Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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« le phénomène humain », collection sagesses, p. 65-94 /Teilhard de Chardin




La réponse à la question de savoir quand, où et comment la vie est apparue sur terre reste encore incertaine malgré les efforts de chercheurs dans plusieurs disciplines. Dans le précédent chapitre du phénomène humain, TDC décrit « la terre juvénile » apparue il y a au moins 4,56 milliards d'années, TDC s'est donc d'abord intéressé à la naissance de la terre. Il fallait bien sûr que la planète terre soit vivable pour permettre la vie de l'homme mais aussi celle de toutes les créatures existant dans le monde. Il pense que la terre probablement entourée d'une nappe aqueuse ne contenait que des agrégats inertes. A un moment donné, inconnu pour lui, ces eaux « ont commencé à grouiller d'êtres minuscules ». C'était « le commencement d'un ordre nouveau ».
Pour TDC « la vie proprement dite commence avec l'apparition de la cellule »: « la cellule est le grain naturel de la vie, comme l'atome est le grain naturel de la matière inorganisée. » C'est pourquoi TDC cherche à comprendre la cellule pour comprendre la vie.
La cellule est déjà une entité très complexe comme le montrent à l'heure actuelle les études en cytologie, histologie, biochimie, génétique et autres approches biologiques. Elle ne peut être un objet sans antécédent. C'est un intermédiaire dans le cycle de la vie. Elle est issue d'éléments plus simples et elle évoluera et se différenciera pour former des êtres plus complexes dans le monde bactérien, végétal aussi bien qu'animal.
Quand pouvons nous déclarer qu'un être est vivant ? Les éléments les plus simples que nous pouvons observer dans la nature actuelle représentent-ils le premier pallier de la vie ? Où se trouve la limite entre l 'agencement des atomes en molécules de plus en plus complexes et l'apparition de la vie? «Le passage du grain de matière au grain de vie est-il si différent de l'existence des transformations que postulait la théorie de l'Evolution développées par Darwin ou Lamarck.
Physiciens, chimistes, astrophysiciens, Paléontologues, Biologistes sont à la recherche de traces de vie au fond des océans, au sein de roches antiques des continents ou dans l'espace interstellaire. Mais il est difficile d'affirmer que l'on a à faire à un réelle trace de vie. : par exemple, les fossiles trouvés dans des roches très métamorphiques de plusieurs milliards d'années peuvent aussi bien provenir d'un organisme unicellulaire que d'une transformation minérale. La technique d'analyse chez l'être vivant de la proportion de carbone 12/13, (le carbone 12 étant plus abondant que le carbone 13) peut aussi être trompeuse car des transformations minérales analogues peuvent avoir lieu sur des milliards d'années. On ne peut pas trouver non plus de traces de glucides, lipides ou de protéines vieilles de plus de 3,9 milliards d'années car, à ce moment-là, la planète a subi un déluge de météorites qui a surement effacé toute forme de vie. Les traces datant de 3,5 milliards d'années restent les plus fiables (1). Cependant, ils révèlent une vie déjà assez évoluée, ce qui exige beaucoup d'imagination et d'incertitudes pour expliquer le passage d'une chimie simple à une biologie complexe représentative de la vie.

La vie existe sur Terre depuis des milliards d’années. Les premiers organismes, microscopiques, apparurent dans l’océan. Ils ressemblaient aux bactéries que nous connaissons aujourd’hui. Les premières algues et les premiers animaux se développèrent et envahirent peu à peu les mers. Avec l’apparition de l’oxygène dans l’atmosphère, les formes de vie se multiplièrent et devinrent plus complexes et diversifiées. Certaines plantes et certains animaux se transformèrent peu à peu pour vivre hors de l’eau et coloniser les continents. La terre juvénile au moment de l'apparition des cellules n'avait pas l'aspect actuel. « Le temps requis pour l'établissement du monde cellulaire dépendait étroitement de la transformation générale des conditions chimiques et thermiques de la surface de la terre »

Les scientifiques ont divisé l’histoire de la Terre en grandes périodes marquées par l’apparition ou la disparition d’animaux et de végétaux. Au fil du temps, des êtres vivants très différents se sont succédés. Par exemple, le développement d’une colonne vertébrale a permis à certains animaux de nager plus efficacement, il y a plus de 400 millions d’années. Les premiers vertébrés étaient les poissons. Certains poissons ont peu à peu développé des poumons et des pattes pour conquérir la terre ferme. Ils furent les premiers amphibiens, capables de vivre sur terre et dans l’eau. Avec l’assèchement du climat il y a quelque 300 millions d’années, les reptiles ont pris le dessus, étant mieux adaptés que les amphibiens à un environnement aride. Encore aujourd’hui, des êtres vivants disparaissent ou évoluent, au rythme des transformations de leur environnement (2).

