Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Du grec dogma c’est à dire « opinion », un DOGME est une affirmation considérée comme fondamentale, incontestable et intangible par une autorité …. Qui emploiera dans certains cas la force pour l’imposer.
Historiquement le dogme a été une formulation d’un article de foi utilisée parfois pour sanctionner pénalement les déviations par rapport à l’orthodoxie.
Dans son sens propre le mot dogme appartient au vocabulaire philosophique et religieux. D’origine philosophique, il devient religieux avec le christianisme.
Le dogme est directement lié à la notion d’autorité : par la définition de la « foi droite » (l’orthodoxie) le dogme définit et s’oppose à l’hérésie qui professe une opinion différente sur un point discuté.
Dans les premiers siècles et notamment au quatrième siècle avec la crise arienne est définie la nature juridique du dogme ; le concile (assemblée des autorités religieuses dans l’église) par la volonté de l’empereur, devient œcuménique et les conséquences s’étendent à tout l’empire. la seule issue pour l’hérétique condamné est alors l’exil …. Etc.
L’émergence du christianisme comme religion officielle de l’état entraînera une double confusion :
1. Confusion entre religion et ordre social le dogme est utilisé à des fins judiciaires et à des fins de répression de l’opinion schismatique.
2. Confusion entre dogme et foi : le combat contre l’hérésie conduit à exiger de chacun qu’il énonce publiquement les dogmes de la foi pour prouver son orthodoxie (ce qui est à l’origine de l’introduction du credo dans la messe), faisant de la récitation du dogme un critère explicite de la foi.
On peut penser que à la lumière des affirmations ci-dessus énumérées, on est loin du point Oméga créateur, évoluteur et attracteur ….
Et pourtant …..
Suite au concile Vatican II, le 26 janvier 1985 le pape Jean Paul II convoqua un synode des évêques et les pères demandèrent dans leur rapport final « que soit rédigé un catéchisme de toute la doctrine catholique qui serait un texte de référence …. »
Et il y est entre autre dit : « il existe un lien organique entre notre vie spirituelle et les dogmes. Les dogmes sont des lumière sur le chemin de notre foi, ils l’éclairent et le rendent sûr. Si notre vie est droite, notre intelligence et notre cœur seront ouverts pour accueillir la lumière des dogmes de la foi »
Le dogme tient de la formule de reconnaissance, il indique à celui qui n’a pas encore franchi l’étape initiatique qu’il y a quelque chose au delà, et il permet à celui qui l’a franchie de savoir qu’il a passé la bonne porte. C’est ainsi que le comprend Saint Augustin.
Et celui ci dit encore :
« c’est le Maître intérieur qui enseigne, le Christ qui enseigne, son inspiration qui enseigne. Où ne sont pas son inspiration et son onction, inutile est le tapage des mots au dehors. Les mots que nous prononçons au dehors sont comme le jardinier devant l’arbre ; il travaille au dehors, il apporte de l’eau et tout le soin de son travail ; mais tout ce qu’il apporte ainsi du dehors est-ce cela qui forme les fruits ? …. Que par notre parole nous plantions ou nous arrosions, nous ne sommes rien mais c’est Dieu qui donne la croissance, c’est à dire c’est son onction qui nous enseigne toute chose » commentaire de Saint Augustin sur la première épître de Saint Jean.
Alors les dogmes religieux ? compatibles ? incompatibles ? avec le triple principe d’un point Oméga.
Oui les dogmes sont compatibles ou plutôt je dirais ne sont pas à renier.
Malgré un Teilhard de Chardin mis à l’écart loin de son Europe et de la France.
Malgré un Maître Eckhart censuré et dont vingt huit articles de ses sermons sont mis à l’index et il disait : Dieu conduit les justes par un chemin étroit vers la grand route pour qu’ils parviennent loin dans tous les sens, c’est à dire à la véritable liberté de l’esprit, qui est devenu un seul et même esprit avec Dieu.
Je n’ai pas beaucoup parlé du point Oméga, mais je crois que à travers les cheminements de tous ces hommes exceptionnels et de milliers d’autres en dépit des interdits et de censures ou plutôt grâce à eux et à elles, l’humanité se construit et est en marche vers la Déité.



Samedi 29 Décembre 2007 18:24

Imaginons un énième dialogue entre Candide et un érudit lambda.

CANDIDE
- Dieu existe-t-il ?
LAMBDA
- oui, bien sûr, il a même été représenté maintes fois, entre autres, sur le plafond de la Chapelle Sixtine, à Rome.
CANDIDE
- bon, je vais aller voir.

