensée individuelle, montée de l’autre, etc … Devant ce déchaînement tentaculaire on ne peut que s’esquiver ou se résigner ; ou essayer de comprendre.
La progression démographique sur la rotondité de la terre dont la surface est limitée, provoque un effet de compression. Il n’y a rien de surprenant à cela, c’était prévisible. En effet, c’est la loi naturelle et universelle de toutes les espèces vivantes : la nature ne se sur-vitalise qu’en se comprimant. Cette loi se vérifie partout, qu’il s’agisse de molécules, d’organismes primitifs, d’espèces animales ou de sociétés humaines. La collectivisation accélérée de la sphère humaine n’est pas autre chose qu’une unité organique close sur elle-même. L’humanité est une archi-molécule hyper complexe, hyper centrée et hyper consciente.
La fermeture du circuit sphérique pensant est l’exact phénomène qui se produit actuellement.
L’idée d’une totalisation planétaire de la conscience humaine, avec un phénomène identique sur les autres planètes habitables de l’univers paraît folle a priori, mais n’est-elle pas l’extrapolation de la courbe cosmique de molécularisation ? Cette idée fantastique ne hausse-t-elle pas aussi notre vision de la vie au niveau des autres idées de même niveau déjà définitivement acceptées comme certaines lois de la physique et de l’astronomie ? Les grands biologistes comme J. Huxley et J.S. Haldane envisagent de diagnostiquer et traiter l’humanité comme s’il s’agissait d’un cerveau des cerveaux ; autre idée révolutionnaire qui fait déjà son chemin.
Sur ce dernier point je ne saurais forcer votre assentiment, mais je puis vous dire d’expérience que cette perspective est éminemment satisfaisante pour l’intelligence et fortifiante pour la volonté. En effet, ces réseaux de pensée opérant dans des domaines sensibles multiples et variés sont une nécessité inquiétante et, regardés sous un angle nouveau, ils sont les premiers linéaments du super organisme et tirés de nos fils individuels ; ils ne s’apprêtent pas à nous mécaniser et à nous confondre mais à nous porter au sein de plus de complexité, à un plus haut niveau de conscience.
Cet envahissement de la passion de découvrir, ce déplacement progressif de l’usine par le laboratoire, de la production par la recherche, du besoin de bien être par le besoin de plus être, ces tendances n’indiquent-elles pas la montée d’un grand souffle de sur-évolution ? Un clivage profond se produit entre l’homme qui croit au progrès et l’homme qui n’y croit pas ; ségrégation diront certains … Cette deuxième guerre mondiale dans laquelle se heurtent des groupes humains quel aspect prend-elle sinon celui d’une crise d’enfantement proportionnée à l’énormité de la naissance attendue.
Lumière pour notre intelligence, réconfort pour notre volonté disions-nous… pour l’Homme-espèce, comme pour l’Homme-individu, la vie devient toujours plus lourde à porter. Sur notre génération le monde pèse davantage que sur les épaules de nos devanciers. Que l’humanité culmine dans nos existences privées, que l’évolution plafonne en chacun de nous, alors l’énorme labeur d’organisation demandé apparaît tragiquement superflu ; serions-nous des dupes ? Alors tuons la machine, fermons le laboratoire et cherchons une évasion dans la pure jouissance de la vie …
Par contre, que l’humanité voit s’ouvrir au-dessus d’elle un étage pour ses développements, que chacun de nous puisse se dire qu’il travaille pour que l’univers s’élève en lui et par lui d’un degré de plus, alors, c’est une nouvelle pulsation d’énergie qui monte au cœur des travailleurs de la terre.
En vérité, le goût de la vie, l’idée d’espérance d’une planétisation de la vie est bien plus qu’une spéculation biologique, car elle est plus nécessaire qu’une source d’énergie nouvelle, c’est elle qui peut nous apporter le feu spirituel faute duquel tous les autres foyers s’éteindront.
Malgré tout cela, il reste une ombre au tableau, au lieu d’un élargissement et d’un approfondissement de la conscience terrestre, la totalisation nous mène à une régression et une matérialisation de l’intelligence, une réponse s’impose. Je pense que nous ne sommes pas en mesure , ni en situation, de faire le procès de ces expériences, mais je peux affirmer que dans la mesure où ces premiers essais ont paru nous incliner dangereusement vers un état infra-humain de fourmilière, ce n’est pas le principe de totalisation qui est en cause, mais la façon maladroite et incomplète avec laquelle ces expériences ont été appliquées.
En vertu des lois de complexité, que faut-il pour que l’humanité grandisse spirituellement en se collectivisant ? Il faut que les unités humaines prises dans le mouvement se rapprochent entre elles, non pas sous l’action de forces externes ou dans l’accomplissement de gestes matériels, mais sous l’action directe de centre à centre par attirance interne et volontaire. C’est par affinité atomique que se forment les molécules, ^pareillement, c’est par sympathie que dans un univers personnalisé les éléments humains peuvent accéder à une plus grande synthèse.
A l’intérieur d’un groupe restreint (famille, équipe, etc …)il est admis qu’une union réussie ne diminue pas les êtres, bien au contraire, une synergie se crée et se développe. Si l’on étendait dans d’autres domaines cette « formule de production d’énergie de liaison » à l’échelle de la planète, on peut, sans risque d’erreur, affirmer qu’un courant de solidarité universelle basé sur une nature et un destin commun sauverait l’humanité, cette nouvelle forme d’amour serait irrésistible. Cette affirmation n’est pas une utopie. A quelle condition cela peut-il réussir ? Pour que tous les hommes arrivent à s’aimer il n’est pas suffisant qu’ils se reconnaissent être les éléments d’un même « quelque chose », il faut qu’en se planètisant ils aient conscience de devenir « quelqu’un », sans se confondre. Mais ce n’est pas encore suffisant, un autre facteur est nécessaire, c’est la montée sur notre horizon intérieur de quelque centre cosmique psychique d’un pôle de conscience suprême vers lequel convergent les consciences élémentaires du monde. C’est ici que se découvre pour notre raison, en harmonie avec la loi de complexité-conscience, une manière acceptable d’imaginer la fin du monde.
d) La fin de la vie planétaire : maturation et évasion.
Avons-nous réfléchi à la fin du monde, ce qui directement pour nous est la fin de notre planète terre, perspective menaçante et certaine ?
Prise à ses débuts la vie paraît modeste dans ses ambitions, mais ce n’est qu’une apparence démentie par la ténacité dont témoignent les plus humbles cellules à se multiplier ; ceci est également confirmé par la montée de la vie sous toutes ses formes, comme le constate l’homme qui en plus est doté d’un redoutable pouvoir de prévision.
Avec le germe de conscience éclos à sa surface, la terre, notre terre périssable que guette le zéro absolu, a fait surgir dans l’univers un besoin désormais irrépressible, non seulement ne pas mourir entièrement, mais sauver ce qui dans le monde s’est développé de plus en plus complexe, de plus centré et de plus subtile : être ou ne pas être irréversible ; que restera-t-il un jour de l’humanité ?
Ainsi se pose le grave problème de la mort, non plus individuelle mais planétaire, perspective qui risquerait de paralyser tout élan de salut sur terre.
La probabilité de cette échéance est certes très lointaine et l’humanité en est encore à sa phase d’adolescence, un long avenir lui est promis.
Il ne s’agit pas de lui cacher la fin du monde, mais il faut absolument exorciser le spectre de la mort totale avec l’idée qu’il existe, selon la logique du principe de complexité/centréité/conscience, un centre divin de convergence, dont la fonction synthétisante et personnalisante est probable, bien qu’elle se situe hors du temps. Nous appellerons ce principe Point Omega.
Imaginons que la sensibilité mystique de la couche humaine vienne à se généraliser de façon à échauffer psychiquement la terre, et ce en même temps que physiquement elle se refroidit.
Dans de telles conditions ne devient-il pas concevable que l’humanité atteigne un seuil critique au-delà duquel , laissant ce qu’il reste de la matière retourner à la masse évanescente de l’énergie primordiale, tandis que l’énergie psychique enrichie de nos individualités, rejoigne le Point Omega ? Phénomène semblable à une mort, donc, mais en réalité simple métamorphose et accès à la synthèse suprême… Evasion non spatiale par le dehors des choses, mais spirituelle par le dedans des choses.
Cette hypothèse tient, elle coïncide avec les réflexions des meilleurs penseurs actuels, tous domaines confondus. En tout cas, seule entre toutes les suppositions que nous pouvons faire sur la fin de la terre, elle nous ouvre une perspective cohérente où convergent les deux courants les plus fondamentaux et les plus puissants de la conscience humaine, celui de l’intelligence et de l’action, ceux de la science et de la religion.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Henri GUYOT / Réflexion sur le progrès (éditions du Seuil p. 85 à 106)
Mardi 15 Février 2011
N’ayant eu que peu de temps libre pour des raisons personnelles j’ai cru n’avoir pas assez de temps pour rédiger quelque chose sur le sujet. En essayant à plusieurs reprises de jeter sur le papier quelques réflexions, je me suis aperçu qu’en fin de compte le thème ne pouvait pas être épuisé en quelques lignes. Le texte de Teilhard demande en effet lecture, relecture et recherches tant historiques que politiques, voire étude de religions comparées.
Je me suis donc contenté de mettre en forme seulement quelques idées préliminaires que je vais, si vous le voulez bien vous livrer.
- page 85 : Teilhard évoque le Temps en arrière et le Temps en avant. Ces deux mouvements du temps ne sont pas, au sens des termes précis utilisés par la branche de la Dynamique des Mathématiques, uniformes. Ils ne sont pas non plus, à mon avis, uniformément variés tant décélérés qu’accélérés. S’ils sont évidemment variés il faut bien se garder d’envisager qu’ils se ressemblent comme par un effet de miroir, comme si le futur était le verso du calque du passé. C’est ainsi, par ailleurs que "le Big bang" n’est vraiment qu’une hypothèse : ce n’est pas parce que les galaxies lointaines semblent s’éloigner qu’un calcul inversé par effet de miroir justifie ce "Big bang" en des équations uniformément décélérées et symétriques. Ceci ne veut pas dire nécessairement que la théorie est fausse. Je veux simplement dire qu’il y a danger à l’inclure dans un raisonnement philosophique ou théologique.