Revenons à l'apparition de la cellule que TDC identifie comme étant à l'origine de la vie organisée. Qu'est-ce que la vie ? Les biologistes, spécialistes de la question sont généralement d'accord pour dire que la Vie se résume à trois caractéristiques de la cellule : le métabolisme, le matériel génétique et la présence d'une membrane qui protège l'intérieur de la cellule et ses constituants de l'environnement externe. Le métabolisme assure la production d'énergie et la fabrication des métabolites (glucides, lipides, nucléotides vitamines...), et des protéines et enzymes, nécessaires aux diverses fonctions cellulaires. Le matériel génétique comme l'ADN porte le code génétique et donc l'information pour synthétiser les protéines et permettre la conservation de l'espèce, Les ARNs transfèrent l'information permettant la synthèse des protéines et, enfin, les protéines catalysent les réactions chimiques dans la cellule. L'ADN peut être soumis à des mutations quelques fois responsables de l'évolution des espèces. Les membranes cellulaires sont essentielles pour confiner ces éléments, sans dilution dans le milieu externe.
L'ARN pourrait être le précurseur de toutes les fonctions biologiques. En effet, c'est vraisemblablement l'ARN qui est apparu le premier dans la soupe prébiotique puisque, d'une part, il aurait pu servir de support génétique car l'ADN ne serait qu'un ARN modifié (ARN : acide ribonucléique ; ADN acide désoxyribonucléique). D'autre part, l'ARN pourrait aussi avoir eu une activité catalytique que l'on a détecté dans des ribozymes. Il pourrait donc avoir remplacé les protéines dans les toutes premières cellules. Mais ceci est encore hypothétique car on n'a pas encore réussi à fabriquer des ARNs dans les conditions de la terre juvénile. TDC avait dès 1948, une intuition de ceci sans connaître les mécanismes génétiques et biochimiques que l'on connaît actuellement. Il écrit en effet (p.93) : «Si la Vie, un jour, a pu s'isoler dans l'océan primitif, c'est sans doute que la terre (et en cela, justement elle était juvénile) se trouvait alors, de par la distribution et la complexité globale de ses éléments dans un état général privilégié qui permettait et favorisait l'édification des protoplasmes....
Cette hypothèse nous suggère que l'origine des corps organisés serait liée à une transformation chimique sans précédent et sans réplique au cours de l'histoire terrestre. »

(1) Journal du CNRS : Enquête :A la recherche des premières traces de vie, 2012, 264, 21-27
(2) Origine de la vie sur terre, http://www.ikonet.com (2017)
Vendredi 20 Octobre 2017 14:07

Marcel Comby /  La notion d’évolution selon la vision de Teilhard de Chardin
Teilhard fut un précurseur dans l’étude des systèmes complexes qui traitent des relations entre leurs composants et de l’architecture de ces relations. Il pensait comme Aristote que « Le tout est plus que la somme des parties ».Les concepts nouveaux qu’il forgeât en son temps ne furent vraiment compris que bien plus tard. Le modèle qu’il propose se vérifie, en fait, en amont avec la notion de Cosmo genèse et en aval avec celle de Noogénèse. Le fait de l’évolution fait apparaître une généalogie des êtres vivants mis en relation de manière logique et organisée.
Le processus de l’évolution suppose l’existence de principes et de lois spécifiques. Ainsi, avec Darwin, apparait le principe de « sélection des plus aptes ». Mais il faudra attendre les découvertes de la génétique pour croire pouvoir expliquer par le hasard des mutations génétiques l’origine de ces dits : « plus aptes » qui seront ensuite triés par le filtre de la sélection naturelle. Il s’agit d’une théorie néo-darwinienne de l’évolution sacralisée par Jacques Monod dans son célèbre ouvrage : « Le hasard et la nécessité ».
Dimanche 1 Octobre 2017 20:02