Retour de Rome :
CANDIDE
- c’est vrai, je l’ai vu ! et, là bas, on m’a dit que Dieu avait crée l’homme à son image,
LAMBDA
- oui, parfaitement, c’est dans la genèse chapitre 1, versets 26-27, pourquoi ?
CANDIDE
- parce que sur la voûte de la chapelle Sixtine, Dieu est blanc. Alors les noirs ce ne sont pas des hommes ?
LAMBDA
- si, bien sûr, ce sont des hommes, mais la chapelle Sixtine a été décorée par Michel Ange qui était blanc alors il a peint Dieu avec une peau blanche, mais, en fait, Dieu n’est sûrement ni blanc, ni noir, ni jaune, il doit être un peu des trois.
CANDIDE
- Un hybride quoi !
LAMBDA
- Bon, si tu veux, on peut dire comme ça.
CANDIDE
- Mais, Dieu, il a quel age ?
LAMBDA
- Il n’a pas d’age, il est intemporel.
CANDIDE
- Du temps de la préhistoire, il n’était pas encore né Dieu ?
LAMBDA
- Si, bien sûr, Dieu est à l’origine de tout.
CANDIDE
- mais, les hommes de cro-magnon ils ne ressemblaient pas au Dieu de Michel-Ange pourtant ?
LAMBDA
- non, bien sûr, chaque artiste représente Dieu selon ses propres critères, ils le font selon leur propre image, depuis l’époque de Cro-magnon, les hommes ont évolué intellectuellement et physiquement.
CANDIDE
- Donc il y a un Dieu par époque et un par couleur de peau ? ça en fait déjà pas mal de Dieux !
LAMBDA
- non, Candide, il n’y a qu’un seul Dieu pour tout le monde.

CANDIDE
- qui évolue en même temps que l’humanité ?
LAMBDA
- oui, si on veut.
CANDIDE
- mais pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé tout de suite un homme évolué ?
LAMBDA
- parce que Dieu, en donnant à l’homme la capacité de se constituer lui a aussi donné une intelligence. Il ne l’a pas fait qu’avec l’homme, d’ailleurs. Certains animaux aussi ont une intelligence différente de celle de l’homme simplement. Et ces intelligences permettent d’acquérir des moyens de mieux vivre, de se nourrir par exemple, d’avoir moins froid. Teilhard de Chardin écrit page 165 du « phénomène humain », « tout au fond de lui même, le monde vivant est constitué par de la conscience revêtue de chair et d’os ». Dieu n’a pas crée de la masse humaine mais de la conscience à laquelle il a donné une enveloppe corporelle.
CANDIDE
- mais il y a encore des gens qui ont froid, pourquoi ? ils n’ont pas reçu d’intelligence eux, pas de conscience ?
LAMBDA
- Si, ils ont la même intelligence que les autres, ils ont moins de chance, c’est tout.
CANDIDE
- Dieu a crée la chance alors aussi ?
LAMBDA
- Non, pas vraiment, mais, on dit que, durant la construction de la tour de Babel, voulue par les hommes afin de se hisser jusqu’à Dieu, celui-ci multiplia les langues afin que les hommes ne se comprennent plus. Ne se comprenant plus, ils ont constitué des camps pour permettre à ceux qui avaient le même langage de rester entre eux. Les camps sont devenus des villages puis des nations et les peuples des différents pays ont commencé à se faire la guerre pour avoir plus que le pays d’à coté.
CANDIDE
- et Dieu, il n’a rien fait, il n’a rien dit ? il est devenu impuissant après la création du monde ?
LAMBDA
- Dieu laisse les hommes s’autogérer individuellement et collectivement. Il leur a donné l’autonomie et le libre arbitre. A eux de protéger le capital qu’il a mis à leur disposition sur la terre.
CANDIDE
- Ils y arrivent à gérer ce capital ?
LAMBDA
- Pas toujours, il y a des ratés, mais, progressivement ils reconstruisent la tour de Babel, la télévision leur montre ce qui ce passe tout autour du monde chaque jour, ils ne peuvent plus l’ignorer. Ils savent communiquer malgré la barrière du langage, l’humanité est comme un enfant, elle a du se brûler les ailes pour apprendre. Teilhard de Chardin écrivait page 284 du « phénomène humain » : « comme toute autre forme de Vie, l’Homme, pour devenir pleinement Homme, a dû se faire légion. Et, avant de s’organiser, une légion est forcément en prise au jeu, si dirigé soit-il, des hasards et de la probabilité ». Teilhard de Chardin dit aussi qu’il y aura du déchet dans l’humanité avant qu’elle ne devienne pleinement consciente. Les guerres, les injustices, ce sont les déchets.


