Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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DERNIERE PARTIE DU LIVRE « LE MILIEU DIVIN »
Tome 4, Editions du Seuil


Jean-Pierre Frésafond / CONTRACTION DE TEXTE du sujet de réflexion à présenter en septembre 2014
NDLR : Cette dernière partie a pour titre « Le Milieu Divin » et couvre les pages 134 à 195. Je l’ai divisée en deux temps de travail :
-De la page 134 à la page 178, pour septembre 2014
-Et de la page 178 à la page 195 pour octobre 2014 (cinq sous-parties) auxquelles j’ai ajouté l’Epilogue de Teilhard (pages 195 à 203) soit, six sous-chapitres.
Je rappelle que j’avais fait la même chose pour la première partie (Divinisation des activités), divisée en deux afin de répartir les réflexions. C’est la raison pour laquelle l’étude de ce tome 4 comportera 5 parties au lieu de 3.

4e PARTIE : LE MILIEU DIVIN

Teilhard l’a subdivisée en 5 sous-parties lesquelles sont :
-1- Les Attributs du Milieu Divin
-2- La Nature du Milieu Divin
-3- Les Accroissements du Milieu Divin
-4- Les Progrès individuels du Milieu Divin
-5-Les Progrès Collectifs du Milieu Divin (cette 5ème sous-partie est incluse dans le travail d’octobre)

P. 135 1) Les Attributs du Milieu Divin
-Il suffit de dépasser les zones d’apparences sensibles pour apercevoir des manifestations du Milieu Divin ; nous l’avions cru inaccessible et pourtant nous vivons dans ses nappes ardentes.
-Bien plus immense et redoutable que les énergies connues de l’univers, c’est Lui qui produit le charme et la chaleur humaine de ceux qui en sont imprégnés. Sa transcendance concrète rassemble ceux qui y adhèrent dans une extraordinaire unité.
Incomparablement proche et tangible, Dieu se dérobe constamment, nous ne pouvons pas le saisir ici-bas, Il se retire toujours plus loin, nous entrainant avec Lui vers le centre commun de toutes les consommations. Par Lui le contact de la matière se purifie. ; en Lui le développement aboutit au renoncement et la mort devient résurrection.

P. 135,136 J’atteins Dieu en ceux que j’aime, dans la mesure où eux et moi sommes spiritualisés.
Dieu se découvre partout sous nos tâtonnements comme étant un milieu universel et cela parce qu’Il est le point ultime où convergent les réalités. Nul objet ne peut influencer sur nous par le fond de lui-même sans que rayonne sur nous le Foyer Universel, la Source L’omniprésence divine n’est que l’effet de son extrême charge spirituelle.

P. 137 Le Milieu Divin est un centre, il en a toutes les propriétés, soit donc le pouvoir absolu de réunir les êtres. Dans le Milieu Divin tous les éléments de l’univers se touchent parce qu’ils sont de plus en plus définitifs. En se rencontrant ils perdent l’extériorité mutuelle et les incohérences de la nature humaine. Dans les sphères extérieures du monde, l’homme est déchiré par les éléments du corps et de l’âme et les impossibilités de comprendre la vie et la mort. Sans cesse l’homme s’inquiète, non sans raisons, devant les folles insouciances et les gaspillages des efforts individuels. Tout cela est désolation de surface alors, sans quitter le monde, enfonçons nous en Dieu.

P. 138 De là, par Lui et en Lui, nous tiendrons et commanderons le tout. Les êtres que nous désespérons d’atteindre, ils sont là, tous réunis par la pointe la plus réceptive de leur substance.
Etablissons nous dans le Milieu Divin, nous y découvrirons les points ultra actifs de l’univers et, en même temps, nous éprouverons que s’ordonne au fond de nous même la plénitude de nos forces d’action.

P. 139 Par une merveille complémentaire, l’homme qui se livre au Milieu Divin se sent orienté, avec une sûreté qui lui fait éviter les nombreux écueils où les tentatives mystiques sont venues souvent se heurter.
Et, tout d’abord, il n’est point panthéiste l’hôte du Milieu Divin. A première vue les profondeurs divines peuvent ressembler aux milieux fascinants que déroulent à nos yeux les philosophes des religions monistes. Le panthéisme séduit par ses perspectives d’union universelle parfaite ; mais au fond il ne donnerait, s’il était vrai, que fusion et inconscience puisqu’’au terme de l’évolution qu’il croit découvrir, les éléments s’évanouiraient dans leur Dieu qui les absorbe. Notre Dieu traditionnel, au contraire, pousse à l’extrême la différenciation des créatures qu’il concentre en Lui. Contrairement à cela, le christianisme pousse à l’extrême la consommation de leur achèvement individuel. Notre Milieu Divin est aux antipodes du faux panthéisme. (NDLR : il y a donc un vrai panthéisme !) Le chrétien, lui, peut se lancer à tout cœur, sans risque de se retrouver moniste.

