Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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"Ecrits du temps de la guerre" Réflexion pour octobre


Jean-Pierre GIROUD / Le Milieu Mystique
Dans ce chapitre l’auteur expose des pensées qui lui tiennent vraiment à coeur. Imprégné de mystique il désire en faire connaitre « tout le réalisme », ce sont ses paroles.
Ses réflexions apparaissent pour beaucoup comme un non sens, une non-existence; il le pressent. Il en dit toute la difficulté, l’écrit à sa cousine Marguerite Teilhard.

Il va exprimer sa pensée en cinq partie et précise que chacune n’est pas séparée des autres. Elles forment les unes avec les autres « un courant d’ensemble »(sic).
Il les nomme la présence, la consistance, l’énergie, l’esprit, la personne.

La présence.
« Un son très pur est monté à travers le silence, la vibration a fait raisonner et frémir toutes mes affections ».
Teilhard est dans l‘émotion mais pas comme l‘éclair soudain et si vite disparu;
Pour que la connexion avec Le Milieu Mystique, soit ressentie, ait lieu, il faut qu’il y ait, condition première, indispensable, dans le cœur de l’homme, la vitalité, l’attirance pour ce qui unit, ce qui communie ; qu’il y ait accord, échange de personne à personne, toutes les fibres de l’être engagées dans l’union; Notre auteur essaie de transmettre, de faire comprendre ce qu’il vit; c’est surement gageur et chimère car il est bien difficile d’expliquer ce qui est parcours personnel de l’âme, l’expérience, l’ultime lieu de chacun.
Il dit qu’il lui est difficile de mettre en quelques mots ce qui pourrait prendre une vie d’écriture. Qu’importe, la Présence, pour lui, le Voyant, il la sent, elle est là. Ce cadeau, on l’appelle aussi grâce, fait qu’il le perçoit, à en être palpable; il est « sensibilisé »; Bien sûr il s’est préparé à la vision de cette Brillance afin de pouvoir la découvrir, la contempler; toutes les fibres de son corps ont œuvré pour que cet accueil ait lieu, force pour tous les possibles.

Et maintenant il rapporte;
« J’ai éprouvé un soulagement incroyable à sentir qu’il y avait un Autre; et par celui-là toutes choses au fond de moi.
La Présence répandue partout est le seul effluve qui m‘illumine, et le seul air que je puisse respirer jamais » conclut-il.

La consistance.
« Le Voyant, fidèle à sa Lumière, voit se dessiner progressivement la Forme et les attributs d’un Elément ultime, en qui toute chose trouve sa Consistance » dit-il.
Ces paroles sont bien étranges, si mystérieuses. L’esprit rationnel, concret, rempli de connaissances et de certitudes ne saisit plus. Le mystique parle d’une voie, d’un chemin autre, et il n’est plus compris; La vision mystique ne colle plus au réel;
mais qui est vraiment dans le réel?
Le Buddha, l’éveillé, et combien d’autres, en Orient comme ailleurs, bien que d’une autre tradition, est lui aussi dans le même cheminement.
« Que ma conscience devienne aussi vaste que les cieux, la terre et les peuples, aussi profonde que le désert et l’océan, aussi subtile que les atomes de matière et les pensées du cœur humain »(sic) a dit encore le Voyant.
Tout l’être s’est ouvert à la Lumière, les atomes-énergie sont activés, libérés, l’intelligence, celle du cœur, est là, elle l‘irradie ; c’est la joie dans de constants nouveaux épanouissements et aussi dans la fatigue et les diminutions communes à chaque existence.
Cependant rien ne saura arrêter la Force de l’Esprit, elle est la vraie Vie. Le mystique n’a pas posé un acte de foi, il est dans le présent, l’expérience naturellement.
La Consistance dont parle Teilhard.

Le cercle de l’énergie.
La création ne s’arrête jamais nous dit Teilhard dans son exposé.
« Pour capter un peu plus de l’Energie créatrice, il développe inlassablement sa pensée; il dilate son cœur; il intensifie son activité extérieure. Car la créature doit travailler, si elle veut être créée davantage » dit-il.
L’énergie est généreuse, l’orant fait de terre est tourné vers le ciel, se donne et, miracle de la déité, est comblé; pour lui, d’instants en instants de nouveaux espaces lui sont offerts.
Tu reçois à la mesure que ton don (et bien au-delà), murmure le sage.
Il n’y a pas de limite à l’effort, au travail pour la transparence, la pureté de l’esprit et du cœur, est-il dit encore.

Le cercle de l’esprit.
Il y a un grand mystère qui est « que la Vérité même révélée est jamais acquise une fois pour toute ».
Donc, elle se garde se nourrit, est une vie qu’il faut entretenir dont il faut prendre soin, aider et choyer, Teilhard insiste, tant cela est important, le Voyant est heureux de sa tâche, « de frayer sans arrêt une route à la Pensée et à la Vie»(sic).
Et puis, parvenu au-delà de certaines brumes qui font que les choses seront vues autrement, de façon plus limpides plus lumineuses, le mystique sera tenté d’en oublier la Terre; et Teilhard de préciser:
« Renonce donc à ton égoïsme et à la peur de souffrir. Aime les autres comme toi-même, Dieu attend de toi plus d’ouverture et plus de souplesse, l’Orant corps et âme est devenu une parcelle divine »(page 187).

Le cercle de la personne.
Le voyage dans ce monde étrange le mystique le parcoure.
L’inconnu, le mystère font peur. Le milieu divin le père Teilhard essaie de me le faire comprendre, de me le faire approcher.
« J’ai vu passer une Ombre, quelque chose comme la vapeur d’une âme universelle qui voudrait naitre, je le sens, cette entité mystérieuse a un nom et un visage, Jésus »( page 188).
 

Jeudi 5 Novembre 2015 06:57