Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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L’univers est en voie de perfection, ce qui induit une trajectoire évolutive. On pourrait dire aussi, comme Teilhard, que l’univers a un sens et qu’il va en direction de la perfection. Mais sous quelle forme sera cette perfection ? Certainement pas sous la forme matière, fut-elle vivante et humaine. Aucun homme vivant ne peut imaginer et voir cette perfection, sauf à être un visionnaire « christifié » autrement dit connaissant l’information suprême que Teilhard nomme Point Omega.

Alors, Dieu serait-Il un point ? Oui, mais un point de singularité… Revenons à cette image du cône proposée par Teilhard, comme étant la meilleure représentation de l’univers (plusieurs mathématiciens pensent comme Teilhard). Je rappelle cette démonstration :
A la surface d’un cône tous les points sont identiques, sauf le dernier, celui qui est au sommet du cône qui, bien que réel géométriquement, n’a plus d’existence concrète, en montant au-dessus des avant-derniers points du cône, on est passé sans transition du concret au virtuel. C’est ce dernier point sommital qui est nommé par les mathématiciens « point de singularité ».

Alors Dieu dans tout cela, il est dans le cône ou ailleurs ? Il est dans les deux et partout. C’est dans le point de singularité et uniquement là que peut-être la perfection. L’achèvement de l’univers est dans le point de singularité. On pourrait retourner le cône dans l’autre sens pour symboliser le début de l’univers, on ferait la démonstration inverse, on passe de l’abstrait au concret.

Dans le livre Le Phénomène Humain auquel nous réfléchissons, Teilhard a intitulé l’un des chapitres « au-delà du collectif » (pages 282 à 303), que vient y faire notre réflexion sur le point de singularité ? Nous l’avons compris je pense, l’image du cône c’est l’univers, l’espèce humaine fait partie de l’univers, elle en est même le fer de lance de son évolution.
Toujours dans un contexte imagé, chaque être humain est l’un des points constitutifs de la surface du cône symbolique qui est la meilleure représentation du collectif en question. Dans cette représentation il est évident que chaque point constitutif du cône est aussi individualisé que le cône lui-même, ni plus ni moins. Il faut prendre conscience de cette triple action : chaque point/individu est constitutif de l’ensemble/cône, y compris le point de singularité/Omega. Ces trois individualités sont réciproquement consubstantielles à l’ensemble/univers.
Tel est le principe de la pensée que Teilhard a mis dans son titre « au-delà du collectif ».
On pourrait le dire autrement : Dans l’ensemble/cône il y a le « concept divin » dont nos « pierres de pensée » sont l’élément constitutif de base.

Subsidiairement on pourrait se poser la question : Mais en dehors de l’ensemble/cône qui y a-t-il ? Dieu est-Il aussi ailleurs ? On ne peut répondre à cette inévitable question que par une supposition indémontrable : il n’y a pas d’ailleurs, l’univers est un ensemble indéfiniment fini. Peut-on imaginer qu’un univers composé comme on le sait d’un nombre immense et inconnu de galaxies puisse être limité et qu’en dehors de lui il n’y ait RIEN ? Tout d’abord il faudrait définit ce « rien ». Mais s’il y a une frontière d’un côté de laquelle il y a quelque chose et de l’autre il n’y a rien, on ne peut pas dire que dans cet ensemble il n’y a rien puisque d’un côté « il y a » … raisonnement qui tourne en boucle indéfiniment. Beaucoup d’intellectuels se sont essayés vainement sur la théorie du néant. La meilleure approche du sujet est la théorie mathématique de l’être algébrique conçue par le mathématicien CANTOR au XIXe s. et développée par le mathématicien VON NEUMANN au XXe s. (voir annexe) disant que le zéro génère tous les nombres.

Concrètement (si l’on peut dire)selon Teilhard, rejoint en cela par de nombreux physiciens et mathématiciens actuels, l’univers serait un système destiné à transformer de l’énergie en information et l’humanité qui est constituée de matière, donc d’énergie, transforme celle-ci en informations, soit une énergie spirituelle centrée (comme tout ce qui est complexe. Plus chaque individu rendra performante son élaboration individuelle, plus il aura de chances que son esprit survive à la mort de son corps et soit présent dans l’achèvement Omega.

ANNEXE : Théorie de VON NEUMANN
Ce moment zéro (espace-temps imaginaire)contient tout le programme-univers (y compris le programme-homme), autrement dit le tout est contenu dans le RIEN . On peut dire aussi que l’INFINI est contenu dans le ZERO ; on se rapproche ainsi du langage mathématique.
L’espace-temps euclidien peut évoluer à l’intérieur du zéro, soit la théorie suivante qui n’est pas plus fantaisiste que les autres.

Prenons le symbole le plus pur de zéro qui, dans la théorie des ensembles, n’est pas le zéro lui-même, mais ce que l’on dénomme un ensemble vide. Cet ensemble vide est égale à zéro et en termes mathématiques on dira que le CARDINAL (le total) de cet ensemble est NUL ;

Avec cet élément mathématique qu’est l’ensemble vide, le zéro va générer tous les nombres. Ainsi, si nous plaçons le zéro à l’intérieur de l’ensemble vide, tout change, car cet ensemble n’est plus vide, il contient le zéro, c'est-à-dire un élément qui va créer tous les nombres ; le cardinal de l’ensemble considéré n’est plus zéro mais UN ;
Si nous plaçons ce chiffre créé qu’est le UN à côté du zéro, le cardinal est DEUX. Et ainsi de suite jusqu’à l’INFINI. Nous voyons que le zéro a généré tous les nombres.


Lundi 28 Avril 2008 17:37