Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Jean-Pierre Frésafond / APERCU SUR L’HERMETISME + Additif (février 2014)
On pensait jadis que les traités d’hermétisme (CORPUS-HERMETICUM) étaient l’œuvre d’un égyptien contemporain de Moïse dénommé HERMES-TRISMEGISTE (trois fois maître), mais avec les redécouvertes de ces écrits en 1664 de notre ère, on les situe entre les II et III siècle après JC. Ces textes écrits en grec à Alexandrie ont été traduits en latin par MARSILE-FICIN et analysés entre autres par l’alchimiste PIC DE LA MIRANDOLE qui les rattacha à la Kabale. D’autres experts de la même époque pensent que ces textes recouvraient les courants païens des premiers siècles du Christianisme ; ils les définissaient comme étant une religion cosmique teintée de magie et d’influence orientale, soit une version gnostique de la philosophie grecque. Cette tendance servit de référence aux païens en attente d’une autre réponse que celle proposée par les premiers chrétiens.
Mercredi 29 Janvier 2014 17:59

Marcel COMBY /  Le son et l’harmonie universelle
1- Naissance du cosmos
La notion d’harmonie renvoie à la rigueur mathématique aussi bien qu’à l’expérience immédiate de la beauté. Pythagore a appliqué au monde le terme de kosmos
Le même Pythagore fit l’expérience du son : La hauteur des notes obéit à une loi de proportionnalité mathématique. Ainsi est née la gamme
Mercredi 29 Janvier 2014 17:57

chapitre 16 du tome-10 "Comment je Crois" Editions du Seuil


1. La question de Pierre Teilhard de Chardin.
2. Comment unifier les deux logiques complémentaires.
3. Le tétralemme, les logiques unifiées .

1- La question de Pierre Teilhard de Chardin

« Aussi longtemps que, par une Christologie renouvelée (dont tous les éléments sont entre nos mains) l'Église ne résoudra pas le conflit apparent désormais éclaté entre le Dieu traditionnel de la Révélation et le Dieu « nouveau » de l'Évolution, - aussi longtemps le malaise s'accentuera, non seulement en marge, mais au plus vif du monde croyant ; et pari passu , le pouvoir chrétien diminuera, de séduction et de conversion. »

Par ces paroles, Pierre Teilhard de Chardin pose le problème de fond qui, aujourd’hui, place le chrétien dans la situation précaire d’un choix impossible, qu’imposent les logiques des différentes tensions du monde moderne : faut-il prier ou agir ?

Il semble pour notre auteur, qu’une grande partie de la réponse s’inscrit dans ce double héritage plusieurs fois millénaire, c’est à dire chrétien et hellénique, qu’il avait parfaitement identifié. Je cite :
« Il fut un temps (belle époque de la Scolastique) où les plus grands esprits se disputaient sans résultat pour savoir s'il fallait être « réaliste » ou bien « nominaliste ». Signe infaillible d'une question mal posée... »

2- Comment unifier les deux logiques complémentaires

Mais qu’est ce que la scolastique ? Voici une définition du Larousse : « l’enseignement philosophique et théologique dispensé dans l’Université du XIe au XVIIe siècle, et dont le propos était de concilier la foi chrétienne et la raison. ».

Il nous apparaît, que le caractère facilitateur de la compréhension de ces paradoxes, c’est à dire une propédeutique, puisse avoir son origine dans la relation de deux propositions logiques, celle du tiers exclu et celle du ternaire, dont voici les définitions :

1. Le tiers exclu aristotélicien (tertium non datur) : Système binaire dans lequel le principe d’identité et le principe de non-contradiction fondent les conditions suivantes : toute chose est ou n'est pas, il n'y a pas de troisième solution, donc la contradiction n’existe plus.

Les effets de la logique du tiers exclu Par soucis de clarté, nous citerons Jean Pierre Schnetzler :

« Reconnaissons d'abord les effets positifs de cette logique devenue aujourd'hui celle du sens commun. Des objets bien définis et stables, soumis à des lois précises, ont pu être observés ; leurs rapports ont été établis, et l'édifice scientifique s'est construit au fil des siècles. Nous en observons aujourd'hui les dimensions gigantesques.
Le fait que l'église chrétienne, avec saint Thomas d'Aquin, ait intégré la philosophie aristotélicienne à sa théologie, a doté celle-ci d'articulations rigoureuses et d'une intelligibilité rationnelle, surajoutées au message du Christ.
Passons à l'aspect négatif dans les domaines religieux et scientifiques. Il relève de la rigidité d'une logique qui s'accommode trop bien des tendances humaines universelles au dualisme conflictuel et à l'hypertrophie égocentrique. C'est que le principe du tiers exclu est un excellent outil au service du moi. Puisque, de deux propositions contradictoires (au moins en apparence) une seule est vraie et l'autre fausse, comme il est évident que Moi j'ai raison, il en découle logiquement que l'autre a entièrement tort et doit être sanctionné. Il est juste et nécessaire, au moins de le neutraliser, au mieux de le supprimer, par la force si besoin.
Je peux donc tuer mon adversaire, ô délices, avec la conscience heureuse de celui qui fait l'œuvre de Dieu, de la Vérité, de la Science ou du Parti, lesquels ont toujours entièrement raison. Il n'y a pas de troisième solution. L'histoire de l'Inquisition, des guerres de religion, du nazisme ou du communisme, en fournit des millions d'exemples. Il est intéressant de noter que les trois religions monothéistes ont en commun ce principe d'exclusion, ce que le catholicisme, d'avant le concile Vatican II, exprimait par la formule « Hors de l'Eglise point de salut » (Hors de Mon Eglise point de salut). La question est de voir si certains modes de fonctionnement psychique et logique peuvent s'opposer à ces dérives totalitaires ».
Ne voyons nous pas là, le premier niveau de rejet des hommes d’aujourd’hui pour leurs religions ?

2. Le ternaire ou tiers inclus : est une structure composée de trois éléments complémentaires ou de l’unité de deux éléments par l’intermédiaire d’un troisième terme. Le troisième terme met en place une médiation, une conciliation, et nous permet la résolution des contraires à un niveau supérieure : C’est la « coïncidence des opposés » de Nicolas de Cues .
Aujourd’hui, la physique quantique nous démontre que cette voie logique, déjà très ancienne, est accessible à la raison, et devient donc complémentaire à la logique Aristotélicienne du tiers exclu. Le réel en soi ou la réalité ontologique, peut maintenant, trouver son lien physique avec ce que nomme le physicien Bernard d'Espagnat, le « réel voilé » .
Mais attention ! Pour éviter toutes confusions et tous concordismes, il est important de ne pas tomber dans le piège de l’amalgame entre ce qui est du domaine de la science et ce qui est du domaine de la spiritualité ; nous avons en exemple, cette fameuse controverse qui a éclatée au siècle dernier, entre l’abbé-physicien Georges Lemaitre (véritable père du big-bang), et le pape Pie XII au sujet de l’atome primordial et du « Fiat lux ».
Il faut accepter à ce moment notre propre ignorance et laisser place au mystère de la révélation.

« Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. Celui qui n’a jamais connu cette émotion, ses yeux sont fermés. » Cette citation est d’Albert Einstein

C’est deux logiques sont donc accessibles à la raison et permettent, plus particulièrement pour la seconde, de pénétrer autant qu’il nous soit possible, le mystère.

Nous sommes aujourd’hui dans le néo-teilhardisme, alors osons la reformulation de la question que notre auteur préféré nous a présentée ! La logique du tiers exclu d’Aristote est-elle compatible avec la logique ternaire, ou est-elle contradictoire ?

Blaise Pascal nous donnait déjà la recette avec le risque qui en découle, je cite : « Les deux raisons contraires. Il faut commencer par là : sans cela on n'entends rien, et tout est hérétique; et même, à la fin de chaque vérité, il faut ajouter qu'on se souvient de la vérité opposée. »

Déjà, nous pouvons dire que Teilhard nous avait offert cette vision profondément chrétienne qu’est le Christ de l’en-avant et le Christ de l’en-haut, binaire certes, mais résolue en Oméga ! Alternativement nous pouvons donc agir et prier, agir en priant et prier en agissant.

3- Le tétralemme, les logiques unifiées

Connu en Inde, enseigné par le Bouddha sous le nom de catuskoti en sanskrit, mais aussi de Socrate et de Platon. Il a été fortement critiqué par Aristote pour cause d’abandon final de l'affrontement dialectique et des positions dualistes.

Du Grec tetra, "quatre" + lēmma, "proposition", le tétralemme est une figure logique qui établit que pour une proposition logique X, il y a quatre possibilités ; N’y verrions-nous pas là, le tiers maintenant inclus dans la troisième proposition de ce tétralemme que voici ?

• 1ère proposition « être »,

• 2ème proposition « ne pas être », contredisant la première, le dualisme et mis en place.

• 3ème proposition « être et ne pas être », complétant les deux premières, c’est le tiers inclus.
Nous pouvons donc en même temps : être, ne pas être, être et ne pas être

• 4ème proposition « ni être, ni ne pas être. » elle est métaphysique, hors d’accès pour la raison.
Nous effleurerons cette quatrième proposition à la fin de ce travail.

Le tiers qui était exclu, est maintenant réintégré : c’est la logique ternaire . Celle-ci peut non seulement coopérer, mais englober la logique du tiers exclu. Suivant le sujet d’étude ces deux logiques peuvent être utilisées alternativement pour analyser un phénomène.
Il en est ainsi des deux yeux qui transmettent au cerveau, deux images aux points de vues convergeant vers le même objet ; ainsi le cerveau reconstitue et comprend les trois dimensions de l’objet.

Dans l’encyclique Fides et ratio, le pape Jean Paul II nous invite à cette réflexion :
« LA FOI ET LA RAISON sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. »

Cette encyclique définit les relations entre la foi et la raison sur le plan de la philosophie chrétienne.
• Elle met à jour l'enseignement de l'Église qui, au xixe siècle, n'avait peut-être pas la même puissance pédagogique.
• Elle se situe dans une perspective historique très large, puisqu'elle embrasse les grands mouvements de l'histoire et de la philosophie occidentales dans le courant du IIe millénaire.
• Elle rappelle le rôle prééminent de saint Thomas d'Aquin et d'Aristote dans le développement de la pensée chrétienne au IIe millénaire.

La réponse à Teilhard, ne se trouverait-elle pas aussi dans cette encyclique ?

De toute évidence, la pensée logique étant au service de la foi, elle n’aura de valeur que dans ses propres limites, il n’y a plus rien à prouver et tout à éprouver. C’est pourquoi, dès cet instant, nous entrons dans la quatrième proposition du tétralemme qui est : « ni être, ni ne pas être. »

L’épreuve « de la docte ignorance » , celle de cette rencontre devient prière et méditation. La présence au Présent devient ainsi présent à la simple Présence.

« Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu »



Notes de bas de pages :
1- Du même pas
2- « Comment je crois » Une généralisation et un approfondissement du sens de la croix Pierre Teilhard de Chardin p 253
3- Ibid p 254
4- Texte tiré de l’ouvrage de Jean Pierre Schnetzler « LES LOGIQUES D'ORIENT ET D'OCCIDENT » - Le tétralemme et le tiers exclu. Un conflit
5- « L’expérience de l’incomplétude » Père Thierry Magnin
6- Ibid
7- « Les logiques d’orient et d’occident, le tétralemme et le tiers exclu. Un conflit ». Jean Pierre SCHNETZLER
8- Le ternaire est une structure composée de trois éléments complémentaires ou de l’unité de deux éléments par l’intermédiaire d’un troisième terme.
9- Lettre encyclique FIDES ET RATIO du Pape Jean Paul II
10- « De la docte ignorance » Nicolas de Cues (1401-1464), références prise dans « L’expérience de l’incomplétude » Père Thierry Magnin