Nous avançons c’est bien tout ce que l’on peut dire.
- De la naissance de la pensée : je doute que dans la courbe de l’évolution il y ait nécessairement un point bien caractérisé de la naissance de la pensée. Je pense que celle-ci est de tous temps, de toutes choses et de toutes les époques. Elle est comme le "Principe" ainsi que le nomme Teilhard. Le "Principe" imprègne tout l’univers.
Ce point critique n’est donc pas un point d’inflexion de la courbe de l’évolution (au sens mathématique de la chose) mais plutôt l’instant d’une vision dépendant des critères même que s’est donné l’observateur. Chacun juge le progrès à son aune.
Il faut donc se contenter de dire encore une fois que nous avançons.
Seules demeurent donc quelques certitudes que l’on peut espérer cerner comme par exemple :
- quel est le mouvement pour l’homme collectif ?
- essai de définition de l’avenir de l’effet de concentration et de compression de l’univers. Que deviennent l’organisation et la coresponsabilité dans ce contexte ? (en politique en économie).
- Les propositions d’avenir des religions.
- Quel doit être le moteur de ce travail ? Vraisemblablement il faut considérer que le Vivant possède une capacité d’auto programmation mue par l’amour. L’amour = force de liaison.
Teilhard dit : « aimez vous les uns les autres en reconnaissant au fond de chacun de vous le même Dieu naissant ».
Henri Guyot – janvier 2011
Je me suis donc contenté de mettre en forme seulement quelques idées préliminaires que je vais, si vous le voulez bien vous livrer.
- page 85 : Teilhard évoque le Temps en arrière et le Temps en avant. Ces deux mouvements du temps ne sont pas, au sens des termes précis utilisés par la branche de la Dynamique des Mathématiques, uniformes. Ils ne sont pas non plus, à mon avis, uniformément variés tant décélérés qu’accélérés. S’ils sont évidemment variés il faut bien se garder d’envisager qu’ils se ressemblent comme par un effet de miroir, comme si le futur était le verso du calque du passé. C’est ainsi, par ailleurs que "le Big bang" n’est vraiment qu’une hypothèse : ce n’est pas parce que les galaxies lointaines semblent s’éloigner qu’un calcul inversé par effet de miroir justifie ce "Big bang" en des équations uniformément décélérées et symétriques. Ceci ne veut pas dire nécessairement que la théorie est fausse. Je veux simplement dire qu’il y a danger à l’inclure dans un raisonnement philosophique ou théologique.
Nous avançons c’est bien tout ce que l’on peut dire.
- De la naissance de la pensée : je doute que dans la courbe de l’évolution il y ait nécessairement un point bien caractérisé de la naissance de la pensée. Je pense que celle-ci est de tous temps, de toutes choses et de toutes les époques. Elle est comme le "Principe" ainsi que le nomme Teilhard. Le "Principe" imprègne tout l’univers.
Ce point critique n’est donc pas un point d’inflexion de la courbe de l’évolution (au sens mathématique de la chose) mais plutôt l’instant d’une vision dépendant des critères même que s’est donné l’observateur. Chacun juge le progrès à son aune.
Il faut donc se contenter de dire encore une fois que nous avançons.
Seules demeurent donc quelques certitudes que l’on peut espérer cerner comme par exemple :
- quel est le mouvement pour l’homme collectif ?
- essai de définition de l’avenir de l’effet de concentration et de compression de l’univers. Que deviennent l’organisation et la coresponsabilité dans ce contexte ? (en politique en économie).
- Les propositions d’avenir des religions.
- Quel doit être le moteur de ce travail ? Vraisemblablement il faut considérer que le Vivant possède une capacité d’auto programmation mue par l’amour. L’amour = force de liaison.
Teilhard dit : « aimez vous les uns les autres en reconnaissant au fond de chacun de vous le même Dieu naissant ».
Henri Guyot – janvier 2011
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
AM Tisserand / L'ESPRIT NOUVEAU / février 2011
Vendredi 11 Février 2011Chapitre 5/ L'AVENIR DE L'HOMME, éditions du Seuil
Dans l’introduction du chapitre 5, p. 99 Teilhard écrit : J’ai cherché dans une longue série d’essais, non à philosopher dans l’absolu, mais à dégager en naturaliste ou en physicien, la signification générale des évènements auxquels nous nous trouvons tangiblement mêlés. Plus ou moins confusément, à une multitude de signes internes et externes (fermentation politique et sociale, inquiétude morale et religieuse)., nous sentons tous que quelque chose de grand se passe(…)Mais quoi exactement ?
-Avoir conscience de ce qui nous entraîne en tant que citoyens de l’univers ne tombe plus sous le bon sens commun. N’en déplaise à René Descartes (1596-1650) lorsqu’il déclare « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » car les avancées de la science ont bousculé la candide jugeote d’autrefois.
L’état présent du monde terrestre me paraît déterminé et expliqué par l’influence de deux transformations affectant les zones profondes de la conscience humaine . C’est ce que l’Apôtre Pierre ….....……….Teilhard de Chardin développe dans ce chapitre et ce sur deux points très précis liés l’un par rapport à l’autre :
1 l’acquisition par l’intelligence humaine d’un sens nouveau, à savoir, la perception du temps..
2-notre action résulte du système des valeurs humaines par ajustements corrélatifs au temps nouvellement perçu.
1) PERCEPTION DU TEMPS
J’ai lu avec un vif intérêt les différents travaux de notre président sur le chapitre 5 de L’Avenir de l’Homme,. Aussi, je ne reviendrai pas sur la dimension plurielle temps-espace (les 2 étant liés) tels qu’il les présente. J’invite nos lecteurs à consulter son travail sur LE TEMPS en date du 26/1/2011 où il a exposé de manière abordables pour tous des choses complexes ; ce qui est dans l’axe d’action de notre Association Lyonnaise.
Ah ! Qu’en termes intelligibles ces choses là sont mises! (1) Puis-je dire, me mettant à la place de Monsieur Jourdain lors de sa leçon avec le philosophe.
Comme quoi ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. (Boileau). Pour toutes ces raisons, je citerai fidèlement le passage p. 102 à 103 du livre actuellement à l’étude.
"Chaque parcelle du réel, au lieu de former approximativement un point, s’étirerait de proche en proche en fibre insécable, se prolongeant en arrière indéfiniment.
-Nous nous sommes aperçus que les fibres ou chaînes élémentaires ainsi formées n’étaient pas homogènes en long, mais qu’elles représentaient chacune une série naturellement ordonnée, dont les chaînons ne pouvaient pas plus être échangés que, dans nos vies individuelles, les divers états d’enfance, d’adolescence, de maturité et de sénescence.
-Nous avons peu à peu compris que, dans l’univers, aucune fibre élémentaire n’est entièrement indépendante, dans sa croissance, des fibres voisines. . Chacune d’elles apparaît prise dans un faisceau . Et ce faisceau à son tour forme fibre supérieure dans un faisceau plus large encore. Et ainsi de suite, à perte de vue. Si bien que, le temps réagissant sur l’espace, et l’incorporant à soi, l’un et l’autre ne forment plus qu’un seul écoulement solide dans lequel l’espace représente la section instantanée d’un flux dont la profondeur et le liant sont donnés par le temps. C’est dans cet ensemble organique que nous nous découvrons pris , sans pouvoir en sortir, aujourd’hui.. D’une part, suivant un système croisé de lignes indéfinies, l’étoffe de l’univers s’étend et rayonne sans limite à partir de nous : spatialement , de l’immense à l’infime, et des abîmes passées aux abîmes à venir. D’autre part, sur ce réseau à la fois interminable et insécable, chaque chose occupe une position singulière, définie par le développement (libre ou déterminé) du système mouvant tout entier .Alors que, depuis deux siècles, en science, en histoire, en philosophie, nous pensions jouer avec des spéculations, des imaginations, des hypothèses, c’était en réalité, par des voies insidieuses et multiples, l’idée d’évolution qui tissait autour de nous ses fils. Nous avions l’illusion de ne pas changer. Et voici que, pareils à des enfants dont les yeux se dessillent, nous sommes en train de nous éveiller à un monde où le néo-temps, organisant et dynamisant l’espace, vient imposer à la totalité de nos connaissances une structure et une allure nouvelles."
Il m’est impossible de ne pas penser au célèbre tableau de Dali, âgé de 27 ans lorsqu’il l’élabora : les montres fondues, nommées aussi Montres molles ou encore Persistance de la mémoire..On dit que cette oeuvre fut inspirée par un simple camembert consommé à la table du maître, un soir où il était en proie à une forte migraine . Aucune montre n’indique la même heure et, la seule qui ne soit pas “courbée" en fléchissant comme un fromage fatigué, est renversée et se trouve infestée de fourmis; pas sur qu’elle marque des heures... D’ailleurs l’ensemble des montres implique aussi celui qui regarde le tableau, en premier plan, face à une perspective infinie dont Dali et les grands maîtres de la peinture eurent ou ont encore le secret.
Cette mise en scène des implications de la condition des Hommes sur terre est comparable à une fugue de Bach (1685-1750) : enchevêtrement architectural complexe, qui commence toujours de manière si calme et naturelle.Puis, à partir du thème exposé, ramifications de plus en plus exubérantes de lierre sonore qui se tresse et se tisse autour d’un seul axe; lequel pourrait bien représenter l’éternité ou temps divin. Pourquoi pas ?(Voir en tête d'article photos d'Einstein au violon à différents âges) J’y retrouve aussi l’enchaînement des “Fibres” selon Teilhard dans la citation que j’ai prélevée il y a quelques lignes en arrière
Bach,Teilhard, Dali ...la relativité fut établie par un autre génie que ni Dali (1904-1989 ( bas de page 3) ni Teilhard (1881-1955) n’ignoraient; Einstein,(1879-1955) démontra en 1915 la relativité de l’espace-temps . Ce dernier n’est plus une ligne droite uniforme. L’univers comme l’espace temps sont courbes. Sa théorie est une révolution car jusqu’alors la pensée de Newton (1642-1727) sur le mouvement d'une particule était décrit dans un « référentiel inertiel », c'est à dire dans lequel une particule soumise à aucune force, continue son mouvement en ligne droite. En d'autres termes, le temps dans la théorie de Newton était décrit dans un cadre absolu. Désormais, depuis Einstein, l’espace temps et l’univers sont courbes, flexibles, variables, en un mot relatifs. La perception que nous pouvons en avoir est assujettie à l’élévation de nos niveaux de conscience et d’intelligence collectifs, et ce n’est pas une lapalissade.…
Teilhard mentionne bien la « courbure conique du temps »
- La base large sur laquelle le cône s’appuie et s’élève peut correspondre à l’incommensurable nuit des temps passés.
