Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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réflexion sur le Chapitre 18 / Comment je crois, Editions du Seuil


En préambule sur le sujet, Teilhard fait 3 propositions, scientifiquement admises, dit-il, et en voici quelques unes :

-Réflexion sur la 3ème proposition : « Il existe dans l’univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition et suit le même processus d’évolution que celui de notre voie lactée. »

Dans ce contexte on emploie le mot « univers » (il y en a un), actuellement les scientifiques utilisent le mot « multivers » (il y en a plusieurs). A mon avis le mot « infinivers » serait préférable car leur nombre est illimité, comme le nombre des phénomènes christiques, un par planète.
Si l’on admet que l’univers est infini dans ses dimensions, si tel était le cas, le nombre de galaxies qui le compose l’est aussi Si, comme le dit Teilhard, et le répètent les scientifiques actuels « chaque évènement local est coextensif à tout l’univers » il faudrait admettre que la vitesse de la lumière n’est pas applicable à la coextensibilité des évènements, seule une vitesse infinie est compatible avec une telle hypothèse. Il faut donc admettre l’existence d’ une « onde » dont la vitesse serait infinie et je ne vois que celle de l’Esprit Créateur qui pourrait être nommée »onde spirituelle ». Nos ancêtres et leurs traditions y avaient déjà pensé et ils désignaient cette force « souffle divin », soit en hébreu « Roua » ou « Raou », de l’Homme à Dieu et inversement, transcendance ou immanence selon les cas.
L’infinitude de l’univers, pour être exploitable dans nos réflexions, devrait s’énoncer, selon René.Guénon, comme étant indéfiniment finie, résolvant ainsi le problème d’incompatibilité des contraires.

Concernant l’avant big bang » la question se pose différemment : Peut-être y aurait-il eu plusieurs big bang, un par galaxie ? On peut même imaginer une infinitude de cycles de la matière, avec augmentation du potentiel spirituel produit à chaque fois, pour répondre ainsi au besoin croissant du Créateur.
Les cycles ne sont pas des boucles mais les spires d’une trajectoire hélicoïdale qui ne peut s’arrêter, sous peine de finitude d’un univers, gros consommateur de cette « énergie-esprit ». L’homme est l’alambic de Dieu qui a besoin des hommes pour le fournir Dans la configuration ci-dessus l’hypothèse du néant est écartée, elle est incompatible avec l’existence de la matière car cela nécessiterait la présence d’une frontière entre les deux : Il ne peut y avoir de proximité entre ce qui est et ce qui n’est pas.

Le premier paragraphe aussi m’a accroché. Il a pour titre « Que faut-il éviter face à la probabilité d’autres planètes habitées » ?
Teilhard s’adresse aux théologiens qui veulent sauver le dogme à tout prix, quitte à échapper aux lois de la matière en s’aidant de miracles invraisemblables. Cette attitude était totalement vrai à l’époque de Teilhard et maintenant elle l’est moins, sauf que les théologiens actuels hésitent encore à redéfinir la mission du Rédempteur qui n’efface pas une faute inexistante, mais qui éclaire la voie qu’Il a ouverte à l’humanité en donnant un sens à la vie, soit aider Dieu à réussir sa création. Les fautes commises par l’homme sont dues à des dysfonctionnements, elles sont devant lui et, de ce fait, elles ne sont pas « originelles.

Deuxième paragraphe intitulé « Ce que nous devons faire » Teilhard oppose deux notions fondamentales :
(a) Soit l’univers est psychiquement convergent sur lui-même,
(b) Soit le phénomène christique est étendu à tout l’univers.
Je pense, au contraire, que ces notions sont complémentaires. Si l’univers n’était pas convergent sur lui-même il n’y aurait pas de phénomène christique universel, la cosmogénèse est un tout composite, doté d’une finalité positive ; le règne de la qualité peut triompher du règne de la quantité, à condition que l’humanité le veuille. Mais il faut alors qu’elle comprenne la logique du système. La réussite de la cosmogénèse ne dépend pas d’un miracle mais de la volonté des humanités. Ce ne sont pas des prières quémanderesses qui ouvriront la voie du salut, mais la bonne foi de chacun, la maîtrise des égoïsmes, autrement dit, le travail et l’amour du prochain cet autre nous même.
Tel est le fond de l’ancienne et de la nouvelle Alliance avec le Créateur. Je représenterais cette Alliance par un pont posé sur trois piliers : Abraham, Moïse, Jésus.

Dans le royaume de l’éternité Dieu est parfait ; dans le royaume de la création …Il ne l’est pas tout de suite ! Imprégnons nous de cette possibilité.


Vendredi 21 Mars 2014 20:05