Lundi 27 Janvier 2014 18:56

Chapitre 16 de "Comment je crois", tome-10, Editions du Seuil


Avec ce texte Teilhard de Chardin revient sur le rapport qu’il avait envoyé à Rome en 1948 :’’Le cœur du problème ‘’.Il y redit sa foi en l’humanité ‘’montant irrésistiblement par toutes les voies de la pensée et de l’action …vers un Dieu évolutif de l’En – Avant, Dieu de l’évolution ‘’ en opposition au Dieu traditionnel de la révélation (page 258).
Il faut, dit-il, que l’Eglise prenne en compte ces remarques sinon son pouvoir de séduction et de conversion ne pourra que décroître .
Partout, observe- t‘il ,se crée un humanisme de mouvement et il devient nécessaire désormais de donner au monde ,en évolution permanente, un nouveau sens à la Croix .
Il écrit ’Par naissance et à jamais , le Christianisme est voué à la Croix ,dominé par le sens de la Croix .Il ne peut rester lui-même qu’en s’identifiant toujours plus intensément à l’essence de la Croix.’’(page 257) ‘
Teilhard propose de regarder la Croix d’un œil nouveau ; non plus comme la Croix sacrificielle et rédemptrice traditionnelle , supplice du Christ rendu nécessaire pour le rachat de l’humanité plongée dans le péché, Croix symbole d’abandon et de faiblesse …mais comme une Croix symbole de victoire sur la mort.
La crucifixion nous choque par sa barbarie .Elle était à l’époque réservée aux esclaves et aux malfaiteurs et voleurs n’ayant pas la citoyenneté romaine .
Pourquoi Dieu a-t’il permis que son fils soit traité de façon aussi infamante ? Question à l’esprit de tout homme méditant devant la Croix .
Celle-ci s’est imposée aux chrétiens au détriment du symbole du poisson .Jusqu’au VIIème siècle elle signifiait la victoire sur la mort et ne portait pas la figure du Christ souffrant .Puis à partir de cette époque et particulièrement aux XIIème et XIIIème cette représentation s’est répandue avec les franciscains .
Or la mort de JESUS qui apparait comme un scandale ne peut être comprise que si elle détachée de sa vie,non pas une vie qui s’achève dramatiquement mais une vie qui triomphe de la mort avec la résurrection.
Qu’est-ce que la Croix ? Elle se présente comme la rencontre de deux axes :
- un axe horizontal symbole de l’épanouissement de l’être humain .
- un axe vertical symbole de la transcendance .
Teilhard se réjouit de cette représentation .Elle regroupe les énergies radiales et tangentielles dont il parle dans ‘’Le phénomène humain ‘’.Il écrit page 258 ‘’Désormais la Croix doit briller à nos yeux ,non plus seulement comme purificatrice mais comme motrice ,(matrice) ,où se synthétiseront les deux composantes de l’Avenir l’En –avant et l’En-haut .’’
Il faut ajouter à la notion d’expiation celle de participation en pleine conscience de l’humanité dont le travail est indispensable à sa réussite (page 260)et si l’on y prend garde ‘’porter les péchés du monde n’est-ce pas traduit en terme de cosmogenèse porter le poids du monde en état d’évolution ?’’.
La Croix devient alors le symbole dynamique et complet d’un Univers en état de marche en – avant vers un monde nouveau.




Lundi 27 Janvier 2014 07:57

(page 253 - Teilhard collection Point - Seuil - Comment je crois)






Le texte de Teilhard dont l'étude nous est proposée a pour thème principal le symbole de la Croix. Il exprimerait, selon lui, une vision "en avant" de l'évolution plutôt qu'un symbole d'expiation.

Ainsi donc, encore une fois, il s'agit de l'évolution. Alors pourquoi ne pas dire, une bonne fois pour toute, que ce symbole est la représentation d'une loi cosmique générale ? Et on rappellerait en même temps que l'homme est la flèche principale de l'évolution.

Certes, les connaissances scientifiques modernes montrent que nous sommes le résultat du développement d'une mosaïque génétique. Cette mosaïque, toujours en mouvement, s'enrichit encore aujourd'hui. Mais cela ne veut pas dire que ce phénomène n'est pas opérant ailleurs et pour d'autres êtres. A ce point de la réflexion il convient de présenter un double constat :
- Le premier concerne notre planète. Si nous nous y flattons d'être la flèche de l'évolution, on peut tout de même rester prudents, car nos limites de peuplement, de ressources et nos consciences collectives contradictoires préparent le terrain à d'autres entités dont nous imaginons pour le moment mal l'émergence.
- Deuxième constat : on sait maintenant que notre galaxie contient environ 9 milliards de planètes habitables. Si la loi de l'évolution est cosmique et générale, peut-on raisonnablement s'en tenir à nos spécificités rituelles régionales ?

Alors le symbole de la Croix serait plutôt "ne recommencez plus ce supplice". C'est insupportable, pensez "en avant". Vous voyez bien qu'il s'agit de souffrances effroyables provoquées stupidement. Il ne s'agit pas d'expiation. Il ne s'agit pas de péché originel mais de l'origine du péché et de son non-sens. Il s'agit de dire l’inanité des controverses religieuses et de dénoncer leurs violences. Vous n'avez plus rien a venger ni à expier. Non plus jamais ça.

Peut-être des moralistes désabusés essayeront-ils de dire que ces oppositions inter-religieuses ne sont en fin ce compte que l'exutoire d'un goût de vivre issu de frustrations ou d'humiliations. Qu'on y prenne garde ces révoltes montrent un dénominateur commun. Il faudrait sans doute revisiter les textes de René Girard (la violence et le sacré) et l'effort d'analyse que cet auteur nous propose permettrait de discerner ce que peuvent avoir de commun : les humiliations du colonialisme ou du néocolonialisme postindustriel, les patriotismes revanchards, les bagarres des tifosi du football, les exactions des fous de Dieu, les violences politiques.

Que peut-on faire ? Sans doute exprimer des vœux pieux comme :
- mettre l'espoir dans les vertus de la sélection naturelle en souhaitant que l'élévation de la conscience elle même finisse par contenir la compréhension de la brutalité et de l'inutilité de ces phénomènes.
- ou alors proclamer, les yeux au ciel, Dieu est amour !



Dimanche 26 Janvier 2014 18:25

Teilhard de Chardin tome 10 : « Comment je crois » chapitre 16



1ère partie
Un jour, un ami me déclara qu’il était athée et, me montrant un christ, il exprima sa profonde perplexité devant le spectacle d’un innocent condamné à mort et crucifié. Ce sentiment de désapprobation face à une telle injustice le poussait, en fait, à rejeter une telle religion fondée sur un vulgaire acte de barbarie. C’est dire combien l’événement de la crucifixion peut, chez toute personne non avertie, susciter un énorme malentendu. Oui, nous sommes face à un mystère dont le sens réel nous échappe et il convient de remercier Teilhard d’avoir tenté de soulever un côté du voile afin d’en extraire une parcelle de vérité à l’aide des moyens qui étaient les siens : la capacité de redonner à l’homme sa dignité et sa grandeur au sein de ce qu’il appela « l’Evolution ».
Il écrit (page 257) : « Par naissance, et à jamais, le Christianisme est voué à la Croix, dominé par le signe de la Croix. Il ne peut rester lui-même qu’en s’identifiant toujours plus intensément à l’essence de la Croix. Mais, tout justement, quelle est exactement l’essence, - quel est le vrai sens de la Croix ? »
Face à cette terrible question, Teilhard refusa toute considération d’ordre traditionnel qui prône essentiellement les notions d’expiation et de réparation débouchant tout naturellement sur la Faute originelle et la perversion naturelle de l’homme. A cela, s’ajoute la méfiance générale pour tout ce qui se rapporte à la Matière qui fait figure de tentatrice dans le domaine du mal sous tous ses aspects. Teilhard alors substitue à la notion de résignation culpabilisante, la notion de progrès et de dynamisme psychique fondateur d’une humanité capable de réaliser son plein accomplissement dans la sérénité, l’optimisme et la liberté. La doctrine chrétienne, si elle veut être crédible, ne doit pas s’opposer aux réalités anthropologiques (1). Il me semble, en lisant l’œuvre de Teilhard de Chardin, que si la Noosphère est bel et bien un Corps vivant et organisé autour de la notion de convergence vers Omega, alors la Croix en est sa colonne vertébrale. Voyons plutôt.