- Son point sommital illustre le point hypothétique de convergence qui absorbe et résume toute la création. C’est aussi le point de la consommation des temps (Omega)
- L’axe qui traverse le cône synthétise la présence permanente Alpha-Omega ou, en termes teilhardiens, la Christo genèse. L’un ne va pas sans l’autre (cf. Apocalypse ch.1/8 soit : Alpha le début, la création et Omega le but final de l’évolution).D’un bout à l’autre cet axe porte en Lui et avec Lui l’ensemble du cône.
La figure du cône est à imaginer, à la fois par rapport à chaque être individuellement, et par rapport au phylum humain globalement (hypothèse teilhardienne qui est explicitée dans la seconde partie du chapitre 5). Nous sommes en Lui. Il est en nous. (2) Plus cette masse monte en volume et en conscience, plus elle est compressée du fait du rétrécissement du cône vers le haut. Ce mécanisme de compression tout en s’amplifiant accroît et accélère le processus d’évolution. Il explique ce quelque chose de grand qui se passe et que nous sentons à travers les différentes fermentations selon l'expression de Teilhard, et que nous vivons.
L’heure de nos montres, indispensable pour un rythme normal de vie sociale, ne nous situe plus, à la papa, dans un temps platement linéaire et universel. Une telle révolution dans notre perception n’est pas sans impacte sur les mentalités et la manière de conduire nos vies. Tel est le sujet développé par Teilhard en seconde partie du chapitre.
2) TRANSPOSITION CONIQUE DE L’ACTION
Je me demande si nos actions seraient « courbes » elles aussi ? C'est-à-dire, divergeraient-elles de la ligne droite allant dans la direction directe de nos intentions ? C’est plus que probable ! Par effet de cercles concentriques comparables à ceux qui révèlent qu’une pierre a été jetée dans l’eau, nous n’en maîtrisons certainement pas tous les effets en chaîne, connus et inconnus. D’ailleurs, cette comparaison peut s’imaginer et se schématiser facilement en cône renversé. Et si ce cône n’était « renversé » que par rapport à nous et à notre vision imminente, restrictive, voire égoïstement humaine des choses. ?
C’est là que « La transposition conique de l’action » selon Teilhard apporte tous le sens nécessaire au goût de vivre pour que l’Homme veuille bien agir « utile » à l’évolution. Quel que soit l’acte, quelles que soient nos valeurs, nous comprenons maintenant son importance. Elle est dans la force unificatrice d’amour ; Puissance et Principe d’Attraction tapis dans les profondeurs de la vie à tous ses niveaux.et sans lesquels la vie ne serait pas.
"L’univers sort de l’ombre. L’univers se précise. L’univers se valorise. L’univers s’échauffe...L’univers s’illumine". C’est à travers ces cinq points que Teilhard développe et justifie son raisonnement (p. 109 à 110) D’où la conclusion suivante : L’univers a un sens qui s’étaye conjointement :
- sur l’avancée de nos capacités cognitives (« Perception du temps »)
- sur le développement de nos capacités psychiques pour les uns et/ou spirituelles pour les autres (« transposition conique de l’action » et « vers un renouveau Chrétien »).
"Pour être capable de nouer en soi les fibres prolongées dans le monde, le sommet du cône à l’intérieur duquel nous nous mouvons ne peut être conçu que comme ultra-conscient, ultra-personnel, ultra-actuel. Il doit nous atteindre et agir sur nous, non seulement indirectement, à travers l’universel réseau des synthèses physiques, mais aussi, et plus encore, directement de centre à centre (c'est-à-dire de conscience à conscience), par rencontre avec la plus fine pointe de nous même". (p.110)
----------------------------------------------------------------------------------------------
(1) «Ah ! qu’en termes galants ces choses là sont mises !» Le Bourgeois gentilhomme/Molière/acte 2, scène 1
(2) Cette phrase est un extrait du verset 20, chapitre 14/Jean.
(3) En tous cas, Dali n'ignorait pas davantage Teilhard de chardin et, dans une interview il déclare, dans une période avancée de sa vie, sa pensée sur la transmutation scientifique de la matière en énergie; "Les découvertes de la physique quantique sur la nature de l'énergie révèlent que la matière devient énergie à un certain stade de dématérialisation. J'ai compris que la science était en train de se spiritualiser. La démarche mystique des savants les plus éminents est très étonnante; les déclarations de Max Planck (1858-1947) et les conceptions du grand savant jésuite Teilhard de Chardin :dans son évolution constante, l'homme se rapproche de plus en plus de l'unité (fusion) avec Dieu".
-Avoir conscience de ce qui nous entraîne en tant que citoyens de l’univers ne tombe plus sous le bon sens commun. N’en déplaise à René Descartes (1596-1650) lorsqu’il déclare « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » car les avancées de la science ont bousculé la candide jugeote d’autrefois.
L’état présent du monde terrestre me paraît déterminé et expliqué par l’influence de deux transformations affectant les zones profondes de la conscience humaine . C’est ce que l’Apôtre Pierre ….....……….Teilhard de Chardin développe dans ce chapitre et ce sur deux points très précis liés l’un par rapport à l’autre :
1 l’acquisition par l’intelligence humaine d’un sens nouveau, à savoir, la perception du temps..
2-notre action résulte du système des valeurs humaines par ajustements corrélatifs au temps nouvellement perçu.
1) PERCEPTION DU TEMPS
J’ai lu avec un vif intérêt les différents travaux de notre président sur le chapitre 5 de L’Avenir de l’Homme,. Aussi, je ne reviendrai pas sur la dimension plurielle temps-espace (les 2 étant liés) tels qu’il les présente. J’invite nos lecteurs à consulter son travail sur LE TEMPS en date du 26/1/2011 où il a exposé de manière abordables pour tous des choses complexes ; ce qui est dans l’axe d’action de notre Association Lyonnaise.
Ah ! Qu’en termes intelligibles ces choses là sont mises! (1) Puis-je dire, me mettant à la place de Monsieur Jourdain lors de sa leçon avec le philosophe.
Comme quoi ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. (Boileau). Pour toutes ces raisons, je citerai fidèlement le passage p. 102 à 103 du livre actuellement à l’étude.
"Chaque parcelle du réel, au lieu de former approximativement un point, s’étirerait de proche en proche en fibre insécable, se prolongeant en arrière indéfiniment.
-Nous nous sommes aperçus que les fibres ou chaînes élémentaires ainsi formées n’étaient pas homogènes en long, mais qu’elles représentaient chacune une série naturellement ordonnée, dont les chaînons ne pouvaient pas plus être échangés que, dans nos vies individuelles, les divers états d’enfance, d’adolescence, de maturité et de sénescence.
-Nous avons peu à peu compris que, dans l’univers, aucune fibre élémentaire n’est entièrement indépendante, dans sa croissance, des fibres voisines. . Chacune d’elles apparaît prise dans un faisceau . Et ce faisceau à son tour forme fibre supérieure dans un faisceau plus large encore. Et ainsi de suite, à perte de vue. Si bien que, le temps réagissant sur l’espace, et l’incorporant à soi, l’un et l’autre ne forment plus qu’un seul écoulement solide dans lequel l’espace représente la section instantanée d’un flux dont la profondeur et le liant sont donnés par le temps. C’est dans cet ensemble organique que nous nous découvrons pris , sans pouvoir en sortir, aujourd’hui.. D’une part, suivant un système croisé de lignes indéfinies, l’étoffe de l’univers s’étend et rayonne sans limite à partir de nous : spatialement , de l’immense à l’infime, et des abîmes passées aux abîmes à venir. D’autre part, sur ce réseau à la fois interminable et insécable, chaque chose occupe une position singulière, définie par le développement (libre ou déterminé) du système mouvant tout entier .Alors que, depuis deux siècles, en science, en histoire, en philosophie, nous pensions jouer avec des spéculations, des imaginations, des hypothèses, c’était en réalité, par des voies insidieuses et multiples, l’idée d’évolution qui tissait autour de nous ses fils. Nous avions l’illusion de ne pas changer. Et voici que, pareils à des enfants dont les yeux se dessillent, nous sommes en train de nous éveiller à un monde où le néo-temps, organisant et dynamisant l’espace, vient imposer à la totalité de nos connaissances une structure et une allure nouvelles."
Il m’est impossible de ne pas penser au célèbre tableau de Dali, âgé de 27 ans lorsqu’il l’élabora : les montres fondues, nommées aussi Montres molles ou encore Persistance de la mémoire..On dit que cette oeuvre fut inspirée par un simple camembert consommé à la table du maître, un soir où il était en proie à une forte migraine . Aucune montre n’indique la même heure et, la seule qui ne soit pas “courbée" en fléchissant comme un fromage fatigué, est renversée et se trouve infestée de fourmis; pas sur qu’elle marque des heures... D’ailleurs l’ensemble des montres implique aussi celui qui regarde le tableau, en premier plan, face à une perspective infinie dont Dali et les grands maîtres de la peinture eurent ou ont encore le secret.
Cette mise en scène des implications de la condition des Hommes sur terre est comparable à une fugue de Bach (1685-1750) : enchevêtrement architectural complexe, qui commence toujours de manière si calme et naturelle.Puis, à partir du thème exposé, ramifications de plus en plus exubérantes de lierre sonore qui se tresse et se tisse autour d’un seul axe; lequel pourrait bien représenter l’éternité ou temps divin. Pourquoi pas ?(Voir en tête d'article photos d'Einstein au violon à différents âges) J’y retrouve aussi l’enchaînement des “Fibres” selon Teilhard dans la citation que j’ai prélevée il y a quelques lignes en arrière
Bach,Teilhard, Dali ...la relativité fut établie par un autre génie que ni Dali (1904-1989 ( bas de page 3) ni Teilhard (1881-1955) n’ignoraient; Einstein,(1879-1955) démontra en 1915 la relativité de l’espace-temps . Ce dernier n’est plus une ligne droite uniforme. L’univers comme l’espace temps sont courbes. Sa théorie est une révolution car jusqu’alors la pensée de Newton (1642-1727) sur le mouvement d'une particule était décrit dans un « référentiel inertiel », c'est à dire dans lequel une particule soumise à aucune force, continue son mouvement en ligne droite. En d'autres termes, le temps dans la théorie de Newton était décrit dans un cadre absolu. Désormais, depuis Einstein, l’espace temps et l’univers sont courbes, flexibles, variables, en un mot relatifs. La perception que nous pouvons en avoir est assujettie à l’élévation de nos niveaux de conscience et d’intelligence collectifs, et ce n’est pas une lapalissade.…
Teilhard mentionne bien la « courbure conique du temps »
- La base large sur laquelle le cône s’appuie et s’élève peut correspondre à l’incommensurable nuit des temps passés.
