Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Avec tristesse , nous vous faisons part du décès de l’Abbé Baudry et nous vous communiquons le message transmis aujourd'hui par notre ami, Jean-Pierre Boisard.

Nous vous invitons à retrouver sur ce site plusieurs de ses textes que nous avions fait paraitre successivement (il suffit d'écrire "Baudry" et le texte du titre dans la rubrique "RECHERCHE" et "OK" au sommet de la colonne à gauche) :
-La Mystique de la recherche selon Pierre Teilhard de hardin
-Le système du monde selon P. Teilhard de Chardin,
-Evolution et liberté
-L’avenir, condition de l’agir
-Vers une définition de l’homme selon P. Teilhard de Chardin
-Ecologie, biologie et morale
-Teilhard à Verdun « Je ne pensais pas revenir »

L'Abbé Gérard BAUDRY était Docteur en philosophie et en théologie (département 44), ancien directeur de recherches à l'Université Catholique de Lille. Il fut l'un des intervenants lors de notre colloque du 26/09/2009, sous le patronage de l'Université Jean-Moulin...


Chers Jean Pierre et Anne Marie,
Je suppose que vous ne serez pas indifférents en apprenant que notre ami , le père Gérard Baudry s'est éteint mardi dernier des suites d'une longue maladie
Tous les teilhardiens de France et de Navarre doivent être mis au courant de ce départ.

Nous, quelques uns et quelques unes de Loire-Atlantique, vous représenterons lors des obsèques à Saint Philbert de Granlieu, demain.
bien à vous, Jean Pierre Boisard

St-Philbert-de-Grand-Lieu
Agnès et Edmond Douaud, René et Hélène Baudry, l'Abbé Daniel Baudry,
Pierre et Martine Baudry, Marie-Anne et Gilles Perraudeau,
ses frères et soeurs et leurs conjoints; ses neveux et nièces et toute la famille ont la douleur de vous faire part du décès du :
Père Gérard-Henry BAUDRY
Prêtre théologien
survenu dans sa 79e année.
La cérémonie religieuse sera célébrée vendredi 28 février 2014, à 15 heures en l'église de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Jeudi 27 Février 2014 17:42

Contraction de texte faite par Jean-Pierre Frésafond, sujet de réflexion pour notre réunion du 28/3/2014, tome-10, « COMMENT JE CROIS », Editions du Seuil


inédit écrit par Teilhard à New-York, le 5/6/1953

-Après des siècles de disputes, la question de l’âge des origines humaines est enfin réglée, mises à part les escarmouches entre créationnistes et évolutionnistes ainsi que les controverses sur l’exclusivité d’un phénomène humain. Mais ces consensus précaires ne règlent pas les problèmes de compatibilité entre l’évolution de la matière et le péché originel, rejetés à l’étage supérieur, celui de l’existence de phénomènes « planète terre » dans l’univers.
Voilà ce que je crois voir et que je voudrais faire apercevoir à « qui de droit » en montrant ce que donnent jointes trois propositions ; vue séparément chacuneest scientifiquement admise.
-La première :
La matière tend à se constituer en éléments de plus en plus gros et, lui aussi, le phénomène vital, se place dans le prolongement de ce processus.
-La deuxième :
La vie extrapole donc ce processus en ajoutant à la complexification extérieure un nouveau processus intérieur, celui du développement de la conscience et de la réflexion, ce qui correspond à l’apparition de l’homme à la dernière période de l’ère tertiaire, le pliocène.
-La troisième :
Il existe dans l’univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition et subit la même évolution que celle de notre voie lactée.

Chacune de ces trois propositions rassemble l’agrément des personnes spécifiquement compétentes (astronomie, biochimie, anthropologie) et pourtant, si ailleurs dans l’univers des protéines semblables aux nôtres apparaissent et se développent et si, dans ces autres planètes, la vie se développe aussi haut que possible, et si de surcroit il y a des millions de systèmes solaires similaires aux nôtres, dans ces conditions alors, comment ne pas voir surgir dans notre pensée la certitude qu’il existe des millions de phénomènes humains dans l’univers ? Cette alternative est la plus probable et l’idée qu’il ne puisse exister qu’une seule planète terre dans l’univers est une absurdité. Cela induit la question suivante : comment les théologiens vont-t-ils réagir ? Une attitude traditionnelle semblable de leur part ne serait pas comprise , alors comment aborder le problème ?

-I) QUE FAUT-IL EVITER ?

