Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






VOIR A NONCE DU 10/6/09


Première partie de l’étude

Elle porte sur le 8ème thème de réflexion du tome II intitulé « Sur la nature du phénomène social humain et la relation cachée avec la gravité ».

Le mot gravité induit en erreur le néophyte, car il pense tout de suite à la pomme qui tombant de l’arbre en direction du centre de la terre heurta le crâne de Newton qui faisait la sieste. La gravitation est universelle, comme son nom l’indique, c’est l’une des plus importantes lois de la physique. La gravité exerce son action partout où il y a de la matière, elle fait tomber les pommes, elle modifie la trajectoire des objets qui se déplacent dans l’univers.
Dans ce chapitre, Teilhard explique que son principe de centro-complexité n’est pas sans lien avec la gravité.

Partant du principe du « dedans des chose »s coiffant toute la pensée de l’auteur, les points forts concernant ce chapitre huit sont au nombre de six. Je les résume ci-après :

-1- Dans l’univers, tout tourne autour de tout, la ligne droite n’existe pas, l’univers est courbe. Les objets exercent une force d’attraction proportionnelle à leur masse : la gravité.

-2- Si l’on considère l’évolution de l’univers, tout tourne, certes, mais les trajectoires ne repassent jamais par le même point, elles forment des spirales se développant vers l’infini.

-3- Paradoxalement à la trajectoire en spirale des éléments de l’univers et des systèmes qui les regroupent, les éléments et les systèmes ont une tendance à se centrer et à se complexifier à l’infini. Les forces centrifuges se combinent aux forces centripètes. Entre l’infiniment grand et l’infiniment petit se place l’infiniment complexe. Voilà qui est rassurant !

-4- Contrairement aux physiciens de son époque (ce n’est plus le cas maintenant) Teilhard, dans un discours pédagogique, parlait d’un »dedans » et d’un « dehors » des choses. Les théories de la physique, selon Teilhard, s’appliquent à la matière totale (« dedans » et « dehors » des choses) et, en vertu de la consubstantialité de la matière et de l’esprit, les principes qui s’appliquent à la matière concrète des physiciens s’applique aussi à l’esprit : évolution, complexification, centréité, etc … Ce postulat est audacieux mais incontournable et, malheureusement pour les matérialistes, il est irremplaçable. L’esprit se comporte comme la matière.

-5- Conséquence de tout ce qui précède, pour l’esprit, la théorie de complexité/centréité/conscience se manifeste en convergence lorsque l’esprit est libéré de sa forme matière ; il s’enroule et se centre (référence aux monades de Leibniz).

-6- Enfin, postulat encore plus audacieux que le précédent : toute cette évolution est irréversible. Cela, nous l’avions compris, dès lors que nous acceptions la trajectoire de l’évolution en forme de spirale.


Seconde partie de l’étude

Le titre du second thème de réflexion est « Conditions psychologiques de l’unification humaine ». Il s’enchaîne logiquement avec le précédent dont il reprend en partie ses éléments et arguments. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé de les reprendre et de les traiter ensemble.
Mais, dans ce présent travail, je focaliserai sur les éléments psychologiques. La psychologie, c’est chacun de nous, elle nous touche tous, c’est un facteur extrêmement puissant sur nos comportements. C’est une composante sur laquelle nous pouvons agir, ce qui n’est pas toujours le cas pour les autres facteurs.

La compression de l’humanité grandissante sur la surface limitée de la planète a créé des problèmes socio économiques. Organisée en sociétés, l’humanité a été obligée de traiter ces problèmes, plus ou moins habilement, mais dans tous les cas l’intérêt général passe avant les intérêts particuliers ; d’où l’émergence de malaises dus, en partie, à l’incompréhension et à l’égoïsme (bien légitimes pour une humanité adolescente). Pourtant, la survie de l’humanité (car il s’agit bien de cela) commande de réagir et de résoudre ces conflits socio économiques, qu’il faut considérer comme normaux dans le contexte d’une crise de croissance.

