Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


Recherche






Galerie

chapître 18 de "Comment je Crois" Editions du Seuil


L’auteur semble vouloir élargir sa vision, son regard sur la nature humaine et ses origines. Il veut répondre aux interrogations posées face à l'idée d'autres mondes possible mais inconnus, c'est son ambition.

Plusieurs schémas ont germé dans sa pensée pour donner un sens à la multiplicité des mondes qui nous entourent.
Ses propositions peuvent se résumer par :
-Exclusivité ou originalité des qualités de notre terre et donc exclusion pour les autres, de la mort, du mal, de la régénérescence, de la rédemption, etc.,
-Décider une fois pour toutes que seule notre planète est habitée et qu'il n’y a nulle vie en dehors de notre bonne vieille terre et donc par voie de conséquence, annulation de toute question.

Mais il voit que ces argumentations ne tiennent pas;
Nous savons aujourd'hui pour les entrevoir, les discerner, avec nos télescopes géants, nos véhicules satellitaires, nos sondes envoyées vers d'autres espaces, qu'une multitude de galaxies de mondes inconnus, existent autour de nous, et qu' aussi, des vies, dont les formes restent à trouver, peuvent être présentes.

Donc, pour faire court, face à la multiplicité des mondes, leurs étendues et leurs mystères, Teilhard en vient à la conclusion que je cite:

a) L' Univers, composé de tous les mondes, est convergent sous l'effet du processus évolutif dit de complexification-conscience.
b) Parmi ces mondes comme dans le notre, le Christ divinisé est cosmique, Il est centre de l'Univers
.

Dans la Bible les deux premiers versets de La Genèse résonnent étrangement:
"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vague et vide, les ténèbres couvraient l'abîme, l'Esprit de Dieu planait sur les eaux." (Genèse I,1-2)

Le sage d'Orient dit:
"L'Esprit qui est Vent ne se laisse enfermer par rien: son "lieu" est: l'Infinitude de l'Espace, du Coeur aussi bien que de l'Univers".

Les hommes, celui de la Bible comme celui d'Orient, peuvent me faire approcher l'Incompréhensible, l'Infinitude des Espaces.
N'est-il pas dérisoire de vouloir expliquer, enfermer dans des concepts le mystère ?
Ne faut-il pas plutôt accepter avec humilité et émerveillement la non réponse.
L'homme doit-il toujours avoir le dernier mot, ne doit-il pas se souvenir que ses réponses sont limitées, ne sont qu'à la mesure de son entendement et de sa compréhension ?
"L'Infinitude de l'Univers comme celle du Coeur", surement un merveilleux sujet de méditation .
Dimanche 30 Mars 2014 15:43

Jean-Pierre Frésafond / éditorial mars 2014 concernant l'étude du MILIEU DIVIN
Jean-Pierre Frésafond, président de l'association lyonnaise / Editorial mars 2014

Chers Amis Lecteurs,
Nous venons d’achever l’étude des quatre livres parmi les plus importants de Teilhard :
LE PHENOMENE HUMAIN, L’ACTIVATION DE L’ENERGIE, L’AVENIR DE L’HOMME et COMMENT JE CROIS.
Ainsi, pendant sept ans, nous avons surtout travaillé sur les thèmes scientifico philosophiques et théologiques de Teilhard.
Mercredi 26 Mars 2014 18:25

Contraction de texte du sujet de travail à présenter le 25 avril 2014


L’étude de ce livre requiert un point de vue théologique, condition sine qua non pour en faire une analyse et une synthèse convenables. Cependant, il faut aussi tenir compte des faits suivants : cette œuvre a été écrite à Pekin entre 1926 et 1927, Teilhard avait autour de 45 ans et il venait de se faire retirer la chaire de sciences naturelles qu’il détenait à l’Université catholique de Paris, son enseignement étant trop en avance par rapport à la doctrine chrétienne de l’époque. Il fut envoyé en Chine pour conduire une étude géologique demandée par les chinois. On peut imaginer que Teilhard fut traumatisé par cette brutale mutation et qu’il éprouva le besoin de s’expliquer. Dans ce tome 4 j’ai ressenti sa sensibilité panthéiste et il n’est pas innocent que la devise du blason de la famille Teilhard de Chardin soit présente dans l’édition originale du Seuil et je la cite : « De feu est leur énergie et céleste leur origine. »

Page 31,Introduction

Quand nous agissons spontanément, nous sommes menés par des choses que nous croyons dominer, en réalité, l’expansion de notre énergie n’est que l’obéissance à une force supérieure inconnue et inattingible.

Page 32, 1er paragraphe : existence certaine du fait et difficulté de son explication. Le problème chrétien de la sanctification de l’action.
Cherchons à voir, à travers nos actions que nous croyons spontanées, comment le divin fait pression sur nous. Quoi que vous fassiez, disait St Paul, faites le au nom du Christ et en union avec lui, unissez votre destin au sien.

Page 33 Nos actions concernées ici dans ce texte ne sont pas exclusivement celles de notre vie religieuse, mais celles de notre vie toute entière. Les directions de l’Eglise ont pour objet de transfigurer en Dieu le devoir d’état, la recherche de la vérité naturelle et le développement de l’action humaine. Ce fait est incontestable, mais sa cohérence avec l’esprit chrétien n’est pas immédiatement visible. Comment les perspectives du règne de Dieu ne bouleversent-elles pas l’économie et l’équilibre de nos activités ? Comment ce qu’il y a de plus chrétien en nous peut-il donc conduire à remplir totalement notre devoir humain dans le même esprit que la recherche de Dieu ?