- Son point sommital illustre le point hypothétique de convergence qui absorbe et résume toute la création. C’est aussi le point de la consommation des temps (Omega)
- L’axe qui traverse le cône synthétise la présence permanente Alpha-Omega ou, en termes teilhardiens, la Christo genèse. L’un ne va pas sans l’autre (cf. Apocalypse ch.1/8 soit : Alpha le début, la création et Omega le but final de l’évolution).D’un bout à l’autre cet axe porte en Lui et avec Lui l’ensemble du cône.
La figure du cône est à imaginer, à la fois par rapport à chaque être individuellement, et par rapport au phylum humain globalement (hypothèse teilhardienne qui est explicitée dans la seconde partie du chapitre 5). Nous sommes en Lui. Il est en nous. (2) Plus cette masse monte en volume et en conscience, plus elle est compressée du fait du rétrécissement du cône vers le haut. Ce mécanisme de compression tout en s’amplifiant accroît et accélère le processus d’évolution. Il explique ce quelque chose de grand qui se passe et que nous sentons à travers les différentes fermentations selon l'expression de Teilhard, et que nous vivons.
L’heure de nos montres, indispensable pour un rythme normal de vie sociale, ne nous situe plus, à la papa, dans un temps platement linéaire et universel. Une telle révolution dans notre perception n’est pas sans impacte sur les mentalités et la manière de conduire nos vies. Tel est le sujet développé par Teilhard en seconde partie du chapitre.
2) TRANSPOSITION CONIQUE DE L’ACTION
Je me demande si nos actions seraient « courbes » elles aussi ? C'est-à-dire, divergeraient-elles de la ligne droite allant dans la direction directe de nos intentions ? C’est plus que probable ! Par effet de cercles concentriques comparables à ceux qui révèlent qu’une pierre a été jetée dans l’eau, nous n’en maîtrisons certainement pas tous les effets en chaîne, connus et inconnus. D’ailleurs, cette comparaison peut s’imaginer et se schématiser facilement en cône renversé. Et si ce cône n’était « renversé » que par rapport à nous et à notre vision imminente, restrictive, voire égoïstement humaine des choses. ?
C’est là que « La transposition conique de l’action » selon Teilhard apporte tous le sens nécessaire au goût de vivre pour que l’Homme veuille bien agir « utile » à l’évolution. Quel que soit l’acte, quelles que soient nos valeurs, nous comprenons maintenant son importance. Elle est dans la force unificatrice d’amour ; Puissance et Principe d’Attraction tapis dans les profondeurs de la vie à tous ses niveaux.et sans lesquels la vie ne serait pas.
"L’univers sort de l’ombre. L’univers se précise. L’univers se valorise. L’univers s’échauffe...L’univers s’illumine". C’est à travers ces cinq points que Teilhard développe et justifie son raisonnement (p. 109 à 110) D’où la conclusion suivante : L’univers a un sens qui s’étaye conjointement :
- sur l’avancée de nos capacités cognitives (« Perception du temps »)
- sur le développement de nos capacités psychiques pour les uns et/ou spirituelles pour les autres (« transposition conique de l’action » et « vers un renouveau Chrétien »).
"Pour être capable de nouer en soi les fibres prolongées dans le monde, le sommet du cône à l’intérieur duquel nous nous mouvons ne peut être conçu que comme ultra-conscient, ultra-personnel, ultra-actuel. Il doit nous atteindre et agir sur nous, non seulement indirectement, à travers l’universel réseau des synthèses physiques, mais aussi, et plus encore, directement de centre à centre (c'est-à-dire de conscience à conscience), par rencontre avec la plus fine pointe de nous même". (p.110)
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(1) «Ah ! qu’en termes galants ces choses là sont mises !» Le Bourgeois gentilhomme/Molière/acte 2, scène 1
(2) Cette phrase est un extrait du verset 20, chapitre 14/Jean.
(3) En tous cas, Dali n'ignorait pas davantage Teilhard de chardin et, dans une interview il déclare, dans une période avancée de sa vie, sa pensée sur la transmutation scientifique de la matière en énergie; "Les découvertes de la physique quantique sur la nature de l'énergie révèlent que la matière devient énergie à un certain stade de dématérialisation. J'ai compris que la science était en train de se spiritualiser. La démarche mystique des savants les plus éminents est très étonnante; les déclarations de Max Planck (1858-1947) et les conceptions du grand savant jésuite Teilhard de Chardin :dans son évolution constante, l'homme se rapproche de plus en plus de l'unité (fusion) avec Dieu".
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Jean-Pierre Frésafond/L’ESPRIT NOUVEAU
Jeudi 10 Février 2011Chapitre 5 « L’AVENIR DE L’HOMME »
Le chapitre 5 peut être résumé avec une dizaine d’idées fortes. Le choix de ces idées est bien sur subjectif, variant ainsi en fonction de chaque individu. Ces idées sont les suivantes :
1- « Quelque chose de grand se passe dans le monde (…) ».
L’émerveillement et la curiosité nous animent.
2- Importance de l’espace-temps pour saisir la pensée de Teilhard car il s’y réfère souvent.
A plusieurs reprises il fait cette recommandation (voir étude sur le temps placée dans le site en janvier 2011)
3- Transposition conique de l’espace-temps pour soutenir l’idée du principe de convergence
avec l’image de deux cônes opposés par le sommet.
4- « C’est l’Homme qui fait l’évolution (…) »
5- « Prises dans la courbure de l’espace-temps, les masses de la matière animée et
pensante se resserrent et convergent vers la pensée ».
6- b[« Transportée dans le cône du temps, l’humanité se prolonge au-delà des individus »]b
. Voir « noosphère » .
7- « La surface de notre planète terre est limitée, cela génère un effet de compression, l’augmentation de la population provoque donc un « échauffement psychologique, lequel facteur incontournable induit la recherche et le progrès. »
8- « Qu’est-ce que le bien, qu’est-ce que le mal ? Le mal n’est pas le contraire du bien, il est l’ABSENCE de bien, ce qui est très différent ».
En examinant cette question de plus près, on pourrait dire que le mal est la force vitale de chaque espèce vivante qui tente,, au détriment des autres de recouvrir toute la surface de la terre. C’est la loi de la nature. Cette force d’expansion illimitée est génée par un autre force très orientée, qui s’est manifestée quand la vie a franchi le pas de la réflexion. Cette nouvelle force est axée sur la morale et un code de société, elle correspond à un phénomène nouveau : la montée de conscience. Plus la vision des choses est élevée, plus les libertés individuelles sont confrontées à un sentiment inverse et nouveau qui est la prise de responsabilité. On entre ici dans le système complexe des boucles de rétroactions internes et externes des individus qui modifient leurs consciences. La sortie vers le haut devient inéluctable et bien souvent à notre corps défendant.
Ainsi, le bien peut être défini par une nouvelle force montante qui s’oppose aux « mauvaises » forces d’inertie représentées par la vieille loi de la nature, ou élan vital. D’une autre manière, on pourrait dire que le mal n’existe pas, il est seulement un état-infra humain qui nous a précédés de plusieurs millions à un milliard d’années et qui laisse des traces fossiles.
9- L’image du Christ Universel est située au sommet du cône de l’évolution, juste avant le
point de singularité (cf étude sur le Temps).
10- . 1- « Le Christianisme se voit amené à découvrir au dessous de Dieu les valeurs du monde, ainsi que la réalité de Dieu qui est au-dessus du Monde ; deux mouvements inverses qui sont appelés à se pénétrer réciproquement ».
C’est ce dixième et dernier point qui va être développé ci-après, selon une interprétation personnelle mais néanmoins teilhardienne.
L’idée d’inter pénétration progressive de Dieu et des Hommes n’est pas nouvelle car elle se trouve déjà dans le symbole de l’étoile à six branches, connue sous le nom d’étoile de David. Il est intéressant de remarquer que l’étoile dite « des bergers » celle qui conduisit les rois mages à la crèche de Jésus, est, elle aussi, une étoile à six branches, et ce n’est pas un hasard.
Que signifie ce symbole de l’hexagramme ?
Imaginons un triangle équilatéral pointe en bas et un autre triangle équilatéral pointe en haut, les deux se touchant, opposés par leurs sommets. Le triangle du haut représente Dieu , force immanente et le triangle du bas représente l’Homme, force transcendante. Lorsque ces deux triangles ne se touchent pas, nous sommes dans le domaine de l’infra humain. S’ils se touchent, nous sommes dans le domaine de l’humain car le contact des x sommets des triangles représente l’apparition de la conscience, le pas de la réflexion a été franchi. L’Homme imagine enfin l’existence de son Créateur et il est en contact spirituel avec Lui : Mon nom est autre et le même pourtant pense-t-il dans son rêve… « Nous en Dieu, Dieu en nous » et se produit alors l’inter pénétration des deux triangles , l’étoile à six branches est achevée, apparait alors le Christ Universel, espérance rédemptrice.
Il n’y a pas de faute originelle, au stade infra humain l’Homme ne sait pas ce qu’il fait, et c’est lorsque l’Homme sait ce qu’il fait, c’est ensuite seulement, lorsque l’Homme est responsable que le moment est difficile. Mais l’Homme achevé qu’il deviendra peut-être, il le sait, ne pourra plus revenir en arrière. Il sera pris par Dieu et, malgré lui, il ne pourra plus s’en déprendre.
