Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Je voudrai profiter de ce texte pour comparer la foi du père Teilhard de Chardin à celle que nous enseigne l'Eglise.

"Gloire à Dieu au plus haut des cieux
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime.
Nous te louons, nous te bénissons,
nous t'adorons, nous te glorifions,
nous te rendons grâce pour ton immense gloire,
Seigneur Dieu, Roi du ciel ….." nous dit la prière ……

mais Teilhard nous dit :
"Il n'y a pas, concrètement, de la Matière et de l'Esprit: mais il existe seulement de la Matière devenant Esprit."
Et encore :
"La Terre est ronde pour que l'amitié en fasse le tour."

Combien de visages de croyants voit-on représentés tournés vers le ciel, implorant on ne sait quelle grâce, attendant, presque béatement qu'une pluie de bienfait ne leur tombe dessus.

Teilhard nous convie à une toute autre démarche.

Le texte soumis à notre étude aujourd'hui a été écrit en avril 1948, donc peu après que Teilhard ait subi un infarctus (juin 1947), triste rappel de la précarité de la condition humaine.
Quelques allusions à cette constatation se retrouvent d'ailleurs dans sa correspondance de l'époque : "….et mes amis …. m'adjurent de continuer à avancer, avec les moyens qui restent, aussi droit qu'avant ….."

J'insisterai donc aujourd'hui sur cette figure "d'en avant".
Je développerai essentiellement les idées qui se dégagent de cette phrase (page 291 de l'édition du Seuil) : "le grand événement des temps modernes est pour nous de découvrir que pour l'Homme, enfermé sur et en lui-même, il y a une issue en avant, (par auto-développement de quelque chose au-delà de l'Homme), alors que jusque-là on ne voyait d'issue qu'en haut (par évasion vers Dieu)"

Teilhard navigue donc entre les notions "d'en avant" et de "centration", jamais d'élévation si chères aux illuminés.

Teilhard nous demande, tout au long de ses écrits, de favoriser la "centration", l'"enroulement" des consciences afin de parvenir par "gravitation" à une sur-Humanité. Il y a dans ce concept une notion que me semble bien éloignée de celle qu'enseigne l'Eglise, à savoir :
""Gloire à Dieu au plus haut des cieux" qui place Dieu en dehors de l'Humanité, "et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. " qui sépare encore si besoin était les deux protagonistes si vous voulez bien me permettre de m'exprimer ainsi.

Teilhard nous suggère donc de regarder devant nous, parce que nous n'aurons aucune motivation à avancer si nous avons l'impression de tourner en rond, mais tout en nous centrant en une Humanité homogène bien que constituée d'individus bien différenciés.
"psychanalyser, non pas pour dégager, mais pour engager" …… voilà les termes de Teilhard, - développer le meilleur de chacun pour que le tout soit constitué par la somme de ces "meilleurs" -, voilà mes propres termes.
Devenir Dieu, non pas Dieux, au pluriel, non pas des Dieux, mais une Humanité déifiée, un groupement d'individus conscient de n'être rien tout seul mais d'être Tout ensembles …..

Est-ce une tâche difficile ? non, sûrement pas, le mouvement de rotation de notre planète nous emmène naturellement vers cette centration. Il nous suffit de nous laisser faire, de ne pas tenter de nous échapper de ce mouvement. Le sens cosmique dont nous parle si bien Teilhard est comme un courant qui nous entraîne, qui nous emmène, une "Foi motrice" dit-il, une "libido cosmique" ……

Mais il fallait un homme puissamment relié à la matière comme l'était Teilhard, mais aussi profondément croyant, croyant en Dieu, peut-être, mais surtout croyant en l'homme pour nous faire comprendre tout cela. C'est la matière qui a fait le lien entre Dieu et les hommes chez Teilhard, ce sont les petits bouts de fer qui ont rouillé dans ses poches d'enfant qui nous montrent le chemin vers l'HUMANITE.


















Dimanche 28 Juin 2009 16:37