Page 34 Le problème se pose ainsi : le CREDO chrétien estime que l’existence d’ici bas se continue dans une vie céleste, dans le bonheur et l’harmonie. A cette différence s’ajoute une doctrine de condamnation du monde vicié dans lequel nous vivons, risquant de nous détacher de nos devoirs terrestres ; aussi le fidèle entend-il répéter d’austères paroles l’invitant au détachement par rapport à ces basses contingences.
Dans de telles conditions, comment le chrétien peut-il être incité à se donner en exemple vis-à-vis des non croyants ? Comment faire admettre à ces personnes que les efforts exigés ici bas nous conduiront au bonheur dans l’au-delà ?

Page 35 Les prêcheurs de telles promesses ne sont-ils pas en proie à une véritable dualité spirituelle ; entre Dieu et le monde lequel des deux choisiront-ils ? Suivant la nature de leur conflit interne trois issues sont possibles :
1- Tantôt le chrétien écartera les plaisirs terrestres et se plongera dans un monde divinisé irréel,
2- Tantôt agacé par l’opposition interne qui le déchire, il s’immergera dans les plaisirs terrestres,
3- Tantôt il renoncera à ces deux options opposées et se retranchera dans une tiédeur religieuse et le refus de comprendre, se réfugiant ainsi dans une prudente compromission minimaliste. Ce cas est le plus répandu, et je parle d’expérience …

Page 36 Qu’on se trompe soi-même, qu’on se dégoute ou qu’on se dédouble, dans les trois cas le résultat est mauvais. Mais il existe sans aucun doute un moyen de sortir de cette situation négative qui est le suivant : Sans la moindre concession faite aux besoins de la nature et à la religion, mais par soif d’une plus grande perfection, on peut concilier l’amour de Dieu avec le sain amour du monde, l’effort de détachement avec l’effort de développement, soit la divinisation de l’effort humain.

Page 37 2ème paragraphe. Une solution incomplète : l’action humaine vaut et ne vaut que par l’intention avec laquelle elle est faite.
Comment peut-on aimer ce que l’on fait quand on méprise le monde ? Il ne faut pas moins agir, mais agir mieux, en mettant de la bonne volonté comme on le fait dire au Créateur.

Pages 38,39 Ce qui plait à Dieu c’est l’usage que l’homme fait de sa liberté. (ndlr : se référer à la note de Teilhard sous le titre de la 1ère partie dans laquelle il fait allusion au « pélagianisme », doctrine du moine Pelage qui donnait trop de liberté de penser à l’homme et qui fut condamné par le concile d’Ephèse en 431).
Les choses de la vie nous sont données comme moyen d’exercer notre esprit et notre sensibilité, à titre d’épreuve et la grossière enveloppe des œuvres humaines ne sont jamais que les imbrûlés du combustible spirituel contenu dans la matière. Et si les buts terrestres de l’homme ne valent rien en eux-mêmes, ils ont tout de même valeur d’acte de fidélité à Dieu. Cette attitude exalte le rôle fondamental de l’intention qui est la clef pour découvrir la présence divine : la divinisation de nos efforts donne une âme à nos actions mais elle ne donne pas l’espoir d’une résurrection, or c’est de cela précisément dont l’homme a besoin. Contentons nous de découvrir que nous aimons Dieu, ce qui est déjà un espoir quant à l’éternisation de nos actes.

Pages 40,41 Plus je m’analyse, plus je suis convaincu qu’aucune action ne serait entreprise si elle n’était mue par une conviction de pérennisation, ensuite mes actes sont les vôtres et inversement. Douter de cela dégrade sans remède ma passion d’agir. Les fils du ciel ne peuvent concourir avec nos actes qu’à armes égales avec les enfants de la terre.


3ème paragraphe / la solution définitive : tout effort coopère à achever le monde.

Pages 42,43 L’économie du salut de nos œuvres tient dans les trois branches d’un syllogisme :
(a) Dans l’univers toute âme est pour Dieu dans le Christ. Cette majeure exprime le dogme chrétien. Nous l’appelleront “liaison mystique”. En vertu de l’incarnation du Verbe, notre âme est vouée au au Christ, elle est centrée sur lui.
(b) Et maintenant dans un univers où tout esprit va à Dieu, par le Christ, tout le « sensible » à son tour est voué à l’esprit. Cette mineure ne fait qu’exprimer un fait naturel incontestable : notre être spirituel s’alimente continuellement aux énergies du monde tangible.

Page 45 Si nous voulons vivre la plénitude de notre humanité et de notre christianisme, il faut surmonter cette insensibilité qui tend à nous cacher les choses à mesure qu’elles deviennent trop proches de nous et trop grandes. Par la matière en chacun de nous, c’est partiellement l’histoire du monde qui se répercute. Si autonome que soit notre âme, elle hérite d’une existence prodigieusement travaillée avant elle par l’ensemble de toutes les énergies terrestres.

Pages 46,47,48 Il n’y a pas en nous un corps qui se nourrit indépendamment de l’âme. Tout ce que le corps a admis et transformé, il faut que l’âme le sublime à son tour. Ainsi l’âme va se perfectionnant pour son bonheur et à ses risques, développant sa puissance particulière pour comprendre et aimer tout en formant sa plus immortelle individualité. Dieu ne veut pas que les âmes répètent les maîtres de la vie spirituelle, et par chaque âme Dieu aime et sauve partiellement le monde que cette âme résume. C’est nous, par notre activité, qui devons en rassembler les éléments. Ainsi chaque homme doit construire en commençant par les zones les plus naturelles de lui-même, une œuvre où entre quelque chose des éléments de la terre. Il se fait son âme et en même temps il collabore à l’achèvement du monde.