Chacun peut se rendre compte que le symbolisme de la croix est puissant et universel. La question est trop vaste pour que j’y fasse référence ici même. Par contre s'il est quelque chose de difficile à admettre pour les hommes d'aujourd'hui c'est le sens de la souffrance, de l'échec, de l'abandon et de la mort. Pour Teilhard, la Croix ne doit en aucun cas disparaître de l'horizon de la Foi ni être atténuée dans ses conséquences dans l'évangélisation des temps nouveaux. Il faut bien sûr éviter qu'elle soit mal comprise ou incomprise et qu'elle devienne un obstacle dans l'annonce du Dieu vivant, même si elle restera toujours un mystère. Il précise : « Il est parfaitement vrai que la Croix signifie évasion hors du monde sensible et même en un sens rupture avec ce monde...Par les derniers termes de l'Ascension où elle nous convie, elle nous force en effet à franchir un palier, un point critique par où nous perdons pied avec la Zone des Réalités sensibles...Cet "excès" final , entrevu et accepté dès les premiers pas, jette forcément un jour, un esprit particulier sur toutes nos démarches ...
Et voilà précisément où gît la folie chrétienne au regard des "sages" qui ne veulent risquer sur un total " Au-delà" aucun des biens qu'ils ont actuellement entre les mains.. » (Milieu Divin 118)
La Croix...symbole d'un mal nécessaire...rarement un auteur chrétien a osé s'affronter à la question du Mal.et lui donner des réponses à la fois chrétiennes et scientifiques à l'échelle de notre logique de compréhension. Maintenant allons à l’essentiel.
D’abord il nous faut dépasser cette conception juridique et fixiste de la Rédemption selon laquelle l’homme déchu de l’état primordial et devenu « esclave » de Satan par le péché est « racheté » par le sang du Christ. La croix se présente comme la rencontre de deux ordres de réalité : l’horizontalité qui symbolise l’immanence, le monde créé, les éléments liés à l’espace – temps, et la verticalité qui symbolise la transcendance, le monde spirituel, le monde métaphysique. Le point de rencontre des deux directions horizontales et verticales constitue un centre par où s’établit la « communication » entre le domaine de la manifestation et le monde divin. Cette configuration est compatible avec le système dual des énergies tangentielles et radiales décrit par Teilhard. Autrement dit, la spiritualité chrétienne n’a rien à voir au seul déploiement des réalités terrestres et l’évolution n’est pas seulement la transformation des choses dans l’espace et dans le temps. Le centre de la croix, en fait, est le siège d’un rayonnement qui concerne tous les êtres situés dans le plan horizontal de l’immanence. Dans cette configuration, l’éloignement du centre correspond à la « chute originelle » qui est rupture avec l’Unité, tandis que la Rédemption est le retour au centre, donc à l’Unité principielle. L’autre face de l’évolution se situe donc hors de l’espace – temps ce qui bouscule toute une logique naturelle dont Teilhard fut le contempteur. Le mot « évolution » est en fait un symbole comme toute chose est symbole c’est-à-dire une entité immanente (ici une transformation) qui à sa réalité en Dieu. Cette fonction rayonnante du centre de la croix est unifiante, attractive et hiérarchisante. Elle apparaît dans de nombreux textes scripturaires dont je cite les principaux : « Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean XII, 32)
« Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean VI, 44)
Caïphe prophétise que Jésus devait mourir « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » (Jean XI, 52)
Ce double mouvement intemporel d’éloignement et de retour au Centre est analogue aux deux phases de la respiration ou encore aux pulsations du cœur. Là encore nous faisons apparaître un symbole de vie, un symbole d’espérance qui transcendent les interactions entre les éléments du monde terrestre. « Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Luc XVII, 20) d’où le rôle et la signification de la Croix. Porter sa croix ne signifie donc pas, d’un point de vue métaphysique, supporter les épreuves de la vie dans une perspective morale et psychologique, ne considérer que ce qui constitue un progrès vital à notre convenance, mais établir une communication avec ce Centre que Teilhard appelle le point Omega. Or c’est cette communication mystique qui manque à notre monde actuel.