CANDIDE
- et ton « Teilhard » il accuse Dieu de tout ce déchet ?
LAMBDA
- non Candide, mon « Teilhard » il n’accuse pas Dieu. Et, vois-tu, Candide, il va peut-être falloir changer ce mot « Dieu » pour lui donner un vocable moins galvaudé, moins « personnel », « Dieu », c’est toi, c’est moi, c’est Teilhard, c’est le clochard qui est en bas devant la porte, c’est tout le monde. Certaines religions interdisent la représentation picturale de leur Dieu, elles ont peut-être raison. C’est confortable d’accuser Dieu et de lui faire supporter nos bêtises, alors, revenons à ta question d’origine, Dieu existe-t-il ? oui, bien sûr Candide, Dieu existe puisque tu es là, puisque je suis là, puisque nous discutons ensemble, Dieu existe, il faut simplement que nous soyons conscients que nous sommes responsables de nos actes et que nous ne lui attribuions pas nos erreurs pour nous en dédouaner. Alors, Candide, tout à l’heure, en rentrant chez toi, ferme la porte derrière toi pour ne pas laisse échapper la chaleur du poêle, le pétrole est précieux, il est concentré dans quelques zones du globe et les guerres ne sont pas le fait de Dieu mais la conséquence de notre habitude de gaspiller, hélas ce n’est pas notre seul défaut et je trouve, si nous voulons rester dans cette croyance en un Dieu patriarche qu’il bien de la patience avec ses enfants. Il y a plus d’un père géniteur et non spirituel qui en aurait dix fois moins avec sa progéniture.




Vendredi 21 Décembre 2007 11:55

3ème question : La croyance aux dogmes religieux, tels qu'ils sont imposés depuis l'origine des religions, est-elle compatible avec le triple Principe d'un "Point Omega" Créateur, évoluteur et attracteur ?




Définition du mot dogme par le dictionnaire le Robert :
Point de doctrine établi ou regardé comme une vérité fondamentale, incontestable, dans une religion ou une école philosophique.

Synonymes : croyance, doctrine, règle, mystère, certitude, loi.

Et si toute assertion utilisée inconsidérément relevait de la notion de dogme ? Alors, on constate qu’en dehors des religions le dogme sévit aussi dans de nombreux domaines et on pourrait citer des exemples d’idées reçues qui se répètent et se transmettent bêtement et deviennent des conventions aveugles et aveuglantes … mais ceci est un autre sujet …


Je repère 2 manières d’adhérer à un dogme :


-Première manière : consiste en une allégeance absolue et inconditionnelle vis-à-vis de ce qui peut être nommé un « mystère ». Dans ce cas il semble, effectivement, que le dogme risque de devenir totalement ou partiellement incompatible avec le triple Principe d’un Point Omega Créateur, évoluteur et attracteur. Souhaitons simplement que, dans ce cas de figure, le Point Omega restera quand même « attracteur », au-delà de l’endormissement intellectuel présumé de cette catégorie de personne.


-Seconde manière : Si l’on considère le dogme comme une énigme intéressante, ou comme une balise lumineuse qui brille au loin, dans la nuit, sur une haute montagne, alors, il faut se mettre en route et marcher en direction de cette Lumière. Chemin faisant, on s’apercevra que le dogme était véhiculé par des mots usés, déformants qui recouvrent et cachent un trésor inestimable et -hélas !- peu transmissible au tout venant car, parler d’un "Mystère", relève quasiment d’une langue d’extraterrestre, surtout à notre époque qui accuse un appauvrissement vertigineux du vocabulaire, et la perte de sens des mots.Dommage car on pense avec des mots.

j’évoquerai comme exemple le célèbre dogme de « l’Immaculée Conception » défiguré car il n’a rien à voir avec la connotation sexuelle devenue prépondérante dont il est affublé. Mais qu’est-ce que c’est qu’une âme vierge ? C’est l’état de conscience exceptionnellement élevé d’un être humain qui s’est centré sur le Point Omega en lui et autour de lui, qui vit de cette « sur centration » selon une formule de Teilhard, et qui peut communiquer et dialoguer avec le Point Omega. Une telle relation ne peut qu’élever l’évolution de la matière de l’univers en y injectant davantage d’Esprit; ce qui, pour un catholique, se réfère directement à la Vierge, Mère du Jésus historique.


Conclusions

Le « dogme » n’est à considérer
-ni comme une vérité à croire sans discuter sous peine de sanction
-ni comme un concept abstrait qui relèverait de la supercherie.
mais comme l’expression mentale et verbale, donc humaine, d’une Réalité transcendante. Et je pense que le rôle d’une religion est bien de mettre ces Réalités transcendantes à la disposition de notre réflexion et qui dit « réflexion » dit recherche .