Page 49 (c) Nous pouvons maintenant rapprocher la majeure et la mineure de notre syllogisme pour en saisir le lien. S’il est vrai de par notre Credo chrétien que les âmes passent par le Christ et en Dieu ; s’il est vrai de par constatation de l’analyse psychologique que le sensible passe dans les zones les plus spirituelles de nos âmes ; force nous est de constater que TOUT ne fait QU’UN dans le processus qui agite et dirige les éléments de l’univers. Pour constituer et sauver ces énergies sublimes, la puissance du Verbe Incarné s’irradie jusque dans la matière et descend jusqu’au fond des puissances inférieures. Aussi, l’Incarnation ne sera achevée que lorsque la part de substance élue que renferme tout objet aura rejoint le centre définitif de sa complétion.

Page 50 Nous imaginions que la création était finie ; erreur, elle se poursuit dans les zones les plus élevées du monde de l’esprit. En vertu de l’inter liaison matière/âme/Christ, nous ramenons à Dieu une parcelle de l’être qu’Il désire . Ainsi, nous travaillons à construire le plérôme.

4ème paragraphe, La communion par l’action

Chacune de nos œuvres, par la répercussion qu’elle a sur le monde spirituel, concourt à parfaire le Christ.

Page 51 Dans l’action nous adhérons à la puissance créatrice de Dieu, nous en sommes l’instrument et le prolongement vivant. Tout accroissement que nous apportons se chiffre par une augmentation du pouvoir d’aimer et de progrès de la mainmise du Christ sur l’univers.

Pages 53, 54 / 5ème paragraphe, La perfection chrétienne de l’effort humain

On pourrait craindre que les perspectives chrétiennes perturbent les activités humaines, c’est possible mais pas obligatoire et cela dépend du niveau d’imprégnation religieuse , mais ce qui est certain c’est que la conscience religieuse modifie notre façon de voir les choses et par voie de conséquence, notre comportement aussi.

Pages 55,56,57,58 (a) sanctification de l’effort humain
Pour les neuf dizièmes des chrétiens pratiquants il n’est pas possible de mêler une pensée religieuse au travail terrien. Autrement dit, il faut « changer d’habit » avant de passer d’une activité à l’autre ! Ce qui est vrai par contre c’est qu’il existe dans la journée des moments plus appropriés pour se livrer à la prière ; si cela n’existait pas nous perdrions presque l’idée de Dieu. En dehors de ces instants consacrés à Dieu, non perturbés par les pensées profanes, comment se fait-il qu’on ne puisse vouer la totalité de notre vie à Dieu ? C’est une fausse-bonne question.. Qu’est-ce être saint pour une créature si non voir partout la présence de Dieu ? Il n’y a pas que les religieux qui puissent vouer leur vie à Dieu, les laïques peuvent en faire autant, à tout moment, sans ostentation. Depuis les mains qui pétrissent la pâte jusqu’à celles qui la consacrent, la grande Hostie universelle ne devrait être préparée et maniée qu’avec un sentiment d’adoration. Oh ! Vienne le temps où toutes les actions de la vie seraient sacralisées ; ce moment étant venu, peu de choses sépareront la vie dans les cloîtres et la vie dans le siècle.

Pages 59,60 (b) L’humanisation de l’effort chrétien
La grande objection de notre temps contre le christianisme ne concerne pas des questions théologiques mais de société , la religion rendrait ses fidèles inhumains ! Confrontés à de telles circonstances combien de chrétiens ne se sont-ils pas demandé s’ils ne faisaient pas fausse route en se séparant des « gens normaux » ? Ainsi, seuls les gens de terrain connaitraient les problèmes de tous les jours ? Qui sont-ils ces chrétiens qui prétendent « être déjà sauvés » ?

6ème paragraphe, le détachement par l’action


Pages 63,64 La divinisation des efforts humains fait consensus entre chrétiens, mis à part certains d’entre eux que cette doctrine inquiète. Ce sentiment parait normal si l’on considère le peu de chemin parcouru dans leur recherche spirituelle. Toute pratique religieuse implique un certain renoncement. Mais quoi que l’on pense de l’attitude terre à terre de certains chrétiens, ils ont au fond d’eux-mêmes une amorce de détachement inconsciemment induit par l’approche de la doctrine chrétienne, ainsi que le sentiment latent qu’il faille lutter contre l’égoïsme et la paresse.

Page 65 En vertu du « dedans des choses » qui définit ce qu’est la matière, toute action d’arrangement « radial » ou « tangentiel » conduit au gravissement d’un nouveau palier dans l’échelle de la complexité, et le christianisme a été conçu dans cette perspective.

Pages 66,67 Toutes les actions accomplies dans l’esprit chrétien s’accomplissent par Dieu et en Dieu, au nom du Fils de Dieu dans le cadre du phénomène christique.
Tels sont les pré requis et le but de la démarche spirituelle.
Mercredi 26 Mars 2014 15:01

CHAPITRE 18 / COMMENT JE CROIS / Editions du Seuil


Dans le prolongement des questions que l’on se pose sur l’Origine de l’Homme, T d C élargit le débat ; y-a-t’il d’autres Mondes Habités dans l’Univers ?

