Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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travail présenté le 24/04/2015 à Brignais
Chapitre 4, "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE" chez GRASSET


Jean-Pierre GIROUD / La communion avec Dieu par la Terre.
« Offrir à Dieu la Peine du Monde » dit Teilhard et , insistant, il dit que c'est une orientation nouvelle de l'ascèse chrétienne. L’auteur a définitivement pris le parti de rénover, de reconcevoir même certains dogmes du christianisme ; cela lui occasionne beaucoup de critiques, de rejets de la part de certains de ses supérieurs et de nombreux théologiens dans l'entourage du Pape à Rome. Plusieurs fois il se posera la question de rester ou non, dans cette Eglise. Il décidera qu'il est plus judicieux de rester dans la communauté plutôt que d'en partir ; choix de courage et d'abnégation car Teilhard sera bien souvent seul.

Rappelons-nous qu'il ne sera réellement édité qu'après sa mort et nous lisons dans une lettre adressée à Rhoda, une proche qui l'a toujours soutenu, en 1949 soit, six ans avant sa mort.
« Quitter l'Ordre, à ce point des choses, serait du suicide, en ce qui concerne mon « évangile ». Outre l'effet déplorable que ce geste produirait sur mes « disciples », n'oubliez pas que ma construction spirituelle repose absolument sur (ou plutôt culmine en) une figure agrandie et « rénovée » du Christ : de sorte qu'il m'est tout à fait impossible de me séparer de l'Eglise qui est, biologiquement le « phylum » du Christ. Tout ce que je peux faire c'est de travailler de « l'intérieur». Il semble que la meilleure chose pour moi, du moins à présent, soit d'adopter la tactique de la mule : d'être têtu et aimable. »

La rénovation dont il parle, est un changement considérable pour l'explication, la traduction aujourd'hui de la « faute originelle », du fruit défendu que présenta Ève à Adam au paradis terrestre ; la punition , l’expiation, la souffrance qui devront naturellement en découler ; châtiment juste du Père envers ses enfants rebelles et désobéissants (lire dans la bible, la Genèse III, 1à 24).
Cette vision de l'Histoire des hommes est loin de satisfaire notre auteur. L'évolution de la vie, de la matière, du monde, il ne les pense pas comme cela ; l'homme n'était pas depuis toujours dans un jardin d'où un jour il a été chassé pour avoir désobéi et par suite a fait tomber sur lui et sa descendance, punition , souffrance, expiation !

Teilhard, savant, paléontologue, et aussi profondément religieux explique :
L'homme, hominidé, suite d'une évolution, est arrivé sans bruit , sans révolution soudaine ou magistrale.
Opportunismes, hasards, synchronicités, attirances devenues évidentes et vitales, de nombreux chemins, bien des directions ont été essayées qui n'ont pas abouti ; d'autres ont été suivies avec succès pour qu'enfin imperceptiblement, mystère dans le temps, la conscience soit là. Le primate d'avant est maintenant pensant. Alors il sait choisir, faire plaisir ou faire souffrir, avoir de l'attention ou de l »indifférence, aider la vie ou l'enlever etc. Et dans tout les actes de la vie la palette des nuances est infinie, chacun le sait bien.
Dans la Vie qu'e Teilhard nomme Cosmique c'est-à-dire, Vie d'ouverture, d'espace, de tous les devenirs possibles, la croix symbole précédemment d'expiation devient selon son expression : «symbole du travail ardu de l'évolution, la souffrance avant tout est la conséquence et le prix d'un travail de développement, son efficacité est celle d'un effort ».

Les actes l'orientation que je donne à ma vie sont mouvement par nature, volonté personnelle, choisie. Mon énergie, mes efforts sont ma vie, ils peuvent servir à de plus grands espaces comme aussi à des enfermements ; voilà toute la réalité de l'humain qui est, de toute façon, acteur et responsable. C'est l'enseignement que me donnent il me semble le religieux, le Christ et la croix ; et Teilhard ajoute :
« Au cours de sa passion, Jésus a senti porter sur son âme, seule et broyée, le poids de toutes les douleurs humaines ; en une prodigieuse et ineffable synthèse, Il les a toutes adoptées, ressenties ».
La souffrance n'est plus tabou, et n'est plus sacralisée, elle fait partie de la vie. En certaines occasions on ne peut pas encore la réduire et il peut y avoir ascèse et grandeur d'âme à l'accepter. Cependant la souffrance n'est pas une finalité, mais conséquence d'un monde en devenir , qui vit qui est énergie.

« Jésus, centre vers qui tout se meut, daignez nous faire, à tous, si possible, une petite place parmi les monades choisies et saintes qui, dégagées une à une du chaos actuel par votre sollicitude, s'agrègent lentement en Vous dans l'unité de la Terre nouvelle. » implore Teilhard

Lundi 27 Avril 2015 17:19