2de partie
Pour approfondir ce thème de la Croix du Christ, je me réfère à la réflexion de Mgr Pierre Debergé, ancien recteur de l'Institut catholique de Toulouse, SBEV, Bulletin Information Biblique n° 76 (juin 2011) p. 1 qui s’en remet aux lettres de Saint Paul.
« Rien ne disposait Paul à devenir l’apôtre des nations et le messager de l’Evangile de Jésus-Christ crucifié et ressuscité. C’est dans sa rencontre avec Celui qu’il persécutait qu’il lui a été donné de comprendre que Jésus qu’il croyait, « maudit de Dieu » était, en réalité, son Fils, un Fils parfaitement « obéissant jusqu’à la mort sur la croix… élevé au rang de Seigneur de l’univers (Ph 2,9-11). Sur le chemin de Damas, Dieu a, en effet, « ôté le voile » qui empêchait Paul de voir sa gloire sur le visage du Christ Jésus crucifié. Dans le « dévoilement » du Fils (Ga 1,13-17), il a perçu le sens de la croix et la gratuité radicale de l’initiative de Dieu à son égard. Parce qu’il lui a été révélé que la Passion est l’expression parfaite de l’amour du Christ pour son Père et pour l’humanité, en même temps que la révélation de la nature paradoxale de la toute-puissance du Dieu de Jésus-Christ, Paul a donc décidé de ne chercher que Jésus Christ crucifié, pour être crucifié avec lui : « Avec le Christ, je suis un crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi. Car ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2,19-20). En conséquence, s’il sera dominé par l’annonce de l’évangile qu’il a reçu (1 Co 15,3-5), le ministère de Paul sera surtout déterminé par la révélation de la nature déconcertante de la puissance de Dieu qui se donne à voir dans la faiblesse de Jésus-Christ crucifié. Alors que la première tradition chrétienne évoquait la mort de Jésus, mais sans nécessairement s’attarder sur la nature de cette mort, l’insistance sur la mort de Jésus par crucifixion sera même un trait caractéristique de la prédication de Paul. Comme on le constate à la lecture des deux premiers chapitres de la 1ère lettre aux Corinthiens rédigée dans les années 53-54, Paul, pour la première fois, mettra en œuvre une « théologie de la croix » qui ne relève pas d’une construction intellectuelle ou d’une théorie religieuse, car la croix a « parlé » dans son existence, lorsque Dieu s’est révélé à lui sous la figure d’un crucifié.
Pour bien saisir les enjeux de la théologie de la croix que Paul va élaborer, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que la communauté de Corinthe était confrontée à de multiples problèmes, mais ce qui par-dessus tout semblait inquiéter l’apôtre, c’était l’existence de tensions identitaires au sein de la communauté (1 Co 1, 11). Chaque groupe en présence se référait, semble-t-il, à une figure fondatrice qui donnait une orientation particulière à l’expression de sa foi : Paul, Apollos ou Céphas (1 Co 1,12). Or, devant ces divisions, conséquence d’une trop grande importance accordée à la parole, à la connaissance ou à certaines manifestations de l’Esprit, que fait Paul ? Il plante la croix du Christ au milieu de la communauté déchirée de Corinthe : « Le Christ est-il divisé ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été crucifiés ? » (1 Co 1,13)
A ceux qui sont divisés, Paul oppose ainsi un événement scandaleux qui n’offre, à cette époque, aucune possibilité de référence identitaire, puisque la crucifixion était le supplice le plus cruel et le plus infamant qui soit, celui que l’on réservait aux criminels et aux esclaves. Après avoir rappelé que l’unité de la communauté chrétienne n’a pas d’autre origine et fondement que la croix du Christ, l’apôtre consacre ensuite un long développement à la parole de la croix qui proclame sur Dieu le contraire de ce que les hommes conçoivent et comprennent habituellement de lui : « Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour nous, il est puissance de Dieu (…) Les Juifs demandent des miracles et les Grecs recherchent la sagesse ; mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes» (1 Co 1,18.22-25)
Bien qu’inséparable de la proclamation de la résurrection de celui qui est devenu, par elle, le Crucifié, la parole de la croix, est, pour l’apôtre Paul, un « scandale » pour les Juifs et une « folie » pour les Grecs. Elle est un scandale, une pierre d’achoppement, parce que l’aspect sous lequel le Messie se présente est en totale contradiction avec l’attente des Juifs et les représentations qu’ils se faisaient du Messie. La croix semble même être la preuve par excellence que Celui qui y est pendu ne peut être le Messie. La croix est une folie pour les Grecs au sens où ne peut prétendre être dieu, même au sens mythologique, quelqu’un qui subit une telle mort, infrahumaine, réservée aux esclaves.
L’événement de la croix heurte ainsi de plein fouet les deux cultures, grecque et juive. C’est un défi pour la raison puisque la croix proclame la puissance de Dieu là où la sagesse des hommes ne perçoit que l’impuissance et l’échec. C’est un non-sens apparent, une aberration, qui rejoint l’humanité - représentée ici par les Grecs à la recherche de la sagesse et les Juifs qui attendent de Dieu des signes de puissance, dans sa quête de vérité en faisant éclater les limites de la sagesse et de la piété, surtout lorsqu’à travers elles les hommes prétendent identifier Dieu, et par là se sauver eux-mêmes ou se poser comme leur propre fondement. La croix « scandalise tout ce qui mesure (et c’est la folie même) les choses divines à la mesure du visible et de l’humain »
A la lumière de la Résurrection, la mort de Jésus sur la croix, comprise par les hommes comme signe de faiblesse et d’anéantissement, met donc en échec toutes les représentations divines que l’être humain peut se faire, en même temps qu’elle donne accès à une nouvelle connaissance de Dieu (1 Co 1,23-25 ; 2 Co 13,4). Le Dieu que Juifs et Grecs croyaient connaître et dominer, est un Dieu qui se manifeste au cœur de l’humanité là où le plus horrible revêt, par la mort du Fils comprise comme mort d’oblativité (Ga 1,4 ; 2,20 ; Ph 2,8), la forme la plus extrême de l’Amour. Avec les conséquences qui en découlent pour la vie de l’Eglise et pour l’existence de chacun.
Pour illustrer les conséquences opérées par la parole de la croix pour la vie de l’Eglise, Paul indique ensuite aux chrétiens de Corinthe, comment, par leurs origines sociales ou leurs histoires personnelles, ils sont une illustration de la folie qui est au cœur de la prédication chrétienne : « Considérez, frères, qui vous êtes, vous qui avez reçu l’appel de Dieu : il n’y a parmi vous ni beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni beaucoup de gens de bonne famille. Mais ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n’est pas, Dieu l’a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu’aucune créature ne puisse s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1,26-29)
Mais c’est aussi à l’intérieur de chaque communauté chrétienne, comprise comme Corps du Christ, que la parole de la croix fonde des exigences de fraternité, de solidarité, de communion et d’attention aux membres les plus faibles de la communauté « pour lesquels le Christ est mort » (1 Co 8,11). La manière dont Paul, dans la lettre aux Philippiens, relie sa bouleversante exhortation à l’humilité et à l’unité au Christ qui s’est abaissé et humilié en est une très belle illustration : « Ayez un même amour, un même cœur ; recherchez l’unité, ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus Christ : lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie d’être l’égal de Dieu, mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, par son aspect, il était reconnu comme un homme ; il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue proclame que le Seigneur, c’est Jésus Christ à la gloire du Père » (Ph 2,2-11)
En invitant chaque baptisé à se comporter au sein de sa communauté chrétienne dans la fidélité au Christ Jésus qui s’est abaissé et s’est fait obéissant jusqu’à la mort sur la croix, Paul entend poser ici le critère ultime et décisif pour une vie communautaire réellement chrétienne (Ph 2,5). A cet effet, il rappelle que la communion requise des baptisés ne peut être que le reflet de la communion trinitaire qui se révèle sur la croix. Il n’y a donc pas d’autre exigence pour le baptisé que de revêtir les sentiments du Christ qui, en s’abaissant et en s’humiliant a « tué le mur de la haine » (Ep 2,14-18) et réconcilié l’humanité avec Dieu et avec elle-même « en ayant établi la paix par le sang de la croix » (Col 1,20). La parole de la croix fonde ainsi un universalisme que l’on retrouvera dans la manière dont Paul construira des communautés où « il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni l’homme et la femme » (Ga 3,28).
Enfin - c’est une autre forme d’universalité -, si « la croix est l’excès de la honte, elle est pour nous le témoignage que, quelle que soit l’abjection dans laquelle un homme puisse tomber, en elle il trouvera la croix du Christ, lui qui s’est abaissé, humilié, pour compatir avec lui »
Pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ. C’est le troisième aspect de notre réflexion ; il s’inscrit dans le droit fil du développement de Paul qui, après avoir montré aux chrétiens de Corinthe comment ils incarnent le monde nouveau- né de la mort et de la résurrection du Christ, poursuit sa réflexion en évoquant sa venue à Corinthe : « Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n’est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ». Ce à quoi il ajoute « Aussi ai-je été devant vous faible, craintif et tout tremblant ; ma parole et ma prédication n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l’Esprit, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » (1 Co 2,3-5)
Voilà qui montre que l’orientation de la réflexion de Paul sur le Christ, mort crucifié et ressuscité, avec ses conséquences par rapport aux représentations que l’on se fait de Dieu et à la vie des communautés chrétiennes, éclaire aussi la manière dont l’apôtre envisage son ministère, notamment en s’interdisant toute annonce de l’Évangile qui risquerait de le réduire à un simple discours de sagesse humaine : « Le Christ ne m’a pas envoyé baptiser, mais annoncer l’Évangile, et cela sans recourir à la sagesse du discours pour que ne soit pas réduite à néant la croix du Christ » (1 Co 1,17 ; 2,3-5). C’est la raison pour laquelle Paul défendra farouchement l’Évangile qu’il a reçu (Ga 1,6-9 ; 2,14ss) contre ceux qui, trahissant l’œuvre salvifique du Christ, en prônant surtout le retour à la loi de Moïse, annoncent des évangiles qui ne sont pas conformes à cet Evangile dont il ne cesse d’approfondir les conséquences pour l’humanité.
C’est aussi pour cela qu’à la lumière de la croix Paul interprètera les échecs et les épreuves qu’il rencontre. Ils sont un des lieux privilégiés de la configuration de l’apôtre au Christ et de la participation à son œuvre salvifique : « Sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus » (2 Co 4,10). Et l’auteur de la lettre aux Colossiens écrira : « Je trouve maintenant ma joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et je complète ce qui manque aux tribulations du Christ en ma chair pour son corps qui est l’Église » (Col 1,24). Il n’en est pas moins vrai que s’ils sont l’occasion, pour l’apôtre, de communier aux souffrances du Christ sur la croix, les épreuves, les faiblesses et les échecs sont surtout le lieu où l’apôtre peut expérimenter la présence du Ressuscité et la puissance de l’Amour de Dieu qui console et rend fort (2 Co 1,3-5). D’autant plus que « nos détresses d’un moment sont légères par rapport au poids extraordinaire de gloire éternelle qu’elles nous préparent. Notre objectif n’est pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas ; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel » (2 Co 4,17 ; Rm 8,18).
Pour Paul, tel est le grand mystère de l’Annonce de l’Évangile : c’est dans la faiblesse et la pauvreté des situations que la puissance de Dieu peut donner toute sa mesure (1 Co 1,26ss ; 2 Co 4,7-10). C’est aussi le mystère de toute vie baptismale et de tout apostolat où, au plus profond de sa misère, de sa faiblesse, de ses échecs et de ses souffrances, s’impose la nécessité d’accueillir l’œuvre de la toute-puissance divine : « À ce sujet, par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : ‘Ma grâce te suffit ; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse afin que repose sur moi la puissance du Christ’. Donc, je me complais dans les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les angoisses pour le Christ. Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,8-10).
Que dire en conclusion ? Que la croix, dans l’œuvre de Paul, est toujours en référence avec le Ressuscité ou le Seigneur de Gloire. Comprise comme « parole de la croix », elle porte avec elle un langage qui n’est pas de négativité, puisqu’il s’inscrit toujours dans un contexte d’amour (Ga 2,21), de réconciliation (Col 1,28), de paix (Ep 2,14-18), de justice, de sanctification et de délivrance (lCo 1,30). La croix a ainsi, dans l’œuvre de Paul, une fonction de révélation qui fait qu’à l’amour de Dieu manifesté par et sur la croix (Rm 8,31-39), le baptisé est invité à répondre dans un même élan d’amour et d’oblativité.
Mais, parce que la foi au Christ, crucifié et ressuscité comporte - et comportera toujours - un aspect de « scandale » et de « folie », on comprendra que la révélation chrétienne et l’existence du baptisé soient, pour Paul, irrémédiablement marqués du double sceau de la contradiction et de l’espérance qui lui est intimement liée, et qui fonde une manière particulière d’habiter la condition humaine (2 Co 4,8ss). »