Face à la probabilité scientifique de l’existence de plusieurs planètes humanisées que proposent les théologiens ?
a- Ils décident qu’une seule de ces planètes habitées a commis le péché originel et qu’un rachat de cette faute ne concerne pas les autres planètes
b- Ou bien ils examinent l’hypothèse que les autres humanités n’ont pas commis de faute originelle car elles ont été mises au courant des problèmes rencontrés par la genèse terrestre.
c- Enfin, ils jouent sur la probabilité qu’aucune autre planète habitée par des hommes est possible dans l’univers, notre planète serait unique.
Il ne faut pas être grand clerc pour penser dans l’état actuel des connaissances que la première de ces solutions est absurde, dans la mesure où elle implique la mort liée au péché originel qui pourrait ne pas exister dans certains points de l’univers, échappant ainsi au lois de la matière …

La deuxième solution est ridicule, comment sans un miracle invraisemblable les autres planètes habitées pourraient être prévenues des risques encourus en cas de désobéissance du premier couple humain ?

Enfin, la troisième solution est humiliante dans la mesure où l’Eglise voudrait sauver le dogme à tout prix, même celui de lancer une raison absurde. Il faut trouver un autre échappatoire.

- II) CE QUE NOUS POUVONS FAIRE

L’existence de ces autres planètes habitées n’est pas une certitude, ce n’est qu’une probabilité. Il n’est donc pas nécessaire de développer une théologie à leur usage, par contre, il faut ouvrir notre théologie classique à cette éventualité. Voici ce qu’il est possible de proposer à la réflexion :
a) Soit l’univers est psychiquement convergent sur lui-même,
b) Soit le Christ est universalisé dans un phénomène à l’échelle de l’univers , en utilisant l’effet de convergence de l’énergie spirituelle sur elle-même. Il s’agit de l’énergie dégagées par toutes les éventuelles noosphères . S’il existe effectivement des millions de mondes habités, le principe fondamental est inchangé et son intérêt s’accroît à la mesure de cette échelle universelle aux yeux du chrétien. Le Christ universel est issu d’une cosmogénèse.
Additif de Teilhard : Une noosphère humaine christifiée s’étend désormais à tout l’univers , un univers convergent et centré . Ce nouveau Christ universel est une troisième nature du Christ
Mardi 25 Février 2014 19:12

Tome 10 de Teilhard de Chardin, "COMMENT JE CROIS" Editions du Seuil
Travail à présenter le 28 février 2014


Pour être plus libres les intellectuels de toutes catégories ont inventé deux branches de l’épistémologie : le principe d’incertitude et l’expérience d’incomplétude.

Le titre de ce chapitre recouvre cinquante années de recherches pour Teilhard, voici quelques remarques à ce propos, il se compose de trois parties :

-1-CONTINGENCE DE L’UNIVERS Etre ou ne pas être … Pourquoi Dieu a t-il créé l’univers … que peut dire l’homme sur ce sujet lequel, d’ailleurs, passe au-dessus de sa tête ?
-2-GOUT HUMAIN DE SURVIVRE : L’être humain ne fait dans ce domaine que suivre ce qu’exige son ego et face à cette situation les religions n’ont pas la partie belle, elles ne peuvent que renvoyer l’être humain face à sa conscience ; encore faudrait-il qu’elle soit suffisamment développée (je parle de la conscience mystique).
-3-COMMENT REPENSER (le dogme) EN CONFORMITE AVEC LES LOIS GENETIQUES (les lois naturelles) ? Autrement dit, comment réécrire la doctrine chrétienne ? Ce travail se fera avec une extrême lenteur, au même rythme que le rapprochement entre science et religion.

Voici maintenant quelques réflexions sur le chapitre lui-même. et les propositions faites par Teilhard.

La première : Le milieu scientifique intègre l’espèce humaine dans le règne animal depuis longtemps, mais les religions, toutes traditions confondues, sont réticentes.
De leur côté, s’ils étaient de bonne foi, les scientifiques devraient accepter cette proposition de Teilhard car eux-mêmes utilisent des « hypothèses de travail » lesquelles, par définition, ne sont pas scientifiquement posées et je les renvoie à ce que pense T. Magnin, très réservé, sur le terme « scientifiquement prouvé.Teilhard n’hésite pas à dire pour appuyer sa proposition : « Le processus de réflexion autant que celui des arrangements requièrent une dépense énergétique, donc, la mesurabilité des arrangements est un principe scientifiquement acceptable. »

La deuxième : Voici une autre idée de Teilhard, philosophiquement géniale : « La foi peut être définie comme étant l’intuition éprouvée par l’homme, que le monde se dirige vers un certain achèvement".A mon avis ce devrait être suffisant pour permettre à certains d’avoir le goût de vivre, mais il faut en rester là et ne pas proposer des « structures célestes » détaillées ainsi qu’ont le tort de le faire les religions. Il faut semer la graine et laisser l’homme la développer dans le secret de sa conscience. les religions commettent toutes la même faute : elles imposent un imaginaire de bande dessinée et interdisent la libre pensée.