Or, pour être en capacité de chercher la Réalité transcendante je peux m’octroyer toute la liberté intérieure nécessaire pour réfléchir. L’inquisition, c’est du passé.
Face à cette Réalité préexistante et transcendante que Teilhard nomme Intention au sein de la matière , la liberté de conscience n’autorise aucun dogmatisme, fut-il anti-dogmatique ! car certaines formes d'anti dogmatismes peuvent , elles aussi, instaurer une véritable dictature ; ce qui est largement vérifiable dans certaines sociétés occidentales contemporaines.


La balise lumineuse du dogme est aussi à considérer comme un panneau indicateur (et non pas comme un panneau dans lequel il faut tomber), complètement compatible avec le triple Principe d'un "Point Omega" Créateur, évoluteur et attracteur. Mais, pour terminer, je place le terme « attracteur » en priorité car, sans cette « attraction » nous n’aurions pas l’impulsion nécessaire pour franchir notre pas individuel de la réflexion (pour évoquer la formule de Teilhard : "le pas de la réflexion").

Jeudi 20 Décembre 2007 18:27

TEILHARD DE CHARDIN, UNE MYSTIQUE DE LA RECHERCHE
Parler de « mystique de la recherche » peut sembler au premier regard une contradiction. Dans nos esprits, la « mystique » évoque le retrait du monde, la contemplation, la passivité, tandis que la recherche est éminemment une activité créatrice, un engagement résolu.
Pourtant, on sait bien que Teilhard a le génie de faire tenir ensemble ce que nos esprits trop abstraits veulent toujours opposer. Finalement, il en est de « mystique » et de « recherche » comme de « science » et de « foi » (ou de « religion »). Rappelons simplement cette déclaration de 1918 : « Science (c’est-à-dire toutes formes d’activité humaine) et Religion n’ont jamais fait, à mes yeux qu’une même chose, l’une et l’autre étant pour moi, la poursuite d’un même Objet » (« Mon univers », Œuvres XII, p. 297).
Commençons par ce qui est le plus aisément perceptible, la recherche. Dès sa jeunesse, Teilhard a un tempérament de chercheur. Il manifeste une grande curiosité pour la marche des choses, l’« histoire naturelle ». Il découvre que ce goût personnel reflète quelque chose de profond, qui appartient à la condition humaine comme telle. Cela, il le perçoit très vivement dans le creuset de la guerre, où, confronté aux situations les plus extrêmes, là où l’être humain se révèle, pour le bien ou pour le mal, il écrit : « Le “moi” de l’aventure et de la recherche, celui qui veut toujours aller aux extrêmes limites du monde, pour avoir des visions neuves et rares, et pour dire qu’il est “en avant” » (« La nostalgie du front », 1917, Œuvres XII, p. 231). « Aller aux extrêmes », « être en avant », voilà des expressions typiques de cette quête qui l’animera toujours. Ce n’est pas simple curiosité, désir d’en savoir toujours davantage parce que l’on est jamais rassasié, poursuite indéfinie. Il y a de cela, mais l’essentiel est que cette quête révèle une attente profonde dissimulée en tout être humain en tant qu’il est tel, un désir d’infini.
Il n’hésite pas à dire que l’homme a le devoir de chercher (le goût ardent de la recherche contre la paresse et la nonchalance des tenants du « sens commun », Œuvres XII, p. 49). Celui qui ne cherche pas n’est pas vraiment homme. Voici des expressions caractéristiques : « Savoir plus, pour pouvoir plus, pour être plus ». « Créer quelque chose en avant ». « Espérance en un futur sans bornes : les deux caractères essentiels d’une religion » (« La mystique de la science », 1939, Œuvres VI, p. 217).
C’est pour cela que la recherche chez Teilhard ne se fixe jamais sur un point particulier. Elle vise le « Tout ». L’attention des hommes est habituellement attirée par les formes individuelles, mais l’esprit cosmique voit le « fond commun ». Toujours pendant cette période si féconde de la guerre, il écrit : « Beaucoup d’hommes (il faudrait peut-être dire : tous les hommes, s’ils s’analysaient mieux) sentent le besoin et la faculté de saisir, dans le Monde, un Élément physique universel, qui les mette toujours et partout en relation avec l’Absolu, – en eux et autour d’eux » (« L’Élément universel », 1919, Œuvres XII, p. 431). Cette vision du Tout est aussi perception de l’importance de la relation : « Chaque élément, étant strictement coextensif à tous les autres, au tout, est réellement un microcosme » (« En quoi consiste le corps humain ? », Œuvres IX, p. 37).
Il faut bien percevoir que cela conduit à un retournement (mot très important dans le vocabulaire teilhardien !) à l’égard de la démarche scientifique classique, « analytique » : « La seule consistance des êtres leur est donnée par leur élément synthétique ». Nous avons marché dans la direction de l’analyse qui décompose, « or l’Absolu, le Compréhensible, est au centre, dans la direction où tout s’accentue jusqu’à ne faire qu’un » (« Science et Christ », 1921, Œuvres IX, p. 57). « L’analyse de la matière révèle à qui sait voir, la priorité, la primauté de l’Esprit » (id, 58 ; c’est moi qui souligne).
C’est là que la recherche conduit à la mystique, et, plus précisément, à la mystique chrétienne, la religion d’un Dieu « incarné », à l’encontre des religions d’évasion, des refuges dans les « arrière-mondes », justement dénoncés par Nietzsche. Certes, la cohérence entre recherche et religion chrétienne ne va pas de soi. Et pourtant, cela doit être « les deux composantes essentielles d’une mystique humano-chrétienne complète ». En effet, le grand mouvement évolutif se concentre sur un « foyer de personnalisation irréversible » qui n’est autre que le Christ (« La valeur religieuse… », IX, 253).
François Euvé
Jeudi 20 Décembre 2007 17:58

