Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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CHAPITRE 1ER :« ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE »
Réflexion pour le 23 janvier 2015


Jean-Pierre Frésafond /  L’EVEIL COSMIQUE
-Par l’introduction à ce livre, puisse Teilhard communiquer au plus grand nombre., son « exubérance de vie » pour que « la multitude aime l’univers » et découvre un sens à la vie. Un tel état d’âme manque beaucoup dans la société d’aujourd’hui et ces sortes d’idées, très prospères actuellement, motivent des attitudes négatives, voire nihilistes.

-Il est lucide, Teilhard, quand il doute de l’efficacité de son message pourtant destiné à transmettre son espérance : plus le monde se modernise et plus le doute s’installe au cœur des gens. La collectivité adulte est gonflée par les certitudes scientifiques mais partielles qui n’admettent pas qu’il puisse exister une force, une onde supérieure non détectable et non mesurable. . Cette force, ces ondes ont pourtant un nom : l’intuition ou 6ème sens, vecteur de la Révélation.

-Comme le dit Teilhard dans ce chapitre, la multitude qui nous constitue (ainsi que tous les autres êtres vivants), cette multitude n’est-elle pas la preuve de l’existence d’un dedans des choses sans lequel, rien de ce qui existe existerait ? Depuis les éléments les plus primitifs de la matière, jusqu’à la phase ultime des organismes vivants, la complexité croissante et, qui plus est, intelligente, est hautement improbable et pourtant elle est ! N’est-ce pas extraordinaire ? Dans ces conditions l’apparition de la vie n’est-elle pas une incitation à se poser des questions sur la Cause Première ? Un effet ayant toujours une cause, comment les rationalistes peuvent-ils dire le contraire ; comment pourraient-ils imaginer et admettre l’existence de l’âme ? Cette âme est pourtant la forme achevée de l’évolution de la matière (la matière est une réserve d’esprit, cf « Comment je Crois, tome-10). Le nier peut conduire effectivement à une disparition totale des « germes d’esprit » pour cause d’absence de soins car un germe est toujours fragile ; il doit être nourri par l’énergie du désir spirituel. La mort par absence de soins, c’est peut-être cela l’enfer ?

-Le paragraphe intitulé « l’unité de l’éther » mérite que l’on s’y arrête un instant . Il est intéressant car il démontre la modernité de l’esprit scientifique de Teilhard que certains qualifiaient de « galiléain ». Maintenant, c’est une certitude, Teihard avait intégré la physique quantique et c’est très net dans sa remarque ci-après : le mot « éther » selon lui est décalé, il souhaiterait le remplacer par un autre mot, suggérant ce que maintenant on appelle « ondes » et je le cite : « Le premier aspect de cette unicité profonde de tous les éléments de l’univers c’est leur « radiation » commune dans l’entité mystérieuse cosmique par excellence nommée éther. Inexorablement , et malgré les propriétés étranges qui la font aussi réelle physiquement qu’un bloc de pierre, et en même temps qui la font aussi insaisissable qu’une limite abstraite, l’éther s’impose à la physique. »
A la fin du paragraphe, vers les pages 15 à 17, Teilhard dit : « Les courants cosmiques, ils nous constituent, ils passent à travers nous, il faut pouvoir les saisir. »

-Dans le paragraphe B intitulé « La Sensation », nous pénétrons dans le domaine de la méditation et des mystérieux états différents qu’elle induit. « Il faut descendre au fond de soi même. » dit Teilhard et il poursuit : « et j’ai constaté, plein de frayeur et d’ivresse, que ma pauvre petite existence faisait bloc avec l’humanité de tout ce qui est et de tout ce qui devient… Descendons en nous, je le répète, et nous serons épouvantés d’y trouver , en dessous de l’homme, des relations et des réflexions superficielles, un inconnu, à peine dégagé de l’inconscient à demi assoupi encore, faute d’excitations appropriées, dont les traits dans la pénombre semble aller rejoindre la figure du monde. Ici la pensée antique rejoint et parfois dépasse la pensée scientifique moderne. Face à de telles pensées la méditation doit reconnaître et séparer ce qui est de l’aberration imaginaire, de la vérité profonde révélée par l’Etre Suprême. » (Nous fonctionnons comme un récepteur de radio, notre « antenne » capte les ondes.)

