Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Chapitre 6 "Comment je Crois" Editions du Seuil



Il me semble qu'à la lumière de récentes découvertes scientifiques, comme à la lumière d'idées exprimées par quelques penseurs dont Teilhard, les controverses entre christianisme et panthéisme me paraissent un peu anciennes voire dépassées (le texte de teilhard a été écrit en 1923).

Devisant de la présence de Dieu dans la nature, Spinoza, homme du XVIIème siécle, si présent dans les cours de philosophie jusqu'à aujourd'hui, est certes un libérateur des idées. Il a su montrer la voie avec rigueur, mais il est forcément resté dans le domaine de son seul siècle. Hégel un siècle plus tard s'interessait davantage à la physiologie de l'esprit mais il lui manque évidemment les visions de la génétique actuelle. On peut toutefois penser que s'il avait connu toutes les possibilités de la pasticité du cerveau et plus largement les capacités du vivant à s'autoprogrammer, il aurait cependant suivi un chemin parallèle à celui de Teilhard.

Alors lisons nous dans ce chapitre l'homme serait un mutilé de naissance désespéré en état d'incomplétude. C'est vrai, mais le terme de désespéré me choque. L'homme est plutot en pleine évolution et en transformation créatrice (je crois que Teilhard par ailleurs le dit).
On sait bien de nos jours que notre corps est une mosaïque génétique, que les mithocondries de nos cellules racontent l'histoire de notre évolution. Nous participons ainsi, bon gré mal gré, à la conscience universelle quoiqu'en pensent ou n'en pensent pas les philosophes (voir le livre de Didier Raoult – Dépasser Darwin – Plon 2010). Nous avons tous une sexualité, des instincts de survie. S'agit-il donc de cette conscience cosmique primaire se manifestant à tout les niveaux du vivant par un goût de vivre. Cette présence du goût de vivre est toujours présente malgré les aléas. Sans doute alors faut-il bien se dire que la recherche de notre incomplétude est plus un travail de biophysiologiste qu'un travail de philosophe voire de psychologue. Leur science ne serair plus qu'un corollaire de celle de biophysiologues. Peut-être devrait-on dire également que l'esprit religieux n'est qu'un développement de la tendance panthéiste.
Dans cete vision biophysique c'est le mouvement qui compte. Ce mouvement ne devrait pas être enfermé dans les murailles dogmatiques d'autrefois. De plus la mystique chrétienne ne peut en être à elle seule la sublimation et le couronnement obligé. Si elle devait être à elle seule mise en avant elle ne pourrait que cabrer contre elle les autres expressions religieuses ou panthéistes abandonnées ainsi en chemin. Il ne faut pas pour autant rejeter cette idée de sublimation. Il faut enretenir le principe quite à l'appeler autrement. Autrement c'est à dire selon la terminologie d'une idée qui n'est que survolée dans le texte objet de cette étude. La voici, et j'aimerais bien vos commentaires :
On ne peut, malgré les efforts des chercheurs, ne faire qu'approcher la révélation surnaturelle de l'univers. C'est pourquoi l'Incarnation est une nécessité. Nécessité évolutive qui une opération mentale et sentimentale permettant de donner un visage humain aux insondables mystères. Il peut, bien sûr, s'agir du Christ incarné, mais pas forcément et pas seulement. Ce qui est est nécessaire pour cette représentation opérative c'est l'être ou la chose tangible bien coutumière et familière dont l'aspect est humainement compréhensible et dont l'ambassade vers le surnaturel permet de faire un pas de plus vers une connaissance, une ambassade vers omega, dirait Teilhard.
Homme/Dieu, il faut arrêter de se représenter ce duo comme un ensemble de marionnettes sur un fon de ciel bleu. Consubstancialité, c'est bien un rituel mais pas à la mémoire de quelque chose, c'est un hommage au consubstantiel permanent de l'univers.
Hoc est corpus meum. Ce n'est pas une formule magique qui déclenche la présence du Christ, mais la constatation sacrée de sa présence permanente ou du principe de l'univers en train de se recréer d'une façon permanente ou de la créativité de Dieu, si ce mot est plus intelligible pour certains.




Dimanche 28 Octobre 2012 17:21