Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Jean-Pierre GIROUD / L'attente de la fin des mondes
Ce chapitre termine le livre Le Milieu Divin. Il y est souligné que ce qui est religieux dans l'humain se lie au religieux dans le chrétien. Dans le regard immaginé par notre auteur font se faire face comme miroir à miroir deux états qu'il veut nous expliquer avec le regard de la Foi du croyant.

Cela est bien étrange, ardu pour l'homme que je suis, les deux pieds dans la glaise: voir le surnaturel, la sur-nature; la terre et le ciel qui se trouvent et cheminent ensemble, dans la diversité sur des chemins bien différents, toute la richesse du monde, active, en mouvement, dans la brillance, c'est le message queTeilhard veut nous faire voir.
Tout cela est difficile à comprendre, il n'y a plus les repères concrets qui stabilisent, enracinent, l'insondable ne peut s'expliquer et pourtant;
Les dernières pages de cet essai proposent le regard pour une vision encore plus large, (est-ce gageur pour moi simple mortel?), la vision satellitaire de la spiritualité.
Teilhard rappelle d'abord que la spécificité de notre religion est qu'il y a une issue pour le monde. Ce trait marquant, plusieurs siècles avant l'ère chrétienne ils l'avaient pressenti, les anciens. Le peuple d'Israël était dans l'attente; Il était dit qu'une lumière nouvelle, un autre temps devait arriver; les écrits l'attestaient, certains que l'on nommait prophètes l'avaient confirmé; c'était sûr, la marche entreprise depuis bien longtemps atteindrait le but, les hommes saints l'avaient devinée, entrevue. Serait-ce un libérateur, le Dieu sauveur du Peuple élu, ou la Jérusalem céleste qui récompenserait les hommes ayant suivi la Loi? Les chrétiens des premiers siècles étaient encore dans cette attente, la Parousie; c'est ce que nous rappelle l'auteur.

Et aujourd'hui, où en sommes-nous?

Que de choses se sont passées depuis les premiers siècles; l'histoire peut nous en racconter des victoires comme des défaites, des ombres et des lumières. Le père nous dit ceci: "Maintenant nous devons l'attendre encore et de nouveau, non plus un petit groupe choisi seulement, mais tous les hommes, plus que jamais... par la perception d'une connection plus intime entre le triomphe du Christ et la réussite de l'oeuvre que cherche à édifier ici bas l'effort humain".
"L'attente du ciel ne saurait vivre que si elle est incarnée".

Notre vie d'homme est, ne peut être qu'espérance, attrait de vivre, indispensable, elle est support, Teilhard nous dit encore:
"nous n'espérerons jamais assez de l'unité humaine croissante".
Croire au monde. Parler de ce qui rapproche plutôt que de ce qui divise, tant de métamorphoses ont déjà eu lieu, bien d'autres encore verront le jour.
La nature, est en crise de croissance, toujours elle pressent, elle attend dit-il, page 200.

"Laisser battre en nous, en le christianisant, le coeur même de la Terre" dit-il encore.
Toujours la confiance en Celui qui a endossé notre nature humaine pour nous faire voir que tout est possible; la couleur de peau, les coutumes, les aspects sur l'autre, qui frappent mon regard et mes habitudes sont le paraitre; cependant c'est et ce n'est que cela; la même sève coule dans toutes les veines. Croire que la nature, notre nature à nous mortels et de plus, à nous tous sur cette terre, se présente chargée, emplie du Divin, de l'est à l'ouest comme du nord au sud.

Quel pied de nez à ceux qui croient en l'égémonie de tel peuple ou de telle race, et quelle aide pour ceux qui, découragés, envahis par le désespoir, pensent au déclin de certains.

Le père Teilhard, peut-être parce que plus dégagé, nettoyé, annobli des scories de la Terre, a pu véritablement voir et faire sienne la vision fondamentale et a pu dire et redira plus convaincu que jamais le dernier mois avant sa mort en mars 1955:
"La Terre est devenue pour moi, par- delà elle-même, le Corps de celui qui est et de celui qui vient".








 

Dimanche 30 Novembre 2014 12:07