Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Chapitre 12 « Comment je Crois » Editions du Seuil
Réflexion pour septembre 2013, Jean-Pierre GIROUD



« Même si la vie d'une personne a été un désastre, détruite par les vices, la drogue ou autre chose, Dieu est dans sa vie » / Interview du Pape François réalisé aux revues culturelles jésuites par le P. Antonio Spadaro sj.
Il me semble, espérant ne pas déformer son idée, que cela veut dire que même à ce moment l'Insondable l'habite, souffrant, chancelant peut-être, Dieu est en lui, partie intégrante de sa vie...
Ces mots sont d'une intensité d'amour, il voit la personne à aider...

En écho, Teilhard écrit : « On a parlé de faillite ou de compromission chrétienne. Ces contradictions s'évanouissent à l'éclat de la super-charité rayonnée par le Christ universel. Aimer Dieu dans et par l'univers en évolution ».
Surement que nous avons à dépoussiérer, à rompre avec des idées révolues, à promouvoir des actions nouvelles dans la Christogénèse d'aujourd'hui.

La personne dont parle le Pape, qui est la différence, n'a pas choisi son état; elle doit et veut pourtant vivre, trouver l'amour, être heureux et reconnu.
Le Pape François a choisi son camp !
Et à cette lumière bien des femmes et des hommes ont levé la tête, dans leurs yeux brillants ont a vu l'espoir qui est revenu.
Les paroles d'accueil ont d'abord été dites avec le cœur, et n'ont pas sonné faux. Alors, c'est l’harmonie de la vérité
N'y a-t-il pas là la super charité, nouvelle forme d'amour, le Christ-Evolution ?
« Le Christ cosmique de la Foi et le point Oméga de la science » selon Teilhard.

Ce n'est pas faillite ou compromission,.. ou penser que l’Église « donne du leste », qu'elle veut créer un nouveau consensus etc... certainement pas.
Plutôt, là est la Christogénèse ; vivre pleinement la vie d' aujourd'hui, vouloir regarder l'autre et le comprendre, l'écouter, l'aider, l'aimer.
Le Pape le répète, à la suite de bien de d'autres voix : Dieu est dans la vie de chacun, à l'intérieur de chaque être, et chacun sans exception est en marche s’il le désire, (quelle opportunité!) vers la déité.

La Déité, la Paternité Divine ; mots, peut-être concepts, bien étranges.
A l'écoute du Père les écrits de l' Évangile sont repensés, il propose :
« Le Père, pourquoi pas d'avantage celui qui vivifie et qui engendre, que celui qui pardonne et qui récompense ».

N'ai-je pas à redécouvrir l'acte de méditation ; l'Insondable, celui qui ouvre les cœurs plutôt que le régisseur; comme Teilhard le rappelle ; avoir un regard nouveau , sur la vie, les autres, le monde rempli de différences, inachevé, en constante création , en devenir.

« Le Mystère de l'union créatrice du Monde en Dieu, avec les maux inhérents au multiple en voie de pénible rassemblement » dit Teilhard.
Alors, avec un esprit nouveau peut-être serons-nous surpris par les mondes en devenir qui se présentent jour après jour et que nous entreverrons. Un frisson d'étonnement et de joie nous surprendra lorsque nous dirons : Notre Père qui êtes aux Cieux
Samedi 28 Septembre 2013 15:46

Conférence organisée par l’association des amis du Monde Diplomatique, le 26/09/2013 à 18h30



Marcel COMBY / L’AUTO-ORGANISATION DE LA MATIERE ?

mc_doc1.docx MC Doc1.docx  (26.49 Ko)

(Livre : Marcel Comby," Pour une unification du Monde et son accomplissement : De l’intelligence des Ecritures à la pensée évolutionniste de Teilhard de Chardin". Edit. L’Harmattan).
-Aspect général de ce qui constitue un mystère
- Une vision d’exception : celle de Teilhard de Chardin
Lundi 16 Septembre 2013 19:26

Travail pour septembre 2013, Chapitre 12 de « COMMENT JECROIS »
Editions du Seuil




