Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Bibliographie :
-Pages 41 à 81 tome V – L’avenir de l’homme – Teilhard – Seuil
-Jean Delumeau "Un Christianisme pour demain" - Hachette littératures
-Michel Houellebecq "La carte et le territoire / prix Goncourt 2010
- Commentaires parus au sujet de M. Houllebecq dans le Figaro-Magazine



J’ai trouvé que le travail d’étude qui nous était proposé sur le texte contenu dans les pages citées ci-dessus n’était pas facile.
Pas facile, d’abord parce que les sujets traités semblent de nature différente. Les premières pages 41 à 56 parlent de l’éducation. Le reste du texte (pages 57 à 81) des grandes options de l’humanité.
Ensuite, personnellement, j’étais plongé dans la lecture d’autres auteurs mobilisant un peu trop mon attention. Il s’agissait de Jean Delumeau (un christianisme pour demain) et Michel Houellebecq, récent prix Goncourt. J’avais du mal à aborder les sujets de Teilhard ou, du moins, à présenter des commentaires unifiés. Mais finalement les thèmes sont corollaires les uns des autres. Je vais donc, d’abord vous présenter les deux auteurs, puis je tenterai une conclusion pour laquelle vos propres commentaires me rendront, je l’espère, le service d’affermir mon jugement.

1 – Jean Delumeau. (Un christianisme pour demain – Hachette littératures).
C’est un titre alléchant et prometteur surtout quand on étudie l’ouvrage de Teilhard « l’avenir de l’homme ». Allait-on y découvrir enfin des propositions organisatrices pas trop éthérées. En effet Teilhard sur le plan des structures organisantes à planifier pour cet avenir n’a pas de propositions très précises. On dirait toujours qu’il laisse aux générations futures le soin de recueillir les fruits de la maturation de ses idées. Ce que l’on sait c’est que sa pensée est novatrice pour le christianisme, qu’elle a des vertus conciliatrices vis à vis des oppositions naissant entre les religions, les philosophies, les politiques, les intégrismes de tous poils, les générations…etc. On sait que les perspectives doivent s’inscrire dans une union amorisatrice et personnalisante, mais les projets de structures n’apparaissent pas.
Alors peut être Jean Delumeau ?
Eh bien non ! Delumeau est un historien très érudit. Il a fait pour cet ouvrage des recherches très savantes, très approfondies, contenant énormément de statistiques et on attend une réflexion de fond qui pourrait être Teilhardienne. Pourtant au début de son ouvrage il parle d’évolution, de conscience, de convergence. Il cite, entre autres, Thierry Manin, Martelet, Arnoult. Je m’attendais à ce que ces thèmes charpentent ses choix. Non ! Teilhard n’est cité qu’une seule fois pour dire que celui-ci n’a pas trouvé dans l’évolution de trace de péché originel. Dans la suite de son ouvrage il est très critique vis-à-vis du catholicisme ne lui reconnaissant que sa valeur missionnaire malheureusement très autoritaire et totalitaire et pendant au moins quinze siècles plus soucieux de temporel que de spirituel. Finalement il donne quelques règles pour la constitution d’un noyau catholique d’avenir. Il faudrait que celui-ci soit formé des éléments suivants que je cite:
a – affirmation de la divinité de Jésus.
b – affirmation qu’il a vaincu la mort et que grâce à cette victoire, l’humanité n’est pas condamnée à l’anéantissement définitif ;
c – l’attente du retour en gloire du Seigneur.
d – l’adhésion à la morale paradoxale des « Béatitudes » qui doit constituer la praxis du chrétien.
e – confiance en la personne de Jésus, modèle de référence.
Pour commenter d’une façon certaine ces cinq points il nous serait commode de connaître l’avis de Teilhard. Quant à mon propre avis, il est sans doute un peu provoquant ; ces cinq point évoquent pour moi un saut sans parachute d’un aviateur s’écriant : « A la grâce de Dieu ! ». Il n’y a pas dans ces propositions de réflexion approfondie à la Teilhard sur l’avenir évolutif de l’homme ou le milieu divin.

2 – Michel Houellebecq : à ce moment de ma réflexion cet auteur m’a paru rafraîchissant. Je savais déjà qu’il était contre tous les dictats qu’ils soient religieux, c'est-à-dire chrétiens, musulmans, hindouistes ou autres et même politiques.
Mais j’ai ensuite été un peu déconcerté quand je l’ai entendu dire lors d’un interview radio sur France inter qu’un peuple n’a aucun devoir vis-à-vis de sa nation et en particulier les français (la France est un hôtel, dit-il). J’ai alors trouvé que Houellebecq est plutôt un étudiant post soixante-huitard mal mariné. Puis, tout de même, je me suis aperçu que beaucoup de ses provocations permettent de nous éclairer sur l’état de nos sociétés. La lecture de Teilhard nous rendrait elle trop optimistes ? Houellebecq voit nos sociétés dans un espace où les rapports de force sont rois ; où la pratique de la jouissance, d’un individualisme forcené et un libéralisme féroce deviennent, si l’on peut dire, une règle en forme de quasi règle morale. Bref cela fait longtemps que nos civilisations écoutent Machiavel, tordent la pensée profonde de Darwin en ne croyant qu’au hasard et la nécessité.
J’en suis donc revenu à Jean Delumeau et à ses inventaires. Il a le grand mérite de les avoir établis. On peut donc trier dedans, faire des choix ou définir des titres de chapitre d’études. Par exemple, voici une liste :
- le péché originel.
- La résurrection.
- La vie éternelle.
- L’incarnation.
- Le mariage des prêtres.
- Le rôle des femmes dans la religion.
- La contraception.
Il faudrait rajouter une réforme des structures ecclésiales permettant un peu plus
de dialogue avec une hiérarchie moins centralisée.
Bref, il semblerait bien que chacun s’accorde, et Teilhard en premier, pour dire que l’avenir se trouve plutôt du coté de l’amour et de la concertation (la dernière crise économique devrait suffire à nous en convaincre).
Ce que dit Teilhard dans ce chapitre c’est que l’évolution humaine a modifié l’espace dans le quel elle se meut. L’évolution et la réflexion humaine se sont modifiées d’une façon irréversible. De même la valeur additive de l’éducation évolue dans une nouvelle présentation de notre espace.
Finalement il faut laisser la conclusion à Teilhard :
"Et voici qu’autour de l’homme, l’atmosphère se fait portante, consistante et chaude. Avec le sens de l’unification universelle à laquelle il s’éveille, une onde de vie nouvelle pénètre les fibres et la moelle de ses moindres opérations de ses moindres désirs. Tout s’illumine. Tout se dilate. Tout s’imprègne d’une saveur essentielle d’absolu. Et plus encore, tout s’anime d’un effluve de présence et d’amour, celui qui émanant du pôle suprême de personnalisation entretient et nourrit les affinités mutuelles des individualités en voie de convergence.... Au-delà de… son point critique de socialisation la masse de l’humanité va sans doute émerger pour la première fois dans le milieu biologiquement requis pour la plénitude de son opération".





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Jeudi 2 Décembre 2010 18:02