livre ecrit par J.P. Frésafond, AUBIN-Editions
Teilhard de Chardin, s’adresse à tous ceux, croyants et non-croyants, qui cherchent un sens à l’aventure humaine. Faut-il rappeler les nombreux témoignages perçus lors de la célébration du centenaire de naissance de Teilhard, en 1981 à l’UNESCO ? Nous découvrions alors que l’ouvrage était enseigné dans certaines universités de l’Union Soviétique et des Etats-Unis, pays aux idéologies diamétralement opposées. A partir du moment où une oeuvre trouve un écho multiple, les différentes approches reflètent forcément des sensibilités différentes, sans pour autant trahir la pensée de l’auteur.
Mercredi 5 Décembre 2007 14:16

LE PHENOMENE HUMAIN SELON TEILHARD de CHARDIN/Contraction de texte-Commentaires par Jean-Pierre Frésafond
TOME 1 (nouvelle édition) AUBIN Editeur
Préface de Bernard PIERRAT,Vice-Président de l'association des Amis de Pierre Teilhard De Chardin, Président de l'Académie d'Alsace
Mercredi 5 Décembre 2007 14:14

'A la Rencontre des non-croyants' écrit par Jean-Pierre Frésafond / AUBIN Edition
Teilhard de Chardin, s’adresse à tous ceux, croyants et non-croyants, qui cherchent un sens à l’aventure humaine. Faut-il rappeler les nombreux témoignages perçus lors de la célébration du centenaire de naissance de Teilhard, en 1981 à l’UNESCO ? Nous découvrions alors que l’ouvrage était enseigné dans certaines universités de l’Union Soviétique et des Etats-Unis, pays aux idéologies diamétralement opposées. A partir du moment où une oeuvre trouve un écho multiple, les différentes approches reflètent forcément des sensibilités différentes, sans pour autant trahir la pensée de l’auteur. Un juif et un chrétien n’ont pas la même position face à la Bible. Les chrétiens eux-mêmes se sont déchirés, parce qu’ils étaient en désaccord sur l’interprétation des textes fondateurs. De même, un libéral abordera la pensée marxiste d’une autre façon qu’un marxiste convaincu et vis versa. Si un juif entre dans les subtilités d’un chrétien et un libéral dans celles d’un marxiste, il sera lui-même chrétien ou marxiste.
D’une manière générale, l’analyse de la pensée d’un chercheur ne peut pas être réservée aux seuls initiés. Ce serait l’enfermer dans un cocon dont l’enveloppe serait imperméable à la curiosité des autres.
Mardi 4 Décembre 2007 14:29

