Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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1° chapitre sur la prévie dans le phénomène humain de Teilhard de Chardin


Catherine Godinot / Evolution de la Matière depuis son état élémentaire

L'étoffe de l'univers est constituée d'un dehors matériel des choses et d'un dedans sur la face interne, conscience spirituelle des choses.
L’histoire de l’Univers devient celle de l’émergence de l’homme, qui en est le sommet observable. C'est le phénomène essentiel de l’Univers par le degré supérieur de complexité et de conscience qu’il représente. Ce phénomène est le reflet de la nature de l’Univers. L’étoffe de l’Univers, l’étoffe cosmique, atteint son plus haut degré de réalisation en et par l’homme.

Une interprétation scientifique générale de l’Univers doit couvrir aussi bien le dedans que le dehors des choses, l'esprit autant que la matière». L’homme constitue l’ «axe» et la « flèche de l’Evolution ».
L’Univers évolue, à travers l’homme et l’humanité, en cheminant, à partir de l’atome primitif , vers un point dénommé Oméga.

Avant Darwin, tout le monde croyait que les êtres vivants provenaient de miracles ou étaient l'œuvre de dieu. Darwin, dans son ouvrage sur « l'origine des espèces » montre que l'évolution passe par une série de petites modifications qui peu à peu favorisent la survie de l'espèce. Ces modifications sont l'effet du hasard mais celles qui permettront une meilleure adaptabilité de l'organisme à l'environnement ou une meilleure fécondité de l'espèce considérée prendront le dessus et se développeront. A long terme, seules survivront les espèces qui ont acquis des caractères leur permettant de mieux s'adapter aux conditions climatiques par exemple ou aux difficultés de l'environnement. Le long cou de la girafe lui permet d'atteindre les feuilles des arbres quand il n'y a plus d'herbe disponible dans les déserts. Les bactéries équipées d'enzymes oxydant les composés soufrés peuvent vivre dans les lacs et les geysers du parc Yosemite qui sont saturés de soufre. Elles sont capables de tirer leur énergie de l'oxydation du souffre. Mais il n'y a pas de finalité dans la poursuite de l'évolution décrite par Darwin. C'est la sélection naturelle qui joue. Autant le darwinisme insiste sur le mécanisme de la sélection naturelle en matière d’évolution, mécanisme n’exprimant en soi aucun cheminement progressif du vivant, autant Teilhard insiste sur la loi de complexité-conscience à l’œuvre au sein du processus évolutif. Pour Teilhard, il y a une finalité dans l'évolution et la progression est inhérente à l’évolution. « Celle-ci mène de la Prévie à la Vie, de la Vie à la Pensée, de la Pensée à la Sur-vie ». La question de l’apparition de l’homme s’inscrit dans celle de l’évolution de la vie sur Terre.
L’évolution a elle-même connu une évolution dans ses modalités : « elle était non biologique avant d’être biologique et biologique avant d’être culturelle, sociale ou technique ». Et elle conduit vers toujours plus de complexité et de conscience, à travers toujours plus d’arrangements, d’organisation, là aussi de forme nouvelle : c’est de l’organisation et de l’arrangement collectif des hommes, de l’humanité dont il est question (p.23) ». « L'homme n'est pas le centre statique du monde mais l'axe et la flèche de l'évolution (p.24) ».
Comment se fait cette évolution de la Matière ?
L' évolution de la Matière procède par une édification graduelle par
association progressive d'une multitude de corpuscules élémentaires (protons, électrons, neutrons, photons....). Puis les corps composés s'assemblent encore jusqu'à donner naissance à de la Vie, telle qu'elle apparaît d'abord chez des organismes simples telles que des algues, des virus, des bactéries pour aboutir aux animaux supérieurs et à l'homme après quelques milliards d'années. A partir des molécules, l'évolution suit un processus de complexité croissante. Ainsi, l'étoffe de l'univers va se concentrant en formes toujours plus organisées de la matière (p.37).
Ces transformations de nature physico-chimique coûtent de l'énergie. Il n'y a pas d'apport nouveau de cette énergie : toute synthèse nouvelle exige une destruction au moins équivalente : « ce qui est gagné d'un côté est perdu de l'autre. « Rien ne se perd, rien ne se crée mais tout se transforme ». Cependant, le rendement des transformations est faible : l'énergie perdue d'un côté n'est récupérée que très partiellement pour permettre la synthèse de nouvelles molécules. Ceci est dû à l'entropie qui correspond à une perte d'énergie sous forme de chaleur, perte qui est inéluctable aussi bien dans les systèmes vivants que dans les systèmes mécaniques.
p.40 : « Qualitativement, l'évolution de la Matière ...se manifeste comme un processus au cours duquel s'ultra-condensent et s'inter-combinent les constituants des atomes. Quantitativement, cette transformation est coûteuse... Les édifices atomiques et moléculaires qui se compliquent s'élèvent ». Mais la force ascensionnelle se perd en chemin. Et les combinaisons improbables ou instables se re-défont en éléments plus simples qui retombent.
« Une fusée qui monte suivant la flèche du temps et ne s'épanouit que pour s'éteindre serait donc la figure du monde »

Mercredi 21 Juin 2017 15:18


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