P. 140 Le chrétien perdu dans les nappes divines ne subit aucune de ces déformations réprouvées que représente le « christianisme moderne », ou l’illuminé. (NDLR : Sauf erreur de notre part, Teilhard se découvre de nouveaux antagonistes !). Pour ce chrétien là le Créateur et, plus particulièrement, le Rédempteur, se sont immergés et dilués dans les « choses » mais cela n’a de valeur que si cette puissance spirituelle rayonne à partir d’un foyer historique, transmis le long d’un axe traditionnel précis. Avec ce type de chrétien, (NDLR : peut-être s’agit-il du panthéisme ?) la réalité historique de Jésus est supprimée et l’omniprésence divine devient semblable à tous les autres rêves métaphysiques c'est-à-dire, incertaine, vague et conventionnelle.

P.141 Dès lors, si éblouissants que soient les accroissements que nous essayons de déceler dans le « Divin Ressuscité », leur charme et leur réalité restent suspendus aux évènements évangéliques.
Le Christ universel ne peut avoir de sens que s’Il est pris comme une expansion du Christ né de Marie et mort sur la Croix ; le Jésus de l’Evangile est incontournable ; on éprouve au contraire un besoin croissant de se référer à Lui. De ce fait, on ne peut être catégorisé comme étant moderniste, visionnaire ou illuminé et ce qui constitue l’erreur de ces gens là c’est de confondre entre eux les divers plans du monde et d’en perturber ainsi les activités. (NDLR : la fin de cette page 141 jusqu’à la fin du paragraphe 1, page 146 est difficilement compréhensible, je n’arrive pas à identifier contre quel ennemi se bat Teilhard ; par conséquent je vais me contenter de quelques idées fortes. Le moins que l’on puisse dire est que ce livre a contribué à l’aggravation du conflit entre Teilhard et sa hiérarchie).

P.142 Le faux-miraculeux vient déconcerter et déconseiller l’effort humain. Tout autre est l’effet produit sur l’activité humaine par la véritable transformation du monde en Jésus-Christ. Au sein du Milieu Divin les choses se transforment, mais par le dedans. Elles baignent dans la lumière, elles exaltent ce qu’il y a de plus définitif dans leurs traits. Nous ne pouvons nous perdre en Dieu qu’en prolongeant au-delà d’elles-mêmes les déterminations les plus individuelles des êtres.

P. 143 Le monde ne s’illuminera de Dieu qu’en réagissant à notre élan. Quand, par l’extase ou par la mort, Dieu vient s’unir au chrétien, on peut dire qu’il ne l’emporte que par obéissance à l’extension de son effort. Il pourrait sembler que, par excès contraire à ceux du quiétisme et de l’illuminisme, le fidèle du Milieu Divin retombe dans l’erreur d’un naturalisme païen. Par son attente d’un nouvel éveil des facultés d’adoration qui sommeillent dans le monde, par son respect des puissances spirituelles encore incluses dans la matière, notre chrétien pourra paraître pareil aux adorateurs de la terre. Là encore, dans le cas du panthéisme, ce n’est qu’une ressemblance extérieure :
-le païen aime la terre pour en jouir et s’y confiner,
-le chrétien aime la terre pour la rendre plus pure et tirer la force de s’en évader,
-le païen cherche à apaiser le sensible pour en épuiser la joie,
-le chrétien ne multiplie ses contacts avec le monde que pour en capter les énergies, il pré adhère à Dieu.

P. 144 Le comble de la vie à ses yeux est la mort dans l’union.
-Pour le païen la réalité universelle n’existe que sur le plan tangible,
-le chrétien prend les mêmes éléments mais il les prolonge suivant un axe qui les relie à Dieu. En somme, on peut dire qu’il extrait, sans en prendre les éléments mauvais, tout ce qui circule de plus fort dans les mystiques humaines.

P. 145 (NDLR : toutes cette page est consacrée à des notes séraphiques qui enchanteraient St François d’Assise, dixit Teilhard).
-Accéder au Milieu Divin c’est avoir trouvé l’Unique Nécessaire et être parvenu aux nappes précieuse. Tout nous est besoin car le monde ne sera jamais assez vaste pour nous fournir les moyens de saisir Dieu …

P. 146 Quelle est la plus grande de ces deux béatitudes ? Avoir l’unité sublime de Dieu pour centrer et sauver l’univers, ou bien avoir l’immensité concrète de l’univers pour subir et toucher Dieu ?