j’ai choisi dans la troisième partie du PHENOMENE HUMAIN «La pensée », le chapitre premier: « La naissance d’une Pensée ». qui comporte lui-même deux parties « Le pas de la Réflexion » et «les formes originelles ».
Mon discours s’appuiera sur des citations choisies, mais avant d’aborder le sujet, il me semble nécessaire de préciser une question de vocabulaire et de vous montrer que les nouvelles avancées des sciences physiques ne contredisent en rien les réflexions de notre Savant mais est contesté par les scientifiques biologistes qui s’en tiennent à un raisonnement réductionniste et ou la causalité est « leur seule croyance » possible.
— Conscience: Terme dont la signification est volontairement généralisée par TeilharcL sans tenir compte de son étymologie. Désigne toute forme de psychisme, depuis la plus diluée et la plus élémentaire, jusqu’à la plus concentrée, où le mot conscience, au seuil du psychisme humain est relayé par le terme de conscience réfléchie ou réflexion.
Sur la matière : voici un texte de deux pages de J. Staune Photocopies,)
Complétons par quelques perles de nos savants biologistes qui pensent que la conscience n’existe pas en soi: «Il semble relativement manifeste qu’il est possible de donner une explication physique du comportement qui n’évoque ni n’explique l’existence de la conscience » Chalmers
«Nous ne sommes rien d’autre qu’un paquet de neurones » Crick
« Si l’on reprend le mot émerger au pied de la lettre, comme lorsque l’on dit que l’iceberg émerge de l’eau. Mais il suffit de dire que la conscience est ce système de régulation en fonctionnement. L’homme n’a dès lors plus rien à faire de « l’esprit », il lui suffit d’être un homme neuronal » Changeux
Ce n’est pas réjouissant le réductionniste prôné par ces scientifiques de renon. nous devrions nous persuader n’être qu’un ordinateur certes perfectionné et pour certain d’entre eux avec une puce de divin !!! Ce qui m’étonne c’est que les physiciens ont une démarche beaucoup plus interrogative en questionnant l’infiniment petit.
Interrogeons Telihard:
La Physique est arrivée à circonscrire provisoirement le monde de l’atome. La biologie est parvenue à mettre un certain ordre dans les constructions de la Vie... Tous ces traits mis ensemble, le portrait, manifestement, ne correspond pas à la réalité. L’Homme , tel que la science réussit aujourd’hui à le reconstituer, est un animal comme les autres... Or, à en juger par les résultats biologiques de son apparition, n’est-il pas justernent quelque chose de tout différent ?

Le pas de la réflexion
De même que, parmi les biologistes, l’incertitude règne toujours concernant l’existence d’un sens, et a fortiori d’un axe définis à l’Evolution... la plus grande divergence se manifeste encore, entre psychologues, quand il s’agit de décider si le psychisme humain diffère spécifiquement de celui des êtres apparus avant lui... La réflexion est le pouvoir acquis par une conscience de se relier sur soi et de prendre possession d'elle-même comme d’un objet doué de sa consistance et de sa valeur particulières : non plus seulement connaître. mais se connaître ; non plus seulement savoir, mais savoir que l’on sait... En réalité, c’est un autre monde qui naît. Abstraction, logique, choix et inventions raisonnés, mathématiques, art perception calculée de l’espace et de la durée, anxiétés et rêves d’amour... .L’animal sait, bien entendu. Mais il ne sait pas qu’il sait, autrement il aurait depuis longtemps multipliés des inventions... Pour le cartésien, la pensée seule existe; et l’animal, dépourvu de tout dedans. n’est qu’un automate.... pour les biologistes rien ne sépare nettement instinct et pensée... Du moment que l’Evolution est transformation primairement psychique il n’y a pas un instinct dans la nature. mais une multitude de formes d’instincts dont chacun correspond à une solution particulière du problème de la vie...
Lorsque de l’eau, sous pression normale, est parvenue à 100 degrés et, qu’on la chauffe encore. le premier événement qui suit, - sans changement de température — est tumultueuse expansion des molécules libérées et vaporisées: ainsi par cette comparaison lointaine, pouvons-nous imaginer dans son mécanisme le pas critique de la réflexion.

Les spiritualistes ont raison quand ils défendent si âprement une certaine transcendance de l'homme sur le reste de la Nature. Les matérialistes n’ont pas tort non plus quand ils soutiennent que l’Homme n’est qu’un terme de plus dans la série des formes animales. Dans ce cas, comme dans tant d’autres, les deux évidence antithétiques se résolvent dans un mouvement, pourvu que dans ce mouvement soit faite la part essentielle au phénomène, si hautement naturel, de « changement » d’état.)

