Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Aucun des sujets concernant le phénomène humain ne peut être abordé sans étudier indépendamment dans un premier temps, les différents plans constituant la nature physique, psychique et spirituelle de l’homme.
Bien entendu, ces différents plans s’ils sont bien distincts dans leurs compréhensions, et nous savons tous combien il est facile de tomber dans ce type de confusion, sont intimement liés dans le plus profond de l’être.
La notion de peur existentielle ne peut donc pas faire exception à cette règle.

1. Sur le plan physique tout d’abord : La raison nous permet d’accepter que la peur soit liée par nature au processus d’apprentissage de la vie pour tout organisme vivant, qu’ils soient conscient ou pas. En effet, C’est la peur qui oblige toute proie à échapper à son prédateur, c’est elle aussi qui impose de trouver un lieu protégé pour sa progéniture ainsi que tous les moyens de subsistance nécessaires à leur survie. Elle a une nature vitale dans la préservation de la vie.
On peut aussi imaginer qu’elle eut son rôle aux premiers âges de l’humanité pour accéder aux premières lueurs de la conscience, avec bien évidement les effets apparemment pervers et douloureux de l’amplification de cette même peur. Elle a permis une adaptabilité au milieu apparemment hostile dans lequel croissait l’homme, et cette règle reste toujours d’actualité face aux défis d’un monde comprimé sur lui même.
Il y a donc bien un lien puissant entre la conscience et la peur, l’un et l’autre se générant mutuellement. Le père P Teilhard de Chardin nous parle là de la phase critique de la réflexion.
Pour accepter cette peur comme moyen de croissance, il faut bien comprendre que si elle peut nous protéger d’une destruction en nous permettant d’en comprendre les dangers (aujourd’hui les risques économiques, sociaux, écologiques..) elle peut aussi nous paralyser dans une panique autodestructrice irrémédiable. Nous pouvons ainsi prendre conscience des pressions alarmantes qui menacent la terre et les hommes, avant de passer à l’action pour trouver de nouvelles voies de délivrance. Bien sûr, prendre conscience de l’état réel et désastreux de la de la société et de la terre ne peut être que déplaisant, voir même très douloureux.

La prudence reste aussi un moyen puissant de conjurer la peur mais nous ne pouvons être prudent que dans la mesure où l’on a pris conscience des dangers potentiels qui nous guettent. La prudence est l’une des quatre vertus cardinales sur lesquelles repose la vie morale des chrétiens, elle a la faculté de nous accorder le don de conseil.

2. Sur le plan plus psychique : Teilhard nous invite à découvrir la nature structurée, logique et accueillante de l’univers, celui là même qui nous a généré. Air, lumière, température, eau, nourriture, protection etc. tout est naturellement fait pour que nous puissions y vivre et nous y développer. Il en découle une naturelle confiance dans cet espace-temps qui est mécaniquement plus grand que nous.
Pour participer à cette aventure aussi extravagante, il devient évident que nos aptitudes naturelles à comprendre le sens de l’univers sont des atouts indéniables qui nous permettent d’être confiant, le Cosmos ne pouvant être absurde.
Ces privilèges dont l’homme est détenteur lui permettent de compenser sa propre propension à sombrer dans la peur irraisonnée ainsi que dans l’immobilisme.

3. Sur le plan spirituel et ontologique finalement : Toutes les traditions nous proposent une échappée de l’être réalisé par l’intérieur de lui même. Elle implique inévitablement une démarche de foi, démarche qui n’est plus du domaine de la raison, même si celle-ci peut l’éclairer.
Dans cette vision spirituelle, la peur n’a plus de raison d’être, puisque le lieu sûr et accueillant est accessible immédiatement, dans la mesure ou nous sommes déjà prêt à nous détacher de ce que nous possédons et en particulier de notre propre vie.

Ainsi de la vieillesse qui nous dévoile le mouvement inexorable de notre corps vers la mort, mais aussi qui peut nous apprendre le détachement aux biens de ce monde sensible pour finalement retourner notre peau de chaire et révéler la vraie nature de notre être intérieur.
Pour l’homme de foi, il y a plus que de la confiance puisqu’il y a même appel vers Celui qui est plus grand que lui, pour se faire absorber. Vers le Centre des Centres déjà réel et personnel, l’homme sans perdre sa personne rejoint ainsi l’Ultra humain.

Alors, y a t-il réellement désastre irrémédiable en la demeure, ou alors faut-il prendre son destin en main et découvrir le lieu ultime de notre résidence ?

A partir de maintenant, nous pouvons dire que la peur n’est qu’une illusion !



Vendredi 18 Septembre 2009 13:20