P. 147 2) La Nature du Milieu divin, le Christ Universel
et la Grande Communion
-A priori le Milieu Divin est une condition et une conséquence des attributs chrétiens, il est formé par l’omniprésence divine, qualité essentielle pour le saisir en nous. Ce repère satisfait l’esprit, mais il manque de précisions pour tracer le profil de notre Créateur dans le contexte universel afin qu’Il puisse, justement, s’appliquer à l’humanité. Selon la foi catholique qui confirme cette appartenance, cette question est la vraie sève du monde, elle s’appuie en cela sur les Ecritures et plus précisément sur la doctrine du Verbe Incarné représenté par Jésus-Christ.

P. 148 Procédons graduellement dans la recherche de ce qui doit justifier cette prodigieuse identification entre le Fils de l’Homme et le Milieu Divin. Tout d’abord, il faut admettre que l’omniprésence divine est une omniprésence d’action. Ensuite, il faut se poser la question suivante : sous quelle forme le Créateur nous a t-il fait le don de devenir des êtres participés ? L’action par laquelle Dieu nous maintient dans le champ de sa présence est une transformation unitive. (NDLR : ce qui peut se traduire par « création continuée » récemment réinventée. Soulignons que Teilhard exprime cette même idée sous différentes expressions dans toute son œuvre). Cette réalité suprême a été révélée par St Jean l’Evangéliste, puis reprise par St Paul.

P. 149 La Révélation par l’apôtre Jean est la réplétion et la consommation de toutes choses. Il s’agit du mystérieux plérôme où le « UN » substantiel et le multiple créé se rejoignent dans une totalité qui, sans rien rajouter à Dieu, sera néanmoins une sorte de triomphe et de généralisation de l’Etre.
-Quel est le centre actif, le lieu vivant, l’âme organisatrice du plérôme ? C’est Celui en Qui tout se réunit, se consomme, Celui de qui tout l’édifice tient sa consistance : le Christ, mort et ressuscité. Dieu ne fait pression sur nous que dans l’acte de consommer le Christ pour sauver le monde. C’est par toutes les énergies organiques que nous parviennent les nappes de l’action divine.

P. 150 Dans le Milieu Divin nous reconnaissons une omniprésence de christification. Il peut sembler à quelques uns que nous avons forcé le trait, dans un sens réaliste, la notion de Corps Mystique, ou que nous y cherchions des perspectives ésotériques. Mais en réalité, par un chemin différent, nous avons rejoint la grande voie de la Sainte Eucharistie.

P. 151 Mais au fond, depuis les origines de la préparation messianique jusqu’à la parousie, en passant par les manifestations historiques de Jésus, un seul évènement se développe dans le monde : l’Incarnation réalisée en chaque individu par l’Eucharistie. Toutes les communions de tous les hommes présents, passés et futurs forment une seule communion. Avons-nous assez regardé les extraordinaires connexions de l’homme avec l’univers ?

P. 152 Evoquons les multitudes de couches humaines qui se sont succédées sur la terre ; comment se présentent-elles ? Elles peuvent être définies comme une zone de transformation spirituelle continue qui enveloppe la terre, de la matière plongée en Dieu, tel est le résultat.

P. 153 Si l’Eucharistie influe sur la nature humaine, son énergie s’étend nécessairement, par effet de continuité, aux régions moins lumineuses qui nous supportent. A chaque instant le Christ Eucharistique contrôle l’organisation du plérôme. Peut-on penser que l’action sacramentelle du Christ, parce que précisément elle vient sanctifier la matière, ne puisse influencer en de ça du surnaturel que nous nommons « Providence » ?

P. 154 Si tout ce qui précède est vrai, nous sommes plongés dans le Milieu Divin comme une ultime détermination de l’élément universel que nous sommes. (NDLR : dans les pages 154 à 157 Teilhard a écrit une prière poétique, il dialogue avec Dieu ; c’est beau mais il n’y a aucun commentaire à faire quant à ce rêve mystique et personnel).

Fin P. 157 Plus l’homme deviendra homme, plus il sera en proie au besoin d’adorer.

P. 158 3) Les Accroissements du Milieu Divin

-Le Royaume de Dieu est au-dedans de nous-mêmes. Quand le Christ apparaîtra, Il ne fera que manifester une métamorphose accomplie au cœur de la masse humaine. Cette action nous mène au processus selon lequel nait et se développe en nous sa présence.