Réalisation
Si l’être dont l’homme est issu n’avait pas été bipède, ses mains ne se seraient pas trouvées libres à temps pour décharger les mâchoires de leur fonction préhensible, et par suite l’épais bandeau de muscles maxillaires qui emprisonnait le crâne ne se serait pas relâché; C’ est grâce à la bipédie libérant les mains que le cerveau a pu grossir et c’est grâce à elle, en même temps, que les yeux, se rapprochant sur la face diminuée, ont pu converger, et à fixer ce que les mains prenaient, rapprochaient et en tous sens se présentaient: le geste même, extériorisé, de la réflexion ! ... Ce qui nous effraie, part contre, à première vue, s ‘est d’avoir à constater que ce pas, pour s ‘exécuter, a dû se fàire d’un seul coup.
Retenons donc seulement sans essayer de nous représenter l’inimaginable, que l’accès à la Pensée représentent un seuil, lequel doit être franchi d’un pas. Intervalle «trans-expérimental » sur lequel nous ne pouvons scientifiquement rien dire mais audelà duquel nous nous trouvons transportés sur un palier biologique entierement nouveau...
Le centre psychique réfléchi, une fois ramassé sur lui-même, ne saurait subsister que par un double mouvement, qui ne fait qu’un, se centrer plus outre sur soi, par pénétration dans un espace nouveau et en même temps centrer le reste du monde autour de lui, par établissement d’une perspective sans cesse plus cohérente et mieux organisée dans les réalités qui l’environnent...
Plus chaque phylum se chargeait de psychisme, plus il tendait à se «granuler ». Valorisation croissante de l’animal par rapport à l’espèce. Au niveau de 1 ‘homme, enfin, le phénomène se précipite et prend définitivement figure. Avec la personne, douée par la personnalisation d’un pouvoir indéfini d’évolution élémentaire, le rameau cesse de porter dans son ensemble anonyme les promesses exclusives de l’avenir. La cellule est devenu « quelqu’un ». Après le grain de matière, après le grain de vie, vpjçjje grain de pçnsée enfin constitué...
Jusqu’alors c’était assez de considérer, dans la nature, une large vibration simple la montée de conscience. Maintenant il va s’agir de définir et d’harmoniser dans ses lois (phénomène bien plus délicat)! une montée des consciences. Un progrès fhit d’autres progrès aussi durables que lui. Un mouvement de mouvements...
Impossible d’en douter. Dans le inonde devenu humain, c’est bien toujours la ramification zoologique qui, malgré les apparences et la complexité, se prolonge et opère suivant le même mécanisme qu’auparavant. Seulement par suite de la quantité d’énergie intérieure libérée par la réflexion, l’opération tend alors à émerger des organes matériels pour se formuler aussi, ou même surtout, en esprit. Le psychique spontané n’est plus seulement une auréole du somatique. Il devient la partie appréciable ou même partie principale, du phénomène...
D’autre part, du fait même que les fibres du phylum humain se montrent entourées de leur gaine psychique, nous commençons à comprendre l’extraordinaire pouvoir d’agglutination et de coalescence qu’elles présentent. Et nous voici du même coup sur le chemin d’une découverte fondamentale où finira par culminer notre étude du Phénomène humain: convergence de l’esprit...
Déjà dans les insectes par exemple ou chez le castor nous saisissons. et de manière flagrante, l’existence d’instincts héréditairement formés, ou même fixés, sous le jeu des spontanéités animales. A partir de la réflexion, la réalité du mécanisme devient, non seulement manifeste. mais prépondérante. Sous l’effort libre et ingénieux des intelligences qui se succèdent, quelque chose (même en l’absence de toute variation mesurable du crâne et du cerveau) s’accumule irréversiblement de toute évidence, et se transmet, au moins collectivement, par éducation, au fil des âges. Nous y reviendrons. Or ce quelque chose, construction de matière ou construction de beauté, système de pensée ou systèmes d’action, finit toujours par se traduire en augmentation de conscience, losciençe n’étant rien moins â son tour, nous le savons m en t. cia s le sang de la vie en évolution....
Nous n'avons pas cessé de suivre, depuis les flottants contours de la Terre Juvénile, les stades successifs d’une même grande affaire. Sous les pulsations de la géo-chimie, de la géo-tectonique, de la géo-biologie, un seul et même processus de fond toujours reconnaissable: celui qui, après s’être matérialisé dans les premières cellules, se prolongeait dans l’édification des systèmes nerveux. La Géogénèse, disions-nous, émigrant dans une biogénèse, qui n’est finalement pas autre chose qu’une psychogénèse. Avec et dans la crise de la Réflexion, ce n’est rien moins que le terme suivant de la série qui se découvre. La Psychogénèse nous avait couduits jusqu’à l’homme. Elle s’efface maintenant, relayée et absorbée par une fonction plus haute l’enfantement d’abord, puis ultérieurement tous les développements de l'Esprit : la Noogénèse. Quand pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas.
Par l’hominisation, en dépit des insignifiances de la saute anatomique, c’est un âge nouveau qui commence. La terre fait « peau neuve », mieux encore, elle trouve son âme.
L’Homme est entré sans bruit. En fait, il a marché si doucement que lorsque, trahi par les instruments de pierres indélébiles qui multiplient sa présence, nous commençons à l’apercevoir, - déjà du Cap de Bonne-Espérance à Pékin, il couvre l’Ancien Monde... Au regard de la science, donc, qui de loin, ne saisit que des ensembles, le « premier homme» est, et ne peut être qu’une foule. et sa jeunesse est faite de milliers et de milliers d’années.
Pour saisir l'ampleur vraiment cosmique du "PHENOMENE HUMAIN" il est cessaire que nous en suivions les racines, à travers la Vie jusqu’aux premiers enveloppements de la Terre sur elle-même.
Mais, si nous voulons comprendre la nature spécifique et deviner le secret de l’Homme. Il n’est pas d’autre méthode que d’observer ce que la Réflexion a déjà donné, et ce qu’elle annonce, en avant.