La troisième : Ici, je vais déborder le cadre de ce travail en remarquant de façon récurrente que, non seulement les religions ne devraient pas se mêler du pouvoir temporel qui appartient aux chefs d’Etats et à leurs gouvernements, mais elles devraient se limiter dans le domaine doctrinal aux « Dix Commandements de Dieu » transmis par Moïse ; ils sont universels et suffisants pour que de bas en haut de l’échelle sociale se maintienne un climat d’harmonie, d’ordre et de paix dans le monde. Les Dix Commandements de Dieu sont l’expression même de la loi d’amour chantée par le christianisme, en particulier. C’est au nom de cette loi d’amour que Jésus fut condamné à mort car il accusait les docteurs de la loi d’avoir d’avoir trahi la parole de Moïse et, à ce titre, il les accusait d’hypocrisie et les traitait de « sépulcres blanchis ».

La quatrième : quant aux dogmes, il en suffit d’un seul : Dieu est dans le Tout (dans la matière), ainsi est-il l’auteur de tout ce qui est.

Ce n’est pas une hérésie dans laquelle serait tombé Teilhard en s’exprimant ainsi dans toute son œuvre, mais un rappel de la doctrine du « Verbe Lumière »auquel se référaient les traditions, ainsi que les religions chrétiennes (cf Prologue de Jean). De ce dogme, il infère que Dieu est amour, au sens de la gravitation universelle du terme (cf tome-7, chapitre 2 « l’atomisme de l’esprit ». Ce dogme du « Dieu Nature » et du « Dieu amour » est repris par la plupart des religions dans un langage plus ou moins symbolique. Le christianisme énonce cela en termes très claires et limité à notre planète terre et à Jésus. Teilhard est le seul à proposer un Christ Universel, ou phénomène christique, probable dans toutes planètes similaires à la nôtre. D’ailleurs, il développe ce dernier point dans le chapitre 18.

La cinquième : la plérômisation : Selon Teilhard le phénomène est la synthèse finale entre le UN (Etre Suprême) et le multiple (la création). Ce terme est assez proche de la parousie chrétienne ou « jugement dernier » opéré par le Christ glorieux à la fin des temps. La fin des temps … toutes les traditions se réfèrent , en termes différents, à cet évènement, mais qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce le moment au cours duquel l’esprit quittera la matière, la fin de l’évolution, son aboutissement ? L’esprit quittera la matière pour rejoindre le point de convergence suprême de toutes les énergies , le fameux Point Omega de Teilhard. Cette matière privée d’esprit , cette matière spirituellement morte tombera t-elle en cendres froides comme le disent les Ecritures : « Tu es poussière et tu retourneras poussière ».

Teilhard a dessiné un graphique pour représenter la fin du monde : une courbe ascendante, celle de l’évolution de la matière laquelle, à son apogée, se partage en deux courbes ; l’une monte vers le Point Omega, celle de l’esprit, tandis que l’autre, celle de la matière morte, redescend vers des états d’ entropie maximale. C’est une matière « réserve d’esprit » qui est à l’origine du graphique de Teilhard. J’aime bien cette idée que nos atomes retourneront dans les cycles de la matière, après avoir produit ce qu’ils pouvaient d’énergie-esprit dont le Créateur a tant besoin ; chaque cycle produisant indéfiniment un peu de cette énergie rare dans un nombre infini de cycles . Naturellement, selon Teilhard, cette énergie spirituelle dégagée par nos atomes obéit aux lois de l’atomisme de l’esprit , elle est centrée sur elle-même, comme peut l’être une âme, se personnifiant tout en se mêlant à ses semblables.

Cette histoire est rassurante , plus rassurante que celle de nos egos hyper développés, centrés sur eux-mêmes dans la zone matière , s’interdisant ainsi l’accès à la zone esprit. Ces deux zones conduisent à des états de bonheur bien différents l’un de l’autre. La zone matière nous maintient dans un état d’envie inassouvie permanente, tandis que la zone esprit procure à l’homme un état de sérénité pouvant déjà se manifester de son vivant, le bonheur est un sous-produit et peut même se prolonger dans l’au-delà. Il ne coute rien d’espérer.

