Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Sujet de travail à présenter le 22 mars 2013
« Comment je crois » tome 10 Editions du Seuil


j.P. Frésafond / Chapitre 9 :« Quelques vues générales sur l’essence du christianisme »
NDLR : - Ce memorendum du christianisme est bref et parait simple. En réalité, il est ambivalent par nécessité de rhétorique vaticane, puisque cette instance, trois années plus tard, a obligé Teilhard à rectifier son argumentation, ce qu’il a fait dans le chapitre 10 lequel s’adresse à ses paires en théologie et il le précise, aux professionnels. Le chapitre 10 est intitulé « Le Christ évoluteur ».

IF » = idée forte


IF N° 1 Le christianisme consiste à regarder l’histoire de l’univers selon le processus suivant : JE ou MOI (Dieu hyper personnel), agrégé sans confondre, le JE humain et le JE christique.


IF N° 2 Cette perspective claire est douée d’une valeur évolutive mystique.

IF N° 3 Le schéma ci-joint (un cône évolutif page 155) préserve l’indépendance et la dépendance des trois catégories de JE et donne naissance à une théologie et métaphysique compliquée : théorie des personnes de la Nature en Dieu et dans le Christ.

IF N° 4 Sous forme dynamique mon point de vue chrétien peut s’exprimer sous la forme symbolique du cône dans lequel on voit le multiple converger vers Dieu. Le sommet du cône représente le Christ universel, lui-même composé des centres de consciences que produit l’humanité.

IF N° 5 Dans la perspective dynamique et évolutive que représente le cône on peut remarquer que le même processus fondamental peur s’appeler : créateur, incarnation ou rédemption selon le côté duquel on le regarde.

a) Création = les JE humains se constituent sous l’attraction du divin
b) Incarnation = avec un effet d’attraction le JE divin est amené à s’immerger dans son œuvre
c) Rédemption = dans la mesure où le créé en cours d’unification présente une part d’inorganisation résiduelle qui définit le mal sous toutes ses formes, Dieu ne peut créer sans que le mal apparaisse.
Ceci n’est pas une limitation à la puissance de Dieu, mais l’expression d’une loi ontologique inévitable, même par Dieu, qui par la création s’immerge dans l’espace/temps. La création fait partie de la « catégorie » de l’effort et de l’expiation et ceci remet en avant le symbolisme de la Croix chrétienne : geste du Christ soulevant le monde par attraction, malgré l’inertie qui lui est opposée.
IF N° 6 Pris dans leur sens plein : création, incarnation et rédemption ne sont pas des faits localisables, mais de dimension universelle généralisée ; ils peuvent se traduire par des faits particulièrement expressifs tels que le phénomène humain et le phénomène christique. Dans le même sens j’admets que le mal du monde, dans le contexte de la création évolutive et de l’apparition du JE humain puisse être considéré comme une forme de péché dû à l’accession de l’homme à un certain niveau de conscience et de responsabilité.

IF N° 7 Ce qui donne au christianisme sa valeur unique, c’est l’idée fondamentale que le Foyer Suprême se reflète en chaque élément de conscience qu’Il attire ; mais que pour obtenir l’unification finale, Il a été obligé de se matérialiser sous forme d’un élément vivant donc concret et personnel. Mais, pour agir efficacement, le Foyer Suprême a dû se réfléchir sous forme d’un centre christique (un intermédiaire entre l’homme et Dieu, son représentant.
Cette conception du Christ non seulement prophète et homme extrêmement conscient de Dieu, peut choquer un esprit moderne qui refuse cet anthropomorphisme.
a) Cette réaction contre l’anthropomorphisme est allée trop loin et peut nous faire douter d’une ultra personnalité divine. Mais si l’on reconnait que le centre de l’univers ne peut être que de nature hyper personnelle, cette hypothèse redevient pensable.
b) La puissance de développement du christianisme mystique est liée à l’idée « Christ Historique ». Mais si l’on refuse cette hypothèse, le christianisme redevient une voie philosophique comme les autres.

IF N° 8 Du point de vue qui est le nôtre, le christianisme parait satisfaire au mieux la tendance religieuse qui porte l’homme vers une sorte de panthéisme. Il y a deux sortes de panthéisme :
a) Celui pour qui l’unité du TOUT nait de la fusion des éléments, lesquels disparaissent tandis que le TOUT monte en puissance.
b) Celui pour qui les éléments s’achèvent par accession à un Centre plus profond qui les domine et les sur centre en Lui-même. En vertu du principe théorique que l’union ne confond pas les termes qu’elle unit mais les différencie. A mon avis cette deuxième forme de panthéisme est la seule qui soit mystiquement satisfaisante et convienne au christianisme.

IF N° 9 On reproche souvent au christianisme d’être périmé parce qu’il est fondé à la fois d’un anthropomorphisme et d’un anthropocentrisme de l’homme. Il y a un fond de légitimité dans ces remarques car il est incontestable qu’à une certaine époque les choses ont été présentées d’une manière trop simple. En revanche, si l’on regarde Dieu, non plus comme un centre de conscience de type humain, mais comme un Centre des centres, et si l’on regarde l’homme non plus comme un centre du monde mais comme un axe de progression de conscience et de personnalité, alors on échappe aux faiblesses du christianisme dénoncées ci-dessus.

Jeudi 21 Février 2013 08:48