P. 159 (a) L’apparition du Milieu Divin

-Personne ne peut forcer à se poser sur soi l’Esprit, le regard, les lumières de Dieu. Un jour l’homme prend conscience qu’il est devenu sensible à une certaine perception du divin, un esprit nouveau a traversé sa vie. Sensations, sentiments, pensées, tous les éléments de la vie psychologique viennent l’un après l’autre.

P. 160 Voilà ce que pourrait raconter tout homme qui est allé un peu loin dans la puissance de sentir et de s’analyser. Cet homme sera peut-être un païen et s’il se trouve qu’il soit chrétien il avouera que ce retournement intérieur semble s’être opéré dans les parties profanes naturelles de son âme. Ne nous laissons pas prendre par les apparences et les discours de bien des mystiques pour nommer l’universel. La réalité que les hommes ont pressentie ne concerne souvent qu’un concept métaphysique ou une idole.

P. 161 Les déviations panthéistes témoignent du besoin d’une parole révélatrice tombant de la bouche de Celui Qui EST. Il reste que physiologiquement le goût dit « naturel » de l’être est pour chacun la première illumination divine. Le sens de l’omniprésence de Dieu prolonge la même force physiologique qui aboutit au panthéisme.

P. 162 -La manifestation du divin ne modifie pas plus l’ordre apparent des choses que la consécration eucharistique ne modifie pour nos yeux les Saintes Espèces.
-S’il est permis de modifier légèrement un mot sacré, nous dirons que le grand Mystère du christianisme ce n’est pas exactement l’apparition, mais la transparence de Dieu dans l’univers. Oh ! oui, Seigneur, pas seulement le rayon qui effleure mais le rayon qui pénètre. (NDLR : cette page doit être relue car ici Teilhard prend des risques).

P. 163 Si le Milieu Divin se manifeste à nous comme une incandescence intérieure, qui nous en garantira la persistance ? Réponse : personne d’autre que le rayon lui-même.
Ce phénomène de rayonnement est nommé « diaphanie » et aucune puissance naturelle au monde ne peut en forcer l’apparition. Ceci est le fondement de base de toute réflexion ultérieure, aucun artifice humain ne peut agir sur ce phénomène. Eprouver l’attente de Dieu est la plus haute de nos passivités de croissance. Dieu tend par la logique de son effort créateur à se faire chercher et apercevoir.

P. 164 L’initiative et l’éveil partent toujours de Lui, la grâce de Dieu est en suspens pour exciter notre première prière. Aucun progrès ne se réalise sinon comme la réponse nouvelle à un don nouveau. (NDLR : suit une longue prière de Teilhard jusqu’à la fin de cette page.)
P. 165 (b) Les Progrès Individuels du Milieu Divin : la pureté, la foi et la fidélité qui opèrent.
Le charme lourd de responsabilités du Milieu Divin est d’avoir une intensité toujours croissante ; le vœu fou de tout amour est de se perdre dans ce que l’on aime et de s’y enfoncer de plus en plus. Trois vertus concourent à cette infinie concentration du divin en nous : la pureté, la foi et la fidélité ; observons les.

P. 166 -La pureté d’abord : ce n’est pas seulement l’absence de faute, c’est avant tout la rectitude et l’élan que l’amour de Dieu met dans nos vies. Est spirituellement impur l’être qui s’attarde dans la jouissance. Est pur celui qui, suivant sa place, cherche à faire dominer sur les avantages immédiats la préoccupation du phénomène christique et qui arrive, attiré par Dieu, à donner à cet élan une force de plus en plus intense. Contentons nous ici d’exalter son étonnante puissance.

P. 167 Voulons-nous que s’accroisse autour de nous le Milieu Divin ? Alors, accueillons et unissons nos forces d’union. (NDLR : dans cette page il y a beaucoup de reprises d’idées déjà traitées).

P. 168 Songeons au sens du mystère de l’Annonciation …Dieu avait décidé de réaliser sous nos yeux sa propre Incarnation et pour ce faire il lui fallut susciter au préalable dans le monde une vertu capable de l’attirer Lui-même jusqu’à nous. Il avait besoin d’une Mère qui l’engendrât dans les sphères humaines. En créant la Vierge Marie, Il fit apparaitre sur terre une pureté si grande que dans cette transparence Il se concentra jusqu’à apparaitre « Petit Enfant ». Ainsi, la pureté fit naître le divin parmi nous ; l’Eglise ajoute : c’est dans la foi que la pureté trouve l’achèvement de sa fécondité.

