Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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L’association Teilhard de Chardin LYON a pour objectif d’ouvrir un dialogue avec les non croyants sur les bases de la pensée de Teilhard. Ce chapitre nous fait entrer dans le vif de notre orientation.

-Mais, premier point, pourra-t-il amorcer une remise en question des certitudes des non croyants, à moins qu’ils ne soient déjà à leur insu sur cette voie ? Le statut de la foi est d’être un sixième sens et ce n’est qu’une fois qu’il est atteint que l’on peut le rationaliser ; l’inverse s’avère hasardeux.
Un esprit exclusivement discursif risque de bloquer l’acuité intuitive qui, telle des palpeurs de l’inconnu, apporte à l’intelligence le flash d’inspiration nécessaire pour repousser les limites cartésiennes. Une fois l’image intuitive posée, c’est à ce moment là qu’il est intéressant d’ouvrir le commutateur du discernement. C’est ce que fait Teilhard dans ce chapitre. Pour autant, avons-nous quelque chance de rallier à notre réflexion, qui respecte la liberté de conscience absolue, le public visé ?

-Deuxième point, la démonstration de Teilhard pourrait-elle être attractive pour les personnes que nous souhaiterions rencontrer : les athées, les matérialistes, les indifférents, les surbookés de la vie active, ou les jeunes générations qui, sauf erreur de ma part et sans vouloir globaliser la situation, ne me semblent pas prêtes encore à prendre notre relais ? C’est justement ceux qui en ont le plus besoin qui ont le moins d’opportunité de découvrir ce chapitre !

C’est pourquoi la citation que je vais faire ci-après mérite d’être examinée, même par des personnes étrangères à l’origine culturelle de ce texte qui, au moins, permet d’ouvrir des pistes si l’on souhaite cogiter sur une « dialectique de l’esprit ».

-En troisième point j’aborde cette délicate question de la dialectique de l’esprit en n’apportant aucune réponse. Impossible de me faire l’avocat du diable car même les « démons » qui tourmentaient un pauvre erre à Capharnaüm , eux SAVAIENT qui était Jésus/Omega lorsqu’il les expulsa de leur victime (Mc 1, 21-28)° : « Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es ! » Ce à quoi Jésus répondit vivement « silence ! Sors de cet homme ». Belle leçon de rhétorique du silence.
Cette citation induit qu’il y aurait peut-être au moins deux formes de dialectique de l’esprit.
-l’une de ces formes, serait une vision pacifiante qui unifie l’être car elle rend cohérentes les perspectives d’une vie humaine (Teilhard)
-L’autre forme serait une vision à laisser sous le boisseau du silence car elle serait inspirée par des « démons » (Ce mot vient du latin « diabolus » et du grec « diabolos » , qui désunit, qui divise l’être humain,un peu comme dans le cas de certaines difficultés mentales).

Je voulais juste signaler cette piste intéressante, malgré les aléas et les dangers qu’elle comporte, histoire de situer l’espérance. Il m’a semblé que, pour l’auteur, l’espérance est le « nœud gordien" de ce chapitre; il relie donc la dialectique de l’esprit et l’espérance…
Comme le dit l’un des membres de notre groupe «pour qu’une équipe gagne, la victoire repose aussi sur le moral des troupes !».

Quatrième point : finalement, dans ce chapitre, Teilhard parle explicitement d’ESPERANCE.
Sartre affirme que « l’enfer c’est les autres » mais l’enfer n’est-ce pas plutôt la DESESPERANCE, comme l’indique la phrase mythique inscrite sur l’imposte de la porte de l’enfer dans la Divine Comédie de Dante ?

“Face me la divina potestat la somme sapiens et il primo amor. Dinanzi a me non fur cose create se non eterne, ed io eterna duro . Lasciate ogni speranza, voi ch'entrate. (Inferno, III, 1-9)

Traduction :
« J’ai été créé par la toute Puissance divine, par la Sagesse suprême et par l’essence même de l’Amour. Depuis le début, toute choses a été créée pour durer… et moi-même, j’ai été créé pour durer éternellement. Abandonnez toute espérance, vous qui entrez… »

Alors, QUELLES RAISONS D’ ESPERER TEILHARD AVANCE-T-IL ?

Ses arguments s’ancrent à la fois dans ses capacités d’analyse et de synthèse et dans ses aptitudes intuitives (principe de sa loi d’alternance qui consiste à aller et venir du plus connu au moins connu et inversement) .
Il aborde donc la dialectique de l’esprit avec toutes les facultés dont l’homme peut disposer.
L’auteur tend à rationaliser l’intuition; ce qui rend sa spéculation à la fois prospective, incisive et attractive.

L’espérance, pour Teilhard, s’étaye sur la démonstration que l’Homme est charpenté pour être propulsé vers le point sommital d’un cône (« point de singularité »). Selon toute probabilité, ce cône humano- cosmique converge en son acmé sur le point Omega ; lui-même concentrique, au zénith, avec une autre dimension, celle d’un centre divin.

Omega nous est présenté comme un Janus (deux visages pour une seule personne) collectant la création qu’il résume : une face tournée vers la matière et vers l’Homme, une autre face tournée vers une dimension abstraite et transcendante.

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Dimanche 5 Avril 2009 11:12