Teilhard de Chardin a écrit dans son livre « Comment je crois » page 213 :
« Sans création, d’abord, quelque chose, semble-t-il, manquerait absolument à Dieu considéré dans la plénitude, non pas de son être, mais de son acte d’Union. Créer, donc, pour Dieu, c’est par définition s’unir à son œuvre, c’est-à-dire s’engager d’une façon ou de l’autre dans le Monde par incarnation. Or « s’incarner », n’est-ce pas ipso facto participer aux souffrances et aux maux inhérents au Multiple en voie de pénible rassemblement ? Création, Incarnation, Rédemption : vus à cette lumière les trois mystères ne deviennent plus en vérité, dans la Christologie nouvelle, que les trois faces d’un même processus de fond… » Il est étonnant que, dans une théorie de l’évolution bien comprise, Teilhard n’ait pas évoqué là-même un quatrième mystère : celui de l’Assomption de Marie la Théotokos.
Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, a dit un jour : « Dieu s’est mis en quatre pour sauver l’humanité ». Pour moi, le Christianisme repose bien sur quatre piliers car toute la théologie mariale est à envisager sous un angle universel, cosmique comme le suggère l’œuvre poétique de Teilhard : « L’éternel féminin » dont je donne ici les premiers extraits :

Je suis apparue dès l'origine du Monde...
Dès avant les siècles je suis sortie des mains de Dieu...
Ébauche destinée à s'embellir à travers les temps
Coopératrice de Son œuvre

Tout dans l'Univers se fait par union et fécondation...
par rassemblement des éléments qui se cherchent
et se fondent deux à deux
Et renaissent en une troisième

Dieu m'a répandue dans le Multiple Initial
comme Force de condensation
et de concentration...

C'est Moi la face conjonctive des êtres...
Moi le parfum qui les fait accourir et les entraîne
librement... passionnément
sur le chemin de leur unification

Par Moi tout se meut et se coordonne...

Je suis le Charme mêlé au Monde pour le faire se grouper
L'Idéal suspendu pour le faire monter

Je suis l'Essentiel Féminin


Certains croyants voient d'un mauvais œil la piété mariale : elle serait vieillotte, entachée de mièvrerie, voire de superstition… Or, l'attachement que Sœur Véronique Margron voue à Marie est d'un tout autre ordre : « Pour moi, Marie est d'abord l'audacieuse, celle qui a dit oui à l'ange, qui a gardé l'enfant qu'elle portait et affronté le regard des autres, celle qui va rester fidèle à Jésus jusqu'à la fin. C'est un très beau visage humain de persévérance, de constance », explique la doyenne de la faculté de théologie de l'Université catholique de l'Ouest, à Angers. Teilhard parle de trace de l’axe de la Vie. Nous sommes là dans une autre dimension, celle d’un principe passif selon lequel le chrétien s’identifie à elle afin de rechercher toute la plasticité de l’âme. Penchons-nous sur le texte qui suit :