-Traitons maintenant de la Foi
La foi n’est pas la seule adhésion intellectuelle au dogme chrétien, elle est surtout la croyance que l’univers, qui est entre les mains du Créateur, est l’argile dont Il pétrit à son gré les multiples possibilités. Cela est la foi évangélique.

P. 169 Sous quels traits cette foi nous est-elle présentée ? Avant tout, elle est une puissance qui opère, or nous voudrions parfois laisser dans l’ombre cette promesse gênante d’une efficacité tangible, assurée par nos prières. Gardons nous d’étouffer cette révélation d’une unification en Dieu des forces de la nature et plaçons la au centre de nos perspectives du monde, attentifs, seulement à bien comprendre.

P. 170 La foi opère ! Serait-ce que l’action divine va venir répondre à l’appel de notre foi et se substituer au jeu normal des causes ? Allons nous attendre que Dieu opère directement sur la matière ? Non, ni les enchainements intérieurs du monde matériel ou psychique ne sont menacés par les préceptes de la foi… voilà le TOUT et le SEULEMENT de la croyance qu’impose l’Evangile.

P. 171 Nous avons déjà parlé de ce deuxième mode de divinisation du monde par la foi. En traitant des passivités de divinisation du monde par la foi, en traitant des passivités de divinisation, nous avons vu comment nos échecs, nos fautes et notre mort pouvaient être refondus en « mieux » par Dieu. Nous devons donc maintenant envisager ce miracle selon le point de vue de l’acte de foi. Ce monde, la vie, sont placés comme une Hostie, laquelle représente la présence divine et le Verbe Incarné. Le mystère s’accomplira mais à une condition : nous devons croire que ceci veut et peut devenir le prolongement du Corps du Christ. Souvenons nous de sa parole : « O, hommes de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? »

P. 172, 173 (NDLR : Longue prière de Teilhard pouvant être résumée comme suit) : « Pour que je ne succombe pas à la tentation de maudire l’univers et Celui qui l’a fait, faites que je l’adore en vous voyant caché en lui ». « Non, ce ne sont pas les rigides déterminismes de la matière et des grands nombres, ce sont les souples combinaisons de l’Esprit qui donnent à l’univers sa consistance. »

P. 174 -Enfin, traitons de la fidélité : (NDLR : avec un très succinct résumé)
-Si la foi consacre le monde, la fidélité y communie. Ce geste sera celui d’une correspondance active au devoir quotidien.
-Par la fidélité nous nous trouvons situés au point de convergence des innombrables faisceaux des forces extérieures et intérieures du monde.
-Par la fidélité nous rendons à Dieu le baiser qu’il nous offre par l’intermédiaire du monde.

P. 175 Et rappelons-nous ceci : Dieu ne se présente pas à nous, êtres finis, comme une chose toute faite. Il est pour nous l’éternelle découverte et l’éternelle croissance. Plus nous croyons le comprendre, plus Il se révèle autre. Plus nous nous rapprochons de Lui par tous les efforts de la nature et de la grâce, plus Il agrandit son attrait sur nos puissances. De la sorte, le point privilégié dont nous parlions, le point unique où peut naître pour chaque homme à chaque moment le Milieu Divin, ce point n’est plus un lieu fixe de l’univers mais un centre mobile que nous devons suivre, comme leur étoile les rois mages.

P. 176 Par un chemin ou par un autre, selon les vocations, cet astre conduit diversement les hommes. Mais toutes les pistes qu’il indique ont ceci de commun : il faut monter toujours plus haut. Finalement, pour tous, la dérive générale à travers le créé aura été la même, la fidélité conduit vers la même zone, celle du moindre égoïsme et de moindre jouissance.

P. 177 -Puissance du ciel, de la terre ou de l’enfer, tout se courbe sous le passage des ondes célestes et tout cède la part d’énergie positive que contient sa nature pour concourir à la richesse du Milieu Divin.
-L’Esprit de Dieu attire et pénètre le monde et s’avance, enveloppé des vapeurs lumineuses de ce qu’il sublime avec Lui .
-Pureté, foi, fidélité, vertus immobiles et vertus qui opèrent, vous êtes véritablement dans la sérénité des énergies supérieures de la nature ; vous êtes les principes formateurs de la Terre Nouvelle. Par vous, triple aspect d’une même adoration confiante, nous triompherons du monde

(NDLR : Point de césure, nécessaire, de la 3ème partie du Milieu Divin.)

Vendredi 11 Juillet 2014 18:01