C’est probablement ce qu’ont fait les penseurs de la Grèce antique lorsqu’ils ont imaginé les corpuscules que sont les atomes ; certes leur vision était différente de la réalité bien connue aujourd’hui, mais leurs idées étaient dans la même notion de ce que nous savons maintenant à un barreau d’échelle près.

-Maintenant la physique quantique donne une idée approximative de ce qu’est l’univers ondulatoire qui est l’aspect sensible des champs de forces qui portent la mémoire de ce que furent peut-être les origines de l’univers. Il reste à comprendre de quelle nature sont les énigmatiques et hypothétiques ondes spirituelles. Ne seraient-elles pas hiérarchiquement supérieures aux ondes de la physique explorée actuellement ? Ou encore, autre hypothèse, ne seraient-elles pas une des manifestations de la même et unique force initiale qui se manifeste différemment suivant de multiples paliers correspondant aux multiples niveaux d’organisation de la matière ? Teilhard a déjà émis cette hypothèse dans son tome-7, ACTIVATION DE L’ENERGIE . Mais si en travaillant sur ces formes d’énergie nous recherchons le « commencement » de l’univers, peut-être serons-nous déçus car l’univers est probablement indéfiniment fini et, dans ces conditions, il faudrait parler d’univers au pluriel. C’est peut-être ce à quoi Teilhard faisait allusion lorsqu’il écrivait « Nous remarquons subitement, pleins d’une horreur sacrée, que le Grand Cosmos (multiple donc) affleure en nous. »

-La méditation, au sens universel du terme, est promise à un avenir extraordinairement opérationnel ; c’est dans ce domaine que se jouera l’avenir de l’Homme. Actuellement, les personnes qui adhèrent à cette idée n’osent pas trop le montrer car elles ont peur du ridicule. Elles on tort. D’ailleurs, certains audacieux, un peu partout et depuis toujours, plongent dans les arènes des mondes scientifiques et philosophiques, défiant ainsi les bien pensants et autres milieux convenus et c’est une véritable ordalie qui se déroule sous nos yeux. Dans quelques millénaires le phénomène humain aura évolué vers sa phase glorieuse, c’est une prophétie que tout le monde espère inconsciemment (tout en déclarant bien fort être athée convainc, car tout le monde croit en quelque chose secrètement. Mais il vaut mieux être un non-croyant qui aime son prochain qu’une grenouille de bénitier qui en dit du mal, lorsque nous serons jugés à la fin des temps.

-Je vais conclure ainsi une réflexion sur le chapitre premier en citant Teilhard quant à ce qu’il nomme « L’APPEL » :
« Cette parole libératoire, la voici : Ce n’est pas assez pour l’Homme rejetant son égoïsme de vivre socialement. Il a besoin de vivre d’un cœur total, en vision avec l’ensemble du monde qui le porte, cosmiquement. Plus intime que l’âme des individus, plus vaste que les groupes humains, il y une sève ou un esprit des choses, il y a quelque « absolu » qui nous attire et qui se cache. »
Selon Teilhard, cet absolu qui nous attire et se cache pose problème, il fait peur. . Comme il est loin de nous cet absolu, il se manifeste comme une effroyable schizophrénie qui bloque notre recherche. Rares sont les transgresseurs, nous les classons dans la catégorie des saints, soit des personnes trans-humaines ; franchir ce pas est un acte héroïque qui coupe de la normalité.
« Ne canonisons pas Teilhard » disait un Recteur d’université bien connu …Les milieux scientifiques conduisent moralement les transgresseurs et les gêneurs au bûcher . Telle est la raison invoquée qui mit Teilhard aux oubliettes et sa réhabilitation par Benoît-XVI n’y changera rien. Même les grandes personnalités comme Yves Copens ou Pascal Pique sous-estimaient Teilhard en refusant aux squelettes découverts au nord de la Chine la qualification de « berceau de l’humanité ». Pourtant âgés de 400 000 ans. (cf le livre "Pèlerin d'Avenir" de Pierre Leroy, pages 82 et 258). Contrairement à ce qui est dit, l’Afrique n’est pas le seul berceau de l’humanité. Teilhard est l’un des principaux fondateurs des réseaux modernes de paléontologie. Même la plupart des physiciens se joignent à la curée en tournant en dérision les visions de Teilhard en ce qui concerne les énergies de l’esprit. Le pire est que les compilations amplifient cette tendance mensongère. Il n’y a rien de pire que la malhonnêteté intellectuelle. Elle représente la pire déviation de l’humanité et agit dans tous les domaines de la société.

Lundi 5 Janvier 2015 12:24