Dimanche 26 Janvier 2014 09:40

Chapitre 16 de "Comment je crois" éditions du Seuil


-Dans la campagne lyonnaise, qui n'a pas connu ou vu ces croix à l’intersection des chemins et sentiers empruntés par les marcheurs de fin de semaine, ou les retraités des autres jours ?
Croix réalisées en fer aux formes ouvragées, courbes façon art nouveau ou style rustique finition peinture gris argent dont l'effet est dénué assurément de toute prétention.
D'autres, peut-être plus mystérieuses, sont en granit, sobrement construites et taillées, parfois ornées en leur centre d'un semblant de rosace ; leur allure emmène vers des temps anciens où, disait-on, bien des dieux avaient été aperçus dans la plaine assoupie, au solstice d'hiver ou peut-être après...
Parfois on voit même sur les assises d’où ces croix se dressent, une date gravée dans leur dalle de pierre, mémoire des moments intenses vécus ensemble .
-Aujourd'hui, elles sont enchantement pour certains, pour les croyants souvent sûrement, mais cependant pas toujours ; pour d'autres elles sont crispation, et pour beaucoup, indifférence.

-Dans le calme de l’hiver la nature se repose, elle aussi.
C'est la croisée des routes, ouverture vers tous les possibles, et d'abord le regard, l'horizontalité ; l'espérance, malgré tout ou plutôt à cause de tout... le sourire, à celui qui veut regarder ; La fraîcheur dont parle Teilhard.

-Les chaines ultimes de l'homme ne sont-elles pas le désespoir ?
Et la crispation vis à vis de ces croix pour certains, ne vient-elle pas qu'il est vu dans cette forme un marquage, un sceau autoritaire apposé sur la matière, mère nature .
Et alors, comme le dit le Père, il y a non sens, mais plutôt,l'homme les deux pieds dans la glaise , veut aimer, découvrir, construir, est en chemin tout entier à chaque instant vers la Transcendance.

-Alors le père me fait redécouvrir le sens de cette croix :
« Je me sens passionnément séduit et satisfait par une Croix en laquelle se synthétise les deux composantes de l'avenir : le transcendant et l'Ultra-humain ; ou comme je disais en commençant l'En haut et l'En avant »

-L'En-Haut, ce que je ne connais pas mais qui comble, au delà de la mesure de mon espérance ; mystère et joie de la recherche de l'Inconnu.
« Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais trouvé »(Blaise Pascal, Pensées 553, Section VII la morale et la doctrine )

-L'En-Avant, foule innombrable des hommes, communion des Saints, ceux d'ici et ceux de là-bas, vie du pire comme celle du meilleur, et Teilhard de dire :
« Univers en état de personnalisante évolution.