Lundi 3 Décembre 2007 21:16

J'ai souhaité évoquer le chapitre II « AU DELA DU COLLECTIF » p. 138 du livre de JPFrésafond "Teilhard de Chardin à la rencontre des non-croyants " (AUBIN éditeur).

Si, comme l’avance Teilhard, l’évolution tend à la confluence des Consciences collectives vers une Conscience Suprême, cela ne signifie-t-il pas que, déjà, ce travail est obscurément à l’œuvre en chacun de nous ? et que ce « travail » nous dépasse dans une grande mesure car, "l’humanité est conçue pour marcher convenablement" selon le principe de nécessité de Teilhard ?

D’ailleurs, Teilhard pense que nous ne percevons pas cette réalité parce que nous ne sommes pas assez avancés sur l’axe de la triple propriété que possède chaque conscience » à savoir :

-de tout centrer pareillement autour de soi,
-de pouvoir, sur soi, se centrer toujours davantage
-pour permettre à cette sur centration de rejoindre, d’atteindre tous les autres Centres qui nous entourent. Pour cela il faut trouver le point Omega qui est en nous et nous identifier à Lui. Tout ce qui recouvre en nous ce Point Omega n’est que contingence, nécessité passagère, ou masque.

Personnellement, je pense que l’enjeu de cette triple propriété de la conscience représente un aboutissement, un accomplissement, celui de la « prière » fondamentale par excellence . Si le mot « prière » gêne certains, je suis prête à le remplacer par des mots comme :intention , pensée dirigée, plan d’action, etc …

Car il est clair pour TDC que, par nature, ontologiquement, nous ne pouvons pas nous défaire du Centre des centres. C’est le point Omega sur lequel toute forme de vie est greffée, voire clonée (d’après la philosophie chrétienne)

Finalement, le récurent problème du « mal » ne consisterait-il pas à détourner la triple propriété en dehors de la Force d’Amour qui, elle, active la propension à s’unir de tous les éléments constituant la matière ? Le mal, donc, ne consisterait-il pas à utiliser, mais à mauvais escient, le « Génie » (point Omega) qui nous habite tout comme celui de la lampe d’Aladin qui exécutait aveuglément ce que son maître lui demandait ?
D’après Teilhard, si, dans les Etats rudimentaires de la Matière, la propension à s’unir n’existait pas, il serait physiquement impossible à l’amour d’apparaître plus haut. Sous les forces de l’amour, ce sont les fragments du Monde qui se recherchent pour que le Monde arrive.
Cette hypothèse peut légitimer les espérances humaines les plus hautes.


Lundi 3 Décembre 2007 21:10



Il s'agit là pour Teilhard d'une figure d'école pour faire comprendre deux effets différents de la même énergie initiale.
-La tengentielle est l'énergie motrice des arrangements entre des entités de matière de même niveau d'organisation et de conscience, autrement dit, de même complexité/centréité.
-La radiale est l"énergie qui pousse une entité de matière placée à un certain niveau d'organisation et de conscience à monter à un niveau supérieur afin d'y combiner un arrangement d'un niveau de complexité/centréité lui conférant un état de conscience plus élevé.

Teilhard pense que ces différentes manifestations d'évolution de la matière sont induits par june même et unique énergie initiale, pré-existante et post-existante au "moment 1" de l'univers.
Les énergies que les physiciens peuvent détecter, mesurer, utiliser (nucléaire, atomique,électro-magnétique etc...) sont, elles aussi, des effets apparents de la seule et unique énergie initiale. Il en serait de même des "énergies spirituelles" dont nous avons l'intuition
(sensation connue comme la transmission de pensée ou flash de manifestation supra-normale)

Peut-on d'ailleurs imaginer une autre hypothèse que cette énergie unique aux multiples effets ?
Et peut-on imaginer que ces énergies constituantes de la matière aient leur source seulement au niveau où elles se manifestent ? C'est ici que l'on peut rappeler le postulat de Teilhard : "Dans la trajectoire de l'évolution de la matière, rien ne saurait apparaître qui ne soit déjà obsurément présent depuis l'origine". Teilhard nomme celà "Principe d'émergence" sur lequel il a construit l'édifice de sa pensée.
Lundi 3 Décembre 2007 17:43

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