Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






(page 253 - Teilhard collection Point - Seuil - Comment je crois)






Le texte de Teilhard dont l'étude nous est proposée a pour thème principal le symbole de la Croix. Il exprimerait, selon lui, une vision "en avant" de l'évolution plutôt qu'un symbole d'expiation.

Ainsi donc, encore une fois, il s'agit de l'évolution. Alors pourquoi ne pas dire, une bonne fois pour toute, que ce symbole est la représentation d'une loi cosmique générale ? Et on rappellerait en même temps que l'homme est la flèche principale de l'évolution.

Certes, les connaissances scientifiques modernes montrent que nous sommes le résultat du développement d'une mosaïque génétique. Cette mosaïque, toujours en mouvement, s'enrichit encore aujourd'hui. Mais cela ne veut pas dire que ce phénomène n'est pas opérant ailleurs et pour d'autres êtres. A ce point de la réflexion il convient de présenter un double constat :
- Le premier concerne notre planète. Si nous nous y flattons d'être la flèche de l'évolution, on peut tout de même rester prudents, car nos limites de peuplement, de ressources et nos consciences collectives contradictoires préparent le terrain à d'autres entités dont nous imaginons pour le moment mal l'émergence.
- Deuxième constat : on sait maintenant que notre galaxie contient environ 9 milliards de planètes habitables. Si la loi de l'évolution est cosmique et générale, peut-on raisonnablement s'en tenir à nos spécificités rituelles régionales ?

Alors le symbole de la Croix serait plutôt "ne recommencez plus ce supplice". C'est insupportable, pensez "en avant". Vous voyez bien qu'il s'agit de souffrances effroyables provoquées stupidement. Il ne s'agit pas d'expiation. Il ne s'agit pas de péché originel mais de l'origine du péché et de son non-sens. Il s'agit de dire l’inanité des controverses religieuses et de dénoncer leurs violences. Vous n'avez plus rien a venger ni à expier. Non plus jamais ça.

Peut-être des moralistes désabusés essayeront-ils de dire que ces oppositions inter-religieuses ne sont en fin ce compte que l'exutoire d'un goût de vivre issu de frustrations ou d'humiliations. Qu'on y prenne garde ces révoltes montrent un dénominateur commun. Il faudrait sans doute revisiter les textes de René Girard (la violence et le sacré) et l'effort d'analyse que cet auteur nous propose permettrait de discerner ce que peuvent avoir de commun : les humiliations du colonialisme ou du néocolonialisme postindustriel, les patriotismes revanchards, les bagarres des tifosi du football, les exactions des fous de Dieu, les violences politiques.

Que peut-on faire ? Sans doute exprimer des vœux pieux comme :
- mettre l'espoir dans les vertus de la sélection naturelle en souhaitant que l'élévation de la conscience elle même finisse par contenir la compréhension de la brutalité et de l'inutilité de ces phénomènes.
- ou alors proclamer, les yeux au ciel, Dieu est amour !




Dimanche 26 Janvier 2014 18:25