Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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On ne peut pas se passer, pour développer cette question, de commentaires préalables.
1 – Le premier, indispensable mais pas suffisant, consiste, bien sûr, à rechercher une définition acceptable par le plus grand nombre, du terme laïcité.
2 – Il faut encore examiner ce qu’est la spiritualité pour la pensée de Teilhard, non pas en tentant de la définir, mais en disant comment dans son espace peut naître une pensée laïque.

- Premièrement, exposons d’abord ce que peut être la laïcité dans son acceptation la plus courante aujourd’hui en excluant les manifestations d’un anticléricalisme primaire.
Les définitions les plus courantes données par Internet (Wikipédia) et plus récemment par le père Baudry lors du colloque de Lyon, insistent sur la volonté d’unité que cette notion représente afin de prendre en compte la diversité des hommes pour qu’ils puissent coexister.
Elle se conjugue nécessairement avec la liberté de conscience dans une zone où chacun peut affirmer ses options intellectuelles sans s’imposer et en toute égalité. Les nuances d’opinion ne devant, pour la bonne gouvernance de la nation et le bien de tous n’introduire aucune hiérarchie sociale. L’Etat se porte garant de cette liberté.
C’est ainsi qu’il existe une laïcité religieuse principalement, mais on peut dire aussi qu’il existe une laïcité politique (au niveau du corps de fonctionnaires), philosophique (il y a des progrès à faire), et même une laïcité sociale (sur le plan de l’organisation sociale, pas de hiérarchie entre les citoyens devant la loi - mêmes droits et devoirs pour tous – déclaration des droits de l’homme).

- Deuxièmement : alors comment Teilhard s’inscrit-il dans cet espace ? Il peut évidemment être laïc car sa description de l’évolution est faite dans un cadre strictement scientifique et ne fait nullement appel à des dogmes, des rites, ou à un Livre dicté. Il constate simplement au cours d’un inventaire analytique de l’évolution que celle-ci se déploie en une montée de la conscience réfléchie.
Mais on ne peut pas s’en tenir à cet unique constat, pour au moins deux raisons :
- D’abord la plupart des religions ne s’en contentent pas, à cause justement de leur aspect "dicté". Ainsi, aspect dicté à différents niveaux par les religions chrétiennes, musulmanes, bouddhistes etc. Leur part dictée induit forcément des règles qui ont un retentissement comportemental et social. Alors, les laïcs, pour ces religions apparaissent donc fondamentalement comme d’effroyables incroyants. La diplomatie occidentale commet d’ailleurs régulièrement cette erreur en se présentant, pour faire sincère, comme laïquement épurée. Elle apparaît ainsi, tout bêtement, comme représentant des peuples sans foi.
- Ensuite c’est donc un certain vide qui se manifeste à côté de la proposition scientifique préliminaire de Teilhard concernant la montée de conscience. Teilhard sait bien qu’il y a plus que ce constat, et çà, il ne faut surtout pas l’oublier, c’est une des clés teilhardienne de première importance : il dit en effet très clairement que les corps sociaux, se voulant agrégatifs, ne peuvent subsister que si il y a au dessus d’eux de l’espoir. "Espoir d’un univers non pas impersonnel et clos, mais ouvert, au delà de l’avenir, sur un centre divin". (À coté et au dessus). Il dit divin, mais il dit aussi ailleurs, "le principe". Il dit enfin le point oméga, point commun à tous, mais dont il n’est pas facile de discerner les contours. On le devine, on ne le connaît pas, mais il concrétise vraiment l’espoir, notre attente, notre devoir de chercher.






Lundi 16 Novembre 2009 05:40