L’étoile à six branches est un symbole universel, repris par de nombreuses voies initiatiques, il peut les rapprocher, encore faut-il que les adeptes de ces voies le veuillent.
Teilhard s’en est sans doute inspiré lorsqu’il écrit : Le Christianisme se voit amené à découvrir, au dessous de Dieu, les valeurs du monde et, au dessus du monde, la réalité de Dieu. Il aurait même dû élargir ce précepte à toutes les religions ; il n’y a pas de sous-religion.
L’Homme achevé est un homme libre et le sage ne peut être qu’un homme libre. La pensée du sage ne dépend plus ni des religions, ni des politiques, ni des égocentrismes et, pourrait-on presque dire surnaturellement puisqu’il infléchit l’élan vital , sans l’annihiler mais seulement en le domptant.
Au commencement, les religions ordonnent et initient, et l’initié doit prendre le relais pour découvrir la vraie voie, celle qui rend libre, et transmettre à son tour. « Va dans le monde » dit-on au nouvel initié.
1- « Quelque chose de grand se passe dans le monde (…) ».
L’émerveillement et la curiosité nous animent.
2- Importance de l’espace-temps pour saisir la pensée de Teilhard car il s’y réfère souvent.
A plusieurs reprises il fait cette recommandation (voir étude sur le temps placée dans le site en janvier 2011)
3- Transposition conique de l’espace-temps pour soutenir l’idée du principe de convergence
avec l’image de deux cônes opposés par le sommet.
4- « C’est l’Homme qui fait l’évolution (…) »
5- « Prises dans la courbure de l’espace-temps, les masses de la matière animée et
pensante se resserrent et convergent vers la pensée ».
6- b[« Transportée dans le cône du temps, l’humanité se prolonge au-delà des individus »]b
. Voir « noosphère » .
7- « La surface de notre planète terre est limitée, cela génère un effet de compression, l’augmentation de la population provoque donc un « échauffement psychologique, lequel facteur incontournable induit la recherche et le progrès. »
8- « Qu’est-ce que le bien, qu’est-ce que le mal ? Le mal n’est pas le contraire du bien, il est l’ABSENCE de bien, ce qui est très différent ».
En examinant cette question de plus près, on pourrait dire que le mal est la force vitale de chaque espèce vivante qui tente,, au détriment des autres de recouvrir toute la surface de la terre. C’est la loi de la nature. Cette force d’expansion illimitée est génée par un autre force très orientée, qui s’est manifestée quand la vie a franchi le pas de la réflexion. Cette nouvelle force est axée sur la morale et un code de société, elle correspond à un phénomène nouveau : la montée de conscience. Plus la vision des choses est élevée, plus les libertés individuelles sont confrontées à un sentiment inverse et nouveau qui est la prise de responsabilité. On entre ici dans le système complexe des boucles de rétroactions internes et externes des individus qui modifient leurs consciences. La sortie vers le haut devient inéluctable et bien souvent à notre corps défendant.
Ainsi, le bien peut être défini par une nouvelle force montante qui s’oppose aux « mauvaises » forces d’inertie représentées par la vieille loi de la nature, ou élan vital. D’une autre manière, on pourrait dire que le mal n’existe pas, il est seulement un état-infra humain qui nous a précédés de plusieurs millions à un milliard d’années et qui laisse des traces fossiles.
9- L’image du Christ Universel est située au sommet du cône de l’évolution, juste avant le
point de singularité (cf étude sur le Temps).
10- . 1- « Le Christianisme se voit amené à découvrir au dessous de Dieu les valeurs du monde, ainsi que la réalité de Dieu qui est au-dessus du Monde ; deux mouvements inverses qui sont appelés à se pénétrer réciproquement ».
C’est ce dixième et dernier point qui va être développé ci-après, selon une interprétation personnelle mais néanmoins teilhardienne.
L’idée d’inter pénétration progressive de Dieu et des Hommes n’est pas nouvelle car elle se trouve déjà dans le symbole de l’étoile à six branches, connue sous le nom d’étoile de David. Il est intéressant de remarquer que l’étoile dite « des bergers » celle qui conduisit les rois mages à la crèche de Jésus, est, elle aussi, une étoile à six branches, et ce n’est pas un hasard.
Que signifie ce symbole de l’hexagramme ?
Imaginons un triangle équilatéral pointe en bas et un autre triangle équilatéral pointe en haut, les deux se touchant, opposés par leurs sommets. Le triangle du haut représente Dieu , force immanente et le triangle du bas représente l’Homme, force transcendante. Lorsque ces deux triangles ne se touchent pas, nous sommes dans le domaine de l’infra humain. S’ils se touchent, nous sommes dans le domaine de l’humain car le contact des x sommets des triangles représente l’apparition de la conscience, le pas de la réflexion a été franchi. L’Homme imagine enfin l’existence de son Créateur et il est en contact spirituel avec Lui : Mon nom est autre et le même pourtant pense-t-il dans son rêve… « Nous en Dieu, Dieu en nous » et se produit alors l’inter pénétration des deux triangles , l’étoile à six branches est achevée, apparait alors le Christ Universel, espérance rédemptrice.
Il n’y a pas de faute originelle, au stade infra humain l’Homme ne sait pas ce qu’il fait, et c’est lorsque l’Homme sait ce qu’il fait, c’est ensuite seulement, lorsque l’Homme est responsable que le moment est difficile. Mais l’Homme achevé qu’il deviendra peut-être, il le sait, ne pourra plus revenir en arrière. Il sera pris par Dieu et, malgré lui, il ne pourra plus s’en déprendre.
L’étoile à six branches est un symbole universel, repris par de nombreuses voies initiatiques, il peut les rapprocher, encore faut-il que les adeptes de ces voies le veuillent.
Teilhard s’en est sans doute inspiré lorsqu’il écrit : Le Christianisme se voit amené à découvrir, au dessous de Dieu, les valeurs du monde et, au dessus du monde, la réalité de Dieu. Il aurait même dû élargir ce précepte à toutes les religions ; il n’y a pas de sous-religion.
L’Homme achevé est un homme libre et le sage ne peut être qu’un homme libre. La pensée du sage ne dépend plus ni des religions, ni des politiques, ni des égocentrismes et, pourrait-on presque dire surnaturellement puisqu’il infléchit l’élan vital , sans l’annihiler mais seulement en le domptant.
Au commencement, les religions ordonnent et initient, et l’initié doit prendre le relais pour découvrir la vraie voie, celle qui rend libre, et transmettre à son tour. « Va dans le monde » dit-on au nouvel initié.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Marcel Comby : Le cône du temps, un des grands archétypes de l’humanité
Lundi 7 Février 2011Les scientifiques actuels , et non des moindres, reprennent volontiers la vieille tradition du discours analogique. Dans ce but, ils déduisent de ce qui est déjà connu ce qui ne l’est pas encore, jettent des ponts entre différentes disciplines pour réaliser un surcroît de connaissance. Pour les théologiens, la réalité de Dieu ne peut être approchée que par des voies indirectes. C’est aussi le cas de la métaphore qui fonctionne par un transfert imagé de signification. Ainsi le tout petit angle droit de notre géométrie élémentaire engendre une pléthore de systèmes dont la caractéristique est l’orthogonalité. En mécanique quantique existent des états dits orthogonaux et dans l’art sacré il y a la fameuse rosace emplie de sens.
Il est trompeur de croire que l’organisation de l’Univers n’est faite que d’Evolution.
Dans le cadre de la matière, les lois physiques sont immuables ; dans le cadre de l’esprit il existe également des constantes universelles qu’on désigne sous le terme d’Archétype.
Pour imaginer cet Univers, j’aime cette métaphore du vitrail de nos églises dont les structures rigides laissent se précipiter la lumière, source de créations et d’évolutions.
La psychologie de Jung utilise la notion d’archétype pour désigner des images abstraites et anciennes qui font partie du trésor commun de l’humanité et qui se retrouvent dans toutes les mythologies. On y rencontre des invariants, des symboles universels et constants. L’archétype est aussi un modèle intelligible qui témoigne, à un niveau supérieur, de l’organisation de la pensée commune à tous les êtres humains depuis l’apparition de l’intelligence.
Dans l’Antiquité, Thalès a mis en évidence les notions de RAPPORT et de PARALLELISME. Le réel est inaccessible à nos capacités mentales ; l’Homme ne peut qu’établir des relations entre les objets. En outre on dira que deux idéologies sont parallèles si elles admettent une direction et une finalité communes. Dire que la science et la religion sont complémentaires dans l’approche du divin est une contre vérité.
Pythagore a, quant à lui, étudié les objets dans le cadre de l’ORTHOGONALITE.
Ce qui fait penser d’abord à cette notion c’est la Verticalité et l’Horizontalité : la transcendance et le monde créé, lieu de toutes les possibilités immanentes. La verticalité symbolise l’ascensionnel et le progrès. Teilhard évoque, dans le phénomène humain, les notions d’énergies tangentielles et d’énergies radiales : énergies d’arrangements de choses assujetties au même degré de complexité et énergies centrées attirant les choses dans une direction de plus grande complexité. Deux systèmes de pensée seront dits orthogonaux s’ils se situent dans deux plans différents de la Connaissance. Dans sa théorie de la Relativité, Einstein a dit : « Le temps est orthogonal à l’espace ». De même la science et la religion sont « orthogonales l’une par rapport à l’autre ». Comme deux droites perpendiculaires ont un point commun, science et religion se complètent pour que l’humanité converge vers un centre au sens teilhardien du terme. La science ne mène pas à la vérité mais elle propose des directions et des pistes de recherche.
Dés la petite enfance, l’être humain sait APPARIER les objets d’une collection, par exemple : installer des poupées une à une sur un nombre égal de petites chaises et reconnaître les anomalies de configuration dans les deux collections. Cette notion d’appariement ou correspondance biunivoque sert de base à toute recherche scientifique ou autre. L’analogie, par exemple, a une mission d’interprétation des textes bibliques.
La droite et la gauche de notre corps, le haut et le bas, nous introduisent dans le mystérieux domaine de la DUALITE : composition et décomposition, analyse et synthèse, etc. La Connaissance et la recherche découlent de ces modes cognitifs.
Un autre modèle est celui de l’Homme qui joint les mains comme pour réaliser un cône ascendant. Soit il le fait pour demander une faveur suprême ou pour implorer une divinité, soit il prie ou médite dans une sorte d’unification de son corps : c’est un geste universel qui a son importance.