Dans ce contexte, il énonce 3 propositions, à ses yeux fondamentales, issues de toutes ses réflexions antérieures.

1) il y a dans l’Univers des millions de galaxies, formées d’une matière semblable à la nôtre, et donc susceptibles d’une évolution du même type, c’est-à-dire de l’atome jusqu’à la pensée, et ce d’une façon tout-à-fait naturelle.
2) L’apparition, désormais, établie, de l’Homme au pliocène est le résultat d’une évolution naturelle et locale dans des conditions particulièrement favorables, qui se sont trouvées rassemblées à un moment déterminé.
3) Pourquoi ce que nous constatons chez nous, ne pourrait-il pas se reproduire ailleurs ?

De ce fait, le théologien risque de se trouver confronté à un problème nouveau pour lui. Il devra donc ouvrir sa théologie à cette éventualité. Nous ne sommes peut-être pas les seuls êtres pensant dans l’Univers et dans ces conditions, quid du Dogme de la Rédemption ?

Pour le moment T d C conseille donc de se familiariser avec 2 notions, sans chercher plus loin :
- soit un Univers psychiquement convergent sur lui-même par tout lui- même, pris dans une sorte de vortex de self arrangement sur soi.
- Soit un Christ universalisé dans son opération, en vertu et par vertu de sa résurrection.


En résumé :
- soit un Univers convergent c’est-à-dire centré
- soit un Christ cosmique et un Plérome étendu aux galaxies

Ceci rejoindrait et conforterait le Dogme « In Eo Omnia Constant », Omnia étant pris dans son sens le plus large, et engobant un volume plus grand.
-



Dimanche 23 Mars 2014 12:55

réflexion sur le Chapitre 18 / Comment je crois, Editions du Seuil


En préambule sur le sujet, Teilhard fait 3 propositions, scientifiquement admises, dit-il, et en voici quelques unes :

-Réflexion sur la 3ème proposition : « Il existe dans l’univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition et suit le même processus d’évolution que celui de notre voie lactée. »

Dans ce contexte on emploie le mot « univers » (il y en a un), actuellement les scientifiques utilisent le mot « multivers » (il y en a plusieurs). A mon avis le mot « infinivers » serait préférable car leur nombre est illimité, comme le nombre des phénomènes christiques, un par planète.
Si l’on admet que l’univers est infini dans ses dimensions, si tel était le cas, le nombre de galaxies qui le compose l’est aussi Si, comme le dit Teilhard, et le répètent les scientifiques actuels « chaque évènement local est coextensif à tout l’univers » il faudrait admettre que la vitesse de la lumière n’est pas applicable à la coextensibilité des évènements, seule une vitesse infinie est compatible avec une telle hypothèse. Il faut donc admettre l’existence d’ une « onde » dont la vitesse serait infinie et je ne vois que celle de l’Esprit Créateur qui pourrait être nommée »onde spirituelle ». Nos ancêtres et leurs traditions y avaient déjà pensé et ils désignaient cette force « souffle divin », soit en hébreu « Roua » ou « Raou », de l’Homme à Dieu et inversement, transcendance ou immanence selon les cas.
L’infinitude de l’univers, pour être exploitable dans nos réflexions, devrait s’énoncer, selon René.Guénon, comme étant indéfiniment finie, résolvant ainsi le problème d’incompatibilité des contraires.

Concernant l’avant big bang » la question se pose différemment : Peut-être y aurait-il eu plusieurs big bang, un par galaxie ? On peut même imaginer une infinitude de cycles de la matière, avec augmentation du potentiel spirituel produit à chaque fois, pour répondre ainsi au besoin croissant du Créateur.
Les cycles ne sont pas des boucles mais les spires d’une trajectoire hélicoïdale qui ne peut s’arrêter, sous peine de finitude d’un univers, gros consommateur de cette « énergie-esprit ». L’homme est l’alambic de Dieu qui a besoin des hommes pour le fournir Dans la configuration ci-dessus l’hypothèse du néant est écartée, elle est incompatible avec l’existence de la matière car cela nécessiterait la présence d’une frontière entre les deux : Il ne peut y avoir de proximité entre ce qui est et ce qui n’est pas.

Le premier paragraphe aussi m’a accroché. Il a pour titre « Que faut-il éviter face à la probabilité d’autres planètes habitées » ?
Teilhard s’adresse aux théologiens qui veulent sauver le dogme à tout prix, quitte à échapper aux lois de la matière en s’aidant de miracles invraisemblables. Cette attitude était totalement vrai à l’époque de Teilhard et maintenant elle l’est moins, sauf que les théologiens actuels hésitent encore à redéfinir la mission du Rédempteur qui n’efface pas une faute inexistante, mais qui éclaire la voie qu’Il a ouverte à l’humanité en donnant un sens à la vie, soit aider Dieu à réussir sa création. Les fautes commises par l’homme sont dues à des dysfonctionnements, elles sont devant lui et, de ce fait, elles ne sont pas « originelles.