Samedi 25 Janvier 2014 15:51

SUJET DE TRAVAIL A PRESENTER LE 4e VENDREDI DE JANVIER 2014-01-23
Chapitre 16, Tome 10 « Comment je crois » Document inédit, écrit pat Teilhard à New York le 14/10/52


CONTRACTION DE TEXTE PAR J.P. FRESAFOND

(1) INTRODUCTION
Le but de ce chapitre, court rapport à l’attention du Vatican, est de faire comprendre que les relations entre science et religion sont une source d’inquiétude liée à l’antagonisme supposé entre le Dieu évolutif de l’En Avant et le Dieu transcendant de l’En Haut : antagonisme qui entrainerait une baisse de la séduction vis-à-vis du catholicisme. Ce risque est nul et je vais donc poser le problème différemment par rapport à ma précédente requête, c'est-à-dire en utilisant le symbolisme de la Croix , plus à même de renouveler la conception des relations entre l’homme et l’humanité.
(2) OBSERVATION PRELIMINAIRE / APPARITION ET NATURE D’UN NEO HUMANISME CONTEMPORAIN
-A l’époque de la scolastique, les grands esprits se disputaient sans résultat, signe infaillible d’une question mal posée. Maintenant, l’évolution scientifique a clarifié le problème par simple introduction d’espèces phylétiques, soit une certaine population animale dérivée d’une même souche et comprise à l’intérieur d’une certaine courbe statistique de variabilité. Ainsi, l’idée de l’homme (et de toutes les espèces animales) a perdu son mystère mais, en revanche, l’idée de l’homme a vu ré-authentifier ses lettres de noblesse.
-En bonne science il devient de plus en plus nécessaire de reconnaître qu’avec l’apparition de la conscience réfléchie au quaternaire s’est ouverte une nouvelle phase de l’histoire de la biosphère. L’homme, mammifère primate apparaissant sur la planète, représente une deuxième espèce de vie (ou d’une vie au second degré) qui est par nature convergente. Pour raison biologique de fond l’homme ne peut exister sans couvrir toute la planète (idem pour les autres espèces) mais il ne peut pas non plus couvrir la terre sans se « totaliser et se concentrer » de plus en plus sur lui-même. Et, fait unique, l’espèce humaine au lieu de se dissiper va se ramassant de plus en plus sur elle-même, à la limite d’une « super personnalité-unité ».
-Cette singulière perspective sur la nature de l’homme n’est pas encore exprimée par la science, mais elle résulte directement et intimement de la weltanschauung (vision du monde) scientifique moderne, laquelle commence à imprégner tout le conscient de notre temps.
-Après une période de flottement entre XVIe et XIXe siècles dans laquelle l’humanité a failli se désagréger dans l’individualisme, sous la pression de formidables déterminismes avant de retrouver maintenant, à un plan supérieur le sens de l’espèce, non plus l’asservissement à une lignée mais une poussée unanime et concertée, afin d’accéder à l’étage supérieur de la vie. Un nouvel humanisme pousse un peu partout par le jeu de la co-réflexion.
-Il ne s’agit plus d’un humanisme d’équilibre mais d’un mouvement auquel aucune valeur ne saurait résister, même et surtout en matière de religion, sauf à se plier aux exigences de quelque avenir cosmique ultra humain. D’où la nécessité urgente pour l’Eglise de présenter au monde un nouveau sens de la Croix.

(3) CROIX D’EXPIATION ET CROIX D’EVOLUTION (Croix sacrificielle ou croix initiatique)
-Par naissance et à jamais le christianisme est dominé par le signe de la Croix qui est son essence. Mais quelle est cette essence de la Croix ? Sous sa forme élémentaire, telle que la présentent les séminaires et les sermons la Croix est premièrement un symbole de réparation et d’expiation à travers lesquels se reconnaissent les éléments suivants :
(a) Notion catastrophique, dominance du mal et de la mort, suite naturelle d’une faute originelle.
(b) Défiance vis à vis de l’homme qui, sans être exactement mutilé et perverti, n’a plus la vigueur qui lui permettait de réussir dans ses entreprises terrestres, sauf à posséder des dons surnaturels.
(c) Et plus symptomatique, méfiance pour tout ce qui est « matière », celle-ci étant considérée beaucoup moins comme une réserve d’esprit que comme un principe de chute et de corruption.
Tout ce qui précède (a,b et c) est pris dans le feu d’un amour puissant pour le Dieu crucifié , d’un amour exclusivement ascensionnel, épuration douloureuse et détachement souffrant. Pour les néo humanistes que nous sommes cela est irrespirable et doit être changé.
-Pour régner sur une terre soudainement éveillée à la conscience d’un mouvement biologique vers l’avant, la Croix doit à tout prix et au plus tôt se manifester à nous comme un signe non seulement d’évasion mais de progression. Elle n’est plus seulement purificatrice mais motrice. Mais une telle transformation est-elle possible ? Oui, elle est possible et exigée par ce qu’il y a de traditionnel (notre de JPF : je propose le terme « symbolique ») plus qu’on ne le pense dans la Croix.
-Tournons nous maintenant vers le deuxième terme du conflit religieux moderne. L’évolution qui s’impose à notre expérience a les caractères suivants :
(a) Par sa nature arrangeante elle est EFFORT.
(b) Par effet statistique de probabilités elle ne peut avancer dans ses constructions tâtonnantes qu’en a laissant derrière soi un long sillage de désordre et de « mal évolutif ».
(c) Par structure même du processus d’évolution biologique (vieillissement organique, relais génétique, métamorphose …) elle implique la mort.
(d) Par exigence à la fois psychologique et énergétique elle requiert à son sommet un principe attractif, « amorisant » le fonctionnement entier de l’univers.
-Pénétrons-nous de ces quatre données sur l’évolution ; revenons à la Croix et regardons un Crucifix. Ce que nous voyons, cloué sur le bois, peinant, mourant, libérant, est-ce encore le Dieu du péché originel ? N’est-ce pas au contraire le Dieu de l’évolution que notre néo humanisme attend ? Porter les péchés du monde coupable pourrait se traduire par « porter le poids d’un monde en évolution ». Tel est le témoignage que je voudrais faire entendre à qui de droit. En vérité, autant il m’est devenu impossible physiquement de m’agenouiller intérieurement devant une Croix purement rédemptrice, autant je me sens passionnément séduit et satisfait par une Croix dans laquelle se synthétisent les deux composantes de l’avenir : le transcendant et l’ultra humain ! soit l’en haut et l’en avant. Dans cette disposition intérieure catégorique et finale, je ne suis pas seul, d’autres me rejoignent.
(4) CONCLUSION
Malgr2 les profonds remaniements en cours dans notre vision phénoménale du monde, la Croix est toujours debout et se dresse de plus en plus au carrefour des valeurs et des problèmes placés au cœur de l’humanité. Sur elle doit continuer à se faire la division entre ce qui monte et ce qui descend ; mais cela à une condition : en s’élargissant aux dimensions d’un âge nouveau qu’elle cesse de s’offrir à nous surtout (ou même exclusivement) comme un signe d’une victoire sur le péché, pour devenir le symbole dynamique d’un univers en état permanent d’évolution.
Jeudi 23 Janvier 2014 18:02

Travail à présenter le 24/01/2014
Réflexion sur Chapitre 16, tome 10 de COMMENT JE CROIS


-Dans ce chapitre Teilhard essaye une fois de plus de convaincre l’Eglise du bien fondé d’un rapprochement entre la théologie chrétienne et la pensée scientifique moderne ; à l’époque la réponse de l’Eglise est négative et sans appel.