Teilhard a justement inventé cette image de section conique pour établir une correspondance entre l’espace et le temps et probablement mettre en évidence la nature religieuse de l’homme et sa recherche permanente de l’absolu ou celle du pardon..
La métaphore du cône est donc très riche en symbolisme. Le cône est supposé vertical et de révolution de sorte qu’il possède un axe vertical et un sommet. Si on comprend bien, la section d’un tel cône représente géométriquement un Espace circulaire dont l’étendue varie de façon proportionnelle à son éloignement du Sommet. Le Temps est la variable qui rapproche l’espace du sommet. Nous sommes donc bien dans la configuration de deux réalités orthogonales. Epistémologiquement ces propriétés doivent logiquement signifier que les variations de la variable Temps induisent tout naturellement un rapprochement et un renforcement des liaisons entre les éléments de l’Espace. Le Sommet est alors semblable à un « trou noir » de l’astrophysique, au sein duquel les forces d’interactions sont extrêmement élevées. L’idée de Teilhard est sans doute de convaincre que notre Univers va perpétuellement en s’enrichissant par le truchement des relations d’amour et de solidarité toujours inachevées entre les hommes. En fait ces relations d’Amour sont multiples et souvent invisibles. Les médias ne font que perturber ce bel agencement ! Citons un tout petit fait divers : Récemment un couple africain demanda à l’évêque de Saint Etienne de lui procurer quelques prénoms afin de faire baptiser leur enfant dans la religion catholique. Le prêtre, fouillant dans l’histoire de ses ascendants, leur proposa : Pierre, Marc, Auguste, etc…Un peu plus tard le couple ayant bien réfléchi, choisit Auguste ! en référence au passé de celui qui porta ce prénom. L’évêque en fut ravi et conclut : « maintenant nous aurons un petit Auguste congolais !! ». Cette histoire illustre bien la réalité selon laquelle il peut s’établir entre des êtres très éloignés géographiquement une relation planétaire d’ordre spirituel. Il est certain que nous avons changé de monde.
Rien à voir avec la fin du géocentrisme au temps de Galilée trois cents ans auparavant. Avec l’évolution biologique, les valeurs planétaires n’ont plus la même signification. L’Homme se trouve concerné par un changement de paradigme ; il devient la forme supérieure du monde animal, et non plus seulement un être évolué mais isolé du monde animal. Cet isolement lui ôte toute idée qu’il possède un avenir, en vertu de son appartenance à un monde en évolution : il y a quelque chose en avant de lui ! Le darwinisme, d’ailleurs, se présentait juste à point nommé dans cet élan scientifique et philosophique, pour fournir une certaine justification à l’idée de progrès. Un problème apparaît alors pour l’homme de notre époque : celui, inéluctable, de l’extinction des espèces ; la disparition mystérieuse des phyla au cours des périodes géologiques. La vie moyenne des différentes espèces se mesure en quelques millions d’années. Une mort collective concerne ainsi toutes les espèces y compris l’espèce humaine : une raison, pour nos contemporains, de se soucier de cette ombre menaçante qui se présente à eux. Dans sa détresse métaphysique, l’homme ne va-t-il pas tenter de prolonger techniquement sa survie, dans l’espace et dans le temps ? Peut-il abolir, par son intelligence, cette idée de Fin de l’humanité ?
Teilhard dit que l’humanité est une espèce qui converge, donc il conclut :
« Car enfin si, par structure, l’Humanité ne va pas se dissipant, mais se concentrant sur elle-même ; autrement dit si, unique parmi toutes les formes vivantes que nous connaissons, notre phylum zoologique dérive laborieusement vers un point critique de Spéciation : alors, tous les espoirs ne nous sont-ils pas permis en matière de survie et d’irréversible ?
La fin d’une espèce « réfléchie » : non plus une désagrégation et une mort, mais une nouvelle percée et une renaissance (cette fois hors du Temps et de l’Espace), par excès même d’unification et de co – réflexion. ». (L’avenir de l’homme page 349)
Bien sûr cette idée d’un salut de l’espèce humaine en direction, non pas d’un transformisme spatio – temporel, mais d’une sorte d’évasion psychique par excès de conscience, ne peut être scientifiquement envisagée. Nous abordons un domaine qui fait intervenir une vision philosophique selon laquelle l’idée de co – réflexion entraîne un accroissement de la personne, concept qui ne peut que renforcer notre optimisme, notre foi et notre pouvoir d’action. En outre, l’Union ne confond pas, mais différencie.
Teilhard évoque, dans le cadre d’une Biogenèse bien comprise, la suprématie du plus – être sur le bien – être. La Fin de l’espèce se conçoit comme un « enlèvement » de l’humanité vers la Jérusalem céleste par un Christ accompli, tout comme Marie fut enlevée dans le Ciel.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Daniel ANGRAND / REFLEXIONS SUR LE PROGRES
Jeudi 3 Février 2011A propos du chapitre ( I ) : L'avenir de l'homme vu par un paléontologiste,
Teilhard dit : ''Pour avancer, toutes les directions ne sont pas bonnes. Une seule fait monter, celle qui, par plus d'organisation mène à plus de synthèse et d'unité... Notre espérance ne sera opérante que si elle s'exprime en plus de cohésion et plus de solidarité humaine : point acquis et prouvé par le verdict du Passé''' ( p.99)
Mais l'organisation n'est pas tout. ''Unification de coercition'' (p.97), elle ne fait qu'instituer des règles de fonctionnement qui, prises seules, sont nécessairement compulsives, froides et contraignantes. Pour permettre durablement la vie, encore faut-il que cete organisation soit animée par une éthique, un esprit commun (p.98).
Exemple pour ceux qui se souviennent de l'ancienne URSS et de ses satellites : le COMECOM n'était pas l' Union Européenne, même pas l'OCDE avec toutes leurs faiblesses, il s'est effondré dès la chute du tuteur. C'est ce qui est dit au chapitre '' la croisée des chemins'' (p.97) à propos de la ''compulsion'' exercée par un groupe humain plus fort : '' l'unification de coercition ne garantit pas l'unification''.
Puis, comme s'il réfléchissait à voix haute, Teilhard poursuit dans '' l'Option '' ( ch X ) sa recherche d'un principe de rapprochement, d'une ''âme de la terre'' (p.99 ).
A son avis, ni la Science ni l'Action ne peuvent jouer à titre principal ce rôle de catalyseur. ''C'est d'un cœur- à-coeur dont nous avons besoin ( p.99 )''.
Malgré sa volonté de neutralité, ''il croit apercevoir'' que le principe générateur de l'unification de l'Humanité est à chercher dans l'attrait commun exercé par un même QUELQU'UN qui fonde cet amour mutuel commun.
Et poussé par la dialectique de sa pensée, il n'hésite pas à dire en conclusion : '' Je me sens persuadé que ce gigantesque développement ( de la Vie ) n'atteindra son terme qu'en se christanisant...''
Bien sûr, l'évocation du Christ entraîne pour les chrétiens celle de l'Incarnation, c'est à dire de notre incapacité à nous sauver seuls, et de la Croix....
- A propos du chapitre ( II ):Sur les bases possibles d'un crédo humain ( P.101 ) :
Une erreur d'interprétation de Teilhard, ou une anticipation prophétique?
En 1941,Teilhard interprète la nature de la crise de l'époque- affrontement de domination entre deux totalitarismes politico-militaires – comme un conflit psychique entre ''serviteurs du ciel'' et ''serviteurs de la terre'' au sens de la page 102, auquel il faisait le crédit , semble-t-il?, de pouvoir évoluer en se composant dans ''un ordre nouveau ascensionnel (p.91 et 103)
La réalité des évènements ultérieurs a montré que le conflit de l'époque a rapidement évolué en conflit de puissance entre d'une part l'univers soviétique et ses principes collectivistes, d'autre part l'univers libéral-capitaliste, qui s'est terminé en fait en 1990 par la victoire du second. Mais une opposition – qui, n'a jamais été politico-militaire faute, si l'on peut dire, de force organisée dans le camp épars des serviteurs de Dieu, une tension, subsiste plus que jamais entre capital – libéralisme-productiviste et matérialiste-quasi omnipotent en fait – et celui des simples serviteurs des hommes qui ne se résignent pas à cette domination et rêvent d'une société intermédiaire humaniste et personnaliste. Pour Teilhard cette aspiration serait fondée sur l'idée dûment réalisée qu'il se produit en nous une ''montée continuelle de conscience – marée montante de noogénèse'' (p.103).
Pourtant le problème reste de transformer ce rêve en réalité : Fidèle à son interprétation de l'Histoire longue, Teilhard fonde son espérance sur un phénomène – non prouvé- organico biologique : la concentration graduelle des éléments physico – chimiques de l'univers en noyaux de plus en plus compliqués, s'accompagnant d'une ''forme de plus en plus avancée de spontanéité et de psyché''.( p.103 ).
Le résultat – à quel terme? - de cette conception ''organique'' étant de rapprocher et faire converger ''automatiquement '' (sic p.104) les deux formes antagonistes d'adoration seules désormaiis en lice : non plus serviteurs du ciel contre serviteurs de la terre, mais serviteurs des valeurs d'amour et de pauvreté d'esprit d'une part, serviteurs du surhomme entièrement donné à la matière d'autre part.
Cette convergence automatique, cette ''génèse cosmique d'un Esprit collectif '' de l'humanité s'accompagnant d'une ''transformation mystique'' est-t-elle possible? Ou encore : pour accomplir son destin d'être surspiritualisé en Dieu, l'humanité peut-elle grandir ''naturellement '' en ''conformité avec le système entier de l'évolution''? Cette ''incorporation radicale des valeurs terrestres dans les notions d'omnipotence divine, de détachement et de charité'' (p105) est-elle réaliste et même concevable?
C'est là que la théologie chrétienne, plus sensible à la puissance du mal, et croyant explicitement en un Dieu transcendant et personnel, fait intervenir la médiation du Christ – sa vie, sa mort, sa résurrection. L'Apocalypse, certes allégorique et marquée par le contexte historique, parle plutôt de combat que de convergence, le triomphe final du Christ et de l'Amour de Dieu étant décrits plutôt comme eschatologiques.
