Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Le mois de juillet est déjà loin, et aujourd'hui l'automne déjà bien installé s'habille de nombreuses variantes de couleurs. Les coteaux s’illuminent de verts tendres se déclinant en bien des tableaux différents. Les arbres, surtout des feuillus, plantés épars, deviennent bouquets là bas dans le vallon ; à mi-pente ils s'en vont, plus loin ils ne se distinguent plus bien ; peu à peu ils rejoignent l'horizon, ors brillants jouxtant les bruns les plus sombres...
Quelques tons cependant semblent vouloir prolonger l'été à l'exemple des chênes,..

Vision émouvante, étonnante, nature toujours pleinement présente dans sa diversité.
Unité de la terre, lieu où l'homme se sent bien ; il y a des moments qui, si on le veut, rendent heureux, donnent la sensation de vivre, d'être en communion avec le Tout.
Est-ce union pressentie avec l'Insondable ?
Il y a peut-être alors, sentiment d'appartenance... partage de l’harmonie ?
Instants de grâce, louange à la Terre, au Tout ; je dirais « arrêt sur image », temps au présent, dans un espace non clos, qui me saisit et me dépasse .

« Il n'y a pas je pense, de poésie profonde, de sublimité en paroles en art ou en musique, en dehors de l'évocation, du pressentiment, ou de la nostalgie du Tout. Mais il y a toujours eu des poètes . Toujours donc il y a eu des âmes naturellement panthéistes » écrit Teilhard qui ajoute :
« Mais c'est un Chrétien qui a dérobé au Panthéiste le feu avec lequel celui-ci menaçait d'embraser la Terre d'une ardeur qui n'aurait pas été celle de Jésus »
La prise de position est claire et ne peut plus laisser indifférent ; pour celui qui en a pris le parti, sûrement qu'en se situant dans ce camp, le camp des Chrétiens, il va faire naître vis à vis de lui, parfois de l'envie, mais souvent quolibets, sarcasmes, incompréhensions ...Il sera accusé de prétentieux, mis à l'écart, etc; Est-ce la rançon de son appartenance au Peuple Élu ? Tout le monde n’y est-il pas invité pourtant ? Invité à participer, à être réellement acteur, membre du Corps Mystique ; situation paradoxale : faire partie de la Terre et du Ciel.

Mais revenons aux temps extraordinaires, sublimes. Le Tout,donc, se concrétise, s'humanise, se christianise. Le lien, impensable et inestimable cadeau, a pris forme d'Homme, la nouvelle aventure humaine a commencé :« l'incarnation jamais achevée, transforme » dit encore Teilhard.
« Depuis la plus lointaine origine des choses jusqu'à leur imprévisible consommation, à travers les agitations sans nombre de l'espace sans limites, la Nature entière subit, lentement et irrésistiblement, la grande consécration. Une seule chose se fait, au fond, depuis toujours et à jamais, dans la Création : le Corps du Christ »( PTDC).

Le Corps du Christ, le dedans des choses, idée si chère à Teilhard, et qui résonne tellement dans le cœur de celui qui simplement regarde, bien loin, encore une fois, de tout vouloir hégémonique sur l'autre, son frère (pourquoi pas l'appeler ainsi?).
« Le Christ guide, par le dedans, la marche universelle du Monde » (PTDC) c'est-à-dire que parmi nous, le Fils de l'Homme et aussi Fils de Dieu fait vivre, grandir ensemble, à la mesure de notre vouloir (car je suis responsable de ma vie), l'unité, la déité, but ultime du Monde.



Samedi 27 Octobre 2012 17:48