Guerre, crise économique, chômage, problèmes sociaux et sanitaires, santé, écologie, éducation, recherche, etc… sont des difficultés fondamentales et incontournables que l’humanité doit résoudre pour survivre.
Le postulat d’irréversibilité de l’évolution, proposé par Teilhard, n’exonère pas l’humanité du risque de sa disparition, il faut être optimiste mais lucide.
Disparition de la vie, disparition de l’esprit, telle est la définition de l’enfer. Je vais citer Teilhard pour assoire ce que je viens de dire (p. 64 du tome II/manuel d’étude) :

« Astronomiquement et biologiquement, on pourrait croire que nous sommes irrémédiablement prisonniers et dépendants de l’évolution physico-chimique, nécessairement bornée, de la terre. Une telle dépendance et limitation serait contradictoire avec un élan évolutif réfléchi qui exige d’être irréversible. Sous peine de s’arrêter sur soi, la vie doit pouvoir conjecturer l’existence en avant d’une issue par où elle puisse échapper à une mort totale, si sa maturité spirituelle est atteinte. »

Existerait-il un seuil critique pour qu’une âme soit éternelle ?

Comme un miroir, ce texte nous renvoie à nous-mêmes, nous sommes seuls et responsables pour livrer un combat contre nos égoïsmes et nos aveuglements, ainsi que contre nos réactions instinctives qui vont à l’encontre du sens nouveau de l’espèce, que nous devons imaginer et développer.

Pour les animaux ce problème n’existe pas. Ils n’ont pas à réfléchir et n’ont qu’à suivre le chemin indiqué par leurs instincts. Leurs instincts les protègent, certes, mais ils limitent surtout leur évolution, ils ne sont pas libres. Pour l’humanité il en va autrement, nos instincts sont partiellement désactivés, enfouis dirons-nous, par notre conscience et notre pouvoir de réflexion. Cette liberté a un prix. Car il faut le savoir et en tenir compte, si non nous irons droit dans le mur. Nous avons tous, suivant nos niveaux de conscience respectifs, un devoir d’information et de transmission ; c’est aussi cela le sens de l’espèce humaine. Notre liberté est liée à notre devoir de responsabilité. L’un ne va pas sans l’autre.

Je terminerai ce travail par une citation de Teilhard, prélevée page 65 du tome II du manuel d’étude :
« Et c’est ici que m’adressant aux professionnels de la psychanalyse, je leur dirais ceci :jusqu’à présent votre science s’est surtout préoccupé de faire apercevoir à l’individu certaines impressions enfouies et oubliées, mais secrètement actives et qui une fois démasquées et acceptées, s’évanouissent à la lumière. Mais une œuvre de clarification plus constructive vous attend, vous devez aider l’individu à déchiffrer en lui-même les grandes aspirations qui sont l’objet de ce livre. Cette opération serait l’inverse de la précédente : analyser, non pas pour dégager, mais pour ENGAGER. Faire lire l’Homme en soi, non plus pour dissiper des fantômes, mais pour donner consistance et satisfaction à certains grands besoins existentiels. Non plus un travail de guérisseur, mais d’ingénieur pour l’élaboration d’une psycho-énergétique à l’usage d’un groupe zoologique en cours de totalisation planétaire.
Si la terre humaine hésite encore aujourd’hui dans son mouvement, s’il y a pour elle un risque de s’arrêter demain, c’est par défaut d’une vision suffisante, d’une vision proportionnée à l’énormité et à la variété de l’effort à donner.
Dans ces conditions, sans négliger les contingences matérielles, mais par un effet conjugué avec les progrès de la technique et de la science,c’est vers l’exploration et l’exploitation de sa véritable et toute nouvelle libido cosmique que l’humanité doit désormais consacrer la plus grande et la meilleure part de son attention ».





Mercredi 24 Juin 2009 10:57