Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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-Ainsi parlait Teilhard : « La paix est possible, comment osez-vous en douter, hommes de peu de foi ? La paix est entre vos mains, abandonnez votre tranquillité bourgeoise, n’écoutez plus les palabres des pseudo-objecteurs de conscience. »

Il faut avoir foi en l’Homme. L’optimisme n’est pas le mot qui convient, il faut le remplacer par l’expression « espérance active » comme le disait Raymond Aubrac.

L’Homme doit viser l’élévation de son niveau de conscience pour être libre et se dégager de « la loi de la jungle » et la remplacer par « l’élan humaniste ».

Tuer son prochain c’est comme scier la branche sur laquelle on est assis, ne pas voir cela équivaut à ne pas voir plus loin que le bout de son nez. Déjà l’homme chasseur primitif avait compris cela et pour tuer le mammouth il avait besoin d’être en groupe. Hélas l’homme cultivateur a cru qu’en étant seul et qu’en commandant tout le monde il serait le plus fort. Il s’était trompé et l’erreur dure depuis 10 000 ans. Il continue à faire des guerres de conquêtes militaires et économiques, il amasse des fortunes représentant les besoins de 10000 vies pendant 10 000 ans et il en veut encore davantage. Expression même de la bêtise, la moitié de la population de la planète peut mourir de faim et il n’en est nullement ému pour autant. Les loups sont plus intelligents que lui, ils refusent les combats intra-espèce conduisant à la mort ; le vainqueur regarde en grognant le vaincu et le laisse partir. Le loup a un instinct d’inhibition que l’homme n’a pas mais qui doit normalement être remplacé par sa conscience.

A l’inverse du fauve, l’Homme n’est pas spécialisé pour quelque chose mais il peut s’adapter à tout, encore faut-il qu’il trouve sa voie. Quand il aura admis que la guerre, soit militaire, soit économique ne mène nulle part, il aura tout compris, s’étant libéré de l’esprit de la jungle, il deviendra un homme.

Arrivé au XXIe siècle, l’homme commence à désirer le sens du collectif ; la formation de la noosphère a commencé. Cette mutation ne signifie pas qu’il faille copier l’organisation de la ruche, formule totalement bloquante.
L’humanité dit Teilhard est un groupe animal énigmatique, l’Homme n’a finalement que peu de différences anatomiques avec les grands primates, sauf que, avec le « pas de la réflexion », sont apparues en lui des propriétés nouvelles : il s’autonomise et prépare son avenir, il pense et invente le perfectionnement de la société dont il est un des éléments. La noosphère est pour l’Homme une nouvelle matrice, un appareil héréditaire.
Voici selon Teilhard et Huxley la différence entre le cerveau humain et le cerveau collectif :
-dans le cerveau humain la pensée émerge depuis un système d’éléments non-pensants,
-tandis que dans le cerveau collectif chaque élément (chaque homme) est déjà un foyer pensant unique et complexe

D’où la supériorité du cerveau collectif dès sa construction. Tout part de l’individu et tout s’achève au-dessus de lui. Les idées nouvelles sont l’armature indestructible de la noosphère. La montée démographique provoque la surchauffe de la noosphère qui butte devant des seuils critiques qu’il faut franchir ou mourir.

La recherche scientifique qui était une fonction isolée devient une fonction collective, elle se céphalise jusqu’à établir des liaisons télépathiques. Telle sera la nouvelle étoffe de l’univers. Les progrès se succèdent. Les progrès libèrent une énergie qui sera utilisée dans de nouvelles recherches, et ainsi de suite, jusqu’à buter contre de nouveaux seuils critiques. Dès lors, l’invention de l’éthique est une science qui s’impose. Il n’y a pas que l’évolution de la matière qui est soumise à des épreuves, l’énergie spirituelle est soumise aux mêmes lois. « L’atomisme de l’esprit’ » se découvre à lui-même, l’âme humaine se constitue et doit croître et franchir des seuils critiques, au risque de disparaître en cas d’échec. Quelles leçons tirer de cela ?

La biologie est une face complémentaire de la physique. Qu’est-ce que cela signifie ? L’étoffe de l’univers se désagrège en dissipant de l’énergie élémentaire et produit en faible quantité une énergie plus subtile, la pensée, qui elle ne se dissipe pas. Concrètement, cela représente des êtres humains qui prospèrent et d’autres « laissés sur le bord de la route » et d’autres personnes qui profitent du système et font les guerres militaires et économiques, les erreurs de gestion écologique, les erreurs de gestion culturelles etc … Teilhard parle de ces crises incontournables, avant qu’elles ne se produisent en termes lucides et froids, responsabilisants (termes non cyniques parce qu’il a vécu ces épreuves). Des progrès en tous domaines ont été accomplis pendant les phases dramatiques. Comme tous les éléments de la nature, l’humanité ne progresse qu’en réaction à des situations de crise. Quand tout va bien l’humanité s’endort ; quand tout va mal elle se réveille. Ainsi va la loi de la nature et la comprendre c’est découvrir la voie de la sagesse.

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D’un certain point de vue on pourrait conclure que tout s’arrêtera un jour et qu’il est vain de vouloir lutter contre cette issue fatale.

D’un autre point de vue, on peut décider d’une attitude inverse en disant avec Teilhard : « rien ne saurait être fini car un des effets de la réflexion est la volonté de survivre ; l’exigence d’irréversibilité est une loi récurrente. »

Que proposer d’autre ? demandait Teilhard à la fin du PHENOMENE HUMAIN.
Dans l’évolution de l’univers apparaissent deux tendances : vers le bas, nous chutons vers le probable et vers le haut, nous montons vers l’improbable.

La planétisation de la pensée ne peut que continuer car cette unanimisation de la pensée, de nature convergente, ne peut qu’arriver à un terme naturel : le point Omega. Pour l’atteindre, nos âmes individuelles en tant qu’éléments de l’Esprit de l’univers, doivent franchir des seuils critiques qui leur sont imposés afin de survivre éternellement et pour cela nos âmes doivent se sur complexifier et se sur centrer. Là réside le seul triomphe de la liberté.

Jeudi 12 Mai 2011 13:40