-Soixante ans plus tard l’Eglise entrouvre la porte pour ne laisser entrer partiellement que le concept de cosmogénèse, pilier central de la pensée de Teilhard. Je dis « partiellement » car selon l'Eglise il n’est pas question de supprimer la notion de « péché originel » laquelle pourtant est incompatible avec la notion d’évolution de la matière. En effet, la notion de Rédemption est directement mise en danger car s’il n’y a pas de péché originel il n’est point de faute à racheter. Dans ces condition qu’en est-il du Rédempteur ? Tout le dogme chrétien est construit sur la base d'un Rédempteur qui efface la faute originelle.. Mais il n’y a pas que sur ce point que bloque l’Eglise : l’évolution de la matière induit le panthéisme et « la sainte matière » si chère à Teilhard. Même « convergent » le panthéisme de Teilhard ne passe pas. L’Eglise a donc répondu à Teilhard : faites de la recherche scientifique mais ne faites pas de théologie. Voici une citation de Teilhard qui permet de prendre la mesure de sa déception : « En vérité autant il m’est devenu impossible physiquement de m’agenouiller intérieurement devant la croix-rédemptrice, autant je me sens passionnément séduit et satisfait par une croix dans laquelle se synthétisent les deux composantes de l’avenir : le transcendant de l’ultra humain, soit l’en haut et l’en avant. » Selon lui le Christ n’efface pas une faute inexistante, ce serait absurde et répulsif pour les non-croyants qui devraient être la cible de l’évangélisation.
Le Christ ouvre et éclaire une voie nouvelle pour donner à l’homme une espérance et un sens à la vie.

-Teilhard prend conscience de l’échec dans la communication de message axé essentiellement dans son tome-1 « LE PHENOMENE HUMAIN » lequel est, précise-t-il dans l’introduction, un ouvrage essentiellement scientifique. Il décide, mais un peu tard, de changer son mode de communication.
De scientifique, le message va devenir symbolique : il choisit d’utiliser le symbolisme de la croix, vecteur extrêmement puissant et universel qui touche tous les niveaux de toutes les sensibilités car il est à la fois la résonnance et la raison. Le symbolisme de la croix est visuel et spirituel. Il ouvre les vannes de l’intuition et de la liberté de penser ; face à lui les théologiens sont désarmés, leur rhétorique passe à côté de la cible.
-Le symbolisme de la croix est beaucoup plus ancien que la croix chrétienne, il existait déjà dans de nombreuses traditions antiques : Egypte, Grèce, celtes, bouddhisme, animisme, kabale juive, soufisme. Toutes ces croix n’ont aucune signification sacrificielle.

-Examinons la géométrie de la croix. Elle comporte une ligne verticale qui représente le monde de l’esprit, tandis que la ligne horizontale représente le monde de la matière. Cela ne signifie pas que ces deux mondes soient séparés mais, bien au contraire, ils sont unis par le centre de la croix. La croix est donc un symbole ternaire de synthèse : Esprit/matière/consubstantialité. Leur point d’intersection, le centre, est un aboutissement que le cherchant doit découvrir, puis traverser en passant de l’autre côté de la croix par le monde de l’Esprit. Le but d’une telle initiation est l’éveil dont les religions védantes (bouddhisme, Hindouisme) n’ont pas l’exclusivité. Dans certaines traditions occidentales on trouve une rose rouge au centre de la croix, ainsi que dans le christianisme où parfois la rose est remplacée par un cœur, le Cœur du Christ naturellement, et cette croix n’a aucun rapport avec le crucifié, elle devient un symbole ternaire :l’Humain, l’Esprit, l’Amour. Dans ce cas l’amour est une force amorisante correspondant à l’altérité qui est le cœur du christianisme.
Je site Teilhard : « Pour régner sur une terre soudainement éveillée à la conscience d’un mouvement biologique vers l’en avant, la croix doit à tout prix et au plus tôt se manifester à nous comme un signe non seulement d’évasion mais de progression. La croix n’est plus seulement purificatrice mais motrice… Regardons un crucifix : ce que nous voyons cloué sur le bois, peinant, mourant, libérant, est-ce bien encore le Dieu du péché originel ? N’est-ce pas au contraire le Dieu de l’évolution que notre néo-humain attend ? »

-Teilhard a eu raison de déplacer le terrain de la controverse ; il n’oppose plus la raison au dogme d’ailleurs ces deux éléments n’étaient pas accessibles au grand public. De plus, la raison tue l’aspect magique du mystère ; le dogme, quant à lui, tue la pensée et le rêve. La voie dogmatique est morte, tout comme sont mortes les voies romaines devenues obsolètes.

-La voie symbolique est éternellement vivante , elle révèle la conscience, elle est une onde invisible et indicible qui fait vibrer en nous des cordes dont nous ignorions l’existence.

-Le dogme génère la pensée unique qui est une faute contre l’humanité. Entre la musique des anges et la musique des démons, seule une conscience bien établie peut faire la différence. La musique des anges réunit ce qui est différent. Teilhard disait que l’union différencie et que les différences, en retour et contrairement aux apparences renforcent l’union. Tel est le mystère sur lequel nous devons axer notre pensée ; nous sommes frères en Dieu.

Je terminerai par une citation de Teilhard extraite d’une lettre adressée à l’une de ses fidèles correspondantes en février 1927 : « Le règne de Dieu ne saurait s’établir que par une jonction beaucoup plus complète entre les forces chrétiennes et les grands courants de la terre. » (page 185 du livre de Pierre Leroy sj « Pèlerin de l’avenir »).
Vendredi 17 Janvier 2014 11:26

Marcel Comby / Noosphère et liberté chrétienne / Réponse à Jean Pierre Frésafond Suite à l'article paru dans le n° 48 de la revue Teilhard Aujourd’hui
1- L’expérience de l’incomplétude nous apprend que la réalité nous est voilée. Or dans ce cas précis du thème de l’esprit, nous ne pouvons qu’utiliser un langage construit sur le symbolisme et l’analogie. Ce mode de penser est omniprésent dans les différentes méthodes scientifiques. On rencontre l’analogie en mathématiques, physique, technologie, cybernétique, biologie, linguistique, psychologie, droit, philosophie, science des religions et théologie. On la met en œuvre comme moyen heuristique pour faire progresser la compréhension de notre environnement. Teilhard, en fait, ne fait pas de démonstration scientifique.
Lundi 13 Janvier 2014 15:04

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