Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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(pages 203 à 210, tome 10 "Comment je crois" – Teilhard – Seuil).
Réflexion pour septembre2013



AFFRONTEMENT : voici un mot que j'ai plus particulièremet relevé dans ce texte de Teilhard. Il dit qu'il existe présentement "un affrontement entre les forces chrétiennes et les forces modernes de l'évolution".

D'abord ne faudrait-il pas parler, d'une façon plus générale, d'affrontement entre les forces religieuses anciennes, quelles qu'elles soient, et les forces modernes?

Il y a évidemment bien d'autres affrontements se logeant essentiellement dans l'espace vide laissé entre le piétinement statique des forces anciennes et les forces planétaires et cosmiques modernes naissant en avant sur la flèche de l'évolution. Il y a là un grand fossé dans lequel se précipitent tous les nostalgiques des guides devenus archaïques.
C'est ainsi que l'on voit apparaitre ou réapparaitre de nouveaux rites, dogmes, croyances ou ésotérismes. Certains peuvent être anciens ou décalés. Ils peuvent même être violemment rétrogrades. L'avenir qui se profile fait peur. Certains voudraient revenir aux anciennes sources et à leur soit disante pureté (évangélisme primitif, enseignement formaliste dicté et parfois totalitaire).

Ceci parce que les forces montantes nouvelles ne paraissent pas assez rassurantes. Mais les tenants de ces émergences ou renaissances n'en utilisent pas moins pour autant les techniques médiatiques modernes pour servir plus fortement leur cause. Toute arme sophistiquée peut même leur être utile. Ils ne remarquent même pas que les émergences scientifiques qu'ils utilisent sont pourtant le fruit de la montée de la connaissance et de la conscience universelle.

Quant au reste du texte - en particulier à partir de la page 208 - je trouve embarassante la vision anthropomorphe de Dieu que contiennent ces lignes. Il semble que le style et le vocabulaire de Teilhard impliquent une vision humaine de Dieu. Il écrit que Dieu est "self personnant", " se complète", "qu'il crée ", "qu'il s'achève", "qu'il est père". Bref, comme si Dieu était une personne alors que son nom devrait être imprononçable et sa perception définitive inapprochable. Nous savons pourtant que la vision de Dieu de Teilhard est beancoup plus large, moins précise que ces expressions, plus mystique et plus cosmique.
C'est là que, pour "croire", il faut à mon avis se soumettre à un véritable acte d'humilité et arrêter d'expédier notre foi vers une vision trinitaire fugace peut-être juste mais à la formulation jamais véritablement saisissable. Nous ne savons pas très bien. Nous avons le devoir d'essayer mais nous ne comprenons pas au présent et sans doute au futur.

Nous ne pouvons pas expliquer Dieu, par contre nous pouvons très bien admettre que le Christ est une vision humaine de notre spiritualité incertaine. A ce titre il est aidant, indispensable, compréhensible parce qu'humain. Il est encore cosmique parce que son aspect et son rôle ressemblent à une loi universelle, ici et pour tout l'univers. Il est celui par lequel il devient possible d'essayer de comprendre comment celui que nous avons le front d'appeler Dieu s'incarne et crée tout le temps. D'autres témoins lui ressemblent parce que nécessaires ou inventés par leur peuple de croyants. Ils en ont besoin pour percevoir le grand principe ou leur divinité. C'est un réflexe général naturel qui heureusement, il faudrait peut-être oser dire miraculeusement, accompagne la montée de la conscience.



Samedi 5 Octobre 2013 15:39