CONCLUSION optimiste : Le « missionnaire » Teilhard dit la même chose :
-« La valorisation complète de l’univers sera obtenue par la foi en l’Attracteur des âmes vers le Point Omega ».
-« L’homme se définit davantage par son pouvoir d’amorisation que par son opposition au néant. »





Mardi 25 Février 2014 13:50

Chapitre 17 « Comment je crois » Tome 10 , éditions du Seuil



EXHORTATION APOSTOLIQUE EVANGELII GAUDIUM DU PAPE FRANÇOIS (Extraits)
242. Le dialogue entre science et foi fait aussi partie de l’action évangélisatrice qui favorise la paix. Le scientisme et le positivisme se refusent « d’admettre comme valables des formes de connaissance différentes de celles qui sont le propre des sciences positives ». L’Église propose un autre chemin, qui exige une synthèse entre un usage responsable des méthodologies propres des sciences empiriques, et les autres savoirs comme la philosophie, la théologie, et la foi elle-même, qui élève l’être humain jusqu’au mystère qui transcende la nature et l’intelligence humaine. La foi ne craint pas la raison; au contraire elle la cherche et lui fait confiance, parce que « la lumière de la raison et celle de la foi viennent toutes deux de Dieu», et ne peuvent se contredire entre elles. L’évangélisation est attentive aux avancées scientifiques pour les éclairer de la lumière de la foi et de la loi naturelle, de manière à ce qu’elles respectent toujours la centralité et la valeur suprême de la personne humaine en toutes les phases de son existence. Toute la société peut être enrichie grâce à ce dialogue qui ouvre de nouveaux horizons à la pensée et augmente les possibilités de la raison. Ceci aussi est un chemin d’harmonie et de pacification.
243. L’Église ne prétend pas arrêter le progrès admirable des sciences. Au contraire, elle se réjouit et même en profite, reconnaissant l’énorme potentiel que Dieu a donné à l’esprit humain. Quand le progrès des sciences, se maintenant avec une rigueur académique dans le champ de leur objet spécifique, rend évidente une conclusion déterminée que la raison ne peut pas nier, la foi ne la contredit pas. Les croyants peuvent d’autant moins prétendre qu’une opinion scientifique qui leur plaît, mais qui n’a pas été suffisamment prouvée, acquière le poids d’un dogme de foi. Mais, en certaines occasions, certains scientifiques vont au-delà de l’objet formel de leur discipline et prennent parti par des affirmations ou des conclusions qui dépassent le champ strictement scientifique. Dans ce cas, ce n’est pas la raison que l’on propose, mais une idéologie déterminée qui ferme le chemin à un dialogue authentique, pacifique et fructueux.
« La relation est l’essence de l’être » Lanza del vasto
L’homme, en tant qu’être participé, se doit de comprendre qu’il s’affirme dans une double relation (voir schéma ci-dessus). Une relation avec toutes les contingences du cosmos qui fait appel au langage de la raison. Une relation avec tout ce qui concerne les réalités hors de l’espace-temps entrant alors dans le cadre de la foi. Je l’ai nommé « origine » et la communication de l’homme avec ce qui est d’un ordre supérieur premier se réalise par le truchement du langage symbolique. La parole de l’homme possède dans sa contingence une puissance créatrice ou destructrice tandis que le Verbe est la Parole première qui est la vraie lumière éclairant le cosmos et l’humanité.
Désignons sous le terme : origine la condition essentielle de tout ce qui apparaît dans le cours des événements et par conséquent n’est réductible à aucun. Penser origine, c’est reconnaître un acte qui n’est pas limité à un moment du temps ni à une localisation dans l’espace. Elle ne correspond à aucun commencement au sens usuel du terme car parler de commencement, c’est marquer une distinction entre un avant et un après, c’est aussi inscrire une rupture dans le temps pensé comme élément continu. L’origine n’est pas une théorie scientifique. Ainsi, l’identification du point zéro du modèle cosmologique appelé : Big Bang au Fiat Lux de la Genèse, constitue un exemple majeur de confusion entre deux domaines du savoir : cosmologie et théologie.
La notion de création continue évoquée par Teilhard, apparaît dans la rencontre entre la théorie de l’évolution et la reconnaissance d’un principe transcendant. Elle est désignée pour préciser quelle est l’action divine au cours du processus décrit par la théorie de l’évolution. Une vision mécaniste de la création selon la scolastique, consiste à dire : l’acte créateur consiste en la production des éléments du monde et leur mise en place optimale au sein d’un système bien ordonné, parfaitement et définitivement codifié ; le déroulement postérieur du système obéissant alors aux seules lois de la nature. L’action créatrice se limite donc à un premier instant, et c’est suivant cette logique réductrice que la pensée commune considère les premiers mots de la Genèse comme un commencement de la Vie. Certains évoquent l’idée d’un retrait de Dieu pour dire l’acte créateur : vision fragmentée des choses qui s’exprime en termes d’interactions dans un ensemble dont on a du mal à saisir et à préciser le sens métaphysique et qui peut entraîner le croyant dans une dévalorisation de soi-même et de la vie en général. « Pour que l’évolution se prolonge en milieu hominisé, il faut, de nécessité physique, que l’homme croie énergétiquement à la valeur absolue du rôle qu’il tient » écrit Teilhard. En fait, la création ne se réduit pas au premier moment de l’Univers. Elle est le don de l’être coextensif à la durée du cours des âges.
Marcel Comby
Dimanche 16 Février 2014 15:40