Deuxième paragraphe intitulé « Ce que nous devons faire » Teilhard oppose deux notions fondamentales :
(a) Soit l’univers est psychiquement convergent sur lui-même,
(b) Soit le phénomène christique est étendu à tout l’univers.
Je pense, au contraire, que ces notions sont complémentaires. Si l’univers n’était pas convergent sur lui-même il n’y aurait pas de phénomène christique universel, la cosmogénèse est un tout composite, doté d’une finalité positive ; le règne de la qualité peut triompher du règne de la quantité, à condition que l’humanité le veuille. Mais il faut alors qu’elle comprenne la logique du système. La réussite de la cosmogénèse ne dépend pas d’un miracle mais de la volonté des humanités. Ce ne sont pas des prières quémanderesses qui ouvriront la voie du salut, mais la bonne foi de chacun, la maîtrise des égoïsmes, autrement dit, le travail et l’amour du prochain cet autre nous même.
Tel est le fond de l’ancienne et de la nouvelle Alliance avec le Créateur. Je représenterais cette Alliance par un pont posé sur trois piliers : Abraham, Moïse, Jésus.

Dans le royaume de l’éternité Dieu est parfait ; dans le royaume de la création …Il ne l’est pas tout de suite ! Imprégnons nous de cette possibilité.

Vendredi 21 Mars 2014 20:05

COMMENT JE CROIS, Editions du Seuil


Dans ce chapitre qui a présenté pour moi une certaine difficulté, j’ai choisi de me concenter sur cette phrase de Teilhard de Chardin :
« Pour que l’évolution se prolonge en milieu humain , (il faut de nécessité physique )que l’homme croit ,aussi énergiquement que possible ,à quelque valeur absolue du mouvement qu’il a la charge de propager . » (page 206).

Dés l’origine l’évolution est convergente .C’est un mouvement parti du multiple et qui va se concentrant vers le but final le point OMEGA .L’humanité ayant atteint dorénavant physiquement un état supérieur doit ,pour continuer son avancée ,créer sur terre une nouvelle énergie sans laquelle l’œuvre entreprise par la création peut à tout moment échouer .Il lui faut, pour continuer sa marche, la volonté de participer activement à l’évolution.

Mais de quelle énergie s’agit’ il ? Et quelle est cette impulsion qui le propulse vers l’avant ? L’homme peut-il encore s’impliquer totalement dans la marche du monde et comment ?
Sous condition que l’humanité n’épuise pas les réserves naturelles de la planète : ressources arables, minières, énergétiques eau et sache ne pas aller jusqu’à la folie de conflits planétaires qui se révèleraient autrement plus dramatiques que les derniers au vu des armes actuelles , l’énergie ne peut que croitre. Rien ne peut empêcher la masse humaine toujours plus nombreuse , plus agglomérée, de chercher ,inventer, créer en faisant œuvre de socialisation , de compression et d’approfondissement de cette énergie psychique que Teilhard appelle noosphère.

Si les hommes mettent tant d‘ardeur à enrichir leurs connaissances, de qualités à entreprendre c’est bien que quelque chose en eux les poussent vers un état supérieur mais si sur terre la volonté de grandir faiblit, alors surgira ailleurs la force de prolonger l’effort nécessaire à l’évolution
.Il faut bien donc comme le pense Teilhard de Chardin ,que l’humanité croit à la nécessité du mouvement qui la pousse vers l’avant, qu’elle ait la FOI : « La FOI ,non plus seulement voie d’évasion hors du monde ,mais ferment et co-principe de l’achèvement du MONDE » (page 266)
Pour Aristote le mouvement général du monde s’explique par sa cause finale DIEU. Mais DIEU est déjà réalisé, il est le moteur du MONDE et donc l’homme ne participe pas au mouvement.

Le Christianisme propose lui aussi un DIEU qui existe par lui-même, qui ne semble pas avoir besoin des hommes .Mais ce Dieu est venu parmi les hommes , s’est personnalisé dans le CHRIST .DIEU est venu pour sauver les hommes pour les ‘’sur-animer ‘’.Pour Teilhard de Chardin le CHRIST ne peut être que le point de convergence naturel de la cosmogénèse ,le CHRIST médiateur entre les hommes et DIEU ,le CHRIST logos de SAINT JEAN .
‘’A une époque où l’Homme s’éveille, apparemment pour toujours ,à la conscience de ses responsabilités et de son avenir planétaire ,le christianisme (quelle que soit la beauté de son évangile) perdrait à nos yeux toute valeur religieuse si nous pouvions le soupçonner de nous rendre ,à force d’exalter le Créateur ,l’Univers insipide .Car, de ce seul chef, il se trouverait éliminé du nombre des croyances énergétiquement possibles ‘’ (page270)
Vendredi 21 Mars 2014 17:00

à propos du chapitre 18, "COMMENT JE CROIS" Editions du Seuil


AM Tisserand / LA MULTIPLICITE DES MONDES HABITES
Qu’il existe une « multiplicité (bas de page n° 1) de mondes habités » c'est probable, mais qu’est-ce que cela la change

-A la vie quotidienne du terrien, forcément isolé dans ses bonheurs, dans ses affrontements avec la nécessité vitale, dans ses désirs et dans ses certitudes faciles ?

-Peut-être qu'une prise de conscience de la dimension universelle de la vie pourrait aider à élargir notre vision et sortir des frontières immédiates ?

-Peut-être que, pour certains, la Présence universelle du Christ les fait s' agenouiller d’extase devant une telle sève magnificente d’Amour puisque
« Quand les mystères sont très malins ils se cachent dans la lumière." (Giono, Ennemonde et autres caractères) ».

-Peut-être que le flot d’immigration à Lampedusa, par exemple, peut faire réaliser que l’Homme est un E.T. pour l’Homme ?