« UN GRAND SIGNE APPARUT DANS LE CIEL : UNE FEMME REVETUE DU SOLEIL, QUI AVAIT LA LUNE SOUS LES PIEDS ET UNE COURONNE DE DOUZE ETOILES SUR LA TETE. ELLE ALLAIT METTRE AU MONDE UN ENFANT, ET LES PEINES DE L'ACCOUCHEMENT LA FAISAIENT CRIER DE DOULEUR. UN AUTRE SIGNE APPARUT DANS LE CIEL: UN ENORME DRAGON ROUGE QUI AVAIT SEPT TETES ET DIX CORNES, ET UNE COURONNE SUR CHAQUE TETE. AVEC SA QUEUE, IL BALAYA LE TIERS DES ETOILES DU CIEL ET LES JETA SUR LA TERRE. IL SE PLAÇA DEVANT LA FEMME QUI ALLAIT ACCOUCHER, AFIN DE DEVORER SON ENFANT DES QU'IL SERAIT NE. LA FEMME MIT AU MONDE UN FILS, QUI DIRIGERA TOUTES LES NATIONS AVEC UNE AUTORITE DE FER. L'ENFANT FUT AUSSITOT AMENE AUPRES DE DIEU ET DE SON TRONE. QUANT A LA FEMME, ELLE S'ENFUIT DANS LE DESERT, OU DIEU LUI AVAIT PREPARE UNE PLACE, POUR QU'ELLE Y SOIT NOURRIE PENDANT MILLE DEUX CENT SOIXANTE JOURS. » (Apo 12 :1-6)
Ce récit de l’Apocalypse est profondément marqué par le symbolisme.
l’astre qui préside à la division du temps en jours, mois, années, saisons (Gn 1,14-19). Si la lune reste sous les pieds de la femme, cela veut dire que la femme exerce une domination sur le temps, comme le Seigneur exerce une domination sur les ennemis qui sont sous ses pieds (cf. Ps 110, 1 ; Jos 10, 24). Cette domination sur le temps transparaît lorsque, bien que "l'heure ne soit pas venue", par l’intercession de Marie, les disciples vont déjà voir la gloire de Jésus et le reconnaître comme messie (Jn 2, 1-11). L’attitude de Marie au calvaire rejaillit au commencement en « dénouant » l’attitude d’Eve : c’est une autre forme de domination sur le temps. Dominer le temps c’est aussi savoir que l’Alliance avec Dieu va au-delà des vicissitudes terrestres : elle est éternelle (Ps 89,37-38). En ce sens, Israël peut vivre le mémorial de l’Exode : l’amour que Dieu manifesta envers ses pères lors de la sortie d’Egypte, c’est pour eux aujourd’hui (Dt 5, 3). Mais en corollaire, l’Alliance est toujours en train de se faire, le partenaire doit toujours être en train de répondre. C’est aujourd’hui que les choses se jouent. Le nombre douze est d’ailleurs le symbole d’un accomplissement : le Plérôme.
De la même façon, la théologie orthodoxe considère que « la Mère de Dieu conduit toujours au Christ » et précise qu’on n'honore pas « la mère indépendamment du Fils » et toute la piété mariale découle de la foi en le Christ et sa victoire sur la mort, car Jésus reste « le seul sauveur et médiateur du salut ». La notion de Christ universel évoquée par Teilhard s’appuie, en fait, sur les rôles complémentaires d’un Dieu, qui vient vers l’humanité en passant par le bas, et de Marie dont le prophétisme s’exprime dans la prière du Magnificat. Dans une perspective évolutionniste, prier la Vierge ne signifie pas d’abord méditer la figure de Marie, mais l’Evangile du Christ en union avec Marie. C’est ce que veut souligner Teilhard lorsqu’il écrit : « Tu aimeras Dieu dans et à travers la genèse de l’Univers et de l’Humanité ». Nous sommes bien là dans la métaphysique de l’Union.

Les partenaires de cette union sont le Christ d’une part et son Eglise d’autre part dont le représentant primordial est Marie qui est femme dans le mystère de l’Alliance. L’Assomption se conçoit alors, non comme un événement du passé concernant une personne unique, mais comme un enlèvement de tout le créé vers la « Terre promise », comme le retour du manifesté vers la Jérusalem Céleste ; tels sont, il me semble, les aspects mystérieux et supra naturels de ce que Teilhard appelle : la Christo genèse. Cette conception des choses a le mérite de mettre en évidence une réalité fondamentale dont les conséquences entrent dans le cadre de l’anthropologie : l’égale importance des principes masculin et féminin dans leurs spécificités propres. En outre l’introduction de la féminité dans le contexte religieux permet à certaines personnes de se sentir plus à l’aise au sein d’un monde marqué par la violence à condition que, dans toute théologie nouvelle, on sorte des enfantillages et des interprétations d’un autre siècle. La connaissance de l’homme dans toute sa complexité et ses paradoxes permettrait à l’Eglise et à ses fidèles de faire preuve d’inventivité face aux détresses multiples et à la concurrence d’autres mouvements chrétiens dont les principes et agissements sont parfois contestables. Encore faut-il que le monde où nous vivons se donne la peine de rejeter son propre « Veau d’or » et de produire suffisamment de maîtres à penser au service de leurs frères.
Lundi 9 Septembre 2013 12:49