Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Ne germe-t-il pas parfois dans l'esprit de chacun des questions dites existentielles ?
Mon identité propre qu'est-elle ?
Ma façon de voir, appréhender la vie, d'être participant du monde, présent à ceux qui me côtoient, me fait-il co-auteur de la vitalité du monde ?
Et cette force, ce mouvement, comment vont-ils me modifier ?
Suis-je conscient d'être acteur dans ce milieux ?
Comment sont l'avant et l'après ?

Que de questions que Teilhard pourrait situer dans « Le goût de vivre » !

Si je regarde autour de moi, toutes ces interrogations tellement actuelles n'ont pas de résonances religieuses, spirituelles, et pourtant !
Il semble, si on veut bien y regarder de plus près, qu'une conscience planétaire est à l’œuvre à travers les réseaux sociaux, la responsabilité émergente de groupes pour leur destin maintenant , la prise en compte par le plus grand nombre et de façon de plus en plus intense du futur de notre planète...etc.
Et je repose ma question, le religieux a-t-il sa place dans tout ça ?
Je donnerai des éléments de réponse, mais après...

Les hommes, nous le savons, depuis des temps très anciens se sont tournés vers le divin . Aujourd'hui, certains argumentent encore qu'en ces temps là il fallait exorciser les peurs et donc la religion était un palliatif et que les hégémonies de certains se sont construites sur les faiblesses ou les soumissions des autres ; que l'homme a besoin des dieux, et bien d'autres raisons encore ont été émises.
Il est facile, bien plus tard, de se fabriquer des réponses et de se constituer des certitudes. Mais, se découvrir, abandonner les vieux schémas, regarder et voir qu'il y a plus de questions que de réponses et cependant continuer à avancer est une clé pour aller vers la complétude.

L'homme, écoutant le meilleur de lui-même, se laisse guider.
Ou bien, peut-être confusément, se met de plus en plus en accord avec son moi intérieur et entrevoit sa déité. (Vous êtes des dieux.) Psaume 82 .

Mon aventure intérieure est engagée ; c'est le sens véritable que chacun peut donner à sa vie.
Et Teilhard de dire : « ...Le christianisme, dans la mesure où il « personnalise » la Cosmogénèse, est, sans conteste, irremplaçable et imbattable ».
Paroles osées, subversives, réactionnaires ! Je pourrais dire que le religieux manque d'humilité. Mais regardons-y de plus près :

De toutes les spiritualités celle du Christianisme est la seule qui ose !
Je m'explique ; je m'adresse à Dieu, le prie... mais n'ai- je pas une responsabilité dans la perte de saveur ?
De plus, un Homme-Dieu, le Christ, montre le chemin pour être enfant de Dieu, Fils de Dieu ; chance, cadeau inestimable, et de plus, à la mesure de mon ouverture au don qu'il me fait , à moi fils de la Terre, simple primate ; j'ai accès à la Transcendance, à l’Éternel présent...
Mais il est inutile d'en dire plus ; l'expérience est unique, intérieure, personnelle.
Quand Teilhard dit « imbattable », en citant le Christianisme, il n'a pas tort ; le chrétien, même s'il sait qu'il est loin d'être parfait, ose croire en l'infinie bonté du Dieu qu'il invoque.

Le Karma, ces actions qui impriment l'âme, est aboli.
« ...dis seulement une parole et je serai guéri » (Luc VII,1-10) , une dimension nouvelle est donnée à l'homme de la Terre. Disons-le encore une fois, le chrétien ose croire et il est comblé bien au delà de sa demande.

« Vis joyeux et souriant en ce monde,
infiniment libre.
Le ciel se déchira pour Jésus en son baptême
et il entendit la voix intérieure.
Dans le ciel déchiré, le seul
est la prière en vérité.
Tant que le ciel de ton cœur ne s'est pas déchiré,
dans l'éclair du Sinaï,
l'orage de Pentecôte,
tu ne sais rien de Dieu,
tu appelles Dieu ce firmament, limite ta pensée.
Garde ton secret.
Tu ne peux plus rien dire, alors ne dis plus rien.
Ne descends plus, demeure en « toi ».

Mais qui écrit cela ? A qui le dit-il ? Henri Le Saux, Moine Chrétien-Sannyasi Hindou


Dimanche 2 Mars 2014 12:05