-Pour ne plus pouvoir communiquer, il suffit de ne pas pouvoir attribuer le même sens aux simples mots et de constater, ô combien, que l’Homme est un étranger pour l’Homme , les échanges virant alors au syndrome de la Tour de Babel . Les choses vont ainsi : même au sein d'une même langue nous finissons par ne plus parler la même langue, ne nous enracinons plus réciproquement ni sur la même étymologie, ni sur la même grammaire, ni sur le même sens historique et académique, et encore moins sur la force du Logos véhiculée par chaque mot.


-Les scientifiques peuvent nous « évangéliser », le résultat de leur mission sera lent à prendre le dessus sur les idées reçues. Si certains d'entre eux se comprennent mutuellement, d'autres non... encore des E.T. ! Mais aussi vis à vis de ceux qui ont une démarche cognitive différente de la leur.

Conclusion :

- Au plus proche de nous, un constat : Souvent, même l’Homme et la Femme peuvent être d’irréductibles étrangers et, même pire, des adversaires, le désir charnel ayant ses limites.Mais voyons plus loin que les impostures à l'amour.

Le « Cantique des Cantiques » ne se lit pas seulement qu'au 1er degré. Ce poème se déchiffre à un autre niveau : celui des noces matière-esprit.
- La fiancée "noire et belle" symbolise la materia prima, principe féminin ou Vierge Noire,
- et le fiancé, principe masculin, symbolise l'Esprit.

C'est pourquoi ce poème dit de Salomon me fait penser à l'Hymne à la Matière de Teilhard, quelques millénaires plus tard : phénomène d'Amorisation (ou de répulsion, suivant la mise en présence ou pas d' atomes crochus),. L'amorisation, terme inventé par Teilhard, est une loi d'attraction originelle et ultime d'Alpha à Omega à tous les niveaux d'expression de la vie. Alors, effectivement, pourquoi n'y aurait-il pas de développements de la complexité, entrainant avec eux des niveaux de conscience successifs, nécessaires et suffisants, pour qu'apparaissent des sagas adamiques sur d'autres planètes ?

D'autant plus que, d'après Teilhard, tous les éléments suffisamment spiritualisés de l'univers ne seraient pas étrangers entre eux de quelle que manière que ce soit page 276 :
" la vie continue naturellement, et d'un double mouvement conjugué, à se complexifier extérieurement et à se "conscientiser" intérieurement jusqu'à l'émergence psychologique de la réflexion. En d'autres termes , l'apparition, désormais bien établie, de l'Homme sur terre au pliocène n'est pas autre chose que la manifestation normale (dans des conditions particulièrement favorables) d'une propriété générale à toute matière"

et quelques mots plus loin Teilhard enchaine la proposition suivante :

" Il y a dans l'univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition générale, et subit essentiellement la même évolution "


Ce qu'expose Teilhard dans ce chapitre est à lire en "bugne à bugne" avec lui en silence, attentivement, avec respect. Pour autant je crains qu'il soit encore et toujours un précurseur difficile à appréhender par rapport à la Cosmogénèse et, surtout, par rapport à la Christogénèse.

Bas de page n° 1 : les mathématiciens seront peut-être intéressés si je remarque, dès le départ, que Teilhard a bien utilisé le terme "multiplicité" et non pas celui de "multitude" ; sans doute parce l'auteur appuie son raisonnement sur le principe qu' à partir de racines (matérielles et spirituelles) communes dans tout l'univers, les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets : la vie consciente

Vendredi 21 Mars 2014 12:57

tome 10 / Comment je Crois


Deux points de vue s’opposent :