Bref, convergence Teilhardienne, évolution spirituelle de l'univers, ou radicalisme messianique de l'Apocalypse? Foi au progrès divinisé ou foi métaphysique et religieuse traditionnelle? Toujours est-il que '' l'acte spécifiquement nouveau correspondant à un âge nouveau de la terre'', (p.106) reste du domaine de l'hypothèse ou de l'attente; et que Teilhard reste un prophète.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Pierre ROQUEFORT / L’AVENIR DE L’HOMME
Jeudi 3 Février 2011I) POINT DE VUE D’UN PALEONTOLOGISTE DE PEKIN, Février 1941
-Introduction : On a pu se demander si nous avions jamais bougé. Pour Teilhard, oui, nous avançons, oui nous pouvons avoir foi en l’avenir, mais il faudra choisir et prendre la bonne route car les hommes conservent une certaine mage de manœuvre.
1- LES MOUVEMENTS LENTS
Autour de nous, sous l’immobilité de l’infime, des mouvements ultra rapides et, sous l’immobilité de l’immense, des mouvements extra lents. Voir, d’un côté les molécules d’un gaz et, de l’autre, les galaxies.
2- LA VIE
La vie fait partie de l’immense et se meut “extra lentement”, d’où l’intérêt et le rôle de la paléontologie.
3- LE ROLE DE LA PALEONTOLOGIE
En explorant scientifiquement le passé entre moins un milliard et moins trois cents millions d’années, elle permet de mettre son rôle en évidence.
4- LA MONTEE DE LA CONSCIENCE
La vie se meut dans un sens déterminé, d’une façon irréversible. Les travaux des chercheurs laissent entrevoir le sens profond de ce mouvement.
Les groupements de plus en plus complexes d’atomes, puis de molécules, sont le reflet de l’extraordinaire force d’agrégation qui entraîne l’étoffe cosmique vers toujours plus de conscience.
5-LA PLACE DE L’HOMME
L’évolution ayant progressé sans cesse, l’Homme en est pour le moment le point culminant, mais quid de la suite des évènements, pouvons-nous avancer plus loin ? Et éventuellement comment ?
6- LE MOUVEMENT DE L’HUMANITE SUR ELLE-MEME
L’évolution jusqu’à présent concernait surtout l’Homme en tant qu’individu, elle se manifeste désormais chez l’Homme collectif et pousse vers une « humanité plus complexe et plus centrée sur soi ».
7- L’AVENIR HUMAIN
Par comparaison avec les espèces aujourd’hui éteintes, l’Humanité pourrait compter sur plusieurs millions d’années à vivre et à se développer.
8- LA MARCHE EN AVANT
L’évolution, de par le mécanisme de ses synthèses, se charge de plus en plus de liberté. De ce constat découle d’une part une grande espérance, d’autre part le souci de bien choisir la direction qui va dans le sens de plus d’organisation et plus d’unité.
9- LA CROISEE DES CHEMINS
Parce qu’elle croît sans cesse sur une terre de dimensions figées, la masse humaine sera finalement obligée d’opérer un rapprochement , d’où des frictions , sauf si elle arrive à créer une « force d’attraction mutuelle profonde » et, partant, un esprit commun, l’esprit de la terre.
10- L’OPTION
Comment parvenir à cet esprit de la terre ? Est-ce en établissant une science universellement admise ? Est-ce en agissant bers un objectif désirable et universellement reconnu ? Pour Teilhard, seul un même quelqu’un suffisamment attrayant est capable d’opérer ce rassemblement et de faire en sorte que les hommes se sentent « surcentrés sur un même ultra centre commun ».
Cet objectif ne pourra être atteint qu’au terme d’une « Christianisation ».
II) SUR LES BASES POSSIBLES D’UN CREDO HUMAIN COMMUN (Pekin, mars 1941)
Après s’être expérimenté en tant que paléontologiste, Teilhard se place sur un plan plus strictement humain, et il s’interroge à deux titres :
-Quels genres de problèmes risquent de se poser à l’Homme dans le futur,
-Comment s’en sortir « par le haut » sans se laisser engloutir.
1- Il pense qu’un clivage séparera les hommes en deux groupes « fortement tranchés » :
-Ceux qui mettent leurs espérances dans un état qui se situera « au-delà et en dehors du monde »,
-Ceux qui, animés d’une même espérance, situeront cet état « dans un achèvement interne de l’univers expérimental ».
2- Pour Teilhard l’observation de l’univers révèle un double mouvement de celui-ci à une désagrégation corpusculaire, se superpose un mouvement de complexification, à cette entropie croissante, qui l’entraîne vers un sommet de conscience, c'est-à-dire vers la noosphère.
3- Partant de là, Teilhard pense que tous les hommes, quel que soit leur sentiment à l’égard de l’objet de leur espérance, le lieu et la date où il se produira, tous manifesteront leur foi en l’avenir, par un geste d’adoration qui traduira leur désir passionné de conquérir le Monde et leur désir passionné de s’unir à Dieu.
Jean-Pierre Fressafond
Travaux des membres
Renée JOUBERT / Reflexion pour janvier 2011/L'AVENIR DE L'HOMME, Chapitre 4
Mercredi 2 Février 2011
1)L’avenir de l’homme par un paléontologiste.(1941)
L’enthousiasme du19ème et début 20ème siècle pour le progrès est bien retombé .A la suite des catastrophes engendrées par les hommes une vague de doute passe sur le monde .Il s’interroge ‘’Avons- nous jamais bougé, bougeons –nous encore ? ‘’Theilhard de CHARDIN répond : « Oui nous bougeons »
Bien que l’on puisse douter de la bonté humaine, que l’humanité soit en pleine guerre ,il se refuse à reconnaître qu’elle soit entrée en régression .Pour lui ``les raisons scientifiques sont plus fortes que jamais de penser que nous avançons réellement et que nous pouvons encore avancer beaucoup….pourvu que nous décidions de prendre la bonne route.’’
. T.de C .rappelle que l’univers est immense or, selon la science, plus une chose est grande plus elle est soumise à des mouvements lents La vie est apparue sur terre il y a 300 millions d’années. Elle est composée de milliards d’unités et couvre la Terre .C’est donc aux paléontologues ,spécialistes du passé, qu’ il appartient de savoir si la vie et l’humanité ont bougé et bougent encore.
En effet la paléontologie a permis par ses recherches de mettre en lumière la vie et de la reconstituer dans une tranche de 300 millions d’années. Contrairement à de nombreux biologistes (je pense à Jacques Monod en particulier) T.de C. nous dit que la VIE se meut dans un sens déterminé et non au hasard.’’Nous voyons à travers l’évolution une montée d’innervation et cérébralisation qui se traduit par une augmentation continuelle de conscience.’’Voulant rester dans le domaine de la physique ,il conclut que ‘‘l’étoffe cosmique dominée par le bas par des forces de désagrégation.est soumise par le haut à une force d’agrégation qui fait apparaître toujours plus d’énergie spiritualisée’’
La VIE a bougé mais peut-elle aller plus loin ?
Certes l’humanité est encore très jeune mais l’extraordinaire développement des groupes humains a permis de constater qu’entre le sinanthrope ou le pithécanthrope et l’homo sapiens le cerveau a apparemment évolué et atteint les limites du perfectionnement. Si chez ‘’l’homme-individu ’’les facultés mentales ne semblent pas avoir augmenté, chez ‘’l’homme- collectif au contraire on assiste à un développement organo- psychique ‘’ .
De la préhistoire à nous la vie s’est resserrée de manière stupéfiante par :
- une concentration économique unifiant les énergies,
- une concentration intellectuelle unifiant les connaissances,
- une concentration sociale unifiant la masse humaine en un ensemble pensant pouvant être traversé par des crises épisodiques ne témoignant que d’un désir d’ordre nouveau, affirmation difficile à soutenir à l’époque(1941).
Teilhard de Chardin nous dit que la VIE continue d’avancer dans la pensée .L’humanité contient un potentiel énorme de progrès ; elle est très jeune encore et a certainement des millions d’années à vivre .T de C. est confiant dans l’avenir, la VIE a traversé le temps dans l’improbable ; pour lui cela signifie ‘’qu’elle avance soutenue par quelque force aveugle de l’univers.’’Mais pour progresser elle devra être accompagnée d’une grande espérance commune et du désir de grandir.’’Arrière les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobilistes ! La VIE est perpétuelle découverte.LA VIE EST MOUVEMENT’’ .Ce mouvement vers l’avant doit se faire en commun avec plus de cohésion et de solidarité humaine et dans une seule direction : celle qui mènera à plus d’UNITE :
‘’Arrière les purs individualistes, les égoïstes qui pensent grandir en excluant ou en diminuant leurs frères individuellement , nationalement ou racialement.’’
L’union des hommes, pourra se faire de deux façons soit par coercition soit par attraction .
-par contrainte : l’accroissement du nombre et des liaisons de la masse humaine ainsi que la compression artificielle exercée par un groupe plus fort rendra nécessaire le resserrement
-par attraction :il faudrait qu’une influence favorable pousse les hommes à mettre en jeu une force d’attraction supérieure à la répulsion qui les fait s’opposer.
‘’Unification par forces externes ou par forces internes : COMPULSION OU UNANIMITE’’ L’humanité est à la croisée des chemins ,il lui faut choisir .Pour T.de.C. les guerres seraient une tension interne due à la difficulté de prendre la bonne direction ; pourtant le choix devient indispensable à la survie de la vie .
L’unification par contrainte ne peut conduire qu’au matérialisme seule l’unification par unanimité est biologique .’’Elle seule est le prolongement authentique de la psychogenèse dont nous sommes sortis’’.Pour cela il faut un principe de rapprochement.qui deviendra L’AME DE LA TERRE.
L’humanité , là encore ,a le choix :-développer une vision commune de l’avenir avec l’établissement d’une science universellement reconnue ou
-développer une action commune en décidant d’un objectif réunissant une même crainte et une même ambition.
Ces unanimités seront nécessaires mais pas suffisantes .Teilhard de Chardin pense que le principe de l’unification de la terre est à rechercher dans un ‘’amour mutuel commun ‘’seulement réalisable en se ‘’surcentrant sur le même ultracentre’’ : ‘’Aimez vous les uns les autres en reconnaissant au fond de vous le même Dieu naissant.’’
