Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Teilhard de Chardin « L’avenir de l’homme, tome V - édition du Seuil
Chapitre 9 « La foi en la paix » et 10 « la Formation de la noosphère »


Ce chapitre contient quelques phrases ou notions clés.

- Les feuillets du développement humain changent d’allure et s’enroulent les uns sur les autres jusqu’à former un super organisme.

- Il y a unanimité dans la quête et pas dans la conquête.


Ces idées ci-dessus sont certes importantes, mais nous demeurons encore fortement influencés par les conditions générales imposées par la géographie physique. Ces conditions ont été assez largement exposées au début du XXème siècle par certains stratèges et professeurs d’écoles de guerre anglo-américains comme Spykman et Mackinder. Ils ont montré que l’Asie centrale se comportait comme le noyau de la cellule terre (Chine, Mongolie, Karzhen, Sibérie occidentale, etc). Ce noyau est entouré par l’anneau océanique des autres pays (Japon, Corée, Inde, Afrique, Amérique). A cause de leur nature géographique, ces deux catégories de pays ne conduisent pas la même politique extérieure. Les pays du noyau central sont enclins à une politique de conquête et de création de marches pour se protéger (Chine : incursions pérennes au Tibet et en Mongolie intérieure). Les pays de l’anneau océanique voyagent ou, en cas de péril, s’enfuient en mer. Ils ont une politique de création de comptoirs (USA, anciens pays coloniaux européens, histoire de la Corée, du Japon, de l’Angleterre et de la France pendant la dernière guerre).
Chacun d’eux est donc plus ou moins contraint par des conditions géophysiques à une politique extérieure qui lui réussit.

- Teilhard parle d’unanimité dans la quête et non pas dans la conquête.
Cela me paraît vrai pour l’unanimité dans la quête, mais pas absolument certain pour la conquête.

- Autre mot clé : le démon de l’immobilisme.

- Les institutions : âme nouvelle de l’humanité.

La formation de la noosphère

Dans ce chapitre, Teilhard s’attache à définir et à décrire la noosphère. C’est la nouvelle machine à penser de l’humanité. Il montre que cette noosphère se comporte comme un véritable organisme terrestre doué de véritables fonctions circulatoires et nutritives de l’humanité. Ce système possède une véritable physiologie caractérisée par :

1° une hérédité noosphèrique : éducation. Cet appareil éducatif est un meilleur conservateur qu’un système chromosomique aussi complexe soit-il.

2° C’est un appareil mécanique, un outil noosphérique de l’univers appartenant à tous.

3° C’est un appareil cérébral. Il contient les linéaments d’un super cerveau.


Teilhard résiste mal à la séduction de cette représentation physiologique. Au bout de sa réflexion – et c’est là qu’il veut en venir – il trouve comme développement ultime de ce processus l’affection et la présence de Dieu.
C’est un cheminement très séduisant qui a été de toutes les époques et a habité tous les peuples conquérants : Romains, Charlemagne, Charles Quint, Mongols (Gengis Khan = le Khan océanique), Tamerlan, Napoléon, Hitler. Conquêtes à des niveaux différents et réussites différentes à analyser en fonction des données sociales et géostratégiques.
Certes on peut sans doute dire aujourd’hui que la conscience des peuples de la terre a augmenté. Nous sommes moins sectorisés et l’information, je dis bien l’information, fait que nous sommes beaucoup plus largement coresponsables.

Est-ce suffisant ? Il semble qu’au niveau des moyens à mettre en œuvre pratiquement (par exemple au G8) une action commune reste assez difficile. Les accords bilatéraux réussissent plus facilement que les accords globaux. Il reste, après quelques décisions, des résistances locales importantes : désaccords juifs/palestiniens, les indignés espagnols ou grecs, les révolutions arabes de printemps qui connaissent quelques inachèvements ou résistances.
Dans le domaine spirituel, il y a également un grand écart entre les spiritualités que j’appellerai baroques (à l’italienne, à la mexicaine, à la manière évangéliste ou à la manière des anciennes superstitions fétichistes) et la réflexion philosophique moderne. Il faut dire que nous avons besoin de symboles et de rites sur le chemin de la connaissance spirituelle.



Samedi 11 Juin 2011 16:58