Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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ou : Comment être un bon "Christien" sans le savoir !

chapitre 7 de "COMMENT JE CROIS", Editions du Seuil


EN ILLUSTRATION ruines de l' Abbaye de Saint Galgano ( Italie - Sienne) . "Esprit et matière"
Ce cliché est un véritable chef d'oeuvre signé par le photographe italien, Giuseppe Pepoloni (Photo qui m'a été trasmise par un ami de longue date, Liberty Peralta)



Pour des personnes qui n'ont pas la foi, mais tout autant pour certains croyants, et qui n'ont rien lu de Teilhard, il est pratiquement impossible de concevoir qu'Alpha et Omega sont la même Entité Qui, à travers l'odyssée de l'évolution de la création, s'est cristallisée ontologiquement en la Personne historique de Jésus, de même nature qu'Alpha et Omega, et qu'Elle agit donc à la fois dans le temps et hors du temps tel qu'il nous est possible de le percevoir ...


Au risque de paraitre présomptueuse et téméraire : j’adhère totalement à ce chapitre lequel m’a semblé aisé à lire. Il résume la majeure partie de la pensée de Teilhard. J.P. Frésafond en a donné le 26/10/12 un synopsis intéressant dans la rubrique "travaux des membres".

Pour autant, "quand on n’a rien à dire, on se tait" m’a dit notre Président et, sans doute, aurais-je dû le faire : comment aborder un chapitre intitulé « Christologie et évolution » avec des incroyants (la réflexion de notre Association Lyonnaise leur est particulièrement destinée) et, qui plus est, sans se trahir soi-même ?

Peut-être faudrait-il la plume d’un écrivain? Celle d’un poète ? Celle d’un mystique ? Celle d’un scientifique ? Ou encore le cri étouffé de détresse d’un mourant qui va faire la grande traversée ? Peut-être devrais-je me mettre dans la peau d’un je m’en foutiste qu’il soit riche ou pauvre et comprendre d’où vient son avarie d’implication ? A moins que je me mette à la place d’un être déserté goujatement alors que l'amour est en jeu? Ou encore dans la tête d’un jeune pour qui la vie est belle et pour qui "tout baigne" ? Peut-être aurais-je dû tenter de me transformer en encyclopédie du savoir ? Mais ce qui était possible au gentilhomme jusqu’au 18e siècle ne l’est plus désormais et les réponses aux énigmes «d’où viens-je, qui suis-je et où vais-je » sont sans cesse repoussées pour chacun.

Que la seule lecture de ce chapitre, si vous tombez par bonheur un jour dessus, vous aide à changer de niveau d’être, à vous consoler et même plus : à vous gonfler des forces de vie , celles de la Terre et celles du Ciel ! Que vos narines ne soient jamais trop frémissantes pour humer tout le vent du large et continuer à naviguer ! Et que vos éclats de rire, même s’ils deviennent féroces, perlent sur l’écume de la "vague scélérate".

Page 100 Un changement fondamental et très conséquent pour la christologie se dessine. Sans rien perdre de son acuité, le mal, dans le nouveau cadre de l’évolution, cesse d’être un élément incompréhensible pour devenir un trait naturel de la structure du monde.

Page 110 Ici, pour rester fidèle à l’Evangile, il convient de conformer son code spirituel à la figure moderne de l’univers …Il a cessé d’être le « Jardin » tout planté, fantaisie du Créateur. Il est devenu le Grand Œuvre en voie de réalisation qu’il s’agit de sauver en nous sauvant nous-mêmes.
Que deviennent les directives morales chrétiennes dans cette nouvelle vision de l’univers ? Jusqu’ici les chrétiens pensaient que pour atteindre Dieu ils devaient tout lâcher. Maintenant ils découvrent qu’ils ne sauraient se sauver qu’au travers, et en prolongement de l’univers en s'engageant.



CONCLUSION :
Il se pourrait qu'un Etre Humain de bonne volonté soit UN "CHRISTIEN" SANS LE SAVOIR dans la mesure où ses efforts vont dans le sens de l'évolution.
Que les ingénieurs continuent à s'ingénier. Que les avancées de la biologie permettent aux spécialistes de pousser toujours plus avant leurs "miracles médicaux". Que les chercheurs soient toujours drossés sur les rivages de la découverte. Que les philosophes, les théologiens explorent des terres vierges de préjugés en écoutant l'autre. Que ceux qui aiment continuent à se sentir plus petits que leur sentiment. Que les bénévoles de tous bords continuent à "bien voler" dans les plumes de la misère humaine, cet oiseau de malheur. Si, comme Teilhard l'affirme, une présence "christique" est là, si anonyme soit-Elle pour qui n'est pas de culture chrétienne, Elle seule pourra attirer à Elle le Beau, le Vrai et le Bon.



Mercredi 7 Novembre 2012 10:18