Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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fin du livre "L'Avenir de l'Homme"


La Terre, centre des mondes dans les temps anciens, se perçoit aujourd'hui de plus en plus limitée, fermée sur elle-même, conséquence des échanges des évolutions des techniques, des communications, des médias, des pensées revisitées, etc, visions des êtres de plus en plus interconnectés entre eux.
Il en résulte un mouvement constamment évolutif de rapprochements. Il y a marche vers plus d'humain, vers de l'ultra humain et, postulat encore de l'évolution, plus de vision de l'intérieur, du dedans des choses, alors la question se pose : est-ce vers Quelqu'un? Essayons de préciser cela.

Par le regard que l'on a de notre astre, par l'étude des strates, des marques des siècles passés, il est possible de vérifier les évolutions depuis plusieurs milliers d'années. Nous constatons des arrangements, des créations, des complexifications. Notre monde s'intensifie dans les états et les espèces, et l'homme en fait pleinement parti. La personne interconnectée d'aujourd'hui est suite et prolongement de celle d'hier.

Sur la planète terre, fermée, le primate a évolué. Il est devenu pensant et au fil du temps il s'est modifié dans sa nature, il s'est arrangé encore et encore; évolution avant la transmutation, rêve qui deviendra réalité?
Plus de présence va vers un plus: l’introversion, dynamique dans son essence-même, ne peut-elle pas conduire vers un état différent, nouveau?
Il est possible pour l’homme de voir toujours plus en lui-même, de mieux se comprendre ainsi que de mieux comprendre les autres; acteur doublement présent dans ses mouvements, ses pulsions, son environnement ; mais jusqu’où?

Tel est donc aujourd'hui l'homme dans la chaine de l'évolution et cette chaine s'allonge, s'enrichit à chaque instant et jour après jour par de nouveaux maillons.

Cependant, Teilhard soulève une objection visant à pouvoir réduire à néant cette vision de l'avenir, et c'est la mort individuelle source possible de désespoir.
Cette tragédie qui n'épargne personne déstabilise l'homme déchiré en lui-même par la perte de l'autre. Mais à l'échelle des temps, si on regarde l'humanité et les humains qui maintenant ne sont plus, on ne peut que constater, encore et encore, l'évolution constante de la nature; marche, course peut-être, ouverture, espérance en tout cas pour tous les nouveaux futurs.
La fabuleuse Histoire humaine continue. Teilhard le dit sous forme d’interrogation:
« L'aventure humaine...,vers un paroxysme de la noosphère? »
et il dit encore:
« Le point critique de Réflexion planétaire...correspond...par retournement ou dématérialisation, sur une autre face de l'univers: non pas une fin de l’ultra humain mais son accession à quelque transhumain, au cœur même des choses ». Qu'est-ce que cela veut dire?

Je suis la suite, bien réelle, des évolutions personnelles et collectives qui m'ont précédé, prolongement, suite de multiples états, enrichi des réponses de la pensée introspective (je sais me regarder) et décidément, par ma nature-même, je ne peux et nous tous humains, ne pourrons en rester là! Exaltation pour des après qui seront bien différents d'aujourd'hui; sur ce qu'il nomme l'autre face, état que certains dans cette vie ont entrevu?
« Bienheureux les cœurs purs... »(Mt.V,8)
Et l' idée cependant toujours présente, est qu'il n'y a pas négation de la Terre. Elle est amie, amante et mère, il y a éclosion et fruit, dénouement heureux logique, l'Homme enfin amorisé dans sa totalité.

C'est la fin du livre L'Avenir de l'Homme et Teilhard suggère sa vision de la Fin du Monde:
« Il n'y a pas à nous creuser la tête, dit-il, pour savoir comment l'énormité matérielle de l'univers pourra jamais s'évanouir. Il suffit que l'esprit s'inverse, qu'il change de zone, pour qu'immédiatement s'altère la figure du monde ».Ce qu'il veut dire, il me semble, est que étant humain, je pense comme tel; cependant est en chacun une part de divin, cette part qui ne demande qu'à grandir si je le souhaite, et alors la pensée puis l'action voient, s’installent autrement, et l'homme d'abord déchiré parce qu'aussi de la terre, et puis, bientôt heureux, car il se sait en chemin vers la Finitude.

Je me souviens maintenant de Michel qui nous a quitté il y a quelques semaines; j'ai pensé, quand j'ai appris la date de sa mort, comme d'autres, qu'il faisait comme un clin d’œil à ses amis en partant pour l'autre rive le 25 décembre. Est-ce une invitation à aller vers de nouvelles naissances dans la quête de l'insondable? Il était parmi nous, il m' a fait partager ses convictions avec beaucoup d'humilité. Il avait résolument foi en Celui qui est et qui peut tout. Michel était présence calme et sereine, en paix et il semblait dans l'attente avec presque de l'impatience.
Merci Michel, ami de Teilhard. J'en suis sûr, toi aussi, de là où tu es, tu m' aideras ainsi que ta famille.

Encore quelques paroles de Teilhard qui donne sa vision de la fin des temps:
« ...Les monades se précipiteront à la place où la maturation totale des choses et l'implacable irréversibilité de l'histoire entière du monde les destineront irrévocablement, les unes matières spiritualisées, dans l'achèvement sans limites d'une éternelle communion; les autres, esprits matérialisés, dans les affres conscientes d'une interminable décomposition. »

Et plus loin:
« Comme une marée immense, l’Être aura dominé le frémissement des êtres. Au sien d'un océan tranquillisé, mais dont chaque goutte aura conscience de demeurer elle-même, l'extraordinaire aventure du Monde sera terminée. Le rêve de toute mystique aura trouvé sa pleine et légitime satisfaction ». Que rajouter à cela sinon que je suis dans l'inconnu?
Mais si je prends soin de regarder, d'écouter, est-ce que je ne perçois pas l'ange qui me trouve le chemin lorsque je me sens perdu, et si j'ai peur de me trouver démuni, ne sachant que faire, n'y a-t-il pas ce Psaume 23/4 :

« Je ne crains aucun mal,...ton bâton me rassure »

Lundi 30 Janvier 2012 12:25