1- Si E.T. (extra – terrestrial) existe, alors il doit vivre sur une planète orbitant autour
d’une étoile distincte de notre système solaire (c’est scientifiquement vérifiable à l’aide de sondes spatiales : Voyager 1 et 2) Il y a différentes méthodes d’observation d’une exo planète relevant des propriétés liées à la position des astres et à celles de la lumière qui nous parvient : on peut ainsi déterminer les fluctuations climatiques, la constitution chimique de l’atmosphère, la présence de végétation, d’une certaine forme de vie, etc. Et ceci grâce aux variations du spectre d’absorption qui est constitué de couleurs bien précises et bien utiles pour une analyse minutieuse. Plus de 300 exo planètes ont été découvertes. Mais il faut se rappeler qu’il existe 100 milliards de galaxies avec 100 milliards d’étoiles par galaxie, ce qui laisse beaucoup de chance à imaginer une terre habitable comme la nôtre.
Au cours des 3 millions d’années d’évolution humaine, la taille du cerveau a augmenté par rapport à la taille selon un facteur de plus de trois. Notre espèce Homo sapiens sapiens est relativement jeune : environ 100 000 ans ! C’est très court par rapport à l’échelle du temps de l’évolution qui s’étale sur 4 milliards d’années. Alors si l’on envisage l’évolution de E T, il est raisonnable d’imaginer que cet être ait suivi une autre durée d’évolution et qu’il ait atteint en intelligence une avance de plusieurs millions d’années sur nous terrestres. Or cette évolution de l’intelligence ne progresse pas indéfiniment en raison de contextes divers. Dans nos sociétés par exemple, la fécondation varie en raison inverse du niveau de vie et les formes d’intelligence ont changé en raison des progrès technologiques. Ainsi E T dont la vie n’est pas synchronisée sur la nôtre peut avoir régressé ou évolué d’une manière inimaginable pour nous.
Il existe un autre scénario. Le projet génome humain a été lancé au début des années 1990 en vue de déchiffrer les divers codons humains aboutissant au séquençage complet de l’ADN (plus de 3milliards de nucléotides) D’où la possibilité de réaliser des modifications génétiques. Jusqu’à présent notre humanité n’a pas joué aux apprentis-sorciers. Mais les E T peuvent très bien avoir cédé depuis longtemps à la tentation de modifier le patrimoine génétique pour améliorer l’intelligence par exemple. Ils se seraient alors lancés dans un autre type d’évolution : l’évolution « dirigée » par opposition avec son évolution antérieure basée sur la sélection naturelle. Pour ces nouvelles civilisations extra- terrestres, nous apparaissons comme des êtres primitifs.
Et puis il faut envisager les découvertes et les manipulations de l’énergie nucléaire qui peuvent déboucher sur la destruction de populations entières ou a contrario sur de considérables progrès technologiques. Avec un niveau élevé et suffisamment de finances pour la recherche, il serait possible pour les E T d’entreprendre une conquête du cosmos plusieurs millions d’années avant l’homme de Neandertal. Celui-ci aurait pu avoir sa visite…ce qui n’a pas eu lieu (aucun vestiges à cela)
L’extrême grandeur des nombres que l’on doit manipuler dans ces considérations de nature cosmiques posent, pour toute réflexion théologique, des problèmes dont les réponses sont pour le moins marquées par des incertitudes incommensurables. Le passage de Jésus sur notre terre a durée infiniment peu en rapport à l’échelle du temps. Comment situer et interpréter nos dogmes par rapport à une civilisation semblable en nature à la nôtre qui pourrait très bien avoir déjà disparu. Je pense que, pour tout ce qui touche à l’organisation de l’univers, une certaine cohérence est indispensable sans quoi on tombe dans la confusion la plus complète. A moins d’imaginer que Dieu ait créé des êtres organisés autour d’un schéma différent du nôtre. Des anges ? Ou autres créatures de nature incompréhensible pour nous ? Pourquoi pas ! Mais c’est un autre problème.

2- Teilhard de Chardin considère la vie extraterrestre comme probable.
L’humain est une finalité de la conscience au niveau de la complexification de la matière. La vie est donc présente ou en puissance partout dans l’univers. On doit considérer que la vie est en pression en tous points du cosmos. (Œuvre : « La place de l’homme dans la nature) La vie n’est pas un accident superficiel. L’événement de l’Incarnation n’est pas défiguré mais transposé, et cette transposition s’exprime en termes de cosmogénèse. Le Christ possède des attributs universels ou cosmiques. On découvre avec Teilhard les prémices de la position contemporaine des théologies du Process dans le cadre de la philosophie de Whitehead.
Cette théologie du Process propose l'idée d’un Dieu participant à l’avancée et à la complexification de l’univers qui aboutit à la possibilité de vies et de consciences hors du système solaire. Plus précisément, La théologie du process (ou parfois francisé comme « théologie du processus ») est une approche théologique du monde issue de la cosmologie découlant des acquis des sciences contemporaines de la nature, notamment la théorie de la relativité, la théorie de l'évolution biologique et la physique des quanta. Il s'agit d'une perspective critique élaborée d'abord à partir de la philosophie du process du mathématicien et logicien Alfred North Whitehead (1861–1947) puis reprise et développée par Charles Hartshorne et John B. Cobb au cours du XXe siècle.


Mardi 18 Mars 2014 17:34

REUNION DU VENDREDI 28 FEVRIER




-Le réfléchi dans la marche de l’évolution adoptée par les savants , est ce seulement une image intellectuelle ou un réel besoin de l’homme ?
-Que deviendra notre foi et notre réflexion lorsque l’être humain sera complètement robotisé ?
-Comment sortir des dogmes sans sacrifier les repères qui fondent notre foi ?
-Certes le passé est imparfait mais nous devons garder les traces de ce dernier pour construire le présent et l’avenir
-La pensée expiatrice de la croix, ne peut-on pas lui donner un autre sens ? Le christ s’est incarné pour nous guider vers Dieu. Notre chemin de vie semé d’embuches, tel le Christ sur son chemin de croix, nous tombons , nous nous relevons….. jusqu’à la mort, la résurrection ,la vie éternelle ,notre espérance ,notre raison de vivre.
Selon RAIMON PANIKAR ,théologien et prêtre en 1946, Il faudrait travailler sur le pluralisme sain ,qui permettrait une coexistence des cultures et des civilisations, reconnaissant qu’aucune culture ,religion ou tradition ,à elle seule n’a le droit de prétendre représenter la panoplie universelle de l’expérience humaine ,ni le pouvoir de réduire les diversités de l’humanité à une seule forme aussi large qu’elle puisse être. Cela impliquerai de déconnecter les droits de l’homme de la forme occidentale qu’ils ont prise afin d’en faire des valeurs véritablement universelles. Une compréhension et une formulation qui puissent susciter l’adhésion du plus grand nombre .Une fois cette universalité posée on peut alors la décliner au grés des langues ,des imaginaires ,des contextes. La valeur qui pose le plus de problèmes est la notion de liberté.
L’émancipation de l’individu par rapport à la communauté , à la tradition, constitue la rupture philosophique et politique majeurs entre le monde traditionnel et le monde moderne.
La force des valeurs éthiques et politiques occidentales modernes « Liberté , Egalité ,Fraternité » parlent autant aux croyants qu’aux non croyants, fruit d’une laïcisation opérée par « KANT et les philosophes de lumière », des valeurs chrétiennes les plus fondamentales.
Depuis KANT les non croyants les considèrent comme fondées sur la raison humaine et regardent surtout l’héritage grec dont elles sont issues, cependant que les croyants y retrouvent le message de l’évangile : liberté de conscience de l’individu, égale dignité de tous les êtres humains, fraternité humaine universelle.
MARCEL GAUCHET exprimant « Le christianisme est la religion de la sortie de la religion ». Il possède en lui les germes de la modernité y compris de la laïcité puisque Jésus a refusé d’assumer un rôle politique « Mon royaume n’est pas de ce monde ».
Selon HANS KUNG ,théologien, penseur catholique, « Les valeurs communes aux diverses religions ne doivent pas servir d’enjolivements artificiels mais devenir des principes d’action ».
Nous rejoignons ainsi TEILLARD DE CHARDIN. C’est effectivement dans ce cheminement que la foi chrétienne pourrait dominer le monde.
Quel chemin à parcourir et qu’elle remise en question !!!!!!!!

