Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Tome 10 de Teilhard de Chardin, "COMMENT JE CROIS" Editions du Seuil
Travail à présenter le 28 février 2014


Pour être plus libres les intellectuels de toutes catégories ont inventé deux branches de l’épistémologie : le principe d’incertitude et l’expérience d’incomplétude.

Le titre de ce chapitre recouvre cinquante années de recherches pour Teilhard, voici quelques remarques à ce propos, il se compose de trois parties :

-1-CONTINGENCE DE L’UNIVERS Etre ou ne pas être … Pourquoi Dieu a t-il créé l’univers … que peut dire l’homme sur ce sujet lequel, d’ailleurs, passe au-dessus de sa tête ?
-2-GOUT HUMAIN DE SURVIVRE : L’être humain ne fait dans ce domaine que suivre ce qu’exige son ego et face à cette situation les religions n’ont pas la partie belle, elles ne peuvent que renvoyer l’être humain face à sa conscience ; encore faudrait-il qu’elle soit suffisamment développée (je parle de la conscience mystique).
-3-COMMENT REPENSER (le dogme) EN CONFORMITE AVEC LES LOIS GENETIQUES (les lois naturelles) ? Autrement dit, comment réécrire la doctrine chrétienne ? Ce travail se fera avec une extrême lenteur, au même rythme que le rapprochement entre science et religion.

Voici maintenant quelques réflexions sur le chapitre lui-même. et les propositions faites par Teilhard.

La première : Le milieu scientifique intègre l’espèce humaine dans le règne animal depuis longtemps, mais les religions, toutes traditions confondues, sont réticentes.
De leur côté, s’ils étaient de bonne foi, les scientifiques devraient accepter cette proposition de Teilhard car eux-mêmes utilisent des « hypothèses de travail » lesquelles, par définition, ne sont pas scientifiquement posées et je les renvoie à ce que pense T. Magnin, très réservé, sur le terme « scientifiquement prouvé.Teilhard n’hésite pas à dire pour appuyer sa proposition : « Le processus de réflexion autant que celui des arrangements requièrent une dépense énergétique, donc, la mesurabilité des arrangements est un principe scientifiquement acceptable. »

La deuxième : Voici une autre idée de Teilhard, philosophiquement géniale : « La foi peut être définie comme étant l’intuition éprouvée par l’homme, que le monde se dirige vers un certain achèvement".A mon avis ce devrait être suffisant pour permettre à certains d’avoir le goût de vivre, mais il faut en rester là et ne pas proposer des « structures célestes » détaillées ainsi qu’ont le tort de le faire les religions. Il faut semer la graine et laisser l’homme la développer dans le secret de sa conscience. les religions commettent toutes la même faute : elles imposent un imaginaire de bande dessinée et interdisent la libre pensée.

La troisième : Ici, je vais déborder le cadre de ce travail en remarquant de façon récurrente que, non seulement les religions ne devraient pas se mêler du pouvoir temporel qui appartient aux chefs d’Etats et à leurs gouvernements, mais elles devraient se limiter dans le domaine doctrinal aux « Dix Commandements de Dieu » transmis par Moïse ; ils sont universels et suffisants pour que de bas en haut de l’échelle sociale se maintienne un climat d’harmonie, d’ordre et de paix dans le monde. Les Dix Commandements de Dieu sont l’expression même de la loi d’amour chantée par le christianisme, en particulier. C’est au nom de cette loi d’amour que Jésus fut condamné à mort car il accusait les docteurs de la loi d’avoir d’avoir trahi la parole de Moïse et, à ce titre, il les accusait d’hypocrisie et les traitait de « sépulcres blanchis ».

La quatrième : quant aux dogmes, il en suffit d’un seul : Dieu est dans le Tout (dans la matière), ainsi est-il l’auteur de tout ce qui est.

Ce n’est pas une hérésie dans laquelle serait tombé Teilhard en s’exprimant ainsi dans toute son œuvre, mais un rappel de la doctrine du « Verbe Lumière »auquel se référaient les traditions, ainsi que les religions chrétiennes (cf Prologue de Jean). De ce dogme, il infère que Dieu est amour, au sens de la gravitation universelle du terme (cf tome-7, chapitre 2 « l’atomisme de l’esprit ». Ce dogme du « Dieu Nature » et du « Dieu amour » est repris par la plupart des religions dans un langage plus ou moins symbolique. Le christianisme énonce cela en termes très claires et limité à notre planète terre et à Jésus. Teilhard est le seul à proposer un Christ Universel, ou phénomène christique, probable dans toutes planètes similaires à la nôtre. D’ailleurs, il développe ce dernier point dans le chapitre 18.

La cinquième : la plérômisation : Selon Teilhard le phénomène est la synthèse finale entre le UN (Etre Suprême) et le multiple (la création). Ce terme est assez proche de la parousie chrétienne ou « jugement dernier » opéré par le Christ glorieux à la fin des temps. La fin des temps … toutes les traditions se réfèrent , en termes différents, à cet évènement, mais qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce le moment au cours duquel l’esprit quittera la matière, la fin de l’évolution, son aboutissement ? L’esprit quittera la matière pour rejoindre le point de convergence suprême de toutes les énergies , le fameux Point Omega de Teilhard. Cette matière privée d’esprit , cette matière spirituellement morte tombera t-elle en cendres froides comme le disent les Ecritures : « Tu es poussière et tu retourneras poussière ».

Teilhard a dessiné un graphique pour représenter la fin du monde : une courbe ascendante, celle de l’évolution de la matière laquelle, à son apogée, se partage en deux courbes ; l’une monte vers le Point Omega, celle de l’esprit, tandis que l’autre, celle de la matière morte, redescend vers des états d’ entropie maximale. C’est une matière « réserve d’esprit » qui est à l’origine du graphique de Teilhard. J’aime bien cette idée que nos atomes retourneront dans les cycles de la matière, après avoir produit ce qu’ils pouvaient d’énergie-esprit dont le Créateur a tant besoin ; chaque cycle produisant indéfiniment un peu de cette énergie rare dans un nombre infini de cycles . Naturellement, selon Teilhard, cette énergie spirituelle dégagée par nos atomes obéit aux lois de l’atomisme de l’esprit , elle est centrée sur elle-même, comme peut l’être une âme, se personnifiant tout en se mêlant à ses semblables.

Cette histoire est rassurante , plus rassurante que celle de nos egos hyper développés, centrés sur eux-mêmes dans la zone matière , s’interdisant ainsi l’accès à la zone esprit. Ces deux zones conduisent à des états de bonheur bien différents l’un de l’autre. La zone matière nous maintient dans un état d’envie inassouvie permanente, tandis que la zone esprit procure à l’homme un état de sérénité pouvant déjà se manifester de son vivant, le bonheur est un sous-produit et peut même se prolonger dans l’au-delà. Il ne coute rien d’espérer.

CONCLUSION optimiste : Le « missionnaire » Teilhard dit la même chose :
-« La valorisation complète de l’univers sera obtenue par la foi en l’Attracteur des âmes vers le Point Omega ».
-« L’homme se définit davantage par son pouvoir d’amorisation que par son opposition au néant. »






Mardi 25 Février 2014 13:50