« En vérité nous dit Teilhard , plus, à la lumière de la Paléontologie ,je m’efforce avec sympathie et admiration , de mesurer les immenses mouvements de la Vie passée , plus je me sens persuadé que ce gigantesque développement , dont rien ne saurait arrêter la marche n’atteindra son terme qu’en se christianisant. »
2) Sur les bases possibles d’un credo humain commun
Les réunions de New York auxquelles participait Teilhard avaient pour but de réconcilier les différentes formes de foi entre lesquelles s’opposent les hommes .Il s’agissait de ‘’dégager un esprit nouveau pour un ordre nouveau’’.
Les hommes souffrent d’un conflit qui partagent les cœurs et les intelligences en deux catégories ; d’un côté ceux qui projettent leurs espérances dans un terme absolu situé en-dehors et au- delà du monde ( parmi eux les chrétiens ) défenseurs du ciel, défenseurs d’un Dieu transcendant et personnel. De l’autre, un groupe d’origine récente, qui consacre sa vie au service d’un Univers culminant dans le futur en quelque réalité impersonnelle et immanente : défenseurs de la terre . Ceux – ci se sont élevés depuis peu à une forme de religion , chargée d’espérances illimitées ,d’effort et de renoncement ,défenseurs de la terre. Pour ces derniers
L’humanité partagée devrait choisir maintenant .Cette .alternative scinde et affaiblit sa puissance vitale d’adoration .Telle serait la cause de la crise qu’elle traverse.
A priori ces deux forces :FOI EN DIEU , FOI AU MONDE sont positives. Elles devraient donc pouvoir s’unir en une résistante de nature ascensionnelle . TEILHARD DE CHARDIN pense que ce principe est entré en action .Il se produirait en nous et autour de nous une montée de conscience .La physique , dominée depuis un siècle et demi par l’idée de dissipation et d’évanouissement de la matière ,est rappelée parla biologie ,à la considération des effets de synthèse .
Le flot descendant de l’Entropie doublé et équilibré par la marée montante d’une Noogénèse . Mais la notion de Noogénèse est loin d’être acceptée par la science .Si elle l ’était , les résultats en seraient que les forces d’adoration se rapprocheraient et convergeraient ; le croyant au monde serait amené à faire une place de plus en plus grande aux valeurs de personnalité et de transcendance ,le croyant au ciel s’apercevant que la transformation mystique dont il rêve ne pourra se faire qu’en intégrant les réalités du PROGRES .
‘’L’humanité pour être en DIEU doit naître et grandir en conformité avec le système entier de l’Evolution.’’
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L’enthousiasme du19ème et début 20ème siècle pour le progrès est bien retombé .A la suite des catastrophes engendrées par les hommes une vague de doute passe sur le monde .Il s’interroge ‘’Avons- nous jamais bougé, bougeons –nous encore ? ‘’Theilhard de CHARDIN répond : « Oui nous bougeons »
Bien que l’on puisse douter de la bonté humaine, que l’humanité soit en pleine guerre ,il se refuse à reconnaître qu’elle soit entrée en régression .Pour lui ``les raisons scientifiques sont plus fortes que jamais de penser que nous avançons réellement et que nous pouvons encore avancer beaucoup….pourvu que nous décidions de prendre la bonne route.’’
. T.de C .rappelle que l’univers est immense or, selon la science, plus une chose est grande plus elle est soumise à des mouvements lents La vie est apparue sur terre il y a 300 millions d’années. Elle est composée de milliards d’unités et couvre la Terre .C’est donc aux paléontologues ,spécialistes du passé, qu’ il appartient de savoir si la vie et l’humanité ont bougé et bougent encore.
En effet la paléontologie a permis par ses recherches de mettre en lumière la vie et de la reconstituer dans une tranche de 300 millions d’années. Contrairement à de nombreux biologistes (je pense à Jacques Monod en particulier) T.de C. nous dit que la VIE se meut dans un sens déterminé et non au hasard.’’Nous voyons à travers l’évolution une montée d’innervation et cérébralisation qui se traduit par une augmentation continuelle de conscience.’’Voulant rester dans le domaine de la physique ,il conclut que ‘‘l’étoffe cosmique dominée par le bas par des forces de désagrégation.est soumise par le haut à une force d’agrégation qui fait apparaître toujours plus d’énergie spiritualisée’’
La VIE a bougé mais peut-elle aller plus loin ?
Certes l’humanité est encore très jeune mais l’extraordinaire développement des groupes humains a permis de constater qu’entre le sinanthrope ou le pithécanthrope et l’homo sapiens le cerveau a apparemment évolué et atteint les limites du perfectionnement. Si chez ‘’l’homme-individu ’’les facultés mentales ne semblent pas avoir augmenté, chez ‘’l’homme- collectif au contraire on assiste à un développement organo- psychique ‘’ .
De la préhistoire à nous la vie s’est resserrée de manière stupéfiante par :
- une concentration économique unifiant les énergies,
- une concentration intellectuelle unifiant les connaissances,
- une concentration sociale unifiant la masse humaine en un ensemble pensant pouvant être traversé par des crises épisodiques ne témoignant que d’un désir d’ordre nouveau, affirmation difficile à soutenir à l’époque(1941).
Teilhard de Chardin nous dit que la VIE continue d’avancer dans la pensée .L’humanité contient un potentiel énorme de progrès ; elle est très jeune encore et a certainement des millions d’années à vivre .T de C. est confiant dans l’avenir, la VIE a traversé le temps dans l’improbable ; pour lui cela signifie ‘’qu’elle avance soutenue par quelque force aveugle de l’univers.’’Mais pour progresser elle devra être accompagnée d’une grande espérance commune et du désir de grandir.’’Arrière les pusillanimes et les sceptiques, les pessimistes et les tristes, les fatigués et les immobilistes ! La VIE est perpétuelle découverte.LA VIE EST MOUVEMENT’’ .Ce mouvement vers l’avant doit se faire en commun avec plus de cohésion et de solidarité humaine et dans une seule direction : celle qui mènera à plus d’UNITE :
‘’Arrière les purs individualistes, les égoïstes qui pensent grandir en excluant ou en diminuant leurs frères individuellement , nationalement ou racialement.’’
L’union des hommes, pourra se faire de deux façons soit par coercition soit par attraction .
-par contrainte : l’accroissement du nombre et des liaisons de la masse humaine ainsi que la compression artificielle exercée par un groupe plus fort rendra nécessaire le resserrement
-par attraction :il faudrait qu’une influence favorable pousse les hommes à mettre en jeu une force d’attraction supérieure à la répulsion qui les fait s’opposer.
‘’Unification par forces externes ou par forces internes : COMPULSION OU UNANIMITE’’ L’humanité est à la croisée des chemins ,il lui faut choisir .Pour T.de.C. les guerres seraient une tension interne due à la difficulté de prendre la bonne direction ; pourtant le choix devient indispensable à la survie de la vie .
L’unification par contrainte ne peut conduire qu’au matérialisme seule l’unification par unanimité est biologique .’’Elle seule est le prolongement authentique de la psychogenèse dont nous sommes sortis’’.Pour cela il faut un principe de rapprochement.qui deviendra L’AME DE LA TERRE.
L’humanité , là encore ,a le choix :-développer une vision commune de l’avenir avec l’établissement d’une science universellement reconnue ou
-développer une action commune en décidant d’un objectif réunissant une même crainte et une même ambition.
Ces unanimités seront nécessaires mais pas suffisantes .Teilhard de Chardin pense que le principe de l’unification de la terre est à rechercher dans un ‘’amour mutuel commun ‘’seulement réalisable en se ‘’surcentrant sur le même ultracentre’’ : ‘’Aimez vous les uns les autres en reconnaissant au fond de vous le même Dieu naissant.’’
« En vérité nous dit Teilhard , plus, à la lumière de la Paléontologie ,je m’efforce avec sympathie et admiration , de mesurer les immenses mouvements de la Vie passée , plus je me sens persuadé que ce gigantesque développement , dont rien ne saurait arrêter la marche n’atteindra son terme qu’en se christianisant. »
2) Sur les bases possibles d’un credo humain commun
Les réunions de New York auxquelles participait Teilhard avaient pour but de réconcilier les différentes formes de foi entre lesquelles s’opposent les hommes .Il s’agissait de ‘’dégager un esprit nouveau pour un ordre nouveau’’.
Les hommes souffrent d’un conflit qui partagent les cœurs et les intelligences en deux catégories ; d’un côté ceux qui projettent leurs espérances dans un terme absolu situé en-dehors et au- delà du monde ( parmi eux les chrétiens ) défenseurs du ciel, défenseurs d’un Dieu transcendant et personnel. De l’autre, un groupe d’origine récente, qui consacre sa vie au service d’un Univers culminant dans le futur en quelque réalité impersonnelle et immanente : défenseurs de la terre . Ceux – ci se sont élevés depuis peu à une forme de religion , chargée d’espérances illimitées ,d’effort et de renoncement ,défenseurs de la terre. Pour ces derniers
L’humanité partagée devrait choisir maintenant .Cette .alternative scinde et affaiblit sa puissance vitale d’adoration .Telle serait la cause de la crise qu’elle traverse.
A priori ces deux forces :FOI EN DIEU , FOI AU MONDE sont positives. Elles devraient donc pouvoir s’unir en une résistante de nature ascensionnelle . TEILHARD DE CHARDIN pense que ce principe est entré en action .Il se produirait en nous et autour de nous une montée de conscience .La physique , dominée depuis un siècle et demi par l’idée de dissipation et d’évanouissement de la matière ,est rappelée parla biologie ,à la considération des effets de synthèse .
Le flot descendant de l’Entropie doublé et équilibré par la marée montante d’une Noogénèse . Mais la notion de Noogénèse est loin d’être acceptée par la science .Si elle l ’était , les résultats en seraient que les forces d’adoration se rapprocheraient et convergeraient ; le croyant au monde serait amené à faire une place de plus en plus grande aux valeurs de personnalité et de transcendance ,le croyant au ciel s’apercevant que la transformation mystique dont il rêve ne pourra se faire qu’en intégrant les réalités du PROGRES .
‘’L’humanité pour être en DIEU doit naître et grandir en conformité avec le système entier de l’Evolution.’’
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Jean-Pierre Fressafond
Omaha-beach.fr