Dimanche 16 Mars 2014 18:18


Ne germe-t-il pas parfois dans l'esprit de chacun des questions dites existentielles ?
Mon identité propre qu'est-elle ?
Ma façon de voir, appréhender la vie, d'être participant du monde, présent à ceux qui me côtoient, me fait-il co-auteur de la vitalité du monde ?
Et cette force, ce mouvement, comment vont-ils me modifier ?
Suis-je conscient d'être acteur dans ce milieux ?
Comment sont l'avant et l'après ?

Que de questions que Teilhard pourrait situer dans « Le goût de vivre » !

Si je regarde autour de moi, toutes ces interrogations tellement actuelles n'ont pas de résonances religieuses, spirituelles, et pourtant !
Il semble, si on veut bien y regarder de plus près, qu'une conscience planétaire est à l’œuvre à travers les réseaux sociaux, la responsabilité émergente de groupes pour leur destin maintenant , la prise en compte par le plus grand nombre et de façon de plus en plus intense du futur de notre planète...etc.
Et je repose ma question, le religieux a-t-il sa place dans tout ça ?
Je donnerai des éléments de réponse, mais après...

Les hommes, nous le savons, depuis des temps très anciens se sont tournés vers le divin . Aujourd'hui, certains argumentent encore qu'en ces temps là il fallait exorciser les peurs et donc la religion était un palliatif et que les hégémonies de certains se sont construites sur les faiblesses ou les soumissions des autres ; que l'homme a besoin des dieux, et bien d'autres raisons encore ont été émises.
Il est facile, bien plus tard, de se fabriquer des réponses et de se constituer des certitudes. Mais, se découvrir, abandonner les vieux schémas, regarder et voir qu'il y a plus de questions que de réponses et cependant continuer à avancer est une clé pour aller vers la complétude.

L'homme, écoutant le meilleur de lui-même, se laisse guider.
Ou bien, peut-être confusément, se met de plus en plus en accord avec son moi intérieur et entrevoit sa déité. (Vous êtes des dieux.) Psaume 82 .

Mon aventure intérieure est engagée ; c'est le sens véritable que chacun peut donner à sa vie.
Et Teilhard de dire : « ...Le christianisme, dans la mesure où il « personnalise » la Cosmogénèse, est, sans conteste, irremplaçable et imbattable ».
Paroles osées, subversives, réactionnaires ! Je pourrais dire que le religieux manque d'humilité. Mais regardons-y de plus près :

De toutes les spiritualités celle du Christianisme est la seule qui ose !
Je m'explique ; je m'adresse à Dieu, le prie... mais n'ai- je pas une responsabilité dans la perte de saveur ?
De plus, un Homme-Dieu, le Christ, montre le chemin pour être enfant de Dieu, Fils de Dieu ; chance, cadeau inestimable, et de plus, à la mesure de mon ouverture au don qu'il me fait , à moi fils de la Terre, simple primate ; j'ai accès à la Transcendance, à l’Éternel présent...
Mais il est inutile d'en dire plus ; l'expérience est unique, intérieure, personnelle.
Quand Teilhard dit « imbattable », en citant le Christianisme, il n'a pas tort ; le chrétien, même s'il sait qu'il est loin d'être parfait, ose croire en l'infinie bonté du Dieu qu'il invoque.

Le Karma, ces actions qui impriment l'âme, est aboli.
« ...dis seulement une parole et je serai guéri » (Luc VII,1-10) , une dimension nouvelle est donnée à l'homme de la Terre. Disons-le encore une fois, le chrétien ose croire et il est comblé bien au delà de sa demande.

« Vis joyeux et souriant en ce monde,
infiniment libre.
Le ciel se déchira pour Jésus en son baptême
et il entendit la voix intérieure.
Dans le ciel déchiré, le seul
est la prière en vérité.
Tant que le ciel de ton cœur ne s'est pas déchiré,
dans l'éclair du Sinaï,
l'orage de Pentecôte,
tu ne sais rien de Dieu,
tu appelles Dieu ce firmament, limite ta pensée.
Garde ton secret.
Tu ne peux plus rien dire, alors ne dis plus rien.
Ne descends plus, demeure en « toi ».

Mais qui écrit cela ? A qui le dit-il ? Henri Le Saux, Moine Chrétien-Sannyasi Hindou

Dimanche 2 Mars 2014 12:05