Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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L'AVENIR DE L'HOMME / EDITIONS DU SEUIL



Encore une fois, il est des synchronisations qui à tout le moins étonnent et laissent perplexe quant à la Vie de la Terre, notre Terre.
« ...l'immédiateté vitale du problème posé à notre pensée et à notre action par l'explosion d'ores et déjà pleinement déchaînée sous nos yeux de la totalisation humaine »
(page 319,L'Avenir de l'Homme)

En effet, il y a quelques jours seulement, de l'autre côté du globe, à un méridien près d'une part et à quelques degrés de latitude (sud), d'autre part; des millions de personnes ont vibré; rougeoiement en boucle. Est- ce un pléonasme d'un instant planétaire, symbiose dans le vécu d'un moment unique et extraordinaire ? Cela se passait en Nouvelle Zélande.
L'intensité dans la communion était réelle, joies et tristesses se côtoyaient; tant de gens tendus ensemble, enveloppe pensante certes, et aussi vibrante, et tout cela pacifiquement, dans l'unité (de lieu) et la fête.

Depuis quelques millions d'années où l'Homo sapiens prenait conscience de son identité, jusqu'à aujourd'hui, nul ne peut nier l'évolution...
Mais maintenant où en sommes-nous? Où allons-nous?

La socialisation planétaire réalisée cette semaine entre des millions d'humains a été une fois de plus un fait; et où cela nous mène-t-il donc?
Toujours plus, vers où? Dans quelle direction?

Avant d'aller plus loin dans des réponses, je pense qu'il est important d'approfondir un peu plus l'étude du présent et, pourquoi pas, à travers l'événement qui vient de se produire.
Prenant en support les écrits de Teilhard, la planétisation qui se réalise jour après jour, est faite de complexité;
Traduisons pour ce qui concerne la rencontre dont je parlais par:
1) de la vie par sa nature-même, avec les personnes actrices de leur devenir et derrière elles des foules importantes,
2) de la vérité car par exemple il y a des règles, l'espace est admis et respecté par tous
3) de la liberté car chaque participant avec ses qualités et ses faiblesses s'il le veut, donnera le meilleur de lui-même, se surpassera même et pourtant au départ il n'y était pas obligé...

L'enroulement psychique de la Terre sur elle-même vers un nouvel espace de complexité dont parle Teilhard passe par l'événement, l'esprit de confiance en la vie, en l'unification humaine, un nouveau sens de l'Espèce, et aussi par les actions volontaristes qui vont engendrer plus de vitalité dans la socialisation.

Et je reviens à ma question:
Pour aller dans quelle direction ? Puisque c'est un fait et que nous sommes en mouvement, embarqués...


A la lumière des deux chapitres que nous étudions, il nous est donné des clés;
Mais au préalable écoutons Teilhard faire un constat, et curieusement peut-être encore plus vrai aujourd'hui qu'au milieu du siècle dernier, sur la marche du monde.
Pour beaucoup de gens dit-il, le Dieu qui est présenté ne les satisfait pas; ils sentent qu'au lieu de les combler, ce qui est proposé les restreint, semble vouloir les étouffer, ou plus simplement, ils le voient comme désuet, datant de temps depuis longtemps révolus et dépassés.

Alors, imprégnons-nous à nouveau des deux forces de dimension planétaire dont l'évènement qui nous occupe est, je crois, un exemple magistral.

La première des deux forces (page 342), est la courbure géographique de la terre qui nous comprime, (l'information vécue, partagée planétairement au même instant par des millions de personnes) et la seconde est la puissance réflexive de la masse humaine (toujours page 342) ou son degré d'humanisation; cette dernière est concrétisée par la communion d'êtres humains unis par et dans l'action, et ce, vers un but.
Il me semble important d'insister sur la dynamique évolutive de l'action humaine, de l'avancée constante, malgré tout, de la Vie.
L'intensité toujours plus forte, intense, en direction de l'en avant.

Cette réalité incontestable doit être prise, ou reprise, en compte; l'en avant compris et intégré par l'en haut ou le transcendant.
Mais je dois être plus précis; le religieux pour être regardé et envié, doit vivre l'en avant, c'est-à-dire l'humain, la vie de la terre; l'amorisation pleinement, entièrement embrassée.

Ne dois-je pas reconsidérer des schémas vides de sens, réinventer des chemins où naîtront l'envie et le goût de l'emprunter ?
Avant la contemplation sur la montagne il y a la vie, la beauté de la Terre; certainement elle peut faire peur : ne dit-on pas qu'au feu de l'amour peut naître l'homme nouveau, mais qu'aussi peut exister l'intensité qui consume et fait mourir ? Challenge difficile mais digne d'intérêt et réel attrait.

L'homme en constante évolution donc, se propulse toujours plus en avant.
Ne peut-on pas penser que, comblé par son intelligence créatrice, il va, même inconsciemment, vers la Transcendance; un moteur nouveau qui, bien loin de vouloir se faire appeler Dieu, n'en vit pas moins la déité.
Dit autrement, la découverte dans la vérité, d'espaces qui, miracle du Temps, anobliront et combleront l'âme.

Celui qu'on ne voulait plus nommer parce que tant de « parfaits » l'avaient rendu inaccessible, sera là, Tout en chacun.
Joie de la complétude, l'humain devenu ultra-humain; destin non imposé mais naturellement parvenu à son entière évolution.





Samedi 29 Octobre 2011 14:22